Débats républicains
Par Thierry DE LAROCHELAMBERT
Mercredi 11 juillet 2007
article publié dans la lettre 552
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La réalité du changement climatique en cours et de son origine anthropique ont été analysées et confirmées dans le volet VI-1 précédent (ReSPUBLICA n°541).
Avant d'analyser dans le volet VI-3 suivant les solutions immédiates possibles, efficaces et impératives, à adopter pour faire face aux défis climatiques et énergétiques, il nous faut examiner précisément la faisabilité scientifique et la validité économique des techniques de piégeage et de stockage du dioxyde de carbone (PSC, ou CCS pour Carbon Capture and Storage).
Unités employées :
taux de carbone dans le CO2 : 27,3% (1 tonne C = 3,7 tonnes CO2; 1 Gt = 1 gigatonne)
1 Gm3 de gaz naturel = 0,9 MTEP ; 1 baril de pétrole = 0,136 TEP
1 tonne de charbon = 0,67 TEP (anthracite) ou 0,33 TEP (lignite)
Après avoir initié l'ère du charbon puis celle du pétrole, les sociétés industrialisées s'engouffrent dans celle du gaz naturel (méthane) pour satisfaire leurs appétits énergétiques, en particulier dans le chauffage et le transport, mais aussi pour remplacer le charbon polluant des centrales électriques dans de nombreux pays dans le monde.
Mais cet engouement (triplement de la production électrique par centrales au gaz en 15 ans en Europe) engendre une forte augmentation des prix du gaz, de même que l'épuisement des stocks d'uranium provoque actuellement une flambée des prix de l'uranium et des tensions géopolitiques en Afrique et en Asie.
L'Union Européenne UE25 -et plus particulièrement la France- est dans une situation de dépendance et de vulnérabilité élevées pour son approvisionnement en gaz naturel, renforcées par la dérégulation dogmatique et dangereuse des marchés européens de l'énergie : elle en a importé 296 milliards de m3 en 2005 (principalement 126 Gm3 de Russie, 57 Gm3 d'Algérie, et 80 Gm3 de Norvège qui est hors UE) et produit seulement 13 Gm3 source: BP, de sorte que la diversification des sources d'approvisionnement par gaz naturel liquéfié au lieu de gazoducs est devenue un enjeu géopolitique de premier plan pour l'UE25 1. De 22% actuellement, il devrait représenter 38% des échanges mondiaux de GN en 2020. Cependant, les réserves norvégiennes de GN sont limitées et diminuent (2405 Gm3, soit 28 ans d'exploitation au rythme actuel), et les réserves mondiales prouvées (180 000 Gm3, soit 162 GTEP) seront épuisées dans 59 ans au rythme actuel. Certes, les découvertes régulières de nouveaux gisements et la présence d'immenses quantités d'hydrate de méthane dans les pergélisols peuvent laisser envisager la poursuite de la production méthanière au-delà de ce butoir, mais ces réserves ne sont pas en Europe (26,6% en Russie, 14,9% en Iran, 14,4% au Qatar, 1,3% en Norvège) et la question des rejets de CO2 se pose dès aujourd'hui.
De plus, la production pétrolière mondiale est près de passer le pic de Hubbert, du nom de ce géologue américain qui avait annoncé en 1950 contre tous les productivistes de l'époque la chute inéluctable de la production de pétrole aux USA au-delà de 1970, effectivement constatée 20 ans plus tard, qui contraint aujourd'hui les USA à importer la moitié de leur pétrole et explique toute leur politique étrangère 2, autant que la boulimie énergétique de la Chine explique son expansionnisme actuel. Si l'on écoute donc les géologues spécialistes mondiaux de l'ASPO (Association for the Study of the Peak Oil)3, les réserves mondiales de pétrole sont de l'ordre de 780 milliards de barils (106 GTEP) et le pic de Hubbert sera passé entre 2007 et 2010 (au plus tard en 2016), c'est à dire maintenant, alors que depuis le premier forage en 1859 l'humanité a déjà vidé environ un tiers (le plus léger) et brûle actuellement le 2ème tiers de ce liquide noir que la Terre a lentement élaboré sur des centaines de millions d'années! Au rythme actuel (et rien malheureusement ne semble freiner l'expansion des norias de camions, de 4x4, d'avions de ligne, d'avions-cargo, de navires porte-containers et de voitures autour du globe), nous aurons épuisé les ressources pétrolières accessibles dans 26 ans...4, les schistes bitumineux lourds étant probablement trop coûteux à extraire.
