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	<title>ReSPUBLICA</title>
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	<description>Le journal de la Gauche Républicaine</description>
	<pubDate>Thu, 02 Sep 2010 10:36:26 +0000</pubDate>
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		<title>Manifestation du 7 septembre et après : soyons des républicains dans une gauche qui mobilise</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Sep 2010 22:37:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Évariste </dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Chronique d'Evariste]]></category>

		<category><![CDATA[lettre 640]]></category>
		<respu:articleid>2127</respu:articleid>
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		<respu:topcategoryname>Chronique d'Evariste</respu:topcategoryname>
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		<description><![CDATA[Être des républicains dans la gauche qui mobilise, est-ce un oxymore ? Sûrement pas !
Quelle est la situation ?
La droite sarkozyste, que nous pourrions qualifier de césaro-libérale, est aujourd’hui largement déconsidérée. Même l&#8217;Eglise catholique ne l&#8217;épargne pas, alors que le Vatican a largement soutenu la mondialisation néolibérale depuis trente ans et que l’Opus Dei, à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<table><tr><td><p>Être des républicains dans la gauche qui mobilise, est-ce un oxymore ? Sûrement pas !<span id="more-2127"></span></p>
<h2>Quelle est la situation ?</h2>
<p>La droite sarkozyste, que nous pourrions qualifier de césaro-libérale, est aujourd’hui largement déconsidérée. Même l&#8217;Eglise catholique ne l&#8217;épargne pas, alors que le Vatican a largement soutenu la mondialisation néolibérale depuis trente ans et que l’Opus Dei, à sa tête, n’est pas vraiment réputé pour son gauchisme. Mais cette droite césaro-libérale est aussi critiquée jusque dans ses propres rangs : une partie de ses soutiens se demande manifestement comment gérer l&#8217;après-Sarkozy. Comme Antonio Gramsci, nous constatons que le vieux monde se meurt. Nous avons déjà du neuf. Reste à savoir si la gauche est capable de nous mener à la transformation sociale.</p>
<h2>Quelle gauche ?</h2>
<p>La situation à gauche est toujours marquée par le vote de 2005. D’un côté une gauche prête à accompagner le capitalisme. C’est cette gauche de la résignation qui a voté “oui” au TCE. De l’autre,  une gauche anti-libérale qui a fait triompher le “non” lors du référendum en démontrant que le cadre actuel de l’Union Européenne<sup>1</sup> empêche toute transformation sociale.<br />
Mais cette gauche anti-libérale est loin d’être homogène. Eclatée en diverses composantes (de la gauche du PS à la gauche “mouvementiste” en passant par les forces réunies dans le Front de gauche), la gauche anti-libérale est également très divisée. Les forces qui la composent sont, en fait, doublement clivées. Le premier clivage porte sur la question du cadre actuel de l’Union Européenne et sépare la gauche du PS de la gauche “radicale” : tandis que la gauche du PS laisse croire qu’il sera possible de réformer sans trop toucher aux structures de l’Union Européenne, la gauche “mouvementiste” et la gauche républicaine sont partisans d’une franche rupture avec les politiques néolibérales dont ces structures ne sont que l’instrument ; le second clivage porte sur les principes républicains et sépare la gauche “mouvementiste” de la gauche républicaine : tandis que la première est fortement dominée par ses tendances communautaristes, la seconde, considérant d’une part que le peuple reste très attaché aux principes républicains -en particulier au principe de laïcité- et que, d’autre part, le modèle républicain est le seul susceptible de supplanter le modèle néolibéral, entend pousser la République jusqu’au bout.<br />
Mais il y a plus grave : c’est aujourd’hui l’ensemble de la gauche qui s’est coupée des couches populaires<sup>2</sup>. Il ne suffit pas de proposer des analyses pertinentes pour reconquérir les couches populaires. Il faut aussi que ces dernières aient confiance dans les organisations qui les représentent. En qui ont-elles le plus confiance aujourd&#8217;hui ? En ceux qui ont oeuvré à la constitution de l&#8217;intersyndicale et qui appellent aux mouvements de grève et aux rassemblements du 7 septembre 2010. C&#8217;est le résultat de cette grève et de ces rassemblements qui nous dira si oui ou non les salariés veulent aller plus loin. La mobilisation du 7 septembre prochain sera plus déterminante que tous les programmes proposés par les organisations politiques de gauche.</p>
<h2>Les leçons de l’histoire : juin 1936</h2>
<p>L’analogie avec ce qui s’est passé en 1936 est susceptible d’éclairer à la fois le présent et l’avenir. Ni les syndicats, ni les partis de gauche n’avaient fait figurer dans leur programme ce qui allait résulter de la vaste mobilisation populaire de 1936. Du reste, l&#8217;accord que les partis de gauche avaient conclu en vue des élections était pour le moins minimaliste : ces derniers ne se retrouvaient que sur la question de la dissolution des ligues factieuses. Une fois la victoire politique acquise, les ouvriers et une partie des employés ont fait savoir que, pour eux, le compte n&#8217;y était pas.<br />
Ils ont multiplié les mouvements pour demander aux directions syndicales existantes (en qui ils avaient confiance) de porter de nouvelles revendications. C’est ainsi que le peuple a arraché les 15 jours de congés payés pour tous et les 40 heures de travail hebdomadaire. Ces conquêtes ont été la conséquence de la mobilisation sociale et non l’application d’un programme politique.<br />
Ce détour par l’histoire montre à quel point le débat qui divise aujourd’hui ceux qui sont pour le retrait de la réforme des retraites et ceux qui appellent à la mobilisation la plus large possible est hors de propos. Appeler au retrait pur et simple d’un projet de réforme relève du voeu pieux quand on n’a pas la confiance d&#8217;une partie significative du peuple. Le débat n’est pas non plus entre les directions syndicales et leurs  tendances gauchistes internes qui ont comme adversaire principal la direction de leur syndicat. Aujourd&#8217;hui, tous doivent faire en sorte que le mouvement de grève et de rassemblement soit maximal. Ceux qui auront réussi ici et là à mobiliser dans une « stratégie à front large » contre le projet gouvernemental auront de plus en plus la confiance du peuple. Et la suite en découlera.</p>
<h2>La stratégie à front large et la globalisation des combats</h2>
<p>Les organisations républicaines doivent donc s’atteler à une double tâche : utiliser toutes leurs forces pour la mobilisation de résistance et, dans le même temps, mettre l’accent sur l’éducation populaire pour faire comprendre aux citoyens que tous les combats sont liés de sorte qu’on ne peut plus régler un dossier sans toucher aux autres.<br />
Face à la très grande cohérence du modèle néolibéral, l’heure n’est plus en effet à la segmentation des combats. Il n’y plus lieu de considérer que telle ou telle question -celle des biens publics mondiaux, de la finance internationale, de l&#8217;écologie ou des retraites- surplombe les autres. La république, la laïcité, le féminisme, la santé, la dépendance, la petite enfance, les personnes âgées, etc. toutes ces questions doivent être traitées conjointement, dans le cadre d’un modèle politique cohérent.Le mois de septembre permettra de mesurer le rapport de force. Contre le césarisme de Nicolas Sarkozy et la défense des libertés démocratiques, mobilisons-nous le 4 septembre prochain. Contre les politiques néolibérales du gouvernement, mobilisons-nous le 7 septembre.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_2127" class="footnote">C’est-à-dire une Europe anti-démocratique et anti-républicaine (voir <a href="http://www.ena.lu/discours_pierre_mendes_france_risques_marche_commun_paris_18_janvier_1957-010007625.html">l&#8217;intervention de Mendès-France en janvier 1957</a> à la Chambre des députés), depuis le traité de 1957 jusqu&#8217;à <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Strat%C3%A9gie_de_Lisbonne">la stratégie de Lisbonne</a> signée en mars 2000 par Jacques Chirac et Lionel Jospin</li><li id="footnote_1_2127" class="footnote">c’est-à-dire les ouvriers et employés qui représentent 52% des ménages</li></ol></td></tr></table>]]></content:encoded>
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		<title>L’islam et la laïcité : Entre malentendu lexicologique et refus de voir plaquer un concept ressenti comme étranger - 1ère partie</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Sep 2010 22:27:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Dominique Gaurier</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[International]]></category>

		<category><![CDATA[Laïcité]]></category>

		<category><![CDATA[Religions]]></category>

		<category><![CDATA[lettre 640]]></category>
		<respu:articleid>2118</respu:articleid>
		<respu:topcategoryid>34</respu:topcategoryid>
		<respu:topcategoryname>Laïcité</respu:topcategoryname>
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		<description><![CDATA[Aborder la question de la laïcité en la confrontant à un point de vue que l’on pourrait qualifier de « musulman » semble être a priori une gageure et surtout, une volonté d’analyser le monde de l’Islam à travers la seule expérience du monde de la Chrétienté occidentale, quand bien même celle-ci ne brillerait plus [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<table><tr><td><p>Aborder la question de la laïcité en la confrontant à un point de vue que l’on pourrait qualifier de « musulman » semble être a priori une gageure et surtout, une volonté d’analyser le monde de l’Islam à travers la seule expérience du monde de la Chrétienté occidentale, quand bien même celle-ci ne brillerait plus des feux qui furent les siens dans les siècles passés.<span id="more-2118"></span></p>
<p>Effectivement, il peut y avoir un net décalage entre deux cultures et deux mondes qui, pour être religieux, ne fonctionnent aujourd’ hui pas du tout selon les mêmes critères de réflexion, sans pour autant en exagérer outrageusement les différences. Mais il ne faut, en effet, pas mettre sur un même plan des sociétés qui ont connu un développement économique, social, politique et une véritable révolution dans la pensée, avec l’introduction des méthodes d’analyse critique du discours écrit ou parlé, très différent. Les sociétés que l’on qualifie aujourd’hui de développées, au moins sur un plan socio-économique, qui sont les sociétés occidentales et qui se réclament d’un arrière-fond chrétien, sont effectivement très différenciées des sociétés de la culture musulmane contemporaines. Ces dernières en effet, pour une très large part, restent parfois ancrées dans une forme de sous-développement culturel et social, eu égard aux régimes politiques qui dominent ces sociétés. Le plus souvent, on a alors affaire à des sociétés tenues par des castes militaires dictatoriales, qui ne cherchent qu’à préserver leurs prébendes et leurs revenus captés sur une richesse publique non partagée.</p>
<p>Par ailleurs, il est difficile de parler d’un monde musulman qui serait une forme d’unité, ou qui formerait un seul bloc, comme le pensent avec trop de facilité de nombreux pays du monde occidental : en effet, ce monde est partagé, comme les autres, de courants et de mouvements divers, de cultures et de peuples très différents ; tout cela interdit à qui veut être un peu sérieux de considérer ces aires culturelles et politiques de façon trop sommaire et surtout de façon uniforme. Sans trop insister là-dessus, soulignons qu’il y a peu de rapport entre ce que fut le berceau de l’Islam, la péninsule arabique, et l’Islam indonésien, qui est le plus important en nombre, ou encore les mondes iranien, ou turc, ou encore maghrébin. Sans doute le lien religieux y est-il perçu comme une forme de parenté spirituelle, mais il reste que les pratiques sont souvent assez éloignées les unes des autres, les sensibilités aussi, car les terreaux culturels qui se sont progressivement imprégnés de l’Islam n’étaient au départ pas les mêmes, les langues aussi. Assurément, l’uniformisation des modes de vie religieux, de plus en plus formatés par une forme de multinationale islamique sous la tutelle du wahhabisme sacûdien, peut donner à croire à l’inverse. Il existe en effet une nette tendance à vouloir un effacement absolu des cultures propres de chaque pays avec le port d’un uniforme jugé comme « islamique » - le voile pour les femmes, quand il n’est pas intégral, et la barbe pour les hommes, le rejet de la musique et largement des arts visuels.</p>
<p>Les résistances semblent faiblir, mais pas de façon identique partout au sein de ces cultures musulmanes. Au regard des langues, il suffit de voir que la plupart du temps, le texte lui-même du Livre Sacré, qui est appris par cœur, n’est souvent généralement pas compris de ceux qui le ressasseront par la suite, sans même savoir ce qu’ils disent, un peu comme autrefois pour les formules de la messe en latin, connues par cœur, mais largement ignorées quant à leur signification. L’arabe comme langue coranique n’a pas toujours de rapport direct avec les arabes parlés aujourd’hui dans les différentes aires du monde musulman. Ainsi, l’arabe littéral parlé en Algérie par les élites politiques est très éloigné de l’arabe dialectal parlé par la masse algérienne : ce sont là deux mondes qui ne communiquent pas entre eux, ce qui permet à la sphère politique de capter pour elle seule les revenus du pouvoir. Nous le disions tout de suite, sans doute ces mondes musulmans sont-ils traversés par un sentiment vague et lointain d’appartenance commune à une même foi, partagée à travers une même langue canonique, la langue arabe, qui est celle qui porte la prière et les rituels de la pratique religieuse. Cette langue commune, réputée être celle dans laquelle Dieu a choisi de s’adresser à l’humanité par l’intermédiaire de son Prophète Muhammad, est devenue ainsi une langue sacrée et forme le ciment d’une quête toujours à venir vers la constitution d’une seule communauté des croyants, telle que la formatent via les réseaux de la toile ceux qui se veulent les censeurs du bon comportement islamique.</p>
<p>Il faut s’arrêter un peu sur cette dernière notion, qui est essentielle aux yeux des croyants et qui forme aussi une revendication majeure de certains courants que les musulmans qualifient eux-mêmes d’« extrémistes », mutat ’arifin : la Umma. Certains ont rattaché ce terme à l’idée de « matrice » à partir du mot arabe umm, qui signifie « mère ». Or, l’origine de ce terme semble devoir plutôt être recherchée dans l’hébreu ummâ, qui signifie « tribu », ou « peuple », le terme hébreu étant lui-même repris du sumérien. De fait, le terme courant en arabe pour exprimer ces mêmes notions est qawm. Si le terme umma est utilisé dans le Coran à plusieurs reprises, c’est seulement pour l’appliquer à certaines communautés ethniques, linguistiques, ou religieuses, qui sont l’objet du plan divin, donc en tout cas pas pour désigner systématiquement une communauté d’hommes « craignant Dieu ». De plus, l’emploi de ce terme umma dans le Coran ne semble pas avoir été postérieur à l’année 625, sans doute sous l’influence d’une structure politique qui avait tendance à devenir plus complexe, mêlant dorénavant musulmans et ceux qui dépendaient d’eux<sup>1</sup> . Reste qu’aujourd’hui la reconstitution de la Umma, avec en vue l’idée de renouer avec la perspective inégalée du gouvernement de Médine du vivant du Prophète, reste fortement implantée dans la conscience religieuse collective et sert aussi d’argument aux extrémistes de tout bord pour articuler leur revendication à plus de pureté, au rejet des valeurs occidentales venues corrompre la pureté d’un Islam fantasmé.</p>
<p>Tout cela permet alors de rendre compte de la difficulté qu’il y aura de vouloir apporter au sein de cultures qui ne se sont jamais véritablement appropriées et n’ont pu même s’approprier le concept de laïcité tel qu’il a pu se développer au sein d’un monde occidental de culture très largement chrétienne, qui ne peut paraître que comme un placage artificiel ; n’oublions pas que cela dut être le cas dans la France du début XXe siècle, une France largement restée traditionnelle et rurale, quand la loi de 1905 s’appliqua dans une France restée fondamentalement et populairement catholique. Il est donc absolument nécessaire de prendre garde que ce qui résulte de l’histoire culturelle des uns ne peut absolument pas, sous couvert d’une forme d’universalité prétendue, se transposer tel quel dans des sociétés traversées par d’autres cultures et qui n’ont pas porté ces mêmes expériences. Ce que l’on dit là de la laïcité pourrait également se dire de la démocratie parlementaire, jugée comme modèle valable pour tous pays et toutes cultures de façon universelle, sans tenir aucun compte de l’histoire et des cultures propres à chacun, qui ne peut intégrer les réformes de son propre système qu’à partir de son expérience propre et de son terreau culturel spécifique. Il suffit de regarder les illusions qui dominent encore largement certaines grandes puissances, qui ont voulu « démocratiser » par le biais d’une guerre « de libération », des terres absolument pas prêtes à comprendre et recevoir un discours à la fois ignorant et stupide, notamment en Irak, en Afghanistan, et on peut encore y rajouter aussi bien des pays d’Afrique, pas nécessairement musulmans.</p>
<p>Il est donc nécessaire pour nos cultures de se faire plus modestes, mais aussi de savoir mieux partager des valeurs importantes, car nos cultures n’ont pas absolument tout raté, ni démérité : l’on peut mettre à leur crédit l’idée de droits fondamentaux de l’être humain. Reste que nous n’en sommes cependant pas non plus devenus forcément les meilleurs promoteurs&#8230; Laissons maintenant de côté ces trop longs préliminaires, cependant nécessaires pour mettre l’esprit en éveil et l’appeler à la prudence et venons-en au thème qui nous rassemble ici, qui est celui d’une possible laïcité dans les mondes musulmans, coincée entre un malentendu linguistique et la difficulté dans laquelle sont les cultures musulmanes à s’ouvrir « aux fondements philosophiques et aux fonctions juridiques et culturelles de la laïcité », pour reprendre ici Mohammed Arkoun.<sup>2</sup></p>
<h2>- 1 - Le malentendu linguistique</h2>
<p>Il faut reconnaître que l’idée de laïcité a connu un départ difficile dans la langue arabe, car le premier terme choisi pour en exprimer l’idée par les élites occidentalisées de langue arabe à la fin du XIXe et au tout début du XXe siècle a été celui de lâdîniyya, qui ,traduit littéralement, signifie très exactement « pas de religion ». Le moins que l’on puisse dire est que le choix de ce terme était pour le moins maladroit et ne pouvait absolument pas recevoir l’adhésion tant des élites religieuses, souvent puissantes et respectées, que des masses souvent très peu cultivées, elles-mêmes largement encadrées par ces mêmes élites religieuses respectées par elles au plus haut point, car c’était elles qui assuraient leur encadrement tant juridique que moral. Les élites occidentalisées qui avaient eu recours à ce terme étaient elles-mêmes fortement éloignées de la majorité de la population, tant par leur niveau culturel, souvent acquis à l’aune des formations dans des écoles de type occidental et au contact des idées philosophiques et morales portées par leurs maîtres occidentaux. Le gouffre entre elles et les masses était devenu infranchissable et leur souci de promouvoir une modernisation sociale et politique à marche forcée, à l’imitation des pays puissants qui s’étaient fait leurs maîtres et leurs colonisateurs, les avait conduites à penser que l’Islam et son immobilisme étaient les facteurs du retard acquis, d’où l’idée un peu facile de se débarrasser des pesanteurs que la tradition et la religion avaient accumulées.</p>
<p>C’est ce contexte qui permet de comprendre pourquoi ce terme maladroit fut retenu. Maladroit, a-t-on dit, parce que l’Islam ne pouvait concevoir que l’on prône l’irreligion, surtout à un moment où il constituait souvent lui-même un facteur de réunion et de cohésion pour affronter la pression extrême des pays colonisateurs. Mais le mal était fait, d’une certaine façon. Aussi, bien que l’on soit amené à retenir un autre terme par la suite, celui d’ilmâniyya (terme formé sur le mot calam, qui désigne le monde sensible), que l’on pourrait traduire par « sécularisation », mais que les dictionnaires arabes traduisent toujours par « laïcité », qui est plus prudent et ne semble pas attaquer de front la religion ; mais les milieux religieux et traditionnels ont savamment entretenu l’amalgame entre laïcité et « athéisme », ou ilhâd, tel qu’ils avaient cru le percevoir à travers le premier terme qui refusait une place à la religion.</p>
<p>Un autre terme, qui n’est jamais utilisé au cœur de ce débat et qui serait pourtant utile est le terme arabe de dûniâwîyya, qui pourrait aussi assez exactement coller à l’idée de « sécularisation », ou de « mondanité », dans le sens de ce qui appartient au monde, ou au siècle. Reste que le débat reste toujours très vif au sein des milieux orthodoxes, mais aussi extrémistes, voire les milieux politiques soucieux de préserver leurs prébendes et se concilier l’assentiment et la bienveillance des autorités religieuses nationales (comme en Algérie ou au Maroc), quand bien même un troisième terme, cette fois-ci calqué sur un mot repris aux langues occidentales, est intervenu avec l’emploi aujourd’hui du mot laikiyya et de l’adjectif laikî. Ce dernier terme recèle lui-même souvent une vision moins « laïque » que celle que laisse supposer le mot : en effet, la notion emporte généralement au Maghreb la signification de ce qui représente l’ancien pouvoir des coloniaux et leur volonté de maintenir une forme d’emprise culturelle sur les populations.</p>
<p>Il provoque alors un rejet d’autant plus fort que, partagé tant par les élites nationales maghrébines que par les autorités religieuses, 1’lslam comme tel est bien ressenti comme un patrimoine indissociable et inaltérable des populations, sans lequel elles perdraient une bonne part de leur identité. C’est ainsi que toute velléité laïque se voit aussitôt dévaluée et dénigrée, car elle est vue comme une forme de mainmise de l’Occident sur des élites qui, pour certaines d’entre elles, sont considérées et surtout présentées comme ayant perdu leur âme pour accéder à des valeurs qui ne se reconnaissent plus comme proprement musulmanes. Il faut par ailleurs inscrire les tentatives de laïcisation de la vie politique et des sociétés dans le cadre de la décolonisation, le plus souvent conduite par des régimes qui ne sont rien moins que dictatoriaux, ou dans le cadre de réformes radicales qui ont largement obéré le sort du commun de la population avec beaucoup de promesses, mais trop peu de résultats tangibles et perceptibles ; aussi, le discrédit s’est-il durablement installé quant à toute tentative ultérieure de « modernisation » de la chose politique qui ne soit pas proprement musulmane.</p>
<p>En d’autres termes, les sociétés malmenées par des politiques coûteuses et généralement peu participatives se sont arc-boutées progressivement sur un rejet général de tout ce qui avait une couleur d’Occident, tout en aspirant à une même modernité qui implique une participation aux richesses et au bien-être, ce qui est pour le moins paradoxal ; ces populations ont reproché et continuent de reprocher aussi aux puissances appelées « occidentales » leur double discours les appelant à une modernisation politique avec une « démocratisation », tandis que ces mêmes régimes occidentaux se satisfaisaient et soutenaient fortement les régimes les moins démocratiques, comme on le voit encore aujourd’hui avec la politique française frileuse à l’égard du régime de Ben Ali en Tunisie, du roi du Maroc qui musèle aujourd’hui sa presse et a pourtant été consacré sans rougir par un ministre de la République française comme meilleur protecteur des droits de l’homme, ou encore en Algérie, tandis que l’on fait des risettes au régime baâthiste de la Syrie qui, pour être une puissance régionale, n’en est pas moins une dictature policière et militaire. Les arguments des extrémistes ont beau jeu de surfer très à l’aise sur cette hypocrisie réelle de ceux qui veulent leur faire la leçon. De fait, c’est le thème de l’irreligion qui est au cœur de l’ensemble des discours extrémistes, de l’extrémisme mou à l’extrémisme radical.</p>
<p>Il est d’autant plus en vogue que ce n’est pas tant l’idéal religieux qui est proposé qu’une forme de marque « franchisée » sur la toile aux couleurs d’un Islam devenu norme du bon comportement social. On retrouve au cœur des discours tenus par ces différents groupes des thèmes qui ont beaucoup emprunté à celui qui les inspira probablement tous, Sayyid Qutb (1906-1966), qui fut condamné à mort et pendu sous Nasser, et qui publia un commentaire du Coran, intitulé Fî zilâl al-qur ’ân, ou A l’ombre du Coran, texte qui reste un phare pour les divers mouvements extrémistes. Sayyid Qutb entendait en effet dans ce texte s’attaquer à la jâhiliyya, ou l’incroyance, l’ignorance, le paganisme et affirme que c’est là un combat « épuisant, épreuves terribles, persévérance dans la mission, affrontements avec le paganisme en affirmant ce que les puissants partout et toujours haïssent le plus au monde : ‘‘Il n’est de Dieu que Dieu’’ »<sup>3</sup> . Bien qu’en moins violent sans doute, c’est bien là la même chose qu’avait déjà annoncée le fondateur des Ikhwân al-muslimûn, ou Frères musulmans<sup>4</sup> , Hassan al-Banna (1906-1970) qui, au sortir de la seconde Guerre Mondiale, affirma que la cité d’Occident était en faillite et que son hégémonie arrivait à son terme ; devait alors lui succéder le triomphe de l’Islam : « Voici donc l’Occident : après avoir semé l’injustice, l’asservissement et la tyrannie, il est perplexe et gigote dans ses contradictions, il suffit qu’une puissante main orientale se tende, à l’ombre de l’étendard de Dieu sur lequel flottera le fanion du Coran, un étendard dressé par l’armée de la foi, puissante et solide, et le monde sous la bannière de l’Islam retrouvera calme et paix »<sup>5</sup> . Ce qui fait que chez lui, tout l’effort de laïcisation qui avait été fait au XIXe est contesté, car l’une des devises constantes des Frères musulmans sera « Le Coran est notre Constitution », bien que, dans l’analyse qu’il fait des régimes politiques existants, il semble finalement plus accommodant et « occidentalisé » qu’il ne le dit en principe, bien que chez lui, le thème de la nation posât toujours un réel problème, puisqu’il lutta contre le nationalisme arabe et lutta même contre la création du parti baâth (Résurrection), créé par Michel Aflaq en 1941. Mais c’est là un autre débat.</p>
<p><em>(à suivre)</em></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_2118" class="footnote">Sur le terme umma, on pense aujourd’hui que le mot a été emprunté à l’hébreu ummâ, qui signifie « tribu » ou « peuple » et qui et peut-être lui-même repris du sumérien, alors que le terme arabe courant pour exprimer ces mêmes notions est qawm. Si le Livre saint de l’Islam, le Qur ’an, utilise souvent le terme de umma, c’est seulement pour l’appliquer à certaines communautés ethniques, linguistiques ou religieuses qui sont l’objet du plan de salut divin. Il apparaît cependant aussi très clairement que le terme ne renvoie pas systématiquement à une communauté d’hommes « craignant Dieu », car ce même Livre mentionne aussi la présence de nombreuses communautés ainsi dénommées en enfer (Qur. VII, 38). Par ailleurs, l’emploi de ce terme dans le livre ne semble pas avoir été postérieur à 625, sans que l’on puisse véritablement expliquer pourquoi : peut-être parce que la structure politique était devenue beaucoup plus complexe, mêlant musulmans et ceux qui en dépendaient. Cf. à ce sujet les observations faites par W. M. Watt in La pensée politique de l’islam, P.U.F. (coll. Islamiques), Paris 1995, pp. 9-14 et R. Paret, art. « umma » in First Encyclopœdia of Islam 1913-1936, rééd. Brill, Leiden 1987, vol. VIII, pp. 1015-1016) ; également Louis Massignon, L’Umma et ses synonymes : notion de ‘‘communauté sociale’’ en Islam, in Revue des Etudes islamiques, 1941-1946, pp. 151-157.</li><li id="footnote_1_2118" class="footnote">Cf. Muhammad Arkoun, Islam, morale et politique, Desclée de Brouwer 1986, p. 48.</li><li id="footnote_2_2118" class="footnote">Cf. O. Carré, Mystique, le Coran des islamistes. Lecture du Coran par Sayyid Outb, frère musulman radical, Cerf réed. Paris 2004, appendice, P. 307.</li><li id="footnote_3_2118" class="footnote">Sur les Frères musulmans, on peut renvoyer à l’excellent petit ouvrage, malheureusement jamais republié, qui avait été proposé par O. Carré et G. Michaud, Les Frères musulmans (1928-1982), Gallimard/Julliard (coll. « Archives »), Paris 1983.</li><li id="footnote_4_2118" class="footnote">Cité in Abdelwahab Medded, La maladie de l’Islam, Seuil, Paris 2002, tiré de Nahwa l-mûr, ou Vers la lumière, texte écrit en 1946.</li></ol></td></tr></table>]]></content:encoded>
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		<title>Face à l&#8217;irrationnel paranoïaque en politique, interview de Rudy Reichstadt</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Sep 2010 21:59:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nicolas Pomiès</dc:creator>
		
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		<category><![CDATA[Société]]></category>

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		<respu:articleid>2114</respu:articleid>
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		<description><![CDATA[Interview exclusive de Rudy Reichstadt animateur du site &#8220;Conspiracy Watch - Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot&#8221;
ReSPUBLICA : Rudy Reichstadt, depuis 2007 vous êtes le maître d’œuvre d&#8217;un site Internet dont le but affiché est de &#8220;lutter contre un conspirationnisme pathologique qui se livre à toute une série de mystifications visant à  faire [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<table><tr><td><p>Interview exclusive de Rudy Reichstadt animateur du site &#8220;<a href="http://www.conspiracywatch.info/">Conspiracy Watch - Observatoire du conspirationnisme et des théories du complot</a>&#8221;<span id="more-2114"></span></p>
<p><strong><em>ReSPUBLICA :</em></strong><em> Rudy Reichstadt, depuis 2007 vous êtes le maître d’œuvre d&#8217;un site Internet dont le but affiché est de &#8220;lutter contre un conspirationnisme pathologique qui se livre à toute une série de mystifications visant à  faire passer en contrebande une camelote idéologique souvent  nauséabonde.&#8221; A lecture de vos publications, il semble que la matière ne  manque pas et que les théories du complot touchent un arc politique  toujours plus important dont on se demande si elles ne vont pas devenir  la norme ? Comment expliquez vous le succès rencontré par le  conspirationnisme ?</em></p>
<p><strong>Rudy Reichstadt :</strong> Effectivement, la matière ne manque pas. Pourtant, je ne suis pas assez pessimiste pour penser que le conspirationnisme est en passe de s’imposer comme la norme. C’est un phénomène qui a partie liée avec une certaine défiance à l’égard de la démocratie telle que nous la connaissons et je crois qu’il continue, pour l’essentiel, à demeurer marginal mais il ne faut pas perdre de vue qu’il a toujours été une tentation au cours de notre histoire contemporaine et jusque dans l’enceinte parlementaire. L’un des aspects les plus préoccupants de notre époque, me semble-t-il, c’est que des thèses à la fois fantaisistes et haineuses, qui étaient marginales ou l’étaient devenues, retrouvent une nouvelle vigueur. Aucune explication de ce phénomène ne peut faire l’impasse sur le rôle d’Internet, qui agit ici comme une sorte de caisse de résonance. En quelques clics, vous pouvez désormais vous retrouver en contact avec toutes sortes de propagandes dont vous auriez peut-être ignoré jusqu’à l’existence si vous ne vous étiez pas connecté.</p>
<p><strong><em>ReSPUBLICA :</em></strong><em> Comment expliquer que face à l&#8217;offre d&#8217;informations si importante sur Internet, un nombre croissant d&#8217;internautes finissent par  échouer sur des sites qui développent des thèses jusqu&#8217;ici marginales ?</em></p>
<p><strong>RR :</strong> Je crois que l’importance de l’offre d’informations sur Internet favorise les thèses conspirationnistes plutôt qu’elle n’immunise contre elles. Car on trouve tout sur Internet, et surtout, assez facilement ce qu’on est venu y chercher. Cela peut donc fonctionner comme une machine à renforcer vos croyances. A cela s’ajoute ce que le sociologue Gérald Bronner appelle la « libéralisation du marché cognitif ». Par analogie avec le marché des biens et des services en économie, on assisterait à une mise en concurrence des produits cognitifs (savoirs, informations, croyances, rumeurs et donc, aussi, théories du complot), avec des phénomènes de monopoles ou d’oligopoles. Le mouvement démocratique a accompagné cette multiplication des offres cognitives. Internet ne fait qu’accélérer le phénomène.</p>
<p><strong><em>ReSPUBLICA </em></strong><em>: Doit on penser que les internautes assidus seraient plus enclin à sombrer dans la paranoïa, soit par faiblesse intellectuelle, ou parce qu&#8217; Internet serait l&#8217;exutoire anonyme de leurs fantasmes idéologiques jusqu’ ici refoulés ? </em></p>
<p><strong>RR :</strong> Il y a de ça. Avec l’anonymat que rend possible Internet, on peut dorénavant « se lâcher » en toute impunité. Peut-être existe-t-il un lien entre le temps passé sur Internet et la propension à adhérer à une théorie du complot mais ça ne me paraît pas du tout primordial, même si j’ai tendance à croire qu’on est mieux armé face à toutes ses choses lorsque le Net n’est pas notre seule source de connaissance. A cet égard, je crois qu’il est urgent que les jeunes - dont beaucoup font littéralement leur éducation sur Internet - en autodidactes, soient formés à l’utilisation de l’outil Internet. L’enseignement secondaire doit non seulement proposer une alternative à l’ordinateur (les livres par exemple, ça n’a jamais fait de mal) mais aussi apprendre aux élèves à se servir d’Internet, à distinguer entre les sources fiables et le reste.</p>
<p><strong><em>ReSPUBLICA :</em></strong><em> On assiste à la reprise de théories du complot (11-Septembre, Bilderberg, tremblements de terre déclenchés par les Etats-Unis, « complot sioniste », etc.) par certains gouvernements, puis par des militants de tous bords. Sur &#8220;<a href="http://www.conspiracywatch.info/">Conspiracy Watch</a></em><em>&#8221;, vous relevez par exemple que Fidel Castro a récemment relayé des thèses apparues à l&#8217;origine au sein de groupes anticommunistes. Le conspirationnisme abolie les frontières idéologiques, comment expliquer ce phénomène ?</em></p>
<p><strong>RR :</strong> D’abord, il faut bien avoir à l’esprit que le conspirationnisme est un mode de discours très répandu : qui n’a jamais émis une hypothèse conspirationniste, même sans forcément y croire, par jeu ou même pour se faire mousser dans une discussion ?<br />
Ensuite, il convient de préciser que le discours complotiste peut être mis au service de camps politiques très différents, voire diamétralement opposés. Par exemple, il n’y a rien de commun, a priori, entre un conservateur polonais accusant la Russie d’avoir abattu l’avion du président Lech Kaczynski, un animateur de Fox News suggérant que Barack Obama aurait menti sur son certificat de naissance, ou un documentariste essayant d’expliquer que Pierre Bérégovoy et Lady Di auraient été assassinés. Pourtant, tous ont recours au même type de raisonnement (« à qui profite le crime ? » ; « pas de fumée sans feu » ; etc.) et, souvent, au même type de rhétorique consistant à inverser la charge de la preuve.</p>
<p>Quant au cas que vous citez, il est très symptomatique d’un anti-impérialisme démonologique qu’on rencontre aussi bien à l’extrême droite qu’à l’extrême gauche. Il consiste, pour l’essentiel, à faire porter la responsabilité de tous les maux de la planète (guerres, crise économique, terrorisme, catastrophes naturelles, morts naturelles ou accidentelles réinterprétées comme des assassinats politiques, etc.) à une élite maléfique et, à travers elle, aux Etats-Unis et, presque systématiquement, à Israël. Le phénomène n’est pas nouveau. La convergence entre « rouges » et « bruns » est un fait historique bien documenté. Aujourd’hui, dans l’espace francophone, elle est particulièrement visible sur certains réseaux « Indymedia » et au sein de la nébuleuse conspirationniste animée par le Réseau Voltaire où l’on assiste à un phénomène d’hybridation entre la vieille théorie du complot juif – clairement assumée sur les médias islamistes, comme la chaîne de télévision avec laquelle travaille Meyssan –, la théorie du complot « sioniste », qui n’en est que l’avatar contemporain (le « sionisme » étant fantasmé comme un véritable projet de domination mondiale tentaculaire), et la thèse dite du « Nouvel Ordre Mondial » sur laquelle chacun projette ses propres fantasmes. Tous se voient comme des « résistants » et, au nom de cette résistance, tout leur semble permis, y compris les alliances les plus improbables. Ils n’ont pas de projet commun ? Qu’à cela ne tienne : ce qui les réunit, c’est une haine commune. En témoigne la diversité des parcours de ceux qui gravitent autour de l’humoriste Dieudonné : non seulement le gratin de l’extrême droite hexagonale, mais aussi des suprématistes noirs, des islamistes, des anciens militants communistes, trotskistes ou écologistes, des négationnistes, des anti-vaccinations et même la secte de Raël.</p>
<p><strong><em>ReSPUBLICA :</em></strong><em> Votre site fait un important travail de veille et de recensement, mais n&#8217;êtes-vous pas isolé sur la toile pour allumer des contre feux afin d&#8217;éviter la propagation de ces maladies du net ?</em></p>
<p><strong>RR :</strong> Oui. Je regrette que nous ne soyons pas plus nombreux, mais hélas, je crois que c’est la loi du genre. Relayer une « bonne » théorie du complot, c’est à la fois plus facile et plus attrayant que de les critiquer. D’autant que critiquer une théorie du complot, c’est être systématiquement accusé de prendre la défense d’une thèse qualifiée d’« officielle » et par conséquent suspecté d’être à la botte des « médias-qui-mentent » et du « gouvernement-qui-manipule ». C’est pourquoi le rapport entre le nombre de sites dits de « debunking » et le nombre de sites conspirationnistes doit être de 1 à 10. Cependant, il faut mentionner sur Internet l’existence d’un site comme Hoaxbuster dont l’équipe a été pionnière dans le démontage des rumeurs, des légendes urbaines et des intox qui circulent sur le Net. Il faut, évidemment, rappeler que la presse professionnelle dite « mainstream » fait, dans l’ensemble, son travail : Le Monde, Libération, Rue89, Le Point et d’autres titres se sont par exemple tous penchés à un moment ou un autre sur les attentats du 11-Septembre en proposant une information de qualité sur cet événement et en démontant les rumeurs complotistes propagées par Thierry Meyssan par exemple – dont il faut rappeler qu’il a écrit un livre sur les attentats sans mettre un seul pied sur le sol des Etats-Unis.</p>
<p><em>Propos recueillis par Nicolas Pomiès</em></p>
</td></tr></table>]]></content:encoded>
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		<title>Mouvement de libération national et progressisme</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Sep 2010 21:47:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hakim Arabdiou</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Débats]]></category>

