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Débats républicains

La nation, un concept républicain : nation, immigration et émigration (13e partie)

Par Valentin Boudras-Chapon

article publié dans la lettre 538

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Comme cela a été annoncé dans l'article précédent, c'est le moment de prendre position sur le problème de l'immigration et de l'émigration pour un républicain, d'autant que l'on entend tout et son contraire à ce sujet, du José Bové qui dit que le monde entier peut venir en France à son gré et avoir tous les droits sans les devoirs et responsabilités de citoyens (mais à la grande joie « contenue » des employeurs-voyous qui pourraient embaucher alors à volo légalement au rabais), au Le Pen qui veut foutre les immigrés à la mer au nom de l'identité nationale, en passant par les bobos socialistes qui disent qu'il seraient bon, ne sachant pas sur quel pied danser, d'en régulariser beaucoup en leur donnant des droits au rabais comme le vote aux élections locales, et par Sarkozy qui propose de choisir les immigré en fonction des besoins comme au bon vieux temps des marchés d'esclaves, et pour l'émigration, que les riches comme Johnny ont le droit de ne pas payer d'impôts en France en décidant de résider en Suisse ou en Belgique tout en bénéficiant de la Sécurité Sociale française!!!

Et pourtant le raisonnement de base est simple, et nous l'avons exprimé dans les premiers articles sur la nation : ceux qui résident dans l'état-nation de France sont les citoyens de notre pays qui tous ont les mêmes droits, et ceux qui n'y résident pas (ou plus) ne le sont pas (ou plus) donc sans les droits de citoyens de l'état-nation.

Ceci dit il est nécessaire, bien sûr, pour ce qui est de l'immigration de prendre position sur ses conditions en fonction de ce raisonnement : d'abord , il est bon de différencier deux natures de l'immigration:

  1. celle résultant du droit d'asile, inhérente aux valeurs de notre république qui accepte de servir de refuge aux persécutés du monde entier qui le demandent, mais que l'on doit élargir raisonnablement à tous ceux qui sont menacés dans leur intégrité physique et moral (cas des femmes algériennes menacées par exemple).
  2. celle des réfugiés économiques à qui on peut associer celle des immigrés de haute qualité professionnelle attirés par une meilleure vie de confort.

Pour le premier cas, il ne peut y avoir de restriction quelconque à l'accueil, à condition que, au bout d'un certain temps (de 5 à 10 ans par exemple), ces réfugiés acceptent de prendre la nationalité du pays les ayant accueillis (avec adhésion formalisée aux valeurs démocratiques et laïques pour notre pays) , même si pour eux c'est temporaire jusqu'à ce que la situation de leur pays d'origine ne change favorablement et qu'ils désirent alors y retourner.

Pour le 2e cas, c'est le même processus qui doit prévaloir: au bout de 5 à 10 ans les émigrés économiques doivent accepter la nationalité du pays dans lequel ils résident (sous peine d'expulsion) jusqu'à un éventuel départ pour leur pays d'origine qui se fasse selon leur volonté. Mais pour ce 2e cas, non seulement il paraît nécessaire d'exiger un engagement fort et précis aux valeurs démocratiques et laïques de notre pays, comme par exemple un engagement écrit de nature contractuelle, lequel donc, s'il n'est pas respecté dans les années suivantes aboutit à une rupture constatée et par conséquence à une expulsion (il ne faut pas avoir peur de le dire et de le faire), mais aussi, comme il n'est pas possible économiquement d'accepter une immigration massive d'année en année, il paraît évident d'en restreindre le nombre par la loi, et de le faire respecter par des contrôles systématiques pour la reconduite aux frontières des entrées illégales, certes, mais aussi d'instituer l'obligation pour tous les demandeurs de servir pendant un temps donné dit de probation, dans un service public dont le pays a besoin ; il ne faut pas oublier que pendant plus d'un siècle , ceux qui voulaient émigrer en France trouvaient naturel de servir cinq ans dans la Légion étrangère et ils obtenaient sans réserve à l'issue, l'acquisition de la nationalité française. Il n'y a pas de raison que ce moyen soit banni au nom de je ne sais quelle diabolisation d'un corps militaire si celui-ci est accepté et utilisé par la république. Il y a d'autres corps publics qui peuvent remplir ce rôle de servir l'état-nation tout en préparant à l'allégeance d'immigrés à la nation française (la sécurité civile avec les pompiers, les services publics divers d'aide à la personne, et les services de préparation aux métiers manquant sur notre territoire, etc.). C'est d'ailleurs de cette manière que peut être résolu honorablement le problème des immigrés clandestins : ou ils acceptent de servir pendant un temps donné la république dans un de ces corps de services publics créés ou à créer, et ils sont acceptés comme citoyens à l'issue en signant le contrat d'allégeance aux valeurs démocratiques et laïques de la république, ou ils sont priés de sortir du territoire national, et cette dernière mesure lorsqu'elle a à être appliquée doit être effectuée sans faiblir. (pour le cas particulier des enfants nés en France ou ayant résidé suffisamment longtemps, ceux-ci doivent avoir le droit de revenir en France à leur majorité si leurs parents partent volontairement ou forcés avant leur majorité). En effet, dans ces mesures qui paraissent adaptées aux valeurs républicaines d'un état-nation laïque, il est répondu en particulier aux dangers de perpétuer sur notre sol un nombre considérable de clandestins qui produisent le travail au noir payé au rabais et donc favorisent le chômage pour le reste de la population, et aux dangers que puissent rester dans notre pays des gens qui refusent a priori nos valeurs démocratiques et laïques (comme les islamistes et autres sectateurs du mouvement dit indigène). Il est nécessaire de dire aussi pour être cohérent que la diminution d'arrivée de réfugiés économiques dans nos pays d'Europe passe prioritairement par des mesures politiques qui vont de l'aide directe aux personnes dans les pays fournisseurs d'immigrés, à des taxes douanières pour les produits des pays qui ne respectent pas un minimum de droits de l'homme et du travail (à faire accepter bien sûr par l'ensemble des pays européens contre l'OMC) afin que ces pays trouvent leur intérêt à améliorer le sort de leur population et avoir ainsi moins de candidats à fuir leurs pays.

