Politique française
Par Alexis Secondat
Vendredi 15 février 2008
article publié dans la lettre 579
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Sortis des geôles libyennes, les infirmières et le médecin bulgares n’auront pas passé une seule nuit de plus en prison, immédiatement graciés par le président Guéorgui Parvanov. Il était impensable de cautionner la parodie de justice libyenne, même si l’accord d’extradition (et non pas de libération) prévoyait que les condamnés devaient continuer à purger leur peine de prison à vie.
Le premier ministre libyen aura beau déclarer qu’agissant ainsi, le président bulgare « a violé les procédures légales en matière d’extradition, prévues par le droit international et par l’accord d’entraide judiciaire signé entre les deux pays », une justice au service des droits de l’homme a prévalu.
Dans la mesure ou la France a joué un rôle non négligeable dans cette libération, et que le président Sarkozy a déclaré : « ces infirmières, elles étaient Françaises (...) il fallait les faire sortir, on les a fait sortir », on était en droit de s’attendre à un autre traitement dans l’affaire de l’Arche de Zoé. Entendons nous bien, il ne s’agit pas ici de prétendre que ceux qui ont été condamnés au Tchad n’avaient pas commis d’actes délictueux, et la comparaison avec les bulgares s’arrête ici. D’ailleurs, une instruction est actuellement en cours pour « aide au séjour irrégulier de mineurs de quinze ans », « exercice illégal de l’activité d’intermédiaire en vue d’adoption » et « escroquerie ». Mais qui peut prétendre que le procès qui a eu lieu à N'Djamena respectait les principes de la convention européenne des droits de l’homme ? En commuant uniformément les peines tchadiennes de huit ans de travaux forcés en huit années de prison, la justice française s’est déshonorée. En condamnant à la même peine des personnes dont sans conteste les niveaux de responsabilité sont forts différents, elle a renoncé à ses principes. En prétendant qu’elle « n’avait pas le pouvoir de rejuger les faits, d’apprécier la culpabilité des condamnés ou l’opportunité des sanctions prononcées par une juridiction étrangère », elle s’est faite la complice de la diplomatie de la françafrique.
Et le cirque continue, puisque que le président tchadien Idriss Déby, au pouvoir depuis 17 ans après un putsch contre Hissène Habré appuyé par la France, vient d’annoncer suite à la visite d’Hervé Morin qu’il était prêt à gracier les membres de l’Arche de Zoé si les autorités françaises en formulaient la demande. Donnant-donnant après l’aide officieuse des soldats français qui en sécurisant l’aéroport de N’Djamena ont donné un sérieux coup de main à Déby pour repousser une offensive rebelle ?
Probablement la « diplomatie de la réconciliation » promue par Nicolas Sarkozy, rien à voir avec un homonyme qui entendait « cesser de traiter indistinctement avec des démocraties et des dictatures ».
par Alexis Secondat
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lundi 12 janvier 2009, 19:00
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