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Mardi 3 juin 2008
article publié dans la lettre 591
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Les premières lignes :
Habituellement, quand elle entend « nazisme », la vulgate sort son Nietzsche. Du grand public dit cultivé aux philosophes postmodernes pourfendeurs de Mai 68, compagnons de route du libéralisme et des valeurs du catholicisme, en passant par quelques faux avertis mais vrais fourvoyés, l’auteur de Par-delà le bien et le mal fournirait la svastika, l’incendie du Reichstag, la nuit des longs couteaux, la moustache du Führer, les camps de la mort, les chambres à gaz et l’incendie de toute l’Europe.
Pour cette engeance tenace, malgré les preuves du contraire, il suffirait de se baisser pour ramasser dans le fouillis nietzschéen tout ce qui permet de parfaire le costume de l’incendiaire national-socialiste modèle. On a beau relever les textes du Nietzsche philosémite, soucieux de croiser l’excellence des peuples de Gœthe et de Moïse, appelant à fusiller les antisémites, quittant son éditeur quand il découvre son implication dans l’impression de brochures haineuses à l’endroit du peuple élu, se disputant avec sa sœur qui, elle, milite dans les rangs racistes, rien n’y fait.
Ajoute-t-on que Nietzsche détestait l’Etat, fustigeait le ressentiment, exécrait les mouvements de masse, recourait à une langue poétique qui lui faisait célébrer la guerre, certes, mais comme une métaphore, bien qu’il la conchiât, en revanche, quand elle se menait sur un terrain de bataille réel ? Précise-t-on que le philosophe définissait ses notions cardinales - force, faiblesse, maître, esclave, cruauté, pitié - en vertu d’une métaphysique directement branchée sur la capacité à assumer le tragique de l’éternel retour et non en regard de la politique, encore moins de la politique politicienne ? Le couperet déjà tombé a tranché la tête, il n’est alors plus besoin d’examiner le dossier...
L’antinietzschéisme est une passion - bien souvent, d’ailleurs, la passion des dévots de la raison. Parfois, les rêveurs d’autodafés consumant les livres de Nietzsche tiennent la torche dans une main et la Métaphysique des mœurs dans l’autre. La morale de l’intention, la pureté de la loi, la radicalité de la moralité, les postulats de la raison pure - ah ! Dieu, la liberté et l’immortalité de l’âme, ces babioles métaphysiques tellement utiles pour récompenser les bons et punir les méchants ! -, le ciel étoile au-dessus de leur tête, la loi morale dans leur cœur, le brandon empaumé, ils aiment leur prochain, certes - ce qui, dans leur langage, s’énonce ainsi : considérer autrui comme une fin et non un moyen -, mais ils aiment moins leur prochain lorsque celui-ci est trop lointain. Or, le nietzschéen, voilà le plus lointain de leurs prochains...
Quel ne fut donc pas mon étonnement quand, lisant "Eichmann à Jérusalem" d’Hannah Arendt, j’ai découvert que le criminel de guerre se réclamait pendant son interrogatoire et son procès en Israël non pas d’un nietzschéisme stupidement attendu par les brutes philosophantes, mais d’un kantisme dont la revendication semble aussi bruyante qu’un coup de canon dans un monastère... Eichmann kantien ! Stupéfaction, saisissement, surprise ! Que l’un des acteurs de la solution finale revendique une existence placée sous le signe de la Critique de la raison pratique, voilà qui mérite examen.
jeudi 20 novembre 2008, 19:30
à la M.I.E.L.
(Maison Intercommunale de l'Enfance et des Loisirs )
rue des Eygras - Offemont - 90300
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vendredi 21 novembre 2008, 19:00
PARIS XIVe
Maison des associations du XIVe (grande salle)
22 rue, Deparcieux (Métro Gaité ou Denfert-Rochereau ; Bus 68 ou 38)
entrée libre
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samedi 22 novembre 2008, 17:30
Confluences
190 Bd de Charonne 75020 Paris
M° Alexandre Dumas
Entrée: 3 euros
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samedi 29 novembre 2008, 15:00
À L’ILE-SAINT-DENIS
Centre sportif Ile-des-Vannes
(métro mairie de Saint-Ouen)
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mardi 9 décembre 2008, 20:00
Amphithéâtre DONZELOT,
Faculté des Lettres
Besançon
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mercredi 17 décembre 2008, 20:00
Centre Culturel Jacques Franck
Chaussée de Waterloo 94
1060 Saint-Gilles
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