Droit de vote des étrangers
Par Denis Billon
Mardi 29 août 2006
article publié dans la lettre 465
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Je voudrais réagir aux propos de Stéphane Arlen. Non que je m'oppose à ce qu'il dit, mais pour approfondir le sujet
Homme de gauche, républicain et laïque, je suis pour le respect de tous et en particulier de ceux, français ou étrangers qui vivent sur notre sol.
Mais républicain, je pense que le droit de vote est lié à la citoyenneté. Et la citoyenneté ne se divise pas.
Le droit de vote doit s'acquérir par la nationalité française.
Les étrangers qui vivent chez nous peuvent opter pour deux possibilités.
-Ils se considèrent comme temporairement chez nous, pour des raisons souvent économiques, pour travailler, et envisagent de retourner dans leur pays au moment de la retraite. Ils sont alors nos invités, nous devons les accueillir dignement, mais ils ne décident pas à notre place. Bien sûr ils peuvent s'exprimer sur leur lieu de vie et de travail, dans les associations, les syndicats, etc...
-Etant installés en France et heureux de l'être, ils doivent pouvoir facilement participer aux décisions qui les intéressent. Vivant en France depuis quelques années ils peuvent obtenir la nationalité française aisément, les seuls refus ne pouvant toucher que ceux qui ont un casier judiciaire, comme les français qui perdent leurs droits civiques.
Mais alors, ils optent, et il est hors de question de conserver la double nationalité. Ils gardent leurs souvenirs, ce que certains appellent des racines. Mais il faut choisir. Que se passe-t-il si un désaccord important existe entre la France et ce pays ?
Contre une nationalité au rabais :
Les gens qui proposent le droit de vote aux étrangers, le proposent pour les élections locales.
Souvent d'ailleurs, ils proposent le droit de vote mais pas l'éligibilité. Ou alors ils proposent l'élection de conseillers " étrangers " des sous conseillers en quelque sorte.
Il faut qu'on m'explique. En quoi un étranger serait plus intéressé à l'élection de conseillers qui éliront ensuite leur maire au second degré qu' l'élection au second tour de l'élection présidentielle comme en 2002 où un candidat se proposait de les reconduire à la frontière manu militari. Où est la logique ? Si on donne le droit de vote aux étrangers, ce ne peut être qu'un droit plein et entier, à toutes les élections et la possibilité de se faire élire.
Cela s'appelle la nationalité française.
Donner le droit de vote aux étrangers, comme ça, sans demande de leur part, sans démarche volontariste, c'est s'exposer à ce que les votes des étrangers ne s'expriment pas sur une base citoyenne, dans l'intérêt de tous, mais sur une base communautariste, pour défendre les intérêts particuliers de leur communauté et de leurs compatriotes, voire de leurs coreligionnaires.
Si une telle mesure était appliquée, on ne mettrait pas longtemps à en découvrir les effets néfastes. Notre pays a déjà trop renoncé à défendre les valeurs républicaines, de démocratie et de laïcité issues de la révolution française.
Stéphane Arlen pense que les candidats à la présidentielle font ces propositions dans un but électoraliste. Je ne suis pas sûr du résultat. Ces idées sont issues de la soi-disant générosité des milieux branchés de la capitale, car dans les régions et les cités, les électeurs de base, sans être racistes, sont de plus en plus exaspérés par ces systèmes soit disant équitables et qui génèrent l'injustice. Ce sont ceux là qui ont voté non au référendum, et risquent de ne pas voter l'an prochain.
par Denis Billon
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