La position sur l'émigration doit aussi être claire dans la suite logique du même raisonnement: ne sont citoyens d'un état-nation que ceux qui y résident. Cela a donc pour conséquence que celui qui fait le choix de résider en permanence dans un autre pays, doit au bout d'un certain temps (même si le délai est fixé à 10 ou 15 ans), perdre la nationalité (française) avec ses droits de citoyens (dont le droit de vote); cela ne signifie pas que s'il veut revenir y résider, il ne puisse pas récupérer séance tenante, sans formalités, tous ses droits. Quant à ceux qui ont des activités financières et professionnelles en France et qui par exemple émigrent en Suisse ou en Belgique ou ailleurs pour ne plus payer d'impôts en France, non seulement la perte de leur nationalité française doit être automatique avec la perte des droits sociaux (l'assurance maladie de la Sécurité Sociale par exemple), mais le fisc doit saisir leurs bien jusqu'au montant calculé en fonction de leur durée probable de vie (à la méthode des assurances) et en se basant sur le montant de leurs dernières imposition (de même ceux qui bénéficie d'un enseignement supérieur gratuit mais coûteux pour l'état-nation et qui vont exercer ailleurs pour être mieux rémunéré comme certains membres du corps médical de haut niveau, doivent remboursé le coût de cet enseignement supérieur). Ces deux sortes de décisions éviteront de voir des « Français » ne résidant plus en France depuis des décennies, et/ou ne payant plus d'impôts à notre pays, d'influer illégitimement sur sa politique par des votes alors qu'ils ne sont plus acteurs de la citoyenneté de l'état-nation, sans compter qu'ils peuvent prendre des positions en faveur de leur pays d'adoption s'opposant aux valeurs républicaines de notre état-nation (exemple de l'association des français chiliens qui ont pris position massivement en tant que Français pour le coup d'état de Pinochet et sa répression) et permettre de récupérer au besoin quelques richesses.

Comme le disait en réunion publique il y a deux ans un inspecteur d'Académie originaire d'un pays d'Afrique du nord, ce n'est pas « l'intégration » qui doit être le critère d'acquisition de la nationalité, mais «l'allégeance» au pays et à ses institutions. Dans cette conception républicaine d'ailleurs, le Français dit « de souche » qui renie la légitimité de notre état-nation (nationaliste xénophobe corse, basque, sectateur du mouvement indigène, fasciste traditionnel patenté, etc.) et qui engage des actions illégales racistes, xénophobes, antiégalitaires, intégristes religieuses, et autres, refusant donc de fait l'allégeance à la nation et à ses valeurs, doit être prié de quitter le territoire avec la perte de sa nationalité (même si c'est une mesure temporaire de type sanction judiciaire) et au besoin avec la saisie de ses biens.

(à suivre)

par Valentin Boudras-Chapon
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