Débats républicains
Par Henri Acounis
Vendredi 13 avril 2007
article publié dans la lettre 528
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Bonjour,
Je[1] voudrais intervenir sur les deux articles concernant le nucléaire : un pour, un contre avec force démonstrations et chiffres.
a) Je suis fondamentalement d'accord avec lui surtout sur les anti-nucléaires dont une des caractéristiques est de nier les lois physiques et le impératifs techniques, l'électricien Nord-Coréen théoriquement communiste, subit les mêmes contraintes physiques et techniques quand il veut produire de l'électricité et la distribuer que son collègue US forcément capitaliste!
Je veux dire par là que la production d'électricité se caractérise par une loi fondamentale : à tout moment la production doit égaler la consommation à quelques pour cent près, au delà les sécurités jouent et le système disjoncte.
On a donc besoin d'une production de base NON ALÉATOIRE ce qui exclut les éoliennes, à moins d'avoir une liaison avec le Dieu Eole pour faire du vent ou M. Sarkozy qui en fait aussi beaucoup, ce qui exclut aussi le soleil, là il y a la nuit!
Cette donnée primordiale est systématiquement ignorée et pour cause car tout le "blabla" des anti-nucléaires est mis à bas, à la question simple : avec quoi produit-on cette électricité de base? Il n'y a pas de réponse sérieuse mis à part des centrales thermiques mais là il y a Kyoto et au delà de Kyoto la dégradation qui s'accélère de plus en plus de notre planète.
b) Sur Super Phénix le sodium n'empêche absolument pas la dégradation de la cuve par les neutrons mais on peut penser qu'elle est moins accentuée car ce sont des neutrons rapides qui à priori font moins de dégât.
Le problème de Super Phénix c'est que quand s'est posé la question , après Phénix quoi? Deux thèses se sont opposées celle du CEA qui voulait une étape intermédiaire et celle d'EDF qui voulait une tête de série, c'est EDF qui a gagné malheureusement.
J'ai participé à ces discussions car j'étais membre de la Commission Energie du PS. Le plus drôle(?) est que ceux qui ont fait arrêter Super Phenix sont ceux qui ont protesté contre l'EPR disant qu'il fallait sauter à la génération suivante, or sur les 6 types de réacteurs du futur , 4 sont des réacteurs à neutrons rapides! Cohérence, vous avez dit cohérence?
a) Au sujet de l'EPR les problèmes de retards, qui son exacts, sont liés en premier chef à ce que le système industriel qui s'était mis en place lors du programme français a été démantelé, ensuite c'est un projet regroupant plusieurs équipes techniques de différents pays et on a vu avec Airbus que cette collaboration n'est pas évidente. On a bien construit des centrales en Chine mais avec un maître d'oeuvre d'une seule nationalité.
b) Sur Super Phénix qui a connu des déboires normaux à tout prototype industriel, Jospin cédant à la pression imbécile des anti a tout arrêté alors que la logique aurait voulu que l'on continue en "brûlant" au moins la charge qui était en place.
c) Sur la pénurie d'uranium M Thierry DE LAROCHELAMBERT fait là une grande découverte, sachez Monsieur que si on a décidé de retraiter les combustibles usagés au delà de la réduction des déchets à stocker l'idée était bien d'utiliser le plutonium dans des réacteurs à neutrons rapides , d'ailleurs déjà quelques centrales PWR utilisent un mélange de combustible à base d'uranium et de plutonium le MOX et l'EPR utilisera du MOX. Et s'il y a quelques problèmes c'est que les coeurs ont été calculés pour de l'uranium enrichi à 3,5% et non pour du mixte, c'est un bricolage. Je pense qu'il en serait de même si l'on décidait de construire un moteur calculé pour utiliser du carburant Vert, on peut penser que le rendement serait supérieur au moteur calculé pour du gasoil.
d) Quand au bilan énergétique désastreux du nucléaire on peut l'appliquer à tout le processus de production industriel de notre société! Quel est le bilan énergétique de l'éolienne?
e) Sur ITER c'est bien le seul point sur lequel je sois d'accord, il faudrait mettre ces sommes énormes pour travailler sur des solutions de remplacement du pétrole dont on situe le Peak Oil (moins de ressources que la consommation) entre 2015 et 2030, 2050 pour les optimistes. ce qui est demain et après demain. . Et l'on parle toujours de la voiture mais on oublie les avions dont on a aucune solution de remplacement du kéroséne et la pétrochimie.
Cela va conduire à un bouleversement de notre société tant dans la production que la consommation, les conférences d'experts sur le climat on élaboré des thèses de développement qui toutes sont basées, à mots couverts, sur des développements locaux ce qui remet en cause la mondialisation.
Quand le baril sera à 100$ le kéroséne à je ne sais combien, produire en Chine et consommer en Europe deviendra non rentable.
Alors le pétrole il faut l'économiser au maximum et l'utiliser pour des consommations sans solutions actuelles de remplacement et surtout pas pour produire de l'électricité.
En conclusion j'attends avec impatience les propositions de M. Thierry DE LAROCHELAMBERT éliminant le nucléaire mais pour être crédibles les centrales thermiques aussi avec, bien sur, un bilan énergétique des solutions de remplacement Et surtout pas le classique " si on mettait l'argent de la recherche sur le nucléaire etc. " M Thierry DE LAROCHELAMBERT sait pertinemment qu'il y a beaucoup de recherches sur l'énergie non pas pour sauver la planète mais car il y a du fric à faire.
Rien qu'au CEA une bonne trentaine de projets de recherche non nucléaires (CLEFS CEA Numéro 44) que tout à chacun peut se procurer au siège du CEA 31 rue de la Fédération 75015 PARIS Je suis impatient.
[1] Ex CEA, pas professeur.
par Henri Acounis
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