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	<title>ReSPUBLICA</title>
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	<description>Le journal de gauche, républicain, laïque et social</description>
	<pubDate>Tue, 21 May 2013 08:36:53 +0000</pubDate>
	<language>en</language>
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		<title>Prostitution : encore un effort pour être abolitionnistes !</title>
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		<pubDate>Tue, 21 May 2013 08:25:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Monique Vézinet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Combat féministe]]></category>
		<category><![CDATA[Débats]]></category>
		<category><![CDATA[ReSPUBLICA]]></category>
		<category><![CDATA[Société]]></category>
		<category><![CDATA[lettre 721]]></category>
		<category><![CDATA[Prostitution]]></category>
		<respu:articleid>6614</respu:articleid>
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		<description><![CDATA[NDLR - Dans son numéro du 12 juillet 2012 Respublica publiait sans prendre parti deux poins de vue respectivement favorable (Abolition 2012) et hostile (le Planning) à la pénalisation du client en invitant le lecteur à se faire une opinion. Avec ce texte, nous relançons le débat auprès de nos lecteurs.

Pourquoi revenir aujourd&#8217;hui sur la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><span style="color: #0000ff;"><span style="text-decoration: underline;">NDLR </span>- </span></strong><em><strong><span style="color: #0000ff;">Dans son <a href="http://www.gaucherepublicaine.org/tag/lettre-690" target="_blank"><span style="color: #0000ff;">numéro du 12 juillet 2012</span></a> Respublica publiait sans prendre parti deux poins de vue respectivement favorable (Abolition 2012) et hostile (le Planning) à la pénalisation du client en invitant le lecteur à se faire une opinion. Avec ce texte, nous relançons le débat auprès de nos lecteurs.</span></strong><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><span style="font-size: small;"><br />
</span></span></em></p>
<p>Pourquoi revenir aujourd&#8217;hui sur la question de l&#8217;abolition alors que tous les arguments possibles <span style="color: #000000;"><span style="font-size: small;">« </span></span>pour », <span style="color: #000000;"><span style="font-size: small;">« </span></span>contre » et « comment » semblent avoir été déjà mille fois exposés ? Disons d&#8217;emblée que nous ne discuterons ici ni des positions prohibitionnistes, ni des positions règlementaristes. En revanche la position abolitionniste officielle de la France – où le scepticisme fait bon ménage avec la résignation - se voit interrogée de deux façons : le calendrier parlementaire annoncé par Najat Vallaud-Belkacem amène les partis politiques et le mouvement associatif et citoyen à se positionner, tandis que les médias favorisent jusqu&#8217;ici l&#8217;expression du scepticisme à l&#8217;égard d&#8217;un changement législatif ; des schémas de pensée anciens et des résistances demeurent dans l&#8217;esprit de nombreux camarades, qu&#8217;il est temps de lever pour que le débat progresse et soit porté devant le public de façon raisonnée, sans se cacher qu&#8217;il est difficile pour chacun de s&#8217;abstraire de la dimension intime de la sexualité que la question implique.<span id="more-6614"></span></p>
<p>L&#8217;abolition de la prostitution (du « système prostitueur », voir plus loin) n&#8217;est plus un sujet réservé aux cercles féministes, il doit devenir :</p>
<ul>
<li><strong>un sujet citoyen « transgenre » </strong>dans la mesure où la prostitution masculine n&#8217;est pas négligeable (principalement homosexuelle mais aussi au bénéfice de « clientes »<sup><a href="http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/prostitution-encore-un-effort-pour-etre-abolitionnistes/6614#footnote_0_6614" id="identifier_0_6614" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le &laquo;&nbsp;droit au gigolo&nbsp;&raquo; est un argument de certaines f&eacute;ministes que nous ne reprenons pas &agrave; notre compte...">1</a></sup>, sans parler des bi- et trans-) et dans la mesure où le client (la cliente) acheteur de services sexuels se verrait lui aussi désormais mis en accusation ;</li>
<li><strong>un sujet républicain, </strong>dans la mesure où doivent s&#8217;équilibrer la défense des libertés et les nécessités de l&#8217;ordre public, les impératifs de santé publique, de protection des personnes, etc ;</li>
<li><strong>une problématique liée à la critique de l&#8217;ordre néolibéral</strong> qui conjugue à la marchandisation généralisée de nos sociétés un développement de la traite lié à la mondialisation, soit l&#8217;entrée sur le territoire, chaque année, de centaines de femmes au statut  précaire, qui viennent alimenter l&#8217;économie clandestine&#8230;</li>
</ul>
<p>Evitant à la fois les dogmes de l&#8217;ordre moral et les « bons sentiments » se bornant à déplorer le sort des victimes, nous examinerons les arguments qui peuvent fonder une opinion et des mesures progressistes en faveur de l&#8217;abolition du système prostitueur (notion qui a l&#8217;avantage par rapport à celle de prostitution, d&#8217;ailleurs mal définie sinon par la jurisprudence, de prendre une vue d&#8217;ensemble des mécanismes et d&#8217;inclure désormais la totalité des acteurs, y compris les clients et les pouvoirs publics éventuellement complices).</p>
<h3>1/ « L’objectif est, à terme, une société sans prostitution »</h3>
<p>Sans reprendre l&#8217;historique des conventions internationales, des textes et des politiques publiques en France, on rappellera que la reconnaissance de la prostitution comme violence faite aux femmes ne date que de la loi du 9 janvier 2009, qu&#8217;une<em> <a href="http://www.assemblee-nationale.fr/13/ta/ta0782.asp" target="_blank">résolution unanime</a></em> a été votée à l&#8217;Assemblée nationale le 6 décembre 2011 « <em>réaffirmant la position abolitionniste de la France en matière de prostitution » et se concluant ainsi : « la prostitution ne pourra régresser que grâce à un changement progressif des mentalités et un patient travail de prévention, d’éducation et de responsabilisation des clients et de la société tout entière</em> ». L&#8217;unanimité fut à ce prix, reporter à un terme non défini l&#8217;abolition de la prostitution. Non défini dans le temps et quant aux moyens d&#8217;y parvenir.</p>
<p>De ce point de vue, la résolution était (de notre point de vue) en recul par rapport au document sur lequel elle se basait, le rapport remis en avril de la même année par des députés de droite et de gauche et connu comme le<a href="http://www.assemblee-nationale.fr/13/rap-info/i3334.asp" target="_blank"> rapport Guy Geoffroy (UMP)/Danielle Bousquet (PS)</a>. Car, parmi les 30 mesures qu&#8217;il préconisait, ce texte retenait la pénalisation du client.<br />
Pour le reste, il était aisé de convenir que la traite et le proxénétisme étaient l&#8217;ennemi principal.</p>
<p>Agir sur la « demande » est une idée relativement récente, qui découle de l&#8217;incapacité des politiques nationales à enrayer la mondialisation de l&#8217;« offre », et de la prise de conscience de la nécessité de traiter les prostitué(e)s avant tout comme des victimes et non des délinquant(e)s. Une idée qu&#8217;exprime en 2000 le protocole de Palerme de l&#8217;ONU.</p>
<h3>2/ Insuffisance des incriminations actuelles : proxénétisme et racolage</h3>
<p>- Sur le proxénétisme tout ou presque a été dit : la police, le parquet, les magistrats disposent d&#8217;un arsenal juridique complété en 2003 par la prise en compte de la traite. Le rapport Geoffroy/Bousquet notait déjà que les moyens ouverts par les incriminations désormais prévues à l&#8217;art. 225 du Code pénal sont globalement satisfaisants mais que – dans le cas de la traite – ils restent moins bien connus et insuffisamment utilisés, enfin que les droits ouverts aux victimes sont insuffisamment mis en œuvre (en particulier pour les étrangères<sup><a href="http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/prostitution-encore-un-effort-pour-etre-abolitionnistes/6614#footnote_1_6614" id="identifier_1_6614" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="En provenance principalement d&#039;Europe de l&#039;Est et des Balkans, d&#039;Afrique subsaharienne et d&#039;Asie, elles repr&eacute;senteraient plus des deux tiers des 18 000 &agrave; 20 000 prostitu&eacute;(e)s exer&ccedil;ant en France ; elle sont surtout pr&eacute;sentes dans la rue.">2</a></sup>.<br />
Dans le cas du crime organisé par ailleurs, la possibilité d&#8217;atteindre les têtes de réseau de la traite est hors de portée des polices nationales. Même en coopérant davantage, celles-ci continueront à buter sur le blanchiment de l&#8217;argent sale et sur la corruption de fonctionnaires (pour la délivrance de visas en particulier).</p>
<p>- Dans la perspective traditionnelle de la pénalisation de l&#8217;offre, la loi sur la sécurité intérieure de 2003, à l&#8217;époque où Nicolas Sarkozy était ministre de l&#8217;Intérieur, a renforcé l&#8217;incrimination en instaurant le racolage « passif ». Sur le plan contentieux, l&#8217;utilité de ce délit a été d&#8217;une utilité limitée, car il n&#8217;est utilisé que lorsque le dossier ne permet pas de prouver le racolage actif.<br />
De fait, déplacer la prostitution dans les bois, le long des routes secondaires, etc. n&#8217;a pas constitué un progrès<br />
De plus la notion de racolage révèle une vision obsolète, une méconnaissance, de ce qu&#8217;est la prostitution aujourd&#8217;hui où internet, salons de massage, &#8220;escorts&#8221; et tourisme sexuel prennent une place grandissante</p>
<p>D&#8217;où une proposition de loi adoptée au Sénat le 29 mars dernier<sup><a href="http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/prostitution-encore-un-effort-pour-etre-abolitionnistes/6614#footnote_2_6614" id="identifier_2_6614" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Voir le rapport http://www.senat.fr/rap/l12-439/l12-439.html">3</a></sup>. Mais quel sera le calendrier par rapport aux annonces de la ministre des Droits des femmes et dont Maud Olivier, députée PS de l&#8217;Essonne, entend faire une proposition de loi pour mise à l&#8217;ordre du jour de l&#8217;Assemblée nationale en novembre 2013 ? Faut-il laisser subsister le délit de racolage « en attendant » (comme le suggérait le rapport Geoffroy/Bousquet) ou pousser à son adoption par l&#8217;Assemblée dans la foulée, indépendamment de la révision plus globale à venir ? On l&#8217;ignore encore.</p>
<h3>3/ Le point de clivage</h3>
<p>Entre la « responsabilisation des clients » évoquée par la résolution du 6 décembre 2011 et la pénalisation des clients, il y a un fossé à franchir. C&#8217;est au nom des libertés que se dressent les adversaires de la pénalisation de l&#8217;achat de services sexuels.</p>
<p>Prenons deux exemples récents de telles positions libertariennes. Au-delà du talent de leurs promoteurs, et de la sympathie qu&#8217;on peut avoir par ailleurs pour eux, elles nous paraissent aujourd&#8217;hui totalement dépassées :</p>
<p>- Extrait d&#8217;un texte paru le 22 août 2012 dans le <em>Nouvel Observateur</em> et dont Elisabeth Badinter est la première signataire (&#8220;<a href="http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20120822.OBS0128/l-interdiction-de-la-prostitution-est-une-chimere.html" target="_blank">L&#8217;interdiction de la prostitution est une chimère</a>&#8221;) <span style="font-family: serif;">: « </span>Chaque adulte doit être libre de ce qu&#8217;il veut faire ou ne pas faire de son corps. Décréter illégal ce qu&#8217;on trouve immoral n&#8217;est pas un grand pas vers le Bien, c&#8217;est une dérive despotique. Le pouvoir politique n&#8217;a pas à intervenir dans les pratiques sexuelles des adultes consentants. »</p>
<p>- Dominique Noguez, <a href="lemonde.fr/idees/article/2012/09/01/repensons-la-prostitution_1754460_3232.html" target="_blank">le 1er septembre 2012 dans <em>le Monde</em></a>, encore plus odieux, suspecte : « l&#8217;antique et increvable armada des fouille-culottes, de ceux qui s&#8217;intéressent passionnément à la sexualité d&#8217;autrui, toujours pour la<span style="color: #000000;"> surveiller, si possible pour l&#8217;interdire, un peu pour la voir » !</span></p>
<p>Patric Jean (représentant la jeune association d’hommes pro-féministe Zéro Macho, réalisateur du film <em>La domination masculin</em>e que nous avons salué à sa sortie<sup><a href="http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/prostitution-encore-un-effort-pour-etre-abolitionnistes/6614#footnote_3_6614" id="identifier_3_6614" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Lire sur UFAL Flash http://www.ufal.info/media_flash/2,article,747,,,,,_Domination-masculine-reflexions-a-partir-d-un-film.htm.">4</a></sup> et Grégoire Théry (représentant du mouvement plus ancien Le Nid) <a href="http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/09/05/la-prostitution-selon-dominique-noguez-le-point-de-vue-du-dominant-et-les-illeres-du-patriarcat_1755454_3232.htm." target="_blank">ont répondu</a> immédiatement :<strong> « Nous sommes d&#8217;une autre génération, </strong>ce dont témoignent ces quelques chiffres : non seulement 59% des femmes - contre 32 % des hommes – mais aussi 57 % des moins des 25-35 ans, contre 33 des 50-64 ans, souhaitent que la loi sanctionne le client qui a recours à une prestation sexuelle tarifée. Nous sommes pro-féministes, pour le plaisir et le désir partagés, et à ce titre, nous refusons d&#8217;utiliser les femmes comme des objets et d&#8217;avoir des rapports sexuels tarifés. »</p>
<p><strong>Si nous nous rangeons à l&#8217;idée de pénaliser le client</strong>, au risque de brider pour quelques-uns le libre choix de leurs pratiques sexuelles et la libre « disposition » de leur corps, nous ne pouvons la défendre qu&#8217;au nom d&#8217;un principe suffisamment général pour l&#8217;emporter sur cette atteinte aux libertés et, bien sûr avec le soutien de l&#8217;opinion qui, on le voit, est inégalement acquise. Rappelons que la pénalisation du client en France est déjà admise dans le cas de mineurs ou de personnes en état de faiblesse.<br />
Alors, peut-on envisager de ne pénaliser que les clients de personnes non autonomes, autrement dit définir des « indépendant(e)s » (du proxénétisme) auxquelles le recours resterait licite ? Nous ne le pensons pas d&#8217;abord pour des raisons pratiques, car comment savoir qui dépend ou non d&#8217;un proxénète et s&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;une situation durable (il a été montré par exemple dans le cas des Asiatiques en France que des « individuelles » tombaient rapidement sous l&#8217;emprise de réseaux) ?<br />
Rappelons aussi que le consentement qui serait recherché en l&#8217;occurrence peut être entaché de toutes sortes de vices<sup><a href="http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/prostitution-encore-un-effort-pour-etre-abolitionnistes/6614#footnote_4_6614" id="identifier_4_6614" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le rapport Geoffroy/Bousquet y consacre un long d&eacute;veloppement : consentement obtenu par violence, dol, erreur&nbsp;; outre celui de la victime, il y a celui des auxiliaires du syst&egrave;me qui incluent des femmes.Il en d&eacute;coule, en vertu de la Convention internationale de 1949, qu&#039;il n&#039;y a pas de base juridique possible &agrave; la prostitution, en particulier qu&#039;on ne peut arguer d&#039;un contrat : comme pour l&#039;esclavage, celui-ci serait nul m&ecirc;me avec consentement des parties.">5</a></sup>. Mais surtout ne serait-ce pas ouvrir la route à une prostitution à deux vitesses : celle du « commun », pourchassée, et celle d&#8217;une classe qui saura maintenir ses privilèges en la matière !<br />
