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600 numéros pour affirmer l’esprit de gauche !

Par Évariste

article publié dans la lettre 600

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Cher lecteur, le changement de rédaction fin août 2007 a été l’occasion d’une nouvelle déclaration de ligne (n°561, septembre 2007). Dans les faits, cette déclaration a été une « re-déclaration », car elle n’a été, ni plus ni moins, que l’affirmation de l’esprit de gauche dans lequel votre journal entend tenir sa ligne et vous proposer ses analyses, ses prospectives.
Beaucoup ont noté une dérive de la ligne de Respublica à partir de fin 2005 qui s’est affirmée de plus en plus au cours de l’année 2006 et au début de l’année 2007. C’est cette dérive vers un républicanisme des « deux rives » (mélange de la gauche et la droite) et vers un abandon de la laïcité qui ont amené, en août 2007, à un redressement de la ligne et à la réaffirmation de nos valeurs fondatrices, clairement exprimées dans l’éditorial du n°561.

Respecter « l’esprit de gauche »

Au delà de la Raison, il y a des impressions, des sentiments, des passions qui travaillent les individus. Pour sûr, impossible de laisser l’intuition être la seule maîtresse de nos vies, mais l’intuition est la source des inspirations, des envies et des désirs, autant de choses que la Raison – notamment issue des Lumières – vient compléter, fortifier et parfois guider pour éviter les passions réactionnaires. Ainsi, c’est à la fois la Raison et l’intuition qui nous ont conduit à réaffirmer que la laïcité n’est pas un prétexte pour une cabale contre telle ou telle religion particulière. Respublica a donc réaffirmé que, pour une ligne résolument laïque, si les croyances n’ont pas droit de citée dans la sphère publique, l’état n’en reconnaît aucune et l’individu-citoyen est parfaitement libre de penser, de croire et pratiquer dans la sphère privée les options de vie qu’il estime bien pour lui-même.

« L’esprit de gauche »

Il est difficile de définir exactement ce qu’est « l’esprit de gauche ». Envie de vivre et de bâtir, curiosité et amour du savoir, il est aussi marqué par le désir de souveraineté sur son existence propre et intime. Voila pourquoi le Pacte Républicain (c’est à dire l’action de tous les individus-citoyens) travaille à créer et à garantir les conditions pour que chaque individu qui souscrit à ce Pacte puisse vivre librement sa vie personnelle selon ses choix intimes. Liberté de disposer de son corps jusque dans la mort (euthanasie signifie la « bonne mort »), liberté de penser, liberté de contracter avec un autre individu consentant (ce qui signifie que nul n’impose un modèle normatif de ce que doit être l’amitié, la famille, etc.), liberté de parole, liberté de mouvements, liberté d’adhésion. Tout cela porte un nom : la souveraineté sur son existence personnelle, et la garantie de cette souveraineté fonde la paix (point cardinal sur lequel s’oriente le Pacte Républicain). Paix individuelle et paix sociale, avec toutes les conséquences économiques (en terme notamment de répartition des richesses) qu’un tel but implique. La misère n’a jamais conduit à la pacification, sinon par les armes.

De telles aspirations ont traversé l’histoire, et nous, individus de notre temps, ne sommes que des porteurs de cette tradition, des défenseurs de cette conception de la vie parce qu’elle est également la nôtre. Pour concevoir de telles valeurs de vie, il faut l’usage de tous les savoirs contre l’obscurantisme, mais aussi l’audace de les porter et de les défendre. Tenter, proposer, oser, tout cela fait partie de l’esprit de gauche. L’esprit de gauche reconnaît le risque et l’assume. La soumission à la peur de risque signifie la défaite de l’audace, de l’envie, de la curiosité, de la vie même ! cette défaite est le triomphe du sécuritaire, du contrôle, de la protection castratrice. Le libéralisme anglo-saxon est porteur de cette conception mortifère de la vie à tel point qu’il peint l’individu responsable et mature comme celui « qui a peur » ! et qu’à ces yeux, celui qui ne cède pas à cette crainte de tout et à cette peur des autres est un fou inconscient. Une telle éthique de vie, une telle culture sont à l’évidence très loin de l’esprit de gauche qui peint l’individu citoyen comme celui qui connaît la peur, mais qui a le courage de ne pas lui céder. Ces mythes nous viennent de la nuit des temps, de la République Romaine, de la Démocratie athénienne, du citoyen de Sparte. Autant de mythes fondateurs à l’éthique de l’individu-citoyen. Voilà pourquoi sur cette définition de ce qu’est un « individu mature » se trouve véritablement toute la distinction entre « l’individu-citoyen » du Pacte Républicain et « l’individu-libéral » du capitalisme ; c’est à dire toute la différence entre une philosophie de l’Individualisme-Républicain et une philosophie de l’individualisme-égoïste, théorie des phobocrates défendue par les néoconservateurs nord-américains depuis des décennies. Rien que sur la culture sociale, la différence est flagrante : dans la première optique l’individu soutient et agit avec les autres individus-citoyens pour renforcer les actes de pacification qui garantissent, pour chacun, sa propre souveraineté sur sa vie (par exemple, la laïcité est une construction vers plus de pacification) ; dans la seconde optique, celle de l’individualisme-égoïste, l’individu conçoit d’abord les autres sous l’angle paranoïaque : c’est à dire comme des obstacles à abattre ou des agresseurs potentiels, l’action de concert n’a donc aucun sens hormis celle du fondamentalisme religieux.

