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Analyser la dérive de la direction du Mrap

Par Alain Callès

article publié dans la lettre 512

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" La religion, c'est comme les vers luisants :

pour briller, il leur faut l'obscurité "

Schopenhauer

Au cous de ces quinze dernières années, des glissements sur les principes fondateurs de la République font paraître comme inéluctable un affrontement entre ceux qui restent fidèles à l'universalisme et aux espoirs d'un monde meilleur pour le vivre ensemble, et les partisans d'une société cloisonnée, renfermée sur ses communautés où la plus influente aura l'hégémonie sur les modes de vie et de mort de tous.

Cet affrontement, qui n'est pas ce que l'on veut nous faire croire, un affrontement entre un occident et un orient, s'effectuera sur la ligne universalisme contre communautarismes, laïcité contre obscurantisme.

Au sein de notre société, le communautarisme se nourrit de nos renoncements à nos principes fondateurs depuis la révolution française et le siècle des Lumières. Comme le faisait remarquer Philippe Val, nous rejouons la lutte entre Sparte et Athènes, entre la barbarie totalitaire et figée, et la recherche du progrès dans un monde qui restera imparfait mais en mouvement et en recherche vers le progrès social.

Ces renoncements s'opèrent par glissements successifs :

La politique du " OUI MAIS " :

" Oui à la liberté d'expression, MAIS Charlie humilie... ", " Oui à la liberté de parole, MAIS Redeker insulte... ".

Bien sûr on lutte contre l'antisémitisme, mais on ne manifeste pas après l'assassinat d'Ilan Halimi, pour ne pas " se compromettre avec d'autres ", comme si l'antisémitisme était à reltiviser en fonction de ceux qui le condamnent aussi. Qui est mon voisin importe plus que dire " plus jamais ça ".

On condamne vertement la politique de colonisation d'Israël mais on " comprend " les actes du Hezbollah, on ne les condamne que du bout du communiqué quand on n'oublie pas de communiquer.

On condamne du bout des lèvres des manifestations d'antisémitisme en banlieue, pour ne pas stigmatiser les jeunes. N'est-ce pas desservir ces jeunes que de ne pas condamner fermement tout dérapage et toute atteinte aux fondations de notre " vivre ensemble " ? Le silence s'apparente à une compréhension dont la mollesse se teinte de renoncements complices. Sur la scène du Moyen-orient, dont les répercussions sont importantes en France, pourquoi les organisations de défense des droits de l'homme n'émettent-elles pas des condamnations réellement sans complaisance ni excuse pour les attentats dont sont victimes les populations civiles, de part et d'autre ?

De renoncements en renoncements

Au MRAP, organisation qui prend ses racines dans la Résistance au nazisme, on demande la libération de Papon. Ce n'est pas un criminel et un bourreau par procuration qui va bientôt s'éteindre, mais un homme libre qui aura bien profité d'une vieillesse sereine auprès des siens.

Au MRAP, le Président déclare un délit de blasphème avant de se rétracter rapidement sous la pression des adhérents.

Au MRAP, on oublie de célébrer les Justes alors que les fondateurs du MRAP sont des organisations juives qui créés des réseaux pour protéger les enfants juifs. Il faut être aveuglé par le niveau zéro du jeu politicien pour ne pas comprendre que lorsque Chirac honore les Justes, c'est aussi et surtout, pour l'histoire, à travers sa fonction de chef de l'Etat, la Nation qui fait entrer les Justes au Panthéon par une plaque commémorative.

Au MRAP, le Président se place à la télé du côté des religieux, entre un évêque et un imam, et déclare, replet de la satisfaction de son petit effet, que " Redeker = Ben Laden ".

