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Cinquante ans après le traité de Rome, défendre la laïcité et la liberté d'expression dans toute l'Europe

Par L'Union des FAmilles Laïques

article publié dans la lettre 522

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A l'occasion des cinquante ans du traité de Rome, le 25 mars 2007, l'Union des Familles Laïques, qui a fait campagne pour le non au TCE, tient à réaffirmer son attachement au respect du vote des Français, qui s'est exprimé le 29 mai 2005.

Il y a bientôt deux années, les électeurs ont refusé le modèle libéral et communautariste du traité constitutionnel européen (TCE), montrant leur attachement au modèle social solidaire, aux services publics et aux principes laïques de notre pays.

Depuis, l'Eglise catholique, en Europe, multiplie les pressions, relayée par quelques candidats aux prochaines échéances électorales, pour harmoniser, sur le Vieux-continent, les rapports du politique avec le religieux, et s'imposer comme un interlocuteur incontournable de l'exécutif.

En France, les représentants du Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) et l'Eglise protestante réclament, encouragés par les propos de candidats qui veulent " toiletter " la loi du 9 décembre 1905, le possible financement public de la construction de lieux de culte, s'appuyant sur les travaux de la commission Machelon, mise en place par Nicolas Sarkozy.

Lors de la campagne contre le TCE, l'Union des Familles Laïques et d'autres organisations avaient démontré que certains articles proposés remettaient en cause la séparation de l'Eglise et des Etats et plus généralement les principes laïques.

Au nom de la conception anglo-saxonne de la liberté religieuse, les Eglises, soutenus par de nombreux libéraux, continuent leur croisade communautariste.

Sous la pression de l'Eglise catholique, des concordats, de type Alsace-Moselle, sont signés dans de nombreux pays européens, accordant d'abondantes subventions aux cultes. Les Eglises veulent utiliser la construction européenne pour attaquer, en France, la spécificité de notre modèle laïque, notamment la séparation du religieux et du politique, et le non financement du religieux par les finances publiques.

L'Ufal s'inquiète, dans ce contexte, des menaces de mort proférées, en Allemagne, contre la militante féministe Mina Ahadi, que notre association avait eu le plaisir d'accueillir, en septembre 2005, à l'occasion d'une action de solidarité avec les femmes canadiennes qui, derrière Homa Arjomand, refusaient l'implantation de tribunaux religieux, essentiellement islamistes, en Ontario.

En abjurant la religion musulmane publiquement, avec cent quarante femmes vivant sur le territoire allemand, Mina se voit aujourd'hui menacée de mort, et doit à présent vivre sous protection policière, comme en France notre camarade Mohamed Sifaoui, et hier en Hollande la députée Aayan Hirsi Ali.

A l'occasion de ce cinquantenaire, l'Ufal rappelle donc que seule la laïcité, et la séparation du religieux et du politique, en France et dans toute l'Europe, permettra de préserver la liberté de conscience des citoyens.

Ce n'est pas en reculant, en France, sur des principes laïques de base, qu'on aidera, en Europe, celles et ceux qui veulent s'émanciper de l'emprise des Eglises à avancer, au contraire.

Dans ce contexte, l'Ufal réaffirme sa détermination à combattre l'offensive de l'islam politique, et de tous les intégrismes religieux sans exception, et à promouvoir la laïcité et la liberté d'expression, notamment à la veille du résultat du procès, intenté par les islamistes et leurs alliés, de Charlie Hebdo (22 mars).

Elle affirme sa solidarité, quelques semaines après l'appel à la création d'un bureau international laïque(BIL), lors des journées de Montreuil, les 10 et 11 février, avec Mina Ahadi et toutes les militantes menacées dans leur vie quotidienne, en Europe, pour avoir défendu leur liberté de conscience.

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