Enfin, la question du charbon revient à l'ordre du jour: moins cher que le gaz, mieux réparti géographiquement (27,1% aux USA, 17,3% en Russie, 12,6% en Chine, 3,9% en UE25) mais terriblement polluant, le charbon représente encore 909 milliards de tonnes de réserves (463 GTEP, soit environ 147 ans de production mondiale actuelle) 5. La consommation mondiale de charbon ne fait que croître (+4,7% entre 2005 et 2006; +31 % en dix ans) tout comme la production (+5,6% entre 2005 et 2006; + 34% en dix ans), tirées par la Chine (consommation +8,7% et production +8,3% entre 2006 et 2007) et l'Indonésie (consommation +17,8%; production +32,7%), quand l'Europe ne parvient même pas à réduire sa consommation (+2,4% pour l'UE25 entre 2006 et 2007)! L'Agence Internationale de l'Énergie prévoit même une augmentation de la demande mondiale de charbon de 32% d'ici à 2015 et de 59% d'ici 2030 dans son scénario de référence 6!
D'ores et déjà, le coût mondial total des dégâts environnementaux (réchauffement climatique, pollutions, allergies, maladies respiratoires, cancers, etc.) dûs au charbon s'élève à 3160 G$/an, soit 44% de l'ensemble des énergies fossiles 7.
Le débat se pose en ces termes:
Face à ce défi, la question se pose, incontournable: peut-on continuer de brûler toutes les réserves fossiles terrestres jusqu'à épuisement et éviter le réchauffement climatique en séquestrant le CO2?
Brûler le carbone du pétrole, du gaz ou du charbon, c'est le dégrader par oxydation et le dévaloriser. Une étude économique récente 10 montre que la valeur de l'énergie de combustion du carbone fossile est moins intéressante économiquement que celle du carbone que l'on peut en récupérer pour les usages industriels par les procédés de décarbonation des combustibles fossiles avec production d'hydrogène: seul l'hydrogène est brûlé. De nombreuses techniques de décarbonation existent déjà, tant pour le méthane que pour le pétrole et le charbon (extraction de l'hydrogène et de carbone solide par métaux liquides ou par catalyseurs 11).
De plus, le volume commercialisable des matériaux utilisant le carbone est suffisant pour absorber tout le carbone ainsi récupéré: bétons de compression renforcés au carbone, remplacement des aciers par les fibres de carbone dans les bétons armés, bétons réfractaires au carbone, matériaux composites au carbone en remplacement de l'aluminium et du magnésium, structures à nanotubes de carbone, etc.
Pour favoriser l'utilisation des réserves fossiles comme source de carbone et d'hydrogène plutôt que de chaleur, il faut imposer dès maintenant une taxation mondiale du carbone conjointement au marché du CO2 mis en place par le Protocole de Kyoto (cf. volet VI-3).
Cette solution, couplée à un plan d'investissement massif dans l'efficacité énergétique généralisée, le recyclage, l'économie de matière première et d'énergie, l'utilisation rationnelle de l'énergie et le développement massif des énergies renouvelables dans le monde, devrait permettre d'éviter ou de limiter la mise en place des techniques de stockage du CO2.