Au MRAP, on a pu voir son président partager une table de conférence au FSE avec un RAMADAN. Ce personnage au double langage, qui pratique la Takia, fera ultérieurement une liste (fausse d'ailleurs) de Juifs. Depuis la seconde guerre mondiale, seul LE PEN a osé faire une telle liste avec des noms de journalistes. Il faut vraiment manquer de clairvoyance pour ne pas discerner où se situent vraiment les racines du combat pour les valeurs universelles. C'est dans ces dispositions que le MRAP a laissé la porte ouverte à " une école pour tous ", et a poussé loin le flirt avec les communautaristes et autres indigènes de la République avant de les condamner du bout des lèvres. Ouma.com, qui reprend immédiatement les positions du président du Mrap, ne s'y est pas trompé. Ce sont là les nouvelles fréquentations du dirigeant d'une organisation issue de la Résistance au nazisme... Une nouvelle façon d'interpréter " du passé faisons table rase ". Et aussi une certaine façon de bafouer les fondateurs et de mépriser la sincérité de ses militants sur le terrain qui, pour la plupart ne sont pas dans une démarche communautariste.

L'évolution du droit à la différence (et à propos du relativisme différentiel):

Dans les années 80, le droit à la différence est revendiqué par les défenseurs des Droits de l'Homme. Comme beaucoup, je me suis battu pour ce droit. J'ai battu le pavé dans de nombreuses manifestations POUR LE DROIT A LA DIFFERENCE DANS LE CADRE DE L'EGALITE DES DROITS. LES MEMES DROITS POUR TOUS. QUELLLES QUE SOIENT L'ORIGINE OU LA NATIONALITE. Je suis fier d'avoir activement participé à l'organisation de la plupart de ces actions.

Depuis quelques années, on assiste à un renversement de ce principe fondamental, la revendication du droit à la différence ne s'inscrit plus à l'intérieur un cadre républicain d'égalité. Il lui devient extérieur et se transforme en un supra-droit qui voudrait SOUMETTRE le droit républicain aux particularismes des uns ou des autres.

Ce faisant, l'universalité des droits est soumise au religieux. C'est le glissement de la citoyenneté partagée vers un communautarisme reconnu et soutenu. Il s'agit là d'une véritable perversion du droit à la différence, comme il y a perversion du droit à la tolérance. Ce relativisme culturel devient alors générateur de racisme, d'homophobie, de sexisme.

Le tiers mondisme résultant d'un syndrome de repentance d'un passé colonial :

Nous devenons coupables, comme héritiers de nos ancêtres, du colonialisme. A travers ce tiers mondisme, l'islam apparaît comme la religion des exploités et à ce titre ne serait plus critiquable. Comme si être musulman empêchait d'être fasciste, intolérant, sexiste. Comme si être musulman donnait le sens d'une vérité politique.

Il faut donc chuchoter si ce n'est se taire sur les exactions du Hamas en Palestine ou du Hezbollah au Liban.

C'est ainsi que les organisations comme le MRAP ou la LDH commencent à avoir un regard divergeant selon le pays visé :

L'obscurantisme qui guide Bush est condamnable tandis qu'au Moyen Orient " il faut comprendre ". Tout comme du côté de la LICRA le silence sur le mur est assourdissant.

Ici, en France, le glissement vers un antiracisme sélectif intervient directement sur critère religieux :

Ainsi, celui qui critique l'islam devient, nouvelle terminologie, un ISLAMOPHOBE. Cette notion d'islamophobie est constamment mise en avant, et remplace le terme racisme. Il est vrai qu'un certain racisme anti-arabe peut se cacher ainsi sous le rejet de l'islam. Il faut le savoir, le reconnaître et le combattre. Le fait est que certains utilisent ce mécanisme pour rejeter celui qui est croyant et qui est souvent, dans nos pays occidentaux, l'arabe. Ce peut être un support au racisme.

Soyons clairs, si ce comportement est raciste, on combat un racisme, quel que soit le support qui véhicule le racisme. Il n'y a pas des racismes, mais un racisme. Une organisation comme le MRAP, qui a changé son sigle sur ce constat en 1967, est bien placée pour le savoir.

Dans phobie, il y a la peur, d'où le rejet de ce qui génère la peur. Mais cela ne peut en aucun cas, justifier de ne pas pouvoir être islamophobe. Oui, on peut avoir peur d'une religion et la penser nuisible et la rejeter sans pour autant être raciste. On peut rejeter un clergé, de quelque religion que ce soit, sans chercher à nuire à celui qui croit en cette religion et la pratique dans une sphère privée.

