Justice
Par Pascal Bovo
Vendredi 25 avril 2008
article publié dans la lettre 588
Voir cet article sur son site d'origine : Http://www.bakchich.info/article3516.html
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Après la levée de boucliers contre le logiciel « Ardoise », qui prévoyait de cataloguer les personnes comme « handicapé », « homosexuel » ou « permanent syndical », Alliot-Marie a annoncé la suspension de son « expérimentation ». Mais une note confidentielle révèle que le logiciel honni est déjà implanté dans les commissariats, et que 55 000 flics ont été formés à son utilisation. L’expérimentation était généralisée…
Promis, juré : à entendre la première fliquette de France, Michèle Alliot-Marie, « l’expérimentation du logiciel Ardoise est suspendue ». Une sage décision vu le tollé que ce nouveau fichier de rédaction des procédures a déclenché depuis qu’il a été mis sur la place publique. Officiellement, avant de le mettre réellement en œuvre, les huiles de la Place Beauvau vont – assurent ces hauts responsables – se creuser les méninges pour réfléchir à la pertinence de ce logiciel, qui prévoit de cataloguer la victime et l’auteur de délit selon qu’il est « handicapé », « homosexuel », « permanent syndical » ou encore – entre autres – « alcoolique » !
Tempête sous les crânes en perspective. Pour des syndicats de police pourtant peu suspects de gauchisme comme Alliance, des sages tels que ceux de la Commission nationale informatique et liberté (CNIL) ou de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations (HALDE), c’est déjà tout vu : le logiciel Ardoise est tout simplement une dangereuse dérive.
Et comme Bakchich est en mesure de le révéler, MAM une sacrée cachottière. Car loin d’être en phase d’expérimentation, le logiciel honni est déjà en vigueur dans la plupart des polices de France. Une note confidentielle de la direction de la Sécurité publique du 29 février dernier précise, en effet, que la base de données Ardoise est déjà implanté dans 694 commissariats de France, de Navarre et d’Outre-Mer. Soit l’ensemble des services s’occupant de sécurité publique.
D’ores et déjà, quelques 55 000 flics ont été formés et peuvent remplir leurs procédures selon le modèle très intrusif désigné par Ardoise. Les autres fonctionnaires de police seront familiarisés en masse aux subtilités du nouveau logiciel. Une autre note de la place Beauvau du 9 avril dernier les prévient qu’ils disposent de modules de formation sur l’intranet du ministère. « Ils devraient permettre à ces personnels de réaliser dans Ardoise les actes simples de procédures comme la prise de plainte ou la rédaction de procès-verbaux d’interpellation », prévoit ainsi Eric Le Douaron, le directeur central de la Sécurité publique.
La phase d’« expérimentation », que mettait en avant Alliot-Marie pour mieux reculer, semble donc en réalité déjà largement dépassée. Et le revirement du ministère plutôt problématique à négocier. A suivre ?
par Pascal Bovo
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