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Débats républicains

Un rassemblement républicain et progressiste est à l'ordre du jour !

Par Claude Beaulieu

article publié dans la lettre 522

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Sa réussite implique la volonté de rétablir la souveraineté populaire et nationale.

Déclaration de James Paul Warburg, président de la Chase Manhattan Bank, devant le Sénat américain le 17 février 1953 : "De gré ou de force, nous aurons un gouvernement mondial. Sera-ce par la conquête ou par consentement ? La supranationalité d'une élite intellectuelle et des banquiers internationaux est certainement préférable aux décisions nationales qui se pratiquent depuis un siècle". En juin 1991, David Rockefeller réaffirmait la permanence de cet objectif : "Le monde est préparé à marcher vers un gouvernement mondial".

Imposé depuis des décennies, le volontarisme dogmatique supranational de la " gauche " social-libérale à conduit au chaos actuel. Celui-ci est la caractéristique principale de la situation politique en France, à l'approche de l'élection présidentielle. La droite fédéraliste des Sarkozy, Chirac, Giscard et autres Bayrou (le porte-parole actuel ultra fédéraliste, de la démocratie chrétienne), est bien entendu, co-responsable de l'euro-dégénérescence économique, sociale et politique que subit notre pays au travers des étapes chaque fois plus dévastatrices, de la marche forcée à l'eurocapitalisme mondialisé - sous hégémonie germano-américaine - qui jalonnent la vie de la France et de son peuple, depuis le traité de Rome (la vie des autres peuples d'Europe est soumise à la même agression de classe et en expérimente les mêmes conséquences). Cependant, lorsque les dirigeants de la droite néo-libérale entendent construire une Europe dans laquelle la concurrence serait " libre et non faussée ", qui détruit les services publics, dérégule à tout va et remet en cause plus d'un siècle de conquêtes sociales, ils ne trahissent pas la classe sociale qu'ils représentent, même si à terme les contradictions inhérentes à leur politique peuvent s'avérer suicidaires.

Nous sommes de plus en plus nombreux à considérer que la responsabilité historique, depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, des dirigeants de la social démocratie et de ses satellites, est particulièrement lourde car elle implique une véritable trahison en faveur du Capital financier et de l'atlantisme, du peuple laborieux, de la République et de la nation.

Le fait nouveau depuis déjà quelque temps, c'est que le peuple, a manifestement tiré un certain profit des multiples leçons de choses très concrètes de l'alternance au pouvoir de la fausse gauche et de la vraie droite afin d'y appliquer leur programme commun, le traité de Maastricht et sa suite. Du pareil au même disions nous en 2002 avec le Jean Pierre Chevènement du Pôle Républicain.

Cette prise de conscience du peuple de France se poursuit malgré la guerre idéologique intense menée contre lui via la manipulation permanente des médias domestiqués par la Finance et par les adeptes de tous bords du renoncement national et républicain. D'une certaine manière le peuple s'installe progressivement dans une logique de résistance contre ce carcan européen qui le dépossède toujours davantage de sa souveraineté. Certains, individuellement ou collectivement se montrent préoccupés surtout par le souci de préserver leur part du gâteau électif. Ils ne veulent tirer aucune leçon du non catégorique à l'Europe supranationale du 29 mai ou de bien d'autres avertissements populaires. Lentement mais sûrement, ils perdent toute crédibilité politique. La majorité des Français rejette leur système qui ne survit pour le moment, que grâce aux manoeuvres des appareils pléthoriques de certains partis, financés par l'argent public et détournés de leurs objectifs historiques.

Jean Luc Mélenchon a bien raison de craindre que le premier tour de l'élection présidentielle soit " un double 21 avril ". (Ce séisme politique à mon humble avis, pourrait avoir des conséquences positives, s'il contribuait à souligner la nécessité d'une nouvelle perspective républicaine en démontrant magistralement, que le peuple n'entend pas poursuivre la tragédie délétère de l'alternance au pouvoir du pareil au même.) Quand il estime que le pays est " en état d'insurrection civique ", Mélenchon voit encore juste. Quel enseignement pourra t'il tirer de ses propres analyses ? Le Comité Valmy dit que le peuple est entré en résistance et ces deux expressions ne se contredisent pas. Selon la formule d'André Bellon, notre société est confrontée à un totalitarisme tranquille. De moins en moins tranquille en réalité. Il est urgent d'en sortir.

