International
Par La Paix Maintenant
Vendredi 4 avril 2008
article publié dans la lettre 584
Lien permanent vers cet article
Le rapport dont tout le monde parle, dans la presse israélienne (Yediot
Aharonot, Ha'aretz), mais aussi dans les médias français.
Tout à l'heure, alors que nous étions interrogés sur RFI, le journaliste
posait la question : "Ce rapport est-il cruel"?
Bien sûr, il est cruel, mais il est avant tout clinique et désespérant.
Parce qu'après tout, des titres d'articles comme "la colonisation se
poursuit", "nouvel appel d'offres", etc., on ne peut même plus les compter.
Où l'on voit comment, et précisément, les annonces et les engagements pris par le gouvernement israélien sur le "gel de la colonisation" ne sont, justement, que des effets d'annonce
A lire en traduction intégrale sur notre site : http://www.lapaixmaintenant.org/article1783
Traduction : Gérard Eizenberg pour La Paix Maintenant
En 1967, l’Etat d’Israël a annexé à Jérusalem environ 7.000 ha de terres à l’est de la Ligne verte et y a construit des dizaines de milliers de logements pour des Israéliens. L’un des plus gros projets de construction en Israël est celui d’Har Homa, à Jérusalem Est, entamé à la fin des années 90 et toujours en cours aujourd’hui, à un rythme accéléré. Autre quartier : Nof Zion, situé au cœur d’un quartier palestinien de Jérusalem Est. Ces derniers mois, quelque 100 logements y sont construits et sont en passe d’être terminés. L’objectif de ces constructions est de rendre bien plus difficile une solution du conflit israélo-palestinien sur la base de deux Etats, car cette solution devrait comprendre un compromis sur Jérusalem, fondé sur une séparation entre quartiers palestiniens et israéliens.
Dans le cadre de la Feuille de route, le gouvernement israélien s’est engagé à évacuer les colonies sauvages créées après mars 2001. Au cours du sommet d’Annapolis, le Premier ministre Olmert a de nouveau pris le même engagement. En dépit de cette promesse, la construction et le développement se sont poursuivis comme suit :
Un cas d'école : la colonie illégale de Derekh Ha’avot
L’un des exemples les plus extrêmes de construction illégale qui se poursuit en pleine connaissance de cause des autorités, et sans interruption, est celui de Derekh Ha’avot, construite sur des terres appartenant au village palestinien de Al-Khadr, près de Bethléem. Cette colonie, créée en 2003, a été bâtie sur des terres palestiniennes privées, dont une partie a été classée « terre sous surveillance », premier pas vers la transformation en « terre d’Etat ». En réponse aux questions de Shalom Arshav, le porte-parole de l’Administration civile (administration militaire chargée des affaires civiles dans les territoires occupés) a écrit ce qui suit :
Objet : votre courrier du 17 juillet 2007 concernant la colonie de Derekh Ha’avot J’accuse réception de votre lettre et veuillez trouver ci-dessous les réponses de l’Administration civile : 1. Cette colonie est illégale 2. Elle est située sur une terre dont le gardien (des terres « abandonnées ») revendique la propriété, ainsi qu’apparemment sur des terres privées. 3. Cette colonie n’a ni plan-maître ni plan approuvé d’aucune sorte. 4. Il y a environ 25 dossiers concernant des constructions illégales dans cette colonie, et des mesures ont été prises pour faire appliquer la loi. Elles se trouvent actuellement à différentes étapes d’application, y compris des injonctions d’arrêt de travaux, des ordres de démolition, des saisies de matériels et d’outils, et des plaintes déposées auprès de la police.
Le porte-parole de l’Administration civile évoque lui-même des dossiers concernant des constructions illégales, ce qui signifie que les autorités sont parfaitement au courant des délits perpétrés dans ces colonies et qu’elles ont délivré des injonctions de démolition. Mais, dans les faits, les constructions se sont poursuivies sous les yeux des propriétaires palestiniens, sans que ceux-ci puissent faire quoi que ce soit. (...)