		<category><![CDATA[International]]></category>

		<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Il est fréquent de constater la confusion chez un grand nombre de militants de gauche, d’intellectuels, d’universitaires ou de simples citoyens… qui fait qu’ils attribuent automatiquement la qualité de progressiste à tout parti politique du seul fait qu’il soit engagé dans un Mouvement de libération nationale.
Qu’est-ce qu’un Mouvement de libération nationale ?
C’est un parti ou un [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<table><tr><td><p>Il est fréquent de constater la confusion chez un grand nombre de militants de gauche, d’intellectuels, d’universitaires ou de simples citoyens… qui fait qu’ils attribuent automatiquement la qualité de progressiste à tout parti politique du seul fait qu’il soit engagé dans un Mouvement de libération nationale.<span id="more-2112"></span></p>
<h2>Qu’est-ce qu’un Mouvement de libération nationale ?</h2>
<p>C’est un parti ou un ensemble de partis qui participent à la lutte (souvent armée, mais pas nécessairement) pour la libération de  leurs pays de l’envahisseur étranger. C’était le cas hier en Afrique, en Asie… C’est le cas aujourd’hui des organisations palestiniennes laïques telles que le Fatah, le Parti du peuple palestinien (communiste), le Front démocratique de libération de la Palestine et le Front populaire de libération de la Palestine (tous deux d’extrême gauche) ; ou des organisations intégristes telles que le Hamas et le Djihad islamique en Palestine, les laïques du Parti communiste libanais et les intégristes du Hezbollah au Liban.</p>
<p>Mais qu’en est-il de leur nature de classes, de leurs doctrines  respectives ? Il est clair que le Hamas, le Djihad islamique (après avoir longtemps été au service d’Israël), et le Hezbollah libanais (inféodé comme eux à la Syrie et à l’Iran) sont des partis dont le projet de société est celui d’une Palestine et d’un Liban théocratiques et d’inégalités sociales criantes… En plus du fait qu’ils combattent Israël, sur une base ethnico-religieuse, et non sur la base des valeurs humaines universelles et sur celle des droits de l’Homme.</p>
<p>C’était hier également le cas de la participation, pleine et entière mais minoritaire, d’organisations de la bourgeoisie française à la résistance antinazie, et incarnées par Charles de Gaulle. Ces dernières appartenaient bel et bien au Mouvement de libération nationale de la France. Mais étaient-elles progressistes ? Pas du tout. Elles étaient pires : des colonialistes. Ils pratiquaient contre les peuples colonisés une barbarie de même nature que celle des nazis, même si elle n’était pas de même degrés.</p>
<h2>De la contradiction principale</h2>
<p>Quelle devrait être alors notre position, à nous, républicains de gauche, laïques et féministes à l’égard du Hamas, du Djihad islamique et du Hezbollah, pour prendre des exemples actuels ?</p>
<p>Notre lutte implacable contre l’islamisme ne doit pas nous aveugler au point d’oublier quel est l’ennemi principal du peuple palestinien : Israël. De même que l’ennemi (israélien) de mon ennemi (islamiste) n’est pas forcément mon ami. L’inverse est également vrai.</p>
<p>Par conséquent, notre position doit être arrêtée d’abord en fonction de la nature de la contradiction principale qui traverse la société palestinienne. C’est depuis plus de soixante ans celle qui oppose la très grande majorité du peuple palestinien à l’occupant étranger. Parce conséquent, les coups, d’où qu’ils viennent, qui sont portés à Israël, affaiblissent son potentiel politique, militaire, économique et diplomatique, et le rendent de ce fait plus vulnérable aux pressions de la communauté internationales, afin de hâter l’avènement d’un Etat palestinien.</p>
<p>Ceci dans le principe. Car la fin ne justifie pas toujours les moyens. Nous sommes pour cette raison opposés par exemple aux attentats kamikazes contre les civils juifs israéliens, quelle que soit l’organisation palestinienne qui les commet.</p>
<p>Ceci en raison des principes humanistes, qui nous animent, et qui doivent animer la  cause palestinienne. Sinon, les organisations palestiniennes qui les commettent - c’est déjà le cas du Hamas et du Djihad islamique - partageraient le même mépris de la vie humaine que les dirigeants politiques et militaires israéliens.</p>
<p>Ensuite, parce que ce type d’attentats est contre-productif. Ils suscitent chez l’opinion publique mondiale un élan naturel de compassion envers les victimes, parmi les enfants, les femmes et les civils juifs israéliens en général …</p>
<p>Aux yeux de l’opinion, ces actions ne sont pas des actes de résistance, mais des crimes. A juste titre ! Or, la cause palestinienne a un besoin crucial de soutien de cette opinion.</p>
<p>C’est cette dernière, dont celle des pays occidentaux, qui est de plus en plus sensible au drame du peuple palestinien, et qui finira par peser graduellement sur ses dirigeants pour les amener à mettre fin à l’impunité d’Israël, à lui infliger des sanctions méritées, à lui faire payer le prix de l’occupation, jusqu’à l’obliger à instaurer la paix avec les Palestiniens.</p>
<p>C’est d’ailleurs la même opinion publique qui avait exprimé sa vive désapprobation du massacre de grande ampleur que l’armée israélienne avait commis à Gaza, en janvier 2009.</p>
<h2>De la contradiction secondaire</h2>
<p>Néanmoins, la société et les organisations de résistance palestiniennes sont traversées par une autre contradiction, secondaire, celle-là.</p>
<p>Ce type de contradiction, à  cette étape du Mouvement de libération nationale palestinien, porte sur l’hégémonie politico-idéologique sur le front de lutte contre Israël. En effet, chaque organisation de résistance palestinienne aspire aussi à se placer à la tête de ce front de lutte, du moins disposer d’un poids suffisant pour peser le plus possible - avant tout - sur la nature du régime politico-institutionnel du futur Etat palestinien : un régime démocratique et laïque ou moderniste ? ou un régime théocratique islamiste et capitaliste primaire ?</p>
<p>Bien évidemment, de par nos idéaux de justice et en tant qu’humaniste, notre soutien va sans équivoque vers les organisations non islamistes : les organisations palestiniennes laïques, a fortiori de gauche, ainsi qu’à l’ensemble de la société civile progressiste et laïque palestinienne ; tout en dénonçant les agissements  des intégristes palestiniens chaque fois qu’ils nous paraissent attenter aux droits de l’Homme ou aux valeurs humaines universelles, que ce soit dans la lutte contre Israël ou contre le peuple palestinien lui-même.</p>
</td></tr></table>]]></content:encoded>
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		<title>Colonialisme et propagation de la foi</title>
		<link>http://www.gaucherepublicaine.org/a-lire-a-voir-a-ecouter/colonialisme-et-propagation-de-la-foi/2107</link>
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		<pubDate>Wed, 01 Sep 2010 21:37:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre Guidi</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[A lire, à voir ou à écouter]]></category>

		<category><![CDATA[Histoire]]></category>

		<category><![CDATA[Religions]]></category>

		<category><![CDATA[lettre 640]]></category>
		<respu:articleid>2107</respu:articleid>
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		<respu:topcategoryname>A lire, à voir ou à écouter</respu:topcategoryname>
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		<description><![CDATA[Le colonialisme est-il missionnaire par essence ? Vingt-cinq historiens enquêtent sur le rôle des religions dans les processus de colonisation entre le XVIe et le XXe siècle. En couvrant une chronologie et une géographie très étendues, cet ouvrage collectif rompt avec les approches simplificatrices.
Recensé : Borne Dominique, Falaize Benoit (dir.), Religions et colonisation. Afrique, Asie, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<table><tr><td><p>Le colonialisme est-il missionnaire par essence ? Vingt-cinq historiens enquêtent sur le rôle des religions dans les processus de colonisation entre le XVIe et le XXe siècle. En couvrant une chronologie et une géographie très étendues, cet ouvrage collectif rompt avec les approches simplificatrices.<span id="more-2107"></span></p>
<blockquote><p><em>Recensé : Borne Dominique, Falaize Benoit (dir.), Religions et colonisation. Afrique, Asie, Océanie, Amériques. XVIe – XXe siècle, Paris, Les Éditions de l’Atelier, IESR, INRP, 2009, 328 p.</em></p></blockquote>
<p>Religions et colonisation est un ouvrage de synthèse historique sur la place et le rôle des religions dans le processus colonial, dans lequel vingt-cinq chercheur(e)s rendent compte des avancées importantes accomplies en ce domaine ces quatre dernières décennies. L’objectif étant de lier la recherche à la pratique de l’enseignement, l’effort de synthèse se double ici d’une réflexion sur la place occupée par ce thème dans les programmes scolaires français et sur la manière dont il est abordé. Comme les titre et sous-titre l’indiquent, les auteurs se situent dans une perspective large. Des premiers empires (XVIe – XVIIIe) à l’impérialisme (XIXe – XXe), jusqu’aux décolonisations, l’ensemble des territoires passés sous domination européenne est pris en compte. Comme le laisse deviner le terme « religions » au pluriel, le répertoire considéré s’étend des religions des puissances coloniales – catholicisme et protestantisme –, à celles des sociétés colonisées – islam, bouddhisme, religions locales africaines, amérindiennes etc. Par ailleurs, à la vision traditionnelle univoque qui situe presque exclusivement le rôle de la religion au sein de l’élan colonisateur dans une perspective européenne, les auteurs ont privilégié la multiplicité des approches, afin de rendre compte de la complexité des rapports entre religions et colonisation. À travers vingt-deux articles qui favorisent tantôt un angle large ou comparatif, tantôt l’étude au plus près de cas particuliers, le lecteur est agréablement invité à des changements d’échelles et se voit plongé tant au sein de l’histoire de l’Europe coloniale que de celle des sociétés colonisées.</p>
<h2>Les rapports ambigus des missions et de l’État colonial</h2>
<p>Si elles semblent à première vue constituer les deux volets d’une même domination, il convient de distinguer missions et colonisation, et ne pas présumer une imbrication parfaite entre l’Église, les ordres missionnaires et le pouvoir politique. Si l’État colonial peut apparaître comme le protecteur naturel de la mission, plusieurs contributions démontrent au contraire qu’en situation coloniale, des convergences et divergences d’intérêts diverses selon les temps et les lieux ont donné naissance à des relations complexes, faites de collaborations, d’accommodements et de conflits. L’ambigüité de ces rapports traverse toute la longue période coloniale.<br />
Une chronologie d’ensemble peut toutefois être dégagée. Lors de l’expansion conquérante des monarchies ibériques en Amérique à l’époque moderne, les deux mouvements de colonisation et de mission sont allés de pair et ont été inséparables. L’institution religieuse et le pouvoir étaient alors intimement liés, la religion a servi de « cadre conceptuel » et l’Église a participé activement à la domination coloniale (Charlotte de Castelnau-L’estoile). En 1622, l’Église a cependant décidé d’affirmer son indépendance vis-à-vis des pouvoirs politiques en créant la Propaganda Fide, ministère chargé de promouvoir les missions. Cela étant, tout au long de l’histoire coloniale, ce n’est pas la règle mais les réalités du terrain et le pragmatisme qui ont déterminés les relations entre les pouvoirs spirituels et politiques.<br />
À partir du XIXe siècle, dans un contexte de compétition entre les puissances impérialistes, les missionnaires, qui avaient souvent précédé la colonisation, sont devenus des relais potentiels de l’influence nationale (Claude Prudhomme). Voilà pourquoi la laïcité n’a pas été « un article d’exportation de la république coloniale », qui a au contraire bien souvent soutenu les missions (Patrick Cabanel). Le pouvoir politique a cherché à placer ces dernières dans une position subordonnée et à les instrumentaliser, avec plus ou moins de réussite. Tantôt la compétition entre les puissances impérialistes a pu se refléter dans les rivalités entre les missions, notamment catholiques et protestantes ; tantôt l’Église mettait en garde les missionnaires de ne pas ouvrir la voie à la domination politique de leur pays, tandis que sur le terrain, des religieux s’opposaient à la subordination et à l’assimilation de la mission aux autorités coloniales. Après une période de collaboration relativement étroite de la moitié du XIXe siècle à 1914, l’entre-deux-guerres a vu une déconnexion progressive et après la seconde guerre mondiale, les Églises ont accompagné les luttes de libération et les indépendances, aux colonies comme dans les métropoles. Ainsi, des intellectuels catholiques français se sont engagés pour la décolonisation à partir de la guerre d’Indochine en s’opposant à la guerre menée par leur gouvernement (Sabine Rousseau).<br />
Le protestantisme occupe quant à lui une place particulière, dans le sens où il s’est répandu à la faveur de l’avancée européenne mais de manière plus décentralisée, sans le soutien des États mais avec les philanthropes, les explorateurs, les négociants. À la différence du catholicisme, il était sans projet colonial et animé d’une vision universaliste (Jean-François Zorn)<sup>1</sup> .</p>
<h2>Typologie occidentale des religions et attitudes missionnaires</h2>
<p>Mais en dépit de ces relations ambigües, le fait religieux est demeuré un moteur idéologique absolument essentiel. Depuis l’Occident, le regard porté sur les peuples colonisés était déterminé par leurs croyances. La hiérarchie des races était en effet corrélée à une hiérarchie des religions : le christianisme en haut de l’échelle était la religion des peuples civilisés, venaient ensuite, dans l’ordre, les religions orientales (bouddhisme, religion annamite, confucianisme, hindouisme), puis l’islam et son « faux prophète » ; enfin, tout en bas, les religions « fétichistes ». Telle était la taxinomie des religions diffusée par les programmes scolaires de la Troisième République entre 1881 et 1914 (Benoit Falaize). En conséquence, le sens commun européen percevait l’avancée du christianisme comme une avancée de la civilisation. Pourtant, sur le terrain, le pragmatisme a dominé, pouvoir colonial et missions ont eu des attitudes diverses vis-à-vis des religions locales, qui ont pu être niées, combattues, tolérées ou encadrées selon les cas.<br />
Il est possible de dégager plusieurs figures de missionnaires. Certains ont participé à la domination coloniale et dès l’époque moderne au système esclavagiste, comme en Amérique et dans les « vieilles colonies » françaises. D’autres, tels Las Casas ou le pasteur Maurice Leenardt, étaient partie prenante du système colonial mais se considéraient comme un rempart naturel contre ses abus. C’est pourquoi selon l’auteur, ils justifiaient paradoxalement la mise en sujétion des indigènes tout en se faisant leurs défenseurs. Le père Honoré Laval, était quant à lui un adversaire acharné de la colonisation (Claire Laux).</p>
<h2>Les religions des colonisés : rejets, appropriations et nationalismes</h2>
<p>En ce qui concerne l’attitude des colonisés qui ont été l’objet de tentatives de christianisation, chronologie et géographie dévoilent des situations diverses. Ils ont pu être hostiles aux missionnaires, voir en eux une ressource face aux colons civils, entretenir des relations faites de compromis ou vivre franchement en bonne entente. Si les modes de réception du christianisme sont allés du rejet à l’acceptation, l’approche anthropologique qui s’intéresse aux processus d’acculturation permet de dévoiler que le phénomène le plus répandu a été celui de l’appropriation. Les colonisés n’ont jamais été, comme il a été trop souvent pensé, des victimes apathiques. Le christianisme n’a pas été inculqué par des passeurs actifs à des receveurs passifs. En fonction de leur propre terreau religieux et culturel, les colonisés ont assimilé, réinterprété, transformé la religion transmise, sous forme de dérivations créatives. En outre, l’institution religieuse est entrée dans les stratégies de mobilité sociale des dominés. Dans les sociétés coloniales racialement discriminantes, adopter la religion chrétienne rapprochait du « blanc ». Entrer dans le clergé permettait de s’élever socialement, bien que la frontière coloniale ait fonctionné à plein au sein du clergé, les postes d’autorité étant fermés aux indigènes. En abordant la mission sous l’angle du genre, Rebecca Rogers dévoile le rôle important joué par les femmes missionnaires, trop souvent occulté, et montre qu’il y a encore beaucoup à apprendre sur les femmes colonisées et la religion.<br />
Pour finir, plusieurs contributions mettent en exergue le rôle des religions dans la formation des nationalismes, leur fonction de ressource mobilisable pour les résistances et les luttes de libération. Claire Thran Thi Liên souligne comment, en Indochine, le bouddhisme a participé à la formation du discours nationaliste khmer. Gilbert Meynier démontre comment l’islam a été un élément central de la constitution du nationalisme algérien et comment, sous le pouvoir du FLN, il est devenu un des constituants définissant la nation. Ironiquement enfin, la religion des colonisateurs, réinterprétée, a parfois été retournée contre eux, comme par exemple au Brésil dès la fin du XVIe siècle avec la révolte de la « santidade de Jaguaripe » (Charlotte de Castelnau-L’estoile).</p>
<h2>Questions pédagogiques</h2>
<p>La question de l’enseignement des religions et de la colonisation fait l’objet de deux articles. L’un historique, par Benoît Falaize, sur l’école de la Troisième République entre 1881 et 1914 ; l’autre, de Françoise Lantheaume, sur les programmes et les manuels scolaires aujourd’hui. Par ailleurs, à la fin de chaque partie, Benoit Falaize et Anne Rebeyrol proposent des bilans sur les « aspects pédagogiques » impliqués par les articles. Plusieurs traits peuvent être dégagés. Au regard du rôle fondamental joué par les religions dans le processus colonial, la place qui leur est consacrée dans les programmes scolaires est relativement faible. Ensuite, lorsque la question est traitée, elle l’est trop rapidement et les avancées de la recherche tardent à se traduire dans les manuels. La religion musulmane fait toujours l’objet de représentations péjoratives et stéréotypées (Françoise Lantheaume) : l’image extrêmement négative forgée par les manuels scolaires de la Troisième République n’a pas été totalement extirpée un siècle plus tard. L’islam est souvent présenté aujourd’hui comme « un islam « contre », qui constitue un bloc de civilisation négative contrastant avec l’Inde ou la Chine » (Françoise Lantheaume / Daniel Rivet). D’autre part, le christianisme est parfois considéré comme une source de « modernité », face à des religions autochtones rejetées dans le « traditionnel », opposition binaire qui reproduit la hiérarchisation des croyances. En dépit de distanciations critiques fréquentes et bienvenues, la perspective est encore trop généralement occidentale et la religion considérée seulement comme le « bras idéologique » de l’expansion européenne. La critique de l’imposition du christianisme et de la « mission civilisatrice » souffre aussi d’un manque de contextualisation. Il ne faut pas en effet perdre de vue que « le racisme de fait de l’Église était partagé par l’immense majorité de la société et&#8230; par l’anthropologie. Sa condamnation implicite occulte ce fait » (Françoise Lantheaume).<br />
En dépit de progrès évidents que les auteurs ne négligent pas, certaines des représentations héritées de la colonisation sont tenaces. Religions et colonisation offre des pistes pour nous diriger plus franchement vers l’enseignement d’une histoire qui prenne en charge la complexité et la richesse des dynamiques religieuses sous la colonisation. Lorsqu’il s’agit d’histoire coloniale, les enjeux politiques et sociétaux sont importants. À cet égard, cet ouvrage est un outil précieux, d’abord à l’usage des enseignants, ce qui est sa destination affichée, mais aussi de tous les non-spécialistes, historiens ou non. En proposant des entrées multiples, il permet à la fois de décentrer le regard et de couper court aux généralisations hâtives, sources de visions tronquées des phénomènes étudiés et de reproduction des stéréotypes qui entachent la vision de l’autre. En restituant la place et le rôle de tous les acteurs de la colonisation, colonisateurs et colonisés, hommes et femmes, il oppose à une vision univoque et déformante l’extrême diversité des situations.<br />
Documents joints</p>
<p><a href="http://www.laviedesidees.fr/IMG/pdf/20100712_religionscolonisation.pdf">Colonialisme et propagation de la foi (PDF - 184.3 ko)</a></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_2107" class="footnote">Note de la rédaction : à l’encontre de cette opposition radicale entre les attitudes catholiques et protestantes face au colonialisme, cf. Cañizares-Esguerra, Jorge, Puritan Conquistadors, Iberianizing the Atlantic, 1550-1700, Stanford, Stanford University Press, 2006.</li></ol></td></tr></table>]]></content:encoded>
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		<title>Prendre le pouvoir pour mener une révolution républicaine : les gauches ne sont  malheureusement pas prêtes !</title>
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		<pubDate>Tue, 24 Aug 2010 22:52:43 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Évariste </dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Chronique d'Evariste]]></category>

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		<category><![CDATA[lettre 639]]></category>
		<respu:articleid>2029</respu:articleid>
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		<description><![CDATA[Trois ans après une victoire retentissante de la droite césaro-libérale aux dépens de la gauche social-libérale, nous sommes dans une ambiance de fin de règne sans grande perspective. Le vieux se meurt que le neuf n&#8217;est pas encore là&#8230; dirait Antonio Gramsci.
Cette victoire césaro-libérale fut atteinte grâce aux votes de plus de 46 % des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<table><tr><td><p>Trois ans après une victoire retentissante de la droite césaro-libérale aux dépens de la gauche social-libérale, nous sommes dans une ambiance de fin de règne sans grande perspective. Le vieux se meurt que le neuf n&#8217;est pas encore là&#8230; dirait Antonio Gramsci.<span id="more-2029"></span><br />
Cette victoire césaro-libérale fut atteinte grâce aux votes de plus de 46 % des couches populaires votantes (ouvriers et employés) et surtout des 3 millions de voix d&#8217;avance de Nicolas Sarkozy auprès des personnes âgées de plus de 60 ans. À noter que cette victoire fut acquise avec le plus faible  pourcentage de voix chez les couches moyennes de tous les candidats de droite à ce type d&#8217;élection.<br />
Trois ans plus tard, peut-on dire que la gauche a travaillé pour accroître son impact dans les couches populaires majoritaires dans le pays (rappelons que François Mitterrand fit en 1981 41 % au premier tour et plus de 75 % au second !) et chez les personnes âgées de plus de 60 ans ? Que nenni puisqu&#8217;elle continue de s&#8217;adresser principalement aux couches moyennes qui ne représentent que 42 % de la population !</p>
<h3>Tour d&#8217;horizon</h3>
<p>1/ Nous avions déjà une justice de classe qui faisait semblant de ne pas l&#8217;être. Nous avons aujourd&#8217;hui une justice ouvertement au service des puissants. Voilà un procureur de la République qui met 4 personnes de l&#8217;entourage de Liliane Bettencourt en garde à vue… pour bloquer une machine judiciaire qui pourrait compromettre les puissants de ce monde.<br />
Il faut comprendre que cette méthode permet au pouvoir politico-économique d&#8217;avoir une connaissance globale et totale du dossier, d&#8217;emmagasiner les documents et les preuves pour les « geler » et les soustraire selon « leur bon plaisir »  à tout juge d&#8217;instruction indépendant. Car, bien sûr, l&#8217; « honorable » procureur de la République ne défère aucun des « gardés à vue » devant un juge d&#8217;instruction et peut refuser la transmission des pièces à tout juge d&#8217;instruction sur une affaire connexe. Elle est belle notre justice !</p>
<p>2/ Les annonces tonitruantes sur les déchéances de nationalité, la pénalisation des parents d’enfants délinquants, le retour forcé des Roms, etc. , sont bien entendu destinés à récupérer un certain électorat; mais la parole d’un chef d’État ou d&#8217;un gouvernement n’est pas anodine <sup>1</sup> et la gauche républicaine ne peut se contenter d&#8217;en traiter comme d&#8217;un phénomène secondaire ou d&#8217;un écran de fumée. Lorsque l&#8217;exécutif cherche à tordre le droit de la République pour répondre aux inquiétudes des citoyens relatives à la sécurité, il faut se préparer à opposer à sa « légalité » le concept de pouvoir illégitime.</p>
<p>3/ Nous savions déjà que l&#8217;attaque sur les retraites ne se justifiait que pour maintenir un taux de profit pour les puissants de ce monde et dénoncé les dogmes  utilisés par les néo et sociaux-libéraux (« il y a un problème de démographie », « il ne faut pas toucher à la répartition des richesses », etc.<sup>2</sup><br />
Eh bien, grâce aux sociaux-libéraux, un vote pro-gouvernemental sur les retraites a pu avoir lieu le 1er juillet dernier à la <a href="http://www.ufal.info/sante-protection-sociale/veille-sante-de-lete-2010-en-bref/1390">Caisse Nationale d&#8217;Assurance Maladie des Travailleurs Salariés (CNAMTS) par 15 voix contre 14</a>.</p>
<p>4/ Nous savions que l&#8217;attaque pour la marchandisation, la privatisation des profits et la socialisation des pertes contre la protection sociale solidaire serait globale et que leur but est de tuer le principe de solidarité qui a inspiré les décisions du Conseil national de la résistance<sup>3</sup> . Nous savons à présent, grâce au rapport du 23 juin dernier de la mission parlementaire présidée par Valérie Rosso-Debord, députée de la droite néolibérale, qu&#8217;une privatisation massive est programmée dans le dossier de la dépendance : suppression de l&#8217;Allocation personnelle d&#8217;autonomie (APA), refus d&#8217;une prise en charge par la Sécu et son remplacement par un contrat d&#8217;assurance privée obligatoire auprès des organismes de l&#8217;Union nationale des organisations complémentaires à l&#8217;Assurance Maladie <sup>4</sup> . Le tout matiné par la charité institutionnalisé pour les plus pauvres afin de limiter un peu l&#8217;accroissement exponentiel prévisible des inégalités sociales de dépendance que va produire cette contre-réforme régressive.</p>
<p>En outre, nous avons vu dans la presse économique la ministre de l&#8217;Économie avouer que le gouvernement avait renoncé à appliquer une des promesses du candidat Nicolas Sarkozy,  à savoir la revalorisation de l&#8217;Allocation adulte handicapé (AAH) de 25 % en 5 ans, promesse  qui n&#8217;était pourtant pas le nirvana !</p>
<p>5/ Nous savons que le gouvernement s&#8217;apprête à supprimer dans l&#8217;École 16 000 postes en 2010 et 17 000 en 2011, ce qui va affaisser son rôle et augmenter les inégalités sociales éducatives.</p>
<p>6/ Nous savons que Nicolas Sarkozy s&#8217;apprête à passer en force à l&#8217;Assemblée nationale sur le dossier de la réforme territoriale et même de revenir sur les votes du Sénat.</p>
<p>7/ Nous savons que le gouvernement continue de favoriser le transport routier et autoroutier en refusant d&#8217;internaliser les coûts externes environnementaux des transports de marchandises. Nous savons que le gouvernement s&#8217;apprête à diviser par trois les aides au transport combiné (96 millions d&#8217;euros en 2002). Nous savons que la droite a supprimé 10 000 emplois dans le frêt. Nous savons que le gouvernement veut abandonner la majorité de l&#8217;activité wagon isolé ce qui supprimera 255 000 wagons de marchandises sur la route (ce qui correspond à 1,2 millions de véhicules poids lourds et à 300 000 tonnes d&#8217;équivalents CO2). Nous savons que ce gouvernement ne veut pas taxer les poids lourds ni développer les installations ferroviaires et les plate-formes pour le transport de proximité. Nous savons que le gouvernement ne veut pas investir dans l&#8217;innovation technologique et structurelle.</p>
<h3>Et pendant ce temps-là&#8230;</h3>
<p>La crise économique et financière fait des ravages dans les couches populaires, dans les couches précarisées et désocialisées et commence à toucher les couches inférieures des couches moyennes. Une majorité du peuple est donc concernée aujourd&#8217;hui. Rappelons que cette crise est provoquée par l&#8217;utilisation spéculative des  surcroîts des profits non réinvestis dans l&#8217;appareil productif par les possesseurs du capital; et que ces surcroîts de profits sont générés par la déformation de la valeur ajoutée en faveur des profits et contre les salaires et cotisations sociales engagées par le consensus de Washington de 1979 qui débute en France lors du tournant libéral de fin 1982. Doit-on rappeler que tous les ministres et organisations participant aux différents  gouvernements de gauche n&#8217;ont jamais remis cela en cause lorsqu&#8217;ils étaient en exercice ?</p>
<p>De plus la majorité du peuple, principalement les couches populaires, subit la destruction des services publics et de son école.  Pour cette dernière,  il en résulte un écroulement de la mobilité sociale qu&#8217;elle permettait naguère, même de façon très insuffisante, et l&#8217;affaiblissement de la transmission des savoirs encyclopédiques permettant la formation du citoyen, le vivre ensemble et l&#8217;intégration républicains, la laïcité, l&#8217;antiracisme&#8230; Perdre de vue l&#8217;universalité des droits républicains, c&#8217;est oublier le droit à l&#8217;émancipation des femmes pauvres — dirigeant souvent des  familles monoparentales —, c&#8217;est autoriser l&#8217;explosion des dépassements tarifaires médicaux, la désertification médicale et la fermeture des établissements sanitaires de proximité, etc.</p>
<p>Il est à noter que tout cela est surmultiplié par la nouvelle géosociologie des territoires dans les zones périurbaines et rurales qui voient un accroissement phénoménal des couches populaires exclues des villes-centres et même en léger déclin dans les banlieues.</p>
<h3>Le conformisme de la pensée touche même la gauche anti-libérale</h3>
<p>Au-delà même des sphères du social-libéralisme, un examen attentif des non-dits est probant.<br />
Qui s&#8217;interroge sur les conditions du soutien des couches populaires à une politique de transformation sociale en matière de protection sociale, de laïcité, de services publics, d&#8217;école, de logement, de politique de l&#8217;emploi et des salaires, de politique industrielle, d&#8217;innovation et de recherche ?<br />
Qui ose comprendre que la globalisation des combats laïques, sociaux, démocratiques, féministes et écologiques est une des conditions de la victoire possible ?<br />
Qui se soucie de légiférer sur le nécessaire financement public des organisations syndicales et l&#8217;arrêt des financements indirects  ?<sup>5</sup><br />
Qui ose proposer au-delà des lois sur le financement des élections et des partis, une loi supplémentaire sur le financement de l&#8217;action des élus en exercice ?<br />
Qui ose dire que l&#8217;accord unanime du Sénat contre la jurisprudence de la cour criminelle de la Cour de cassation qui a élargi le champ des poursuites de la prise illégale d&#8217;intérêts des élus locaux (article 432-12 du Code pénal) est scandaleux ? Comme cela, les élus pourront voter des subventions aux associations qu&#8217;ils président au mépris du non-cumul des mandats !<br />
Qui ose critiquer ouvertement la puissante Fédération nationale de la mutualité française, cheval de Troie de la logique assurantielle ?<br />
Qui ose proposer le financement de la protection sociale par un système de répartition basé sur le salaire socialisé (et donc de la pension) lié à la qualification (qui permet de lutter contre les inégalités sociales indues) de préférence au système à répartition à revenu différé avec neutralité actuarielle (qui produit une croissance des inégalités sociales de retraite) ?<br />
Qui ose proposer une critique de l&#8217;école qui aille au-delà du problème néanmoins important des moyens ?<br />
Qui ose parler du mode de désignation des directions et du mode de gestion des services publics? Qui ose proposer une autre politique industrielle basée sur l&#8217;innovation et la recherche ?<br />
Qui ose proposer un dépassement du capitalisme par le développement d&#8217;institutions salariales indépendantes du privé et de l&#8217;État, afin de libérer le citoyen salarié de la soumission à la valeur travail ?<br />
Qui ose faire des propositions sur le statut du salarié  et la possibilité de vivre hors de la soumission envers un employeur  ?<sup>6</sup><br />
Qui ose dire que nous voulons des entrepreneurs mais plus d&#8217;employeurs ?<br />
Qui ose faire des propositions sur la gestion dans l&#8217;entreprise ?<br />
Qui ose dire que la radicalité écologique passe d&#8217;abord par une radicalité dans une politique globale d&#8217;économies d&#8217;énergie avant de se poser la question légitime de la suppression de telle ou telle source d&#8217;énergie ?<br />
Qui ose dire que la parité n&#8217;a pas résolu l&#8217;injustice faite aux femmes et qu&#8217;il faut une politique bien plus radicale pour porter le féminisme ?<br />
Qui ose parler d&#8217;un changement de nature de l&#8217;État?<br />
Qui parle de la nécessaire centralité de la démocratie républicaine détruite par les politiques néolibérales ?<br />
Qui ose proposer une économie républicaine de gauche ?<br />
Qui ose faire des propositions d&#8217;institutions internationales et européennes ?<br />
Qui ose  théoriser la nouvelle géosociologie des territoires pour penser le lien entre le peuple et ses élites politiques ?<br />
Qui ose mettre en avant la nécessité pour chaque militant politique de se préoccuper des trois piliers que sont le champ politique, le mouvement social syndical et associatif et la nécessaire éducation populaire tournée vers l&#8217;action, qu&#8217;il ne suffit pas de se préoccuper des élections et de distribuer des tracts dans les manifestations syndicales, etc.</p>
<h3>Perspectives</h3>
<p>Voilà ce que ReSPUBLICA veut ouvrir comme chantiers avec vous tous, tant dans son journal que dans les colloques et réunions publiques où nos orateurs seront conviés; et également dans les manifestations que votre média va organiser ou coorganiser.<br />
Voilà ce que votre journal va entreprendre à partir de la série qui débutera fin  août 2010. Nous ouvrirons alors une rubrique « Prospectives » et nous vous tiendrons au courant de la préparation de nos initiatives publiques de l&#8217;année scolaire 2010-2011 et des partenariats que nous allons sceller.<br />
Venez nous rejoindre dans ce défi !<br />
Et que cent fleurs éclosent pour créer le neuf qui nous manque&#8230;</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_2029" class="footnote"> Il y a eu dans le passé Raymond Barre parlant de « Français innocents»  blessés lors de l’attentat contre la synagogue de la rue Copernic, et  Jaques Chirac sur le « bruit et l’odeur » d’une famille immigrée et  polygame qui aurait vécu d’importantes allocations familiales, mais  c’est la première fois depuis une époque de triste mémoire que des citoyens sont stigmatisés ainsi pour leur origine par un président de la  République. </li><li id="footnote_1_2029" class="footnote"> voir <a href="http://www.ufal.org/category/positions/protection-sociale-positions/retraites">les textes faits par l&#8217;UFAL sur les retraites</a> </li><li id="footnote_2_2029" class="footnote"> voir le <a href="http://www.challenges.fr/magazine/analyse/0094.005304/?xtmc=1945_kessler&amp;xtcr=1">texte prémonitoire de Kessler le 4 octobre 2007 dans la revue Challenges</a><strong><span style="color: #ff0000;"> </span></strong></li><li id="footnote_3_2029" class="footnote"> UNOCAM, créée par le tristement célèbre Alain Juppé en 1995 et jamais  remis en cause sous le gouvernement Jospin, qui regroupe les firmes  multinationales assurantielles et bancassurantielles, les instituts de  prévoyance des amis de Guillaume Sarkozy et les mutuelles de la  Fédération nationale de la mutualité française (FNMF) qui ne rate aucun  dossier pour tenter de « dépecer notre Sécu ». </li><li id="footnote_4_2029" class="footnote"> Pourquoi Georges Tron vient-il d&#8217;ouvrir la discussion sur les moyens  accordés aux syndicats de la fonction publique au lieu d&#8217;ouvrir cette  discussion sur l&#8217;ensemble du syndicalisme ? Sans doute pour ne pas  donner plus à la majorité des syndicats et rogner sur ce qu&#8217;il donne aux  syndicats de la fonction publique ! </li><li id="footnote_5_2029" class="footnote"> Qui n&#8217;a pas été choqué de voir d&#8217;authentiques syndicalistes  et des  militants de la gauche anti-libérale se joindre aux néolibéraux et  sociaux-libéraux pour « chercher un repreneur »! </li></ol></td></tr></table>]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>« Israël ou l’ivresse de la force depuis des années », entretien avec Elias Sanbar</title>
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		<pubDate>Tue, 24 Aug 2010 21:52:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator> L'Humanité</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[International]]></category>

