Elections
Par Pascal Polisset
Jeudi 10 mai 2007
article publié dans la lettre 536
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Il était inscrit dans le paysage politique que la revanche des libéraux, confrontés au vote populaire contre la constitution européenne, devait s’exprimer le plus tôt possible. Il fallait, pour les uns et les autres laver cet affront. A contrario d’une sainte alliance, le peuple avait osé voter « NON » au projet constitutionnel !
Dans la suite logique des élections, cette date devait être celle des présidentielles. Dont acte : il en fut fait comme Ils l’avaient voulu.
Au delà du réel danger que représente la pensée néo-conservatrice de Nicolas Sarkozy, le projet de la gauche libérale ne pouvait s’exprimer qu’aux limites de ce même projet. A aucun moment, cette gauche n’avait les moyens de contrer le projet de l’UMP, elle était ailleurs. Leur représentante nous a rappeler au devoir de Patrie, au travers de vibrants appels à chanter « La Marseillaise ». Au respect de la Famille, antienne d’une ministre qui vante ses nombreux enfants, exemples pour le peuple. Au Travail qui devait se mesurer au travers de la réduction de son temps dès lors qu’il s’agissait de compétition internationale… Cette représentante fut librement choisie, au sein du PS, par un refus quasi viscéral de ses « adhérents » de voir commander leur avenir par cet aréopage de caciques, qui pour médailles, ont présenté toutes leurs défaites des vingt dernières années...
Rajoutons, amèrement, l’attitude, les attitudes des organisations et divers « porte-parole » du camp du NON, qui se sont engouffrés dans l’objectif de remplir leurs caisses, grâce aux lois dites de financement des partis politiques, lois édictées par la gauche pour… moraliser, sur le dos des contribuables, les dépenses abyssales de leurs projets particuliers… Et nous aurons compris, peut être, qu’il était déjà trop tard.. avant.
Sarkozy annonce, en se retirant deux heures au Fouquet’s et quelques jours en plus, à Péta-où-schnok, que le prochain gouvernement sera de droite-centre-gauche. François Fillon, qui est gaulliste social, comme est de gauche Strauss-Khan, Borloo, social-Quoi ? Allègre ?? etc. En gros, mais vraiment en gros, Sarkozy préparerait un gouvernement d’ouverture… vers le centre, avec des oripeaux de gauche… Incroyable ? Non ? Non, logique. Le type le plus à droite de l’UMP prépare seulement un gouvernement libéral - européiste, un gouvernement qui devra user de toutes les arguties pour faire passer définitivement toutes les résolutions anti-sociales de la Commission européenne dans les lois de notre pays. Ni plus ni moins. Sarkozy a compris que le pouvoir est à Bruxelles. Mégalomane invétéré, il est prêt à se contenter de la présidence de la France… parce qu’il sait, que dans cette position, il servira au mieux les intérêts du Capital, sa seule patrie. Mieux, soupçonnons-le de viser la présidence d’une Europe Libérale, le remerciant, ainsi, d’avoir conduit les irréductibles gaulois au ban de la soumission au CAC 40.
Les "authentiques" auto-proclamés défenseurs du libéralisme économique que sont les centristes de Bayrou et les socio-démocrates du PS avaient le cul entre deux chaises. Quand ils persistaient à croire que défendre les intérêts du Capital mondialisé et conserver le contact avec des électeurs un brin changeants devait se travailler doucement, l’UMP leur proposait la « botte », les invitant à franchir le ru, rudement ! Ils n’y ont pas cru !
Pourtant, c’est ce dilemme qui a été tranché ce dimanche dernier. Ces gens-là, trop occupés à construire des châteaux de cartes, s’aperçoivent maintenant que le ministre des coûts et blessures a eu raison.. Ils iront tous à la soupe. Fermer le ban !
Je le répète, le seul projet politique à venir de l’actuel nouvel élu de la République est d’assujettir la République rebelle aux injonctions du Capital des multinationales et des fonds de pension. Et en cela, il a donné une réelle leçon aux pieds tendres de la sociale démocratie, toute tendances confondues.
Maintenant, reste, lamentable et loin des grands idées subliminales-minables de ces derniers dits de gauche et/ou du centre, à servir un menu qui se fera de compromissions en désistements, une cuisine d’arrière-politique. Il ne manquera pas de passeurs de plats, les tables dressées par les télévisions, dimanche soir, les ont vu sans livrée et la serviette au bras.
En politique, pour ce que je pense de la politique, reste une inconnue, celle qui échappe à tous plans savamment ourdis, pitoyablement admis, cette inconnue peut s’appeler la lutte des classes. Elle est l’intervention incalculable des forces du besoin et de la révolte, mais ceci est l’histoire qu’il reste à bâtir. C’est trop tôt d’en faire état parce que ces forces ne pourront, le débat soi-disant tranché, ne s’exprimer que le moment venu et là, les plans manquent cruellement.
par Pascal Polisset
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