Débats républicains
Par Valentin Boudras-Chapon
Mardi 15 mai 2007
article publié dans la lettre 537
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Il paraît quand même nécessaire pour parfaire la décortication du concept républicain de la nation, d'aborder quelques thèmes qui font débat en ce moment et qui font parti de ce concept; nous allons aborder celui de l'immigration et de l'émigration dans le prochain article, et nous allons nous contenter dans cet article d'aborder celui de l'égalité des droits, des services publiques et de la langue nationale et des autres langues employées.
Pour ce qui est de « l'égalité des droits » pour toute la population vivant sur le territoire de l'état-nation, donc formée par tous les citoyens et citoyennes , cela découle, bien sur, de « l'égalité en droit » aussi bien civil que politique qui leur est attribué « de jure », et dont nous avons insisté avec force que c'était le principe générateur de notre idée de la République émancipatrice; il ne peut donc y avoir de droits différents pour tout ou partie de la population sans créer de facto « l'inégalité en droit ».
Il n'est presque pas besoin d'insister, ayant dit cela, que tout mesure dite de « discrimination positive » instituant des droits différents est contraire à notre éthique et à nos objectifs, et que cela n'empêche nullement de donner des moyens supplémentaires à certaines parties défavorisées de la population pour en « faire des égaux » selon la formule de Jean Jaurès
Cela impose par exemple que les citoyens et citoyennes, qu'ils vivent en Poitou-Charentes ou en Ile de France, aient les mêmes droits de prise en charge dans le domaine social et des prestations médicales, et les mêmes possibilités de services publics (enseignement), et qu'il n'y est pas de décisions différentes d'attributions et de contributions dans tous les domaines.
C'était d'ailleurs ce qui ressort de la doctrine du Jacobinisme fondée sur l'égalité, la souveraineté populaire et l'unité nationale, ce qui, dans ce cadre précis de l'égalité des droits opposée à la conception fédérale mise en place dans un état-nation, laissait malgré tout la place à une large décentralisation pour les décisions à prendre; or les ennemis de la république, diffament jusqu'à maintenant la doctrine du Jacobinisme, en l'assimilant à la concentration des pouvoirs dans les administrations centrales et à Paris, concentration qui a été amenée exclusivement par la conception bonapartiste du pouvoir dans les années 1800 et suivantes, pour « assassiner » véritablement cette notion d'égalité des droits. On comprend mieux que les forces financières mondiales soient les vecteurs de cette diffamation pour aboutir à l'affaiblissement des états et les empêcher ainsi de pouvoir contrôler efficacement leurs agissements en faveur de la marchandisation de toutes les activités humaines.
C'est bien cette notion d'égalité des droits qui différencie le communautarisme et l'organisation de communautés (qu'elles soient religieuses ou d'origine ethnico-historiques) dans le cadre de la nation. L'organisation de ces communautés pour que ses membre vivent une approche culturelle spécifiques n'a rien d'antirépublicain à condition que le critère de fond du communautarisme soit banni: c'est à dire celui de la différence reconnue des droits pour une communauté spécifique avec la reconnaissance à des responsables auto proclamés ou non de la communauté de «légiférer» pour ces membres, en en faisant ainsi ou des citoyens de seconde zone ou des citoyens privilégiés.
Cela nous amène tout naturellement à préciser notre position de républicains, adeptes de l'unité de la nation de l'égalité des droits de ses citoyens, sur la langue nationale et les autres: la langue nationale est la langue de tous les citoyens de l'état-nation et donc la langue officielle de l'état-nation pour cimenter l'unité de la nation; la langue nationale doit donc être enseignée obligatoirement à l'école élémentaire et employée seule dans les administrations pour les actes officiels et l'accueil des citoyens. Il ne peut ainsi y avoir de langues minoritaires selon les critères et les attributions que leur confèrent la Charte européenne des langues minoritaires, puisque cela veut dire par cette Charte que la puissance publique dans ces relations avec les citoyens par ses administrations est tenue d'employer telle ou telle langue dite minoritaire, ce qui détruit le lien national ( exemple des états à plusieurs langues officielles aboutissent à plus ou moins long terme comme en Belgique au sentiment d'appartenir à des nations différentes segmentant l'état en plusieurs morceaux, exemple aussi de la Tchécoslovaquie, et même de la Suisse obligée d'avoir une organisation fédérale très poussée avec des différence de droits pour rester dans la même état confédéral). Mais cela ne signifie aucunement que les langues communautaires ou régionales ne puissent pas être enseignées à l'école républicaine comme source de culture et d'enrichissement sur le mode du volontariat dès l'école élémentaire, sans faire d'ailleurs référence à l'origine ou à une appartenance communautaire ou territoriale des familles volontaires (que des petits maghrébins ou polonais puissent apprendre volontairement la langue arménienne dans une maison de la culture arménienne, par exemple, subventionnée par la commune comme maison de quartier ouverte à tous, est hautement positif dans le sentiment qui est donné à tous, de par ce fait, d'appartenir à un état laïque aux mêmes droits pour tous pour l'enseignement) à condition bien sur, que l'enseignement de la langue française soit prioritaire à l'école de la république (comme cela se fait d'ailleurs toujours dans les « sections internationales » de l'école publique) Il est peut-être utile en parlant des langues nationales et autres, de se saisir d'une part de l'hégémonie toujours plus grande de la langue anglaise, vecteur efficace de la pénétration des forces mondiales financières pour la communication des élites et la diffusion des savoirs (et par conséquence favorisant l'asservissement progressif des peuples maîtrisant mal cet outil), et d'autre part de l'obstacle que constitue la pratique d'une vingtaines de langues officielles en Europe pour construire une entité politique ayant un corpus de pensée facilement communicable entre tous et capable de par ce fait de s'opposer à la pénétration dévastatrice du turbocapitalisme mondial. Or il existe dès maintenant un outil qui pourrait être particulièrement efficace comme langue commune: l'espéranto (langue construite à partir de 1887): outil efficace pour les raisons suivantes:
Il faudra bien un jour que les républicains prennent conscience de ce moyen efficace qui peut être dans leurs mains.
Pour finir cet article, disons un mot de la conception républicaine des services publics : En garantissant à chaque citoyen, riche ou pauvre, les mêmes services publics pour servir l'intérêt général de l'état-nation, cet état-nation participe fondamentalement à faire des égaux de chaque citoyen.
(à suivre)
par Valentin Boudras-Chapon
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