Avant d&#8217;examiner les justifications avancées pour proposer la pénalisation, faisons justice à une autre idée reçue pour la combattre : la mesure sera inefficace puisque le client n&#8217;aura qu&#8217;à franchir les frontières (et d&#8217;ailleurs, il n&#8217;y a même plus besoin d&#8217;aller en Thaïlande&#8230;), etc. L&#8217;argument est faible : souhaitons au contraire que – comme la Suède a fait école dans des pays voisins (Norvège, Islande à ce jour) – la France soit dans le peloton de tête des pays européens abolitionnistes malgré la présence sur une grande partie de ses frontières de la tolérance belge et de l&#8217;industrialisation allemande de la prostitution.<span style="font-family: serif;"><br />
</span>Quant au scepticisme lié au manque de moyens, nous ne pouvons pas davantage l&#8217;accepter comme argument général, nous y reviendrons.</p>
<p>Enfin ajoutons un argument d&#8217;ordre pratique, au bénéfice des prostitué(e)s faisant l&#8217;objet de pressions ou de violences de la part de clients qui réclament des prestations non souhaitées : le fait de pouvoir invoquer le caractère délictueux de la situation constituera une (relative) protection pour elles.</p>
<h3>4/ Comment fonder aujourd&#8217;hui notre position abolitionniste ?</h3>
<p><strong><em>Fondements anthropologiques et historiques -</em></strong> Françoise Héritier (présente en vidéo lors de la manifestation du 13 mars et entendue par ailleurs, deux jours avant au colloque organisé par Femmes pour le Dire Femmes pour Agir) nous rappelle utilement que le « plus vieux métier du monde » ne saurait l&#8217;être que depuis qu&#8217;il existe des professions, c&#8217;est-à-dire bien peu de siècles&#8230; Qu&#8217;en revanche les hommes aient depuis l&#8217;origine des sociétés considéré que le corps de femmes leur appartenait collectivement, oui. A l&#8217;exception de celles qui sont appropriées individuellement en fonction des règles sociales, par le père, l&#8217;oncle, le mari&#8230;<br />
La prostitution se situe ainsi dans un continuum de domination masculine qui intègre à doses variables l&#8217;exploitation et la violence ; le mariage y a sa place et on peut le décrire - entre autres, car il y a la mise en commun d&#8217;intérêts réciproques dont la mise au monde et l&#8217;éducation d&#8217;enfants – comme un achat de “services sexuels” et/ou de services domestiques ; on peut également arguer d&#8217;un consentement nécessaire, de la possibilité d&#8217;en sortir.<br />
Le parallèle a pourtant ses limites : si la famille (incluant classiquement des formes dans lesquelles la paternité est inconnue ou indifférente, et où demain elle pourra revêtir des formes inédites grâce aux techniques biomédicales) est une institution sociale, la prostitution n&#8217;est pas une nécessité, ses formes historiques ont beaucoup varié, le regard que lui porte la société évolue.</p>
<p>Nous adhérons aux motifs principaux posés en faveur de l&#8217;abolition que sont la <em><strong>lutte contre la violence </strong></em><em><strong>et l&#8217;exploitation économique</strong></em> dont sont victimes les personnes prostituées<sup><a href="http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/prostitution-encore-un-effort-pour-etre-abolitionnistes/6614#footnote_5_6614" id="identifier_5_6614" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Si  la violence physique reste quotidienne, on est de plus en plus conscient des d&eacute;g&acirc;ts psychiques associ&eacute; &agrave; la prostitution (voir par exemple les travaux de Muriel Salmona, Julie Trinquart et Christophe Andr&eacute;). A tel point que les traumatismes li&eacute;s &agrave; cette activit&eacute; font obstacle &agrave; l&#039;acc&egrave;s aux soins.">6</a></sup>. Nous sommes conscient(e)s de la place de ce combat dans celui pour l&#8217;égalité des hommes et des femmes et dans la perspective de la fin de la domination masculine, mais nous ne voulons pas attendre que celles-ci soient accomplies pour combattre la prostitution car il est un argument qui monte dans l&#8217;opinion et que le droit tarde à reconnaître : celui de la dignité de la personne prostituée, qui est aussi (ou devrait être) la dignité de son client (voir plus bas).</p>
<p>Nous pensons que<strong><em> la mondialisation et le consumérisme</em></strong> ont conféré aux formes actuelles de prostitution un degré supplémentaire à tous ces égards : exploitation élargie par les réseaux transnationaux à de nouvelles catégories, violence accrue par la traite. A la domination de genre, se combinent celles de classe et de race.</p>
<p>Mais le caractère particulier de la prostitution d&#8217;aujourd&#8217;hui est d&#8217;être un rapport marchand pauvre en contenus, basé sur des prestations standardisées éloignées des rapports humains et sociaux : absence d&#8217;échanges verbaux lorsque les partenaires n&#8217;ont que quelques mots en commun, absence même de contacts physiques réciproques (le cas des massages « complets »). Dans le prolongement de la virtualité pornographique (qui doit cependant être traité de façon différenciée de la prostitution), ce sexe tarifé traduit les pires aspects d&#8217;un capitalisme qui nie l&#8217;individu au profit d&#8217;un rapport de plus en plus dématérialisé avec la marchandise.</p>
<p><em><strong>Dignité/indignité : un cran de plus dans l&#8217;affirmation des Droits de de l&#8217;Homme -</strong></em> Sans nous lancer dans un débat juridique complet, nous renvoyons à la <a href="http://www.assemblee-nationale.fr/13/ta/ta0782.asp" target="_blank">résolution du 6 décembre 2011 </a>déjà citée qui énumère l&#8217;ensemble des textes applicables (nationaux et internationaux) et trois considérants : le respect du corps humain, la violence présente la plupart du temps dans la prostitution, le non-respect du principe d&#8217;égalité femme/homme.</p>
<p>A ce jour, nous ne pensons pas que l&#8217;argument de la non patrimonialité du corps humain (loi de 1994 et loi de bioéthique de juin 2011) soit d&#8217;une portée assez générale et affirmée pour servir de socle à la condamnation de la prostitution ; on voit d&#8217;ailleurs comment il est questionné dans le cas de la gestation pour autrui.</p>
<p>Les arguments de la violence et de l&#8217;égalité des sexes sont d&#8217;une portée plus relative et nous suggérons de placer en tête le principe de dignité (qui n&#8217;est pas dépourvu de textes de référence, depuis la Convention de 1949). Pourquoi ? Parce qu&#8217;il permettrait une avancée dans l&#8217;élargissement de la qualification de la prostitution : si celle-ci attente à la dignité de la personne prostitu(é)e, elle englobe tous les acteurs du système prostitueur, dont le client-acheteur.</p>
<p>Nous savons l&#8217;ambivalence de la notion de dignité pointée par les philosophes et les juristes : à l&#8217;occasion du débat sur la dissimulation du visage dans l&#8217;espace public (port du voile intégral) que le gouvernement avait placé sous l&#8217;invocation de la dignité de la femme (et qui fut d&#8217;ailleurs « retoqué » par le Conseil d&#8217;Etat), le rapport Gérin avait bien énoncé le pour et le contre<sup><a href="http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/prostitution-encore-un-effort-pour-etre-abolitionnistes/6614#footnote_6_6614" id="identifier_6_6614" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="&laquo;&nbsp;Dans un cas, elle autorise l&rsquo;Etat &agrave; restreindre la libert&eacute; individuelle, au nom de la protection de la libert&eacute;, dans l&rsquo;autre, elle prot&egrave;ge la libert&eacute; individuelle contre les restrictions qui pourraient l&rsquo;att&eacute;nuer.&nbsp;&raquo; Voir http://www.assemblee-nationale.fr/13/pdf/rap-info/i2262.pdf. Notons que la loi finalement vot&eacute;e comporte un art.4 p&eacute;nalisant la personne qui en contraint une autre &agrave; dissimuler son visage dans l&#039;espace public d&#039;une fa&ccedil;on rappelant celle dont le prox&eacute;n&eacute;tisme est puni.">7</a></sup>. La marchandisation des services sexuels est cependant d&#8217;une tout autre portée que la dissimulation du visage ! Nous espérons donc que la prise en compte de ce motif ne soit pas escamotée.</p>
<h3><strong>5/ Le mouvement Abolition 2012 et le 13 avril 2013 : le curseur se déplace</strong></h3>
<p>Le 13 avril à la Machine du Moulin Rouge (Paris 19<sup>e</sup>), 500 personnes étaient réunies pour soutenir la Déclaration citoyenne d&#8217;abolition incluant la pénalisation des clients (voir <span style="color: #000080;"><span style="text-decoration: underline;">www.abolition2012.fr</span></span>), aux côtés de la cinquantaine d&#8217;organisations appelantes, auxquelles le Planning Familial de Paris s&#8217;est joint en dernière minute. Du côté des partis politiques, on compte désormais le Parti socialiste, le Parti communiste, le Parti de gauche, EE-LV et l&#8217;UDI.<br />
Le Planning Familial national et Act Up restent parmi les principaux opposants à cette révision de la loi, pour des motifs tenant aux risques de dégradation de la condition des prostitu(é)s poussés dans la clandestinité. Nous entendons leurs raisons et y revenons en conclusion.</p>
<h3><strong>6/ Conclusion : une loi mais pas seulement&#8230;</strong></h3>
<p>Ce débat rappelle d&#8217;une certaine façon celui dont fut précédé le vote sur la parité et appelle les mêmes conclusions : une loi ne règlera pas tout ; mais la loi accompagne des changements de société et de mentalité de temps long ; elle peut donner une impulsion forte et accélérer les changements en question ; en concrétisant un principe, une loi peut comporter des limitations à l&#8217;égard d&#8217;autres principes républicains. Pour nous, il convient d&#8217;y consentir en souhaitant qu&#8217;elles deviennent un jour inutiles&#8230;</p>
<p>Nous avons dans ce texte mis l&#8217;accent sur ce qui relève du droit pénal parce que la proposition de pénalisation du client est l&#8217;élément fort d&#8217;une politique nouvelle, et que c&#8217;est celui qui sera le plus controversé. Tout le reste mérite d&#8217;être détaillé dans des textes ultérieurs, en particulier :</p>
<ul>
<li>la nécessité de renforcer les moyens, financiers et autres, dont sont dotés les responsables de la répression, et en particulier au plan international ;</li>
</ul>
<ul>
<li>la définition de véritables politiques publiques en amont : éducation à une sexualité respectueuse, prévention en particulier dans le cas des jeunes en difficulté qui pratiquent la prostitution de façon occasionnelle et sont mal repérés ;</li>
</ul>
<ul>
<li>accompagnement social sans stigmatisation des personnes prostitué(e)s permettant la réversibilité de leurs choix et la récupération de l&#8217;estime d&#8217;elles-mêmes, d&#8217;où un suivi durable;</li>
</ul>
<ul>
<li>de façon essentielle, l&#8217;accompagnement spécifique à l&#8217;insertion sociale et tout particulièrement professionnelle ;</li>
<li>avec une mention particulière à l&#8217;octroi d&#8217;un titre de séjour pour les victimes étrangères de la traite et du proxénétisme, puisqu’il conditionne l’obtention de nombreux autres droits (comme la protection des forces de l’ordre ou le versement d’allocations).</li>
</ul>
<p>Terminons avec John Stoltenberg, auteur d&#8217;un livre paru en 1989, dont la traduction française chez Syllepse ne date que d&#8217;avril 2013 (<em>Refuser d’être un homme. Pour en finir avec la virilité</em>) :</p>
<blockquote><p><em>La prostitution est rarement un choix, toujours une violence. Sans client, pas de prostitution : il appartient maintenant aux hommes de bien de ne pas se réfugier derrière la soi-disante inanité d’un discours utopique, mais d’être cohérents vis-à-vis d’eux-même. La prostitution est une des formes de violence la plus ancienne et la plus meurtrière exercée contre les femmes : je refuse d’en être complice. Je considère que les hommes qui ne se battent pas contre la prostitution sont les ennemis objectifs des femmes et de l’humanité.</em></p>
<p>&nbsp;</p></blockquote>
<h4>Sources principales</h4>
<p>Attac  : <em>Mondialisation de la prostitution, atteinte globale à la dignité humaine</em>, Mille et une nuits, 2008<a href="http://www.fondationscelles.org/"><br />
http://www.fondationscelles.org/</a><a href="www. Mouvementdu nid.org " target="_blank"><br />
www. Mouvementdu nid.org </a>(mal connu, il a un véritable travail de terrain : bus de nuit de prévention auprès des prostituées, groupes de parole, aide juridique, équipes d’anciennes prostituées qui prennent en charge celles qui le demandent).<a href="http://Zeromacho.wordpress.com/"><br />
http://Zeromacho.wordpress.com/</a><a href="http://Zeromacho.wordpress.com/"><br />
</a><em>Le livre noir des violences sexuelles, éditions Dunod</em><br />
<em>L’être et la marchandise,</em> par Kajsa Ekis Ekman, M éditeur (voir <a href="http://sisyphe.org/spip.php?article4415" target="_blank">http://sisyphe.org/spip.php?article4415</a></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_6614" class="footnote">Le « droit au gigolo » est un argument de certaines féministes que nous ne reprenons pas à notre compte&#8230;</li><li id="footnote_1_6614" class="footnote">En provenance principalement d&#8217;Europe de l&#8217;Est et des Balkans, d&#8217;Afrique subsaharienne et d&#8217;Asie, elles représenteraient plus des deux tiers des 18 000 à 20 000 prostitué(e)s exerçant en France ; elle sont surtout présentes dans la rue.</li><li id="footnote_2_6614" class="footnote">Voir le rapport http://www.senat.fr/rap/l12-439/l12-439.html</li><li id="footnote_3_6614" class="footnote">Lire sur UFAL Flash <a href="http://www.ufal.info/media_flash/2,article,747,,,,,_Domination-masculine-reflexions-a-partir-d-un-film.htm." target="_blank">http://www.ufal.info/media_flash/2,article,747,,,,,_Domination-masculine-reflexions-a-partir-d-un-film.htm.</a></li><li id="footnote_4_6614" class="footnote">Le rapport Geoffroy/Bousquet y consacre un long développement : consentement obtenu par violence, dol, erreur ; outre celui de la victime, il y a celui des auxiliaires du système qui incluent des femmes.Il en découle, en vertu de la Convention internationale de 1949, qu&#8217;il n&#8217;y a pas de base juridique possible à la prostitution, en particulier qu&#8217;on ne peut arguer d&#8217;un contrat : comme pour l&#8217;esclavage, celui-ci serait nul même avec consentement des parties.</li><li id="footnote_5_6614" class="footnote">Si <em><strong></strong></em> la violence physique reste quotidienne, on est de plus en plus conscient des dégâts psychiques associé à la prostitution (voir par exemple les travaux de Muriel Salmona, Julie Trinquart et Christophe André). A tel point que les traumatismes liés à cette activité <a href="http://www.contretemps.eu/interventions/travailleuses-sexe-peuvent-elles-penser-leur-émancipation-sur-quelques-effets-excluant#footnote18_g60qyf0&quot;&gt;http://www.contretemps.eu/interventions/travailleuses-sexe-peuvent-elles-penser-leur-%C3%A9mancipation-sur-quelques-effets-excluant#footnote18_g60qyf0" target="_blank">font obstacle à l&#8217;accès aux soins</a>.</li><li id="footnote_6_6614" class="footnote">« Dans un cas, elle autorise l’Etat à restreindre la liberté individuelle, au nom de la protection de la liberté, dans l’autre, elle protège la liberté individuelle contre les restrictions qui pourraient l’atténuer. » Voir<a href=" http://www.assemblee-nationale.fr/13/pdf/rap-info/i2262.pdf." target="_blank"> http://www.assemblee-nationale.fr/13/pdf/rap-info/i2262.pdf.</a> Notons que la loi finalement votée comporte un art.4 pénalisant la personne qui en contraint une autre à dissimuler son visage dans l&#8217;espace public d&#8217;une façon rappelant celle dont le proxénétisme est puni.</li></ol><div style='clear:both'></div>]]></content:encoded>
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		<title>Sanofi-Bercy complicité contre les salariés</title>
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		<pubDate>Tue, 21 May 2013 08:22:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator> Le Parti de Gauche</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Interview de Laurent Ziegelmeyer, délégué syndical CGT de Sanofi.
