Courrier des lecteurs
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Vendredi 28 mars 2008
article publié dans la lettre 583
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Nous publions ci-dessous quelques unes des réactions suscitées par le dernier édito d'Evariste: À quand un rassemblement des forces de la gauche sociale, laïque et républicaine
La Rédaction
Cher Evariste,
quand Staline a voulu instrumentaliser l'histoire pour la mettre à son service, il a fait disparaitre des photographies officielles bon nombre de révolutionnaires qui n'avaient pourtant pas démérité dans leur combat au service du peuple. Or ta photographie électorale des progrès de la gauche républicaine à l'issue des élections occulte le courant majeur de cette gauche républicaine, c'est-à -dire le MRC qui préserve ses maires, conseillers généraux et adjoints, et qui se permet même une offensive en outre-mer, le tout représentant au moins ce que PRS, Mars-GR et les proches de Respublica semblent peser ensemble aujourd'hui. La plupart des élus PRS le sont d'ailleurs sous étiquette socialiste. Aussi me semble-t-il peu habile, pour l'heure, d'ostraciser le MRC dont de nombreux militants et sympathisants sont fort sensibles à la partition jouée par Mélenchon.En politique, il ne faut jamais insulter l'avenir. A ce propos, qu'as-tu fais de mon article Mayotte, misère du monde et identité nationale ?[1] Ne suis-je pas dans la ligne républicaine lorsque je récuse la tentative de limiter le droit du sol sur une partie du territoire de la République? Ne suis-je pas gauche républicaine quand je propose des mesures concrètes de co-dèveloppement pour l'ensemble de l'archipel des Comores ? Les forces militaires de l'UA s'apprêtent à passer à l'offensive contre Anjouan , avec la bénédiction et le soutien logistique de la France, à l'issue du week-end pascal. Mon article est donc plus que jamais d'actualité. Cordialement, Pascal Basse, délégué national MRC outre-mer, et néanmoins membre de PRS ,compagnon de route du Mars
Cher Evariste,
Je viens de prendre connaissance de votre édito. (Pas encore lu les autres papiers) D'abord, une remarque : j'ai trouvé Respublica bien discrète avant et pendant ces élections.
Je partage l'essentiel de votre analyse, sur la poussée à gauche, c'est l'évidence. Elle a profité essentiellement au PS, même si le PCF, la LCR et les alternatifs dont la gslr s'en sortent plutôt bien. Malgré Aubervilliers et Montreuil qui laisseront des traces. Car c'est une stratégie délibérée du PS qui gagne partout grâce à l'union et qui fait perdre le PCF quitte à être élu avec les voix de droite ! ces gains sont aussi la conséquence de l'abstention d'une partie de l'électorat de Sarkozy sur les candidats UMP, électeurs déçus bien plus qu'impatients qu'il en rajoute dans le sens qu'on sait. Et vous avez raison de souligner l'autre abstention, celles des quartiers et cités populaires, très préoccupante.
Si l'union la plus large à gauche, du PS à l'extrême gauche ne s'est pas faite, c'est que ni le PS, ni la LCR n'en veulent (je ne développe pas). Et le PCF privilégie encore beaucoup trop les alliances avec le PS alors qu'il porte un projet de société clairement alternatif mais une partie de sa direction lorgne du côté d'une formation réformiste bis.
Faut-il rechercher d'abord une nouvelle formation, c'est-à-dire opter pour la forme, ou faut-il d'abord se rassembler à gauche pour définir le projet alternatif commun que l'on veut porter, c'est-à-dire, le fond. Il y a des aspirations communes très larges mais aussi des divergences qu'il faut pouvoir appréhender sans tabou, sur les conditions économiques et politiques à réunir, sur les objectifs sociaux et sociétaux à se fixer, sur la laïcité socle de notre République, sur l'essor des libertés individuelles et collectives, sur les limitations à l'appropriation privée des moyens de production des secteurs clés de l'économie, des banques et autres instruments de crédits, sur la répartition des richesses, sur l'écologie... etc
C'est effectivement ce type de débat que l'on devrait envisager à gauche. Il traverse d'ailleurs chacune des familles de pensée qui la constitue. Le plus tôt sera le mieux.
René Fredon
Bonjour,
L'idée est séduisante, mais il me semble que cela ne peut se faire qu'en bâtissant des projets communs.
Cela passe aussi par une étape difficile où chacun doit analyser lucidement et sincèrement quelles sont les valeurs qui le motivent.
Etablir ensuite un ensemble des valeurs partagées qui devront structurer le débat et identifier les questions qui fâchent et qui séparent afin d'arriver à mieux se comprendre et ainsi dépasser ces différents.
Cela constituerait une sorte de “CONSTITUTION“ de ce mouvement.
Il deviendrait une sorte de lieu d'élaboration d'idées et de projets transverse aux partis.
Il pourrait de la même façon organiser des formes de "primaires" de la gauche pour permettre de désigner des candidats et d'établir des programmes de façon démocratique.
Une fois ce travail de "constitution" réalisé, je propose qu'une liste des sujets urgents à traiter puissent être établie et que soient créées autant de groupes de discussion.
Bien veiller à une organisation la plus démocratique possible avec une structure légère mais responsable. (éviter les querelles de chefs ou de leaders)
Permettre des débats ouverts sans langue de bois ou doctrine. On rassemble tous les constats et les idées ou propositions et on les passent ensuite au crible d'une grille fondée sur les droits de l'homme, la solidarité entre tous les humains vivants sur terre ou qui nous ont précédés et ceux qui nous succéderont, si ses valeurs sont retenues ce qui pour moi est la seule justification d'une gauche.