Nous considérons que cette Europe - depuis le Traité de Rome - est celle de la Finance et de l'atlantisme. Nous ne sommes pas isolés lorsque nous affirmons qu'elle ne peut aucunement être amendée, tout particulièrement parce que sa nature supranationale est conçue d'emblée, par l'oligarchie au pouvoir, pour rendre si possible, ses étapes irréversibles et stériliser le combats d'autodéfense des peuples et des nations ; pour perpétuer la domination de classe du capitalisme financier.

Europe sociale, République européenne, souveraineté populaire portée à l'échelle européenne, dans le meilleur des cas, ces objectifs de certains militants de bonne foi, ne sont selon nous, et pour une longue période historique, que des mirages. Ces objectifs, selon qui les met en avant, peuvent même être consciemment, des gadgets ou des voies de garage destinées à canaliser les luttes populaires vers des lendemains qui ne chanteront jamais.

Le Comité Valmy milite pour contribuer à l'émergence d'une alternative crédible, réaliste et que nous estimons potentiellement majoritaire. Cette voie nécessaire est celle d'un rassemblement républicain et progressiste que nous recherchons à construire avec d'autres, de plus en plus nombreux. En même temps, nous considérons que la République demeure pour longtemps encore, la forme de notre Etat nation. Nous observons aussi que la République avec la souveraineté populaire et nationale qu'elle implique, ont permis grâce aux luttes des travailleurs, un progrès social significatif alors que l'Europe de Jean Monnet et compagnie est devenue synonyme de régression sociale et de barbarie capitaliste, dès que le fédéralisme en marche le lui a permis, en particulier avec le développement du processus de la mondialisation, cette conjugaison des stratégies de l'impérialisme américain avec celle des dirigeants européens, ses vassaux.

Nous estimons donc que la nation dont nous avons une vision républicaine et internationaliste, n'est pas historiquement dépassée et que si la Finance mondialisée mobilise autant de moyens, de toutes sortes, pour la combattre c'est bien parce qu'elle apparaît souvent comme un rempart solide face à la politique de domination et de guerre de l'impérialisme. Aujourd'hui de toute évidence, la France en tant qu'Etat nation n'intéresse plus vraiment les financiers pour qui elle constitue objectivement un obstacle. Nous sommes arrivés à ce moment que Marx et Engels avaient prévu, lorsque dans le Manifeste, ils affirmaient que le moment viendrait où la Classe ouvrière s'érigerait en classe nationalement dirigeante et " deviendrait elle-même la nation ". En effet de nos jours, la nation c'est le peuple.

Le rassemblement républicain est à l'ordre du jour. Manifestement. Et, il est urgent.

Pour qu'il se construise dans les meilleurs délais, les républicains qui, en général ont voté non au projet de traité constitutionnel, doivent se rencontrer sans préalables et confronter leurs analyses, apprendre à se connaître et à travailler ensemble. Certains qui se réfèrent à la République doivent aller au bout de leurs analyses. Ils ne pourront plus continuer à ignorer longtemps cette réalité incontournable : La République, la souveraineté populaire et nationale ainsi que la question sociale sont inséparables.

Pour sa part le Comité Valmy se réfère dans la recherche de ce rassemblement à l'exemple de la Résistance et au programme progressiste du CNR qui a permis au gouvernement de la libération, dirigé par De Gaulle, dans lequel l'essentiel de l'arc républicain était représenté et où des ministres communistes jouèrent un rôle essentiel, de réaliser de grandes avancées économiques et sociales, remises en cause aujourd'hui par les tenants de l'Europe supra-nationale, néo-libérale et atlantiste.

par Claude Beaulieu
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