L’engagement de la Rédaction de Respublica

La rédaction d’un journal, ce sont des femmes et des hommes, individus-citoyens de ce pays. Tous partagent cet esprit de gauche. Aussi dans ce journal nous n’avons de cesse de proposer des interprétations, d’apporter des idées et construire des nouveautés ; le but étant de concevoir du neuf et de vous donner, à vous, lecteurs, des idées sur lesquelles réfléchir et échanger, mais aussi militer de la manière la plus élémentaire : c’est à dire en discutant simplement avec sa voisine de palier ou son boulanger, avec le client d’un café ou un éboueur dans la rue. L’importance de cet acte de lien social est fondamentalement politique. Pour l’esprit de gauche, l’autre ne se limite pas à une personne parmi les amis ou la famille. L’autre est toute personne qui partage ce Pacte Républicain avec soi. Cette distinction montre pourquoi il n’y a pas plus de trois manifestations de droite par siècle, et pourquoi il y a des gens qui participent à la défense des retraites ou de l’école, du système de santé ou de la justice, même s’ils ne sont pas dans ces catégories. Pour l’esprit de gauche, il n’y a pas que « le clan des amis et de la famille ». Voilà la source de cet universalisme qui se retrouve dans la constitution de 1792, celle-là même qui stipule que tout individu qui embrasse et défend les idéaux du Pacte Républicain est français. Audace extraordinaire, abolition des groupes et des clans, reconnaissance des individus par leur désir de bâtir et de partager ensemble : l’esprit de gauche habite tout entier la révolution française.

Voilà donc notre ligne ! Elle s’est incarnée dans nombre d’éditoriaux. N°559 sur la guerre des valeurs ; n°576 et n°584 sur le courage comme acte fondateur pour refuser la culture et l’éthique matraquées par le libéralisme anglo-saxon ; n°591 sur la ré-appropriation de l’individu et de son autonomie ; n°579 sur cette pseudo-laïcité soit-disant « positive » ; n°583 sur le droit de tout individu à disposer de son corps ; n° 582 sur le rassemblement des forces de gauche ; n° 572 sur la nécessité de deuil pour concevoir un monde nouveau ; n°571 sur la réalité de la valeur « travail » et l’esclavage moderne ; n°568 sur l’identité ; n°570 sur la paix comme but fondamental du Pacte Républicain, etc.

A l’évidence, la conséquence directe d’une telle ligne éditoriale est parfois de se tromper, car oser c’est risquer. Et on ne gagne pas à tous les coups. Mais ne rien proposer, ne rien avancer, ne rien décrypter pour simplement avoir la sécurité de ne jamais se tromper, voilà un prix que notre rédaction se refuse à payer car il implique de ne parler que du passé et de n’avoir que peur pour l’avenir. Or aujourd’hui, plus que jamais, nous devons défendre l’esprit de gauche, c’est à dire aller de l’avant, nous porter vers l’avenir. La crise qui arrive va produire de nombreux dégâts, et il est impératif de nous armer pour concevoir le projet d’un autre monde à notre mesure, et d’avoir la volonté et la force pour l’imposer à ceux qui ont ruiné celui d’aujourd’hui. C’est dans cette perspective, cher lecteur, que nous inscrivons résolument votre journal Respublica, car aucune autre ne nous semble avoir plus de valeur.

Pour le 600ième numéro de Respublica,

par Évariste
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QUICK MONEY - photographies d'Elisabeth Cosimi

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190 Bd de Charonne 75020 Paris
M° Alexandre Dumas
Entrée: 3 euros
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samedi 29 novembre 2008, 15:00

Meeting de lancement du Parti de Gauche

À L’ILE-SAINT-DENIS
Centre sportif Ile-des-Vannes
(métro mairie de Saint-Ouen)
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mardi 9 décembre 2008, 20:00

« La séparation des Eglises et de l’Etat aujourd’hui »

Amphithéâtre DONZELOT,
Faculté des Lettres
Besançon
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mercredi 17 décembre 2008, 20:00

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Chaussée de Waterloo 94
1060 Saint-Gilles
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