Politique française
Par Dan Ferrand-Bechmann, Charles Gadea
Jeudi 21 juin 2007
article publié dans la lettre 547
Lien permanent vers cet article
L’université française a certainement besoin d’être réformée et surtout d’être sortie de la misère dans laquelle elle est maintenue depuis des années, ainsi que des inégalités qui, en matière d’attribution de moyens, séparent la petite élite des grandes écoles de la masse des étudiants.
La solution est-elle pour autant dans l’autonomie, affichée comme une panacée et que le gouvernement entend mettre en place à marche forcée, sans concertation sérieuse avec les organisations syndicales et moins encore avec les organisations professionnelles et les sociétés savantes d’enseignants chercheurs ? Il convient d’attirer l’attention sur les risques extrêmement sérieux que comporte l’autonomisation des universités, si elle est conduite sans réflexion suffisante : relèvement général des droits d’inscription, accroissement des inégalités entre universités et aggravation par voie de conséquence à la fois des inégalités entre régions et de l’inégalité des chances scolaires, possibilité de multiplication de spécialisations locales sclérosantes pour les diplômés, renforcement du localisme, développement du clientélisme et de l’arbitraire dans la gestion des enseignants-chercheurs (avec la porte ouverte aux pressions économiques ou politiques plus directement exercées sur les enseignants-chercheurs par les présidents ou les conseils d’administration), affaiblissement ou suppression des instances nationales et paritaires d’évaluation et de gestion des carrières, destruction de fait des règles statutaires assurant l’indépendance intellectuelle et scientifique des enseignants-chercheurs.
Quelles précautions ont été prises, quelles garanties existe-t-il pour que ces dangers soient écartés ? Quels moyens seront réellement donnés ? L’autonomie signifiera-t-elle autre chose qu’une gestion assouplie de la pénurie et une diminution de l’aide des différents niveaux de l’Etat ?
Il est fait appel, pour justifier les intentions du gouvernement, à l’exemple de pays voisins, mais s’est-on assuré que cette imitation n’aura pas des conséquences néfastes si on transpose hâtivement dans un cadre particulier, tel que la France, des modèles qui sont bâtis sur d’autres traditions et d’autres bases démographiques ?
A l’heure actuelle, la démarche autoritaire, opaque et précipitée du gouvernement ne peut que susciter les plus vives inquiétudes. Si le but de la réforme est d’améliorer le fonctionnement de l’université et la formation des étudiants, pourquoi ne pas la réaliser dans la concertation avec les premiers concernés : les étudiants eux-mêmes et les enseignants ?
L’Association des sociologues enseignants du supérieur (ASES) et l’Association française de sociologie (AFS) appellent le gouvernement à adopter une méthode de changement plus démocratique et plus respectueuse de l’ensemble des personnes concernées : étudiants, enseignants et chercheurs, personnels administratifs et techniques de l’université. Elles invitent les enseignants-chercheurs et les étudiants à la vigilance et proposent dès à présent de poursuivre le débat pour une réforme qui donne vraiment toutes leurs chances aux universités françaises afin qu’elles deviennent plus performantes, dans le respect des valeurs démocratiques.
par Dan Ferrand-Bechmann
Présidente de l’Association Française de Sociologie (AFS) voir tous ses articles
Charles Gadea
Président de l’Association des Sociologues Enseignants du Supérieur (ASES) voir tous ses articles
samedi 22 novembre 2008, 17:30
Confluences
190 Bd de Charonne 75020 Paris
M° Alexandre Dumas
Entrée: 3 euros
En savoir plus...
samedi 29 novembre 2008, 15:00
À L’ILE-SAINT-DENIS
Centre sportif Ile-des-Vannes
(métro mairie de Saint-Ouen)
En savoir plus...
mardi 9 décembre 2008, 20:00
Amphithéâtre DONZELOT,
Faculté des Lettres
Besançon
En savoir plus...
mercredi 17 décembre 2008, 20:00
Centre Culturel Jacques Franck
Chaussée de Waterloo 94
1060 Saint-Gilles
En savoir plus...
L'affaire du voile dans le gîte des vosges,
ou l'affaire dite "Fanny Truchelut" du nom de sa propriétaire, dernier article paru: Une virtuosité imprécatrice, confuse et contradictoire, réponse à Anne Zelensky, Par Marie Perret, Catherine Kintzler, Jean-Marie Kintzler Voir le dossier...
Soutien à Robert Redeker
La collection d'articles parus dans ReSPUBLICA autour du soutien à Robert Redeker Voir le dossier...
L'urgence énergétique
Série d'articles sur la question énergétique
Voir le dossier...