A voir également, l&#8217;interview donnée par Laurent Ziegelmeyer sur les licenciements boursiers à Sanofi (Octobre 2012).
Cliquer ici pour voir la vidéo.
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Interview de Laurent Ziegelmeyer, délégué syndical CGT de Sanofi.</p>
<p>A voir également, l&#8217;<a href="http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/sanofi/5054">interview donnée par Laurent Ziegelmeyer sur les licenciements boursiers à Sanofi (Octobre 2012)</a>.</p>
<p><a href="http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/sanofi-bercy-complicite-contre-les-salaries/6611"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p>
<div style='clear:both'></div>]]></content:encoded>
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		<title>« Entrée du personnel » (M. Frésil)</title>
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		<pubDate>Mon, 20 May 2013 08:22:00 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Vincent Denorme</dc:creator>
				<category><![CDATA[A lire, à voir ou à écouter]]></category>
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		<description><![CDATA[Rubrique &#8220;Cinéma&#8221; en collaboration avec l&#8217;association 0 de Conduite

En pénétrant dans les différents abattoirs industriels de Bretagne et de Normandie, Manuela Frésil s’est attelée à une des tâches les plus périlleuses et aussi l&#8217;une des plus tabous du cinéma, celle de filmer le travail, et pas n&#8217;importe quel travail. Le travail à la chaîne qui [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h5 style="text-align: center;"><span style="color: #3366ff;">Rubrique &#8220;Cinéma&#8221; en collaboration avec l&#8217;association <a href="http://www.gaucherepublicaine.org/wp-content/uploads/2013/05/0-de-Conduite-présentation.pdf"><span style="color: #3366ff;">0 de Conduite</span></a></span></h5>
<p><a href="http://www.gaucherepublicaine.org/wp-content/uploads/2013/05/0-de-Conduite-présentation.pdf"><img class="aligncenter size-medium wp-image-6604" title="0conduite" src="http://www.gaucherepublicaine.org/wp-content/uploads/2013/05/0conduite-300x85.jpg" alt="" width="300" height="85" /></a></p>
<p>En pénétrant dans les différents abattoirs industriels de Bretagne et de Normandie, Manuela Frésil s’est attelée à une des tâches les plus périlleuses et aussi l&#8217;une des plus tabous du cinéma, celle de filmer le travail, et pas n&#8217;importe quel travail. Le travail à la chaîne qui impose à un prolétariat, dont les démocraties modernes et éclairées proclament fièrement qu&#8217;il n&#8217;existe plus, des gestes mécaniques, à la cadence effrénée et sans temps mort<sup><a href="http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/entree-du-personnel-m-fresil/6595#footnote_0_6595" id="identifier_0_6595" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Historiquement, l&#039;abattoir a jou&eacute; un r&ocirc;le important dans la mise en place du taylorisme. Ford confiera plus tard qu&#039;il s&#039;&eacute;tait inspir&eacute; des abattoirs de Chicago pour instaurer cette &laquo;&nbsp;organisation scientifique&nbsp;&raquo; sur ses cha&icirc;nes de montage automobile.">1</a></sup>. Car si la bête entre dans ces usines pour y être tuée, désossée, découpée et emballée, l’ouvrier, quant à lui, y pénètre pour y être modelé par un mouvement unique, conditionné par le rythme imposé de la machine pour finir usé dans un quotidien hanté par un travail qui ne trouve aucun sens, si ce n&#8217;est celui de survivre avec le vague espoir d&#8217;en sortir.<br />
Sans tomber dans un rapprochement simpliste et insensé entre les conditions de l&#8217;animal et de l&#8217;ouvrier, la réalisatrice révèle un au-delà de l&#8217;exploitation résidant dans la destruction même de la force de travail. Pour cela, le film repose essentiellement sur les contrastes.<br />
A l&#8217;image, c&#8217;est un regard qui prend son temps face à l&#8217;agitation du travail. Le temps long des plans permet de fouiller les lieux confinés, de glisser d&#8217;un corps animé à un visage concentré ou à un geste répétitif. Ce temps qui dure permet à l&#8217;image de dépasser son caractère descriptif pour débusquer la cruelle absurdité des situations. De ces images émane le bruit assourdissant des machines, enfermant chaque ouvrier dans son propre silence, nul moyen d&#8217;échanger sur leur destin commun sans horizon, miné par les maladies musculo-squelettiques auxquelles personne n&#8217;échappe et dont il est fait régulièrement mention dans les témoignages. Car aux images muettes répondent en contre-point des voix off constituées à partir d&#8217;entretiens recueillis auprès d&#8217;ouvriers qui mettent des mots sur leur souffrance. Expurgés des hésitations et des méandres de la pensée propres aux entretiens, ils deviennent des textes lus par des comédiens. Cette mise à distance par le ton posé des voix accroît la violence de l&#8217;image sans tomber dans le piège de la dramatisation.</p>
<p>En recollant les morceaux de ces vies en miettes par un montage exigeant et rigoureux, Entrée du personnel recompose un unique et même récit aujourd&#8217;hui nié, celui de la brutalité d&#8217;un système économique mortifère.</p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><em>Entrée du personnel</em><br />
Réalisatrice : Manuela Frésil<br />
France, 2011. 59 min.</span><span style="color: #151515;"><span style="font-family: ArialMT,Arial,sans-serif;"><strong><br />
</strong>Distributeur : Shellac</span></span></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_6595" class="footnote">Historiquement, l&#8217;abattoir a joué un rôle important dans la mise en place du taylorisme. Ford confiera plus tard qu&#8217;il s&#8217;était inspiré des abattoirs de Chicago pour instaurer cette « organisation scientifique » sur ses chaînes de montage automobile.</li></ol><div style='clear:both'></div>]]></content:encoded>
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		<title>Le krach du système de santé</title>
		<link>http://www.gaucherepublicaine.org/protection-sociale/le-krach-du-systeme-de-sante/6587</link>
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		<pubDate>Sun, 19 May 2013 16:16:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>André Grimaldi</dc:creator>
				<category><![CDATA[Protection sociale]]></category>
		<category><![CDATA[ANI]]></category>
		<category><![CDATA[complémentaires santé]]></category>
		<category><![CDATA[lettre 721]]></category>
		<category><![CDATA[Santé publique]]></category>
		<respu:articleid>6587</respu:articleid>
		<respu:topcategoryid>84</respu:topcategoryid>
		<respu:topcategoryname>Protection sociale</respu:topcategoryname>
		<respu:meta_url><![CDATA[www.marianne.net]]></respu:meta_url>
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		<description><![CDATA[L’approfondissement des politiques d’austérité va-t-il provoquer un krach sanitaire ? Au moment où l’OCDE estime qu’il serait possible de baisser, en France, les dépenses de santé à hauteur de 1,3 point de PIB sans nuire à la « qualité » des soins, une étude publiée dans la prestigieuse revue médicale The Lancet tire la sonnette [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L’approfondissement des politiques d’austérité va-t-il provoquer un krach sanitaire ? Au moment où l’OCDE estime qu’il serait possible de baisser, en France, les dépenses de santé à hauteur de 1,3 point de PIB sans nuire à la « qualité » des soins, une étude publiée dans la prestigieuse revue médicale <em>The Lancet</em> tire la sonnette d’alarme sur les effets sanitaires dramatiques de la remise en cause des systèmes publics de santé européens : recrudescence des suicides, résurgence de fléaux infectieux que l’on pensait éradiqués (dengue, malaria, tuberculose) ou maîtrisés (VIH), explosion des inégalités d’accès aux soins, le bilan pourrait devenir catastrophique. Il l’est déjà en Grèce. Les spécialistes de santé publique dénoncent le silence des autorités sanitaires face aux tenants de l’« assainissement » des comptes publics à tout prix. La France ne semble pas faire exception.<br />
Prenons l’exemple de l’accord national inter-entreprise (ANI), actuellement en débat au Parlement. Ses promoteurs mettent en avant la « grande avancée » que constituerait la généralisation de la complémentaire santé d’entreprise. Son extension à l’ensemble des citoyens promise par le président Hollande au dernier congrès de la Mutualité française signifierait en réalité une accélération de la privatisation rampante du système de santé, la Sécurité sociale se « recentrant » sur les plus pauvres et sur les coûts de santé les plus élevés.<br />
Un tel « recentrage » est sous-tendu par un choix politique implicite: la France n’a plus les moyens, via les prélèvements obligatoires, de faire en sorte qu’en matière de soins, chacun paie selon ses moyens et reçoive selon ses besoins. Et elle en a d’autant moins les moyens que le gouvernement n’ose pas affronter les différents lobbies de la santé à l’origine de gaspillages importants.<br />
Reste la solution d’un transfert de prise en charge vers les assurances privées (mutuelles, instituts de prévoyance et assureurs à but lucratif). Or tout euro transféré de la Sécurité sociale vers les complémentaires santé est un euro inégalitaire, et ce pour au moins trois raisons.<br />
La première est que les contrats de complémentaire santé sont de qualité fort variable : ceux qui les souscrivent à titre individuel optent pour des contrats d’entrée ou de moyenne gamme, couvrant mal les soins dentaires, d’optique ou<br />
les dépassements d’honoraires tandis que les cadres des grandes entreprises ont accès à des contrats haut de gamme, financés pour moitié par l’employeur.<br />
La seconde raison tient en deux chiffres : pour un ménage modeste, l’acquisition d’une complémentaire santé représente près de 13 % de son budget, contre moins de 4 % pour un ménage aisé. Dit autrement, avec ce désengagement programmé de la Sécurité sociale, les plus modestes paieront plus pour avoir moins et les plus riches paieront moins pour avoir plus.<br />
La troisième raison est due à la majoration des primes non pas en fonction des revenus mais en fonction des risques médicaux, les personnes âgées payant 2 à 3 fois plus que les personnes jeunes. Moins égalitaires, moins solidaires, les assurances complémentaires sont aussi moins efficientes avec des frais de gestion pouvant dépasser 20 % du chiffre d’affaires contre moins de 5 % pour la Sécu.<br />
Cerise sur le gâteau, ces accords d’entreprise bénéficient d’une aide de l’Etat sous forme de déductions fiscales et sociales (actuellement de 4 milliards auxquels l’AMI va rajouter 2 milliards) payées par les contribuables y compris par ceux qui n’ont pas de mutuelles ! L’ironie veut que ce ne soient pas les mutuelles qui sortent victorieuses de l’accord ANI, mais les instituts de prévoyance et, à leur suite, les assureurs privés lucratifs. Parce que les premiers sont liés aux organisations syndicales et les seconds sont défendus par le Medef. Les premiers veulent des accords de branche et les seconds des accords d’entreprise. On aurait pu les mettre d’accord en proposant que la Sécurité sociale soit non seulement l’assureur principal obligatoire mais aussi l’assureur complémentaire comme cela est le cas en Alsace-Moselle. Cette proposition a hélas été jugée non recevable. Vous avez dit lutte contre les conflits d’intérêts, transparence, rigueur ?</p>
<h4 align="LEFT">Paru dans <em>Marianne</em>, 18 – 24 mai 2013, pp. 58 – 59</h4>
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		</item>
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		<title>A. Planche : &#8220;L&#8217;imposture scolaire&#8221;</title>
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		<pubDate>Sat, 18 May 2013 17:50:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>ReSPUBLICA </dc:creator>
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		<category><![CDATA[Ecole publique]]></category>
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		<respu:topcategoryname>A lire, à voir ou à écouter</respu:topcategoryname>
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		<description><![CDATA[Alain Planche - L&#8217;imposture scolaire. La destruction organisée de notre système éducatif par la doctrine des (in)compétences, Presses universitaires de Bordeaux, sept. 2012.
