Droits des salariés
Par Yves Housson
Vendredi 13 juin 2008
article publié dans la lettre 592
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Entretien avec Dominique Huez, médecin, vice-président de l'association Santé et médecine du travail.
Entretien réalisé par Yves Housson (L'Humanité)
Le drame qui a coûté la vie à Jérôme Bianco met en cause le rôle de la sous-traitance. Dans quelle mesure, selon vous, ce mode d’organisation de la production, de plus en plus développé, aggrave-t-il les risques pour la santé et la sécurité au travail ?
Dominique Huez. Avec la sous-traitance, le droit commercial vient
s'interposer dans la mise en oeuvre du droit du travail. Dans cette
interposition, il y a obstacle à la prise en compte et à la compréhension,
du côté des donneurs d'ordre, de ce qu'auraient à faire les agents
intervenants. Et plus cet éloignement est important, à travers les
mécanismes de sous-traitance, plus la préparation technique des activités
devient une préparation formelle, gestionnaire, où l'aspect juridique prend
de la place aux dépens de la connaissance et de la prise en compte de ce qui
pourrait faire difficulté dans les situations très concrètes de travail. Les
gens qui préparent les chantiers sont en extrême difficulté, du fait de
cette étanchéité, pour prendre en compte le travail réel. Pour ceux qui font
l'intervention en sous-traitance, c'est la multiplication sans fin des lieux
d'intervention. Ce sont des interventions de maintenance qui ne sont plus
inscrites dans l'histoire des interventions précédentes sur le site.
D'autant que, dans les interventions prestataires, on conçoit un peu
l'activité comme interchangeable. Ce qui est très spécifique dans le
travail, la prise en compte des environnements nouveaux, mobiles, est très
souvent méconnu par ces personnes. Ils n'ont donc pas pu accumuler des
savoir-faire, de prudence, etc., qui leur permettraient de gérer ce qui
n'est pas prévu, souvent, par les - organisations prescrites du travail.
Plus le travail est difficile, plus les risques des environnements de
travail, les pollutions, sont importants, plus on est dans la sous-traitance
en cascade, dans l'intérim. Et là, ce sont souvent les personnes les moins
expérimentées et ayant le moins accumulé de savoir-faire qui vont se trouver
elles-mêmes confrontées aux situations les plus difficiles.
Il y aurait, dans le recours à la sous-traitance, une stratégie délibérée de
sous-traitance du risque...
Dominique Huez. Il y a trois raisons à la sous-traitance. À l'évidence,
sous-traiter, c'est casser les prix de main-d'oeuvre. Même si on peut douter
de l'avantage économique dans certaines situations. D'autre part, en effet,
les entreprises se débarrassent d'avoir à intervenir dans des situations où
leur propre personnel ne souhaiterait pas intervenir à cause de pollutions
environnementales jugées inacceptables. Par ailleurs, sous-traiter, c'est
aussi se débarrasser de contraintes organisationnelles, principalement
temporelles, qu'on n'a plus envie de gérer, ou qu'on pense ne pas arriver à
gérer avec les ressources actuelles. On est donc sûr que, la plupart du
temps, cette sous-traitance ne peut qu'aggraver les choses.
Reste à voir quelle parade les salariés et leurs syndicats pourraient mettre
en oeuvre.
Dominique Huez. Pour moi, une des pistes principales, c'est que si le droit du travail disait que le donneur d'ordre initial, quelles que soient les modalités commerciales, restait responsable, jusqu'en bas, de tout ce qui va se passer, comme un employeur est responsable de tout même s'il n'a pas connaissance du risque, cela changerait le paysage. On a besoin de logiques de responsabilité pénale et civile sur le premier donneur d'ordre. Il faut une réforme fondamentale dans le droit du travail, qui dirait qu'en aucune façon les prestations commerciales ne peuvent affranchir le donneur d'ordre. Si le droit du travail n'évolue pas pour casser la prééminence du droit commercial, il restera en partie mort pour les prestataires.
Quelques chiffres :
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vendredi 21 novembre 2008, 19:00
PARIS XIVe
Maison des associations du XIVe (grande salle)
22 rue, Deparcieux (Métro Gaité ou Denfert-Rochereau ; Bus 68 ou 38)
entrée libre
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samedi 22 novembre 2008, 17:30
Confluences
190 Bd de Charonne 75020 Paris
M° Alexandre Dumas
Entrée: 3 euros
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samedi 29 novembre 2008, 15:00
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Centre sportif Ile-des-Vannes
(métro mairie de Saint-Ouen)
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Besançon
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mercredi 17 décembre 2008, 20:00
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Chaussée de Waterloo 94
1060 Saint-Gilles
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