Il y a un droit à être islamophobe tout comme on peut être religionphobe ou chrétianophobe. Ce n'est pas parce que certains racistes utilisent l'islam pour masquer leur racisme antiarabe que je ne peux pas être islamophobe. Personnellement, je crains les religions et surtout les hommes qui agissent en leur nom, et leurs clergés. Je les tiens à distance de ma sphère. Je n'en suis pas raciste pour autant et je reconnais à chacun le droit à ses croyances et à l'exercice privé de ses rites.

Le religieux et le lieu (le lieu mis au ban) :

En France, un glissement s'opère par le fait de considérer quelqu'un par sa religion réelle ou supposé. Ainsi, le regard sur certaines banlieues évolue. L'immigré, ou ses descendants, ne seraient plus des gens considérés en difficultés sociales, économiques ou culturelles, des citoyens relégués dont importe peu l'origine ou la nationalité. Non, maintenant, on leur suppose une identité religieuse à laquelle ils sont censés s'identifier et à laquelle on les identifie, même s'ils sont catholiques, athées ou agnostiques. Ce faisant, quand, rejetés de toutes part, il ne reste comme refuge que la religion, il est vrai qu'elle peut alors devenir une identité qui sera affirmée comme référente. Les réseaux de prosélytisme jouent beaucoup sur ces ressorts. La religion de ses origines, c'est aussi ce qu'il reste quand on n'a plus de prise sur sa propre vie.

Mais, Au lieu de dénoncer et d'aiguillonner les politiques pour combattre ces mécanismes d'exclusion, les organisations de défense des Droits de l'Homme vont flatter ce caractère supposé d'identification à la religion musulmane. Toute critique de cette religion tombe alors sous le coup de l'islamophobie. On laisse ainsi libre cours à tous les errements, au détriment des principes fondamentaux des droits de l'homme et en particulier la liberté d'expression.

Le glissement entre la critique de la religion et celle de l'individu croyant :

Ce glissement a été facilité par une approche somme toute condescendante envers ceux qui sont musulmans et qui sont les " pauvres " de notre monde, les prolétaires immigrés. Ainsi, critiquer la religion devient stigmatiser l'arabe ex-colonisé et ainsi au prolétaire. Il est sous-entendu que le prolétaire ne peut être critiquable et critiqué puisqu'il est prolétaire. Ce qui laisse augurer d'une reconnaissance effarante à un déterminisme social et économique.

Les deux principales organisations historiques de défense des Droits de l'Homme se sont engluées dans cette approche sans fin. Sans fin, car une fois mis de côté les principes fondamentaux d'égalité et de citoyenneté sur lesquels repose la lutte antiraciste, une fois abandonné le principe de non hiérarchisation des racismes dans la lutte antiraciste, il n'y a plus de barrière à la succession des glissements. De glissements en glissements, on se trouve piégé, comme cela a été le cas pour Mouloud Aounit dans une émission de télévision, dans une posture où l'on est du côté des imams et des évêques, du côté de l'interdiction du blasphème, du côté de l'interdiction de la critique des religions.

Dans un cadre international, mais sous-tendus par les mêmes mécanismes, certains arrivent ainsi à perdre toute critique envers le Hamas ou le hezbollah. Les dirigeants démissionnaires de la LDH en ont parfaitement démonté le mécanisme dans un article du Monde. Pire, pour justifier cette attitude on renverse l'objectif de son combat et l'ennemi devient celui qui refuse toute complaisance envers l'islamisme politique. C'est ainsi qu'une expression sans concession dans la lutte contre l'antisémitisme peut faire de vous quelqu'un de louche, voire de raciste à classer parmi les néo-colonialistes.

C'est avec ce type d'approche qu'en réunion d'instances nationales, une responsable du MRAP réclamant, non pour elle, mais par principe, le droit pour tout citoyen d'être religiophobe, s'est immédiatement faite injuriée et traitée de raciste.

