Débats politiques
Par Jérôme Manouchian
Mercredi 3 décembre 2008
article publié dans la lettre 605
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La bataille Aubry-Royal à Reims nous a rappelé la bataille Jospin-Fabius au congrés de Rennes. Une gigantesque bataille pour le pouvoir sans grande clarification politique.
Et voilà l'ineffable Filoche qui estime que quelques voix d'écart en faveur de Aubry vont permettre le renouveau du PS et que cela va permettre demain à la gauche du PS de gagner la tête du parti.
De ce point de vue, Gérard Filoche a troqué Marx et Trotsky pour un nouveau camarade : Coué. Car si le contenu de la motion de Benoît Hamon tranchait sur le plan politique avec la direction sortante du PS, les trois autres motions principales étaient difficilement compréhensibles en dehors de querelles d'écuries très proche politiquement voulant prendre le contrôle d'un appareil:
Martine Aubry, celle qui grâce à sa deuxième loi sur les 35 heures a diminué le pouvoir d'achat de centaines de milliers de personnes des couches populaires, celle qui a organisé des heures de piscines pour femmes musulmanes, celle qui subventionne une université catholique mais pas l'université publique...
Bertrand Delanöe, celui qui prend l'initiative de donner le nom d'une place à Jean-Paul II, l'homme de l'Opus dei, qui subventionne des crèches confessionnelles car mettre les bébés, dont les parents ne sont pas de la même confession, dans une même pièce serait sans doute un péché!, celui qui finance des lieux de culte dans le 19ème arrondissement malgré la loi de 1905 sous le vocable d'Institut des cultures musulmanes (ce qui rappelle la subvention de Lang à la cathédrale d'Evry sous couvert de musée d'art sacré), celui qui s'est dit libéral et socialiste pour être en phase avec son ami Dominique Strauss-Kahn, grand argentier du néolibéralisme au FMI, quelques semaines avant le krach libéral de la bulle financière et bancaire,
Ségolène Royal, la spécialiste du discours émotionnel chrétien dans le langage politique, qui fort d'avoir fait le plus petit score auprès des couches populaires au deuxième tour des présidentielles (54% au lieu des 75% de François Mitterrand), pense que pour combler ce déficit, il faut faire une alliance avec le Modem de François Bayrou.
En fait ces trois camarades Aubry, Delanoë, Royal, qui n'ont jamais eu un mot contre les franchises médicales nées en 1983, contre la transformation du Code de la mutualité solidaire en Code assurantiel en 2001, qui ne sont jamais revenus sur la contre-réforme Juppé pendant la période 1997-2002 alors qu'ils étaient au pouvoir, ceux qui ont poursuivi toujours dans la même période le processus de marchandisation et de privatisation des services publics, ceux qui ont malheureusement préféré la CMU au droit universel de l'accès aux soins partout et pour tous, ceux qui se sont parjurés en permettant à Nicolas Sarkozy de ne pas faire de référendum sur le traité de Lisbonne alors qu'ils avaient promis dans la synthèse du Congrès du Mans qu'ils utiliseraient tous les moyens pour obliger au référendum, c'est bonnet blanc et blanc bonnet.
Bien évidemment,il y avait la motion Hamon qui avait un tout autre contenu. Le contenu de cette motion était à la hauteur des enjeux mais il manquait la stratégie pour prendre le pouvoir pour pouvoir l'appliquer...
Triste perspective pour le parti socialiste dans ces conditions-là!
par Jérôme Manouchian
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