		<category><![CDATA[Proche-Orient]]></category>

		<category><![CDATA[Israël]]></category>

		<category><![CDATA[lettre 639]]></category>
		<respu:articleid>2042</respu:articleid>
		<respu:topcategoryid>44</respu:topcategoryid>
		<respu:topcategoryname>Proche-Orient</respu:topcategoryname>
		<respu:meta_url><![CDATA[http://www.humanite.fr/01_08_2010-elias-sanbar-%C2%AB-isra%C3%ABl-ou-l%E2%80%99ivresse-de-la-force-depuis-des-ann%C3%A9es-%C2%BB-450866]]></respu:meta_url>

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		<description><![CDATA[Elias Sanbar est ambassadeur de Palestine auprès de l’Unesco et écrivain, auteur récemment du Dictionnaire amoureux de la Palestine1 . Il évoque l’État israélien, le processus de paix et l’attitude des États-Unis et de l’Union européenne vis-à-vis du Proche-Orient.
Quel est  le climat qui règne actuellement  en Israël et dans les territoires palestiniens depuis l’attaque israélienne [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<table><tr><td><p>Elias Sanbar est ambassadeur de Palestine auprès de l’Unesco et écrivain, auteur récemment du <em>Dictionnaire amoureux de la Palestine</em><sup>1</sup> . Il évoque l’État israélien, le processus de paix et l’attitude des États-Unis et de l’Union européenne vis-à-vis du Proche-Orient.<span id="more-2042"></span></p>
<p><strong>Quel est  le climat qui règne actuellement  en Israël et dans les territoires palestiniens depuis l’attaque israélienne  contre la flottille humanitaire qui se rendait à Gaza (mai 2010)  ?</strong></p>
<p><strong>Elias Sanbar</strong> : Pour le comprendre, je crois qu’il faut d’abord entendre ce qu’un certain nombre de citoyens israéliens disent. En les écoutant, on voit bien que les commentaires venant du côté palestinien, arabe ou même international ne sont pas exagérés. Il existe aujourd’hui, en Israël, de nombreuses critiques contre cette opération. Comme il existe dans ce pays une vague de mises en garde de citoyens israéliens aux autorités, se demandant si la politique menée par le gouvernement n’est pas en train de mener vers l’abîme. «  Dans ce sentiment d’impunité absolue, est-ce qu’on n’est pas en train de changer l’image d’Israël et sa place dans le concert des nations  ?  » C’est ce que l’on entend dans la presse israélienne.</p>
<p><strong>Pourquoi en est-on là  ?</strong></p>
<p><strong>Elias Sanbar :</strong> Ce qui s’est passé est le fruit de plusieurs vecteurs. Il y a tout d’abord l’ivresse de la force de la part d’Israël depuis des années. Cette ivresse l’a conduit à de graves erreurs politiques. Israël est également, à chaque fois, convaincu de son impunité. En règle générale, les responsables israéliens estiment que les commentaires ou les condamnations, qui peuvent être faits, passeront comme tous les autres. Autre chose, la plus grave, fruit d’un calcul cynique derrière cette opération contre un convoi humanitaire qui est  : «  Que faire  ?  » Une question permanente chez les responsables israéliens. «  Que faire pour que les Palestiniens ne puissent plus négocier avec nous et montrer aux Américains que nous n’avons pas de partenaire  ?  » C’est ce que cherche le gouvernement israélien d’extrême droite. «  Comment en finir avec les pressions américaines ou européennes pour aller de l’avant et signer un certain nombre d’accords avec les Occidentaux  ?  » Cette opération devait, entre autres, rendre intenable non pas la position du Hamas (le Hamas est encerclé à Gaza et n’est pas dans la négociation) mais la situation de ceux qui, précisément, négocient. D’ailleurs, dès l’attaque, les réactions en Palestine et dans les pays arabes ont été d’appeler à la négociation avec Israël. Cette cible a été en partie atteinte et en partie confortée par le fait que, quoi qu’on dise, il n’y a pas eu d’actions vraiment coercitives vis-à-vis d’Israël après cet acte de piraterie.</p>
<p><strong>Vous parlez de gouvernement israélien «  d’extrême droite  ». Pourtant, la guerre menée contre la bande de Gaza n’était-elle pas le fait de ce gouvernement même si le ministre de la Défense, Ehoud Barak, est le même  ?</strong></p>
<p><strong>Elias Sanbar :</strong> Personne ne peut nier que ce gouvernement est un gouvernement d’extrême droite. Que ce soit la somme de toutes les tendances existantes ou une adhésion de toutes ces tendances à ces orientations, en tout cas, le résultat est là. C’est une politique d’extrême droite menée contre toute négociation, contre tout retrait des territoires occupés, qui se caractérise par un appui au mouvement des colons. On dit toujours que la majorité des Israéliens sont pour la paix. Peut-être. Mais, là encore, nous n’en sommes qu’au niveau des déclarations ou des actes de foi. Nous ne voyons pas d’actions en ce sens. Si cette majorité pour la paix existait, elle n’aurait pas élu des hommes comme Lieberman ou Netanyahou dont le programme était très clair. Que les Israéliens aient, comme tout le monde, des espoirs dans la paix, j’en suis convaincu. Mais agissent-ils dans ce sens  ? J’ai des doutes…</p>
<p><strong>Personne n’agit ?</strong></p>
<p>Elias Sanbar. Si, bien sûr, une petite frange. Celle qui a des doutes sur l’action israélienne, qui se prononce pour deux États et qui est d’autant plus respectable et admirable qu’elle est isolée. Un journaliste du Yediot Aharonot relevait récemment qu’il y avait un certain nombre de convictions dans la société israélienne. Celle-ci est convaincue, dans son immense majorité, parce qu’on le lui a répété pendant des décennies, que la totalité des territoires lui appartient – et non qu’elle les occupe – et qu’elle est en train de faire un cadeau aux Palestiniens. Ceux-ci sont dans l’ingratitude. Parce qu’Israël leur donne. Israël ne se retire pas. C’est dire en même temps  : «  Je suis pour la paix, mais ce n’est pas moi qui la fais, je la donne. Que les autres se contentent de ce qu’on leur donne et qu’ils disent merci.  »</p>
<p><strong>Que pensez-vous de l’attitude américaine et de celle  de l’Union européenne  ?</strong></p>
<p><strong>Elias Sanbar :</strong> Les États-Unis sont à une croisée des chemins. Que comptent-ils faire  ? Continuer dans une position dont on ne voit pas la teinte véritable et prendre le risque d’une détérioration gravissime de la situation régionale, ce qui est en train d’arriver à grands pas. Ou agir en affrontant une partie de leur opinion publique. Vont-ils continuer à attendre pendant que  la situation se détériore ? C’est la question qui est posée. Du côté de l’Europe, il y a bien sûr de la déception. Depuis vingt ans nous sommes dans des déclarations d’intentions.  Les autorités officielles n’ont rien fait. Les véritables actions proviennent des associations ou des syndicats, comme les dockers suédois  qui refusent de décharger les bateaux israéliens.</p>
<p>Entretien réalisé  par Pierre Barbancey</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_2042" class="footnote"> Éditions Plon, 2010.  481 pages.  24,50 euros. </li></ol></td></tr></table>]]></content:encoded>
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		</item>
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		<title>Lettre ouverte à Monsieur le Président de la République</title>
		<link>http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/lettre-ouverte-a-monsieur-le-president-de-la-republique/2031</link>
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		<pubDate>Tue, 24 Aug 2010 14:47:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Léon Landini</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Combattre le racisme]]></category>

		<category><![CDATA[Histoire]]></category>

		<category><![CDATA[Nicolas Sarkozy]]></category>

		<category><![CDATA[Politique]]></category>

		<category><![CDATA[Politique française]]></category>

		<category><![CDATA[ReSPUBLICA]]></category>

		<category><![CDATA[République]]></category>

		<category><![CDATA[lettre 639]]></category>
		<respu:articleid>2031</respu:articleid>
		<respu:topcategoryid>42</respu:topcategoryid>
		<respu:topcategoryname>Politique</respu:topcategoryname>
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		<description><![CDATA[Bagneux le 12 août 2010
Monsieur le Président ,
C’est avec stupeur et indignation que j’ai pris connaissance du discours que vous avez prononcé le 30 juillet dernier à Grenoble.
Ce jour là, vous avez affirmé que : « La nationalité française puisse être retirée à toute personne d’origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte à la vie [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<table><tr><td><p style="text-align: right;">Bagneux le 12 août 2010</p>
<p style="text-align: left;">Monsieur le Président ,</p>
<p>C’est avec stupeur et indignation que j’ai pris connaissance du discours que vous avez prononcé le 30 juillet dernier à Grenoble.</p>
<p>Ce jour là, vous avez affirmé que : « La nationalité française puisse être retirée à toute personne d’origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte à la vie d’un policier, d’un gendarme, ou de toute autre personne dépositaire de l’autorité publique».<span id="more-2031"></span></p>
<p>Stupéfait et indigné parce que votre déclaration va totalement à l’encontre de l’article premier de la Constitution française qui stipule : « Tous les français sont égaux, quelles que soient leurs origines ».</p>
<p>Oui Monsieur le Président, égaux en droits et en devoirs, cela signifie que ce  n’est pas parce que qu’un français est d’origine étrangère, (comme vous l’êtes vous-même) qu’il a moins de droits, ou bien qu’il est un français de moindre qualité.</p>
<p>Or dans votre discours, vous envisagez d’appliquer des droits différents selon l’origine de la personne. Il ne peut s’agir là que d’un déni de justice commis envers les français d’origine étrangère et tout particulièrement contre ceux qui dans les années 1940 ont combattu l’occupant, les armes à la main et acquis leur nationalité française « non par le sang reçu mais par le sang versé ».</p>
<p>Par ailleurs, je souhaiterais savoir comment vous allez déterminer « l’origine étrangère » d’un citoyen français ?  Se pourrait-il que vous fassiez, comme l’ont fait dans les années 1940, les gouvernements fascistes de Pétain et Laval  à l’encontre des juifs, c’est-à-dire, remonter jusqu’à la troisième génération ?</p>
<p>Après votre déclaration, Il me semble indispensable de rappeler les immenses sacrifices consentis aux cours des deux dernières  guerres par ceux que l’on appelait alors « Les coloniaux » et dont les enfants ou les petits-enfants, aujourd’hui français, sont les premiers visés par cette loi, que vous souhaiteriez nous imposer.</p>
<p>Pourtant, les immenses nécropoles se trouvant sur le front de l’Est, aussi bien que celles se trouvant devant Rome ou Monte-Cassino, prouvent que des dizaines et des dizaines de milliers de « coloniaux » morts pour la France,  reposent loin de leur terre natale.</p>
<p>Le souvenir de leurs sacrifices devrait vous amener à un peu plus de retenue envers les jeunes  français descendants de ces soldats, «très souvent malgré eux »,  qui ont donné leurs vies, afin que notre pays puisse reconquérir son indépendance et sa liberté.</p>
<p>Si pour un même délit ou crime vous décidez d’appliquer des peines différentes en fonction de l’origine d’un individu, pourquoi la même chose ne se passerait-elle pas en fonction de l’opinion des personnes ?</p>
<p>Quelle garantie avons-nous que par la suite, ce même principe ne s’appliquerait-il pas à toute personne ayant commis un autre délit : par exemple, avoir fait grève, ou tout simplement ayant participé à une manifestation que vous n’auriez pas appréciée ?</p>
<p>Le sieur Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur,  (qui a été condamné le 4 juin dernier à 750 € d’amende par un tribunal pour injure raciale) avec ses nouvelles propositions, nous indique le chemin que votre gouvernement désire prendre.</p>
<p>Il a déjà annoncé vouloir étendre la déchéance de la nationalité française aux auteurs d’homicide, d’excision, de polygamie, d’actes de délinquances graves.</p>
<p>En ce qui concerne ces actes de délinquances graves, ne s’agirait-il pas, tout simplement, de ce que j’évoque au paragraphe précédent ?</p>
<p>Je vous avoue sans ambigüité, que le langage et les méthodes utilisées par votre gouvernement me rappellent ce que j’ai connu avant et pendant l’occupation, période que je croyais désormais révolue.</p>
<p>De toutes façons, quelles que soient les raisons que vous puissiez invoquer, je trouve qu’il est déshonorant pour notre pays que vous  menaciez de retirer la nationalité française aux enfants ou aux petits-enfants de personnes qui, dans un passé récent, ont été  l’honneur de notre France.</p>
<p>Car c’est un fait reconnu : 66 ans plus tard les étrangers de « L’affiche Rouge », demeurent pour tous l’image emblématique de la Résistance armée française.</p>
<p>Par ailleurs, bien que vous vous présentiez comme  les défenseurs de « L’identité nationale » je constate avec amertume que vous détruisez chaque jour d’avantage la « spécificité » et tout ce qui a fait la grandeur de notre Nation. Jusqu’à notre langue que vous malmenez sans vergogne et que vous vous attachez  à faire disparaître en la remplaçant par un immonde « globisch ».</p>
<p>En tant qu&#8217;ancien Combattant Volontaire de la Résistance, comment ne serais-je point révolté en apprenant que Denis Kessler, un de vos proches amis, ait osé écrire : « Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945 et de défaire le programme du Conseil National de la Résistance…  Il est grand temps de le réformer et le gouvernement s’y emploie », sans  que vous, ni personne dans votre entourage ne se soit insurgé contre ce qui est une véritable provocation à l’égard du monde de la Résistance, auquel vous faîte si souvent référence.</p>
<p>Comme tous les autres membres de ma famille, j’ai connu les agressions et les insultes racistes « Sale macaroni ! La France aux Français ! ».</p>
<p>Pourtant ma famille s’est engagée dès 1940 dans la Résistance (en décembre 1940 mon frère Roger et ses camarades ont fait dérailler, en pleine gare de triage de Fréjus-Plage, 8 wagons de marchandises qui partaient pour l&#8217;Allemagne).</p>
<p>En octobre 1942, j’avais  16 ans et demi quand j’ai participé pour la première fois à un déraillement. Mes états de services dans la Résistance, (enregistrés au ministère de la Défense) mentionnent une quarantaine d’ennemis abattus.</p>
<p>En mai 1943, mon père et mon frère furent tous deux arrêtés et effroyablement torturés par les carabiniers italiens (évadés lors de leur déportation en Allemagne). Je fus arrêté à mon tour à Lyon en mai 1944, et « interrogé » par Barbie lui-même.</p>
<p>À la libération, mon père, mon frère, mes deux sœurs et moi-même avons tous obtenu la carte de Combattant Volontaire de la Résistance.<br />
Mon frère, arrivé en France à l’âge de 10 ans, marié à une française et père de deux enfants français,  ne fut naturalisé qu’en 1947, il avait 33 ans.</p>
<p>Toutefois, bien qu’étranger, il fut pendant la Résistance commandant de maquis et homologué Lieutenant de l’armée française avec parution  au &#8221; Journal Officiel &#8220;.</p>
<p>Il était invalide de Guerre et Médaillé de la Résistance – depuis son décès en 1962, une rue de Saint-Raphaël porte son nom.</p>
<p>Ma jeune sœur Mimi est Chevalier de la Légion d’Honneur et Chevalier dans l’Ordre National du Mérite. En ce qui me concerne, fils d’immigrés italiens, je suis né en France en 1926  au Muy  (Var) et suis devenu français par option à l’âge de 10 ans.</p>
<p>Je suis Grand Mutilé de Guerre – Ancien officier FTP-MOI – officier de la Légion d’Honneur – médaillé de la Résistance – décoré par l’Union Soviétique pour ma participation aux combats contre le nazisme – président de l’Amicale des Anciens (FTP-MOI) des Bataillons Carmagnole-Liberté et président de diverses associations d’Anciens Combattants.</p>
<p>Je tiens à préciser que les FTP-MOI, composés quasi exclusivement de combattants étrangers ou d’origine étrangère, sont aujourd’hui reconnus par de nombreux spécialistes de l’histoire contemporaine comme « le fer de lance de la Résistance armée française »</p>
<p>En revanche, un grand nombre « de ces bons français, défenseurs de l’identité nationale» qui avant guerre insultaient les étrangers, je les ai, après la libération,  retrouvé  en prison pour collaboration avec l’ennemi.<br />
Qui étaient les plus français, Monsieur le Président ?</p>
<p>Il est vraiment intolérable et inadmissible, qu’une telle mesure mettant en cause les gens d’origine étrangère puisse devenir une loi.</p>
<p>En espérant que vous vous ressaisirez et que désormais en  France,  pays de la liberté et des droits de l’homme, chaque Français, quelle que soit son origine, soit toujours traité avec le respect et la dignité qui est due à tout être humain.</p>
<p>Veuillez agréer, Monsieur le Président, les salutations Républicaines d’un Résistant d’origine étrangère profondément attaché à la Nation française, à la  justice et à la liberté.</p>
</td></tr></table>]]></content:encoded>
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		<title>&#8220;Mélancolie française&#8221; d&#8217;Eric Zemmour, doit-il être lu ?</title>
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		<pubDate>Tue, 24 Aug 2010 14:22:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nicolas Pomiès</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[A lire, à voir ou à écouter]]></category>

		<category><![CDATA[ReSPUBLICA]]></category>

		<category><![CDATA[lettre 639]]></category>
		<respu:articleid>2026</respu:articleid>
		<respu:topcategoryid>1</respu:topcategoryid>
		<respu:topcategoryname>ReSPUBLICA</respu:topcategoryname>
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		<description><![CDATA[Il y a du Général Grouchy à commencer un article en s&#8217;interrogeant sur la pertinence de la lecture du dernier livre d&#8217;Éric Zemmour. Nous arrivons après la bataille, comme Grouchy arriva trop tard pour sauver Napoléon à Waterloo, car La Mélancolie française1 a été lu par plusieurs dizaines de milliers de personnes depuis sa sortie [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<table><tr><td><p>Il y a du Général Grouchy à commencer un article en s&#8217;interrogeant sur la pertinence de la lecture du dernier livre d&#8217;Éric Zemmour. Nous arrivons après la bataille, comme Grouchy arriva trop tard pour sauver Napoléon à Waterloo, car <em>La Mélancolie française</em><sup>1</sup> a été lu par plusieurs dizaines de milliers de personnes depuis sa sortie en mars de cette année et a fait l&#8217;objet de plusieurs réimpressions aux tirages importants tout en se propulsant de mois en mois en meilleure vente de l&#8217;année. Il est incontestable que le livre d&#8217;Éric Zemmour est un succès populaire. À l&#8217;heure où les organisations soi-disant de masse peinent à mobiliser et à susciter l&#8217;enthousiasme et que certaines figures intellectuelles jadis anticonformistes sombrent dans le désespoir, faute d&#8217;idées à proposer pour donner du sens à l&#8217;action<sup>2</sup> , Éric Zemmour aurait-il découvert la méthode pour parler aux gens et tenter de les réarmer idéologiquement ?<span id="more-2026"></span></p>
<p>Ce n&#8217;est pas souvent qu&#8217;un livre parlant de la France rencontre autant de français.<em> Mélancolie française</em> est en phase de devenir un phénomène littéraire exceptionnel qu&#8217;il est impossible d&#8217;ignorer ou de bafouer comme le font la quasi totalité des critiques et analystes des médias de référence avec leur mono-style polémiste formaté. « Nullité », « erreur », « bêtisier historique »: il n&#8217;y a pas de mots assez durs pour jeter l&#8217;opprobre sur l&#8217;ouvrage. L&#8217;historien Pascal Dayer-Burgeon va jusqu&#8217;à relever les quelques anachronismes s&#8217;étant glissés sous la plume de Zemmour pour dénigrer l&#8217;ouvrage. Ainsi, selon ces critiques,<em> Mélancolie française </em> serait un livre très mauvais lu par trop de monde. Pourtant, aucun n&#8217;aborde véritablement ni le fond de l&#8217;ouvrage, la thèse zemmourienne, ni la raison de l&#8217;écho puissant qu&#8217;elle rencontre chez ses lecteurs.</p>
<p>Bien sûr comme l&#8217;indique le site Boox Mag : « Eric Zemmour, polémiste professionnel qui officie chaque samedi sur le plateau d&#8217;On n&#8217;est pas couché, ne s&#8217;est pas fait prier pour attirer le scandale autour de ce nouvel opus ».</p>
<p><em>Marianne </em>rappelle que « le journaliste du <em>Figaro </em>est payé pour provoquer sur France 2. Il fallait bien que ça lui pète à la gueule un jour. Mais personne n&#8217;imaginait que ce serait son employeur, <em>Le Figaro</em>, qui sonnerait la fatwa » et que cette fatwa échoua en ayant pour effet pour Zemmour de « devenir un intouchable du PAF, et son dernier livre - <em>la Mélancolie française</em> - un best-seller ». Mais comme l&#8217;indique Daniel Kerriou, responsable de la librairie Le Point (Paris 12ème), Zemmour doit son succès à la façon dont il « a su profiter de sa notoriété et utiliser l&#8217;Histoire » pour « mettre sur le tapis des sujets sensibles », des problématiques qui hantent les français.</p>
<p>Il est indéniable que <em>Mélancolie française </em>parle aux français en donnant une explication possible au mal être et au doute collectif qui, indéniablement, traverse le Pays.</p>
<h3>Cette explication est-elle juste ? Quelles thèses défend le livre ?</h3>
<p>Sa lecture est essoufflante. Tout au long des pages, le lecteur attend de connaître la conclusion contemporaine à ce long cheminement dans l&#8217;Histoire de France qui veut démontrer que la France poursuit depuis toujours un rêve issu d&#8217;une pulsion émanant d&#8217; une sorte d&#8217;âme collective constante au cours des siècles (il y aurait ici l&#8217;influence d&#8217;un Max Gallo que cela ne nous étonnerait pas). Ce rêve consiste à reconstruire l&#8217;Empire romain.</p>
<p>Un empire avec son omnicitoyenneté, assimilateur des cultures dont la Nation française et sa République auraient été, depuis 1789, la réminiscence. Zemmour cite pour étayer sa thèse des révolutionnaires comme Danton ou Saint-Just nettement inspirés par cette idée romaine.</p>
<p>Napoléon aurait bien évidemment été le dernier héraut de ce retour de l&#8217;Empire romain. L&#8217;Empire bonapartiste n&#8217;apportait-il pas dans ses bagages les idées des lumières, le code civil, une justice et des droits si proches de l&#8217;organisation romaine ? Tous ces dons encore aujourd&#8217;hui loués par les pays un temps unis dans l&#8217;Empire.</p>
<p>Le nouvel Empire romain napoléonien et son blocus continental se trouvaient face à une puissance maritime (l&#8217;Angleterre) comme Rome eut à lutter contre Carthage.</p>
<p>Zemmour fait de la géopolitique en montrant l&#8217;éternel retour des conflits d&#8217;intérêts entre les thalassocraties libre-échangistes (Carthage, l&#8217;Angleterre puis les États-Unis d&#8217;Amérique) et les états continentaux protectionnistes (l&#8217;Empire romain et la France).</p>
<p>La France, depuis sa défaite de Waterloo et la fin de son empire offert à l&#8217;Europe, vivrait dans un continuel déclin, une mélancolie ou une nostalgie de sa mission historique échouée.</p>
<p>Notre pays étant depuis 1814, selon Zemmour, incapable démographiquement et politiquement d&#8217;être le moteur entraînant la construction d&#8217;un nouvel empire européen. L&#8217;auteur montre comment la France a brisé son rêve impérialiste pour se soumettre à celui des autres : l&#8217;anglais, l&#8217;allemand, l&#8217;américain&#8230;</p>
<p>Certaines de nos élites auraient d&#8217;ailleurs spéculé sur l&#8217;Allemagne d&#8217;après Bismarck pour reprendre le flambeau de l&#8217;empire devant notre incapacité à le faire. Ainsi, la collaboration de Pétain serait expliquée par cette quête d&#8217;empire par procuration.</p>
<p>Les élites françaises poursuivraient notre pulsion collective d&#8217;empire en envoyant à l&#8217;Union Européenne moult fonctionnaires.</p>
<p>Zemmour fait l&#8217;apologie de notre fonction publique et de notre style d&#8217;organisation de l&#8217;État en constatant que beaucoup de cadres français délaissent la nation pour travailler à la construction européenne.</p>
<p>Cependant, l&#8217;auteur décrit notre démographie nationale comme trop faible pour que notre Nation puisse prendre la tête de la construction européenne. C&#8217;est donc l&#8217;Allemagne qui serait la mieux placée pour prendre la tête de l&#8217;Europe. À moins que la Wallonie viennent se rattacher à la France, lui donnant ainsi un poids qui lui permettrait de développer ce nouvel empire avec sa propre vision.</p>
<p>Il est étonnant de constater la similitude des thèses de Zemmour sur les équilibres européens avec les visions géopolitiques de certains responsables américains comme Zibniew Brezinski qui ne disent pas autre chose.</p>
<p>Jusqu&#8217;ici, c&#8217;est-à-dire aux trois quarts du livre, la thèse se trouvait intéressante. D&#8217;autres auteurs ont parfaitement démontré l&#8217;impact de l&#8217;étude de l&#8217;Empire romain sur les philosophes des Lumières, les révolutionnaires de 1789, Napoléon ou les républicains depuis la Révolution.</p>
<p>On peut imaginer un rôle collectif français d&#8217;un leg de l&#8217;esprit romain à l&#8217;Union européenne pour la transformer en véritable république protectrice. Ce leg généreux ne serait-il pas le véritable axe central de notre identité nationale, ce sentiment d&#8217;avoir un destin en commun ? Notre drapeau, notre langue, nos principes républicains, notre universalisme ne seraient-ils pas nos dons aux autres nations afin de s&#8217;unir avec elles en un nouvel empire ?</p>
<p>Zemmour, dans la dernière partie de son livre, pense que la France est aujourd&#8217;hui trop affaiblie pour faire l&#8217;Europe car celle-ci lui impose des lois contraires à son style romain.</p>
<p>La France ne pourrait plus, à cause de l&#8217;Europe, assimiler les immigrés présents sur son sol et risque de devenir un simple « agrégat institué de peuples désunis », pour reprendre la formule de Mirabeau.</p>
<p>C&#8217;est là que nous ne suivons pas la dernière partie du livre .</p>
<p>Il ne s&#8217;agit pas cependant pour nous d&#8217;éluder la véritable problématique des situations des populations issues des immigrations récentes. L&#8217;intégration des immigrés et de leurs enfants posent des problèmes qu&#8217;il faut reconnaître. Mais ce n&#8217;est pas la culture, par ailleurs évoluant à chaque génération, qui est un obstacle à leur parfaite intégration dans la nation française.</p>
<p>C&#8217;est bien la volonté de celle-ci à intégrer qui est en cause. La France en est pourtant capable. Ces personnes peuvent devenir des parties de notre &#8220;tout&#8221; commun national. Mais ce &#8220;tout&#8221; est aujourd&#8217;hui déficient. Or quel est-il ? Ce sont les français qui en parlent le mieux. Il constitue leur identité nationale, celle dans laquelle les populations immigrées devraient se retrouver. Lors d&#8217;un sondage en octobre 2009<sup>3</sup>, les personnes interrogées représentatives de la population française à la question : &#8221; quels sont les éléments importants qui constituent l&#8217;identité de la France ? &#8221; ont placé en tête (80%) la langue française puis la République (64%); le drapeau tricolore (63%), la laïcité (61%), les services publics (60%), la «Marseillaise» (50%) et l&#8217;accueil d&#8217;immigrés (31%).</p>
<p>Or, tous ces éléments sont mis à mal par les politiques néolibérales particulièrement accrues sous la présidence Sarkozy. Notre président de la République aura beau s&#8217;agiter dans des impostures tricolores, organiser des débats pipés, c&#8217;est sa politique pyrotechnique et son spectacle permanent qui cassent les fondements de l&#8217; identité nationale des français.</p>
<h3>Comment prétendre intégrer de nouveaux citoyens lorsque ce qui constitue l&#8217;identité nationale est systématiquement désintégré ?</h3>
<p>Zemmour comme bien d&#8217;autres zélateurs du choc des civilisations se trompe lorsqu&#8217;il prétend que la France serait en péril à cause de ses immigrés. C&#8217;est la destruction de notre République qui est à l&#8217;origine de toutes les difficultés.</p>
<p>Cette destruction du système si prégnant de l&#8217;identité de tous les français est effectivement en grande partie le résultat de l&#8217;application des directives européennes que les traités européens nous imposent à transposer en droit national. C&#8217;est donc bien au niveau européen et de ce qu&#8217;y font les français <span style="color: #000000;">que notre République envoie </span>que se posent les véritables questions.</p>
<p>La thèse des premières parties du livre de Zemmour peut être lue avec intérêt. On peut même s&#8217;y enthousiasmer à penser une République française rétablie moteur d&#8217;une construction européenne réorientée.</p>
<p>Sa conclusion est une imposture et Zemmour surfe sur l&#8217;air du temps identitaire par démagogie.</p>
<p>Le livre se vend, il apporte des réponses et des armes intellectuelles afin que ses lecteurs voient à travers un prisme, pour adopter un point de vue éclairant leur destin. Malheureusement l&#8217;optique n&#8217;est pas la bonne : Zemmour est aveuglé par sa réaction épidermique.</p>
<p>Reste donc aux républicains de gauche de sortir les Français de leur mélancolie, cela devient urgent !</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_2026" class="footnote"> Ed. Fayard Denoël. </li><li id="footnote_1_2026" class="footnote"> Voir l&#8217;article de Phillipe Cohen « Quand Régis Debray révise l&#8217;épopée  londonienne du général »<a href="http://www.marianne2.fr/Quand-Regis-Debray-revise-l-epopee-londonienne-du-General_a195588.html"> http://www.marianne2.fr/Quand-Regis-Debray-revise-l-epopee-londonienne-du-General_a195588.html</a> </li><li id="footnote_2_2026" class="footnote"> Sondage exclusif CSA / Le Parisien / Aujourd&#8217;hui en France réalisé par  téléphone les 28 et 29 octobre 2009 au domicile des personnes  interviewées. Échantillon national représentatif de 1006 personnes âgées  de 18 ans et plus, constitué d&#8217;après la méthode des quotas (sexe, âge,  profession du chef de ménage), après stratification par région et  catégorie d’agglomération. </li></ol></td></tr></table>]]></content:encoded>
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		<title>Pour une République Algérienne Laïque</title>
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		<pubDate>Tue, 24 Aug 2010 14:09:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator> le PLD</dc:creator>
		
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		<category><![CDATA[Algérie]]></category>

