Traité Européen
Par Guillaume Desguerriers
Vendredi 2 novembre 2007
article publié dans la lettre 566
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On aurait pu croire que le projet d'Europe libérale aurait pris du plomb dans l'aile après le 29 Mai 2005, mais c'était sans compter le mal d'estomac de la commission européenne. Car de toute évidence, les nons français et néerlandais n'ont pas été digérés. Aussi, l'arsenal des communiquants et des légistes a été mis au chevet du TCE pour en sortir son jumeau. Commun en tout point, on y retrouve les mêmes principes qui ont entraîné son refus : statut de la BCE, principe de concurrence libre et non faussée, services publics congédiés, même illisibilité (255 pages ! ), même fonctionnement autocratique et anti-démocratique : le rôle des élus européens est diminué et le pouvoir de la commission européenne, non élue, est renforcé. De fait, l'Europe libérale est de retour et frappe à la porte de la France. Son grand ordonnateur, Valéry Giscard d'Estaing explique lui même la démarche (de la supercherie ! ) dans un article paru dans Le Monde (26 Octobre 2007). Édifiant !
Toutefois, notre anglo-saxon de président ayant décidé de faire ratifier le traité par voie parlementaire, c'est un véritable coup d'état qui se prépare ! Cette fois-ci la leçon a été retenue : les Français ne verront même pas le texte entre leurs mains et il passera par voie parlementaire. Il faut se rappeler que le TCE aurait été adopté en 2005 par 93% des parlementaires si Jacques Chirac (dans un moment d'égarement peut-être... ) n'avait déclaré que le TCE ferait l'objet d'un référendum populaire. La suite est connue : un matraquage médiatique pour le oui (qui reste une des hontes les plus crasses de l'histoire des médias français), une prise de position quasi unanime des parlementaires, des sondages écrasant en faveur du oui plusieurs mois auparavant... Rien n'y fit : 54% de non, le TCE qui devait entériner l'Europe libérale est rejeté le 29 Mai 2005.
Aujourd'hui, un autre combat se profile pour la République : imposer un référendum populaire. Des pétitions circulent, il est impératif de les appuyer pour exiger que le peuple français ne soit pas déposséder de sa souveraineté. Comme en 2005, ce référendum est la possibilité du débat démocratique, de l'expression des citoyens, de statuer sur la légitimité d'un texte qui a pour vocation de s'appliquer à une nation tout entière. La défense des valeurs Républicaines de notre pays s'appuient sur la souveraineté du peuple. La dérive anglo-saxonne que les média et le nouveau pouvoir tente d'imposer passe inéluctablement par la minoration du citoyen qui ne devient plus un acteur. Le pacte républicain repose sur l'existence de citoyens. En évinçant la population d'une décision politique constitutionnelle, le président travaille à la destruction de nos valeurs et à la destruction du pacte républicain.
Les pétitions :
On notera le changement médiatique des derniers jours : déjà des sondages indiquant l'avis favorable des français circulent sur les ondes, de plus en plus de parlementaires se veulent rassurant et indiquent leur approbation. La campagne est bel et bien lancée.
Une seule mise en lumière dans ce tableau : le PS ! Ce nouveau traité européen est un véritable retour sur l'échafaud pour les dirigeants de ce parti. Une galère dont ils se seraient volontiers passés, et pour cause : Le congrès du Mans de Novembre 2005 avait institué que le PS reconnaissait le refus du TCE par les français. Ce même congrès précisait également que le PS s'opposerait à tout traité constitutionnel européen s'il ne faisait pas l'objet d'un référendum populaire... un vrai noeud coulant au cou des élus socialistes. Aujourd'hui, c'est l'heure des braves, et il n'y en a pas beaucoup. Les grandes discussions ne se font que sur la stratégie médiatique à adopter pour contourner le problème que posent les engagements du congrès du Mans. Du coup, la stratégie de l'abstention (défendue par Fabius) va bon train : le texte passerait avec les vois de la droite et on ne pourrait pas accuser les élus socialistes d'avoir voté « oui ». Cependant, certains ont ouvertement déclaré leur adhésion au projet de relookage du TCE, et François Hollande lui même a affirmé qu'il voterait oui à ce pseudo-nouveau traité. Au moins Sarkozy, lui, est un ennemi déclaré de la République...
Seuls Mélenchon, Dolez, Emmanuelli et quelques autres semblent être de vrais socialistes. Comme beaucoup de militants, hors du PS, mais aussi au sein du PS, ils demandent à ce que le TCE-bis face lui aussi l'objet d'un référendum. Les autres élus socialistes rampent, espérant que leur traîtrise politique ne sera pas trop vue ou n'en sera jamais « qu'une de plus ». Avec un peu de chance, se disent-ils, les électeurs auront oublié ce manque de parole pour les municipales de Mai 2008. Car elles approchent ces élections, à peine 7 mois ! Et il est fort possible que beaucoup n'aient pas oublié...
L'obtention d'un référendum est à ce titre l'occasion d'une clarification dans l'électorat de gauche. Rappelons que si 60% des militants du PS s'étaient prononcés en faveur du oui (certes, après une campagne interne bâclée), 60% de l'électorat socialiste avait voté contre le TCE, désavouant ainsi la direction du PS. La possibilité d'une fracture permanente avec l'électorat n'est donc pas négligeable. Une faille qui pourrait être exploitée lors d'un référendum sur le TCE-bis dans l'objectif d'une réelle recomposition d'une force politique à gauche.
Deux obstacles : le premier réside dans le PCF et la LCR qui ne proposent pour le moment que des recomposition autour d'eux-mêmes... excluant ainsi toute réelle recomposition, tant sur la force politique que sur le projet sociétal.
Le second est la direction du Parti Socialiste lui-même, qui a très bien perçu le danger, et pèsera de tout son poids pour qu'un référendum populaire sur le TCE-bis n'aie jamais lieu.
Aujourd'hui, il faut signer et faire circuler les pétitions réclamant un référendum, et se manifester auprès des députés.
Argumentaires et informations :
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