Le dernier numéro 604

Chronique d'Evariste

Politique française

Entretiens

Laïcité

Combat féministe

Travail de mémoire

Courrier des lecteurs

Voir tous les numéros

Articles

À lire, à voir ou à écouter

Irina Palm, de Sam Garbarski

Par Pierre Cassen

article publié dans la lettre 538

Lien permanent vers cet article

Maggie, interprétée par l’actrice Marianne Faithful, a la cinquantaine, et vit dans la banlieue londonienne. Elle a connu le premier, et le seul homme de sa vie à dix-sept ans, et s’est mariée avec lui, parce qu’elle attendait un enfant, qu’elle a perdu à la naissance. Dix ans plus tard, elle aura son seul héritier. Veuve depuis sept ans, son unique bonheur, dans une vie terne, est son fils et son petit-fils, âgé de sept ans.

Malheureusement, l’enfant est atteint d’une grave maladie. On n’est pas en France, ici il faut payer pour se faire soigner. Maggie a déjà vendu sa maison, pour financer les premiers soins. Mais à présent, le dernier recours demeure un traitement qui n’est dispensé que dans un seul endroit, à Melbourne, en Australie. Les parents du gamin n’ont pas l’argent. Il n’y a plus que quatre semaines pour que l’enfant soit transportable, après il sera trop faible. Maggie n’est pas suffisamment solvable pour emprunter. Elle n’a aucune qualification, à cinquante ans, pour trouver du travail. La situation paraît donc désespérée.

Sa vie va changer quand elle entrera dans un sex-shop, où on recherche une hôtesse. Naïve, la grand-mère pense qu’on va lui demander de faire la vaisselle, et d’astiquer le bar. Le propriétaire lui met alors les pendules à l’heure. Il regarde d’abord ses mains, et lui dit que, bien qu’elles ne soient pas jolies, elles sont douces, et qu’elle peut faire l’affaire. Il l’emmène dans une cabine, et lui explique le travail. Les hommes sont de l’autre côté de la cabine, derrière un mur de séparation, et un trou permettant de faire dépasser leur sexe. Le rôle de Maggie, avec sa main, consistera à faire le nécessaire, en cinq minutes, pour que les clients jouissent.

D’abord effrayée et scandalisée, elle accepte finalement le travail, quand elle apprend les sommes qu’elle peut gagner. Après une formation sur le terrain par une collègue qui deviendra son amie, elle doit se lancer. Les résultats dépassent toutes les espérances, et très rapidement, sous le nom d’Irina Palm, Maggie et sa main droite experte deviennent l’attraction du « Sexy World », les longues files d’attente devant sa cabine en témoignent. Elle découvre un monde qu’elle n’imaginait pas, bien loin de la vie qu’elle a mené jusqu’à maintenant. Elle qui, depuis la mort de son mari, avait renoncé à tout contact avec un autre homme, est troublée par le quotidien auquel son travail la confronte.

Elle réussira à convaincre le patron de la boîte, avec qui elle entretient un rapport ambigu, de lui avancer l’argent nécessaire pour que son petit-fils et ses parents puissent partir en Australie.

Elle s’engage à le rembourser, par dix semaines de travail gratuit.

Bien sûr, la nouvelle vie de Maggie suscitera la curiosité de quelques amies bigotes bourgeoises malveillantes, qui alimenteront les rumeurs les plus inamicales à son égard. Son fils, par ailleurs très imprégné de morale chrétienne, n’aura de cesse de vouloir savoir, de manière obsessionnelle, comment sa mère a pu se procurer autant d’argent.

Dans ces épreuves, elle fera preuve d’une force de caractère qu’on ne lui soupçonnait pas au début du film.

Toute cette aventure lui aura servi à s’affranchir de beaucoup de tabous accumulés tout au long d’une vie, et à devenir finalement une femme plus libre qu’elle n’a jamais été.

Elle découvrira une nouvelle confiance en elle, qui lui permettra s’affirmer face à des voisines qui l’ont toujours méprisée, et surtout de constater qu’elle est toujours disponible, bien que grand-mère, pour séduire un homme, et être séduite par lui.

Ce film ne prétend pas régler la question sensible de la prostitution et de la marchandisation du corps de la femme, sujets aux multiples controverses. Il se contente d’aborder, avec pudeur et sobriété, sans voyeurisme inutile, les contradictions d’une femme que rien ne destinait à de tels bouleversements en quelques semaines.

A chacun d’imaginer, une fois l’argent remboursé, quelle suite Maggie choisira de donner à une vie qui ne sera plus jamais la même depuis qu’elle a rencontré Irina Palm…

par Pierre Cassen
voir tous ses articles

Lettre d'information

Agenda

samedi 22 novembre 2008, 17:30

QUICK MONEY - photographies d'Elisabeth Cosimi

Confluences
190 Bd de Charonne 75020 Paris
M° Alexandre Dumas
Entrée: 3 euros
En savoir plus...

samedi 29 novembre 2008, 15:00

Meeting de lancement du Parti de Gauche

À L’ILE-SAINT-DENIS
Centre sportif Ile-des-Vannes
(métro mairie de Saint-Ouen)
En savoir plus...

mardi 9 décembre 2008, 20:00

« La séparation des Eglises et de l’Etat aujourd’hui »

Amphithéâtre DONZELOT,
Faculté des Lettres
Besançon
En savoir plus...

mercredi 17 décembre 2008, 20:00

RESISTER ET AGIR !

Centre Culturel Jacques Franck
Chaussée de Waterloo 94
1060 Saint-Gilles
En savoir plus...

Voir toutes les dates



Dossiers

Nous mettons à votre disposition des "dossiers" regroupant les différents articles parus sur plusieurs numéros sur un même sujet. Déjà en ligne:


L'affaire du voile dans le gîte des vosges,

ou l'affaire dite "Fanny Truchelut" du nom de sa propriétaire, dernier article paru: Une virtuosité imprécatrice, confuse et contradictoire, réponse à Anne Zelensky, Par Marie Perret, Catherine Kintzler, Jean-Marie Kintzler Voir le dossier...

Soutien à Robert Redeker

La collection d'articles parus dans ReSPUBLICA autour du soutien à Robert Redeker Voir le dossier...

L'urgence énergétique

Série d'articles sur la question énergétique
Voir le dossier...

Voir tous les dossiers