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Politique française

La dictature des marchés financiers

Par Michel Peyret

article publié dans la lettre 589

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La " gauche " et la " droite ", dans leurs successions aux affaires ou dans la cohabitation, ont troqué le pouvoir du peuple à un autre pouvoir, celui que donne la propriété des grands moyens de production et d’échanges, des banques et établissements financiers à une classe, la classe capitaliste, et à un système, le système capitaliste qui, aujourd’hui, non seulement veut mettre à bas les acquis démocratiques et sociaux, mais pousse plus loin encore ses ambitions, tandis que l’on voit surgir dans les conséquences des politiques mises en œuvre des crises profondes de différents aspects fondamentaux de la vie de nos sociétés.
En fait, le système tout entier s’est installé dans la dictature des marchés financiers devant laquelle nul n’est en mesure de prendre quelque initiative que ce soit qui ait l’aptitude d’enrayer les dysfonctionnements du système. Et encore faudrait-il que cette volonté existe !

LA CRISE FINANCIERE

La crise de la démocratie n’est en effet pas la seule manifestation de cette impuissance voulue et assumée.
Il en est aussi ainsi de la crise financière dont personne ne semble savoir comment elle peut évoluer et jusqu’où, tant les marchés les marchés financiers et leurs fournisseurs capitalistes ont pu, peuvent encore, galoper librement sans aucun licol, comme jadis les hordes sauvages déferlaient sur les peuples paisibles. " Ils sont devenus fous! ", clamait il y a encore peu, un Claude Bébéar décelant, avec quelques autres grands patrons, le gouffre béant qui allait s’ouvrir devant eux, et devant toute la société, les principales victimes devant être toujours les mêmes, les travailleurs chargés d’éponger les notes, de réparer les pots cassés.

LA CRISE ENERGETIQUE...

Il en est ainsi de la crise énergétique dont peu, très peu, osent encore avouer la gravité tant elle met en cause leur responsabilité. Le productivisme capitaliste, s’il exploitait et aliénait les travailleurs, pillait également et tout aussi allègrement les ressources naturelles, non sans graves désagréments pour les milieux naturels eux-mêmes. Directement représentées dans les organes du pouvoir, souvent au plus haut niveau, les compagnies pétrolières ont initié des politiques publiques désastreuses fondées sur l’utilisation d’un pétrole abondant et bon marché. Tout un mode de vie en a été conditionné, ne laissant nulle place à une quelconque énergie alternative énergétique. Et aujourd’hui le " pic de production " du pétrole est annoncé, sinon atteint ou dépassé, des masses de nouveaux consommateurs augmentent la demande et la production a du mal à suivre. Mais une certaine mondialisation a vu le jour fondée sur le développement sans limite et sans contrôle des échanges internationaux, de même qu’un aménagement du territoire irresponsable au regard des gaspillages énergétiques qu’il occasionne, et une agriculture et une industrie où le pétrole est sollicité sous différentes formes, y compris sous forme d’engrais, de pesticides, de plastiques...

... ET DE L’ALIMENTATION...

Une crise énergétique donc qui semble conjuguer, sinon provoquer, une crise de l’alimentation pour des centaines de millions d’êtres humains qui connaissent déjà les affres de la faim et de la misère. Engagés dans la production irresponsable de biocarburants de première génération, les stocks de céréales se sont vite épuisés, les prix se sont élevés et le coût de certains aliments traditionnels font qu’ils devenus inabordables pour ceux dont ils constituent le principal de l’alimentation.

... ET DES RELATIONS INTERNATIONALES...

Une crise énergétique qui exacerbe les relations internationales et pousse les principaux pays impérialistes à imposer, au besoin par la guerre, de nouvelles formes de domination au risque, selon les projets les plus insensés, de déclenchement d’une nouvelle catastrophe dont on ne sait quel caractère elle pourrait prendre tant les stocks d’armes nucléaires sont pléthoriques et les doctrines d’utilisation évoluant de la dissuasion vers des stratégies de l’emploi.

