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Retraites : les mauvais arguments des néo-libéraux

Par Combat Républicain

article publié dans la lettre 589

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Edito du n°117 de Combat Républicain, site internet: http://www.combatrepublicain.org

Une bataille sociale majeure est sur le point de s'engager. Le gouvernement Fillon a l'intention de porter à 41 le nombre d'annuités de cotisation pour bénéficier d'une retraite à taux plein. Les syndicats annoncent une journée de mobilisation durant la seconde quinzaine de mai. Vu son importance, Combat Républicain consacrera plusieurs articles à ce dossier. Nous commencerons par démonter la fausse argumentation dont abusent les libéraux afin de justifier leurs attaques contre le système des retraites.

« La durée de vie s'allonge, donc celle des cotisations aussi ».

Contrairement à ce qu'annonçait le rapport Charpin il y a dix ans, l'espérance de vie ne s'allonge pas d'un trimestre par an mais d'un demi trimestre. En 2003, elle a reculé d'un mois ! De plus, l'espérance de vie est inégale suivant les classes sociales, mais le gouvernement refuse de prendre en compte cette réalité. Or la prolongation de l'espérance de vie résulte largement de la retraite à 60 ans. Si l'âge du départ en retraite diminue, l'espérance de vie en est du même coup affectée, car une maladie sur deux est due au travail après 55 ans.

« Il faut favoriser le travail des seniors ».

Malgré l'allongement de la durée de cotisation, les Français continuent à travailler en moyenne 37 annuités. On est donc loin des 41 annuités que veut imposer le gouvernement. Le seul résultat de cet écart, pour les salariés, se traduit par un niveau de retraite en baisse constante, en contradiction avec les discours officiels sur la « protection » des retraites. Les retraites baissent, comme les revenus salariaux, mais les bénéfices des grands groupes capitalistes explosent ! Cherchez l'erreur...

En fait, la très grande majorité des travailleurs du secteur privé (60% selon le Conseil d'Orientation des Retraites) ne sont plus au travail lorsqu'ils atteignent l'âge du départ en retraite. Ils sont au chômage, en longue maladie ou en invalidité. Car le patronat licencie à tour de bras les salariés de plus de 50 ans. La diminution du niveau des retraites, véritable objectif de la « réforme » en cours, participe donc de la politique globale impulsée par la droite et le Medef, visant à abaisser les coûts du salariat (formation, salaires, soins, retraites).

« L'équilibre financier des régimes de retraite est hors de portée sans prolongation de la durée de cotisations ».

Les besoins de financement des retraites à l'horizon 2020 représentent 24, 8 milliards d'euros constants. Si l'économie française croît en moyenne de 1, 7% par an durant cette période, le PIB de notre pays aura augmenté de 30% en 2020. Cela représente (en euros constants) un accroissement de la richesse nationale de 410 milliards d'euros ! Et il ne serait pas possible de trouver 25 milliards pour équilibrer le régime des retraites !

En fait, le raisonnement des tenants de la « réforme » des retraites fait l'impasse sur deux données essentielles :
L'augmentation de la productivité du travail, facteur essentiel de l'augmentation des richesses, compense, et au-delà, les conséquences économiques du vieillissement de la population. La population inactive augmente, certes, mais la productivité des actifs permet d'éviter le grand écart générationnel que les libéraux agitent comme un épouvantail.

La croissance, faiblarde depuis des lustres, pourrait retrouver des couleurs sous l'effet d'une autre politique économique. Du même coup, les marges de manoeuvre en terme de financement des retraites, de la sécurité Sociale ou des allocations chômage s'en trouveraient accrues. Mais là encore, les libéraux considèrent que l'économie française est condamnée à languir sous la barre des 2% de taux de croissance par an.

Un certain Nicolas S. parlait il y a peu de « politique de civilisation ». Nous y voilà. Défense des acquis sociaux et des valeurs de la République, ou triomphe de la logique financière sur les besoins de l'humanité. Il faut choisir. Par la mobilisation de toutes les forces populaires.

par Combat Républicain
Journal pour la République et le Socialisme
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