Texte de 4e de couverture :
Il est aujourd’hui communément admis que notre système éducatif est en crise. Mais les diagnostics inquiétants ne datent pas d’hier. Les remèdes qui ont été administrés au malade [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Alain Planche - <em>L&#8217;imposture scolaire. La destruction organisée de notre système éducatif par la doctrine des (in)compétences,</em> Presses universitaires de Bordeaux, sept. 2012.</p>
<p><strong>Texte de 4e de couverture :</strong></p>
<blockquote><p align="LEFT">Il est aujourd’hui communément admis que notre système éducatif est en crise. Mais les diagnostics inquiétants ne datent pas d’hier. Les remèdes qui ont été administrés au malade n’ont fait qu’accélérer son délabrement. Pourtant, malgré ces échecs répétés, toute remise en cause du discours dominant est systématiquement dénigrée et son auteur se voit qualifié de vil réactionnaire : il ne serait qu’un barbare qui refuse de se convertir à la vraie foi.<br />
Car il s’agit bien d’une foi, comme l’auteur le met ici en évidence. La doctrine qui a présidé à la destruction organisée de l’école républicaine, dont les principes ne subsistent plus qu’à l’état d’incantations, ne repose en effet sur aucune assise rationnelle. Il s’agit même d’une véritable mystification puisque ces fameuses compétences évaluables dont on nous rebat aujourd’hui les oreilles n’ont aucune existence vérifiable, que ce soit dans les enquêtes internationales PISA ou dans les évaluations nationales de la direction statistique du ministère.<br />
Née d’une union contre-nature entre des néolibéraux dont l’objectif est de « marchandiser » l’éducation et des défenseurs d’une démocratisation de l’école assimilée à tort à sa massification, la doctrine n’a conduit qu’à une dévalorisation intrinsèque des diplômes, à la conservation artificielle dans le système des élèves en échec et, finalement, à une aggravation des inégalités sociales de la réussite scolaire.<br />
En succombant à la tentation, redoutée par Bourdieu et Passeron dans Les héritiers, « d’utiliser l’évocation du handicap social comme alibi ou excuse, c’est-à-dire comme raison suffisante d’abdiquer les exigences formelles du système d’enseignement », les défenseurs de la massification ont contribué à la disqualification de l’élitisme républicain comme principe régulateur. Ils ont malheureusement ainsi ouvert la voie à une école néolibérale soumise à la seule loi de la concurrence, inacceptable car délibérément inégalitaire.</p>
</blockquote>
<div style='clear:both'></div>]]></content:encoded>
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		<title>Sortie de la crise ou crise dans la sortie du capitalisme ?</title>
		<link>http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/sortie-de-la-crise-ou-crise-dans-la-sortie-du-capitalisme/6577</link>
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		<pubDate>Sat, 18 May 2013 17:28:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Évariste </dc:creator>
				<category><![CDATA[Chronique d'Evariste]]></category>
		<category><![CDATA[Débats politiques]]></category>
		<category><![CDATA[Economie]]></category>
		<category><![CDATA[Reconstruire la Gauche]]></category>
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		<category><![CDATA[lettre 721]]></category>
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		<description><![CDATA[Ou : Pour passer de la « gauche de la gauche » à la « gauche de gauche »1
Nous avons eu droit à l&#8217;intensification des politiques néolibérales depuis plus de 30 ans en Europe, suivant une séquence de poupées russes : « baisse du profit en Europe dans l&#8217;économie réelle », « déformation du partage de la valeur ajoutée », « désindustrialisation de toutes [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h3>Ou : Pour passer de la « gauche de la gauche » à la « gauche de gauche »<sup><a href="http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/sortie-de-la-crise-ou-crise-dans-la-sortie-du-capitalisme/6577#footnote_0_6577" id="identifier_0_6577" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Nous reprenons ici la d&eacute;finition de la &laquo;&nbsp;gauche de gauche&nbsp;&raquo; de Pierre Bourdieu. C&#039;est bien parce que des &eacute;lus de gauche ont trahi leur engagement &agrave; partir de la fin des ann&eacute;es 70 (en France &agrave; partir du tournant n&eacute;olib&eacute;ral de 1983), que nous devons parler de &laquo;&nbsp;gauche de gauche&nbsp;&raquo;, mais il ne s&#039;agit pas pour autant de nous complaire dans une &laquo;&nbsp;gauche de la gauche&nbsp;&raquo; d&eacute;finitivement minoritaire et extr&eacute;mis&eacute;e. Le Front de gauche devrait avoir comme objectif de construire une &laquo;&nbsp;gauche de gauche&nbsp;&raquo; appuy&eacute;e majoritairement par les couches populaires ouvriers et employ&eacute;s et par les couches moyennes interm&eacute;diaires.">1</a></sup></h3>
<p><span style="color: #000000;">Nous avons eu droit à l&#8217;intensification des politiques néolibérales depuis plus de 30 ans en Europe, suivant une séquence de poupées russes : « baisse du profit en Europe dans l&#8217;économie réelle », « déformation du partage de la valeur ajoutée », « désindustrialisation de toutes les économies européennes consécutive à la chute de la R&amp;D », « fuite en avant des capitalistes dans la financiarisation de l&#8217;économie et la spéculation financière internationale », « cadeaux fiscaux aux couches riches et aux couches moyennes supérieures », « éclatement des bulles financières », « remplacement des dettes privées par de la dette publique », « crise de la dette publique », « spirale des politiques d&#8217;austérité ». </span><span style="color: #000000;">Devant ce déferlement du mal-vivre consécutif aux politiques néolibérales de l&#8217;oligarchie, les résistances et les formes de l&#8217;éducation populaire se développent. Mais la question du « que faire ? » taraude les responsables et les militants des organisations politiques, syndicales ou associatives.<br />
Alors se développent dans la « gauche de la gauche », toutes les impasses des prééminences surplombantes, ces simplifications théoriques et idéologiques produisant des idées simples et uniques censées nous ouvrir d&#8217;un coup de baguette magique, le chemin du nirvana.<span id="more-6577"></span><br />
Il en est ainsi pour les deux types de réponse simplificatrices dominantes aujourd&#8217;hui dans la « gauche de la gauche ». Comme le disent Michel Husson et ses amis <a href="http://www.gaucherepublicaine.org/debats-politiques/appel-des-economistes-pour-une-vie-republique-contre-la-finance-et-lausterite/6435" target="_blank">dans une note récente </a>: « Le dilemme semble donc être entre une sortie risquée de la zone euro et une hypothétique harmonisation européenne qui devrait émerger des luttes sociales. Il s&#8217;agit à notre avis d&#8217;une fausse opposition : il est au contraire décisif d’élaborer une stratégie politique viable de confrontation immédiate. » Mais, si ces deux branches de l&#8217;alternative ne forment bien qu&#8217;une « fausse opposition », ce sont deux vraies impasses. </span><br />
<em>1/ Impasse de la réponse du type « Sortons de l&#8217;euro et de l&#8217;union européenne unilatéralement à froid ».</em> Dans ce type de réponse, il y a à la fois une sous-estimation des conséquences de cette idée simpliste qui consiste à revenir aux conditions d&#8217;avant l&#8217;intégration monétaire et une sous-estimation du rapport des forces nécessaire à sa mise en pratique. L&#8217;oubli de la crise réelle qui les a mises à mal permet de proposer cette voie en ne parlant que des bienfaits attendus. Cette impasse est défendue dans de nombreux petits groupes souvent organisés autour d&#8217;un économiste de proue et de façon minoritaire dans le Front de gauche, le mouvement altermondialiste ou dans l&#8217;extrême gauche organisée. L&#8217;invocation de l&#8217;Islande et de l&#8217;Équateur sert alors de modèle alors que toutes choses sont inégales par ailleurs.<br />
<em>2/ Impasse de la réponse du type « Europe sociale ».</em> Il s&#8217;agit dans ce type de réponse de croire que le mouvement social peut par sa seule mobilisation populaire renverser le système européen actuel, en ne proposant que des mesures techniques, quoique nécessaires, mais insuffisantes. Du type « supprimer l&#8217;article 123 du traité de Lisbonne pour monétiser la dette publique ». Cette impasse est fréquemment défendue dans une partie du Front de gauche, du mouvement altermondialiste, de l&#8217;extrême gauche organisée et minoritairement dans le mouvement syndical revendicatif. Une variante de cette impasse est celle de la fédéralisation de l&#8217;Union européenne et d&#8217;une relance monokeynésienne européenne. Cette dernière variante est fréquemment défendue dans l&#8217;aile gauche du PS, et minoritairement dans le mouvement altermondialiste et dans le Front de gauche ainsi que dans le mouvement syndical revendicatif, celui qui n&#8217;est pas dans la politique d&#8217;accompagnement de l&#8217;ordolibéralisme, à savoir la CGT, la FSU et Solidaires pour les syndicats non catégoriels.&gt;<br />
Ces deux types de réponses, qui visent finalement toutes deux à restaurer la capacité d&#8217;intervention conjoncturelle de l&#8217;État des Trente glorieuses, sont des impasses, parce qu&#8217;elles n&#8217;ont pas encore pris la mesure de l&#8217;échec de la politique mitterrandienne des années 1981-82 à l&#8217;intérieur de la mondialisation néolibérale. Cet échec est interprété comme principalement dû à la contrainte extérieure (rappelons-nous de l&#8217;épisode des magnétoscopes à Poitiers !), alors qu&#8217;il était en réalité la conséquence de la crise économique réelle qui touchait le monde capitaliste dans son ensemble. Le fait de reprendre cette même politique sur un ensemble européen coordonné et solidaire n&#8217;aura pas davantage les vertus que lui attribuent ses thuriféraires.</p>
<p>Parmi les propositions conscientes des limites que nous venons d&#8217;indiquer, et qui tentent de les dépasser, on notera celle de la Commission économie du Parti de gauche (<a href="http://www.gaucherepublicaine.org/debats-politiques/sortir-du-capitalisme-par-la-republique-sociale/6241" target="_blank">que Respublica a publiée</a> et que le Parti de gauche lui-même n&#8217;a pas reprise !) ou celle d&#8217;un groupe d&#8217;économistes européens autour de Michel Husson qui soumettent actuellement<a href="http://www.gaucherepublicaine.org/debats-politiques/appel-des-economistes-pour-une-vie-republique-contre-la-finance-et-lausterite/6435" target="_blank"> leur texte</a> à la signature. Dans ce dernier texte, on voit poindre un début de critique des impasses précitées. Mais il se fonde sur une analyse insuffisante de la crise, simplement attribuée à une mauvais contrôle de l&#8217;excroissance financière, et reste, de ce fait, dans le schéma global précédemment dénoncé.<br />
Quoi qu&#8217;il en soit, toutes ces tentatives intellectuelles ont en commun de faire l&#8217;impasse sur l&#8217;explicitation stratégique du chemin à parcourir à partir de l&#8217;état de la lutte des classes aujourd&#8217;hui jusqu&#8217;à l&#8217;état qu&#8217;elle devrait prendre pour avoir une chance de pouvoir proposer telle ou telle mesure. La simple croyance que les effroyables politiques d&#8217;austérité vont suffire à déplacer le rapport des forces en faveur des couches populaires ouvriers et employés (alors que ces dernières n&#8217;ont mis, au premier tour de la présidentielle, qu&#8217;en 5e choix celui du Front de gauche !) et des couches moyennes intermédiaires au niveau souhaité nous paraît relever de la profession de foi.<br />
Contrairement au mythe toujours vivant, le New Deal de Roosevelt n&#8217;a pas réussi à sortir les États-Unis de la crise des années 30 (comme le rappelait déjà <a href="http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/annees-30-le-retour/6543" target="_blank">notre dernier éditorial</a>), c&#8217;est bien la Deuxième guerre mondiale, avec ses effroyables conséquences, qui y est parvenue. Aujourd&#8217;hui, le niveau des armements ne permet plus une troisième guerre du même type, mais des guerres sociales, dont on voit poindre les prémices au sein des pays concurrents, pourraient en tenir lieu. Tout simplement parce que ceux qui sont « aux manettes » ne se laisseront pas déposséder de leurs pouvoirs et de leurs intérêts sur la base d&#8217;un débat intellectuel. Sauf à croire qu&#8217;ils s&#8217;accrochent parce qu&#8217;ils sont bêtes et s&#8217;entêtent dans l&#8217;erreur parce qu&#8217;ils ne comprennent pas les idées géniales des intellectuels avancés et de leurs fan-clubs militants dévots.<br />
Nous considérons que nous sommes à la fin d&#8217;un pli historique, que la zone euro n&#8217;est pas viable, et nous pensons donc que la ligne de plus grande pente nous entraîne vers <strong>l&#8217;éclatement de la zone euro à chaud</strong>. Les conséquences pourront être effroyables ici et là, et il faut s&#8217;y préparer, par une éducation populaire de masse des responsables, militants et citoyens, pour agir dès maintenant, certes, dans la confrontation immédiate, mais aussi dans la perspective de « l&#8217;après-éclatement à chaud de la zone euro ».<br />