... ET DU CLIMAT...

Une crise énergétique qui conditionne pour une grande part une crise climatique sans que ne soient prises les dispositions pour limiter de façon conséquente les émissions de gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique et des phénomènes et catastrophes naturelles qui lui sont liées.

UN CAPITALISME INSATIABLE

Et l’on pourrait évoquer les crises domestiques qui sont déjà à l’œuvre, les pillages systématiques des finances publiques par les subventions et les exonérations aux grandes sociétés qui vident les caisses de l’Etat au détriment des principaux besoins de la société en salaires, en emploi, en logements, en écoles et en Universités, en recherches, en transport public, en santé et en hôpitaux....
Le capitalisme financier est insatiable, il lui en faut toujours plus pour alimenter les marchés financiers et les exportations de capitaux, les capitalistes français se situant au plus haut niveau dans ce parasitisme social qui se fait au détriment de ceux qui produisent et créent les richesses par leur travail et dont ils sont dépossédés.
Peut-on penser que quelques taxations des mouvements des capitaux et des revenus financiers seraient en mesure de limiter ce pillage des fonds publics et cette appropriation privée des richesses produites ? A la marge certainement, mais les causes principales subsisteraient, elles sont dans la nature même du système.

UN IMMENSE ET URGENT BESOIN DE COMMUNISME

En conséquence il convient de changer de système : oui, il y a un immense et urgent besoin de communisme dans ce pays où il est né et où il s’est affirmé comme un courant politique dans le temps long de l’histoire.
Mais n’est-ce pas ce qu’ont voulu dire les électeurs à l’occasion des dernières élections, notamment au scrutin cantonal où se présentaient des candidats sous l’étiquette PCF dans presque tous les cantons. Ceux-là même qui avaient sévèrement, et à juste titre, sanctionné la candidature de Marie-George Buffet lors des présidentielle, se sont repris et, à 9 %, ont voté pour ces candidats communistes alors même que nombre de " dirigeants " du PCF, à tous les niveaux de l’organisation, avaient publiquement fait état de leurs motivations visant à faire disparaître toute force communiste organisée au profit d’une " gauche de la gauche " dont on voit mal en quoi elle se distingue des forces qui ont conduit ces dernières décennies cette mutation mortifère du capitalisme et dont on vient de voir dans l’Italie proche l’estime dont cette " gauche " a bénéficié.
En fait, il semblerait qu’à l’occasion de ces dernières élections, ce peuple qui cherche sa voie dans la longue durée ait amorcé une nouvelle étape, d’une part en sanctionnant sévèrement le gouvernement actuel et sa politique, d’autre part en affirmant le besoin ressenti d’une force communiste déterminée pour l’aider à construire une alternative à la domination du capitalisme qui s’avère plus que jamais néfaste et certainement hors d’état de pouvoir sortir la société des crises qu’il a lui-même provoquées. Et ce besoin de communisme, il l’a affirmé face à des " dirigeants " liquidateurs dont manifestement il n’a que faire.
Cette manifestation d’un déjà fort besoin de communisme rejoint l’initiative d’un certain nombre de communistes girondins qui ont initié dès juin 2007 un Appel pour des Assises du communisme ayant vocation à déterminer les grandes lignes d’un communisme du 21eme siècle dans la réunification de la force communiste et dans un projet de changement de société, sinon de civilisation, issu d’une co-élaboration avec toute la société et d’abord avec les 92 % de salariés que compte la population active.
Cet Appel, aujourd’hui élargi à nombre de communistes d’autres départements, a en conséquence acquis une dimension nationale pour être mieux encore au service de ce peuple qui a besoin de son entière souveraineté, et d’abord là où se produisent les richesses, dans le temple d’un capitalisme qui apparaît avoir fait son temps et suffisamment nui.

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