Politique française
Par Jérôme Manouchian
Mercredi 14 mai 2008
article publié dans la lettre 589
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Une fois encore, les mêmes causes produisant les mêmes effets, le scandale des personnes sans-papiers installées, avec leurs enfants dans les écoles, en France depuis des années, resurgit !
Et là, le gouvernement actuel, comme le gouvernement Jospin, réplique que les régularisations se feront au cas par cas ! Cette politique est, aujourd’hui, comme hier, anti-sociale, anti-laïque et anti-républicaine !
On oublie de dire qu’il y a près de 500 000 personnes dans ce cas, en France. On oublie de dire qu’un régime démocratique ne peut pas expulser plus de 20 000 personnes par an. Déjà pour atteindre ce chiffre, il faut mettre de côté les droits de l’Homme et du Citoyen comme c’est le cas aujourd’hui avec la politique Sarkozy - Fillon - Hortefeux. Il est donc impossible pour une démocratie soucieuse des droits de l’Homme et du Citoyen d’expulser 500 000 personnes. Alors, où sont les défenseurs de la théocratie bouddhiste tibétaine [1] pour défendre les droits de l’Homme et du Citoyen en France ?
En fait, Sarkozy, Fillon, Bertrand tout comme Chirac, Jospin et Chevènement et tous leurs soutiens de la bien-pensance et de la vérité révélée, souhaitent tout d’abord faire en sorte que le nombre de travailleurs clandestins (et donc sans droits, moins "chers" et moins combattifs) restent élevé pour que le patronat puisse continuer, sans sanctions, d’importer de la main-d’œuvre "bon marché" pour concurrencer les travailleurs en règle (dont les couches populaires, ouvriers et employés, et faire baisser la combattivité générale des couches populaires en particulier et donc des salariés en général ! Ne pas oublier que ce phénomène mine le financement de la Sécurité sociale solidaire !
Bien évidemment, la demande du communautarisme de gauche et d’extrême gauche de régulariser ad vitam tous les travailleurs sans-papiers du monde entier qui le souhaitent au nom d’un mondialisme de charité chrétienne, fusse-t-elle d’extrême gauche, ne peut au mieux, par son irréalisme et l’impasse stratégique dans laquelle met toutes les organisations portant cette demande, que renforcer cette politique du cas par cas qui est le maintien du statu quo, c’est-à-dire du refus d’application des droits de l’Homme et du Citoyen, et de la défense des intérêts des puissants de ce monde.
En fait, cette politique du statu quo est une politique de lutte de classe au profit des puissants de ce monde.
C’est pourquoi je propose de rompre avec cette stratégie qui profite aux puissants de ce monde et qui fait fi de la plus élémentaire défense des droits de l’Homme et du Citoyen et de produire une alternative courageuse qui défende les couches populaires du monde entier. Il faut un plan en deux temps. D’abord, éradiquer tout le travail au noir tout en défendant les droits de l’Homme et du Citoyen, puis dans un deuxième temps, avoir une politique de réduction des inégalités nord-sud tout en contrôlant les phénomènes migratoires.
Première étape: Éradiquer tout le travail au noir tout en défendant les droits de l’Homme et du Citoyen.
La seule possibilité est la régularisation de TOUS les sans-papiers et multiplier le plus rapidement possible par 5 le nombre d’inspecteurs du travail pour sanctionner les employeurs (qui sont les seuls fautifs!) qui organisent le travail au noir ou le travail hors législation du travail. Dans cette phase, il faut engager une forte communication interne et externe à notre pays pour annoncer la deuxième étape sans quoi nous risquerions de revivre les mêmes difficultés.
Deuxième étape: Contrôler les phénomènes migratoires et développer une politique internationale pour diminuer fortement les inégalités entre habitants de la planète.
Dans cette phase, il convient de continuer la politique de contrôle des employeurs par un recrutement de haut niveau du corps de l’inspection du travail dont les prérogatives doivent être renforcées. Il faut également une politique restrictive de l’immigration clairement affichée. De plus, il faut une politique internationale anti-libre-échange. Il faut combattre le libre-échange des quatre marchandises: capitaux, services, produits manufacturés&agricoles et force de travail[2]. Des mesures comme la taxation sociale et écologique devront être appliquées: par exemple, comme le propose l’économiste Jacques Sapir :
Aucune solution à ce problème de l’immigration clandestine ne verra le jour sans une politique globale et courageuse. Si la gauche laïque et républicaine ne prend pas l’offensive sur ce point, qui la prendra à sa place ?
Mobilisons-nous ! Rassemblons-nous ! Et Hasta la victoria siempre (jusqu’à la victoire finale !),
Amitiés aux combattants,
[1] Vous savez celle qui était pour le servage et contre l’enseignement des enfants!
[2] La force de travail est une marchandise selon Karl Marx et non le travailleur salarié proprement dit
par Jérôme Manouchian
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lundi 7 juillet 2008, 17:30
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