A moins qu&#8217;une prise de conscience globale nous fasse passer rapidement d&#8217;une « gauche de la gauche » à une « gauche de gauche » à la hauteur des enjeux : globaliser les combats sans prééminence surplombante, produire un modèle culturel, social et politique vraiment alternatif<sup><a href="http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/sortie-de-la-crise-ou-crise-dans-la-sortie-du-capitalisme/6577#footnote_1_6577" id="identifier_1_6577" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il ne suffit pas d&#039;avoir un catalogue pour programme, de dire &laquo;&nbsp;l&#039;humain d&#039;abord&nbsp;&raquo; et vouloir une r&eacute;volution ou une 6e r&eacute;publique. Pour construire un nouveau mod&egrave;le culturel, social et politique, il faut en pr&eacute;ciser le contenu en termes de globalisation des principes constitutifs, des ruptures n&eacute;cessaires, des exigences indispensables et produire une strat&eacute;gie de l&#039;&eacute;volution r&eacute;volutionnaire d&eacute;finissant pour chaque sujet les politiques de temps court et celles de temps long.">2</a></sup>, articuler les deux jambes des résistances et de l&#8217;éducation populaire de masse, engager une stratégie de l&#8217;évolution révolutionnaire.  Mais ce n&#8217;est pas le chemin principal que prend aujourd&#8217;hui la &#8220;gauche de la gauche&#8221;. Alors, on ouvre le débat<sup><a href="http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/sortie-de-la-crise-ou-crise-dans-la-sortie-du-capitalisme/6577#footnote_2_6577" id="identifier_2_6577" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Les conf&eacute;renciers de Respublica et du R&eacute;seau &Eacute;ducation Populaire sont &agrave; votre disposition.">3</a></sup> ?</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_6577" class="footnote">Nous reprenons ici la définition de la « gauche de gauche » de Pierre Bourdieu. C&#8217;est bien parce que des élus de gauche ont trahi leur engagement à partir de la fin des années 70 (en France à partir du tournant néolibéral de 1983), que nous devons parler de « gauche de gauche », mais il ne s&#8217;agit pas pour autant de nous complaire dans une « gauche de la gauche » définitivement minoritaire et extrémisée. Le Front de gauche devrait avoir comme objectif de construire une « gauche de gauche » appuyée majoritairement par les couches populaires ouvriers et employés et par les couches moyennes intermédiaires.</li><li id="footnote_1_6577" class="footnote">Il ne suffit pas d&#8217;avoir un catalogue pour programme, de dire « l&#8217;humain d&#8217;abord » et vouloir une révolution ou une 6e république. Pour construire un nouveau modèle culturel, social et politique, il faut en préciser le contenu en termes de globalisation des principes constitutifs, des ruptures nécessaires, des exigences indispensables et produire une stratégie de l&#8217;évolution révolutionnaire définissant pour chaque sujet les politiques de temps court et celles de temps long.</li><li id="footnote_2_6577" class="footnote">Les conférenciers de Respublica et du <a href="http://www.reseaueducationpopulaire.info" target="_blank">Réseau Éducation Populaire</a> sont à votre disposition.</li></ol><div style='clear:both'></div>]]></content:encoded>
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		<title>Habib Kazdaghli acquitté : la FHE salue la victoire de l’Etat de droit en Tunisie</title>
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		<pubDate>Sat, 18 May 2013 16:53:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator> Fédération Humaniste Européenne</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Habib Kazdaghli, le doyen de Faculté des Lettres de l’Université de la Manouba, à Tunis, est sorti gagnant, hier, du procès qui l’opposait plusieurs mois à deux étudiantes proches de la mouvance salafiste. Accusé par l’une des deux jeunes femmes de l’avoir giflée alors qu’elle mettait son bureau à sac, vêtue de niqab, en mars 2012, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Habib Kazdaghli, le doyen de Faculté des Lettres de l’Université de la Manouba, à Tunis, est sorti gagnant, hier, du procès qui l’opposait plusieurs mois à deux étudiantes proches de la mouvance salafiste. Accusé par l’une des deux jeunes femmes de l’avoir giflée alors qu’elle mettait son bureau à sac, vêtue de niqab, en mars 2012, le doyen était poursuivi pour « <em>actes de violence commis par un fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions </em>». Bien qu’il ait toujours farouchement nié les accusations dont il faisait l’objet, Habib Kazdaghli encourait une peine de cinq années de prison.<br />
Pierre Galand, le président de la Fédération Humaniste Européenne, s’est rendu à Tunis à plusieurs reprises afin de marquer sa solidarité avec le doyen. Le 25 octobre 2012, il était présent aux côtés de Habib Kazdaghli lors de sa comparution devant le tribunal et le 28 mars 2013, il participait à la conférence de presse de soutien au professeur incriminé organisée à l’occasion du Forum Social Mondial de Tunis.<br />
« <em>Même si ce n’est que justice, la décision d’acquitter Habib Kazdaghli est un grand soulagement pour les nombreux démocrates qui l’ont soutenu, en Tunisie comme à l’étranger, tout au long de son procès</em> », a commenté Pierre Galand, à la lecture du verdict.<br />
Ce procès s’est inscrit dans un contexte continu d’intimidations que le professeur Kazdaghli a subies depuis octobre 2011. Victime d’agressions et de menaces, jusqu’à l’occupation violente de la Faculté de la Manouba par des militants salafistes, le doyen s’est toujours opposé au port du voile intégral sur les bancs de son université, considérée comme l’un des foyers de résistance à la poussée fondamentaliste en Tunisie. Les deux étudiantes ont été respectivement condamnées à quatre et deux mois de prison avec sursis pour «atteinte aux biens d’autrui » et «préjudice à un fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions ».<br />
« <em>Je suis ravi du rôle joué par les magistrats qui ont pris le parti de la justice, a déclaré Habib Kazdaghli à la sortie du tribunal. Cela veut dire que la lutte pour l’Etat de droit est encore possible en Tunisie</em>. »</p>
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		<title>La vidéo « École en danger », ou comment analyser le présent sans comprendre le passé</title>
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		<pubDate>Mon, 06 May 2013 13:25:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean-Noël Laurenti</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ecole publique]]></category>
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		<description><![CDATA[La vidéo «&#160;On vous fait un dessin “École en danger”&#160;» exprime le point de vue du PCF et du Front de gauche sur la démolition libérale de l’école. Un point de vue sans doute supposé rassembler ceux qui veulent une vraie politique de gauche pour l’école et qui refusent la politique menée par la droite [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La vidéo <a href="http://www.dailymotion.com/video/xz8sw1_ep-16-on-vous-fait-un-dessin-ecole-en-danger_news">«&nbsp;On vous fait un dessin “École en danger”&nbsp;»</a> exprime le point de vue du PCF et du Front de gauche sur la démolition libérale de l’école. Un point de vue sans doute supposé rassembler ceux qui veulent une vraie politique de gauche pour l’école et qui refusent la politique menée par la droite et poursuivie par V. Peillon et G. Fioraso.<span id="more-6562"></span></p>
<p><a href="http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/la-video-ecole-en-danger-ou-comment-analyser-le-present-sans-comprendre-le-passe/6562"><em>Cliquer ici pour voir la vidéo.</em></a></p>
<p align="JUSTIFY">Sur les 9 mn 49 de la vidéo, on ne peut que souscrire aux idées contenues dans les dernières 7 mn 50, qui dénoncent la libéralisation de l’école, la marchandisation du savoir consacrée par la stratégie de Lisbonne, l’abandon de la mission de formation des esprits et des citoyens au profit du formatage d’exécutants «&nbsp;employables&nbsp;» et dociles, le dégraissage des contenus enseignés par l’école publique sous la garantie de l’État, l’abandon des disciplines considérées comme secondaires aux collectivités locales, avec la création d’un vaste marché du soutien scolaire, conséquence de l’exténuation de l’enseignement. Tout cela au nom du «&nbsp;Notre enseignement est trop coûteux&nbsp;», «&nbsp;Notre enseignement est inefficace&nbsp;».</p>
<p align="JUSTIFY">Très bien. Mais comment se fait-il que les mêmes, si clairs pour analyser le présent, se bercent d’illusions sur le passé&nbsp;? «&nbsp;Depuis quinze ans, nous est-il dit, une véritable révolution libérale est en cours par touches successives.&nbsp;» Pourquoi depuis quinze ans (soit 1998)&nbsp;? pourquoi pas avant&nbsp;? à quelle rupture correspond cette date&nbsp;? qui pourra croire que la «&nbsp;révolution libérale&nbsp;» à l’école ne date que de quinze ans quand l’essor fracassant des théories et des politiques libérales date au moins du double, avec les gouvernements Reagan et Thatcher dans les années 1980 et le ralliement du gouvernement Mauroy à la bien-pensance économique en 1983&nbsp;?</p>
<p align="JUSTIFY">En effet, autant les analyses de cette vidéo, quand il s’agit des évolutions actuelles de l’école sont lucides et mettent en lumière les calculs et les responsabilités du capital, autant il semble qu’avant 2000, tout était facile et à peu près sans nuages&nbsp;: comme si les antagonismes de classes avaient été neutralisés dans cette bienheureuse période et se réduisaient à une simple pesanteur sociale. Écoutons les explications de ces deux premières minutes&nbsp;:</p>
<blockquote><p>Au siècle dernier, l’école avait fait de spectaculaires progrès. L’effort de démocratisation entrepris dans les années 60 sous la pression de la demande sociale, des aspirations des familles, des besoins de l’économie et des luttes du mouvement progressiste, a connu un succès incontestable. En quelques décennies le nombre des bacheliers a plus que triplé. Et contrairement aux idées reçues, le niveau des élèves n’a pas reculé, au contraire, l’étendue des savoirs est plus vaste, faisant aujourd’hui plus appel à la compréhension, aux processus de déduction plus qu’à la récitation. Aujourd’hui, c’est 70 % d’une génération qui atteint au bac. Derrière, ça veut dire qu’une partie importante de la jeunesse a pu accéder à l’enseignement supérieur.</p></blockquote>
<p align="JUSTIFY"><strong>N’hésitons pas à le dire&nbsp;: voilà la vulgate qui a préparé le terrain à la libéralisation ouverte et forcenée de l’école.</strong></p>
<p align="JUSTIFY">Premier point&nbsp;: certes, le mot d’ordre populaire de démocratisation de l’école, de l’accès pour tous au plus haut niveau d’instruction, s’est fait entendre tout au long du XX<sup>e</sup> siècle, particulièrement au moment des Trente Glorieuses. Mais qui peut croire que la politique de démocratisation ait été mise en oeuvre de bonne foi, sans réserve et avec un «&nbsp;succès incontestable&nbsp;», quand on se rappelle que dans les années 60 elle a été lancée, prônée et suivie par les gouvernements de droite les plus caractérisés, les gouvernements Debré, Pompidou, et leurs successeurs, avec des ministres aussi peu progressistes que les Fouchet, Haby, Beullac, plus tard Monory, etc.&nbsp;? sans compter les gouvernements socialistes dont on a vu par ailleurs à quel point ils étaient les serviteurs en version douce de l’ordre économique établi&nbsp;?</p>
<p align="JUSTIFY">En réalité, le principe de cette politique de «&nbsp;démocratisation&nbsp;» était simple. D’une part, il fallait concéder à un plus grand nombre d’enfants et de jeunes l’accès à des cursus réservés autrefois aux privilégiés, cela d’autant plus que, comme le dit la vidéo, «&nbsp;les besoins de l’économie&nbsp;» y poussaient&nbsp;; mais en même temps il était impensable que les esclaves qu’ils devaient continuer d’être (esclaves dans le travail, esclaves comme consommateurs, esclaves comme téléspectateurs) bénéficient de la formation intellectuelle et culturelle réservée aux hommes libres. Massification, donc, et non démocratisation&nbsp;: accès d’un plus grand nombre au diplôme, mais en même temps dévaluation du diplôme, non pas du fait qu’il était plus largement distribué, mais parce que, par le biais des réformes dans les programmes et instructions pédagogiques, les contenus de ce même diplôme étaient intellectuellement moins riches, moins formateurs, tout en affichant des ambitions suffisantes pour faire illusion.</p>
<p align="JUSTIFY">Ce n’est pas que les contenus d’enseignements, dans les années 50, aient constitué un programme d’émancipation idéal, exempt d’idéologie et de formatage, loin de là. Mais le principe, dans la lignée de l’école inspirée par Condorcet et mise en place par la III<sup>e</sup> République, avec certes toutes les limites idéologiques et sociales imposées par l’ordre bourgeois, était la transmission de savoirs organisés, selon un ordre méthodique compréhensible et qui les rendait assimilables pas à pas pour l’élève. Or l’évolution des programmes a tendu, progressivement, à instituer le désordre. D’une part, ce fut la réduction des contenus fondamentaux, indispensables à la compréhension du reste, et qui nécessitent de longs et patients apprentissages. Par exemple, de 1976 à 2004, <a href="http://www.sauv.net/horaires.php">un élève a perdu 800 heures de français entre le cours préparatoire et la fin du collège</a>. D’autre part, ce fut le brouillage, par l’instauration d’enseignements nouveaux, dans des niveaux où ils n’étaient pas indispensables, au détriment des enseignements fondamentaux. Enfin, ce fut la mise en avant d’ambitions intellectuelles démesurées au regard de l’âge des enfants (prétendre disserter les faits avant de les connaître en détail), pour habiller sous des couleurs riantes le dégraissage des contenus d’enseignement&nbsp;: il n’est que de confronter les programmes d’histoire du début des années 60 et ceux de la fin du XX<sup>e</sup> siècle, et on verra comment, sous prétexte d’introduire les méthodes de l’école des Annales dans les programmes de collège et de lycée, on a limité l’enseignement de la Révolution française à quelques semaines, réduit à des lambeaux la formation la formation de l’État monarchique, et supprimé à peu près complètement l’étude du mouvement ouvrier. Faire passer la synthèse avant l’analyse, étant donné que celle-ci est toujours chronophage, n’est-ce pas le meilleur moyen d’économiser des heures de cours, tout en flattant l’opinion par l’affichage d’objectifs prétentieux&nbsp;?</p>
<p align="JUSTIFY">Un autre volet capital de la politique suivie à partir des années 60 a été la transformation des méthodes pédagogiques. Là encore, ce n’est pas que la pédagogie de l’école issue de la IIIe République ait été paradisiaque, mais sous prétexte d’améliorer il s’agissait de faire pire. La pédagogie progressivement imposée par les inspecteurs de l’Éducation Nationale qui devait être officialisée par la loi Jospin de 1989 sous le mot d’ordre «&nbsp;l’apprenant au centre du système&nbsp;», se réclamait de Piaget et de l’école genevoise (Édouard Claparède, avec pour lointain initiateur Rousseau), le principe étant d’accompagner le développement intellectuel de l’enfant, au lieu de le précéder et de le stimuler. Que l’enseignant doive prendre en considération les réactions et les attentes de l’enfant, qui le nie&nbsp;? mais la question est de savoir si elles doivent le déterminer et s’il doit entièrement faire fond sur elles. Or c’est ce que suppose la pédagogie imposée par la loi Jospin&nbsp;: elle repose sur la conviction que l’enfant a priori veut apprendre, est vif et curieux. On ne voit pas bien alors ce qu’on fera de ceux qui ne veulent pas, des paresseux, des lents, de ceux qui, par leur milieu familial et social, ne sont pas portés à la curiosité&nbsp;: ces doctrines ignorent que l’enseignement est un combat contre les forces, en partie inhérentes à l’enfant, mais encore plus souvent extérieures, qui s’opposent à la fonction émancipatrice de l’école. Derrière cette pédagogie angélique, la version réelle de la politique mise en oeuvre par l’appareil de l’Éducation Nationale est exprimée en termes bien compréhensibles, malgré ses circonlocutions, par le <a href="http://www.sauv.net/bourdgros.htm">rapport Bourdieu-Gros préparatoire à la loi Jospin</a> : dans chacune des filières, y est-il dit, la part du technique et du théorique</p>