La facilité médiatique et le " bon client " :

Le rôle des médias à la recherche du sensationnel et du bon client à exhiber n'est pas neutre. Les dérives décrites ci-dessus sont sélectionnées, mises en scène avec leur protagoniste et instrumentalisées pour faire des points d'audimat : peu d'analyses, on préfère l'évènementiel de l'opposition bloc à bloc, tout bon contre tout mal. Celui qui veut paraître doit passer par ce système. C'est ainsi qu'à travers la médiatisation outrancière de son président sur des affaires montées en épingle comme les soeurs Lévy ou des prises de position réductrices de libertés fondamentales comme la liberté d'expression, la liberté de presse ou le droit de blasphème, le président du MRAP, à lui tout seul, avec une organisation muselée, a fait tenir au MRAP le haut de l'affiche sur l'islam (pensez une organisation laïque, historiquement proche du PC, qui dialogue à côté de Ramadam et défend l'ordre religieux !!). Pendant que son manque d'analyse et son silence sur les combats en cours durant la même période avec les lois sécuritaire du candidat ministre de l'intérieur ou sur les sans papiers devenaient atterrant de la part d'une organisation dont le rôle principal aurait été de mener des campagnes sur ces questions.

Le religieux comme outil pour être visible MEDIATIQUEMENT :

La situation est paradoxale puisque, officiellement, c'est justement pour rester proche des gens issus de l'immigration que se sont opérés ces glissements, et que le terrain de la lutte pour la citoyenneté et l'égalité des droit a été peu à peu désertée. C'est dans ce contexte que les manifestations d'antisémitisme qui ont surgi aussi dans les banlieues ont été minimisées. Ces questions n'étaient plus abordées que du bout des lèvres, " pour ne pas stigmatiser " des gens qui sont déjà des " victimes ".

Les mouvements antiracistes ont ainsi pratiqué progressivement un antiracisme sélectif, dans un contexte de désintégration du lien social.

De fait, nous assistons à une communautarisation du regard des organisations historiques de défense des Droits de l'Homme sur la société française.

Sur des secteurs qui lui sont plus spécifiques, comme ce qui concerne la mise sous surveillance des " personnes à risques ", leurs fichages, la diffusion de données personnelles comme les informations médicales ou psychiatriques, la LDH n'est pas apparue comme un fer de lance du combat contre des lois liberticides. On cherche encore l'analyse et les mobilisations sur le passage du traitement des gens à la " marge " par les maires puis les préfets (par exemple : sur le rôle nouveau dévolu à l'hôpital psychiatrique comme lieu d'enfermement. Rôle que le corps médical a abandonné depuis 50 ans au profit d'une politique de soins et de santé, si insuffisante soit-elle). Les principes fondamentaux oubliés, il ne reste personne pour défendre les " à la marge " de nos sociétés, tant que ces " créneaux " ne sont pas médiatiquement porteurs d'image.

LA CERISE SUR LE GÂTEAU :

le constat est déjà affligeant au regard de la perte de repères de ces organisations et de l'abandon progressif des combats sur les principes fondateurs des démocraties. alors que les manquements criant de justice, les droits fondamentaux bafoués, les discriminations institutionnelles et privées flagrantes, les relégations au ban de la société de pans entiers de citoyens, nécessiteraient encore beaucoup d'énergie militante et de réflexion.

Ces carences ne suffisaient pas au MRAP. Il a fallu que la barque soit encore plus chargée en y ajoutant l'opportunisme carriériste de son président auquel est associé du marketing politique : En ayant développé autour de son nom une approche communautariste, le président du MRAP a identifié une niche électorale avec des voix communautaires à ramasser. Il lui suffisait de franchir le pas et de se proposer, en simple citoyen bien entendu, au service d'un parti qui, à cette occasion, pourra toujours bénéficier de l'aura du personnage auprès d'un électorat potentiel.

Deux éléments s'articulent alors en complémentarité :

En dirigeant une organisation spécialisée dans la lutte contre l'islamophobie (et donc en creux qui nie les autres formes de racismes), on attire sur sa personne la sympathie de gens à approche communautariste qui ne se sentent pas représentés comme tels sur la scène politique. D'un autre côté, celui qui cristallise sur lui cet électorat potentiel propose de se placer sur le marché politique électoral. Il apporte ainsi un potentiel électoral supplémentaire au parti qui le reconnaît en l'intégrant sur ses listes.

