Lutter contre le néo-libéralisme
Par Jeanne Bourdillon
Mardi 9 janvier 2007
article publié dans la lettre 501
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L'année a donc commencé par une nouvelle fort peu commentée par l'ensemble des candidats aux présidentielles. Après le véritable coup de forces qui a consisté à transformer l'Europe des Quinze en une Europe des Vingt-cinq, on file allègrement vers une Europe encore plus élargie, passant pour l'instant, avec l'adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie, à vingt-sept. Et en plus, l'un des deux pays (la Roumanie) a des salaires encore plus bas que ceux qui existaient jusqu'à ce jour dans l'Europe des 25 ! Il va donc falloir très rapidement que les candidats nous expliquent leurs projets pour faire respecter le vote des Français, le 29 mai, à une Union Européenne qui, manifestement, n'en a pas grand-chose à faire.
Autre information intéressante, les employeurs du privé, en Espagne, ont obtenu l'autorisation d'importer, sur leur territoire, 180.000 travailleurs étrangers supplémentaires en 2007.
Pourtant, avec la régularisation massive de 600.000 clandestins (pardon, de sans-papiers), en 2005, et le maintien d'un taux de chômage de près de 9% de la population, soit plus de 2 millions de personnes, on aurait pu penser que l'apport de nouveaux salariés serait peut-être difficile à expliquer.
Pas du tout ! Les autorités socialistes espagnoles, pour la plus grande joie du patronat, nous expliquent que grâce à l'apport de 1,8 million d'immigrés sur le marché du travail, la Sécurité sociale est en excédent de 8 milliards d'euros, et que le système de santé espagnol (santé et retraites) est sauvé ! On oublie juste d'expliquer aux Espagnols (qui paient) le vrai coût du chômage de masse, supporté par la collectivité.
On imagine d'ici, à la lecture de ces faits et des ces chiffres, l'air triomphant que ne vont pas manquer de prendre nos gauchistes, inconditionnels de la liberté de circulation de la force de travail.
Cette fois, n'attendez pas des militants de la LCR, qui ont cassé les collectifs du non au nom d'un ultimatum antisocialiste, de discours hostiles à Zapatero. Il a régularisé tous les sans-papiers, et en plus il permet de continuer d'importer de la force de travail nouvelle : social-libéral, il est sur les positions de l'aile la plus gauchiste du mouvement social, et aussi de la frange la plus libérale du patronat.
Longtemps, les malheureux qui ont osé évoqué des mesures protectionnistes, pour aider notre marché, nos entreprises, le travail des ouvriers, les conventions collectives, gagnées par des décennies de combat, ont été traités de nationalistes, voire bien plus méchamment.
Aujourd'hui, grâce à l'apport et à la réflexion de quelques économistes iconoclastes, comme Jacques Sapir, la notion de protectionnisme, auquel on ajoute le mot " social ", la défense de l'Etat-Nation, autre mot longtemps sacrilège, contre la libre circulation du capital et de la force de travail, commence à susciter à nouveau une écoute intéressée.
Faut-il rappeler qu'en France, sous Lionel Jospin, il n'a fallu que trois années pour équilibrer les comptes de la Sécurité sociale, grâce, notamment, à une bonne conjoncture économique, qui a créé 1.800.000 emplois en trois ans, dont un certain nombre d'emploi-jeunes.
Qui, en France, osera rompre avec le logique - cohérente - des employeurs, cherchant le surprofit, et surtout, à gauche, avec le terrorisme intellectuel des gauchistes compassionnels, qui crient au racisme et à la xénophobie dès qu'on remet en cause le mot d'ordre de " régularisation de tous les sans-papiers ", ou qu'on conteste la libre circulation de la force de travail, que réclamait encore Krivine et les siens fin 2006 ?
La gauche ne veut-elle laisser ces questions qu'aux seules xénophobes de l'extrême droite, ou bien au démagogue Sarkozy, qui, avec sa notion d'immigration choisie, laisse les mains libres au patronat pour choisir sa main d'oeuvre, y compris en pillant les pays pauvres de leurs meilleurs atouts pour l'avenir ?