		<category><![CDATA[lettre 639]]></category>
		<respu:articleid>2044</respu:articleid>
		<respu:topcategoryid>34</respu:topcategoryid>
		<respu:topcategoryname>Laïcité</respu:topcategoryname>
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		<description><![CDATA[PROJET DE TEXTE FONDAMENTAL DU PLD MIS EN DEBAT
LA CHARTE DU PLD :
Chapitre premier
Pour une République
Algérienne Laïque
1. Une modernisation sans modernité
Dès l’indépendance, les dirigeants du pays refusent de faire la séparation entre le politique et le religieux d’où l’introduction de l’article 2 dans la première constitution algérienne &#8221; Islam, religion de l’État &#8220;. Ils se [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<table><tr><td><p style="text-align: center;">PROJET DE TEXTE FONDAMENTAL DU PLD MIS EN DEBAT<br />
LA CHARTE DU PLD :</p>
<p style="text-align: center;">Chapitre premier</p>
<h2 style="text-align: center;">Pour une République<br />
Algérienne Laïque</h2>
<h3>1. Une modernisation sans modernité</h3>
<p>Dès l’indépendance, les dirigeants du pays refusent de faire la séparation entre le politique et le religieux d’où l’introduction de l’article 2 dans la première constitution algérienne &#8221; Islam, religion de l’État &#8220;. Ils se sont  ingéniés ainsi à instrumentaliser l’islam pour légitimer leur pouvoir mais aussi et surtout pour empêcher toute autonomisation politique de la société. Les pouvoirs en place se sont opposés farouchement à toute ouverture démocratique qui aurait pu mettre en perspective la construction d’un État de droit.</p>
<p>Une convergence de fait a émergé entre les courants nationaliste et islamiste. Le courant nationaliste mit en œuvre une politique de modernisation des infrastructures économiques et sociales du pays, mais à aucun moment cette politique ne s’est accompagnée par la démocratisation de la sphère politique. L’aile islamiste s’est ralliée à l’idée de modernisation du pays à condition que celle-ci ne débouche pas sur les acquis de la modernité, en un mot : oui à la modernisation de l’Algérie – mais sans modernité. Car cette dernière signifie un État de droit, avec des élections libres, des libertés de conscience et d’expression, des libertés individuelles et collectives, et une réelle séparation entre les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, etc.</p>
<p>En fait, l’idée dominante à cette époque là, qui a présidé à tous les choix stratégiques du pays, largement approuvée par tous les patriotes et le courant socialisant, est qu’un programme socio-économique moderne et ambitieux de développement assurant une justice sociale véritable à lui seul, pouvait assurer le décollage de l’Algérie au niveau social et économique et permettre  dans son sillage l’ancrage du pays à la modernité.</p>
<p>Le summum de l’alliance entre les nationalistes et les islamistes fut atteint  avec le virage ultralibéral de l’économie algérienne, à partir de 1980. Mais les desseins de cette alliance ont été fortement contrariés par la crise économique mondiale avec la chute du prix du baril de pétrole en 1986, le discrédit du parti unique et la disparition du bloc socialiste.</p>
<p>L’instauration d’un État théocratique en Iran a encouragé le mouvement islamiste dès le début des années 1980. Il a permis l’infiltration de ce dernier au sein de l’université algérienne. Les premières violences armées ont vu le jour avec le &#8221; maquis &#8221; de Bouyali. La prise des mairies en 1990 par le FIS fut une étape dans la confiscation totale du pouvoir politique par les islamistes. L’arrêt du processus &#8221; électoral &#8221; en janvier 1992 a permis de sauver l’Algérie. Depuis 1992 l’islamisme politique est responsable de l’assassinat de dizaines de milliers de citoyens algériens et algériennes, dont beaucoup dans des conditions particulièrement atroces ; des milliers de blessés, dont certains mutilés à vie ; des centaines de ses jeunes filles et jeunes femmes kidnappées et soumises à des viols collectifs et répétés, avant d’être le plus souvent décapitées, quand d’autres ont perdu la raison; des millions d’habitants poussés à l’exode des campagnes vers les villes ou d’une région vers une autre, fuyant les terroristes ; des centaines de milliers de ses citoyens, constitués principalement de cadres, d’artistes et d’intellectuels, se sont exilés; sans compter les milliards de dollars de dégâts dus aux destructions, au sabotage et aux incendies commis par les islamistes. Ni la loi sur la rahma, ni celle de la concorde civile, ni celle de la réconciliation nationale, ni le projet d’amnistie générale ne feront oublier au peuple algérien le génocide islamiste.</p>
<p>Malgré cela, nous assistons, à l’instar de tous les pays musulmans, à la montée en puissance de l’islamisme politique dans toute sa diversité qui vise à l’instauration d’un État théocratique plus inégalitaire et un ordre moral encore plus attentatoire aux libertés de conscience et d’expression des musulmans et des croyants des autres religions, ainsi que des agnostiques et de non-croyants.</p>
<p>Les islamistes ne sont toutefois pas les seuls à exploiter la religion à des fins sordides. Les dirigeants politiques de nos pays font de même, pour se maintenir indéfiniment au pouvoir et continuer à opprimer leurs peuples.</p>
<p>C’est pourquoi l’Algérie doit tirer toutes les conclusions de cette expérience sanglante et adopter un antidote pour sortir de cette crise. Notre pays doit pour cela s’inspirer de certaines expériences historiques à valeur universelle et fécondes qui sont parvenues à mettre fin aux guerres de religions qui ont sévit plusieurs siècles. Toutes les tentatives de musellement de la société depuis 1962 n’ont fait toutefois que ralentir, mais non empêcher l’inéluctable marche de notre pays vers la modernité et la sécularisation des institutions officielles et l’évolution des mentalités en dépit de la persistance de l’islamisme politique dans la société algérienne et de manœuvres au sommet de l’État.</p>
<p>Grâce à leur génie, des peuples ont contribué à des degrés divers à la séparation du politique et du religieux. Mais la plus grande avancée émancipatrice dans ce domaine est, sans conteste, la laïcité. Les militants du Parti pour la Laïcité et la Démocratie (PLD) sont convaincus que l’instauration de la laïcité en Algérie est le seul moyen de se protéger des conséquences des manipulations politico-religieuses, d’où qu’elles viennent, pour construire une Algérie républicaine, démocratique,<br />
moderne et sociale. Il nous faut cependant préciser le sens de la laïcité, pour lever toutes les confusions qui l’entourent d’autant que ses ennemis la confondent sciemment avec l’athéisme.</p>
<h3>2. Qu’est-ce que la laïcité ?</h3>
<p>La laïcité est la forme d’organisation politique la plus aboutie, consacrant le long processus d’autonomie de l’individu par rapport à la communauté ; processus enclenché, à partir des XVe et XVIe siècles en Occident, et porté intellectuellement par les philosophes des Lumières. Elle est en ce sens un puissant vecteur de l’affirmation des libertés individuelles et collectives. Elle est un ordre juridique d’organisation de l’État, fondé sur une séparation radicale entre les institutions religieuses et l’État.</p>
<p>Pour autant, la laïcité n’est pas antireligieuse, puisqu’elle garantit la liberté de conscience, c’est-à-dire le droit de chacune et de chacun d’adopter la religion de son choix, d’en changer ou de n’en croire aucune. Ceci est également valable pour toutes les opinions politiques, philosophiques, culturelles… De même qu’elle garantit leur libre expression dans la sphère privée. C’est ainsi qu’on peut être tout naturellement laïque et musulman, laïque et chrétien, laïque et juif, laïque et bouddhiste, laïque et athée…</p>
<p>La laïcité est en revanche anticléricale, dans la mesure où elle s’oppose à la prétention des religions, dont l’islam, à vouloir régenter tous les domaines de la vie des individus. Elle assure de ce fait la primauté de la citoyenneté sur l’appartenance religieuse ou communautaire. Voilà pourquoi, elle bannit les religions et les particularismes de la sphère publique, tout en garantissant leur libre expression dans la sphère privée.</p>
<h3>3. Qu’entendons-nous cependant par sphère publique et sphère privée ?</h3>
<p>La sphère publique, c’est l’espace de la puissance publique. C’est, autrement dit, l’État et les collectivités territoriales (wilaya, commune). Elle ne doit être régie ni par les lois religieuses ou d’inspiration religieuse, ni par les particularismes de quelque nature que ce soit, mais par des lois positives, modernes et communes à tous les citoyens, au-delà de ce qui les particularise en tant qu’individus (religion, irréligion, sexe, langue, couleur de peau, etc.). C’est pour cette raison que cette sphère est soumise au principe de neutralité.</p>
<p>Il faut comprendre ce principe dans le sens d’indifférence de la puissance publique envers aussi bien les religions que les diverses opinions et appartenances existant dans la société, afin d’être en mesure de traiter sur un pied d’égalité tous les usagers, en leur qualité de citoyens, tout en faisant abstraction de leur qualité d’individus.</p>
<p>Cette neutralité s’applique aux lois et règlements qui régissent le fonctionnement de cette sphère, ainsi qu’à ses rapports avec ses citoyennes et citoyens ; à son personnel, qui ne doit afficher, conformément à sa mission de service public, aucun signe d’appartenance; et à ses locaux où ne doit s’afficher aucun symbole, en dehors de ceux de la République, qui sont des valeurs communes à tous les membres de la Nation. Elle s’applique aussi aux élèves des établissements scolaires primaires, moyens et secondaires de l’enseignement public, qui sont des êtres en formation, des sujets en voie de constitution.</p>
<p>Quant à la sphère privée, elle se compose de deux espaces : public (rue, mosquée, entreprise commerciale ou industrielle, lieu de loisirs, local syndical) et de l’espace personnel (domicile). La liberté n’est toutefois pas absolue dans les sphères, aussi bien publique que privée. Elle s’exerce dans les limites du respect du principe de l’ordre public, qui n’est pas non plus réductible à la notion de trouble de l’ordre public, bien que cette dernière en fasse partie. Ce titre générique inclut ce que les juristes intitulent les lois impératives. Le respect de ce principe s’impose au citoyen et au chef de l’État.</p>
<p>Par séparation radicale entre la sphère publique et la sphère privée, il faut entendre l’autonomie entre ces deux sphères. Chaque sphère ne doit pas s’ingérer dans le fonctionnement de l’autre. C’est pourquoi, c’est un abus de langage que de qualifier par exemple de laïcité, l’anti-religion, voire l’athéisme militant, dans l’ex-URSS. Certes, Lénine avait promulgué la loi du 23 janvier 1918, relative à la laïcité de l’État soviétique, en s’inspirant de la loi française du 9 décembre 1905 qui stipulait que tout citoyen est &#8221; libre de professer le culte de son choix ou de n’en professer aucun &#8220;. Mais l’implication de l’Église orthodoxe russe aux côtés de la contre-révolution intérieure et les États impérialistes, et les graves menaces, qu’ils avaient faites peser sur la survie de la jeune République des Soviets, obligèrent les bolcheviques à déclencher de violentes représailles, contre elle, jusqu’à la soumettre au nouveau pouvoir. Ce qui a signifié la mort de la laïcité dans ce pays, car il fut porté atteinte à la liberté de culte et à l’autonomie du religieux par rapport au pouvoir politique. Bien plus tard, la liberté de culte fut rétablie, mais non l’autonomie du religieux envers les pouvoirs publics.</p>
<p>Il en est de même de ce qu’on appelle improprement  la laïcité en Turquie, alors qu’elle s’apparente à la sécularisation qui s’est effectuée à sens unique, puisque la religion est placée sous l’autorité du pouvoir politique. Il s’agit en effet d’une laïcité &#8221; bancale &#8220;, dès la tentative de sa mise en place de fait, en 1923, avec l’abolition du système théocratique, incarné par le califat. Elle a consisté également en la nationalisation des mosquées et des écoles coraniques, de la prise en charge de la formation des imams, et celles des théologiens à la faculté d’Istanbul, ainsi que le contrôle du culte, par la création, en 1924, d’un ministère des Affaires religieuses. L’abrogation, en 1928, dans la Constitution de l’article : &#8221; L’islam est religion d’État &#8221; n’eut aucun effet pour la rétablir.</p>
<p>Dans les années 1970, le pouvoir &#8221; laïque &#8221; turc enseignera l’islam dans les écoles, comme cela s’est passé dans tous les pays musulmans, croyant couper ainsi l’herbe sous les pieds des islamistes.<br />
Aujourd’hui, la &#8221; laïcité &#8221; en Turquie est à la croisée des chemins avec un président et un gouvernement islamistes, ainsi qu’une Assemblée nationale majoritairement islamiste. Le risque de la dérive vers un État théocratique n’est pas à écarter.</p>
<h3>4. La laïcité : un combat démocratique</h3>
<p>La lutte pour la laïcisation de l’État algérien n’est ni une utopie, ni une question, qui doit être posée dans un horizon lointain, dans le meilleur des cas. Nous pensons, au contraire, que ce combat est plus que jamais d’actualité, car la séparation des religions et de l’État en Algérie constitue l’une des options fondamentales pour sortir notre pays de son marasme. La laïcité est une tâche de nature nationale et démocratique, car elle est conforme à l’intérêt de la grande majorité de notre peuple et de notre pays.</p>
<p>Elle protège la religion, dimension spirituelle essentielle du musulman, de tous les charlatans. Elle répond en effet à un besoin patent chez certains et latent chez beaucoup d’autres. Ses partisans seront encore bien plus nombreux, lorsqu’ils prendront progressivement conscience des liens étroits entre laïcité et réalisation de plusieurs de leurs aspirations profondes et légitimes, telles que l’élargissement du champ de leurs libertés individuelles et collectives, le droit aux libertés d’expression et de pensée, la libération du carcan de traditions conservatrices étouffantes, l’accès à l’égalité totale en droit et en dignité entre les Algériennes et les Algériens.</p>
<p>Ceci d’autant plus, que nous sommes conscients du caractère anachronique, liberticide ou misogyne de plusieurs lois et pratiques qui régissent notre État et notre société ; et contre lesquelles il nous faut continuer à lutter pour les abroger. Il s’agit avant tout de l’article 2 de la Constitution algérienne qui stipule que : &#8221; l’islam est religion d’État &#8220;, ainsi que de toute loi ou disposition analogues. Car elles sont en contradiction avec la démocratie et le droit moderne qui accordent la liberté de critiquer tous les dogmes, notamment leurs dimensions misogynes et attentatoires aux droits de l’Homme, sans craindre pour sa vie ou sa liberté.</p>
<p>Il en est de même du Code de la famille, fondé sur des préceptes de la charia, qui bafoue la dignité et les droits de femmes, et qu’il faut remplacer par des lois civiles. Il faudrait que dans les écolesle cours d’instruction civique, fondé sur la critique des savoirs et l’imprégnation par les valeurs humaines universelles, soit inscrit dans le programme scolaire.</p>
<h3>5. La laïcité en Algérie : une utopie réaliste</h3>
<p>En dépit de la montée de l&#8217;islamisme politique, ainsi que de la régression partielle et temporaire qu’il a imposée aux peuples et aux États musulmans, nous observons néanmoins, surtout depuis la décolonisation, des progrès de la sécularisation dans nos sociétés et nos États.</p>
<p>Les deux processus de sécularisation et de modernité entraîneront immanquablement l’allègement croissant du poids des religions, des particularismes nationaux, ethniques ou linguistiques, ainsi que des pouvoirs politiques sur les libertés individuelles, collectives, et sur les choix de vie des femmes et des hommes. Cette évolution est appelée à s’accélérer avec la mondialisation et la révolution scientifique et technique en cours, surtout pour ce qui est des technologies de la communication et des moyens de transports. Conjugués à d’autres dimensions de cette révolution, ils réduiront davantage les distances entre les pays, entre les continents et les peuples.</p>
<p>Ces derniers seront alors incités à partager des valeurs humaines communes, et à faire reculer encore plus leurs préjugés respectifs. Nous ne voyons toutefois aucunement cette évolution comme un processus uniforme et univoque, mais comme une tendance, avec ses avances, ses stagnations et ses reculs sur les court et moyen termes, et avec des progrès inéluctables sur le long terme.</p>
<p>Nous sommes également attachés à une conception matérialiste et dialectique de l’évolution des sociétés humaines, à savoir que ce sont les conditions matérielles des Hommes, qui, en dernière analyse, déterminent leurs consciences, cela ne fait pas de nous pour autant les adeptes d’un déterminisme social, qui minore le rôle des êtres humains dans la lutte pour la transformation de leurs conditions d’existence et leur émancipation.</p>
<p>L’instauration de la laïcité dans notre pays est une œuvre de longue haleine, les laïques algériens ne doivent pas moins s’atteler, dès aujourd’hui, à en poser les jalons. C’est en tout cas l’une des raisons d’être essentielle de la création du Parti pour la Laïcité et la Démocratie.</p>
<p>Vive la République Algérienne Laïque, Démocratique, Moderne et Sociale!</p>
<p>Alger le 5 juillet 2010,<br />
P/ le Bureau National.</p>
<p><strong>NB :</strong> Toutes les remarques, critiques et enrichissements doivent être adressés à l’adresse suivante : <a href="mailto:algerielaique@yahoo.fr">algerielaique@yahoo.fr</a></p>
</td></tr></table>]]></content:encoded>
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		<title>La Cagoule, le fascisme français qui a voulu assassiner Blum puis renverser le Front populaire (L’Oréal, Schueller, Bettencourt et consorts)</title>
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		<pubDate>Tue, 24 Aug 2010 14:06:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jacques Serieys</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Extrême-droite]]></category>

		<category><![CDATA[Histoire]]></category>

		<category><![CDATA[Politique française]]></category>

		<category><![CDATA[Bettencourt]]></category>

		<category><![CDATA[lettre 639]]></category>
		<respu:articleid>2038</respu:articleid>
		<respu:topcategoryid>30</respu:topcategoryid>
		<respu:topcategoryname>Histoire</respu:topcategoryname>
		<respu:meta_url><![CDATA[http://www.gauchemip.org/spip.php?article1337]]></respu:meta_url>

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		<description><![CDATA[1) Le contexte
La crise économique de 1929 1933 secoue toutes les sociétés européennes. Plutôt que de partager une partie de ses richesses, dans tous les pays le grand patronat finance des organisations fascistes capables d’intimider sinon exterminer les militants syndicalistes et progressistes. La droite, l’Église, l’armée et la police sont traversées par un climat de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<table><tr><td><h3>1) Le contexte</h3>
<p>La crise économique de 1929 1933 secoue toutes les sociétés européennes. Plutôt que de partager une partie de ses richesses, dans tous les pays le grand patronat finance des organisations fascistes capables d’intimider sinon exterminer les militants syndicalistes et progressistes. La droite, l’Église, l’armée et la police sont traversées par un climat de sympathie vers cette solution autoritaire.<span id="more-2038"></span></p>
<p>Début 1934, la droite française et ses médias aux ordres lancent une grande campagne de déstabilisation du gouvernement radical. Le 6 février 1934, les ligues d’extrême droite marchent sur le Parlement. Durant les durs affrontements de cette journée, les principaux dirigeants d’Action française (royalistes, principale force de l’extrême droite) ne sont même pas présents. Cela sert de prétexte à des éléments radicaux liés au grand patronat comme Eugène Deloncle pour fonder une autre organisation.</p>
<p>Du Portugal à la Hongrie, de la Norvège à la Grèce, le climat politique de l’automne 1935 pue la peste brune. En septembre 35, le parti nazi proclame les lois antisémites de Nuremberg ; la croix gammée flotte sur le Reich et sur les camps de concentration gérés par les SS qui terminent le génocide de la gauche allemande. Octobre 35 : les troupes de Mussolini envahissent l’Ethiopie. Novembre 35 : le fascisme catholique belge réussit une démonstration de force.</p>
<p>En France, partis de gauche et syndicats ouvriers mobilisent la rue (grande manifestation du 14 juillet 1935) et progressent dans l’opinion. Une bonne partie du grand patronat s’impatiente de ne pouvoir nettoyer cette vermine rouge qui menace les profits ; aussi l’argent ne manque pas aux activistes qui fondent en décembre 1935 le Parti National Révolutionnaire autour d’Eugène Deloncle. C’est particulièrement le cas de 97 membres de la 17ème section (16ème arrondissement de Paris) des Camelots du Roi, une des meilleures troupes de choc de l’extrême droite française.</p>
<p>Quel est l’objectif de ce PNR d’après sa déclaration en préfecture ? « D’organiser une action sociale pour le redressement économique et social du pays et de lutter contre les influences intérieures ou extérieures ou tout groupement qui s’opposerait à la réalisation de ce programme. »</p>
<p>Parmi les animateurs de ce PNR, signalons autour d’Eugène Deloncle : Jean Filliol, Jacques Corrèze, Gabriel Jeantet, Armand Crespin, Aristide Corre, Fernand Jakubiez.</p>
<h3>2) Juin 1936 : Le PNR se dissout au profit d’une organisation fasciste secrète : l’OSARN</h3>
<p>Pourquoi un mouvement légal comme le PNR a-t-il décidé de disparaître pour se fondre dans une structure clandestine très hiérarchisée ? Seul le rappel du contexte des mois de mai à juillet 1936 permet d’en comprendre les raisons.</p>
<p>1er mai 1936 : Imposantes manifestations ouvrières auxquelles le patronat répond en licenciant ici et là des salariés qui ont chômé ce jour-là.</p>
<p>6 mai 1936 : Le Front populaire sort vainqueur du 2ème tour des élections législatives.</p>
<p>11 mai : Les usines Bréguet du Havre se mettent en grève pour la réintégration de deux ouvriers licenciés pour cause de 1er mai chômé (satisfaction au bout de 24 heures). Jusqu’au 20 mai, un mouvement de grève se généralise sur tout le pays.</p>
<p>24 mai : La manifestation en hommage à la Commune rassemble au chant de l’Internationale 600000 personnes à Paris dont Léon Blum. Celui-ci devient président du conseil le 4 juin, appelant trois femmes au gouvernement.</p>
<p>Pour éviter que l’explosion sociale ne débouche sur un processus révolutionnaire encore plus dangereux, le patronat signe les Accords de Matignon (premiers congés payés, semaine de 40 heures…).</p>
<p>La coupe est pleine pour les 200 familles et pour tous ceux qui veulent casser cette « Anti-France ». Sur qui s’appuyer pour cela ? Evidemment sur les ligues et sur les influents journaux d’extrême droite.</p>
<p>Le gouvernement de Front populaire réagit vite. Le 18 juin, sur proposition de son ministre de l’intérieur Roger Salengro, il dissout les ligues et projette la nationalisation des gazettes fascisantes. La police enquête sur les réseaux d’extrême droite dont le PNR.</p>
<p>Dans ces conditions, les dirigeants du Parti National Révolutionnaire préfèrent dissoudre leur mouvement légal et le fondre dans une structure clandestine : l’Organisation Secrète d’Action Révolutionnaire Nationale. Après l’échec du 6 mai 1934, seule une milice secrète peut apparaître apte dans la mouvance fascisante française à renverser la république. Grâce à cette clandestinité, les liens avec Mussolini, avec le grand patronat et des chefs militaires, avec divers groupes fascisants nationaux et locaux en seront facilités. La création d’une petite armée insurrectionnelle pourra être poursuivie à l’ombre des châteaux et des caves. Quant à la police, elle aura beaucoup plus de mal à obtenir des informations.</p>
<h3>3) Les liens de la Cagoule avec le grand patronat</h3>
<p>L’Action française perd en juin 36 une partie de ses éléments les plus actifs. Elle se moque dans ses journaux de l’amateurisme et de la folie du secret imprégnant cette OSARN (&#8220;des conspirateurs d’opéra comique&#8221;) qui accueille ses transfuges. Elle donne à la nouvelle organisation le surnom par lequel elle passera à la postérité (la Cagoule) et à ses adhérents celui de cagoulards.</p>
<p>Aux yeux du grand patronat et des officiers supérieurs prêts à renverser la « gueuse », c’est l’OSARN qui fait le bon choix.</p>
<p>Juillet 1936 : Le coup d’état tenté en Espagne par les généraux putschistes (dont Franco) avec le soutien de l’Eglise, d’une grande partie du patronat et de la droite, renforce la crédibilité d’un projet armé pour protéger la « France traditionnelle » face au socialisme.</p>
<p>Le principal dirigeant de la clandestine OSARN (Eugène Deloncle) est lui-même bien intégré dans le monde des affaires : polytechnicien, ingénieur-expert à la cour d’appel de Paris, administrateur d’une dizaine de sociétés industrielles…</p>
<p>Son meilleur ami se nomme Eugène Schueller, fondateur de la société L’Oréal. Financeur principal de la Cagoule, il accueille dans son bureau les réunions de direction de celle-ci. Sa fille Liliane se mariera avec André Bettencourt (17 ans en 1936), un des activistes de la Cagoule.</p>
<p>Jacques Lemaigre Dubreuil, patron des huiles Lesieur, de Maroc-Presse et propriétaire de gros placements au Printemps finance la sortie du journal national.</p>
<p>A Clermont-Ferrand, Pierre Michelin et une bonne partie de l’encadrement supérieur s’impliquent dans la Cagoule.</p>
<p>Parmi les 200 familles, notons encore les parfums Coty, les ciments Lafarge, les peintures Ripolin, Louis Renault…</p>
<h3>4) La Cagoule, une machine de guerre</h3>
<p>Sa structure présente un aspect très militaire.</p>
<p>La revue L’Histoire a présenté dans son numéro 159 un excellent résumé sur la question : « A la base, la cellule ou groupe de combat de sept à douze hommes pourvus d’un fusil-mitrailleur Schmeisser, un fusil semi-automatique Beretta, un fusil de guerre, deux fusils de chasse, des armes légères et des grenades… trois cellules forment une unité, trois unités un bataillon, trois bataillons un régiment, deux régiments une brigade, trois brigades une division ». Même si les effectifs de l’OSARN proprement dite ne paraissent pas avoir dépassé 3000 hommes sur Paris plus 3000 en province, cela représente cependant une force militaire certaine. Chaque cellule familiarise ses hommes au maniement de leurs armes, aux techniques de combat de rue, aux informations utiles pour le grand jour où ils prendront le pouvoir.</p>
<p>« Même modèle militaire au niveau de l’état-major qui se divise en quatre bureaux. Le 1er bureau a une fonction de direction et de discipline… Le 2ème bureau ou service de renseignements, dirigé par le docteur Félix Martin, collecte et recoupe toutes les informations nécessaires à la bonne exécution du coup d’état : itinéraires des différentes cellules, plans des ministères, de l’Elysée et des appartements de certains ministres, moyens de défense du Palais Bourbon, armement des communistes… Le 3ème bureau veille à l’entraînement des nouvelles recrues et doit mettre sur pied le plan d’insurrection. Le 4ème bureau s’occupe du transport, du matériel et du ravitaillement des troupes, ainsi que d’un service ambulancier et médical ».</p>
<p>Le secret constitue le principal atout de survie de l’OSARN. Chaque adhérent prête serment de fidélité, d’obéissance et de secret absolu au groupe. Chaque adhérent prend un pseudonyme. Des signes de reconnaissance, des phrases mots de passe permettent d’établir sans risque les liens nécessaires. Le fichier central est codé. Le cloisonnement des groupes va également contribuer à la longévité de la Cagoule : en principe, chaque membre ne connaît que son supérieur direct.</p>
<p>La Cagoule développe le sentiment d’appartenance de ses adhérents par des rites initiatiques fortement marqués par le mimétisme :</p>
<p>• la cagoule comme le Ku Klux Khan (exemple de Nice)</p>
<p>• le serment de fidélité, bras droit levé, comme les fascistes italiens et allemands</p>
<p>• la devise Ad majorem Galliae (pour la plus grande gloire de la France), imitation du jésuite Ad majorem Dei gloriam.</p>
<p>Son uniforme comprend veste de similicuir, culotte de cheval, casque de l’armée.</p>
<h3>5) La Cagoule, sa direction et sa galaxie de structures de masse</h3>
<p>Le Comité directeur de la Cagoule ne comprend que cinq à six membres : Eugène Deloncle, son frère Henri Deloncle, Jacques Corrèze, Jean Filliol, Gabriel Jeantet (plus le général Duseigneur). Discussions avec d’autres groupes d’extrême droite, construction de l’organisation, alliances ou accords avec l’Italie mussolinienne, Espagne franquiste et Allemagne nazie, achats d’armes, finances, opérations spéciales passent par eux.</p>
<p>Dans l’état d’éclatement et d’absence de perspectives que connaît la nombreuse extrême droite française en 1936 1937, cette direction cagoularde réussit à démultiplier ses forces en intégrant des chefs de réseaux sans que les adhérents de ceux-ci en soient informés.</p>
<p>Trois groupes sont caractéristiques de cette hégémonie de la Cagoule en province :</p>
<p>• le Groupement militaire patriotique à Toulouse qui assure les liens avec l’Espagne franquiste</p>
<p>• les Chevaliers du glaive de Joseph Darnand et François Durand de Grossouvre à Nice qui assurent le trafic d’armes avec l’Italie mussolinienne.</p>
<p>• l’Union des enfants d’Auvergne de François Méténier, influente parmi les ingénieurs et le personnel d’encadrement des usines Michelin de Clermont-Ferrand</p>
<p>Au niveau national, le principal relais de l’OSARN est constitué par sa vitrine légale : L’Union des Comités d’Action Défensive officiellement créée en novembre 1936 sous la direction du général Edmond Duseigneur assisté du duc Pozzo di Borgo venu des Croix de feu.</p>
<p>Parmi les objectifs déclinés par l’UCAD dans sa déclaration en préfecture, notons celui-ci : S’efforcer de combattre la confiance trop absolue en un développement sans frein de la démocratie dont la limite géographique est le communisme</p>
<p>L’UCAD chapeaute par ailleurs le Centre d’information et de coopération, le Cercle d’études nationales (animé par Armand Crespin) et le Comité de rassemblement antisoviétique (de Marcel Bucard).</p>
<h3>6) La Cagoule, son implantation et ses liens dans l’armée</h3>
<p>La Cagoule comprend un nombre important d’officiers de réserve parmi ses membres.</p>
<p>Le général Duseigneur devient rapidement le numéro 2 de la Cagoule remplaçant Eugène Deloncle lorsque celui-ci est absent. Georges Cachier, lieutenant-colonel de réserve et administrateur d’usine, commande l’important « 3e bureau » (opérations, instruction des recrues) chargé de préparer le coup d’état. Le 2ème bureau de la cagoule (renseignement) est en lien permanent avec le 2ème bureau de l’armée pour des informations concernant l’activité de communistes ou d’agents soviétiques ; lors du procès de la cagoule, cet organe de l’armée assumera cette relation auprès du juge d’instruction « Le docteur Martin a fourni au deuxième bureau une documentation utile et appréciée ».</p>
<p>Le maréchal Franchet d’Espérey, auréolé de sa gloire acquise durant la première guerre mondiale (bataille de la Marne… Commandant des armées d’Orient…), met son poids moral au service de la Cagoule auprès de financeurs potentiels comme auprès de militaires.</p>
<p>Le maréchal Pétain met en contact Eugène Deloncle avec le commandant Georges Loustanau-Lacau, son directeur de cabinet au Conseil supérieur de la Défense nationale qui a mis sur pied une organisation anticommuniste non officielle au sein de l’armée : le réseau Corvignolles. Il a organisé dans toute les unités des officiers « sûrs » pour repérer les communistes, les signaler à l’autorité supérieure, muter les soldats et dissoudre les cellules. D’après Loustanau-Lacau, 150 à 200 cellules auraient ainsi été dissoutes en un an et demi.</p>
<p>Le général Giraud, autre « gloire » de l’armée entretient des liens fraternels avec la Cagoule.</p>
<p>Parmi les contacts « sûrs » de la Cagoule dans l’armée se trouvent plusieurs des principaux chefs de celle-ci, auxquels elle apportera préalablement à sa tentative de coup d’état de novembre 1937 des informations :</p>
<p>• le général Georges du haut état-major (adjoint du généralissime Gamelin et futur commandant des armées du Nord)</p>
<p>• le général Dufieux, inspecteur général de l’infanterie</p>
<p>• le général Jeannel chef d’état-major du généralissime Gamelin</p>
<p>Le témoignage le plus intéressant sur les liens entre la cagoule et les autorités militaires au plus haut niveau a été apporté par le général de division Lavigne-Delville. Lors du procès de la Cagoule, il déclare avoir eu connaissance du complot de celle-ci et avoir assisté à plusieurs réunions entre celle-ci et des militaires. Il précise par exemple « Je maintiens qu’en ma compagnie, il (Eugène Deloncle) a vu les autorités militaires que j’avais tout lieu de croire mandatées implicitement ou explicitement par leurs chefs qui eux étaient des autorités militaires… Au cours de ces conversations, j’ai trouvé entre les officiers et Deloncle une confiance réciproque. J’en ai conclu qu’il les avait vus plus souvent que moi. »</p>
<h3>7) La Cagoule aux côtés du fascisme international. Les actions subversives de la Cagoule.</h3>
<p>Dès le début de la guerre d’Espagne, la Cagoule s’active aux côtés des franquistes : livraison d’armes, « sabotage de voies ferrées reliant la France à l’Espagne, intimidation de partisans des républicains, destruction de navires ravitaillant les antifranquistes… sabotage d’avions destinés aux républicains sur l’aérodrome de Toussus le Noble dans la nuit du 28 au 29 août 1937. »</p>
<p>« La Cagoule… est entièrement responsable de l’assassinat de Carlo et Nello Rosselli. Ces deux intellectuels antifascistes italiens gênaient Mussolini qui demande aux cagoulards leur élimination en échange de fusils semi-automatiques. L’opération est minutieusement préparée et exécutée le 9 juin 1937 à Bagnoles de l’Orne. L’enquête permet de déterminer avec certitude la responsabilité de l’OSARN dans le crime : d’après les aveux de Jakubiez (qui a participé à cette action), c’est Filliol qui a donné les coups mortels. »</p>
<p>Mis à part l’achat de fusils Schmeisser, les relations avec l’Allemagne nazie n’ont pas été prouvées jusqu’à présent. Elles furent peut-être très limitées en raison du nationalisme anti-allemand florissant à l’époque dans les milieux militaires marqués par la Première guerre mondiale.</p>
<p>La première action subversive de la Cagoule sur le terrain politique français se voulait un coup d’éclat : assassiner Léon Blum le 11 février 1936 ; mais l’opération rate.</p>
<p>La seconde réussit avec l’assassinat le 24 janvier 1937 de Dimitri Navachine, « directeur de la Banque commerciale pour l’Europe du Nord, assassiné à coups de baïonnette par Jean Filliol. Cette mort a valeur de symbole : Navachine était soviétique, communiste, franc-maçon et très lié avec le gouvernement de Front populaire. »</p>
<p>Enhardis, le 11 septembre 1937, les cagoulards font sauter à la bombe le siège de la Confédération Générale du Patronat Français et celui de l’Union des Industries Métallurgiques dans le but de faire accuser les communistes. Deux gardiens de la paix en faction décèdent. Qui a monté le coup ? L’Union des Enfants de Gergovie, groupe de Clermont Ferrand lié à la Cagoule, dont Pierre Michelin est chef de section. La presse de droite tonne contre syndicalistes, communistes et socialistes. Ainsi Le Temps écrit « La vérité est que la campagne marxiste des syndicalistes contre la société actuelle et contre l’ordre établi sont à l’origine de toute cette affaire… » Cependant, cette provocation n’atteint pas son but et l’affaire se retournera plus tard contre ses auteurs.</p>
<h3> <img src='http://www.gaucherepublicaine.org/wp-includes/images/smilies/icon_cool.gif' alt='8)' class='wp-smiley' /> Du 15 au 16 novembre 1937, échec du coup d’état fomenté par la Cagoule</h3>
<p>Le projet planifié par l’OSARN est assez simple :</p>
<ol>
<li>faire croire aux généraux amis que les communistes prévoit un putsch pour la nuit du 15 au 16 novembre.</li>
<li>provoquer un coup d’état militaire ce soir-là pour protéger la France contre cette action des communistes</li>
<li>lancer dans le même temps les bataillons de la Cagoule à l’assaut des bâtiments abritant le pouvoir en se présentant comme défenseurs de la patrie face aux rouges.</li>
</ol>
<p>Selon Pierre Péan ( Le Mystérieux Docteur Martin, p. 140), Deloncle avait rencontré dès novembre 1936 le général Henri Giraud qui avait promis son aide en cas de soulèvement communiste ; les cagoulards se rangeraient sous ses ordres en échange. Très satisfait, Giraud « est évidemment d’accord pour travailler avec les gens de l’OSARN et souhaite la meilleure réussite à l’entreprise de Deloncle et Duseigneur »</p>
<p>Début novembre 37, les généraux Georges, Dufieux et Jeannel sont dans la confidence concernant le coup d’état projeté par les communistes. D’autres liens sont assurés.</p>
<p>Dans la nuit du 15 au 16 novembre, toutes les forces de l’OSARN sont à leurs postes de combat pour s’emparer de l’Elysée, de Matignon, des ministères, des points stratégiques de la capitale&#8230; D’autres groupes disposent de l’adresse, parfois même des plans des appartements de personnalités à arrêter ou exécuter.</p>
<p>Tout ce beau monde attend l’ordre d’Eugène Deloncle. Les minutes passent ; les heures passent. Et Eugène Deloncle ne donne pas l’ordre attendu. En l’absence de tout action des militaires, la Cagoule n’a effectivement pas les moyens de renverser la république dirigée par le Front populaire. D’autres cagoulards comme Filliol poussent cette nuit-là à lancer l’opération sans l’armée&#8230; mais Deloncle ne donne toujours pas l’ordre attendu. Au petit matin, les milliers de conspirateurs rentrent chez eux.</p>
<p>Durant la semaine suivante, la police (dirigée par l’actif ministre de l’intérieur Marc Dormoy) découvre une partie de l’opération projetée.</p>
<p>La revue Le Monde2 apporte des informations intéressantes concernant l’armement de la Cagoule ainsi découvert :</p>
<p>« A chaque brigade correspondait un dépôt d’armes sans compter les trois dépôts centraux.</p>
<p>« A Paris, on a découvert au total 7740 grenades, 34 mitrailleuses, 195 fusils Schmeisser, 85 fusils Beretta, 148 fusils de chasse, 300938 cartouches, 166 kilos d’explosifs. La plupart de ces armes étaient entreposées dans des caves où des maçonneries secrètes avaient été pratiquées, grâce aux moyens financiers d’origine inconnue dont disposait le CSAR (autre nom de l’OSARN). Au 37 de la rue Ribera par exemple, sous une pension de famille, un déclic faisait pivoter une paroi pour découvrir un poste de commandement capitonné de carton insonore, muni d’un téléphone clandestin.</p>
<p>« En banlieue, on trouva des dépôts à Annet-sur-Marne, Limeil-Brévannes, Villemomble, et dans l’Aisne à Attilly. En dehors des armes classiques, la Cagoule disposait d’engins explosifs à retardement et de portemines lançant des liquides aveuglants. »</p>
<p>Ces armes provenaient de cambriolages dans les casernes et surtout d’importations étrangères de Suisse, d’Espagne, d’Italie, d’Allemagne (fusils Schmeissel) et surtout de Belgique.</p>
<p>Mais la guerre approche et le procès de la Cagoule n’aura en fait jamais lieu réellement. D’importantes caches d’armes seront découvertes ici et là, par exemple dans le château de Saint-Vincent-le-Paluel, brûlé en 44 par les Allemands, où les Cagoulards avaient entreposé, avec l’accord du prince de Croÿ, dans le souterrain, un stock considérable d’armes.</p>
<h3>9) Quelques acteurs de la Cagoule et leur devenir</h3>
<p>• EUGENE DELONCLE était, comme nous l’avons vu le chef incontesté des cagoulards. Sa culture antirépublicaine virulente l’amenait naturellement vers le fascisme. En 1940, il rejoint l’amiral Darlan, regroupe d’anciens cagoulards, crée le Mouvement social révolutionnaire pour la Révolution nationale, puis participe au Rassemblement National Populaire de Déat.</p>
<p>Il est assassiné en janvier 1944. Son fils Louis, dirigera la branche espagnole de L’Oréal.</p>
<p>• JEAN FILLIOL se vante comme les précédents d’être un chrétien pratiquant militant. Fils d’un sergent de carrière comme Deloncle est le fils d’un officier de marine. Professionnellement, il s’insère comme cadre commercial chez Hachette. Le 6 février 1934, c’est lui qui dirige la charge des Camelots du Roi vers l’Assemblée nationale. En février 36, son groupe tente d’assassiner Blum qui est blessé. C’est encore lui qui assassine Navachine de sa baïonnette qu’il avait raccourcie pour plus de facilité. C’est probablement encore lui qui réussit la provocation du cinéma de Clichy. C’est encore lui qui assassine les frères Rosselli. C’est encore lui qui dirige l’opération de Toussus le Noble détruisant les avions destinés à l’Espagne républicaine. C’est encore lui qui fait sauter les deux immeubles du Patronat en 1937. Après l’échec du coup d’état de la cagoule, il passe en Espagne aux côtés des franquistes.</p>
<p>Début 1941, Filliol revient en France pour participer au MSR avec ses vieux amis cagoulards les Eugène, Deloncle et Schueller. Il s’active dans la sinistre Légion des Volontaires Français contre le bolchévisme, est affecté par son ami Joseph DARNAND à la Franc-garde de la Milice au début de 1944 dans le Limousin avant de prendre la tête du sinistre deuxième bureau de la Milice (renseignement, interrogatoires, torture&#8230;) à Limoges. Son service sera impliqué dans le choix d’Oradour sur Glane comme village martyr, brûlé avec ses habitants. Lorsque le régime pétainiste s’effondre et que les armées alliées atteignent le Rhin, Filliol continue encore à monter des maquis blancs pro-hitlériens en France depuis l’Allemagne. Comme les miliciens français qui forment la dernière défense du bunker de Hitler, Filliol lutte jusqu’au bout. D’Allemagne, il réussit à rejoindre Darnand dans le Nord de l’Italie pour combattre la Résistance italienne. En 45, tous ses compagnons sont fait prisonniers ; malgré sa blessure assez grave, il traverse le Midi puis les Pyrénées pour atteindre l’Espagne où Schueller en fait son sous-directeur de L’Oréal. Il finira sa vie dans la péninsule ibérique où Franco le protège de trois condamnations à mort.</p>
<p>• Eugène SCHUELLER. Né le 20 Mars 1881. Créateur d’un groupe capitaliste comprenant : l’Oréal, Monsavon, les vernis Valentine et le shampoing Dop, il lance plusieurs journaux et revues. Financeur principal de la Cagoule, il continue à travailler politiquement dans le milieu pétainiste avec Eugène Deloncle et d’autres cagoulards en 1940. C’est ainsi qu’il est un des fondateurs du fasciste et collaborationniste MSR, avec le soutien de l’ambassadeur du Reich, Otto Abetz, et l’approbation personnelle du chef de la Gestapo, Reinhardt Heydrich. Les réunions de la direction du MSR se tiennent au siège de L’Oréal (14, rue Royale à Paris).</p>
<p>Le 22 juin 1941, le Reich attaque l’Union soviétique. Deloncle et Schueller décident de créer la Légion des volontaires français (LVF) pour combattre le bolchévisme sur le front de l’Est et de la placer sous l’autorité de Jacques Corrèze. Tous ses membres prêtent serment d’allégeance au führer.</p>
<p>Grâce au témoignage d’André Bettencourt et de François Mitterrand, Eugène Schueller est relaxé à la Libération au motif qu’il aurait aussi été résistant. L’Oréal devient le refuge des vieux amis. André Bettencourt rejoint la direction du groupe. Avec l’aide de l’Opus Dei, Henri Deloncle (frère d’Eugène) développe L’Oréal-Espagne où il emploie Jean Filliol. Quant à Jacques Corrèze, il devient patron de l’Oréal-États-Unis. En 1950, André Bettencourt épouse Liliane, la fille unique d’Eugène Schueller.</p>
<p>• JOSEPH DARNAND, militant d’Action Française depuis 1923, président du comité directeur de ses anciens combattants puis responsable de la Cagoule pour le Sud-ouest de la France. Arrêté en 1938, il bénéficie d’un non-lieu. En 1940, il prend la direction de la Légion française des combattants sur Nice et fait partie comme Deloncle, Mèténier, Martin et autres cagoulards des organisateurs des Groupes de Protection. Il fonde sur les Alpes Maritimes le premier Service d’Ordre Légionnaire. lorsque le SOL est étendu à toute la France, Darnand en prend la direction à Vichy.</p>
<p>Le 30 janvier 1943, le SOL devient la Milice, toujours sous les ordres réels de Darnand. Ses services sont fort appréciés des nazis ; en août 1943, il est nommé SS-Frw-Obersturmführer (lieutenant) de la Waffen-SS. Le 30 décembre 1943, à la demande des Allemands, il est nommé par Pétain « secrétaire-général au maintien de l’ordre » sur toute la France. Comptant environ 35000 hommes, la Milice va perpétrer un grand nombre de crimes qu’il serait trop long de rappeler ici. Darnand combat en Allemagne dans la division SS Charlemagne puis en Italie contre les Résistants. Arrêté par les Britanniques, il sera fusillé le 10 octobre 1945.</p>
<p>• Henri MARTIN, dit le DOCTEUR MARTIN. Né en 1895. Médecin à la Salpétrière, longtemps actif dans l’Action française (secrétaire général adjoint pour la région parisienne), conseiller de Henri Dorgères dirigeant du mouvement paysan fascisant des « chemises vertes&#8221;, nous avons déjà signalé son rôle éminent à la tête du service de renseignements de la Cagoule. Après le coup d’état projeté de novembre 37, il s’enfuit pour l’Italie avant d’être grâcié par le radical Daladier qui le nomme capitaine médecin. En 1940, il entre dans les pétainistes Groupes de Protection avec Mètenier. En cavale lors du procès de la cagoule en 1948, il participe dans les années 1950 au réseau clandestin Grand O contre la 4ème République aux côtés des généraux Lionel-Max Chassin et Paul Cherrière. Il est un des instigateurs du premier putsch d’Alger. Recherché pour sa participation à la « Semaine des barricades » à Alger en janvier 1960, puis pour son rôle dans le Putsch des Généraux du 23 avril 1961, proche de l’OAS, il est arrêté puis condamné à 10 ans de travaux forcés. Il est le père de Danièle Martin mariée à Pierre de Villemarest.</p>
<p>• ANDRE BETTENCOURT n’a que 17 ans en 1936. Après la défaite de 1940, il devient le patron français de la PropagandaStaffel, placé sous la triple tutelle du ministre de la propagande, Joseph Goebbels, de la Wehrmacht et de la Gestapo&#8230; De1940 à 1942 il dirige l’hebdomadaire collaborationniste La Terre Française où il laisse libre cours à son antisémitisme &#8220;Pour l’éternité leur race est souillée&#8221;. A Vichy, il partage son bureau avec Jean Ousset, le responsable du mouvement de jeunesse de la Légion française des combattants de Joseph Darnand.</p>
<p>Fin 1942, André Bettencourt est envoyé par Eugène Schueller « aryaniser » la société Nestlé en Suisse, dont le patron de L’Oréal est devenu l’un des actionnaires principaux. A la Libération, il reçoit la Croix de guerre 1939-1945, la rosette de la Résistance et la Croix de chevalier de la Légion d’honneur alors qu’aucune preuve réelle ne prouve son action en ce sens. Son bureau Rue Saint Dominique de la PropagandaStaffel devient une résidence de l’Opus Dei. Il crée le Journal agricole, pour les anciens lecteurs du pétainiste La Terre française. Devenu Indépendant et Paysan comme beaucoup d’anciens pétainistes il sera plusieurs fois député et ministre sous les 4ème et 5ème République. Marié avec la fille d’Eugène Schueller qui devient Liliane Bettencourt, plus grande fortune française.</p>
<p>• JEAN DEGANS, deviendra le responsable national du deuxième service (renseignement, interrogatoires&#8230;) de la Milice et sera le supérieur hiérarchique de Paul Touvier. Directeur des renseignements généraux, il travaille main dans la main avec la Gestapo. Il porte la responsabilité de l’assassinat de Jean Zay puis combattra jusqu’au bout en 1945, menant des actions de sabotage. Bénéficiant de protections diverses, à ma connaissance, il échappera à toutes les recherches.</p>
</td></tr></table>]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>La &#8220;comedia&#8221; de l&#8217;allocation de rentrée scolaire (ARS) : on en rirait si les inégalités sociales éducatives n&#8217;étaient en jeu</title>
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		<pubDate>Tue, 17 Aug 2010 21:53:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator> L'Union des FAmilles Laïques</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Combat social]]></category>