<blockquote><p>devra être déterminé[e] en fonction des caractéristiques propres à chacun des niveaux de chacune des filières, donc en tenant compte notamment des carrières professionnelles préparées et des caractéristiques sociales et scolaires des élèves concernés, c’est-à-dire de leurs capacités d’abstraction ainsi que de leur vocation à entrer plus ou moins vite dans la vie active.</p></blockquote>
<p align="JUSTIFY">Traduisez&nbsp;: socialement les élèves sont déterminés. L’école ne peut qu’accompagner. Aux enfants de riches l’accès à l’abstraction, aux enfants de pauvres les tâches d’exécution. À la main invisible d’Adam Smith dans le domaine économique répond une autre main invisible dans le domaine scolaire. Voilà pourquoi les auteurs de rapports qui défendent, depuis les années 60, l’idée que l’école doit s’«&nbsp;adapter&nbsp;» à la société (c’est-à-dire fournir des individus modelés selon les exigences sociales et comportementales de l’ordre établi) se sont toujours parfaitement accommodés de la pédagogie pédagogiste.</p>
<p align="JUSTIFY">Cette pédagogie, en effet, sous prétexte que l’enfant doit «&nbsp;construire par lui-même son propre savoir&nbsp;», le laisse livré à lui-même, le confronte sans cesse à la devinette, lui demande de redécouvrir spontanément ce que l’humanité a mis des siècles à construire. Car là-dessus la vidéo maquille les réformes en affirmant qu’«&nbsp;aujourd’hui [on fait] plus appel à la compréhension, aux processus de déduction plus qu’à la récitation&nbsp;». Que l’usage de la mémoire, que son entraînement et son développement aient été dénigrés depuis les années 60, quoi de plus naturel, étant donné qu’il s’agissait de diminuer l’acquisition de contenus&nbsp;? mais ce n’est pas la déduction qui lui a été substituée, déduction qui supposerait l’acquisition de savoirs fondamentaux. En réalité, c’est l’induction qui a envahi l’enseignement, jusque dans les mathématiques&nbsp;: l’«&nbsp;observation&nbsp;» (étape évidemment nécessaire dans l’enseignement, mais qui ne peut être une panacée) est devenue reine, une observation qu’aucune clef ne venait accompagner, sauf peut-être quelques passe-partout qui n’aboutissent qu’à des conclusions superficielles (comme si, par exemple, compter les pronoms personnels dans un texte permettait de comprendre un extrait des <em>Confessions</em>). Ainsi sommé de «&nbsp;construire par lui-même&nbsp;» un savoir hors de portée qui lui est en même temps refusé, l’enfant est rendu responsable de son propre échec. Parmi les «&nbsp;activités&nbsp;» mises en place au fil des réformes, au détriment des enseignements fondamentaux, la «&nbsp;construction du projet personnel de l’élève&nbsp;» vient sanctifier le tout&nbsp;: il est invité à assumer pleinement cette «&nbsp;vocation&nbsp;» dont parlait cruellement le rapport Bourdieu-Gros. Y a-t-il un meilleur apprentissage de la résignation sociale, ou de la désespérance&nbsp;?</p>
<p align="JUSTIFY">On pourrait citer bien des réformes mises en place «&nbsp;par touches successives&nbsp;», pour reprendre une expression employée par la vidéo, mais, contrairement à ce qu’elle dit, selon une stratégie qui était déjà en vigueur bien avant les années 1998 ou 2000. Par exemple, la notion de projet d’établissement, prélude au démantèlement du système public d’enseignement, la dotation horaire globale, à travers laquelle l’État se désintéresse de la manière dont les établissements gèrent leur pénurie en étant soumis à la «&nbsp;demande&nbsp;» locale, c’est-à-dire aux pressions sociales et culturelles, ont bel et bien été institués sous le premier septennat de François Mitterrand. Il serait instructif aussi de confronter cette longue série de réformes avec les analyses, prospectives et recommandations contenues dans les rapports de l’OCDE, organisme peu suspect de sympathie pour la révolution prolétarienne&nbsp;: la convergence serait aveuglante. Étonnez-vous alors qu’après tant de «&nbsp;touches successives&nbsp;» la droite ait accéléré le mouvement&nbsp;: l’atomisation des enseignements, parmi lesquels l’élève se retrouve aussi dispersé que dans un supermarché, le lycée à la carte de la réforme Darcos, la quasi disparition de l’histoire en terminale S, ne sont que l’aboutissement, enfin ouvertement libéral, de «&nbsp;l’apprenant au centre du système&nbsp;» et de la mirifique «&nbsp;modernisation&nbsp;» de l’école au nom de l’«&nbsp;ouverture sur la vie&nbsp;».</p>
<p align="JUSTIFY">Les auteurs de la vidéo <a href="http://www.dailymotion.com/video/xz8sw1_ep-16-on-vous-fait-un-dessin-ecole-en-danger_news">«&nbsp;</a><span style="color: #202020;"><a href="http://www.dailymotion.com/video/xz8sw1_ep-16-on-vous-fait-un-dessin-ecole-en-danger_news">École en danger&nbsp;»</a> devraient donc aller un peu plus loin dans leurs analyses et reconnaître les erreurs du passé au lieu d’inciter les citoyens de gauche à communier dans un aveuglement nostalgique qui pourrait bien mener à les rééditer. La vérité est que l’idéologie bourgeoise est partout et peut imprégner les mots d’ordre en apparence les plus généreux. Le spontanéisme en matière pédagogique, l’autonomie à tout va des établissements, la répugnance pour les savoirs méthodiquement construits et patiemment acquis et consolidés, le refus de la séparation entre l’école et la vie, indispensable aux apprentissages et à l’acquisition d’une distance critique, tout cela repose sur des croyances angéliques, au croisement d’influences libertaires et démocrates-chrétiennes, et dont on pourrait se demander si elles font bon ménage avec la laïcité. Hors du domaine de l’enseignement, ces influences ont toujours existé dans le mouvement ouvrier et demandent toujours à être débusquées. Tirer les leçons des pièges que l’idéologie bourgeoise a tendus aux réformateurs de l’école est indispensable pour construire face aux tenants de l’école libérale le nouveau modèle d’école que requiert la république sociale.</span></p>
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		<title>Grandeur et décadence du capitalisme français (suite) : La Compagnie Générale d&#8217;Electricité – Episode n°3 : CEGELEC &amp; Cie</title>
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		<pubDate>Mon, 06 May 2013 12:35:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Raphael Favier</dc:creator>
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		<description><![CDATA[On se souvient que dans l’épisode 2, le PDG d’ALCATEL, Serge TCHURUK, 2001 avait imposé à ALSTOM, dont il souhaitait se débarrasser, le rachat préalable de CEGELEC, qui était une filiale commune à ALCATEL, ALSTOM &#38; GEC.
ALSTOM voulant à son tour s’en délester, compte tenu des ses difficultés de trésorerie, CEGELEC fait donc l’objet d’un [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left;" align="JUSTIFY"><strong><a title="Grandeur et décadence du capitalisme français : la Compagnie Générale d’Électricité. Épisode n°2" href="http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/grandeur-et-decadence-du-capitalisme-francais-la-compagnie-generale-delectricite-episode-n2/6292">On se souvient que dans l’épisode 2</a>, le PDG d’ALCATEL, Serge TCHURUK, 2001 avait imposé à ALSTOM, dont il souhaitait se débarrasser, le rachat préalable de CEGELEC, qui était une filiale commune à ALCATEL, ALSTOM &amp; GEC.</p>
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		<title>Déchets nucléaires : que faire ?</title>
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		<pubDate>Mon, 06 May 2013 11:30:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Thierry de Larochelambert</dc:creator>
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		<description><![CDATA[À mesure que s&#8217;accumulent les stocks de combustibles irradiés et de déchets nucléaires provenant du cycle électronucléaire, des centres de recherche, des activités militaires, industrielles, médicales, la question du devenir de ces matières se pose aujourd&#8217;hui une acuité et une urgence d&#8217;autant plus grandes que certaines décisions doivent être prises prochainement quant à l&#8217;utilisation ou [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>À mesure que s&#8217;accumulent les stocks de combustibles irradiés et de déchets nucléaires provenant du cycle électronucléaire, des centres de recherche, des activités militaires, industrielles, médicales, la question du devenir de ces matières se pose aujourd&#8217;hui une acuité et une urgence d&#8217;autant plus grandes que certaines décisions doivent être prises prochainement quant à l&#8217;utilisation ou non des stocks de plutonium dans d&#8217;éventuels réacteurs à neutrons rapides et au stockage en couches géologiques profondes des déchets radioactifs ultimes.</p>
<p><strong>Pour lire la suite, veuillez télécharger le document sous format PDF :<br />
<a href='http://www.gaucherepublicaine.org/wp-content/uploads/2013/05/Déchets-nucléaires_-que-faire_.pdf'>Déchets nucléaires : que faire ?</a></strong></p>
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		<title>Les enseignements de la séquence des 1er et 5 mai 2013</title>
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		<pubDate>Mon, 06 May 2013 10:41:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bernard Teper</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Un an après l&#8217;arrivée de François Hollande à la présidence de la République française, la configuration de la lutte culturelle, politique et socialea radicalement changé. Un syndicalisme rassemblé avait permis de mobiliser contre la politique néo-libérale de Nicolas Sarkozy des millions de travailleurs, dans le conflit des retraites en 2010. Ce rassemblement du monde du [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><span style="font-size: small;">Un an après l&#8217;arrivée de François Hollande à la présidence de la République française, la configuration de la lutte culturelle, politique et socialea radicalement changé. Un syndicalisme rassemblé avait permis de mobiliser contre la politique néo-libérale de Nicolas Sarkozy des millions de travailleurs, dans le conflit des retraites en 2010. Ce rassemblement du monde du travail n&#8217;a pas été pour rien dans la défaite de la droite à la présidentielle. L&#8217;ombre portée de ce rassemblement à permis l&#8217;alternance. Mais pas l&#8217;alternative : la gauche ordolibérale a remplacé la droite néolibérale. Le néolibéralisme continue donc sa route avec une autre équipe au pouvoir. Cette dernière année a permis à de nombreux citoyens de vivre une fois de plus une alternance sans alternative. Mais sous une forme de plus en plus dramatique. La « société du spectacle » existe et une opposition « spectaculaire » (celle de François Hollande face à Nicolas Sarkozy) n&#8217;entraîne pas forcément un changement de politique.</span></p>
<p><span style="font-size: small;">Arrive la séquence des 1<sup>er</sup> et 5 mai 2013. Le 1<sup>er</sup>, les seuls syndicats à manifester sérieusement dans toute la France sont des syndicats du mouvement syndical revendicatif : la CGT, la FSU et Solidaires. FO manifeste seule le matin à Paris, mais peu en province. Les autres, ceux qui signent les textes régressifs du Medef, se sont enfermés à 250 dans un gymnase à Reims : quelle pantalonnade ! La division syndicale semble profonde dans cette période. La responsabilité de la CGT devient immense.<br />
Le 5 mai, le Front de gauche a réussi, dans le cadre de sa campagne contre l&#8217;austérité, contre le règne de la finance et pour la 6e République, à dépasser les 100.000 manifestants dans sa montée nationale. On voit le chemin parcouru depuis les 30.000 à 40.000 de la manifestation contre le traité budgétaire, fin septembre 2012. Et le soir même du 5 mai, le Premier ministre propose à la télévision de terminer la privatisation totale des ex-sociétés nationales ! Il n&#8217;a rien appris du ras-le-bol montant du peuple. Les hiérarques du PS peuvent crier à la division de la gauche, quitte à répéter une analyse juste, à savoir que la division de la gauche a toujours profité historiquement à la droite et à l&#8217;extrême droite, mais pour une part croissante des travailleurs et des citoyens, c&#8217;est la politique pro-Medef du gouvernement qui est la principale cause de la division à gauche. La principale responsabilité incombe logiquement à ceux qui ont les manettes du pouvoir dans les mains et non aux autres.</span></p>
<h3><span style="font-size: small;"><strong>Et maintenant, que faire ?</strong></span></h3>
<p><span style="font-size: small;"> D&#8217;abord bien analyser ce qu&#8217;il se passe à droite et à l&#8217;extrême droite. Répétons à nos amis et sympathisants que lorsque « le sage montre la lune », il ne faut pas regarder le doigt. La séquence de la « Manif pour tous » n&#8217;est pas simplement une mobilisation réactionnaire sur une des rares avancées du gouvernement. Elle est un moment de la recomposition idéologique et politique des droites, extrême droite comprise. Toutes choses étant inégales par ailleurs, nous sommes bien dans une configuration qui rappelle les années 30. La partielle de l&#8217;Oise en mars, dont nous avons abondamment parlé dans nos derniers numéros, devrait inquiéter.<br />
Nous inquiète aussi la façon relativement moderne d&#8217;organiser la mobilisation : structures centrales de pilotage, de ressources humaines (promotion de nouveaux responsables de terrain), de logistique, de sécurité, de transports, de mobilisation, de presse, de financement ; la duplication rapide de ces structures centrales en province ; l&#8217;utilisation des réseaux sociaux, la mutualisation des réseaux du tissu associatif et syndical, tant des structures cléricales que des associations diverses comme Alliance Vita, En marche pour l&#8217;enfance, Association familiale catholique, Familles de France, Familles rurales, Association familiale protestante, etc.<br />
Tout cela prépare une nouvelle mouture de la droite et de l&#8217;extrême droite pour les années à venir. À confirmer avec la partielle de Villeneuve-sur-Lot de juin, à la suite de la démission de J. Cahuzac ?</span></p>
<p><span style="font-size: small;">Pour la gauche, tout s&#8217;éclaire. Le ras-le-bol est grandissant dans le peuple, les tensions sont de plus en plus fortes sur les lieux de travail. Comme d&#8217;ailleurs dans la plupart des pays européens, voir entre autres les mouvements sociaux de Slovénie ces dernières semaines. On peut sans peine prévoir l&#8217;intensification de la quadruple crise culturelle, économique, politique, sociale. Il n&#8217;y a donc pas d&#8217;autre voie que de militer au sein du peuple mobilisé et de continuer à produire une éducation populaire de masse pour tous les citoyens et les travailleurs qui souhaitent en débattre. Nous y reviendrons abondamment dans les prochains numéros de Respublica.</span></p>