Les techniques actuelles consisteraient à piéger le CO2 issu des combustibles fossiles et rejeté par des centrales électriques, des aciéries, cimenteries, etc., et à le transporter par pipe-lines vers des installations de stockage pour l'injecter dans des formations géologiques où il devrait rester stocké de manière sûre pendant des millénaires pour que cette solution ait un sens à l'échelle de l'humanité.
Mais les problèmes posés sont nombreux et de nature très différente.
a) Toutes les techniques de piégeage du CO2 sont très coûteuses et induisent une baisse importante des rendements des centrales. Elles représentent en moyenne 75% du coût total de la séquestration du CO2, entraînent une baisse moyenne de plus de 50% des rendements électriques, introduisent une consommation d'énergie importante, produisent de nouvelles émissions de CO2 et augmentent fortement les coûts du kWh de l'ordre de 50% 12 :
L'utilisation prospective des courbes d'expérience appliquées aux centrales électriques à capture de CO2 de type CP, IGCC, GNCC et charbon-oxyfuel permet d'évaluer la réduction des coûts d'investissement et de production électrique à partir des coûts actuels grâce à la généralisation des procédés 21: elle n'est que de 3 à 5% par doublement de capacité, ce qui n'est guère prometteur.
Quant au coût de la capture du CO2 dans les aciéries ou dans les cimenteries, il apparaît encore très élevé, entre 50 et 250 $/tCO2 évité d'après 22; mais de nouveaux procédés à cristallisation d'hydrates semblent intéressants pour les hauts-fourneaux, entre 14,5 et 29,6 €/tCO2 évitée 23.
b) Les capacités de stockage souterrain du CO2 sont importantes mais incertaines et insuffisantes. C'est ce qui ressort des recherches géologiques mondiales décrites dans de très nombreuses publications 24, mais ces capacités sont encore sujettes à caution 25:
Même en admettant qu'un tiers des volumes de stockage connus soit utilisable (soit 333 GtCO2 environ) et qu'on arrive à piéger un tiers des 27 GtCO2 rejetées annuellement par la combustion des réserves fossiles, il serait totalement rempli au bout de 37 ans!
Le stockage géologique du CO2 n'est donc pas une solution à long terme et il ne contribuera qu'à la marge à la diminution des rejets mondiaux des gaz à effet de serre, d'autant que les techniques actuelles sont pour la plupart encore à l'état de recherche. Il risque tout simplement d'arriver trop tard: « la majorité des analyses montre qu'en dépit d'une large adoption du PSC d'ici 2050, les systèmes seraient surtout mis en place dans la seconde moitié du siècle » 26.
De plus -et c'est un aspect essentiel à mes yeux-, il rentrera en concurrence avec la nécessité de commencer à disposer de réservoirs de stockage-déstockage d'hydrogène, d'hélium et de chaleur essentiels à l'avenir énergétique de l'humanité dans les 30 ans à venir.
Le coût de la tonne de CO2 évitée semble prohibitif à une échelle mondiale: pour éliminer 9 GtCO2/an, il faudrait dépenser entre 270 et 720 milliards d'euros par an pour éliminer un déchet! Il faut au contraire investir cet argent dans la valorisation du carbone, l'efficacité énergétique et les énergies renouvelables. Seules, la récupération assistée de pétrole et de gaz naturel et la séquestration du CO2 de production pétrolière ou gazière pratiquées dans les gisements de Sleipner (Norvège), In Salah (Algérie) ou Weyburn (Canada) sont immédiatement intéressantes et utiles.
Il faut être conscient que le transport par pipe-line du CO2 capturé dans des centrales ou des usines vers les sites de stockage géologiques potentiellement utilisables mais souvent très éloignés présente des problèmes de réseau, d'investissement et de coût. Actuellement utilisé aux USA, il ajoute environ 8$/tCO2 transportée sous pression 24, mais son coût dépend fortement de la taille des usines 29.