		<category><![CDATA[Ecole publique]]></category>

		<category><![CDATA[Politique française]]></category>

		<category><![CDATA[ReSPUBLICA]]></category>

		<category><![CDATA[lettre 639]]></category>

		<category><![CDATA[Rentrée scolaire]]></category>
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		<respu:topcategoryid>43</respu:topcategoryid>
		<respu:topcategoryname>Politique française</respu:topcategoryname>
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			<content:encoded><![CDATA[<table><tr><td><p>2,9 millions de familles défavorisées (10 millions d’enfants de 6 à 18 ans) perçoivent cette allocation sous condition de ressources pour un montant allant de 280,76 euros à 306,51 euros suivant l’âge de l’élève.<span id="more-2036"></span></p>
<p>Remarquons d’abord que l’allocation reste bloquée au niveau de l’année dernière. Et qu’au lieu de débattre sérieusement, la majorité de gouvernement tente de détourner l’attention des citoyens et de leurs familles du sujet principal : ne plus accepter des inégalités sociales éducatives entre élèves (par exemple, pour des familles plus défavorisées, une rentrée scolaire en seconde professionnelle coûte deux fois plus cher qu’en seconde d’enseignement général).</p>
<p>Acte I, le député UMP Édouard Courtial propose de remplacer l’ARS par des bons d’achats ; acte II, la proposition est de suite écartée par la secrétaire d’État Nadine Morano. Cacophonie ? Cette dernière se donne le beau rôle, tandis que, dans les coulisses, la pièce est déjà jouée ! Dès juin dernier, le ministère de l’Éducation nationale, la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution, ainsi que les distributeurs des grandes enseignes ont déjà signé, pour la troisième année consécutive, un accord d’engagement sur le prix de certaines fournitures scolaires. Ce lobbying bien installé va permettre à certains de décerner un satisfecit à l’action gouvernementale avec des chiffres non contrôlés et qui de toute façon ne portent que sur une partie des coûts que les parents ont à engager pour la rentrée de leurs enfants.</p>
<p>De plus, la grande majorité de ceux-ci n’est même pas au courant de cette liste (la transparence, l’efficacité de la communication du gouvernement ne vont pas jusque-là !) et beaucoup fréquentent des magasins ne dépendant pas de ces enseignes, etc.</p>
<p>Nous réitérons donc nos analyses sur le système actuel et notre proposition visant à diminuer les inégalités sociales éducatives :</p>
<ol>
<li>la simple modulation en fonction de l’âge est insuffisante, il faudrait pour le moins tenir compte du type d’établissement (notamment professionnel et technique) ;</li>
<li>le coût de la rentrée devrait être contrôlé démocratiquement et sur tous les territoires par un organisme de l’État avec la possibilité de préciser les fournitures concernées et de réfléchir aux moyens de mutualiser et d’optimiser les prix d’achat, notamment par des systèmes d’appels d’offres ;</li>
<li>car notre proposition est que l’école de 6 à 18 ans doit être laïque et GRATUITE en totalité.</li>
</ol>
<p>Voilà ce qui devrait constituer un droit pour tous et donc la fin du système actuel où les familles défavorisées cumulent toutes les inégalités sociales : éducatives, de santé, d’espérance de vie, de salaire, etc. D’une façon générale, l’école doit être un droit partout et pour tous et le financement de cette école doit être levé par l’impôt en fonction des revenus et du patrimoine, selon un barème progressif.</p>
</td></tr></table>]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>Il faut empêcher la lapidation de Sakineh</title>
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		<pubDate>Sun, 15 Aug 2010 13:43:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bernard-Henri Lévy</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Combat féministe]]></category>

		<category><![CDATA[Extrême-droite religieuse]]></category>

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		<respu:articleid>2040</respu:articleid>
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		<respu:topcategoryname>Combat féministe</respu:topcategoryname>
		<respu:meta_url><![CDATA[http://www.liberation.fr/monde/0101652139-il-faut-empecher-la-lapidation-de-sakineh?xtor=EPR-450206TI]]></respu:meta_url>

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		<description><![CDATA[«Sakineh Mohammadi Ashtiani attendait dans la prison de Tabriz, dans l’ouest de l’Iran, où elle croupit depuis cinq ans, la réponse à une demande de réexamen de son cas – prévue, initialement, pour le 15 août.
Son “crime” (qu’elle n’a avoué, rappelons-le, que sous la torture et qui consisterait, selon ses accusateurs, à avoir eu deux [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<table><tr><td><p>«Sakineh Mohammadi Ashtiani attendait dans la prison de Tabriz, dans l’ouest de l’Iran, où elle croupit depuis cinq ans, la réponse à une demande de réexamen de son cas – prévue, initialement, pour le 15 août.<span id="more-2040"></span></p>
<p>Son “crime” (qu’elle n’a avoué, rappelons-le, que sous la torture et qui consisterait, selon ses accusateurs, à avoir eu deux relations amoureuses hors mariage) avait déjà été puni par 99 coups de fouet administrés en présence de l’un de ses deux enfants. Mais voilà qu’une nouvelle et nébuleuse accusation a débouché, il y a quelques mois, sur une condamnation à mort – et pas n’importe quelle mort puisqu’il devrait s’agir d’une mort par lapidation!</p>
<p>«L’opinion internationale, touchée par l’horreur de cette menace qui pèse sur Sakineh, attendait avec elle la révision d’un verdict aussi inique que barbare quand, le 11 août au soir, se produisit l’un de ces coups de théâtre dont l’Iran commence à être coutumière: le régime diffusait à la télévision, dans une émission de grande écoute, les prétendus “aveux” de la jeune femme qui, couverte par un tchador noir qui ne laissait voir que son nez et l’un de ses yeux, tenant une feuille de papier entre les doigts comme si elle récitait une leçon mal apprise, une voix off en farsi couvrant sa propre voix qui s’exprimait dans sa langue maternelle, l’azéri, confessait sa supposée “complicité” dans le meurtre de son mari.</p>
<p>«Son actuel avocat, Hutan Kian, a affirmé que cette déclaration, contraire à toute vraisemblance, a été arrachée à nouveau sous la torture, et rapporte que les enfants de Sakineh sont, quant à eux, “complètement traumatisés” par l’émission. Outre le fait que l’on peut avoir des doutes sur l’identité de la femme qui est apparue ce soir-là sur les écrans, dissimulée sous un tchador étonnamment couvrant, ces propos vont par ailleurs clairement à l’encontre de ceux <a href="http://www.guardian.co.uk/world/2010/aug/06/sakineh-mohammadi-ashtiani-iran-interview">rapportés par le Guardian</a>, la semaine dernière, et où Sakineh expliquait que les autorités iraniennes l’avaient déjà, en 2006, lavée de cette accusation infâme; qu’elles mentaient donc sciemment en ­revenant ainsi sur une charge abandonnée depuis longtemps et ce dans le seul but de semer la confusion dans les médias et de les préparer à une exécution à la sauvette; et que la “justice” ne s’obstinait sur son cas que “parce qu’elle est une femme” et qu’elle vit “dans un pays où les femmes sont privées de leurs droits les plus élémentaires”.</p>
<h3>«Ne pas fermer les yeux sur une mise en scène aussi grossière»</h3>
<p>«Que Sakineh soit privée de ses droits les plus élémentaires, cela ressort du fait qu’elle n’a même pas eu droit, dans cette affaire, à un jugement limpide, dans une langue qu’elle puisse comprendre: “Quand le juge a prononcé la sentence, a-t-elle déclaré au Guardian, je n’ai même pas réalisé que j’allais être lapidée à mort car j’ignorais ce que signifiait le mot “rajam”; ils m’ont demandé de signer la sentence, ce que j’ai fait, et quand je suis retournée en prison et que mes codétenues m’ont avertie que j’allais être lapidée, je me suis immédiatement évanouie.” Cela est confirmé par les mésaventures de son ancien avocat, Mohammad Mostafaei, qui avait attiré l’attention internationale sur son cas et qui s’est vu, pour cela, menacé d’emprisonnement (il n’a dû son salut qu’à la fuite en Turquie où il attend un visa pour la Norvège – mais non sans que son épouse, Fereshteh Halimi, ait été retenue en otage et emprisonnée). Cela est enfin attesté par le fait que, nonobstant l’horreur de la chose même, et quitte à entrer dans les détails les plus scabreux, une mise à mort par lapidation n’est possible en “droit” iranien que lorsque la famille de la victime en fait la demande (ce qui, dans le cas de Sakineh et de sa famille, n’est pas le cas).</p>
<p>«Mais par-delà ces considérations dans lesquelles nous n’avons ni le goût ni peut-être, désormais, vraiment le temps d’entrer, il est urgent d’intervenir pour empêcher une mise à mort dont les observateurs de la scène iranienne ont tout lieu de redouter l’imminence. Il est urgent de répondre à l’appel des enfants de Sakineh, Fasride et Sajjad Mohammadi Ashtiani, nous adjurant de ne pas fermer les yeux sur une mise en scène aussi grossière et de ne pas laisser leur “cauchemar devenir réalité”. Il est urgent d’exiger des autorités, pour Sakineh, le renoncement à toute forme d’exécution, une remise en liberté sans délai et la reconnaissance de son innocence. Des dizaines de femmes sont, chaque année, en Iran, condamnées au fouet, à la lapidation ou à d’autres peines dont la barbarie glace, tout autant, les sangs: il est urgent, au-delà même du cas de Sakineh, que l’ONU rappelle au régime des mollahs les promesses faites, en 2002 et en 2008, quant à l’abolition de ce type de châtiments. La vie d’une femme est jeu. La liberté et la dignité de milliers d’autres se jouent également là. Et il s’agit enfin de l’honneur d’un grand pays, doté d’une culture aussi magnifique qu’immémoriale, et qui ne peut se voir résumer, sous les yeux du monde, au visage ensanglanté, réduit en bouillie, d’une femme lapidée. Pitié pour Sakineh. Pitié pour l’Iran.</p>
<h3>Les premiers signataires</h3>
<p>Wole Soyinka, Bernard-Henri Lévy, Patrick Modiano, Milan Kundera, Jorge Semprún, Ségolène Royal, Rachida Dati, Simone Veil, Marjane Satrapi, Juliette Binoche, Mia Farrow Bob Geldof, Taslima Nasrin, Ayaan Hirsi Ali, Jody Williams, Sussan Deyhim, Yann Richard, Elisabeth Badinter, Lionel Jospin, Sylviane Agacinski, Martine Aubry&#8230;</p>
<p>La liste des signatures est consultable sur le site de Bernard-Henri Levy <a href="http://www.bernard-henri-levy.com/il-faut-empecher-la-lapidation-de-sakineh-8386.html">ici</a>.</p>
</td></tr></table>]]></content:encoded>
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		<title>Retraites : combattre les dogmes du néolibéralisme pour penser libre !</title>
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		<comments>http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/retraites-combattre-les-dogmes-du-neoliberalisme-pour-penser-libre/2100#comments</comments>
		<pubDate>Wed, 11 Aug 2010 22:19:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bernard Teper</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Combat social]]></category>

		<category><![CDATA[Lutter contre le néo-libéralisme]]></category>

		<category><![CDATA[Politique]]></category>

		<category><![CDATA[Politique française]]></category>

		<category><![CDATA[Protection sociale]]></category>

		<category><![CDATA[ReSPUBLICA]]></category>

		<category><![CDATA[lettre 639]]></category>

		<category><![CDATA[Retraites]]></category>
		<respu:articleid>2100</respu:articleid>
		<respu:topcategoryid>43</respu:topcategoryid>
		<respu:topcategoryname>Politique française</respu:topcategoryname>
		<respu:meta_url><![CDATA[http://www.ufal.info/sante-protection-sociale/retraites-combattre-les-dogmes-du-neoliberalisme-pour-penser-libre/1376]]></respu:meta_url>

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		<description><![CDATA[Comme souvent, une pensée libératrice, un projet émancipateur ne peut naître qu’à condition de pouvoir penser hors des dogmes qui sont véhiculés ici et là par des organisations, leurs clercs et leurs catéchismes. A une certaine époque, il fallait se battre pour pouvoir penser hors des croyances de l’immaculée conception, du soleil qui tournait autour [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<table><tr><td><p>Comme souvent, une pensée libératrice, un projet émancipateur ne peut naître qu’à condition de pouvoir penser hors des dogmes qui sont véhiculés ici et là par des organisations, leurs clercs et leurs catéchismes. A une certaine époque, il fallait se battre pour pouvoir penser hors des croyances de l’immaculée conception, du soleil qui tournait autour de la terre, voire de l’école aux mains des structures religieuses, de l’Etat et des églises qui ne devaient pas être séparés, etc.<span id="more-2100"></span><br />
Aujourd’hui, des dogmes d’une brutalité de même nature nous sont assénés. Mais ce sont des dogmes financiers et économiques. Là, aussi, certaines organisations, leurs clercs et leurs catéchismes sont là pour montrer la seule pensée conforme au « bon sens ».<br />
Il n’y a pas un dossier dans lequel les « grands » de ce monde ne s’appuient pas sur des dogmes pour régner sur ce bas monde. Et les clercs qu’ils soient nommés experts, présentateurs télé ou responsables politiques, syndicaux, mutualistes ou associatifs sont en général bien récompensés pour leur triste besogne.<br />
Continuons notre propos sur le dossier des retraites.<br />
Là, les « réformateurs » s’appuient sur plusieurs dogmes qui s’intègrent les uns aux autres comme dans des poupées russes. Sans être exhaustif, car nous connaissons pas toutes les sectes néolibérales avec leurs dogmes spécifiques. Mais la plupart officient avec les dogmes suivants :</p>
<ol>
<li>« Mon bon monsieur, ma bonne dame », <strong>il y a de plus en plus de retraités et de moins en moins d’actifs, il est donc nécessaire de « réformer » pour « sauver notre système de retraite par répartition »</strong><br />
Cet argument de la démographie plein de « bon sens » ne résiste pas à l’analyse. Il est équivalent à celui du paysan du Moyen Age qui s’il était assis sur une chaise toute la journée voyait le sol immobile et le soleil tourner autour de lui!<br />
Et puis, c’est un argument qui rappelle les oiseaux de mauvaise augure d’après 1945 qui prévoyaient la famine par ce que la nouvelle société diminuait fortement le nombre de paysans avec un grand accroissement du nombre de bouches à nourrir. On sait aujourd’hui qu’avec 2,8% de paysans en France, on a pas de problème de nourriture car la production totale et la répartition de cette production est satisfaisante pour nourrir la population. Je ne parle là que de l’aspect quantitatif et pas qualitatif dans une simplification nécessaire au raisonnement quantitatif des oiseaux de mauvais augure. Je conviens bien sûr que ce point qui est un autre problème important à prendre en compte dans un autre article.<br />
Pour en revenir aux retraites, nous pouvons détruire le dogme de ces clercs avec les chiffres qu’ils ont produits eux-mêmes. Là, je mets de coté la nécessaire critique écologique de l’indicateur PIB (qui mesure pour ces clercs la richesse produite en une année par tous les travailleurs français et étrangers travaillant sur notre territoire) qui mériterait un autre article. Tous les clercs s’appuient sur les chiffres produits par le Conseil d’orientation des retraites (COR). Montrons que leurs propres chiffres peuvent se retourner contre eux si et seulement si, on refuse le dogme du « problème démographique »<br />
Le COR dit que la richesse a doublé dans les 40 années qui viennent de s’écouler et qu’en 2050, la richesse sera 90% plus importante qu’aujourd’hui. Donc si la richesse est aujourd’hui 100, elle sera de 190 en 2050. Le COR dit qu’aujourd’hui, nous sommes dans une répartition actifs retraités de 10 actifs pour 6 retraités et qu’en 2050, nous serons 10 actifs pour 9 retraités. Donc la richesse par habitant passe d’un multiple de 100/16 = 6,25 au même multiple de 190/19 = 10. Et là, un enfant de CM2 est capable de faire mieux qu’un expert néolibéral Bac +35 car il sait lui que 190/19 , c’est plus important que 100/16. donc la richesse par habitant va croitre de 10/6,25 = 1,6 ; ce qui veut dire que pour une richesse qui augmentera de 90%, la richesse potentielle par salarié progressera de 60%.en moyenne.<br />
Il n’y a donc pas de problème démographique.<br />
Mais pour que cette augmentation de richesse potentielle puisse se transformer en augmentation de richesse effective, il faut combattre d’autres dogmes dont les dogmes de l’intangibilité de la répartition des richesses et de la non-possibilité d’augmentation des cotisations dites patronales.</li>
<li>« Mon bon monsieur, ma bonne dame », <strong>la répartition des richesses est aujourd’hui optimale et on ne doit pas la changer.</strong><br />
Si on se réfère aux chiffres de la Commission européenne, le différentiel du curseur de la répartition des richesses (les économistes parlent de la déformation de la valeur ajoutée) entre salaires et cotisations sociales d’une part et profits d’autre part a bougé de 9,3 points de PIB depuis 28 ans au détriment des premiers. En euros 2010, on peut dire, avec un PIB 2010 de l’ordre de 2000 milliards d’euros, que si aujourd’hui le curseur était placé comme en 1982, nous aurons dans le camp du salaire 9,3 x 2000 soit un différentiel de plus de 180 milliards d’euros dont nous pouvons imaginer ce que nous pourrions en faire pour augmenter les salaires, les pensions, le nombre de crèches, le nombre de maisons de retraite, les centres de santé, les implantations hospitalières, etc. Grâce au néolibéralisme, nous ne pouvons avoir ce débat puisque cette somme est partie gonfler les dividendes des actionnaires et le financement des économies parallèles via les paradis fiscaux vu que l’investissement des entreprises n’a pas augmenté dans la période.</li>
<li>« Mon bon monsieur, ma bonne dame », <strong>pour garder la rentabilité de nos entreprises, il ne faut pas augmenter les cotisations patronales sinon, c’est la fin du monde !</strong> Il faut donc expliquer pourquoi la Belgique, la Suède et le Danemark ont des taux de prélèvements supérieurs sans que le ciel leur tombe sur la tête. D’autre part, le taux des prélèvements obligatoires est un indicateur dont il ne faut pas surestimer la pertinence dans la mesure ou les pays qui ont des structures publiques plus importantes voient leur taux de prélèvement obligatoire augmenter car :
<ul>
<li>la définition des prélèvements obligatoires englobe aussi les impôts et les cotisations sociales que les administrations publiques se versent entre elles</li>
<li>à déficit public constant, une nouvelle subvention à la recherche tend à accroître les prélèvements obligatoires, alors que cela n’est pas le cas d’une nouvelle exonération d’impôt en faveur de la recherche.</li>
</ul>
<p>Par ailleurs, le niveau des prélèvements obligatoires est très lié à la conjoncture économique des Etats et qu’une diminution des remboursements Sécu et une forte augmentation des complémentaires santé diminue le taux des prélèvements obligatoires par ce que ce taux ne prend pas en compte les prélèvements facultatifs absolument nécessaires à court terme.En fait, ce qui compte pour les entreprises, c’est qu’il y est de la demande et que les citoyens aient des capacités élargies pour consommer. La diminution des prélèvements obligatoires n’est qu’une nécessité pour les capitalistes pour augmenter leurs profits.</li>
<li>« Mon bon monsieur, ma bonne dame », <strong>il est normal que toute augmentation d’espérance de vie soit divisée pour deux tiers pour l’augmentation de la durée d’activité et pour un tiers pour l’augmentation de la durée de retraite.</strong> Répondez-leur : au nom de quoi parlent-t-ils ? Le mouvement d’émancipation des citoyens et des salariés correspond à une augmentation de la durée de retraite où le salarié n’est plus soumis à l’employeur et ou il peut avoir une activité libre. En incidente, il faut leur répondre alors que la majorité de la classe d’âge n’est plus salariée à partir de 58,8 ans, et que toute augmentation de la durée de cotisation ne fait donc qu’accroître le chômage des seniors.</li>
<li>« Mon bon monsieur, ma bonne dame », <strong>pour que le système fonctionne bien, il faut augmenter la contributivité du salarié.</strong> Comprenez par là que le système de retraites par répartition soit un système de retraites réalisé sous le mode du revenu différé avec neutralité actuarielle c’est-à-dire que le montant total de la retraite doit être égal aux cotisations versées. Et que bien sûr, <a href="http://www.ufal.info/sante-protection-sociale/retraites-il-ne-peut-y-avoir-de-revolution-que-la-ou-il-y-a-conscience/1436">il faut supprimer tout système par répartition réalisé sous le mode du salaire socialisé lié à la qualification</a>.</li>
<li>« Mon bon monsieur, ma bonne dame », <strong>pour que le système fonctionne bien, il ne faut pas que les retraites soient indexés sur les salaires mais sur les prix.</strong> Comprendre par là que la première décision scélérate fut celle prise par Philippe Seguin en 1987 est celle qui supprima l’indexation des retraites sur les salaires pour l’indexer sur les prix. Par cette décision, Philippe Seguin et sa majorité d’alors est le principal responsable de la baisse du taux de remplacement des retraites qui a suivi.</li>
<li>« Mon bon monsieur, ma bonne dame », <strong>ce que le COR dit est la vérité révélée !</strong><br />
Les résultats des études du COR sont principalement liés aux hypothèses utilisées. Pris « la main dans le sac » en 2007, ils ont été obligés de changer leurs hypothèses dogmatiques farfelues et donc de changer les résultats. Par exemple, pourquoi prendre 1,8 comme taux de fécondité alors que la France est championne d’Europe avec plus de 2 enfants par femme, pourquoi prendre un volant d’immigration annuel de 50.000 personnes quand il est plus proche de 100.000, pourquoi prendre une augmentation d’espérance de vie d’un trimestre par an alors qu’en réalité on est à 0,44 trimestre par an, etc. On voit bien là que le fait de modifier certaines hypothèses influe sur le résultat et que les économistes et experts néolibéraux aux ordres savent aussi manipuler les chiffres!</li>
</ol>
<p>Eh oui, après les 7 péchés capitaux (dont tous ne sont pas à condamner…) voilà les 7 dogmes qu’il paraît nécessaire de combattre !</p>
</td></tr></table>]]></content:encoded>
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		<title>Dans quelle crise sommes-nous ? (2)</title>
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		<pubDate>Sat, 24 Jul 2010 12:17:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe Hervé</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Economie]]></category>

		<category><![CDATA[Lutter contre le néo-libéralisme]]></category>

		<category><![CDATA[Politique]]></category>

		<category><![CDATA[ReSPUBLICA]]></category>

		<category><![CDATA[Crise du capitalisme]]></category>

		<category><![CDATA[lettre 639]]></category>
		<respu:articleid>2047</respu:articleid>
		<respu:topcategoryid>36</respu:topcategoryid>
		<respu:topcategoryname>Lutter contre le néo-libéralisme</respu:topcategoryname>
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		<description><![CDATA[« La crise c’est quand le vieux se meurt et que le jeune hésite à naître » Antonio Gramsci
Il y a un an, dans notre article de juin 2009, nous tentions de définir les caractéristiques profondes de la crise que nous traversions.
Nous insistions tout particulièrement sur son caractère systémique, c’est-à-dire que toute mesure visant à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<table><tr><td><p style="text-align: right;">« La crise c’est quand le vieux se meurt et que le jeune hésite à naître » Antonio Gramsci</p>
<p>Il y a un an, dans notre <a href="http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/dans-quelle-crise-sommes-nous/194">article</a> de juin 2009, nous tentions de définir les caractéristiques profondes de la crise que nous traversions.<br />
Nous insistions tout particulièrement sur son caractère systémique, c’est-à-dire que toute mesure visant à servir de panacée à la crise est en fait un accélérateur de la dépression. Dans cette conjoncture, les remèdes dits keynésiens n’avaient aucune chance de réussite, du fait en particulier du caractère hyper monopoliste du turbocapitalisme contemporain, et de l’imposition de « circuits longs » dans la production et la consommation des marchandises en dehors des espaces nationaux (contrairement aux années trente). <span id="more-2047"></span></p>
<p>Enfin, nous proposions la thèse du « pli historique » ouvert au 16ème siècle qui, pareillement à cette époque, voit aujourd’hui la remise en cause de la définition même de la Valeur aussi bien sous son  aspect  purement comptable que sous l’angle de la  valorisation des « nouvelles économies », incapables pour beaucoup d’entre elles de définir des modèles économiques viables.  Mais l’élément saillant et immédiatement  visible, de cette crise venue des grandes  profondeurs  du « mystère de  la Valeur », reste pour le simple observateur la lente consumation d’un système bancaire… en mort clinique.</p>
<p>Dans l’année écoulée, tous  les événements ont  contribué à conforter notre position. Les périodiques annonces de « sortie de crise » ne sont  que des illusions médiatiques dans l’espace occidental.</p>
<h3>Où en sommes-nous donc à l’orée de l’an IV de la « Très Grande Dépression » ?</h3>
<p>La crise globale de la  définition de la Valeur connaît une nouvelle métastase avec les remises en cause des monnaies comme « équivalents universels » de la Valeur réalisée, c’est-à-dire des prix de la marchandise. Au prétexte de la « crise grecque », l’instabilité monétaire devient depuis quelques mois l’élément principal de « l’actualité catastrophe ». Contrairement aux fines analyses de certains conformistes, ce n’est pas la « crise grecque » (ou espagnole, portugaise, italienne et demain française) qui engendrerait la crise de la monnaie euro.</p>
<p>Tout au contraire, c’est la crise de la création monétaire, depuis des années mais avec une accélération asymptotique depuis 36 mois, qui engendre la crise des États  surendettés. L’émission monétaire monstrueuse est liée à l’octroi sans limites par le système bancaire de crédit aux États peu crédibles, aux régions ou aux villes surendettées, aux entreprises monopolistes aux comptabilités insincères et enfin aux particuliers insolvables. Cette multiplication du crédit provoque une dissociation fondamentale entre la valeur monétaire fiduciaire« faciale » et la valeur monétaire fiduciaire réelle. Ne pouvant s’appuyer sur aucune croissance non factice aux USA et en Europe, le réalignement – Valeur monétaire fiduciaire faciale-Valeur monétaire fiduciaire réelle – risque d’être d’une  violence inouïe.</p>
<p>Et tel le suicidaire prévoyant, jetant un gros bonhomme par la fenêtre pour s’en servir de coussin de réception au sol, les USA poussent l’euro à l’agonie par terre, pour amortir la chute du dollar perclus de dettes. Car la crise fiduciaire est générale, à l’exception des monnaies des pays créditeurs (Canada, Australie, etc.). C’est donc l’ensemble du système monétaire occidental, euros-dollars, qui est menacé lors de ce second semestre.</p>
<p>Le problème fondamental est  toujours le même, et nous le signalions dès janvier 2008 <sup>1</sup> , la &#8220;bancarisation&#8221; de l’économie est la mère de tous les  vices. Tant que  les  banques surendettées et incapables de rembourser leurs dettes (nous avons  eu un exemple  le 1er juillet dernier avec l’impossibilité de rembourser les 432 milliards d’euros dus à la BCE par les  principales  banques du continent… sauf à emprunter à la BCE l’équivalent  pour rembourser fictivement cet organisme !) les noieront dans un océan de liquidités en créant de la  monnaie par  les  crédits qu’elles accordent, nous ne sortirons pas du cercle vicieux de la crise.</p>
<p>Malgré les réticences de Trichet, le fait que la BCE ait imité la réserve fédérale américaine dans la pratique du rachat de titres de dettes des États en banqueroute accentue l’inondation des liquidités et transforme ces organismes en véritable méga « junk bond ». Telle la « maladie de la vache folle », le système monétaire international est en train de s’empoisonner en mangeant du cadavre !</p>
<p>Il faudrait bien sûr une réaction politique… des politiques. Hélas, ce n’est pas pour demain. Tous les observateurs s’accordent à constater l’énorme lobbying des grandes banques dans toutes les instances internationales. Les pouvoirs politiques ont perdu les quelques marges de manœuvre dont ils disposaient encore du temps de la guerre froide. D’une  certaine manière, la crise ira cette  fois à son terme, c’est aussi cela qui caractérise un pli historique.<br />
Donc, la  ligne de plus forte pente à très court terme, c’est-à-dire de demain matin à horizon maximum 12-18 mois, c’est l’éclatement du système  monétaire euros-dollars. Ce gigantesque krach aurait l’immense avantage pour les pouvoirs politiques qui nous gouvernent de masquer l’hyper inflation réelle sous le voile d’une ou de nouvelles monnaies créées soit-disant en catastrophe et basées sur de nouveaux étalons (droits de tirages, paniers de monnaies crédibles, matières précieuses, etc.). Pour éviter les désagréments de situations dignes de la République allemande de Weimar  en 1923, un krach serait finalement plus « gérable » qu’une longue période d’inflation galopante. Car il serait mis en place opportunément une communication adaptée du genre : « une  catastrophe est arrivée que nous ne pouvions prévoir… ». Quoi de mieux en effet que de subjuguer le public, et en particulier les épargnants, les salariés et les retraités subitement floués par  une monnaie fiduciaire devenant brusquement une quasi monnaie de singe ?</p>
<p>Comme nous  le disons depuis le  début  de  la  crise des « subprimes » en 2007, le monde ne sortira du cercle vicieux de l’engrenage de la  dette qu’en renonçant une  fois pour toute à sauver… les  banques. Car l’on  constate aujourd’hui que le sauvetage du système bancaire fin 2008, au moment de l’effondrement de Lehman Brothers, a  été  une  véritable  catastrophe pour les États et donc pour les contribuables. Ce « monde de la banque », qui est véritablement né sur de petits bancs publics (banco en italien) au 16ème siècle  après l’introduction de l’or du Nouveau Monde et la crise de la  Valeur et la formidable inflation qui en résultait, est définitivement mort. Il  faut une fois pour toute en prendre conscience. La Nouvelle Économie en réseau exige une monnaie dont la création doit être également en réseau. Il s’agirait bien là de la fin du monopole bancaire sur la création monétaire qui montre aujourd’hui ses limites ultimes.</p>
<p>Or, nous assistons aux premiers balbutiements dans le contournement du système bancaire traditionnel. Par exemple, fin juin dernier, Siemens, le grand groupe industriel allemand, a décidé de créer sa propre banque pour ne pas laisser ses 9 milliards d’euros de liquidités à la merci des prédateurs de la finance. Son initiative semble faire des émules puisque d’autres groupes industriels, comme le français Véolia, semblent prendre ce même chemin de la dissidence bancaire. Cela en dit très long sur la confiance accordée par les vrais connaisseurs dans la solidité de la structure bancaire mondiale !</p>
<p>En attendant ces  jours nouveaux dont l’accouchement risque d’être fort difficile, les citoyens et  certaines  catégories  en particuliers,  comme les retraités par  exemple, risquent de voir leurs « valeurs papiers » fortement  dévalorisées (liquidités papiers, assurances vies, comptes  épargnes). Si ce pronostic est juste, il implique que  les « plans de rigueur » de 2010 soient en fait aussi fictifs  que « les plans de relances » de 2009. Il s’agirait donc  d’une énième gesticulation avant la  grande remise  en ligne monétaire qui ouvrirait la voie vers une autre époque.</p>
<p>Face à cette situation, un véritable gouvernement de Salut Public doit développer une politique économique compatible avec cette évolution. Cela veut dire une véritable révolution mentale pour les partisans d’une certaine gauche qui a coutume de militer pour un capitalisme « encadré », et donc une remise en cause des politiques dites keynésienne, qui ne sont en fait que des séries de mesures de renforcement d’un capitalisme monopoliste d’État en crise finale.</p>
<p>Seule une rupture avec la « bancarisation » de l’économie aurait des vertus de progrès. Espérons que certains programmes politiques pour 2012 (ou avant !) tiendront compte de cet impératif.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_2047" class="footnote"> <a href="http://www.gaucherepublicaine.org/_archive_respublica/2,article,1908,,,,,_Le-Krach-boursier-revele-un-systeme-financier-a-bout-de-course..htm">http://www.gaucherepublicaine.org/_archive_respublica/2,article,1908,,,,,_Le-Krach-boursier-revele-un-systeme-financier-a-bout-de-course..htm</a> </li></ol></td></tr></table>]]></content:encoded>
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		<title>A nouvelle séquence politique, nouvelles tâches pour Respublica</title>
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		<pubDate>Sun, 04 Jul 2010 19:54:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Évariste </dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Chronique d'Evariste]]></category>