Les sujets urgents à évoquer sont pour moi et de façon non limitative :
La lutte contre l'exclusion (Pauvreté, racisme...) par la laïcité, l'accueil des étrangers, le partage au travers de la fiscalité...
La préservation des ressources planétaires.
L'éducation sous tous ses aspects : Acquisition d'une autonomie responsable, apprentissage d'un métier, apprentissage du civisme, du respect de l'autre et de la solidarité, maintien et adaptation des compétences tout au long de la vie.
Ces 3 sujets devraient nous amener à aborder des questions comme celles de l'organisation des institutions du citoyen à une forme de gouvernement mondial.
La monnaie et les échanges au travers d'une nouvelle approche solidaire de la notion de "profit"
Le travail est certes gigantesque et semble utopique, mais en se plaçant dans une ligne de finalités, il serait possible d'établir des propositions en vue des élections de 2012.
Qu'en pensez-vous?
Fraternellement
Jean-Pierre Jouany
Bonjour Evariste,
Je réagis à ton article « A quand un rassemblement des forces de la gauche sociale, laïque et républicaine » qui est l’exacte traduction de ma préoccupation pressante actuelle.
Je suis élue PCF conseillère municipale et de quelque côté que je me tourne je ne comprends pas la lenteur de la réaction aujourd’hui. Je digère très mal l’antienne actuelle « victoire de la gauche » que reprends le parti dont j’ai la carte car je ne puis mettre dans le même camp tous les représentants de ce terme sans sens pour moi actuellement : la gauche. Je ne me reconnais pas dans le libéralisme à peine caché d’un Strauss K. ou d’une Royale. Je ne me reconnais pas dans le communautarisme de certains dirigeants du PCF, de ceux qui parlent de « laïcité tolérante » ou « ouverte ».
Je crois qu’il est presque tard pour créer un véritable rassemblement de gauche (et pas un amalgame personnel de petit facteur qui essaie de créer un mouvement autour de sa personne en s’appuyant lui aussi sur les communautaristes).
Alors je ne me reconnais pas dans le communautaire sans sens pour moi actuellement : oui, j’appelle aussi de tous mes vœux « une évolution visant toutes les forces éparses » de la gauche sociale laïque et républicaine. Oui, je veux travailler sur cette ligne avec les « forces éparses, et les divers égos » capables de voir un peu plus loin que leurs carrières politiques personnelles.
Oui, j’accepte que nous en débattions ensemble et que soit organisée une rencontre pour en discuter.
Josiane Romero
Cher Evaristo (merde, ya aristo dans ce nom...)
je suis sur une liste de gauche à Audenge et nous ne nous sommes pas désistés pour le PS.
C'est la guerre...
Bravo Mélenchon, tu dis, il dit (...) qu'en fait c'est la vraie gauche qui est la clef et non le Modem...
Quand aurons-nous un DIE LINKE en France ?
Bises fatiguées par les querelles.
MC
Bonjour Evariste,
Je ne suis pas d'accord avec ton analyse.
Il n'y a pas que les couches populaires qui ne se reconnaissent plus dans le PS.
Depuis 2005 (prise de position pour le OUI à l'Europe), jusqu'à ce jour, je trouve que le PS a pris un virage "libéral" qui ne me convient pas. "Ce traité est imparfait, certes, mais c'est mieux que rien", disait la bouche en cul de poule, cet enfoiré de PS. Et c'est passé cette année, sans vague, alors que ce n'est qu'un déni de démocratie. Scandaleux !
Comme José, je pense qu'un autre monde est possible, où le porc ne voyage pas dans 5 ou 6 pays avant d'arriver dans nos assiettes, où les haricots verts en boîte n'arrivent pas de Chine, où les accords franco français (non finalisés) du pseudo sommet de l'environnement sont tués dès le lendemain sous des pressions d'industrieux lamentables, où les pays de cette Europe des capitaux se font la guerre à coup de dumping,.. J'arrête, il y en a trop....
Où est le PS là dedans ? Que dit-il ? Il veux revenir au pouvoir, mais pour faire quoi ? Même Martine, qui émerge, n'a pas ma confiance.
Le libéralisme, le marché sans règle, la concurrence libre et non faussée sont désormais dans la tête des dirigeants du PS. Au plus, Ségolène proposait un baume à hémorroïdes aux français, pour que la "politique" passe mieux !
On est bien loin de la prise en compte des plus faibles, des moins instruits et des laissés au bord de la route. Tous ces gens sont d'ores et déjà sacrifiés. C'est le C de la population A B C. Tout le monde veut l'éliminer, ce C, et l'ignore. Mais il grandit. Comme dit le frère de l'acteur, "ça va mal finir".
Détestable PS, dont les élites ne représentent plus qu'elles-mêmes.
Encore plus grave : Marie George, Arlette et Olivier ne proposent qu'une redistribution des bénéfices du CAC 40. Pour exister, ils ont besoin de ce "méchant capitalisme". Quelle creusitude !
A mes yeux, seul José[2] à la solution. Reconstruire la cabane, pas la rafistoler.
@+
Aetius.
[1] Nous publions cet article dans ce numéro. NDLR
[2] Effectivement nous ne sommes pas d'accord ! NDLR
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