Qui mènera une vraie réflexion sur la politique de baisse des coûts menée depuis des années : blocage des salaires, précarisation des emplois, flexibilité, exonérations des cotisations salariales patronales, zones franches, menaces de délocalisations pour intimider les ouvriers, etc.
Qui osera faire le parallèle entre la complaisance des différents gouvernements contre cette agression du monde du travail, et la mise en place de systèmes comme le RMI ? Pendant qu'on retirait sa dignité au travailleur, on lui faisait la charité. On l'habituait à vivre des aides, et à ne plus être un homme libre, ne devant cette liberté qu'à son travail.
Qui osera dire qu'on est en train de mettre en place, dans l'Europe, un système de " jaunes potentiels ", qui sont utilisés pour casser les grèves et briser les acquis, exactement comme le patronat des Mines et du Bâtiment utilisait, au début du siècle dernier, des jaunes pour briser les revendications des ouvriers. Ceux-ci n'avaient pas alors les gauchistes et la presse bien-pensante pour les traiter de racistes xénophobes, ils avaient leur instinct de classe pour empêcher, y compris physiquement, d'autres ouvriers, même plus pauvres, de briser leurs acquis.
Hier, ma fille m'a fait découvrir dessin animé extraordinaire, de la série américaine " South Park ". Cela s'appelait les " Gluands ". L'histoire était simple : des hommes avaient fait un long voyage du futur, pour trouver du travail, car, huit cents ans plus tard, il n'y avait plus d'emplois pour eux. Donc, ils remontaient le temps pour trouver du boulot !
Naturellement, au début, tout le monde trouvait cela drôle, car il y en avait peu. Les premières victimes furent les gamins, qui déblayaient la neige des voisins pour dix euros. Ils ne trouvaient plus leur argent de poche, gagnée par le travail, car celui-ci était fait par un " Gluand " qui le faisait pour moins d'un euro.
Les deuxièmes victimes furent les ouvriers, qui étaient remplacés, au fur et à mesure, par les " Mutants ". C'est alors que syndicalistes, appelés " les Beauf conservateurs racistes en colère " commencèrent à protester contre cela. Ils s'affrontèrent alors à une classe socialement supérieure, appelée " Les Vieux Hippies libéraux un peu glands ". Les ouvriers disaient simplement : " Ils nous volent notre travail ", alors que les hippies disaient aux ouvriers : " Vous devriez avoir honte, ils ont tellement souffert, souhaitons-leur la bienvenue, et accueillons les dignement ". Le dessin animé était extraordinaire, je croyais voir certains cathos-gauchos indécrottables dans les " hippies libéraux un peu glands ".
Avec beaucoup de subtilité, en se préservant de tout message raciste, il posait une question aujourd'hui inabordable, en France (par ailleurs, j'en ai découvert une autre de cette série, contre la Tentation du Christ, de Mel Gibson, que je vous recommande).
Quand un candidat (ou une candidate) aura-t-elle le vrai courage, celui qui consiste, comme disait Jaurès, à chercher la vérité, et à la dire. Les Français n'ont pas envie d'entendre un discours raciste, xénophobe, haineux contre les étrangers. Mais ils en ont plus que marre d'être pris pour des imbéciles par des discours culpabilisants, venus de l'extrême gauche et de la gauche compassionnelle à la Lang-Aubry, qui font passer les salariés qui veulent tout simplement protéger leur force de travail, leur outil de travail, leur dignité, en réclamant notamment, en période de chômage de masse, un contrôle de l'immigration contre la concurrence libre et non faussée de la force de travail, pour des beaufs racistes électeurs de Le Pen!
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samedi 6 décembre 2008, 10:00
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mardi 9 décembre 2008, 19:00
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13 Aubagne
tél. 04 42 03 12 06
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mardi 9 décembre 2008, 20:00
Amphithéâtre DONZELOT,
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mercredi 17 décembre 2008, 20:00
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Chaussée de Waterloo 94
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