		<category><![CDATA[ReSPUBLICA]]></category>

		<category><![CDATA[lettre 638]]></category>
		<respu:articleid>2020</respu:articleid>
		<respu:topcategoryid>7</respu:topcategoryid>
		<respu:topcategoryname>Chronique d'Evariste</respu:topcategoryname>
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		<description><![CDATA[Le comité de rédaction de votre journal s&#8217;est longuement réuni le 28 juin et a validé, à la grande majorité de ses membres, le constat que nous entrons dans une nouvelle séquence politique. De ce fait, ReSPUBLICA aura de nouvelles tâches. A la fin du siècle dernier, analysant le décrochage de la gauche dite plurielle [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<table><tr><td><p>Le comité de rédaction de votre journal s&#8217;est longuement réuni le 28 juin et a validé, à la grande majorité de ses membres, le constat que nous entrons dans une nouvelle séquence politique. De ce fait, ReSPUBLICA aura de nouvelles tâches.<span id="more-2020"></span> A la fin du siècle dernier, analysant le décrochage de la gauche dite plurielle d&#8217;avec les couches populaires (ouvriers, employés) et son refus du modèle de la République sociale chère à Jean Jaurès, nous avions souhaité créer un journal électronique de la gauche républicaine, laïque, sociale et écologique pour montrer l’actualité du modèle laïque de la République sociale.<br />
Depuis, nous avons  mené plusieurs combats, toujours dans l&#8217;optique de  la globalisation des combats laïques, sociaux, démocratiques, féministes et écologiques :</p>
<ul>
<li>soutien à la bataille pour une loi contre les signes religieux à l’école menée par l’UFAL de 1989 à 2004,</li>
<li>bataille contre les menées doriotistes de ceux qui, partant de l’extrême gauche et se parant des mots « laïque, république, etc. »,  ont organisé  durant cette période un « voyage à étapes » jusqu’à l’extrême droite, jusqu&#8217;à légitimer aujourd&#8217;hui Marine Le Pen et les néo-nazis dits identitaires,</li>
<li>soutien à la bataille contre un Traité constitutionnel européen antinomique de l’ensemble des principes républicains  et destiné à inscrire dans le marbre les politiques néolibérales du turbocapitalisme,</li>
<li>soutien à la stratégie du Front de gauche par une adresse du journal ReSPUBLICA favorable à la création du Parti de gauche comme condition nécessaire à la stratégie du Front de gauche.</li>
</ul>
<p>Nous pensons aujourd’hui que tout cela n’est pas suffisant, qu’il faut aller plus loin avec détermination et un cran au-dessus !</p>
<p>Nous estimions à la création de ReSPUBLICA que l’année 1979 avait ouvert une séquence politique. En effet, avec le Consensus de Washington, véritable table de la loi du turbocapitalisme, nous avons assisté à la nouvelle alliance des néolibéraux avec les communautaristes et intégristes, mise à l’œuvre en Afghanistan où  la CIA étasunienne, pour déloger le nouveau pouvoir pro-soviétique, a formé, utilisé, financé les talibans et ceux qui vont devenir plus tard Al Quaïda.<br />
Nous estimons aujourd’hui que 2007 – avec le déclenchement en été d&#8217;une crise économique de grande ampleur  - est une autre année charnière, peut-être même un « pli historique »  refermant la période ouverte au XVIe siècle.<br />
Depuis, nous avons vécu le krach bancaire et financier de septembre 2008, la fuite en avant des politiques néolibérales marquées par le transfert  des dettes privées vers les États et l&#8217;absence de modification des règles internationales, le krach de la Grèce, etc. Les  décisions économiques et politiques prises ces dernières semaines, notamment par la présidence étasunienne, par la chancelière allemande et par le Parti communiste chinois sont la conséquence de l’incapacité d&#8217;aboutir à des accords internationaux sérieux, que ce soit à Copenhague, au G20 ou au sein de l’Union européenne. Ces décisions ouvrent la voie à une guerre politico-économique entre les néo-impérialismes de la planète d’une intensité nouvelle.<br />
Bien sûr, tout cela aura des conséquences encore plus dramatiques sur nos vies que ce que nous connaissons aujourd’hui, car ce seront les salariés, et surtout les couches populaires, qui seront mises à la peine : soutien des néolibéraux aux communautarismes et intégrismes, destruction des droits sociaux pour les salariés, baisse des pensions et retraites, des remboursements d&#8217;assurance-maladie, baisse de la qualité et de la solidarité pour la petite enfance, pour le handicap, pour les personnes âgées, destruction des services publics, abandon par l’école des objectifs de mobilité sociale et des finalités républicaines de formation de futurs citoyens émancipés, recul de la démocratie, etc.<br />
Plus que jamais, nous pensons qu’il n’y a pas de réponse durable à cette crise sans développer et soutenir les résistances du mouvement social, principalement syndical, sans développer et soutenir les actions d’éducation populaire tournées vers l’action pour « armer » les citoyens éclairés. Mais il faut en outre ouvrir des perspectives politiques nouvelles, alternatives, dans le champ politique. Car si nous sommes bien en présence d’une séquence menant à un « pli historique », et donc au début d&#8217;une nouvelle séquence, il convient de rompre avec les paradigmes du turbocapitalisme et d’ouvrir la voie à un dépassement du capitalisme.<br />
Nous pensons à ce moment que le modèle laïque de la République sociale est un modèle efficient pour appliquer les neuf principes républicains (liberté, égalité, fraternité, laïcité, solidarité, démocratie, souveraineté populaire, sûreté, développement écologique et social) constitutifs du monde de demain.<br />
Nous pensons qu&#8217;il est possible, à partir des luttes actuelles, de s&#8217;appuyer sur des éléments de socialisation existant encore malgré les rudes coups des politiques néolibérales et césaristes.</p>
<p>Pour cela, nous allons vous proposer sur les thèmes évoqués dans ce texte un ou plusieurs colloques durant l’année scolaire 2010-2011.<br />
Nous allons reprendre, dans une nouvelle formule et avec une équipe renforcée à partir de fin août, la sortie hebdomadaire du journal ReSPUBLICA.<br />
Un prochain texte vous sera adressé pour vous donner d’autres indications sur la façon dont nous concevrons notre relation avec nos lecteurs dès la reprise hebdomadaire.<br />
En attendant, utilisez cette période estivale pour vous remettre en pleine forme. Et pour ceux qui veulent participer à notre aventure, participer à notre renforcement, nous soutenir financièrement, écrivez au pseudo du collectif de la rédaction :<br />
<a href="mailto:evariste@gaucherepublicaine.org">evariste@gaucherepublicaine.org</a></p>
</td></tr></table>]]></content:encoded>
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		<title>NON à la loi Nouvelle Organisation du Marché de l’Électricité</title>
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		<pubDate>Sun, 13 Jun 2010 23:53:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator> ReSPUBLICA</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Brèves]]></category>
		<respu:articleid>2018</respu:articleid>
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		<respu:topcategoryname>Brèves</respu:topcategoryname>
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		<description><![CDATA[Pétition de la CGT des Mines et de l’énergie : NON à la loi Nouvelle Organisation du Marché de l’Électricité http://www.poursavoir.fr/
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<table><tr><td><p>Pétition de la CGT des Mines et de l’énergie : NON à la loi Nouvelle Organisation du Marché de l’Électricité <a href="http://www.poursavoir.fr/">http://www.poursavoir.fr/</a></p>
</td></tr></table>]]></content:encoded>
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		<title>Appel à la raison</title>
		<link>http://www.gaucherepublicaine.org/international/appel-a-la-raison/2013</link>
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		<pubDate>Sun, 13 Jun 2010 22:58:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator> JCall</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[International]]></category>

		<category><![CDATA[Politique]]></category>

		<category><![CDATA[Politique française]]></category>

		<category><![CDATA[Proche-Orient]]></category>

		<category><![CDATA[Israël]]></category>

		<category><![CDATA[lettre 637]]></category>
		<respu:articleid>2013</respu:articleid>
		<respu:topcategoryid>44</respu:topcategoryid>
		<respu:topcategoryname>Proche-Orient</respu:topcategoryname>
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		<description><![CDATA[L’appel que vous lirez ci-dessous a déjà été signé par des personnalités et des membres d’associations juives européennes, engagées depuis toujours dans le combat pour la paix au Moyen-Orient, dont vous lirez les noms ci-dessous.
Notre objectif est de rendre publiques les positions de juifs européens, trop longtemps silencieux, et de faire entendre une voix juive [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<table><tr><td><blockquote><p>L’appel que vous lirez ci-dessous a déjà été signé par des personnalités et des membres d’associations juives européennes, engagées depuis toujours dans le combat pour la paix au Moyen-Orient, dont vous lirez les noms ci-dessous.<br />
Notre objectif est de rendre publiques les positions de juifs européens, trop longtemps silencieux, et de faire entendre une voix juive solidaire de l’État d’Israël et critique quant aux choix actuels de son gouvernement.<br />
Nous appelons toutes celles et tous ceux qui se reconnaissent en ce texte à le signer.<br />
Cet appel à la Raison a été présenté lors d’une importante réunion au Parlement européen à Bruxelles le 3 mai 2010.<br />
Pour nous contacter, écrivez à contact@Jcall.eu<br />
N’oubliez pas de signer cet appel si vous le soutenez.</p></blockquote>
<p>Citoyens de pays européens, juifs, nous sommes impliqués dans la vie politique et sociale de nos pays respectifs. Quels que soient nos itinéraires personnels, le lien à l’État d’Israël fait partie de notre identité. L’avenir et la sécurité de cet État auquel nous sommes indéfectiblement attachés nous préoccupent.</p>
<p>Or, nous voyons que l’existence d’Israël est à nouveau en danger. Loin de sous-estimer la menace de ses ennemis extérieurs, nous savons que ce danger se trouve aussi dans l’occupation et la poursuite ininterrompue des implantations en Cisjordanie et dans les quartiers arabes de Jérusalem Est, qui sont une erreur politique et une faute morale. Et qui alimentent, en outre, un processus de délégitimation inacceptable d’Israël en tant qu’État.</p>
<p>C’est pourquoi nous avons décidé de nous mobiliser autour des principes suivants :</p>
<ol class="spip">
<li>L’avenir d’Israël passe nécessairement par l’établissement d’une paix avec le peuple palestinien selon le principe « deux Peuples, deux États ». Nous le savons tous, il y a urgence. Bientôt Israël sera confronté à une alternative désastreuse : soit devenir un État où les Juifs seraient minoritaires dans leur propre pays ; soit mettre en place un régime qui déshonorerait Israël et le transformerait en une arène de guerre civile.</li>
<li>Il importe donc que l’Union Européenne, comme les États-Unis, fasse pression sur les deux parties et les aide à parvenir à un règlement raisonnable et rapide du conflit israélo-palestinien. L’Europe, par son histoire, a des responsabilités dans cette région du monde.</li>
<li>Si la décision ultime appartient au peuple souverain d’Israël, la solidarité des Juifs de la Diaspora leur impose d’œuvrer pour que cette décision soit la bonne. L’alignement systématique sur la politique du gouvernement israélien est dangereux car il va à l’encontre des intérêts véritables de l’État d’Israël.</li>
<li>Nous voulons créer un mouvement européen capable de faire entendre la voix de la raison à tous. Ce mouvement se veut au-dessus des clivages partisans. Il a pour ambition d’œuvrer à la survie d’Israël en tant qu’État juif et démocratique, laquelle est conditionnée par la création d’un État palestinien souverain et viable.</li>
</ol>
<p>C’est dans cet esprit que nous appelons tous ceux qui se reconnaissent dans ces principes à signer et à faire signer cet appel.</p>
</td></tr></table>]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>La décadence morale d’Israël</title>
		<link>http://www.gaucherepublicaine.org/international/la-decadence-morale-d%e2%80%99israel/2009</link>
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		<pubDate>Sun, 13 Jun 2010 22:36:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator> La Paix Maintenant</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[International]]></category>

		<category><![CDATA[Proche-Orient]]></category>

		<category><![CDATA[Israël]]></category>

		<category><![CDATA[lettre 637]]></category>
		<respu:articleid>2009</respu:articleid>
		<respu:topcategoryid>44</respu:topcategoryid>
		<respu:topcategoryname>Proche-Orient</respu:topcategoryname>
		<respu:meta_url><![CDATA[http://www.lapaixmaintenant.org/article2059]]></respu:meta_url>

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		<description><![CDATA[par Yariv Oppenheimer 1
Même si la flottille de Gaza est irritante et provocatrice, un Etat souverain ne peut traiter tout acte de protestation comme un acte terroriste qui doit se terminer en un bain de sang
Shalom Arshav, 31 mai 2010
http://www.peacenow.org.il/site/en/&#8230;
Traduction : Gérard Eizenberg pour La Paix Maintenant
Pour Israël, cette nuit a marqué un nouveau fond dans la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<table><tr><td><p>par <strong>Yariv Oppenheimer </strong><sup>1</sup></p>
<p>Même si la flottille de Gaza est irritante et provocatrice, un Etat souverain ne peut traiter tout acte de protestation comme un acte terroriste qui doit se terminer en un bain de sang<span id="more-2009"></span></p>
<p>Shalom Arshav, 31 mai 2010<br />
<a class="spip_url" href="http://www.peacenow.org.il/site/en/peace.asp?pi=195&amp;fld=694&amp;docid=4675" target="_blank">http://www.peacenow.org.il/site/en/&#8230;</a><br />
Traduction : Gérard Eizenberg pour La Paix Maintenant</p>
<p>Pour Israël, cette nuit a marqué un nouveau fond dans la manière dont il choisit d’affronter les opposants à sa politique intérieure et étrangère. Un pays qui ne laisse pas ses citoyens protester, manifester et demander justice, un pays occupé à inventer des tests de loyauté pour ses citoyens et à faire passer des lois pour limiter la liberté d’expression échoue encore une fois au véritable test en stoppant une flotte civile de protestation au prix d’une dizaine de vies humaines.</p>
<p>La flottille qui a quitté la Turquie, il y a quelques jours a réussi à provoquer même ma colère. Des centaines de militants pro-Hamas ont défié Israël, ouvertement et honteusement. Pas un mot contre le gouvernement du Hamas ; pas un mot sur Gila Salit, pas un mot sur le désir de paix. Mais, même si la flottille de Gaza est irritante et provocatrice, un Etat souverain ne peut traiter tout acte de protestation comme un acte terroriste qui doit se terminer en un bain de sang. Au lieu de se servir de cette flotte pour générer un débat interne sur l’efficacité de la politique de siège de Gaza et de ses implications morales et politiques pour Israël, tous les porte-parole du gouvernement ont choisi de s’intéresser en priorité à la poignée de militants sur les bateaux et à les affubler du titre de &#8220;menaces pour la sécurité d’Israël&#8221;. De là à un massacre inutile, le chemin était court.</p>
<p>Ce n’est pas de la faute des soldats ni des officiers, ni de celle des chefs de Tsahal. C’est toute la société israélienne qui est responsable des résultats macabres de l’assaut. La radicalisation de la société israélienne a porté ses fruits. Le message envoyé aux soldats et aux policiers est en train de se cristalliser : quand des Arabes sont impliqués, le doigt sur la détente est léger. La détermination aborde le bateau, la sensibilité reste à l’eau.</p>
<p>Mais n’ayez crainte, la machine de propagande israélienne s’est mise en branle, et au bout de quelques heures seulement, chaque Israélien racontera comment des hélicoptères du Hamas se sont emparés d’un bateau plein d’immigrants illégaux juifs et tiré dans tous les sens. Avec l’aide de nos mécanismes de refoulement et les encouragements des porte-parole de l’armée, nous nous dissocierons encore une fois de la réalité et du monde qui nous entoure, et fabriquerons notre propre scénario qui racontera que, comme toujours, nous sommes les victimes et le monde entier est contre nous. L’issue de l’assaut de cette nuit sera-t-elle un commission d’enquête ? Aucune chance.</p>
<h2>Israël justifie son image de brute violente</h2>
<p>Le prix de l’assaut sera payé en premier lieu par les familles des victimes. Viennent ensuite les Israéliens qui veulent la paix et souhaitent de tout leur cœur mettre fin au conflit, arrêter l’engrenage des violences et vivre dans un pays moins fou. Nous, la majorité silencieuse, regardons avec désespoir Israël justifier par ses actes l’image de brute violente qu’il a acquise ces dernières années et donner à nos pires ennemis des raisons de se réjouir.</p>
<p>S’il y a des vainqueurs de cet assaut, ils se trouvent à Téhéran, dans les bunkers de Beyrouth et au QG du Hamas à Gaza. Le Hamas a réussi avec l’aide active du gouvernement israélien à bénéficier de la reconnaissance internationale, du soutien du monde arabe, et à être perçu comme un héros de la résistance à Israël.</p>
<p>Les ennemis de la paix et les extrémistes de deux côtés peuvent des raisons de s’attaquer mutuellement et d’approfondir la haine et l’hostilité entre Arabes et Juifs, en Israël et en-dehors. Encore une fois, les modérés des deux bords sont réduits au silence, et la voix de la raison est noyée par celles qui incitent à la haine.Sans une voix forte de l’opinion israélienne patriote qui appellera ses dirigeants à choisir un autre chemin, nous allons nous retrouver dans un pays décadent sur le plan moral et politique, coulant lentement dans l’abîme.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_2009" class="footnote">Yariv Oppenheimer est secrétaire général de Shalom Arshav</li></ol></td></tr></table>]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>« Les blancs, il faut les manger crus », un roman de Jean Estivill</title>
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		<pubDate>Sun, 13 Jun 2010 21:40:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Guillaume Beaulande</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[A lire, à voir ou à écouter]]></category>

		<category><![CDATA[Histoire]]></category>

		<category><![CDATA[ReSPUBLICA]]></category>

		<category><![CDATA[lettre 637]]></category>
		<respu:articleid>2000</respu:articleid>
		<respu:topcategoryid>3</respu:topcategoryid>
		<respu:topcategoryname>A lire, à voir ou à écouter</respu:topcategoryname>
		<respu:meta_url><![CDATA[]]></respu:meta_url>

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		<description><![CDATA[« Les blancs, il faut les manger crus » de Jean Estivill1
Aux éditions de L&#8217;Harmattan
« Les blancs, il faut les manger crus » : la plaisanterie aux allures de fable de l&#8217;Africaine Mama Bontidad a fait son chemin dans l&#8217;esprit de ses enfants et a rejoint, par le parcours sinueux de l&#8217;Histoire, la cruelle réalité. C&#8217;est l&#8217;apparition d&#8217;une nouvelle forme [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<table><tr><td><p><strong>« Les blancs, il faut les manger crus » de Jean Estivill<sup>1</sup><br />
Aux éditions de L&#8217;Harmattan</strong></p>
<p>« <em>Les blancs, il faut les manger crus</em> » : la plaisanterie aux allures de fable de l&#8217;Africaine Mama Bontidad a fait son chemin dans l&#8217;esprit de ses enfants et a rejoint, par le parcours sinueux de l&#8217;Histoire, la cruelle réalité. C&#8217;est l&#8217;apparition d&#8217;une nouvelle forme de Sida menaçant les pays riches qui fait de la bonne Mama Bontidad, une sorte d&#8217;oracle et de l&#8217;Histoire, une tragique ironie, par  les trouvailles d&#8217;un professeur de médecine, marié à Adlée, une de ses descendantes.<span id="more-2000"></span></p>
<p>Plus qu&#8217;une histoire d&#8217;amitié entre Kindé l&#8217;Africain, l&#8217;idéaliste combattant, et Brandy, le noir américain désabusé un brin cynique, la relation entre les personnages se tisse sur une fraternité qui les transcende, une culture de l&#8217;héroïsme rendu nécessaire par leur entrée en Résistance. Nous les suivons à Londres en 1940, dans les réseaux français de la Résistance en 1944, dans le barrio Chino à Barcelone, dans l&#8217;Espagne de Franco. Ils se retrouvent ainsi dans les méandres de l&#8217;Histoire, dans une guerre étrangère, dans un combat qu&#8217;ils font leur, au contact d&#8217;Orwell, du général de Gaulle, de Schumann, de Léo Hamon&#8230;</p>
<p>Une grande fresque en somme où l&#8217; Histoire n&#8217;a pas « une grande hache » mais un coutelas passant sous son fil certaines idées préconçues, les réécritures et les « brouillons de l&#8217;histoire ». Tout le XXème siècle ou presque est là, depuis 1929 à nos jours, fait de traîtres, d&#8217;idéologies rances et de complicités haineuses, mais aussi d&#8217;amitiés sincères, d&#8217;indéfectibles amours filiales et de fraternité par delà les générations et les origines. Le parcours, les choix des personnages, forcément subjectifs, viennent servir le rétablissement de la fameuse « vérité objective », celle qu&#8217;ont vécue jusque dans leurs chairs ces protagonistes précipités dans les événements. De la guerre civile espagnole à nos jours donc, en passant par la Résistance, la vie dans les camps racontée avec une rare pudeur, le retour des déportés, la décolonisation et Mai 68 </p>
<p>Un roman au rythme enlevé, au style sûr, où l&#8217;humour corrosif de quelques portraits refaits au vitriol se coule dans le flot tragique de l&#8217;Histoire. Une écriture franche et massive nous atteint comme une chevrotine en plein coeur, ponctuée ça et là de nuances inattendues, tantôt emmenée par des dialogues ciselés, tantôt parcourue par d&#8217;intimes monologues intérieurs, dans une langue parfois crue, toujours juste.</p>
<p>A la croisée du roman à thèse et de la fresque historique, le récit repose de surcroît sur une intrigue romanesque drôle et originale, qui nous amène à nous interroger sur le monde d&#8217;aujourd&#8217;hui et ses psychoses pandémiques. Ce livre de Jean Estivill renvoie chacun à son emprise sur l&#8217;Histoire, à la force de l&#8217;engagement des anciens, au courage qu&#8217;il faut pour ne pas se laisser embrumer par les faiseurs de vérité quels qu&#8217;ils soient, à la persistance de la mémoire, enfin, dont nous sommes les héritiers autant que les défenseurs.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_2000" class="footnote">Jean Estivill est Historien. Professeur d&#8217;Histoire-géographie et l&#8217;auteur de nombreux articles publiés notamment dans le cadre de L&#8217;Arac (Association Républicaine des Anciens Combattants). </li></ol></td></tr></table>]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>Laïque, oui vraiment laïque et fier de l’être !</title>
		<link>http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/laique-oui-vraiment-laique-et-fier-de-l%e2%80%99etre/1992</link>
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		<pubDate>Sun, 13 Jun 2010 17:57:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alexis Corbière</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Combattre le racisme]]></category>

		<category><![CDATA[Extrême-droite]]></category>

		<category><![CDATA[Humeur]]></category>

		<category><![CDATA[Laïcité]]></category>

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		<category><![CDATA[Reconstruire la Gauche]]></category>

		<category><![CDATA[lettre 637]]></category>

		<category><![CDATA[Parti de Gauche]]></category>

		<category><![CDATA[Riposte "laïque"]]></category>
		<respu:articleid>1992</respu:articleid>
		<respu:topcategoryid>34</respu:topcategoryid>
		<respu:topcategoryname>Laïcité</respu:topcategoryname>
		<respu:meta_url><![CDATA[]]></respu:meta_url>

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		<description><![CDATA[Je fais appel à l’intelligence de tous les lecteurs de ce blog, même ceux qui n’y viendraient pas avec les meilleures intentions. J’ai une confiance infinie en l’être humain. J’ai aussi constaté, par une nette augmentation de la fréquentation, le grand intérêt qu’a suscité mon dernier billet à propos des raisons pour lesquelles nous avons [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<table><tr><td><p>Je fais appel à l’intelligence de tous les lecteurs de ce blog, même ceux qui n’y viendraient pas avec les meilleures intentions. J’ai une confiance infinie en l’être humain. J’ai aussi constaté, par une nette augmentation de la fréquentation, le grand intérêt qu’a suscité mon dernier billet à propos des raisons pour lesquelles nous avons dû quitter la dernière manifestation de solidarité avec la Palestine, en conséquence de la présence d’une organisation politico-religieuse au sein du cortège des organisations laïques et du mouvement ouvrier. Nous voulons en débattre avec tous nos camarades (NPA, PCF&#8230;) qui, je le sais, partagent nos préoccupations, malgré des divergences ponctuelles d&#8217;analyses. Sur ma messagerie, j’ai reçu de nombreux messages de soutiens, qui nous félicitaient pour notre position de principe, mais aussi quelques uns d’insultes.<span id="more-1992"></span></p>
<p>En voici un, que je vous le livre : « <em>Tu nous dégoutes avec ta laicité exarcerbée qui ne fait que masquer ta mécréance et ton rejet de la religion !<br />
La Palestine n&#8217;a pas besoin de laicards comme toi. Elle est une terre musulmane et sera sauvée par les musulmans !<br />
Ne crois pas que cette cause est ta cause !<br />
Elle est notre cause&#8230;tu t&#8217;y rallies selon nos préceptes et sous notre aile, ou tu ne t&#8217;en occupes pas mais fais pas de cette cause, une cause communiste, une cause de mécréant, ce serait insulter la Palestine et les Palestiniens ! »</em></p>
<p><img class="alignleft" title="P1240260.JPG, juin 2010" src="http://www.alexis-corbiere.fr/public/.P1240260_s.jpg" alt="" width="240" height="180" />Ce genre de réaction, anonyme et très minoritaire, est symptomatique du climat que veulent imposer certains au cœur du mouvement de protestations contre la politique actuelle d’Israël. La position laïque du PG agace ceux qui mélangent politique et religion. C’est finalement logique. Mais nous restons convaincu que seule la <em>« déconfessionnalisation »</em> de ce conflit pourra ouvrir une issue juste et durable assurant la justice et la démocratie pour le peuple palestinien qui souffre depuis trop longtemps.</p>
<p class="MsoNormal"><span>Je suis lucide, ces<span> </span>attitudes violentes sont hélas, d’abord et avant tout, la conséquence des politiques menées par les gouvernements israéliens qui frappent et bombardent au nom de la défense de « la terre sacrée d’Israël ». En France, je ne suis pas d’accord non plus quand le <em>CRIF</em> (Conseil représentatif des Institutions juives de France) appelle, sans recul critique, à manifester en soutien à la politique d’Israël. Le récent, et bienvenu, appel dit <em>« J Call »</em> me montre qu’il agace de plus en plus. Je ne crois pas que l’état d’esprit que la direction actuelle du CRIF soit celui de la majorité des juifs français. Ce mélange du politique et du religieux est toujours une faute qui a ses conséquences. La voie est donc étroite pour se faire comprendre. Cela ne fera pas renoncer le PG.</span></p>
<p>Car, de l’autre coté, des forces agissent pour insulter les musulmans. On le sait, le gouvernement de <strong>Nicolas Sarkozy</strong> multiplie les déclarations piétinant la laïcité d’un coté (je renvoie le lecteur au scandaleux discours de Latran devant <strong>Benoit XVI</strong> ou au discours de Ryad) et de l’autre montre du doigt, par des amalgames, les musulmans tous assimilés à des intégristes.<span> </span>Moi, j’ai la conviction que la très grande majorité des musulmans vivant en France veulent pratiquer leur religion en respectant la laïcité.</p>
<p><img class="alignleft" title="apero-identitaire-n.1276093395.jpg, juin 2010" src="http://www.alexis-corbiere.fr/public/.apero-identitaire-n.1276093395_s.jpg" alt="" width="169" height="240" />Conjointement aux déclarations de Sarkozy, certains profitent de ce climat détestable, pour salir le beau mot de laïcité. Danger. Ainsi par exemple, un groupuscule raciste, frauduleusement nommé <em>Riposte laïque</em>, organise prochainement avec une poignée de néo nazis de <em>Bloc identitaire (</em>et même maintenant plusieurs autres groupes d&#8217;extrême-droite, notamment les Jeunes Villieristes) un Apéro géant, via Face-Book, <em>« Saucisson et pinard»</em> pour protester contre le fait que des musulmans prient dans une rue du 18<sup>e</sup> arrondissement (faute de salles adaptées pour le faire). Chacun aura compris la manœuvre nauséabonde. Derrière le masque d’une initiative pseudo bon enfant et gentiment franchouillarde, c’est clairement un rassemblement raciste et anti-musulman que ces misérables organisent. Les organisateurs évoquent une <em>&#8220;déferlante musulmane&#8221;</em> et attaquent <em>&#8220;l&#8217;Islam, danger mortel pour la laïcité&#8221;,</em>mais agissent avec des catholiques intégristes et annoncent leurs actions dans <em>Minute</em> et <em>Radio Courtoisie,</em> deux médias d&#8217;extrême droite dont il nous avait échappé qu&#8217;ils défendent la laïcité (doux euphémisme). La ficelle est décidement énorme. En observant l’affiche, on notera comment les deux « s » de saucisson reprend le signe <em>SS</em>. Sordide.</p>
<p><strong>Le Parti de Gauche condamne fermement ce type de provocation de contrebandier xénophobe.</strong><br />
Nous allons demander au Préfet d&#8217;être vigilant, pour que ce rassemblement raciste ne soit pas à l&#8217;origine d&#8217;affrontements (C&#8217;est pourtant sa seule ambition). Ces gens là aussi sont nos ennemis. Ils nous trouveront sur leur chemin. Nous ne sommes pas les seuls, SOS Racisme et nos amis du NPA sont avec nous, particulièrement avec les militants du PG 18e,  dans cette protestation. Toutefois, il est important également de ne pas donner trop d&#8217;importance à ces minuscules actions d&#8217;exaltés et de provocateurs permanents. C&#8217;est le but qu&#8217;ils recherchent. Ils jubilent d&#8217;avance à l&#8217;idée d&#8217;être interdit, pour se poser comme victime. La riposte (vraiment laïque, celle là) que nous devons apporter, doit être proportionnelle à l&#8217;importance de l&#8217;agression. Vigilance oui, mais gare à l&#8217;effet loupe. Si j&#8217;en parle ici, c&#8217;est pour attirer l&#8217;attention du lecteur, sur le fait que même <em>&#8220;nos&#8221;</em> mots peuvent être volés par nos adversaires.</p>
<p>La laïcité est notre bien commun. Elle est synonyme de fraternité, de concorde et de générosité. Défendons là. Elle n’est pas le prétexte à insulter les français et les habitants de notre pays qui pratiquent l’Islam. Cette « fausse laïcité », véritable camelote d’authentique facho, est connue. Déjà, il y a quelques années, des mairies FN prenaient un malin plaisir, au nom de la laïcité à la mode frontiste, à proposer exclusivement des repas scolaires avec du porc (sans menu de substitution) pour exclure les enfants de confession musulmane.<br />
Contre ses adversaires et les extrémistes religieux de tous bords, défendons la laïcité ! La véritable laïcité, c&#8217;est à dire la seule laïcité.</p>
</td></tr></table>]]></content:encoded>
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		<title>Merci « Riposte Laïque » ! Merci Facebook !</title>
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		<pubDate>Wed, 09 Jun 2010 15:07:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mohamed Sifaoui</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Combattre le racisme]]></category>

		<category><![CDATA[Extrême-droite]]></category>

		<category><![CDATA[Politique]]></category>

		<category><![CDATA[Politique française]]></category>

		<category><![CDATA[ReSPUBLICA]]></category>

		<category><![CDATA[lettre 637]]></category>

		<category><![CDATA[Riposte "laïque"]]></category>
		<respu:articleid>1984</respu:articleid>
		<respu:topcategoryid>27</respu:topcategoryid>
		<respu:topcategoryname>Extrême-droite</respu:topcategoryname>
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		<description><![CDATA[Cela fait plusieurs mois que j’attire l’attention des lecteurs sur la dérive tranquille et joyeuse vers l’extrême droite des membres du site haineux « Riposte Laïque ». 

