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Lutter contre le néo-libéralisme

La «pseudo-gauche» nous vendra le capitalisme étatique sécuritaire

Par Guillaume Desguerriers

article publié dans la lettre 600

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Économiquement parlant l’alternative va se présenter, car la crise actuelle n’est pas « passagère », ni même le fruit d’un hasard ou de quelques imbéciles de financiers qu’il faudrait rendre coupables de tout. La crise actuelle (comme celle des années 1930) est inscrite dans le fonctionnement même du capitalisme et il faudra construire un autre système par delà cette période si dure.
La droite a son projet qui commence à se faire jour. Elle va immanquablement se tourner vers un capitalisme d’état car elle y a l’opportunité de renouer avec un pouvoir étatique fort sur le plan économique, de renouer avec un pseudo-gaullisme et d’asseoir un pouvoir durable dans les élites sociales. Hélas, cette droite qui pourrait séduire des pseudo-républicains est aussi fortement sécuritaire et réactionnaire. La maladie du libéralisme anglo-saxon l’a atteinte et la droite ne jure que par une éthique sécuritaire, répressive, liberticide et normative. Exclusion, fichage, surveillance étroite et contrôle des citoyens, justice expéditive et pouvoir policier, tout cela est le lot de telles orientations idéologiques et tout cela est contraire à « l’esprit de gauche ».

La pseudo-gauche va se mettre à jour

Pour faire accepter un tel projet politique, la droite a besoin de « l’union sacré pour sauver la nation » et elle va donc se tourner vers la pseudo-gauche de notre pays, qui n’a plus aucune référence aux aspirations de l’esprit de gauche, mais qui est très intéressée par le pouvoir qu’un système étatique lui permettrait de conserver. Aussi lorsque la droite va proposer un passage à un capitalisme d’Etat, sécuritaire et liberticide, elle se tournera vers la pseudo-gauche en l’amadouant : « Nous devons faire l’union sacré ! ». Pour sûr la pseudo-gauche va jouer les divas car elle doit faire illusion devant les électeurs et montrer son « pouvoir ». Aussi elle va faire mine de refuser. Alors la droite de revenir en déclarant « Nous devons faire l’union sacré... et pour cela nous sommes prêts à faire des concessions sociales très difficiles dans le contexte actuel!  ». Et l’affaire sera pliée...
Car tous les membres de la pseudo-gauche sont déjà acquis au capitalisme d’état, mais pour faire bonne figure ils devront faire croire qu’ils auront arraché à la sueur de leur front des mesures sociales exceptionnelles ! Et fièrement, ils énumèreront les poussières sociales qui viendront saupoudrer la chape de plomb du capitalisme étatique, liberticide et régisseur, qu’ils auront contribué à asseoir. Doublement menteur parce que ces mesures ne seront que poudre aux yeux, et parce qu’en mettant en place un capitalisme d’étatique, ils auront reconduit le régime d’alternance qui leur convient très bien et qui leur permet de briguer à peu de frais des nouveaux des mandats électifs (« la droite dirige l’état, et nous avons les postes dans les régions... »).

Être attentifs ensemble !

Les individus-citoyens que nous sommes tous doivent être attentifs, car de leur réaction va dépendre l’avenir de notre pays. Ou bien nous acceptons le discours mielleux de cette pseudo-gauche qui tentera de justifier une adhésion « incontournable » et « salutaire » à un capitalisme d’état concerté avec la droite ; ou bien nous refuserons ce choix par tous les moyens à notre disposition et nous nous donnerons alors la possibilité de sortir d’un capitalisme vorace et sécuritaire. Car peu importe que l’état ou des intérêts privés soient aux commandes économiques si la même logique économique est à l’œuvre, si la même logique éthique et culturelle de répression se poursuit encore.

Gardons cela en tête. Et le jour où les membre de cette pseudo-gauche viendront nous faire gober le capitalisme d’état agrémenté de quelques « mesurettes », alors nous pourrons dire qui il faudra chasser de la gauche. Car être de gauche c’est prendre conscience dès aujourd’hui que le coût humain de la crise va être terrible. Cette crise est un mûr, hélas incontournable, que nous allons subir de plein fouet ; or nous n’avons pas subir cette épreuve pour rien. Nous devons exiger que la crise débouche sur un autre régime qu’un capitalisme étatique et répressif, duplicata de ce que nous connaissons aujourd’hui. Être de gauche, c’est accepter la crise pour changer de régime.

par Guillaume Desguerriers
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