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Le 6 mai 2007, la République appelle des voix Royal

Par Simon Archipenko

article publié dans la lettre 532

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Ainsi donc, depuis le 22 avril 2007, la mère de toutes les batailles est engagée. J’avais prévu le résultat du 1er tour, non par pronostic ni par je ne sais quelle voyance mais sur l’analyse que le changement organisationnel, en l’occurrence institutionnel ne s’opère pas au moment de l’élection mais, à partir de la volonté des peuples d’imposer une nouvelle règle du jeu. Comme je l’ai écrit dans « Respublica » N°496, dans l’article : « Dix circonscriptions, un plat de lentilles et la (non) pensée Autaine. Tel a été le menu du week-end. », on ne change pas de char au moment de tirer.

J’avais aussi écrit que je mettrai un bulletin blanc dans l’urne, puisque aucun candidat n’était à mes yeux à la hauteur d’un vrai projet républicain. Le 22 avril 2007, j’ai effectivement réalisé ce que j’avais indiqué.

J’avais également écrit que, lors du second tour, je voterai blanc.

Le résultat du 1er tour m’amène à analyser la situation sous un autre angle. En effet, le soir du 22 avril, j’ai eu l’impression que la IVème république succédait à la cinquième par un curieux retournement de l’histoire. Bayrou puisqu’il s’agit également de lui dans cette élection, a réalisé le hold-up que ses prédécesseurs MRP, CDS n’avaient pas réussi à faire. Je pense que ce hold-up centriste risque de peser lourd pour l’avenir de la République, notamment dans les choix européistes et anti-laïques de nos futurs gouvernants s’ils s’avèrent être ceux du candidat Sarkozy. Il peut s’avérer tout aussi dangereux si on laisse les gangsters Tapie et autres porteurs de sacs de riz (Kouchner, ne cherchez pas c’est vraiment lui !) parler au nom du peuple. Le spectacle de France 2 était à cet égard affligeant. De l’autre coté de l’échiquier, le spectacle de Ganelon, Eric Besson, et tous les députés UDF qui rejoignent Doc Gynéco dans le soutien à Sarkozy, montre le mépris souverain que ces gens (oui ces gens !) ont envers le peuple.

Faut-il pour autant renoncer à faire un choix ?

J’entends déjà les antiennes de 2002 : on ressort les « pincettes pour le nez » du vote Chirac, on reprend les slogans des benêts compassionnels plus prompts à dégainer leur fusil anti-républicain contre ces « salauds de pauvres pro lepénistes » et à piétiner le drapeau de la révolution française que d’analyser froidement une situation où, l’alternative n’est pas entre la peste et le choléra mais entre un éclatement assuré de la République et la possibilité de pouvoir infléchir encore les choix pour la République. Je n’hésite pas au passage à noter que ces gens là se sont beaucoup retrouvés dans le vote Bové.

Je suis conscient, en écrivant ces lignes, que le risque social-libéral à la Strauss Kahn n’est pas à écarter. Je suis aussi conscient que Ségolène Royal est une femme de volonté. Certes, son discours du 22 avril 2007 n’était pas des plus charismatiques. On a connu mieux !

Mais des éléments du fond du discours me laissent penser que c’est bien la voie Royal qu’il faut choisir pour la République. Tout aussi fermement, je pense, qu’à l’instar d’un passé récent, 1994, Loi Falloux, 1995, les cheminots et 2006, le CPE, c’est dans la rue que le changement réel devra s’opérer.

Non Sarkozy n’est pas un fasciste, n’en déplaise aux béats compassionnels et autres. Même s’il a franchi la ligne jaune à plusieurs reprises, ministère de l’immigration et de l’identité nationale, déterminisme du suicide et de la pédophilie, il n’est que le pendant d’une droite réelle telle que la si bien défini René Rémond dans son livre les « droites en France ».

En ce qui me concerne, je ne trouve nullement scandaleux que la droite redevienne la droite. Il serait temps que la gauche redevienne à son tour la gauche ! Là est le pari républicain qui s’engage en partie dans la bataille du 6 mai et, quoiqu’il arrive, dans les mouvements sociaux après.

Je ne souhaite pas une guerre civile pour mon pays. Sarkozy en est le ferment. Tout un chacun nous ne devons pas désespérer le peuple de France ! Le 6 mai 2007, je choisirai donc d’éliminer le candidat Sarkozy, pour la République, pour la France.

par Simon Archipenko
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