Certains esprits affutés, en fins analystes des discours extrémistes ont très vite compris ; d’autres, attachés à la maxime voltairienne (je ne suis pas d’accord avec vous, mais…), même s’ils ne [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<table><tr><td><p>Cela fait plusieurs mois que j’attire l’attention des lecteurs sur la dérive tranquille et joyeuse vers l’extrême droite des membres du site haineux « Riposte Laïque ». <span id="more-1984"></span></p>
<p><img class="noAlign alignleft" src="http://img.over-blog.com/420x464/0/46/96/40/LandauLur.jpeg" alt="LandauLur.jpeg" width="252" height="278" /><br />
Certains esprits affutés, en fins analystes des discours extrémistes ont très vite compris ; d’autres, attachés à la maxime voltairienne (je ne suis pas d’accord avec vous, mais…), même s’ils ne partageaient pas les thèses exprimées par ce site internet ont mis un peu plus de temps pour réaliser que j’avais raison et m’ont fait savoir dernièrement qu’ils avaient définitivement pris leurs distances avec les animateurs et contributeurs de ce blog xénophobe. Les derniers (et il n’est jamais trop tard pour bien faire) viennent de se rendre compte que l’approche simpliste et caricaturale de « Riposte Laïque » s’inscrivait effectivement dans un positionnement clairement à l’extrême droite. Faisons-leur un peu de pub, ils ont en besoin : le 18 juin (et comment ! On vous dit que ces hurluberlus se disent &#8220;résistants&#8221; !) ils vont non pas à Londres, mais dans le 18<sup>e</sup> pour un apéro géant saucisse pinard (Ah dommage, je m’y serais rendu si les organisateurs étaient des gens respectables…). Oui parce que parmi les initiateurs de ce « projet », il y a outre les xénophobes de &#8220;Riposte Laïque&#8221;, également les racistes du bloc identitaires qui écrivent sur leur site pour confirmer cette prévisible  union : « Le rapprochement effectué autour de ce pique-nique festif et convivial, entre le Bloc identitaire, Riposte laïque, les Jeunes pour la France, Résistance républicaine, les jeunes du Projet Apache, Terroirs parisiens et de nombreux cercles, associations et organisations dont la participation sera annoncée prochainement, doit être le signal que, au-delà des divergences, il est possible de réaliser, enfin, l’«union sacrée » pour empêcher que la France ne devienne terre d’islam ». Yallah !</p>
<p><img class="noAlign alignright" src="http://img.over-blog.com/420x275/0/46/96/40/Identitaires.jpeg" alt="Identitaires.jpeg" width="336" height="220" /></p>
<p>Les deux derniers numéros de « Riposte Laïque », ce torchon virtuel xénophobe, qui généralement offre une tribune à ce qu’il y a de plus puant sur le net comme pensée et pseudo-idéologues, ont fini par ouvrir les yeux aux retardataires. Pour cause, outre le fait que ce ramassis d’écrivaillons, de journalistes autoproclamés et autres philosophaillons distille sans cesse son fiel en direction, non pas de l’islam ou des islamistes, mais des musulmans, il a attiré ses semblables ici ou là qui se recrutent dans l’univers parfois haineux du Net et des associations (des coquilles vides le plus souvent) qui renferment les excités de la « France blanche et chrétienne » ou les soi-disant « bouffeurs de curés » qui, en réalité, ne sont même plus capables de « bouffer » des pâtes… C’est tout au plus s’ils peuvent encore se ronger les ongles derrière leurs écrans.</p>
<p>Et c’est ainsi, comme je l’expliquais dans mes deux derniers billets, que ce bric à broc qui compte y compris quelques militants et sympathisants du Front national a été rejoint (cherchez la cohérence) par un petit fasciste de l’ultra-sionisme néanmoins fondateur de la Ligue de défense juive (LDJ) qui vient confirmer ce que je redoutais : une jonction entre la (nouvelle) extrême droite française et l’extrême droite juive…Les deux courants ont mis de côté leurs divergences historiques et ont commencé à se liguer, depuis quelque temps déjà, autour de la notion absurde de « l’ennemi commun » : les musulmans !</p>
<p>La guerre des religions peut donc reprendre. Ces gens-là rêvent de croisades où ils enverraient non pas leurs propres enfants, non pas eux-mêmes (ils sont trop lâches), mais les enfants des autres. Eux, leur bataille, elle ne peut se faire qu’ici, enfin là, oui là derrière l’écran de l’ordinateur. C’est dire que certes, passez-moi l’expression, ça ne pisse pas très loin, mais ça a une capacité de nuisance qui est similaire à celle du moustique. Ce qu’ils font et ce qu’ils clament, consiste uniquement à piquer le « vivre ensemble » et à distiller le venin de la xénophobie. Entre ces détraqués de la pensée et les islamistes englués dans leur obscurantisme, on peut penser que la fête au village est pour bientôt…</p>
<p><img class="noAlign alignleft" src="http://img.over-blog.com/420x140/0/46/96/40/AUTEURlurcat.jpg" alt="AUTEURlurcat.jpg" width="420" height="140" /><span>Pierre Itshak Lurçat qui signe ses livres et ses articles du nom de Paul Landau, ultra-sioniste notoirement et défavorablement connu dans la « communauté juive » est un petit idéologue de la haine « anti-musulmane ». Vivant entre les États-Unis, la France et Israël, il agit comme propagandiste (de très petite envergure) en faveur de la politique de Netanyahu et de Liberman. Certains amis très respectés au sein de la communauté juive, qui le considère globalement comme un « petit excité », m’avaient alerté sur son cas depuis déjà un moment, c’est ainsi que j’ai pu découvrir le personnage !</span></p>
<p>Sous ses airs de père de famille tranquille, j’avais décidé, par l’intermédiaire d’un ami qui est connecté avec lui sur le réseau social Facebook, d’en savoir plus sur la démarche de l’individu et sur sa pensée. Je m’attendais à tout, sauf aux monstruosités que j’allais trouver. En réalité, on tombe de haut quand on découvre le vrai discours de l’écrivaillon. Facebook sur lequel j’ai passé quelques mois m’a permis en effet de constater ce phénomène assez surprenant où certaines personnes (une minorité assez importante) « se lâchent », non pas comme on se lâcherait dans un bistrot ou dans une fête entre amis. Non ! Parce que les « amis » sont le plus souvent virtuels. On s’y lâche vulgairement comme on pourrait se laisser aller dans une rame de métro. Non pas pour chanter ou faire de la musique. Non pas pour faire rire ou dialoguer. Non ! Pierre Lurçat (ou si vous préférez Paul Landau) et certains de ses amis se lâchent pour mieux vomir leur haine, leur fiel, leur détestation de l’autre. Ils ressemblent davantage à de petits nazillons qu’à des gens respectables…</p>
<h2>Quelques exemples…</h2>
<p>Le 25 février 2010, Pierre Lurçat alias Paul Landau commence par chercher à diaboliser l’essayiste Caroline Fourest qui avait « osé » publier sur les colonnes du <em>Monde</em> une chronique dans laquelle elle critiquait la politique de Benjamin Natantyahu. Usant parfois de propos homophobes, le pseudo journaliste tente de la faire passer pour une antisémite sectaire. Il écrira : « elle déteste encore plus Israël et les Juifs qui ne sont pas de gauche »…Simplisme poussé à l’extrême puisque Caroline Fourest que je connais parfaitement est simplement critique – et c’est son droit le plus absolu et le droit de tout observateur et citoyen – à l’égard de la politique menée par l’actuel gouvernement israélien. Technique connue, les islamistes utilisent le chantage au &#8220;racisme&#8221; et les ultra-sioniste celui de l&#8217;antisémitisme&#8221;. Les uns pour bloquer toute critique à l&#8217;égard de leur idéologie totalitaire, les autre pour interdire tout débat sur la politique menée par le gouvernement israélien. C&#8217;est ainsi qu&#8217;on tente d&#8217;amalgamer, dans ce cas précis, une militante antraciste qui est connue pour ses convictions et un vulgaire antisémite qui va cacher sa haine du juif derrière ces postures à la mode qu&#8217;on nomme &#8220;antisionisme&#8221;. Or, ce n&#8217;est ni le cas de Caroline Fourest ni le mien, tant s&#8217;en faut.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="noAlign aligncenter" src="http://img.over-blog.com/420x362/0/46/96/40/Caro.jpeg" alt="Caro.jpeg" width="420" height="362" /><br />
Récemment, Lurçat me réservera le « même sort ». Sur les colonnes de « Riposte Laïque », cet extrémiste, juif ultra-sioniste, tentera de me désigner à la vindicte comme un « ennemi d’Israël » (Rien que cela !). Technique habituelle. La politique israélienne « pas touche ! » et surtout pas au Dieu BIBI et à son prophète Liberman. L’extrême droite juive comme toutes les extrêmes droites n’aime pas la critique ni la contradiction. C’est du niveau « Tu es avec moi ou contre moi ! » ; un « allié ou un ennemi » ; un « bon ou un méchant ». Quand on lit Landau, on se rend compte, en effet, que le dévot béotien ne peut comprendre autre chose que les dialogues des westerns spaghettis. Écrivain dites-vous ? Allons voir de plus près…</p>
<p>Évidemment, comme tous les militants des extrêmes droites ultra-nationalistes, ces gens-là ont pour essence la haine. Et pour preuve une certaine Tamara C., pourtant mère de quatre enfants, juive pratiquante et en apparence tranquille, aveuglée, elle aussi, par son ultra sionisme, elle est de ceux qui ont un activisme effréné sur Facebook en faveur de Netanyahu et consorts. Elle ira dans l’un de ses commentaires jusqu’à me souhaiter la mort (Merci ! Un point sur lequel cette dame, enfin cette extrémiste rejoint beaucoup d’islamistes). Le 4 juin, elle écrira, en effet, en réaction (voir photo) à l’article qui m’est consacré par Paul Landau : « Qu&#8217;il crève! Lui et toute sa race!! »…À comprendre moi et tous les Arabes voire tous les musulmans…Et ces gens-là évidemment prétendent être différents des islamistes…Bien sûr ! La seule différence doit se situer autour de l’accoutrement, quoi que !</p>
<p><img class="noAlign alignleft" src="http://img.over-blog.com/421x184/0/46/96/40/Sifaoui.jpeg" alt="Sifaoui.jpeg" width="421" height="184" /><span>De plus, comme tout militant d’extrême-droite qui se respecte (il vaut mieux ne pas les respecter) Pierre Lurçat alias Paul Landau fustige aussi violemment des personnes de sa « communauté », la majorité des juifs de France, les démocrates, les laïques et les républicains ont prennent généralement pour leur grade. Surtout lorsque « fait aggravant », ils sont de gauche et antiraciste. L’avocat Patrick Klugman, pourtant défenseur de la « cause israélienne » ancien président de l’UEJF, aujourd’hui membre du CRIF ne trouve pas non plus grâce aux yeux de l’excité Pierre Lurçat.</span></p>
<p>« QUI METTRA UNE CLAQUE A CE PETIT PALTOQUET DE KLUGMAN? », s’écria-t-il quand l’avocat rejoindra les signataires du JCall qui critiquent la politique du gouvernement israélien. Un autre appel à la violence qui ne manquera pas de faire réagir les amis facebokeurs de Landau. « Une bonne tarte ! », s’exclame le journaliste, au « cyanure », répliquera l’un de ses contacts. Lurçat qui saluera un rassemblement organisé par la LDJ au moment de la polémique sur l’affaire de « la flottille », s’écrira : « ET MERDE AU CRIF!!! »…</p>
<p><img class="noAlign alignright" src="http://img.over-blog.com/421x119/0/46/96/40/Crif.jpeg" alt="Crif.jpeg" width="421" height="119" /> Élie Barnavi, pourtant ancien ambassadeur d’Israël en France, homme respecté et modéré, possédant évidemment ce que Lurçat n&#8217;aura jamais : l&#8217;intelligence et la plume, se fait lui aussi injurier par le freluquet en des termes orduriers (voir photo) C’est dire…</p>
<p><img class="noAlign alignright" src="http://img.over-blog.com/421x202/0/46/96/40/Barnavi.jpeg" alt="Barnavi.jpeg" width="421" height="202" /><span>Tous ces contradicteurs sont ainsi injuriés à longueur de journée dans une symphonie haineuse menée par le chœur des hystériques ultra-sionistes. Appel à la détestation parfois à la violence, vulgarité, racisme anti-arabe, propos mensongers, diabolisant les uns et les autres, Pierre Lurçat va-t-il continuer à tromper son monde, lui le petit voyou, la petite frappe, tapie derrière son écran d’ordinateur, et se faire passer pour ce qu’il n’est pas Paul Landau : un respectable journaliste ?</span></p>
<p>Alors ? « Riposte laïque » et leurs amis de grands humanistes ? Vraiment ?</p>
<p><em>À suivre…</em></p>
</td></tr></table>]]></content:encoded>
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		<title>Contre TF1 atomisez Ahmadinejad !</title>
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		<pubDate>Tue, 08 Jun 2010 22:03:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nicolas Pomiès</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[A lire, à voir ou à écouter]]></category>

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		<respu:articleid>1976</respu:articleid>
		<respu:topcategoryid>3</respu:topcategoryid>
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		<description><![CDATA[Les téléspectateurs du journal de 20 h de TF1 ont pu voir lundi 7 juin, la  présentatrice du journal interroger le président iranien Mahmoud  Ahmadinejad.Nous ne pouvons ignorer l&#8217;indécence à recevoir ainsi sur l&#8217;une  des plus grandes chaînes françaises, celui qui veut faire disparaître Israël de  la page des temps alors [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<table><tr><td><p>Les téléspectateurs du journal de 20 h de TF1 ont pu voir lundi 7 juin, la  présentatrice du journal interroger le président iranien Mahmoud  Ahmadinejad.<span id="more-1976"></span>Nous ne pouvons ignorer l&#8217;indécence à recevoir ainsi sur l&#8217;une  des plus grandes chaînes françaises, celui qui veut faire disparaître Israël de  la page des temps alors que la France est secouée par les effets des événements  de la flottille au large de Gaza. Si TF1 voulait contribuer à accentuer la  fracture communautaire en France, la chaine ne pouvait s’y prendre  mieux.<br />
L&#8217;accoutrement de Laurence Ferrari, voilée à l&#8217;iranienne<sup>1</sup> , était aussi symboliquement un signe d&#8217;allégeance et de réhabilitation du <em>cinglé</em> qui dirige actuellement l&#8217;Iran.<br />
TF1 qui voulait jusqu&#8217;ici rendre les cerveaux  disponibles à l&#8217;achat de Coca-Cola aurait-elle la volonté de vendre de l&#8217;opium  du peuple en plus grande quantité ?<br />
Honte à cette chaîne pour cette mise en  scène ! Honte pour cette rédaction irresponsable.<br />
Car qui est ce président  iranien ? De quoi Hamoud <span style="font-family: Arial; font-size: x-small;"><span></span></span>Ahmadinejad  est-il le nom ?</p>
<p><a href="http://www.gaucherepublicaine.org/wp-content/uploads/2010/06/bd2-sifaoui.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-1977" title="Ahmadinejad atomisé" src="http://www.gaucherepublicaine.org/wp-content/uploads/2010/06/bd2-sifaoui-220x300.jpg" alt="Ahmadinejad atomisé" width="220" height="300" /></a><a href="http://www.gaucherepublicaine.org/author/sifaoui-mohamed-306/">Mohamed Sifaoui</a> nous propose dans une nouvelle bande dessinée  une biographie enrichie du dictateur iranien.<br />
Passons sur l&#8217;utilisation  imaginaire de la personnalité du père d&#8217;Hamoud Ahmadinejad complètement fictive  qui dans l&#8217;album est censé donner une origine à la construction de la  personnalité du fils.<br />
Finalement, ce père couard, obèse et machiste est là  pour dédouaner le petit Hamoud de ses névroses et de sa folie des  grandeurs.<br />
Car le petit Hamoud n&#8217;a qu&#8217;un but névrotique dans la vie, celui de  devenir le 12e Imam du chiisme.<br />
L&#8217;album commence en nous permettant de faire  connaissance avec l&#8217;Iran du Shah, cocktail de modernisme libertaire pour la  sphère privée et de totalitarisme dans la sphère publique ,sous fond  d&#8217;oppression d&#8217;une police secrète sous influence de la CIA. Dès le début, on  comprend la mauvaise alchimie de l&#8217;Iran des années 60 et 70 qui a consisté à un  relâchement des moeurs et une répression liberticide visant à accompagner  &#8220;l&#8217;occidentalisation&#8221;. Tout cela était donc propice à l&#8217;agitation de la réaction  cléricale chiite et au mouvement des groupuscules subversifs.<br />
Le scénario de  la BD consiste à suivre l&#8217;évolution d&#8217;Hamoud Ahmadinejad dans ce  contexte.<br />
Tout est abordé, du jeu des puissances occidentales à l&#8217;attitude  des dirigeants d&#8217;États face aux scories de la République islamique. Certains  cuistres stipendiés par l&#8217;Iran connus pour leur &#8220;anti-impérialisme&#8221; apparaissent  aussi pour qu&#8217;on ne les oublie pas. Est-il utile de rappeler que l&#8217;Iran finance  actuellement moult groupes subversifs de différentes tendances afin d&#8217;affaiblir  les états démocratiques ?<br />
L&#8217;album est riche et le crayon de Bercovici est  encore une fois au meilleur de sa forme.<br />
Il faut ce trait pour parfaitement  servir le scénario de Sifaoui qui réussit à nous faire rire tout en nous  laissant une grande inquiétude.<br />
En effet, la vie de l&#8217;actuel président  iranien accompagne celle d&#8217;un groupuscule islamiste dont la méthode consiste à  créer le chaos pour hâter le retour du 12e Imam.<br />
Tout au long du parcours de  Ahmadinejad, on retrouve l&#8217;influence de la secte des Hojjatieth.<br />
Quelle sera  la nature du chaos ? Un délitement des moeurs pour que le 12e Imam vienne  rétablir l&#8217;ordre clérical réactionnaire ?</p>
<h2>Un chaos nucléaire pour établir  l&#8217;ordre islamiste ?</h2>
<p>La lecture de l&#8217;ouvrage s&#8217;achève sur ce questionnement  même si Mohammed Sifaoui a voulu finir sur une note d&#8217;humour où Ahmadinejad  s&#8217;explose en martyr trompé par le guide suprême de la révolution  islamiste.<br />
Lire &#8220;Ahmadinejad atomisé&#8221; aux Éditions 12 bis vous permettra de  contrer la banalisation qu&#8217;à fait TF1 d&#8217;un régime réactionnaire, obscurantiste  et liberticide et poivrera à la rendre imbuvable la soupe que Ferrari à servie  au président iranien.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_1976" class="footnote">NDLR : à noter, que <a href="http://www.youtube.com/watch?v=s4c8_9T8lCM&amp;feature=related">toutes les journalistes ne se voilent</a> pas devant Ahmadinejad</li></ol></td></tr></table>]]></content:encoded>
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		<title>Philippe Pissier est libre !</title>
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		<pubDate>Tue, 08 Jun 2010 21:45:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nicolas Pomiès</dc:creator>
		
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		<respu:articleid>1973</respu:articleid>
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		<respu:topcategoryname>Société</respu:topcategoryname>
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		<description><![CDATA[À plusieurs reprises, ReSPUBLICA avait informé ses lecteurs des aventures connues par l&#8217;artiste Philippe Pissier qui s&#8217;était vu traîné en justice pour avoir posté trois cartes postales dans une boite aux lettres. Les cartes postales comportaient des bustes féminins ayant des pinces à linge sur les tétons.
Le receveur des Postes et le Parquet avaient estimé [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<table><tr><td><p><a href="http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/la-route-des-tetons-est-reouverte/850">À plusieurs reprises, ReSPUBLICA</a> avait informé ses lecteurs des aventures connues par l&#8217;artiste Philippe Pissier qui s&#8217;était vu traîné en justice pour avoir posté trois cartes postales dans une boite aux lettres. Les cartes postales comportaient des bustes féminins ayant des pinces à linge sur les tétons.<br />
Le receveur des Postes et le Parquet avaient estimé que ces cartes postales pouvaient choquer des mineurs. L&#8217;enquête de Gendarmerie diligentée par la Procureure de Cahors était visiblement destinée à charger l&#8217;artiste afin qu&#8217;il sorte du procès avec une quelconque condamnation même minime.<br />
C&#8217;est ce que <a href="http://pissierarchives.canalblog.com/">Philippe Pissier indique sur son site</a> sur lequel il poste un passionnant résumé de l&#8217;affaire.<br />
L&#8217;affaire a finalement abouti à la relaxe totale de l&#8217;artiste qui n&#8217;a cependant pas dit son dernier mot puisqu&#8217;il a décidé d&#8217;attaquer les enquêteurs à charge qu&#8217;il eut sur le dos.</p>
<h2>Que restera-t-il de ce dossier ?</h2>
<p>Premièrement un gros ratage culturel et économique. L&#8217;arrestation et la garde à vue de Philippe Pissier pour cette infime affaire se firent à quelques jours du lancement d&#8217;un festival international de l&#8217;art postal à Castelnau-Montratier dont il était le maitre d&#8217;oeuvre.<br />
La dynamique fut enrayée et il faut bien du courage à Pissier et ses amis pour relancer encore cette année ce festival qui aurait aujourd&#8217;hui une dimension supérieure si l&#8217;ordre moral n&#8217;avait tenté d&#8217;y mettre un frein.<br />
Mais le principal enseignement de l&#8217;aventure de Pissier et de ses trois cartes postales est la tentative de l&#8217;État représenté par son parquet de créer un art officiel contingenté et aussi de dicter le cadre des bonnes moeurs. À suivre les Torquemada de la nouvelle inquisition, trois pinces à linge sur un sein sont une perversion diabolique alors même que pullulent chez tous les marchands de cartes postales de France et de Navarre des photos dégradantes dites cartes de plages ou de vacances.<br />
Il est étonnant aussi que le bondage d&#8217;origine japonaise qui consiste à entraver esthétiquement un corps trouve des subventions pour s&#8217;exposer dans nombre de musées, les petits collages de Pissier sur ce thème reçoivent encore aujourd&#8217;hui des cris d&#8217;indignations.<br />
Enfin si cet été vous passez par Castelnau-Montratier, n&#8217;hésitez à aller interpeller l&#8217;artiste. Il ne manque ni de rhétoriques, ni de talents poétiques. Et si vous voulez jauger de la normalité et de l&#8217;équilibre psychologique d&#8217;un modèle de ses photographies, rendez-vous dans une des principales brasseries de la ville. Vous y trouverez une de ses anciennes compagnes ayant d&#8217;ailleurs témoigné pour lui lors du procès qui tient aujourd&#8217;hui, avec son mari, l&#8217;établissement !</p>
<p>Philippe Pissier est libre, Castelnau-Montratier aussi. Qu&#8217;il est bon de trouver des endroits où soufflent un peu d&#8217;insouciance, de créativité et de convivialité !</p>
</td></tr></table>]]></content:encoded>
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		<title>Quels sont les positionnements de la gauche aujourd’hui ?</title>
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		<pubDate>Mon, 07 Jun 2010 21:54:55 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jérôme Manouchian</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Combat laïque]]></category>

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		<respu:articleid>2005</respu:articleid>
		<respu:topcategoryid>43</respu:topcategoryid>
		<respu:topcategoryname>Politique française</respu:topcategoryname>
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		<description><![CDATA[Les retraites
Sur le plan national, l’actualité est au combat contre le projet gouvernemental sur les retraites.
Le mouvement syndical est d’abord divisé, FO ayant lancé seule sa journée de grève interprofessionnelle, sans suite, ce qui aura comme seule conséquence de diviser le mouvement syndical. On ne comprend pas pourquoi avoir choisi une date en dehors des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<table><tr><td><h2>Les retraites</h2>
<p>Sur le plan national, l’actualité est au combat contre le projet gouvernemental sur les retraites.<br />
Le mouvement syndical est d’abord divisé, FO ayant lancé seule sa journée de grève interprofessionnelle, sans suite, ce qui aura comme seule conséquence de diviser le mouvement syndical. On ne comprend pas pourquoi avoir choisi une date en dehors des dates de grandes mobilisations des autres syndicats. On sent là le désir de faire une montée parisienne solitaire comme sait les organiser le réseau lambertiste qui contrôle la confédération. Cette stratégie n’a jamais été gagnante, mais le dogme stratégique est toujours là ! Pour la CGT, Solidaires, UNSA, CFDT, FSU, le rendez-vous est posé le 24 juin.<br />
Les collectifs unitaires retraites (regroupant les associations, les mutuelles, les syndicats et les partis politiques) qui ont mis trop de temps à se constituer se sont depuis mis en chantier et des centaines de réunions fleurissent sur ce sujet.<br />
Malheureusement, une partie des opposants au gouvernement utilisent tout ou partie du logiciel de pensée du gouvernement. Ce qui a pour défaut de montrer une cacophonie pas gênante pour s’opposer, mais qui montre bien l’incapacité actuelle de la gauche de changer de paradigme pour construire son discours et proposer une alternative.<br />
Certains opposants déclarent qu’il y a un problème démographique et donc que la réforme est justifiée, mais qu’elle va trop loin. Ceux-là sont dans l’erreur comme ont été dans l’erreur ceux qui ont eu le raisonnement suivant : la baisse du nombre de paysans et l’augmentation du nombre de bouches à nourrir va nous conduire à la famine ! Bien sûr, ce qui compte, c’est la production agricole et sa répartition. Il en est de même pour les retraites : ce qui compte, ce sont les richesses produites et sa répartition. En prenant les chiffres du Conseil d’orientation des retraites (COR), nous sommes aujourd’hui avec une richesse de 100 (pour 190 en 2050) avec 10 actifs pour 6 retraités actuellement (et une répartition de 10 actifs pour 9 retraités en 2050), n’importe quel élève de CM2 sait que 190/19 est supérieur à 100/16 !<br />
D’autre admettent les dogmes, de même nature que l’immaculée conception, à savoir, qu’ il ne faut pas changer la répartition des richesses entre salaires et cotisations d’une part et profits d’autre part (malgré l’écart de 9,3 points de PIB par an soit plus de 180 milliards d’euros en euros 2009). Alors que sans modification de la répartition des richesses, les pensions vont baisser de façon vertigineuse !<br />
D’autres pensent qu’il ne faut pas augmenter les cotisations patronales ce qui est idiot puisqu’elles ont augmenté de 5 à 12,8 % et il serait normal que cela grimpe à 18 % du PIB en 2050 !<br />
D’autres disent, il ne faut pas augmenter les prélèvements obligatoires au-delà de 47 %. Et pourquoi le Danemark est-il à 54 % ?<br />
Mais le plus grave, ce sont ceux qui développent le slogan « défendons la répartition contre la capitalisation ». Slogan très dangereux et faux ! Car le gouvernement s’il veut augmenter la part en capitalisation-privatisation, il veut conserver une majorité des fonds en répartition. Mais il veut une répartition en revenu différé avec neutralité actuarielle ce qui est l’antichambre de la future capitalisation-privatisation. Ce type de répartition maintient les inégalités sociales et même les aggrave (pour les femmes, pour les désocialisés, pour les pauvres, etc.). Et donc ils sont obligés de proposer la charité pour les plus pauvres, pour de plus en plus de femmes, etc.<br />
En fait, la ligne de rupture est la ligne de promotion du principe de solidarité (et non de charité)du salaire (et donc de la pension) socialisé lié à la qualification et non une retraite donné en fonction des emplois et des cotisations fournies. Nous le disons clairement, il ne suffit pas de préférer la méthode dite à « prestations définies » face à celle dite des « cotisations définies » pour sortir du revenu différé comme le fait, Jacques Rigaudiat, ancien conseiller social de Michel Rocard et de Lionel Jospin pour le compte du Parti de gauche. Déjà, opposé au droit à l&#8217;accès aux soins de qualité pour tous, il a promu la CMU qui a fait que beaucoup de ceux qui étaient entre le plafond de la CMU et 1,3 fois le SMIC ont choisi le vote FN en 2002 pensant que la gauche les avait abandonnés ! Sous sa férule, la contre-réforme des retraites de Seguin en 1987 n&#8217;a pas été abolie par le gouvernement Rocard, les lois Balladur de 1993 n&#8217;ont pas été abolies par le gouvernement Jospin !</p>
<p>Heureusement, des centaines de réunions des collectifs unitaires retraites entendent le discours sur la base du salaire socialisé (orateurs UFAL, Bernard Friot et ses amis, etc.) et non du revenu différé avec neutralité actuarielle mâtinée de charité institutionnalisée.<br />
En conclusion, autant il faut soutenir une stratégie à front large autant, il faut une ligne précise et claire de rupture pour marcher sur ses deux jambes : celle des revendications immédiates et celle de préfigurer le dépassement du capitalisme, car seul le projet du salaire socialisé lié à la qualification préfigure un mode de production plus développé et avancé que celui du capitalisme. Nous répondons d&#8217;avance à ceux qui disent que nous sommes les plus radicaux sur ce dossier que l&#8217;importance du dossier dans la période n&#8217;est intelligible et propice à la mobilisation et au rassemblement est à ce prix. La crise économique et financière ne permet pas d&#8217;appliquer la méthode des rustines qui est donc démobilisatrice.</p>
<h2>Le voile intégral</h2>
<p>L’<a href="http://www.ufal.info/feminisme-et-laicite/feminisme-et-laicite-communiques-de-presse/voile-integral-une-partie-de-la-gauche-tombe-dans-le-piege-gouvernemental-mais-ce-n%E2%80%99est-pas-le-piege-que-l%E2%80%99on-croit/1111">UFAL a eu raison de dire qu’une partie de la gauche est tombée dans le piège de Nicolas Sarkozy, mais ce n’est pas celui que l’on pense</a>.<br />
Nicolas Sarkozy renoue avec un discours qui plait aux couches populaires (ouvriers, employés) majoritaires dans le pays et qui fait partie du combat émancipateur cher à ces couches populaires. Tout simplement par ce qu’il fait l’analyse que ces couches ont quitté principalement son électorat, mais aussi celui de la gauche aux élections régionales pour se réfugier dans l’abstention. On le dit une fois de plus, s’opposer à une mesure émancipatrice plébiscitée par les couches populaires uniquement parce que c’est Nicolas Sarkozy est une impasse pour la gauche !<br />
Le PS a pris une position médiane et nous verrons bien ce qu’ils voteront.<br />
Et voilà le NPA, le PCF, et les députés du Parti de gauche (y a-t-il eu une délibération du Parti de gauche pour cela ?) s’opposer à la loi uniquement pour s’opposer à Nicolas Sarkozy. Ils sont donc tombés dans le piège ! Seul Jean-Luc Mélenchon qui a flairé ce piège s’est déclaré favorable à la loi contre le voile intégral. Nous verrons les votes qui seront effectués au Parlement.</p>
<h2>Suite en France de l’agression israélienne contre la flottille humanitaire</h2>
<p>L’<a href="http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/israel-la-derive-du-gouvernement-dextreme-droite/1982">édito de ce numéro donne la position de la rédaction de RESPUBLICA</a> sur ces faits.<br />
Voyons donc ce qui s’est passé ce 5 juin, date d’appel des manifestations. Quelques dizaines de milliers de personnes ont défilé contre cette agression.<br />
Et une fois de plus l’ambiguïté de ce type de manifestations est apparue. Alors que les organisateurs souhaitaient une manifestation politique contre l’agression israélienne ce qui était légitime, on a vu les organisations de l’extrême droite islamiste en faire une manifestation identitaire et religieuse. <a href="http://www.dailymotion.com%2fvideo%2fxdkfw8_pourquoi-le-pg-s-est-retire-de-la-m_news&amp;h=80ba0/">Jean-Luc Mélenchon et ses amis ont eu raison de quitter la manifestation alors qu’il était en tête de cortège au début de la manifestation</a>.<br />
On a même vu une bagarre entre le service d’ordre du NPA et celui de l’Union des organisations islamiques de France (UOIF) qui voulait s’infiltrer dans le cortège des partis politiques.<br />
Est-ce que l’autre gauche va accepter longtemps ce « partenariat » avec l’extrême droite religieuse ? On se rappelle une manifestation du 8 mars à Paris (à la Place Clichy) sur le droit des femmes où les responsables du Comité national pour le droit des femmes (CNDF) avaient autorisé un cortège de plusieurs centaines de femmes voilées entourées d’une corde tenue par des « barbus » avec les drapeaux de la JCR tenus par les anciens membres de « Socialisme par en bas ». Cela avait provoqué l’année suivante deux manifestations concurrentes le 8 mars et où la manifestation du CNDF avait fait piètre figure !<br />
Dans beaucoup d’endroits en France cette année, des camarades et des organisations locales associatives (notamment des comités du  mouvement de la Paix) et syndicales (notamment des structures CGT et FSU) refusent d’apparaître liés à l’extrême droite islamiste dans les manifestations. C’est une bonne tendance que nous voyons poindre ici et là. C’est la condition d’un redémarrage du processus émancipateur.<br />
Toutes les extrêmes droites qu’elles soient religieuses ou politiques doivent être combattues avec la même détermination. Et la promotion des intérêts du peuple palestinien ne peut pas se fondre dans les intérêts de l’extrême droite islamiste. Et sur le Proche-Orient, nous devons soutenir l’Autorité palestinienne et non le Hamas et le Hezbollah.</p>
</td></tr></table>]]></content:encoded>
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		<title>Israël : la dérive du gouvernement d&#8217;extrême droite</title>
		<link>http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/israel-la-derive-du-gouvernement-dextreme-droite/1982</link>
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		<pubDate>Sun, 06 Jun 2010 15:04:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Évariste </dc:creator>
		
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		<respu:articleid>1982</respu:articleid>
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		<respu:topcategoryname>Chronique d'Evariste</respu:topcategoryname>
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		<description><![CDATA[Jusqu&#8217;ici, la doctrine israélienne était que ses forces armées devaient agir avec détermination chaque fois que la sécurité du pays était menacée, mais jamais en dehors de cette condition. Le massacre qui a eu lieu contre une flottille humanitaire dans les eaux internationales ne peut aucunement se justifier par une menace contre la sécurité de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<table><tr><td><p>Jusqu&#8217;ici, la doctrine israélienne était que ses forces armées devaient agir avec détermination chaque fois que la sécurité du pays était menacée, mais jamais en dehors de cette condition. Le massacre qui a eu lieu contre une flottille humanitaire dans les eaux internationales ne peut aucunement se justifier par une menace contre la sécurité de l&#8217;État d&#8217;Israël. Il s&#8217;agit donc d&#8217;une nouvelle dérive du gouvernement israélien dont l&#8217;extrême droitisation se poursuit.<span id="more-1982"></span></p>
<p>Nous ne pouvons que comprendre le sentiment d&#8217;injustice et de dégoût qui monte dans toutes les populations du monde devant ce massacre jusqu&#8217;ici impuni.</p>
<p>De plus, Ehud Barak, ministre travailliste de la défense, qui a pris la décision de l&#8217;intervention avec d&#8217;autres, continue de dire que c&#8217;était un piège contre Israël et c&#8217;est tout juste s&#8217;il ne déclare pas la légitime défense des commandos de Tsahal ! Cela nous fait penser à la sauvagerie de l&#8217;agression d&#8217;une manifestation d&#8217;infirmières par des CRS en France présentée comme une réaction des CRS face à la violence initiale des infirmières. On croit rêver !</p>
<p>Cette « fausse gauche » qui rappelle la « gôche » de Guy Mollet lançant le contingent en Algérie pour défendre le colonialisme français est une horreur ! Et le parti travailliste fait partie de l&#8217;Internationale socialiste qui reste muette devant cet état de fait.</p>
<p>Ce grand militaire qui est un piètre homme politique est déjà celui qui a réussi à ne pas faire la paix lorsqu&#8217;elle était possible. Aujourd&#8217;hui, il cautionne le gouvernement le plus extrémiste qu&#8217;Israël n&#8217;a jamais eu.</p>
<p>Une autre question commence à germer en Israël : comment sont organisés les unités militaires d&#8217;élite d&#8217;Israël et leur commandement politico-militaire : entre celles qui n&#8217;arrivent pas à protéger le courageux général premier ministre Itzak Rabin des illuminés de l&#8217;extrême droite israélienne et celles qui sont utilisées pour massacrer une flottille humanitaire ?</p>
<p>Il était temps que dans la communauté juive dans le monde se précise le groupe JStreet aux États-Unis et JCall ailleurs pour ne pas cautionner ce gouvernement d&#8217;extrême droite intolérable et s&#8217;opposer au lobby du soutien inconditionnel des décisions du gouvernement israélien.</p>
<p>Et puis la ficelle est un peu grosse quand le gouvernement israélien tente de justifier son massacre par le fait que c&#8217;est le Hamas qui dirige Gaza ! Mais qui a favorisé le Hamas contre le Fatah et l&#8217;Autorité palestinienne sinon un gouvernement de droite israélien dirigé par un autre grand général, Sharon !</p>
<p>Trop, c&#8217;est trop ! À force de ne pas soutenir le camp laïque palestinien de l&#8217;Autorité palestinienne et de favoriser les extrêmes droites israéliennes et islamistes, on en arrive à une situation comme celle  d&#8217;aujourd&#8217;hui !</p>
<p>Voilà en quelque sorte, le résultat des politiques néolibérales au Proche-Orient ! Des inégalités sociales grandissantes en Israël, y compris au sein de la population juive, et un soutien de la gouvernance mondiale aux extrêmes droites israéliennes et islamistes. Sans compter la citoyenneté de deuxième zone des Israéliens arabes (plus de 20 % de la population israélienne), l&#8217;enfer vécu par une partie de la population palestinienne dans les territoires occupés et le développement permanent de la colonisation de ces territoires par le gouvernement israélien.</p>
<p>Oui, il faut ici comme ailleurs une autre gauche israélienne, arabe et palestinienne qui reprenne le flambeau de la liaison du combat laïque et du combat social, de la lutte implacable contre les extrêmes droites politiques (comme celle qui est au pouvoir en Israël) et religieuses (qu&#8217;elles soient juives comme islamistes d&#8217;ailleurs), de la lutte contre le colonialisme et du combat pour la paix autour des propositions connues prônant « deux peuples, deux États » que ce soit sur la base de l&#8217;Appel de Genève signé pour la partie palestinienne par l&#8217;ancien ministre Yasser Rabbo ou par Nusseibeh dans l&#8217;accord avec Ayalon.</p>
</td></tr></table>]]></content:encoded>
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		<title>Entre la riposte laïque et l&#8217;intégrisme musulman, mon cœur ne balance pas</title>
		<link>http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/entre-la-riposte-laique-et-lintegrisme-musulman-mon-coeur-ne-balance-pas/1996</link>
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		<pubDate>Thu, 27 May 2010 21:21:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Nadia Geerts</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Combattre le racisme]]></category>