Application de l’Etat de droit : de maigres résultats
En réponse à la Haute cour de Justice saisie par Shalom Arshav qui exigeait que ses décisions (démolitions de deux bâtiments illégaux dans deux colonies) soient appliquées, l’Etat a soumis une liste de mesures prises au cours de l’année 2007 concernant la construction dans ces colonies, dont la démolition de bâtiments, l’évacuation de caravanes et la saisie d’outils. Or, les faits sur le terrain indiquent que la construction et le développement se sont poursuivis dans les colonies concernées, en dépit des inspections, quoiqu’à un rythme plus lent.
Le 17 mars 2008, Ehoud Olmert déclarait que deux colonies sauvages avaient été évacuées. Il s’agit, semble-t-il d’"Ofra-Est" (une seule caravane, endommagée et vide, près de la colonie d’Ofra, plus une petite caravane récemment ajoutée). Cette « colonie », qui n’a jamais été comptabilisée par Shalom Arshav, a réellement été démantelée. Quant à la seconde, "Yatir Sud-Ouest", soit 4 caravanes près de la colonie de Metzadot Yehouda, elle n’a jamais été démantelée. L’Observatoire de la Colonisation de Shalom Arshav s’est rendu sur les lieux le 23 mars et a trouvé les caravanes toujours en place, contrairement aux déclarations du gouvernement.
Nous avons vu que, contrairement à l’annonce faite par Olmert d’un "gel de la colonisation", les constructions se sont poursuivies dans les colonies, Jérusalem Est et les colonies sauvages, même après Annapolis. Mais il ne s’agit pas seulement de l’existant : de nouveaux plans ont été conçus, des appels d’offres publiés et des projets approuvés à la vente. Pendant toute cette période, beaucoup de bruit a été fait dans les médias autour des intentions d’entamer de nouvelles constructions ou de nouveaux plans. Tout n’a pas débouché sur des actes concrets. Notre équipe a tenté de suivre ces différentes publications et de comprendre ce qui était vrai et concret sous ces déclarations.
Depuis le sommet d’Annapolis, plusieurs appels d’offres ont été publiés concernant la construction d’environ 750 logements à Har Homa et à Talpiot Est. En comparaison, pendant toute l’année 2007, jusqu’au sommet, seuls deux appels d’offres ont été publiés, pour un total de 46 logements. En outre, de nouveaux plans de construction d’environ 3650 logements à Jérusalem Est ont été déposés (en 2007, il n’y a eu aucun dépôt de plan).
Depuis le sommet d’Annapolis, le ministre de la défense Ehoud Barak a approuvé un certain de nombre de plans de construction dans les colonies, dont certaines situées à l’est de la barrière de séparation. La décision la plus célèbre a été celle concernant l’autorisation de construire environ 750 logements pour créer un quartier ultra-orthodoxe dans la colonie de Givat Ze’ev, sur une superficie qui agrandirait la colonie de quelque 110 hectares. En outre, Shalom Arshav publie ici une liste de permis de construire (cf. lien plus haut), pour un total de 946 logements.
Début mars, sans aucune annonce publique, sans cérémonie ni célébration, loin des yeux du public, le ministre de l’intérieur a approuvé le changement de statut de Modi’in Illit : de conseil local, elle devient une municipalité. Ces dernières années, Modi’in Illit a défrayé la chronique par ses constructions sans permis et ses multiples irrégularités, et elle a été la "star" de rapports du Contrôleur de l’Etat (sorte d’équivalent de la Cour des Comptes, ndt). Il semble donc que le désir d’expansion des colonies soit si fort que, malgré toutes les violations du droit commises à Modi’in Illit, elle est « récompensée » en étant élevée a statut envié de "municipalité". Modi’in Illit, colonie religieuse, a été créée en 1996, après les accords d’Oslo. Ayant connu un rythme d’expansion ébouriffant, elle est aujourd’hui la plus grande colonie dans les territoires occupés.
Outre les modifications en termes de budget et d’administration, ce statut de municipalité représente en réalité une annonce symbolique faite par Israël selon laquelle il renforce et entretient cette colonie, sans aucune considération pour un accord éventuel avec les Palestiniens.
Shalom Arshav s’est tourné vers le ministère de l’intérieur dans le cadre d’une procédure préliminaire visant à contester à Modi’in Illit le statut de municipalité, mais le ministère n’a pas jugé bon de répondre.