Ce n'est ni plus ni moins que le détournement d'une organisation, qui a eu une fonction d'autorité morale au sein de la société française, en une organisation servant la propagande politique et le carriérisme personnel. Il s'agit là de marketing politique sur une niche électorale : "les voix des supposés musulmans". C'est ce qu'a fait le président du MRAP en se proposant, lui et son image de dirigeant d'une organisation anti-islamophobe, comme co-directeur de campagne de Marie-George Buffet.

Pour cette instrumentalisation d'un mouvement historique et son utilisation comme succursale de captage d'un électorat communautaire, ne doutons pas qu'il en sera récompensé lors des législatives qui vont suivre.

La laïcité c'est le droit d'être croyant ou non croyant, d'être religiophobe, religiophile ou indifférent. La laïcité c'est le droit pour tous d'être traité dans le cadre d'une égalité des droits et d'une égalité de fait. La laïcité se situe au-delà de la sphère privée tout en en assurant la protection. La sphère privée n'a pas à intervenir sur la sphère publique. C'est le droit d'être critiqué et critiqueur. Elle fait obstacle aux revendications communautaristes qui cherchent à segmenter la société et à soumettre certains aux lois des autres. La seule loi respectable est celle qui est discutable, amendable et révocable. Elle ne peut donc pas être divine.

Au regard des Droits de l'Homme la situation en France est grave : il n'y a plus d'organisation indépendante des pouvoirs qui mène une lutte contre le racisme quel qu'il soit, contre le sexisme et l'homophobie, et qui fonde son action sur les fondamentaux constituant la république. La république est imparfaite et laisse à ses marges de larges pans de relégués, la démocratie demeure bien incomplète pour de nombreux citoyens et ses mécanismes ont des effets pervers, ce n'est vraiment pas le moment de déraper et d'aggraver la situation.

En terme de droits de l'homme et de lutte contre le racisme, il n'y a plus d'autorité morale " au dessus de la mêlée ". Cette division du mouvement associatif en en deux branches, une universaliste et une communautariste, traverse tout le champ social et se retrouve au sein des organisations syndicales et politiques. L'ensemble de la société est divisé entre l'universalisme et le repli sur sa communauté d'intérêts et de comportements. Les candidats aux élections, fussent-ils de gauche, évitent d'ouvrir ce débat qui concerne pourtant l'avenir de tous nos concitoyens. Et, pour ceux qui ne se réfèrent pas, en la renforçant, à une immigritude, un grand silence plane sur les expressions résurgentes du communautarisme. Combien ont déjà cédé aux sirènes des particularistes et des bulletins de vote qui vont avec?

La laïcité est un principe fondateur de la citoyenneté démocratique.

Il est temps de ne pas se voiler la face et d'ouvrir le débat avec l'ensemble de la société et des acteurs sociaux. Plus aucune organisation n'a de réel crédit. La LDH a bradé son héritage de l'affaire Dreyfus tout comme le MRAP a renié ses racines puisant dans son passé de Résistance. Des amis de longue date s'éloignent, comme Didier Daenincks, Albert Memmi, Jean Ferrat. D'autres fondateurs se taisent lourdement.

Si nous ne voulons plus lire sous la plume d'une femme iranienne que " le printemps de la liberté fut éphémère et notre désarroi immense. J'ai échappé à la prison et j'ai pris le chemin de l'exil, lieu de mémoire "[1], Si nous ne voulons pas d'organisations de défense de droits de l'homme s'apparentant à des formes nouvelles d'églises laïques vertueuses et adeptes d'un antiracisme sélectif, incantatoire et moralisateur, si nous voulons un carrefour de réflexion, d'idées et de propositions pour faire progresser le tous ensemble et la démocratie pour tous, alors, Il est temps que nous réfléchissions concrètement à la recomposition du Mouvement antiraciste, pour les droits de l'homme, pour la laïcité et contre l'intégrisme. Il est urgent de faire face à l'obscurantisme et au communautarisme et que nous refondions un mouvement antiraciste, féministe et international. C'est un ensemble à refonder sur des principes républicains et laïques.

Il n'est pas trop tard. Il est URGENT.

Notes

[1] Chahla Chafiq ; " Le nouvel homme islamiste "

par Alain Callès
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