<p><span style="font-size: small;">Sur le plan électoral, les 150.000 élus municipaux seront bientôt en renouvellement, avant de nous retrouver sur un scrutin européen qui verra s&#8217;affronter les quatre ensembles des courants politiques : le courant souverainiste ultra-libéral de droite et d&#8217;extrême droite, le courant européiste et ordolibéral de droite, le courant européiste et ordolibéral de gauche, le courant critique de la construction européenne à gauche. Nous présenterons dans le prochain numéro de Respublica une typologie des différentes conceptions dans ce courant critique pour préciser notre conception face à ce que nous estimons être des impasses à l&#8217;intérieur de ce courant critique. Mais revenons sur les municipales, qui par la masse des candidats en jeu et par les évolutions des phases de la décentralisation (aujourd&#8217;hui l&#8217;acte III), deviennent des élections importantes, mêmes si par endroits cela peut être Clochemerle. La façon dont vont être composées les listes de gauche (compétition au premier tour ou pas entre le PS et ses alliés d&#8217;une part et le Front de gauche d&#8217;autre part), la façon de faire les campagnes (avec éducation populaire diversifiée ou de manière traditionnelle avec la langue de bois habituelle, etc.), vont exprimer les enjeux de fond de ces municipales.</span></p>
<p><span style="font-size: small;">Résumons : nous vivons sans doute une course vers un type d&#8217;implosion à chaud de la zone euro (nous reviendrons aussi sur ce point), vers une montée du mécontentement face au gouvernement, un ras-le-bol des salariés, notamment des couches populaires et des couches moyennes intermédiaires, qui devraient aboutir à un renforcement des droites et du Front de gauche. Rien n&#8217;est réglé pour autant. Une chose est sûre: l&#8217;impérieuse nécessité de développer des éducations populaires diversifiées vers tous les publics devient pour nous flagrante. Pour nous, vu la possibilité d&#8217;aller vers le pire, la formation et les différentes formes d&#8217;éducation populaire qui autonomisent chaque citoyen deviennent la priorité. Et pour vous ?</span></p>
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		<title>Années 30, le retour ?</title>
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		<pubDate>Mon, 06 May 2013 10:22:58 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Évariste </dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p align="LEFT">Le courrier reçu de C. Jenger et publié <a href="http://www.gaucherepublicaine.org/extreme-droite/les-ligues-fascistes-renaitraient-elles-de-leurs-cendres/6513">dans le dernier numéro de Respublica</a> s’interroge sur un retour des années 30. Le parallèle est a priori politiquement pertinent, tant certaines prises de position dans le débat sur le « mariage pour tous » peuvent en effet faire penser à celles des ligues fascistes d’alors, même si leur violence, physique ou verbale, en est encore très loin. D’autres rares références à ces années sont plutôt centrées sur l’aspect économique.</p>
<p>Sous cet angle, le parallèle est combattu par ceux qui veulent voir dans la crise actuelle un phénomène ponctuel et non une constante du capitalisme, le refus de l’histoire permettant aux économistes de marché de nier la réalité : comme l’après-1929, l’après-2007 n’est pas une crise conjoncturelle parmi d’autres, une crise due aux excès d’une finance mal maîtrisée ou aux erreurs stratégiques néo-libérales, mais la fin de la gestion par une fuite dans la financiarisation, de la crise du profit apparue dans les années 70 (voir l&#8217;ouvrage <a href="http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/neoliberalisme-et-crise-de-la-dette-par-bernard-teper-et-michel-zerbato/4351"><em>Néo-libéralisme et crise de la dette</em></a>). <span id="more-6543"></span></p>
<p>Pourtant, les crispations sociétales d’aujourd’hui sont des manifestations précoces d’une situation de crise trop largement sous-estimée et réellement comparable à celle ouverte en 29. Pour qui veut bien le voir, la comparaison des trajectoires économiques et sociales européennes fait apparaître une similitude patente au niveau économique : comme celui de 2007, le krach de 29 résulte d’une spéculation hypothécaire effrénée ; comme l&#8217;étalon-or dans les années 30, l&#8217;euro aujourd&#8217;hui introduit une contrainte extérieure de compétitivité qui impose des politiques d&#8217;austérité. Dans les années 30, le débat sur la meilleure façon de gérer la contrainte de compétitivité était entre la dévaluation, et la déflation, entre l’abandon de la référence à l’or et la casse des salaires. Aujourd’hui, ce débat revient au devant de la scène : sortir de l’euro pour pouvoir dévaluer et relancer, ou casser le salaire socialisé, via la casse des services publics et de l’État-providence, pour redevenir compétitif par « dévaluation interne ».<br />
Au niveau politique et social, il y a aussi une même similitude entre l’attitude des radicaux qui, dans les années 30, n&#8217;ont eu de cesse de faire échouer le Front populaire, et celle des « socialistes » d’aujourd&#8217;hui qui dérivent de même vers la droite et l&#8217;économisme et sont amenés à s’opposer ouvertement à la « gauche de la gauche ». Conséquence grave, on constate dans les deux périodes le même discrédit de la classe politique, la même perte de foi en la démocratie,. Dans les années 30, les ligues fascistes ont surfé sur ce discrédit et cette faiblesse pour tirer sur l&#8217;étranger, sur la perte de souveraineté due à l’impuissance de « la gueuse », etc. Aujourd’hui, il y a l&#8217;immigré profiteur, mais aussi, au niveau sociétal, les porteurs de valeurs anti-chrétiennes, l’Américain matérialiste, l’islamiste polygame, etc.<br />
Cependant, il y a deux différences essentielles entre les deux époques, qui affaiblissent le risque d’une dérive fascisante. C’est, d’une part, la perte à gauche de l’idéal communiste, qui peut expliquer la dérive de la social-démocratie moderne et l’affaiblissement des syndicats, alors que la perspective du bolchévisme pour tous avait exacerbé le sentiment anti-républicain de ceux qui ont fait le socle de l’extrême droite : conservateurs et réacs cathos hypers-individualistes, rejoints par quelques communistes et anarcho-syndicalistes perdus. Et c’est, d’autre part, l’intégration au capital de classes moyennes développées par la redistribution des 30 Glorieuses, via la Sécu ou l’impôt, et en perte de la conscience de classe. Ce qui a conduit la gauche social-libérale à l’abandon des classes populaires.</p>
<p>Le récent sondage selon lequel M. Le Pen passerait largement devant F. Hollande en cas d’élection présidentielle anticipée est certes inquiétant, mais celui selon lequel 72 % des Français seraient favorables à l’idée d’un gouvernement d’union nationale en atténue l’impression, si cela signifie que tant que les classes moyennes auront l’espoir de conserver leurs acquis sociaux, dont la capacité d’épargne et de constitution d’un patrimoine financier, elles n’iront pas à l’aventure politique.</p>
<p>Un danger est cependant que comme dans l’entre-deux-guerres la droite la plus ultra-libérale (Sarko-Copé-Jacob), la plus proche des cathos intégristes et la plus polluable par les idées d&#8217;extrême droite, trouve dans le mouvement sociétal contre le mariage gay une bouée à laquelle s&#8217;accrocher afin de retrouver la base sociale que son impuissance économique lui a fait perdre. Danger, car elle pourrait s&#8217;en faire larguer le cas échéant, comme la classe politique allemande qui, en voulant écarter le péril soviétique en 29, en installa un autre en 33.</p>
<p>Un autre danger, opposé, est lié à l’ignorance de l’histoire de ceux qui, à « gauche de la gauche » ou qui s’en réclament opportunément, en appellent au mythe de Roosevelt et Keynes sauvant le capitalisme pour prôner une alternative à l’austérité tout en restant dans le cadre capitaliste. Mais il faut savoir que Roosevelt et son fameux New-Deal n’ont en réalité rien résolu : à la veille de la seconde guerre mondiale, la crise était toujours aussi profonde (toujours 10 millions de chômeurs à la veille de la guerre, etc.), et c’est l’effort de guerre qui a relancé la machine. Quant à Keynes, il a lui-même très nettement critiqué le New Deal, reprochant aux autorités de s’en tenir à réformer les structures, quand il s’agissait de dépenser. Et les politiques keynésiennes de gestion des 30 Glorieuses, assises sur la dépense financée par les gains de productivité industrielle, sont inappropriées dans une capitalisme de finance prédatrice, les 30 Piteuses l’ont suffisamment montré.</p>
<p>Discrédit de la classe politique, mais absence de rêve alternatif : le risque de ligues fascistes ne peut se déduire mécaniquement de la situation économique ni d’une analogie politique. Le discrédit se traduit aujourd’hui par un désintérêt massif des citoyens pour les élections, tandis que l’oligarchie, relayée par des médias complices par endogamie, accuse de populisme ceux qui persistent à vouloir autre chose que ce que les experts présentent sans alternative. La pensée néo-libérale mise sur le marché pour empêcher les politiques de faire n’importe quoi, et ces politiques soucieux de leur carrière s’emploient à être « raisonnables », et le peuple abandonné par la gauche pourrait se laisser abuser par le « populisme » d’extrême droite, à qui la gauche a abandonné l’idée de nation, faux populisme, mais vrai totalitarisme.</p>
<p align="LEFT">De même que la finance folle est la conséquence de la crise du capital, et non l&#8217;inverse, ce ne sont pas les individus fous, « sans sang-froid et retenue », que dénonce notre lecteur, qui affaiblissent la démocratie, mais la faiblesse structurelle de la démocratie capitaliste (bourgeoise ou oligarchique) qui génère ces comportements fous. La référence aux années 30 peut ouvrir les yeux sur la situation réelle d’aujourd’hui, s’il s’agit, non pas de bêler avec les agneaux, mais bien de rapporter les errements du passé à la crise du capitalisme comme cause de la crise sociale et politique, dans l’espoir d’éviter « d’en revivre les pires moments ».</p>
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		<title>Quartiers Nord de Marseille : un témoignage et un appel aux autorités publiques</title>
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		<pubDate>Tue, 30 Apr 2013 17:10:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Yamina BENCHENNI</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><em>NDLR - Depuis plusieurs décennies, les quartiers populaires des banlieues permettent à beaucoup de &#8220;gloser&#8221;. Seuls les groupes mafieux et intégristes s&#8217;installent durablement dans ceux-ci. Les pouvoirs publics avalisent le retrait des services publics, de l&#8217;école laïque et républicaine, des systèmes de santé et de protection sociale, le retrait des politiques de développement économique et social, le retrait des politiques sociales de logement, le retrait des politiques culturelles et d&#8217;éducation populaire pour instrumentaliser ses quartiers par des discours sécuritaires et ou communautaristes.</em><br />
<em> Donnons la parole à ceux qui veulent le changement ici et maintenant.</em></p>
<p><strong>Aperçu :</strong> Construire avec la participation directe des habitants des quartiers populaires une stratégie globale d&#8217;intervention de prévention et de sécurité contribuant à mettre en place des moyens pour lutter contre l’occupation des lieux par des jeunes identifiés par la police : cages d’escalier, entrée principale des cités, installation « conviviale » sur les parking des cités, des espaces verts, devant les collèges, les lycées, devant les alimentations de nuit… Cette manière d’occuper ces « espaces » qui sont souvent mobiles dans un même territoire pour fuir les représailles d’autres réseaux démontre que la vente de stupéfiants est connue, au vu et au su de tous. C’est même parfois des lieux où les plus petits se retrouvent recrutés occasionnels. Ces lieux démontrent aux yeux des habitants que la vente de produits se banalise et devient un simple business. Ce marché fonctionne bien et les revendeurs deviennent « des voisins » pour les jeunes<strong>.<br />
</strong>Les familles fragilisées devront bénéficier d’un accompagnement social et psychologique adapté.</p>
<p><em>Une législation sur la dépénalisation /légalisation de la vente de résine de cannabis</em><br />
La protection des mineurs devra faire l’objet d’une attention particulière ainsi la prévention de la récidive pour éviter l’accumulation des délits qui alourdissent le parcours du jeune. L’idéal pour supprimer le trafic, c’est d&#8217;introduire la dépénalisation dans l’immédiat, suivie d’un travail saisi par une commission parlementaire sur la légalisation de la consommation de la résine de cannabis. Les associations spécialisées sur les conduites additives et les associations de parents et d’usagers devront participer.<span id="more-6526"></span></p>
<h2>Le contexte</h2>
<p>Au terme de l&#8217;année 2012, nous avons décompté 24 morts par homicides (sans compter les blessés) dans les quartiers populaires de Marseille. Ces meurtres ont été associés à une nouvelle forme de criminalité, notamment autour de l&#8217;activité de revente de produits stupéfiants. Les événements récents nous permettent d’affirmer que l&#8217;année 2013 risque de venir marquer de façon tout aussi dramatique les quartiers. Les réseaux de trafiquants se reconstruisent aussi rapidement qu’ils sont démontés par les forces de l’ordre. Nous n’avons aucune information sur les arrestations des « têtes de réseaux », un sentiment d’inégalité de traitement est ressenti par les habitants à l’égard des grands trafiquants qui en tirent profit.<br />
Les plus jeunes sont pris dans « l’engrenage » du réseau faute de prise en charge concrète et de réponses efficaces. Les familles n’en peuvent plus et souhaitent des moyens humains et matériels (éducateurs spécialisés dans les addictions et le décrochage scolaire, mise en place de séjours spécifiques permettant un éloignement des adolescents en danger ou en situation de l’être).</p>
<p><strong>Aujourd&#8217;hui, les habitants des quartiers populaires interpellent les pouvoirs publics.</strong><br />
Les inquiétudes des habitants que nous sommes n&#8217;ont pas été entendues. Les habitants sont traités souvent par les médias, les politiques, d&#8217;une façon stigmatisante qui laisse penser que les quartiers populaires tirent bénéfice de ces activités et demeurent, sans réaction, dans l&#8217;omerta par intérêt ou par peur.</p>
<p><strong>Rassurer les habitants et les protéger contre les fauteurs de troubles est une nécessité</strong><br />