Enfin, la sécurité à long terme du stockage souterrain de milliards de tonnes de CO2 sous pression pose d'énormes problèmes de responsabilité juridique: qui sera responsable d'éventuelles fuites mortelles à plus ou moins grande échelle? La catastrophe du lac Nyos au Cameroun le 21 août 1986 est encore dans toutes les mémoires, quand un immense nuage de plus d'un km3 de dioxyde de carbone a fusé brusquement d'une faille volcanique, tuant plus de 1700 personnes et toute vie animale sur plus de 14 km de rayon 24. Peut-on prendre le risque d'injecter ce gaz potentiellement dangereux dans des zones sujettes à des séismes plus ou moins fréquents et intenses?
On est loin de l'optimisme affiché du commissaire européen à l'énergie: « la Commission Européenne estime que le stockage souterrain du CO2 peut contribuer au progrès technologique qui devrait faire du captage et du stockage du carbone une réalité après 2020 » 30.
En dehors de la préservation des forêts tropicales et équatoriales, du reboisement des régions tempérées, de l'utilisation massive du bois dans la construction et l'habitat, de l'amélioration des procédés de valorisation des combustibles fossiles en carbone et hydrogène évoqués au §2.3, des efforts de recherche importants devraient être poursuivis dans les procédés industriels de transformation des rejets de CO2 en biocarburants par réacteurs à microalgues (sans engrais ni pesticides).
Le projet français SHAMASH (INRIA, CNRS, CEA, Ifremer, Cirad, Universités de Nantes et Aix-en-Provence, Valcobio) vise à étudier et sélectionner les microalgues les plus performantes dans la conversion solaire du CO2 en huiles (jusqu'à 70% de leur poids, 75 m3/ha.an actuellement, rendements 30 fois supérieurs à ceux des agrocarburants actuels)31.
Mais la recherche-développement doit être surtout et très rapidement orientée vers la réduction de la production des gaz à effets de serre par un véritable bond en avant vers l'efficacité énergétique, la réduction des gaspillages, l'utilisation rationnelle de l'énergie et le développement massif des énergies renouvelables, qui seront étudiées dans l'article suivant.
Prochain volet :
L'urgence énergétique (VI-3) : des décisions à prendre_
1 European key issue concerning natural gaz: dependance and vulnerability, Mathias REYMOND (CEA), Energy policy, vol. 35, pp 4169-4176 (2007)
2 Une nouvelle géopolitique du pétrole en Afrique, Aymeric CHAUPRADE, Revue Française de Géopolitique, n° 2, pp 233-244 (2004)
3 http://www.peakoil.net
4 Une géopolitique mondiale de l'énergie et un plan stratégique pour la France, Pascal RENARDET, Revue Française de Géopolitique, n° 2, pp 19-126 (2004)
5 BP statistical review of world energy (juin 2007)
6 World Energy Outlook 2006, IEA, 600p
7 Estimation of environmental damages caused by fossil fuel, Syed Aafar ILYAS, International Journal of Hydrogen Energy, (sous presse 2007).
