Débat autour du soutien à Robert Redeker
Par Chloé Dussapt
Jeudi 16 novembre 2006
article publié dans la lettre 487
Voir cet article sur son site d'origine : Http://permanent.nouvelobs.com/
Lien permanent vers cet article
La participation de Dominique Sopo, Philippe Val, Bernard-Henri Levy, Pascal Bruckner ou Alain Finkielkraut à une soirée de solidarité à Robert Redeker est-elle le signe d'un apaisement de la situation ?
Il n'y a pas d'apaisement, mais un oubli de cette affaire. Tout le monde a repris ses petites habitudes -nous y compris au Nouvel Obs, alors que nous nous sommes engagés intialement... Les personnalités qui se sont rendues à la soirée de Toulouse ont soutenu Redeker depuis le début. Sur ce point, rien de nouveau. L'organisation de ce meeting est une bonne chose si elle réveille l'opinion, si elle rappelle que ce professeur est toujours menacé. En revanche, c'est dommage que Robert Redeker ne soit pas monté sur scène, qu'il n'ait parlé que caché. Cela fait des semaines qu'il est enfermé, hors la vie. D'autres personnalités ont déjà été menacées de mort par des islamistes, mais continuaient à exister socialement, en bénéficiant d'une protection rapprochée. Tel n'est pas le cas de Redeker qui reste dans l'ombre. Il faut qu'il revive.
Après l'affaire des caricatures, l'affaire Redecker (...), les médias peuvent-ils encore traiter de l'Islam ? Dans quelle mesure ?
Non seulement on peut, mais il faut le faire. Ca ne signifie pas insulter l'Islam, mais en débattre, comme de tout autre sujet. La liberté d'expression ne s'use que si on ne s'en sert pas. Elle doit être protégée par les autorités, mais aussi par les intellectuels, les intervenants du débat public eux-mêmes. Ceux qui se sont dressés contre Redeker alors même qu'il était menacé de mort ont eu une attitude étrange... Certains ont expliqué qu'un homme qui venait de passer dans la clandestinité devait être chassé de l'enseignement public ou attaqué en justice... Mais heureusement, le Mrap ne dirige pas la presse en France.
Y-a-t il eu une surmédiatisation de l'épisode Redeker ? A-t-on équitablement donné la parole à ses détracteurs et à ceux qui l'ont encouragé ?
On a assisté à une séquence médiatique classique. La presse a exploité le sujet de façon explosive, sur un laps de temps très court, puis l'histoire est tombée dans l'oubli. Mais, il n'y a pas eu surmédiatisation. Peut-être s'est-on trop souvent trompé de débat. Il ne s'agissait pas de discuter du fond du texte de Redeker: son texte est mauvais, les conclusions qu'il tire sur la nature profonde de l'Islam et du Coran sont rapides, contestables, blessantes. Mais, l'enjeu du débat se trouvait ailleurs: un homme a été menacé de mort par des cercles djihadistes pour avoir exercé son métier d'intellectuel. Cette évidence aurait primé sur toute considération... On a parfois ergoté sur ses écrits, dans un petit débat franco-français, au lieu de prendre la dimension politique de l'affaire, qui mettait en jeu une liberté fondamentale. A ce titre, il aurait dû bénéfier d'une défense inconditionnelle.
par Chloé Dussapt
voir tous ses articles
lundi 12 janvier 2009, 19:00
à la Parole errante, lieu d'Armand Gatti
Maison de l’arbre
9 rue François Debergue à Montreuil-sous-Bois
(métro « Croix de Chavaux »)
En savoir plus...
L'affaire du voile dans le gîte des vosges,
ou l'affaire dite "Fanny Truchelut" du nom de sa propriétaire, dernier article paru: Une virtuosité imprécatrice, confuse et contradictoire, réponse à Anne Zelensky, Par Marie Perret, Catherine Kintzler, Jean-Marie Kintzler Voir le dossier...
Soutien à Robert Redeker
La collection d'articles parus dans ReSPUBLICA autour du soutien à Robert Redeker Voir le dossier...
L'urgence énergétique
Série d'articles sur la question énergétique
Voir le dossier...