III Le gel qui a dégelé
Depuis l’annonce d’Olmert à Annapolis concernant le gel de la colonisation, des dizaines de déclarations de ministres de son gouvernement sont intervenues pour tenter d’empêcher le gel de la construction au point de le rendre ineffectif. Au point qu’aujourd’hui, rien ne reste ou presque de la promesse d’Olmert.
Un plan de création d’un quartier ultra-orthodoxe à Givat Ze’ev, au nord-est de Jérusalem, a été conçu mais non approuvé pendant plusieurs mois. Finalement, suite à des pressions politiques (en particulier du parti Shas), cette construction a elle aussi été approuvée. L’un des ministres a été un peu plus loin en déclarant à la radio que Givat Ze’ev était "le cœur de Jérusalem", en dépit du fait que le quartier en question se trouve à 5 km à vol d’oiseau des limites administratives de la "Jérusalem unifiée".
• La décongélation totale
En même temps, et sans beaucoup de publicité, le ministère de la défense a approuvé en secret une série de plans de constructions et de vente de logements à Ariel, Efrat, Sha’arei Tikva et dans d’autres colonies, dont certaines situées à l’est de la barrière de séparation.
• Le résultat
Une poussée de la construction dans les colonies et à Jérusalem Est. Les faits indiquent que, contrairement aux déclarations et engagements d’Olmert et de son gouvernement, la construction se poursuit partout où elle avait commencé. De nouveaux plans et projets ont été approuvés, en particulier à Jérusalem Est et dans les "blocs de colonies". Enfin, les colonies éloignées, au-delà de la clôture de sécurité, ont elles aussi bénéficié de permis de construire.
L’une des pires erreurs commises par l’Etat d’Israël depuis le début du processus diplomatique a été de laisser se poursuivre ou d’encourager la construction dans les colonies. L’opinion publique israélienne, pas plus que ses dirigeants, n’a compris le coup mortel que portait la construction dans les colonies à toute chance de parvenir à un accord durable avec les Palestiniens. L’opposition palestinienne, opposée au processus d’Oslo et aux négociations avec Israël, affirme à longueur de temps qu’au lieu d’entraîner le retrait d’Israël des territoires occupés, une fin au conflit et un accord définitif, les accords d’Oslo ont doublé en 10 ans le nombre de colons, avec une occupation dans des conditions encore pires pour les Palestiniens. Cette frustration ressentie par les Palestiniens témoins de la construction incessante dans les colonies, malgré les négociations, est l’une des raisons principales des violences de septembre 2000, quand les dirigeants israéliens ont annoncé l’échec des pourparlers de Camp David.
Toute construction dans les colonies, y compris dans les blocs de colonies et à Jérusalem Est, ne fait que renforcer dans leur opinion ceux des Palestiniens qui voient là la « preuve » qu’Israël ne souhaite pas réellement la paix, et que parler avec Israël ne sert à rien car il ne comprend que le langage de la force.
Tant qu’il n’y aura pas d’accord israélo-palestinien définitif concernant les frontières entre les deux parties, toute construction dans les territoires occupés sera illégitime, y compris dans les « blocs de colonies et à Jérusalem Est, ne sera pas reconnue par la communauté internationale et sera source de conflit continuel.
La poursuite de la construction dans les colonies au cours du processus diplomatique crée des faits accomplis sur le terrain qui, probablement, feront monter le coût d’un accord, et peut-être même le feront échouer. Par exemple, la construction massive autour de Jérusalem Est coupe Jérusalem Est de la Cisjordanie et empêche toute possibilité de créer un Etat palestinien ayant Jérusalem Est pour capitale. Et toute construction dans les colonies fait monter le prix d’un futur accord, car cela signifie davantage de colons à évacuer et davantage de terres à transférer aux Palestiniens dans le cadre d’un échange de territoires.
par La Paix Maintenant
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jeudi 20 novembre 2008, 19:30
à la M.I.E.L.
(Maison Intercommunale de l'Enfance et des Loisirs )
rue des Eygras - Offemont - 90300
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samedi 22 novembre 2008, 17:30
Confluences
190 Bd de Charonne 75020 Paris
M° Alexandre Dumas
Entrée: 3 euros
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mercredi 17 décembre 2008, 20:00
Centre Culturel Jacques Franck
Chaussée de Waterloo 94
1060 Saint-Gilles
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