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Droits de l'homme

Les Nations désunies : comment l’ONU enterre les droits de l’homme

Par Hakim Arabdiou

article publié dans la lettre 612

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Par Malka Marcovich éd. Jacob-Duvernet, Paris, 2008

Malka Marcovich révèle, dans son livre, « les Nations désunies : comment l’ONU enterre les droits de l’homme », la multiplication des attaques de la part des régimes répressifs contre les valeurs humaines universelles et les droits des femmes, véhiculés par l’O. N. U ; ceci aux noms de la « diversité culturelle » et du relativisme culturel, ainsi que du respect des religions, de la lutte contre l’« islamophobie », etc.

Selon l’auteure, ces attaques sont menées principalement par les pays de l’Organisation de la conférence islamique (O.C.I), menés par l’Iran, le Pakistan, l’Arabie saoudite, la Libye, avec l’appui de la Chine, de la Russie, de Cuba, du Venezuela, et parfois la complicité active ou passive de pays occidentaux, tels que la Grande-Bretagne, la France, la Suisse…

Comment peut-il en être autrement, lorsque le nouveau Conseil des droits de l’homme est composé majoritairement de pays qui sont loin d’être des modèles en la matière. C’est pourquoi, l’examen de l’état des droits de l’Homme dans tel ou tel pays tourne souvent à la « parodie ». Un exemple surréaliste parmi beaucoup d’autres contenus dans ce livre : Cuba, le Venezuela et la Corée du Nord félicitent le Pakistan, président en exercice de l’O.C.I, d’avoir fait de cette organisation, la « cheville ouvrière » du Conseil des droits de l’Homme.

La Déclaration universelle des droits de l’homme et les conventions et résolutions, qui en découlent, ne sont pas épargnées, non plus. Ainsi, le président iranien, Ahmadinedjad, n’a-t-il pas, lors de la réunion du Mouvement des pays non alignés, tenu en septembre 2007, à Téhéran, réclamé l’adoption d’une nouvelle déclaration universelle des droits de l’homme au prétexte que les pays musulmans n’étaient pas suffisamment représentés lors de son adoption, en 1948. Cette réclamation est relayée le mois suivant par l’O.C.I à l’Assemblée générale de l’O.N.U.

Cuba aurait, elle aussi, proposé, une nouvelle charte des droits de l’homme et des peuples. Pour ce qui est de la Chine, les droits de l’Homme ne doivent pas contredire les : « traditions historiques, culturelles et religieuses des différents pays. »

Quant à la fameuse Alliance des civilisations, qui doit sa mise sur pied sur l’initiative de l’Iran, ses objectifs sont proclamés la prévention des conflits et la compréhension entre les civilisations. Elle a pour ce faire placé les trois religions monothéistes au cœur des cultures et civilisations, au détriment du politique. A cause entre autres de cette régression, elle légitime, les traditions rétrogrades et les atteintes aux droits de l’homme.

De même qu’elle a trouvé prétexte de la recrudescence de la musulmanophobie, après les attentats d’Al-Qaïda aux États-Unis d’Amérique, le 11 septembre 2001, pour assimiler la critique des dimensions misogyne et attentatoire aux droits humains de l’islam à du racisme et à l’intolérance religieuse. Il lui ait alors plus facile d’appeler, comme le font des pays de l’O.C.I. (ce sont pour la plupart les mêmes que ceux de l’Alliance), à remettre en cause le droit au blasphème et à la liberté d’expression. Cette Alliance a également stigmatisé, comme raciste, la loi laïque française, du 15 mars 2005, contre les signes religieux à l’école publique.

De même qu’un grand nombre d’ONG, dont certaines sont de pures créatures des régimes répressifs, sont, elles aussi, gangrenées par le relativisme culturel, qui leur fait défendre quelquefois des positions réactionnaires. C’est ainsi que sous la pression de l’industrie du sexe, des ONG telles que Antislavery International et Franciscain International, proche du Vatican, ont réussi à faire supprimer la Convention internationale pour la répression de la traite des êtres humains et de l’exploitation de la prostitution d’autrui. Cette industrie a réussi aussi à faire occulter par l’ONU la dimension essentielle, qui est celle de l’« aliénation » de la victime, dans les mécanisme de domination et d’oppression, pour focaliser sur la « contrainte ». C’est alors la victime de prouver qu’elle a été contrainte de se prostituer, par exemple, et non plus au bourreau.

Quant à Lin Lean, de l’Organisation internationale du Travail, elle a proposé, dans un rapport sur la prostitution dans le sud-est asiatique, de transformer les prostituées en travailleuses du sexe et les proxénètes en honorables entrepreneurs du sexe, également, afin que ceux-ci participent à l’essor économique des pays cette région.

Les mêmes régimes répressifs, avec souvent les mêmes alliances, sont parvenus aussi à limiter la démocratie aux seules élections, ignorant ainsi les libertés d’expression et de conscience. La démocratie s’est vue aussi dépouillée, au cours du Sommet mondial sur ce thème, de 2005, de sa dimension universelle, en la présentant comme « diverse » et « soumise à la souveraineté » des États. Sur la même lancée, cette notion s’est vue relativisée par le Forum mondial sur la société civile, tenue en 2006 à Doha.

Le livre rappelle opportunément, comment la conférence de Durban, d’août 2001, s’est transformée en déferlement de violences antisémites, tant symboliques que physiques, et l’ignorance totale des droits des femmes.

Pour toutes ces raisons, Malka Marcovich, propose la création par les pays démocratiques d’une nouvelle ONU, fondée sur les valeurs des Lumières et les règles démocratiques. Ceci d’autant plus que les pays démocratiques assurent 90 % du budget de l’ONU et de ses agences spécialisées, en plus des fonds spécifiques, alors que les États antidémocratiques ou répressifs ne concourent qu’à un peu plus de 1 %.

Cependant, unique fausse note dans cet ouvrage : Israël et le sionisme sont présentés- systématiquement- comme victimes, tandis que l’évocation de la question palestinienne est -très souvent- présentée comme soit une diversion, soit une dérive ou au milieu des dérives au sein de l’ONU. Pire, elle déplore, dans un long développement, le fait que cette institution consacre, d’après elle, beaucoup d’énergie et de moyens, par rapport à d’autres causes, pour la résolution de cette question. Fort heureusement, ce soutien de l’auteure aussi inconditionnel que suicidaire sur le long terme pour l’existence d’Israël, n’altère en rien le caractère précieux de ce livre, à lire et à faire lire absoluement par le plus grand nombre, tant il révèle ce qui se trame sur les droits des peuples et des femmes du monde entier.

par Hakim Arabdiou
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