Combat social
Par Jacques Broda
Mardi 30 janvier 2007
article publié dans la lettre 507
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Comment une contradiction non antagonique (autour de la candidature) a-t-elle pu le devenir ? Il est plus facile de rassembler des idées que de rassembler des hommes. Les idées ne convoquent pas des stratégies, des affects, des passions, des projections, elles représentent des enjeux, et la charte antilibérale a pu être rédigée dans le travail et l'enthousiasme.
Aujourd'hui, que faire ? D'abord l'analyse non polémique de ce à quoi nous avons assisté : déchirements, exclusions, précipitations. Il n'est jamais bon de décider dans l'urgence. Le temps des élections n'est pas le temps de l'élaboration politique, il précipite les choix, pour le meilleur et pour le pire. Nous en devons en tirer leçon et profit.
Le désenchantement, la désillusion, voire le désespoir est profond de parts et d'autres, le laisser s'installer, voire la haine, des frères ennemis, serait désastreux pour chacun, pour le projet, pour le peuple, dans sa force étrangement absente, jusqu'à aujourd'hui.
La dynamique unitaire doit l'emporter sur le ressentiment, la rancoeur, l'inélaboré. L'action certes, l'action toujours, mais qu'est-ce-qu'une pratique qui ne se théorise pas, ne s'analyse pas ? De l'activisme.
La lutte des classes a-t-elle traversé les collectifs à notre insu, ou plutôt deux conceptions différentes de la lutte des classes ? Certainement. Entre la visée communiste d'un travail de terrain, de pouvoir, le luttes, de conquêtes, de transformation, et pour aller vite, une conception plus "idéaliste" au sens du non compromis, de la non alliance, de l'apparente radicalité, qui isolerait la gauche anticapitaliste de toute possibilité d'intervention concrète dans le pouvoir et sa transformation.
Il ne s'agit pas de juger, mais d'analyser et d'inventer aujourd'hui une forme d'intervention qui associe toutes les forces anticapitalistes dans le projet de transformation, même si, surtout si, le bout de chemin accompli, n'a pas été à terme.
Un repli identitaire, voire communautaire, du parti communiste serait désastreux. Pour lui-même, pour le rapport de forces, pour le projet, pour le futur. Laisser donc la porte ouverte, et inviter, proposer, offrir la continuité d'un débat contre la droite et pour la gauche, sans rancune ! Expulser le "mauvais objet" à l'extérieur, sans s'interroger de l'intérieur, sur ce qui n'a pu être, ne fera que rigidifier les positions et stérilisera de tous côtés les avancées.
Il y a une attente fantastique, un fantastique espoir, dans la jeunesse. Elle est prête à entrer en lutte et à bousculer la donne autour d'un programme qui existe d'une candidate ou d'un groupe porte-paroles dans lesquels elle trouvera enfin une forme à sa révolte.
Cette forme nous devons l'inventer à partir de ce qui est : un programme, une candidate, d'autres candidats avec qui existent des différences d'analyses mais dont les valeurs se rejoignent. Ne perdons pas de vue la question des valeurs de justice, de dignité, de solidarité, d'égalité, elles sont toute aussi centrales que les revendications sociales, elles en sont le sens et l'essence.
La politique n'inscrit pas l'homme au centre, elle met l'humain au coeur, et dans l'humain les rapports sociaux. Le temps politique qui s'ouvre devant nous est le moment de le dire, l'agir, l'inventer. Je le répète des milliers, des millions de jeunes sont prêts à entrer en lutte, entreront en lutte autour d'un projet et d'une parole différente. Puisse la candidate, et les autres formations l'entendre. La valeur de cette parole se mesurera à l'aune des valeurs d'humanité qu'elle restaurera, autorisera, invitera. L'irruption du peuple de gauche déterminé, politisé, dans le débat politique est à prévoir. Organiser, structurer, autoriser cette irruption, autour des luttes et des attentes qui existent, modifiera la donne d'une manière inattendue, voire spectaculaire.
par Jacques Broda
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