		<category><![CDATA[Extrême-droite]]></category>

		<category><![CDATA[Laïcité]]></category>

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		<respu:articleid>1996</respu:articleid>
		<respu:topcategoryid>71</respu:topcategoryid>
		<respu:topcategoryname>Combattre le racisme</respu:topcategoryname>
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		<description><![CDATA[J’étais mardi l’invitée de l’émission française « La ligne jaune », aux côtés de Bernard Teper (UFAL), Pierre Cassen et Anne Zélenski (Riposte laïque). (http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=3033). L’occasion pour moi de mesurer le fossé qui me sépare de Riposte laïque et de faire le parallèle avec un certain activisme islamique. Entre la peste et le choléra, je ne choisis [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<table><tr><td><p><strong>J’étais mardi l’invitée de l’émission française « La ligne jaune », aux côtés de Bernard Teper (UFAL), Pierre Cassen et Anne Zélenski (Riposte laïque). (</strong><a rel="nofollow" href="http://nadiageerts.over-blog.com/ext/http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=3033" target="_blank"><strong>http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=3033</strong></a><strong>). L’occasion pour moi de mesurer le fossé qui me sépare de Riposte laïque et de faire le parallèle avec un certain activisme islamique. Entre la peste et le choléra, je ne choisis pas.</strong><span id="more-1996"></span></p>
<p>Non, décidément, entre ceux qui crient haro pêle-mêle sur la viande hallal, le ramadan, les minarets, le voile et j’en passe, et ceux qui, lors d’une récente conférence à Sainte-Walburge, voulaient me convaincre que la viande hallal était intrinsèquement rassembleuse, pouvant convenir à tous, je ne choisis pas. Je ne choisis pas parce qu’autant je me moque que chacun mange hallal ou casher et prie à la mosquée, au temple ou à l’église, autant je refuse que les écoles, les administrations publiques ou, pour faire bref, les institutions de l’Etat adoptent ou s’adaptent à des prescrits confessionnels qui sont tout à fait respectables dans la sphère privée de chacun, mais n’ont pas à influencer la sphère institutionnelle.</p>
<p>Non, décidément, entre ceux qui, sous prétexte que le voile les dérange – et nul ne peut me soupçonner, je pense, de ne pas l’être par ce fichu bout de tissu ! – veulent l’interdire partout, et ceux qui prétendent qu’il est un hommage à la beauté et à la respectabilité de la femme, je ne choisis pas. Je ne veux pas de ce piège à la respectabilité, je veux être respectée pour ce que je suis, non pour ce que j’ai ou non sur la tête. Et je déplore que tant d’hommes, tant de femmes aussi, persistent à jouer ce jeu de la respectabilité conditionnelle. Mais de respect, je n’en ai guère trouvé dans l’attitude d’Anne Zelenski, cette « féministe de la première heure » qui me dégoûterait du féminisme avec ses « mademoiselle », « ma petite » et autres attitudes condescendantes, voire franchement grossières.</p>
<p>Non, décidément, entre ceux qui présentent les musulmans comme les nouveaux envahisseurs, adeptes d’une idéologie fascisante avec qui il ne s’agit pas de vivre, mais qu’il s’agit de faire taire, et cette dame voilée faisant un tableau effarant de l’avenir des jeunes musulmanes si leur voile leur était interdit à l’école, je ne choisis pas : à l’en croire en effet, l’interdiction du voile aurait pour conséquence de renvoyer à leur domicile la majorité des musulmanes, les condamnant à un quotidien de nettoyage et autres travaux ménagers, avant un mariage précoce et une kyrielle d’enfants à la clé. Un tableau que ne désavouerait pas Riposte laïque, qui refuse de distinguer entre islam et islamisme… exactement comme les islamistes.</p>
<p>Je ne choisis pas, parce que je crois que les extrêmes se rejoignent. Je crois que c’est usurper la laïcité que la transformer en traque monomaniaque de tout ce qui ressemble à l’islam. Je crois que la laïcité est un principe politique d’organisation de l’Etat qui interdit à ce dernier de se faire juge des croyances, puisqu’il ne s’agit que d’assurer leur coexistence pacifique. Ce qui implique évidemment certaines balises, chose que les extrémistes musulmans (et autres) se refusent à entendre et encore plus à accepter.</p>
<p>Alors, à Riposte laïque, j’ai envie de reposer cette question, restée sans réponse sur le plateau : que cherchez-vous, au fond ? Cherchez-vous une manière de vivre ensemble, chacun avec ses convictions, sans que nulle ne s’impose aux autres, ou cherchez-vous à démontrer, à l’instar de l’extrême droite, que nous ne pouvons pas vivre ensemble, que les musulmans sont « inassimilables » car porteurs d’une idéologie guerrière et colonisatrice ?</p>
<p>Et à certains de ces activistes musulmans qui remuent ciel et terre pour faire valoir partout la supériorité des lois divines sur les lois humaines, j’ai envie de poser cette question : cherchez-vous à vivre ensemble, avec les non-musulmans, ou à souffler sur les braises qui alimentent Riposte laïque et ses pseudopodes ?</p>
</td></tr></table>]]></content:encoded>
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		<title>L’Immigration : problématiques et défis</title>
		<link>http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/l%e2%80%99immigration-problematiques-et-defis/1969</link>
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		<pubDate>Mon, 26 Apr 2010 21:18:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Hakim Arabdiou</dc:creator>
		
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		<category><![CDATA[Combattre le racisme]]></category>

		<category><![CDATA[Politique]]></category>

		<category><![CDATA[Politique française]]></category>

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		<category><![CDATA[Immigration]]></category>

		<category><![CDATA[lettre 637]]></category>
		<respu:articleid>1969</respu:articleid>
		<respu:topcategoryid>3</respu:topcategoryid>
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		<description><![CDATA[Par Violette Daguerre, Éditions du Cygne, Paris, 2010
Les Causes de l’immigration
Violette Daguerre, vient de publier un ouvrage intitulé, l’Immigration : problématiques et défis, aux éditions du Cygne, à Paris. L’auteure, sans négliger les migrants d’autres origines ou régions du monde, a néanmoins centré une part notable de son travail sur la France et les immigrants d’origine [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<table><tr><td><p><strong><em>Par Violette Daguerre, Éditions du Cygne, Paris, 2010</em></strong></p>
<h2>Les Causes de l’immigration</h2>
<p>Violette Daguerre, vient de publier un ouvrage intitulé, <em>l’Immigration : problématiques et défis</em>, aux éditions du Cygne, à Paris. L’auteure, sans négliger les migrants d’autres origines ou régions du monde, a néanmoins centré une part notable de son travail sur la France et les immigrants d’origine arabe. Elle justifie son choix par sa trajectoire personnelle. Madame Daguerre est Libanaise, vivant en France, depuis plus de trois décennies. Elle est docteure en psychologie sociale et en psychologie clinique, et également présidente de la Commission arabe des droits humains, une ONG dont le siège est à Paris.<br />
Selon elle, un Terrien sur trente-cinq est  migrant, en ce début du 3e millénaire. L’Europe fut pendant très longtemps un continent d’émigration de dizaines de millions de ses ressortissants vers les Amériques, l’Australie, la Nouvelle Zélande, les Antilles, l’Afrique, etc. La tendance s’est ensuite inversée.<br />
Mais la mondialisation et la crise économique des pays capitalistes ont entraîné des restrictions draconiennes à l’entrée et aux séjours des étrangers dans ces États. Les trajectoires migratoires se sont alors en partie modifiées : plus de 50% d’entre elles ont désormais lieu entre pays en développement.<br />
Les migrations humaines s’expliquent par divers facteurs, notamment par le pillage, pendant plusieurs siècles, des pays du tiers-monde par la domination coloniale, puis néocoloniale, à partir des années 1960. Ceci à travers le cycle infernal de l’endettement de ces pays, par le biais d’officines du système capitaliste international tels que le FMI, la Banque mondiale… et par l’échange inégal avec les pays capitalistes, par le moyen notamment de l’OMC.</p>
<h2>L’immigration un bienfait économique, culturel et sportif pour les pays d’accueil</h2>
<p>Les migrants et leurs descendants constituent une perte pour leurs pays d’origines et un bénéfice pour leurs pays d’accueil. C’est ainsi que la France, manquant crucialement de bras,  avait successivement demandé l’aide de centaines de milliers de travailleurs belges, italiens, polonais, espagnols, algériens… pour réussir sa révolution industrielle, qu’elle avait entamée au XIXe siècle, et pour se reconstruire, à cause de ses importantes pertes matérielles et humaines durant les deux guerres inter-impérialistes (1914-1918) et (1939-1945), ainsi que pendant les Trente Glorieuses (de 1945 à 1975).<br />
Les réfugiés politiques en provenance de Russie et d’Europe centrale, surtout juifs, ont eux aussi contribué à combler son déficit démographique, ainsi qu’à son essor économique et son rayonnement intellectuel et culturel.<br />
La reconstruction de l’Allemagne et l’essor économique de ce pays, à partir des années 1950, ont été atteints en partie, grâce à l’apport de pas moins de 12 millions de réfugiés et de rapatriés.<br />
En Espagne, une étude effectuée, en 2005, par le conseiller économique du Premier ministre et une autre réalisée par une banque ont montré l’apport non négligeable des immigrés à la croissance de ce pays dans les domaines de l’économie, de la consommation, de la création d’emplois, du niveau de vie, et pour combler son déficit, alors que leurs salaires étaient inférieurs de 30% en moyenne.<br />
Les immigrés en situation irrégulière,  souvent surexploités, ne sont pas en reste. Ils participent eux aussi positivement à l’augmentation du PIB de la France et des autres pays européens. Une étude, réalisée en 2007, en Grande-Bretagne, indique que la régularisation éventuelle d’un demi-million d’immigrés « clandestins » rapporterait 1,47 milliards d’euros à l’économie, tandis que leur expulsion coûterait 6,9 milliards d’euros aux contribuables.</p>
<h2>Racisme et discriminations à l’égard des immigrants et leurs enfants</h2>
<p>La montée en puissance des courants xénophobes et populistes en France et en Europe, ainsi que de leurs « idiots utiles » explique l’exploitation récurrente du thème de l’immigration, qu’ils relient de manière tendancieuse à l’insécurité et à l’islamisme.</p>
<h2>L’intégration des immigrés et de leurs descendants avance inexorablement</h2>
<p>Selon certains chercheurs, l’intégration des immigrés et de leurs enfants est en bonne voie, en dépit de tous les obstacles dressés devant eux. Pour approfondir et accélérer ce processus, il est nécessaire selon eux d’améliorer de manière appréciable leurs conditions socio-économiques. Ce facteur  est fondamental pour l’intégration des populations allogènes. Il faudrait également leur accorder certains droits civiques, notamment le droit de vote dans les élections locales, à l’instar des pays scandinaves et des Pays-Bas. Ces derniers ont accordé ce droit à leurs immigrés, sur la base du principe d’égalité entre tous ceux qui vivent sur leurs territoires et qui participent à leurs vies économiques.<br />
Il s’agit aussi de prendre en compte les cultures d’origine des minorités, tout en mettant l’accent sur ce qui les unit, et non sur ce qui les différencient des valeurs et des lois des pays d’accueil, comme le préconise le Haut conseil de l’intégration, et encore moins les aspects de ces cultures, qui pourraient les opposer à ces valeurs et lois.<br />
Enfin, la lutte contre les discours xénophobes, notamment musulmanophobes, et les discriminations à l’embauche, à la promotion professionnelle, au logement, aux études, etc. dont les migrants et leurs enfants sont victimes. Ces deux fléaux constituent un terreau fertile au communautarisme (à ne pas confondre avec communautaire) et à l’islamisme. C’est pour cette raison que la lutte contre les discours xénophobes et les discriminations est un combat éminemment laïque.<br />
Ces études mettent également en évidence un  grand nombre d’indicateurs positifs d’intégration des immigrés originaires du Maghreb, et de leurs descendants, et qui sont de loin  les plus nombreux parmi les populations allogènes, en France.<br />
C’est ainsi que les deuxième et troisième générations de cette catégorie de la population se sentent nettement moins liés que leurs parents à leurs pays d’origines. Elles relèvent aussi la baisse de l’usage de leur langue maternelle au sein de leurs familles ; l’augmentation de l’âge du mariage des femmes, âge qui tend à se rapprocher de celui des Françaises de souches ; ainsi que l’augmentation aussi des taux des mariages mixtes et des unions libres ; du travail des femmes et dans tous les domaines ; de l’accès aux professions libérales ; de  la baisse importante du taux de natalité, de la polygynie, de l’endogamie communautaire …</p>
</td></tr></table>]]></content:encoded>
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		<title>Djemila Benhabib : «Une femme libre, les scandalise! »</title>
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		<pubDate>Wed, 21 Apr 2010 21:15:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Djemila Benhabib</dc:creator>
		
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		<category><![CDATA[Algérie]]></category>

		<category><![CDATA[Hassi Messaoud]]></category>
		<respu:articleid>1967</respu:articleid>
		<respu:topcategoryid>8</respu:topcategoryid>
		<respu:topcategoryname>Combat féministe</respu:topcategoryname>
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		<description><![CDATA[J’ai frémi de douleurs lorsque j’ai appris l&#8217;horreur dont sont victimes des femmes travailleuses à Hassi Messaoud. Une fois la nuit tombée, des dizaines de lâches armés jusqu&#8217;aux dents se sont transformés en justiciers de l’ordre moral, en traquant des travailleuses jusque dans leurs modestes logements pour marquer leur chair du sceau de l’infamie et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<table><tr><td><p>J’ai frémi de douleurs lorsque j’ai appris l&#8217;horreur dont sont victimes des femmes travailleuses à Hassi Messaoud. Une fois la nuit tombée, des dizaines de lâches armés jusqu&#8217;aux dents se sont transformés en justiciers de l’ordre moral, en traquant des travailleuses jusque dans leurs modestes logements pour marquer leur chair du sceau de l’infamie et leur infliger les pires sévices. Singulièrement, pour m’extraire du choc que je venais de subir par cette lugubre nouvelle, Kateb Yacine est venu à ma rescousse pour me dire : «Une femme libre, les scandalise! ».<span id="more-1967"></span></p>
<p>Lorsque la ville sombre dans le noir, une pluie de malédictions s’abat sur ces travailleuses venues des quatre coins du pays pour gagner leur pain. Soutiens de famille pour la plupart, elles ont renoncé à leur milieu de vie habituel pour parcourir des centaines de kilomètres et  nourrir plusieurs bouches. Leurs gîtes ont été saccagés et leurs effets personnels volés et, comme si cela ne suffisait pas, les viols et les tortures se sont multipliés  et banalisés sans que cela n’ébranle, outre mesure, les services de police complices de ces atrocités. Qu&#8217;arrive-il à cette ville, l&#8217;une des plus sécurisées du pays où se bousculent les compagnies pétrolières étrangères? La ruée vers l’or noir obscurcit-elle tant les esprits? Que se passe-t-il dans cet îlot orangé du Sahara où poussent le laurier-rose et l’eucalyptus et qui fait courir les touristes européens friands de méditation, de nuits étoilées et de thé vert? L’histoire retiendra qu’à l’ombre de l’oasis où les torchères crachent leurs volutes de fumée vers le ciel et où le dollar est roi, coule le sang des femmes, témoins d’un âge qu’on pensait révolu. Les corps de ces travailleuses porteront, pour toujours, à tout jamais, les stigmates de ces nuits rythmées de leurs cris de souffrance. Saigner les travailleuses et ouvrir grands les bras aux compagnies étrangères pour pomper les richesses du pays, est-ce la conception du développement économique version 2010? Hassi-Messaoud aurait pu devenir une source folle d’espérance, elle qui a su transformer cette terre ingrate en symbole de richesse. Et pourtant le miracle n’est que mirage. Qu’est-ce que la richesse d’un pays lorsqu’elle se bâtit sur la douleur des femmes ? Aujourd’hui, au delà des maux qui submergent mon être, je suis traversée par une immense colère car j’ai le sentiment que la barbarie qu’a connue Hassi Messaoud en juillet 2001 (et qui a fait une cinquantaine de victimes dans le quartier d’El Haïcha - toutes des femmes - à la suite d&#8217;un prêche virulent d&#8217;un obscur imam) se répète.</p>
<p>Comment se faire une raison lorsque la vie des femmes n’est que broutille? Comment se faire une raison lorsqu’on les identifie aux tares de la société? Comment se faire une raison lorsque le travail des femmes est érigé en crime et que le meurtre est promu en norme sociale? Comment se faire une raison lorsque les commissariats de police se transforment en lieux de lynchage pour crucifier les victimes et célébrer les bourreaux?  Comment se faire une raison lorsque la justice s’égare et que l’injustice est érigée en système? Que faire pour déchirer le voile opaque de l&#8217;indifférence? Que faire pour crever le monstrueux silence des interdits, cache-sexe de l’islamisme?  Est-ce possible que la représentation qui rend sataniques les femmes, si chère aux islamistes, ait triomphé? Est-ce possible que la politique de l’amnésie générale du président Bouteflika ait fini par faire son œuvre?  Est-ce possible que l&#8217;Algérie marche à reculons?  Est-ce possible que l’Algérie régresse cruellement?</p>
<p>Il y a, au moins, une évidence qui rebondit à chaque fois que l’histoire balbutie à l’ombre des interdits et des injustices, nulle lumière, nulle aube ne peut se lever. En effet, le Code de l’infamie adopté en 1984 continue de nourrir les violences à l’égard des femmes en les subordonnant aux hommes. Si l’on ajoute à cela l’intoxication intégriste et la vétusté des sphères éducatives, sociales et culturelles à commencer par le système éducatif, inutile de se surprendre des terribles dérives actuelles. Tout ce qui permet à  l’être humain de se construire et à un peuple de s&#8217;épanouir est proscrit et banni par le régime bouteflikien. Est-ce de cela dont ont rêvé les moudjahidates de la guerre de libération? Est-ce de cela dont rêvaient les marcheurs du 22 mars 1993? Est-ce de cela dont rêvaient les victimes du terrorisme islamiste? J’en doute fort. Aujourd’hui, j’ai mal à mon Algérie pour le sort qu’elle réserve à ses femmes. Le degré de développement d&#8217;un pays se mesure au degré d’émancipation des femmes, disait Engels. Et nous en sommes loin en Algérie, terriblement loin. Le développement y est tel un mirage. Exactement comme Hassi-Messaoud m’apparaît… comme un mirage, le mirage du développement. Quelle désolation !</p>
</td></tr></table>]]></content:encoded>
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		<title>Algérie : Elles sont attaquées de nuit par des jeunes encagoulés : Chasse aux femmes vivant seules à Hassi Messaoud</title>
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		<pubDate>Wed, 14 Apr 2010 21:10:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator> El Watan</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Combat féministe]]></category>

		<category><![CDATA[International]]></category>

		<category><![CDATA[Laïcité et féminisme]]></category>

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		<category><![CDATA[Algérie]]></category>

		<category><![CDATA[Hassi Messaoud]]></category>
		<respu:articleid>1964</respu:articleid>
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		<respu:topcategoryname>Combat féministe</respu:topcategoryname>
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		<description><![CDATA[Parce que justice n’a pas été rendue aux victimes des violences d’El Haïcha, à Hassi Messaoud, en juillet 2001, des dizaines d’autres femmes vivent, non loin des mêmes lieux, un véritable cauchemar. Depuis quelques semaines, chaque soir elles subissent le pire. Constitués en bandes organisées, des jeunes hommes encagoulés munis de sabres, couteaux haches et [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<table><tr><td><p>Parce que justice n’a pas été rendue aux victimes des violences d’El Haïcha, à Hassi Messaoud, en juillet 2001, des dizaines d’autres femmes vivent, non loin des mêmes lieux, un véritable cauchemar. Depuis quelques semaines, chaque soir elles subissent le pire. Constitués en bandes organisées, des jeunes hommes encagoulés munis de sabres, couteaux haches et bâtons fracassent les portes et investissent leurs maisons. Ni les cris, ni les pleurs des enfants, ni les supplications des vieux ne font reculer les assaillants dans leur sale besogne. Battues, menacées de mort, les victimes sont délestées de leurs bijoux, argent, téléphones portables et de tout objet ou équipement électroménager de valeur.<span id="more-1964"></span></p>
<p>Hassi Messaoud (Ouargla). De notre envoyée spéciale</p>
<p>Depuis deux semaines, chaque soir, le scénario de l’horreur se répète, face à l’impuissance ou l’inertie des services de police, alors qu’un commissariat se trouve à quelques centaines de mètres de ce quartier situé dans la ville pétrolière censée être la plus surveillée du pays. Les maisons ne sont pas choisies au hasard. Elles sont repérées dans la journée, puis mises à sac la nuit. La plupart sont habitées par des femmes originaires du nord, qui vivent loin de leurs familles. Rares sont celles qui déposent plainte, car les plus téméraires ont payé cher leur acte. Elles ont fini par abandonner leur domicile, errant d’un quartier à un autre à la recherche d’un lieu plus sûr. Rencontrées sur place, les témoignages de certaines d’entre elles font froid dans le dos et font craindre le pire. Terrorisées, les victimes ont toutes refusé de révéler leur identité. « C’est la misère qui nous a fait faire des centaines de kilomètres à la recherche d’un emploi pour nourrir nos familles.</p>
<p>Nous ne voulons pas perdre le pain de nos enfants. Nous voulons juste gagner notre vie avec dignité et dans la sécurité. Nous sommes des citoyennes au même titre que les autres,et nous avons droit d’aller n’importe où pour travailler », déclare Souad, âgée d’une trentaine d’années. Lorsque nous lui avons rendu visite, dans sa maison du quartier des 36 logements, elle a mis du temps à nous ouvrir la porte. Elle venait de rentrer chez elle après avoir fait le tour des maisons de ses copines, sur le boulevard, au cœur même de la ville. Notre identité déclinée, elle exprime son « grand soulagement ». Cela fait plus d’une semaine que sa sœur et elle vivent un « vrai cauchemar ». Une bande de cinq à six jeunes enturbannés ont fait irruption chez elles au milieu de la nuit de mercredi à jeudi. « On nous avait déjà parlé de femmes ayant été agressées dans leur maison, mais je n’y ai pas cru. Je n’aurais pas pensé qu’un jour je serais une des victimes », raconte Souad, l’aînée d’une famille de trois filles et un garçon. Cela fait dix ans qu’elle travaille à Hassi Messaoud. Sa sœur cadette, avec laquelle elle partage le logement en parpaing constitué d’une pièce-cuisine, semble très fatiguée. Elle vient de subir une opération chirurgicale. En cette nuit de jeudi, les deux filles, leur jeune frère et leur mère venus leur rendre visite de très loin, ignoraient que le pire les attendait. Tous dormaient profondément lorsqu’ils ont brusquement été réveillés par de violents coups donnés à la porte d’entrée métallique. Avant même que Souad ait le temps de se mettre debout, déjà trois hommes encagoulés, surgissaient dans la pièce. « Lorsque je me suis réveillée, j’ai vu le viseur d’un téléphone portable se fixer sur mon visage. J’étais terrorisée. Ma sœur criait et ma mère suppliait les assaillants de ne pas nous toucher. L’un d’eux m’a bloquée contre le mur en m’enfonçant un tournevis dans le ventre. Il m’a enlevé ma chaîne en or, mes bagues et mes boucles d’oreilles. Ils avaient tous un accent du sud-ouest. Il m’a interdit de crier et j’étais comme paralysée, jusqu’au moment où il a commencé à relever ma jupe. Je le suppliais, mais il était comme drogué. Il puait l’alcool, tout comme ceux qui étaient avec lui. Ma sœur malade n’arrivait pas à se lever, ils lui ont demandé son téléphone portable, alors que ma mère a été délestée de sa bague en or avec violence. Son agresseur l’a obligée à l’enlever en maintenant le couteau collé à sa main, laissant une bonne entaille. Nous avons crié de toutes nos forces et l’un d’eux, dans sa fuite, a laissé tomber la serviette qui recouvrait son visage. Un visage que je garderais en mémoire toute ma vie. Les cinq ont pris la fuite lorsque les voisins ont ouvert leurs portes en entendant nos cris », témoigne Souad. Elle dénude son abdomen pour nous montrer la cicatrice, longue de quelques centimètres, laissée par le tournevis.</p>
<p>Elle raconte que les voisins disent tous n’avoir reconnu aucun des agresseurs, mais elle sait, au fond d’elle-même, qu’ils ne peuvent être étrangers au quartier. Toute la famille a couru vers le commissariat, mais ses portes étaient fermées. « Nous avons frappé à la porte et un policier nous a orientés vers la sûreté de daïra. J’ai commencé à hurler. Là, il m’a ouvert la porte et m’a fait entrer pour m’entendre et faire un procès-verbal. Une photo de ma blessure a été également prise, mais ce n’est que le lendemain que les policiers sont venus à la maison pour constater le vol. Lorsque je lui ai dit qu’ils nous ont volé tous nos biens, l’équivalent de plus de 100 000 DA entre bijoux et téléphones portables », l’officier m’a déclaré : « Estimez-vous heureuse. La femme qu’ils ont volée il y a quelques jours est à l’hôpital. Ils l’ont violée à cinq, la laissant dans un état de choc ». « Il nous a fait comprendre qu’il ne pouvait rien faire », révèle la sœur de Souad. Les policiers lui demandent de ne pas suspendre sa ligne téléphonique dans l’espoir de localiser les voleurs et de les arrêter. Mais ces derniers, encouragés par l’’impunité qui règne dans cette ville, utilisent sa puce pour appeler d’autres victimes. Durant des jours, ils les menacent de mort et profèrent des obscénités à leurs contacts dont les numéros ont été récupérés de la mémoire de la puce.</p>
<p>« Ici, les policiers ne protègent pas les femmes »<br />
Souad ne peut plus supporter la situation. Au bout de cinq jours, elle décide de suspendre sa ligne et de quitter, elle et sa famille, la maison. Sa mère est repartie terrorisée chez elle, alors que les deux femmes se sont installées chez une amie, jusqu’à il y a deux jours. Elles nous montrent un couteau de boucherie qu’elles ont acheté pour se défendre. « Ici, la police est absente et nos plaintes sont toujours restées sans suite », dit-elle. Selon elle, le lendemain de l’attaque, au commissariat « de nombreuses femmes sont venues se plaindre. Elles ont toutes subi le même sort que nous. Elles ont été volées, tabassées et humiliées par le même groupe de voyous. Plusieurs d’entre elles étaient blessées. Et c’est là que j’ai entendu parler de cette fille de Saïda retrouvée assassinée il y a quelques mois. Une autre avait été retrouvée tuée, dans sa maison, il y a trois ans. Mais les auteurs de ces crimes n’ont jamais été arrêtés.</p>
<p>Le nombre de plaintes de femmes agressées sont les plus importantes au niveau des commissariats, et ce sont les policiers qui nous ont confirmé cette vérité », dit-elle. Parmi elles Hadda, la trentaine passée. Elle aussi a résidé dans le quartier des 36 logements. Elle aussi est devenue une sans domicile fixe depuis cette nuit terrifiante de jeudi à vendredi. C’était presqu’au lever du jour. Elle dormait, avec sa fille et son petit garçon, lorsqu’elle a été réveillée par le bruit assourdissant de coups de pieds donnés à la porte d’entrée. C’était la troisième tentative d’attaque. La nuit d’avant, ce sont les cadenas de la première porte qui ont été cassés, mais les agresseurs se sont enfuis en entendant les voisins sortir dans la rue. Hadda a renforcé les serrures et décidé d’aller passer la nuit ailleurs. Fort heureusement pour elle, puisque les assaillants reviennent à la charge en son absence. Ils escaladent le mur et pénètrent dans la cour de la maison. Ils cassent les cadenas de la deuxième porte et mettent la maison à sac. Ils prennent tout ce qui a de valeur. Hadda revient dans la journée du jeudi, remet d’autres serrures et décide de ne pas laisser sa maison vide, pensant que les auteurs avaient pris ce qu’ils cherchaient. Pour son malheur, cette nuit-là, ils sont encore plus nombreux. Elle est leur cinquième victime dans le quartier. La voisine de Hadda a vécu les pires moments. Après avoir arraché la porte, les voyous ont investi les lieux qu’ils ont laissés en ruines. La voisine, terriblement affectée, brûlée à la main et à la jambe, a fini par abandonner son gîte. Le lendemain matin, lorsque Hadda est revenue, elle a trouvé la maison vide, les affaires personnelles de son amie jonchant le sol. Elle a fermée les portes et décidé de s’enfermer chez elle.</p>
<p>A la nuit tombée, les criminels reviennent sur les lieux. « Après plusieurs coups, la porte a cédé. Ils puaient l’alcool et certains n’arrivaient même pas à parler. L’un d’eux, armé d’un couteau, m’a braquée contre le mur et a exigé que je lui donne ma chaîne en or. Un deuxième est arrivé. J’étais comme paralysée. Ils me tiraient par les bras pour me faire sortir dehors. Je me suis agrippée au mur en les suppliant de m’épargner. J’étais prête à leur donner tout ce que j’avais comme économies et bijoux, pourvu qu’ils ne me salissent pas. Ce n’étaient pas des voleurs mais des terroristes. » « J’ai été au commissariat du quartier et là j’ai trouvé de nombreuses femmes venues, elles aussi, se plaindre d’agressions. Certaines, blessées, étaient dans un état lamentable. Les policiers ne faisaient que prendre nos témoignages. Je leur ai demandé pourquoi ils n’arrêtaient pas les auteurs. Vous savez quelle a été la réponse de l’officier ? ’’Savez-vous qui sont ces jeunes  ? Qui vous dit que moi, le policier, je ne suis pas avec eux ? Le matin, je mets ma tenue pour aller travailler et le soir je mets un turban autour de mon visage et j’agresse les femmes qui résident seules’’. Ces phrases m’ont choquée. J’ai compris que je n’avais rien à faire au commissariat. Je suis sortie et j’ai appelé mon cousin. Il est venu le lendemain. Il est avec moi, en attendant que je trouve une autre location ailleurs. » « Je travaille pour faire vivre mes enfants. Si j’avais trouvé un emploi dans ma wilaya, je ne me serais jamais exilée. Pensez-vous que c’est facile de vivre loin de sa famille ? Pourquoi une femme qui travaille dérange-t-elle  ? A Hassi Messaoud, les policiers ne protègent pas les femmes. Leurs préoccupations sont ailleurs ».</p>
<p>Des interrogations qui reviennent dans la bouche des nombreuses autres victimes rencontrées, comme Fatma, par exemple, dont le visage laisse transparaître une fatigue intense due à des nuits sans sommeil. Cette jeune femme de 27 ans, orpheline de père, travaille pour nourrir ses sept frères et sœurs dont elle est l’aînée. « Je suis native d’un village réduit en cendres durant le terrorisme. Etant l’aînée, je n’ai jamais été à l’école. La mort de mon père a été un désastre pour la famille, parce qu’aucun d’entre nous n’avait un niveau ou une qualification pour décrocher un emploi. Ma mère est femme de ménage à la commune, et moi je fais la même chose ici, à Hassi Messaoud. Sauf qu’ici, les sociétés étrangères paient mieux leurs employés. Avec deux salaires, nous arrivons à assurer la scolarité de mes deux frères et deux sœurs et à avoir une vie plus ou moins décente. Cela fait cinq ans que je suis à Hassi Messaoud. Je partage mes deux pièces avec une autre femme, mère de famille. Jamais je n’aurais pensé qu’un jour je vivrais un tel cauchemar », lance-t-elle d’une voix entrecoupée de pleurs. En cette nuit de jeudi, elle dormait profondément.</p>
<p>Elle avait entendu parler des attaques nocturnes contre les femmes qui résident seules, mais elle pensait qu’elle ne serait jamais parmi les victimes, parce qu’elle était appréciée et respectée au quartier des 40 logements. « Pour moi, c’était le choc. Au deuxième coup de pied, la porte d’entrée a cédé. Ils étaient cinq ou six, encagoulés et armés de couteaux, de sabres, de haches de boucherie et de barres métalliques. J’étais comme tétanisée. Les cris de ma colocataire ne les ont même pas dérangés. Ils étaient comme sous l’effet de la drogue. Ils m’ont délestée d’une bague que je portais et qui n’était même pas en or, puis de mon téléphone portable et de quelques objets, comme la cafetière électrique, le démo, une petite chaîne hifi, etc. J’avais très mal au bras parce que l’un deux me l’avait mis derrière le dos, en pointant ce dernier avec un couteau. J’ai essayé de me débattre, un autre, armé d’un sabre, m’a lancé  : ’’Tu bouge tu meurs, sale p…’’ J’ai maudit le jour où je suis venue au monde. Je ne suis pas une prostituée. Je suis une femme sans ressources qui aide sa famille à vivre dans la dignité. Mon père m’a donné une éducation qui m’a permis de ne jamais quémander le pain, mais d’aller le gagner à la sueur de mon front », raconte Fatma, avant d’être interrompue par les sanglots. Fatma dévoile son dos pour montrer une entaille de quelques centimètres, puis son bras et son sein marqués d’ecchymoses. « Qu’ai-je fais pour mériter cette torture ? La police ne nous protège pas. Lorsque j’ai été me plaindre au commissariat, au début, les policiers ne voulaient même pas prendre ma déposition. J’ai commencé à crier et c’est là que l’un d’eux a fini par me lancer une phrase assassine  : ’’Que voulez-vous que l’on fasse ? Vous n’avez qu’à aller ailleurs  ! Retournez chez vous par exemple, vous serez plus en sécurité. Ici, c’est dangereux pour des femmes comme vous  !’’ Est-ce des propos à tenir à des victimes de violences qui viennent se plaindre ? N’avons-nous pas droit à la sécurité comme tous les autres citoyens ? Regardez ce que j’ai acheté aujourd’hui : une bombe lacrymogène pour me défendre. J’ai déjà un couteau et si je trouve une arme, je suis prête à l’acheter pour défendre mon honneur et ma dignité. A Hassi Messaoud, l’Etat ne me protège pas », crie Fatma.</p>
<p>« Rentrez chez vous, ici c’est dangereux pour les femmes »</p>
<p>La sensation d’avoir été humiliée à deux reprises, d’abord par ses agresseurs puis par les policiers, la tétanise. Elle ne dort plus, change souvent son itinéraire pour aller au travail parce qu’elle sent qu’elle est suivie partout. Elle a pu voir le visage d’un des agresseurs et elle se sent en danger. Ses amies sont à ses côtés. Elles viennent lui proposer de déménager vers un F2 trouvé au centre-ville, dont le loyer, 25 000 DA, sera partagé à cinq. Fatma, les larmes aux yeux, a du mal à accepter d’abandonner une maison dont le propriétaire a déjà pris six mois d’avance à compter de 5000 DA, elle dont le salaire est compté au dinar près pour financer les dépenses de la scolarisation de ses frères et sœurs. Durant deux nuits de suite, les deux quartiers ciblés par les attaques ont renoué avec le calme. Nos va-et-vient entre les ruelles non éclairées ont suscité la suspicion chez les groupes de jeunes adossés aux murs à chaque coin de rue. Ce sont peut-être des agresseurs qui attendent le moment propice. Notre présence, en véhicule banalisé, les a peut être freinés. La rumeur sur notre passage a déjà fait le tour. Saïda, Nadia, Salima, Amriya, Soumeya et de nombreuses autres femmes nous demandent de partir de peur de subir des représailles.</p>
<p>Elles en sont à leur deuxième tragédie après celle vécue à El Haïcha, qui porte bien son nom. El Haïcha, « la bête », est situé à quelques encablures des cités des 36 et 40 logements où, en juillet 2001, plusieurs dizaines de femmes ont été torturées, lapidées, violées, enterrées vivantes par une horde de jeunes chauffés à blanc par l’imam, en plein milieu de la nuit. Blessées physiquement et touchées dans leur dignité, les victimes n’ont, à ce jour, pas obtenu leur droit à la justice. De nombreux agresseurs vivent tranquillement chez eux, protégés par les leurs, souvent des notables aux traditions très conservatrices qui n’acceptent pas que des femmes habitent seules au milieu des leurs ou qu’elles « arrachent le travail des hommes ». Les assauts répétés contre leurs maisons sont pour eux « une expédition d’épuration » que même les services de sécurité ne peuvent empêcher. Une réalité qui se confirme sur le terrain. Depuis près d’un mois, les femmes des quartiers des 36 et 40 Logements vivent l’enfer. L’inertie des services de police fait craindre le pire en ces lieux livrés à des bandes organisées de délinquants aux visages masqués. A ce rythme, si les pouvoirs publics n’interviennent pas, un autre drame beaucoup plus grave que celui d’El Haïcha pourrait avoir lieu. Et là, l’entière responsabilité incombera aux autorités dont la mission principale est d’assurer la sécurité des biens et des personnes, des citoyens et citoyennes algériens, et non pas uniquement celle des étrangers, très nombreux dans cette région du pays.</p>
<p>Par Salima Tlemçani</p>
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