8 Climate protection strategies for the 21st century. Kyoto and beyond, Wissenschaftlicher Beirat der Bundesregierung Globale Umweltveränderung, Berlin, 77 p. (2003)
9 Le scénario SUNBURN de relance du nucléaire mondial, Benjamin DESSUS et Philippe GIRARD, Les Cahiers de Global Chance, n°21, pp. 29-39 (mai 2006)
10 Carbon-neutral economy with fossil fuel-based hydrogen energy and carbon materials, John W. HALLORAN, Energy Policy (sous presse 2007)
11 Semi-continous hydrogen production from catalytic methane decomposition using a fluidized-bed reactor, N. SHAH, S. MA, Y. WANG, G. P. HUFFMAN, International Journal of Hydrogen Energy (sous presse 2007)
12 CO2 capture process principles and costs, P. H. M. FERON, C. A. HENDRIKS, Oil & Gas Science and Technology – Rev. IFP, vol. 60, n°3, pp. 451-459 (2005)
13 Cost and performance of fossil fuel power plants with CO2 capture and storage, E. S. RUBIN, C. CHEN, A. B. RAO, Energy Policy (sous presse, 2007)
14 Integrated gasification gas combined cycle plant with membrane reactors: technological and economical analysis, M. AMELIO, P. MORRONE, F. GALLUCCI, A. BASILE, Energy Conversion & Management (sous presse 2007)
15 Cost evaluation of CO2 sequestration by aqueous mineral carbonation W.J.J HUIJGEN, R.N.J. COMANS, H-J. WITKAMP, Energy Conversion & Management, Vol. 48, pp. 1923-1935 (2007)
16 CO2 capture study in advanced integrated gasification combined cycle, M. KANICHE, C. BOUALLOU (EDF, CEP), Applied Thermal Engineering (sous presse 2007)
17 Rapport sur les nouvelles technologies de l'énergie et la séquestration du dioxyde de carbone. Aspects scientifiques et techniques, C. BATAILLE, C. BIRRAUX, Office Parlementaire d'Évaluation des Choix Scientifiques et Technologiques (15 mars 2006)
18 Comparison of carbon capture and storage with renewable energy technologies regarding structural, economic and ecological aspects in Germany, P. VIEBAHN and al., International Journal of Greenhouse Gas Control, vol. 1, pp. 121-133 (2007)
19 CO2 capture and storage, IEA Energy Technology Essentials n°1 (décembre 2006)
20 Novel capture processes, L.I. EIDE and al., Oil & Gas Science and Technology – Rev. IFP, vol 60 n° 3, pp. 497-508 (2005)
21 Use of experience curves to estimate the future cost of power plants with CO2 capture, E.S. RUBIN and al., International Journal of Greenhouse Gas Control, vol. 1, pp. 188-197 (2007)
22 Carbon dioxyde recovery from industrial processes, J.C.M. FARLA, C.A. HENDRIKS, K. BLOK, Energy Conversion & Management, vol. 36, issue 6-30, pp 827-830 (1995)
23 CO2 capture by hydrate crystallization – A potential solution for gas emission of steelmaking industry, N.H. DUC, F. CHAUVY, J-M. HERRI, Energy Conversion & Management, vol. 48, pp. 1313-1322 (2007)
24 Underground sequestration of carbon dioxide – a viable greenhouse gas mitigation option, S. HOLLOWAY, Energy, Vol. 30, pp. 2318-2333 (2005)
25 CO2 storage capacity estimation: Issues and development of standards, J. BRADSHAW and al., International Journal of Greenhouse Gas Control, vol. 1, pp. 62-68 (2007)
26 Piégeage et stockage du dioxyde de carbone, GIEC-IPPC (2005)
27 Estimating maximum sustainable injection pressure during geological sequestration of CO2 using coupled fluid flow and geomechanical fault-slip analysis, J. RUTQVIST and al., Energy Conversion & Management (sous presse 2007)
28 Numerical modeling of fluid-rock chemical interactions at the supercritical CO2-liquid interface during CO2 injection into a carbonate reservoir, the Dogger aquifer (Paris Basin, France), L. ANDRÉ and al., Energy Conversion & Management, vol. 48, pp. 1782-1797 (2007)
29 Economic evaluation of the geological storage of CO2 considering the scale of economy, K. AKIMOTO, M. TAGAKI, T. TOMADA, International Journal of Greenhouse Gas Control, vol. 1, pp. 271-279 (2007)
30 Première usine pilote de stockage de CO2 en Europe inaugurée, Centre Hélios, Enjeux – Énergie, Vol. 6, n° 6, (juillet 2007)
31 INRIA-Sophia-Antipolis (http://www-sop.inria.fr/comore/shamash/index.html)
par Thierry DE LAROCHELAMBERT
Chaire supérieure de Physique-Chimie en CPGE,
Professeur de mécanique des fluides en École d'Ingénieurs,
Chercheur à l'Université. voir tous ses articles
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