Il est souhaitable qu’un seul service spécialisé puisse prendre en compte les problèmes liés aux trafics de stupéfiants. Il faut garantir la protection des familles et des jeunes en situation de « dépendance » pour recourir à une vie normale. Pour vaincre la peur, une relation entre police et citoyen devrait se développer avec un représentent de la justice et de l&#8217;État. Cette garantie permettra de redonner confiance aux habitants sur la capacité de la police à traiter le trafic dans nos quartiers.</p>
<p><strong>Les citoyens/habitants</strong><br />
La mobilisation actuelle des parents prouve qu&#8217;ils sont des citoyens de la République à part entière et qu&#8217;ils ont droit comme tous à la sécurité pour eux-mêmes et pour leurs enfants. Confrontés de longue date à la visibilité et la prégnance des réseaux de trafics, nous restons seuls face à une organisation criminelle où les plus jeunes payent le prix de leur vie, nous constatons que l&#8217;intervention publique n’est pas la hauteur, nous en avons une connaissance et une expérience qui nous conduisent à saisir l&#8217;ampleur et la complexité des réponses que les autorités publiques devraient entendre et nous aider à mettre en place.</p>
<p><strong>Pourquoi ?</strong><br />
Nous savons sur quel terreau (celui de la précarité et de l&#8217;abandon public), sur quelles impasses sociales et sur quels liens complexes avec le territoire s’installent et fonctionnent ces réseaux. Nous avons pu constater de quelles façons sont mises en œuvre les stratégies de maîtrise des territoires par certaines têtes de réseaux, et comment ces réseaux tissent des liens avec les habitants, se réorganisent rapidement ; recrutent régulièrement les plus jeunes et et les familles les plus vulnérables.<br />
Nous sommes lucides : l&#8217;attractivité et la force des réseaux ne reposent pas sur le fait qu&#8217;ils constituent une manne financière ou ressource permanente qui alimenterait les quartiers populaires. Si l&#8217;activité est fort lucrative, elle est loin de l&#8217;être pour tous.<br />
Par contre ces réseaux, au delà de l&#8217;accès à des ressources ponctuelles pour certains, sont producteurs d&#8217;autres bénéfices. Il peut s&#8217;agir de liens sociaux, de sentiment de reconnaissance ou d&#8217;appartenance pour un jeune en déficit d&#8217;affiliation, de formes de solidarité ou de protection qui ne peuvent plus être dispensées par les institutions ou le fait d&#8217;avoir (ou de ne pas avoir) une place dans une activité économique légale, qualifiante et correctement rétribuée&#8230;</p>
<p><strong>Projet d’insertion pour les jeunes sortis de prison</strong><br />
C’est un groupe qui donne l’apparence de construction de lien social, les jeunes le vivent bien jusqu’au jour où la prison introduit une rupture. La sortie carcérale est aussi problématique que l’enfermement et nous souhaitons éviter la prison à ces jeunes et la récidive(être repris dans le système de l&#8217;économie parallèle). Une prise en charge sociale et psychologique avec le jeune et sa famille serait un début de réponse à la récidive et à la mise en place d’un projet d’insertion pour les jeunes sortis de prison.</p>
<p><strong>La religion comme issue de secours</strong><br />
Parfois la religion reste pour eux la seule porte de sortie concrète pour démontrer le changement, ils deviennent des « frères » assidus et sont donc protégés par la communauté religieuse. Ces jeunes constituent un groupe « identitaire ». La communauté religieuse possède des savoirs et des réelles compétences pour protéger et garantir la faisabilité de réinsertion des jeunes ; ce sont parfois des anciens détenus, qui ont connu la galère pour s’en sortir. Ils ne remettent pas en cause le système, leur objectif est de pouvoir aider un jeune qui trouve « refuge » afin de lui permettre de revenir dans le droit chemin. Si la religion n’est pas la seule à pouvoir faire rempart contre la délinquance, elle reste du moins appréciée par les familles et les habitants qui mesurent les résultats concrets à travers des témoignages de jeunes qui en sont sortis depuis des années.</p>
<p><strong>L&#8217;État : garant de la sécurité de tous les habitants</strong><br />
L’Etat de droit est fragilisé sur les quartiers et les habitants ont le sentiment d’être abandonnéq par les pouvoirs publics et politiques. Ainsi les responsables des réseaux gagnent du terrain et démontrent de sérieuses « capacités » à maintenir cette forme d’organisation malgré les fréquents contrôles de police. Leur mobilité sur le territoire entraîne des « règlements de comptes » entre eux pour reconquérir de nouveaux espaces tout en occupant ce qu’ils avaient quitté « provisoirement » ; leur crédibilité à tenir le réseau est à la hauteur du prix à payer de leur vie.<br />
Ces réseaux de revente sont cependant aussi en train d&#8217;imposer des règles et normes de gestion voire de domination de l&#8217;espace public dans les quartiers, souvent avec le recours à l&#8217;intimidation et bien sûr la violence. De plus en plus coercitifs dans leur pratique, les consignes qu&#8217;ils dispensent concernent aussi les pratiques ou l&#8217;espace privé (laisser les portes des appartements ouvertes en cas de repli face une intervention policière&#8230; ne pas garer son véhicule à proximité d&#8217;un lieu de revente pour en faciliter l&#8217;accès et la surveillance&#8230; pression pour camoufler des produits à domicile, des armes à feu et de l’argent&#8230;)<br />
Pression sur les consommateurs et mauvais payeurs qui se retrouvent harcelés, menacés. Certains ont recours aux vols pour rembourser et pour d’autres ce sont les familles qui déboursent des sommes importantes, parfois plus de 2 000 euros pour éviter la descente en enfer.</p>
<p><strong>Un processus d’insertion et de réinsertion géré par des dispositifs pour les jeunes en grandes difficultés des quartiers populaires fait défaut.</strong><br />
Les dispositifs de droit commun ne sont pas adaptés à ce public et les points accueil jeune sont démunis. Les animateurs qui gèrent ces PAPJ relèvent d’un financement précaire dans le cadre de la politique de la ville. Quand Pôle Emploi met en CDI ces salariés, les animateurs de l’éducation populaire se retrouvent avec une précarité instaurée depuis des années par les institutions publiques et les partenaires sociaux de la convention cadre des centres sociaux.<br />
Comment dans ces conditions l’accès égal pour tous à un emploi, à une formation qualifiante peuvent-ils être possibles pour un public en grande difficulté d’insertion ? Même l&#8217;école de la Deuxième « chance » de Marseille se retrouve en difficulté pour recruter et diversifier les formations professionnelles. Il est temps d’agir sur ces dispositifs pour leur redonner de la légitimité et de la crédibilité par un renforcement de moyens et de personnes qualifiées.</p>
<p><strong>Rupture avec le système de trafic : un sérieux casse-tête pour les familles</strong><br />
La rupture avec le système devient un casse-tête pour la famille (éloignement, voyage au pays d’origine…), un rapport de force s’instaure avec les têtes de réseaux par les familles les plus déterminées, afin de protéger un de leurs membre. Vivre dans ces conditions nous habitants, entraîne un positionnement radical et engagé (s’arrêter de travailler, se mettre en longue maladie, changer de ville…) pour éviter une mort certaine du fils, du neveu, du frère. La tension est permanente et la peur au ventre peut amener un jour une mère, un père, un frère ou une sœur à aller vers un acte irrémédiable.</p>
<h2>Les 23 demandes des habitants</h2>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: small;"><strong>1. </strong>Les habitants demandent la mise en place d&#8217;une instance officielle de dialogue et de travail permanente avec les institutions publiques au plus haut niveau de décision (Préfets, Procureur, élus&#8230;). Celle-ci pourra être saisie par les habitants sur l’ensemble des données concernant la situation des quartiers populaires. Nous souhaitons que cette situation et plus particulièrement l&#8217;activité des réseaux de trafic et leur évolution soient observées en permanence. Nous attendons de ce travail des résultats mesurables et des interventions régulières du préfet de police pour nous tenir informer des avancements sur la sécurité dans nos quartiers. </span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: small;"><strong>2.</strong> Nous souhaitons que ces états des lieux, l&#8217;analyse de ces problèmes et la recherche de solutions fassent l&#8217;objet d&#8217;un débat public entre les institutions (dont les élus), les professionnels de terrain et les habitants. Nous souhaitons que les réponses mises en place soient suivies et évaluées par les pouvoirs publics et avec les habitants. Nous souhaitons que les habitants puissent participer activement aux espaces de travail inter-institutionnels et ce, sur le long terme. </span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: small;"><strong>3.</strong> Les habitants retiennent l&#8217;idée portée désormais par les pouvoirs publics que <strong>la seule intervention répressive et pénale ne peut répondre à la situation.</strong><br />
La prévention de la récidive est importante pour les familles, les bracelets électroniques ne peuvent suffire à l’insertion, cela devrait être accompagné d’une politique spécifique d’aide et d’accompagnement des jeunes à l’insertion vers l’emploi, à la formation, et au relogement si nécessaire des familles en difficulté<span style="color: #0000ff;">. </span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><strong>4.</strong> Si <strong>l’intervention policière</strong> démontre une certaine efficacité, tous craignent que la logique des réseaux reprenne le dessus aussi tôt la police partie.<span style="font-size: small;"> Cette intervention, conçue comme elle l’est à présent, va augmenter la frustration des habitants, les tensions, la perte de confiance et mettre de la distance avec les institutions voire contribuer à déstabiliser les équilibre fragiles de nos quartiers dès la première occasion. Il faut agir de façon concertée. La réponse publique doit nécessairement articuler répression / prévention / éducation / soins /réduction des risques <span style="color: #0000ff;">/ </span>aménagement urbain (favoriser les chantiers d’insertion, chantiers humanitaires…) / accès à l&#8217;emploi / suivi de formation qualifiante<span style="color: #0000ff;">. </span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: small;"><strong>5. Faciliter l’accès aux services des sports : des heures d’ouverture adaptées et l&#8217;accès gratuit</strong><br />
La prévention des plus jeunes devrait être soutenue par le conseil général et la Ville de Marseille, notamment par la gratuité des transports, l’ouverture de toutes les piscines avec des horaires adaptés aux publics allant jusqu’à 21h), l’accès aux stades qui peut être géré par les associations sportives durant les vacances scolaires. Les gymnases également devraient être ouverts durant les vacances scolaires, comme les écoles primaires pour les centres aérés gérés par les associations d&#8217;éducation populaire.<br />
Nous demandons à ce que soient multipliées les mesures ou offres de services qui redonnent une activité à nos enfants (projet jeune à visée humanitaire, transports gratuits l’été..). Il s’agit de reconnaître les associations sportives du quartier et le bénévolat des adultes qui œuvrent depuis des années à s’occuper des plus petits<span style="color: #0000ff;">. </span>La pratique du sport est très répandue dans nos quartiers et l’école de la République ne peut être seule à enseigner et bénéficier des équipements sportifs. Le partage des équipements sportifs semble indispensable et les responsables publics et politiques ont le devoir de nous aider à cette occupation pour l’intérêt commun<span style="color: #0000ff;">. </span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-size: small;"><strong>6. Renforcer le soutien scolaire</strong><br />
Le soutien scolaire devrait bénéficier de moyens matériels et humains à la hauteur des attentes des familles. Il faut /diversifier l’offre : intervention dans les familles, petit groupe de travail avec la présence des parents, ou d’un adulte aidant,enseignants, travailleurs sociaux, stagiaires, étudiants issus de divers origines sociales. La création d’associations de parents au niveau des collèges, formera et responsabilisera les bénévoles pour être en interface parents/enseignants (expérience de l’association de 14 avenue). </span></p>
<p><span style="font-size: small;"><strong>7. La culture pour tous</strong><br />
La culture devrait s’adaper aux besoins des habitants, les équipements culturels de proximité devraient prendre en compte la créativité des groupes de jeunes, et soutenir les projets innovants, permettre aux habitants à travers des associations d’animer ces lieux. Les habitants des quartiers populaires fréquentent peu ces lieux pour la simple raison qu&#8217;ils ne se sentent pas concernés par la programmation. Le développement de la culture est un projet nécessaire aux habitants qui souhaitent bénéficier également de programmation réfléchie avec nous. Il faut faire des réunions de programmation pour garantir la culture pour tous. </span></p>
<p><strong>8. Interdiction de vente d’alcool dans les épiceries</strong><br />
Les réponses mises en œuvre doivent être concrètes et avoir des effets directs sur les territoires (à court, moyen et long terme).  : Renforcer les contrôles de consommation d’alcool dans les bars auprès des mineurs (appliquer la loi). Interdiction de vente d’alcool dans les épiceries de nuit qui font office de bistrot d’appoint, un véritable sas d’influence nocturne pour les plus jeunes. Un encadrement et une lisibilité réglementaire s’imposent.<br />
Et renforcer le cadre réglementaire du contrôle des armes à feu .</p>
<p><strong>9. Prendre soin des malades psychiques en associant la famille</strong><br />
Création d’une association des familles et des proches atteints atteints de souffrance psychique.<br />
Contrôle des médecins généralistes sur les ordonnances de complaisance sur les médicaments psychotropes et antidépresseurs. Un soutien efficace auprès des familles dont les jeunes et adultes sont suivis par les CMP et CMPP. Création d’une association de parents et des familles atteint par la maladie mentale. Nous demandons que ne soient pas traités de façon pénale la vulnérabilité psychique ou les troubles psychiques des enfants. Pour ce, les services de pédo-psychiatrie sont à renforcer sur ces territoires, ils doivent travailler de façon étroite avec l&#8217;institution scolaire. Ils sont à intégrer dans le principe du suivi éducatif.<br />
Aides aux familles confrontées aux problèmes d’addictions des jeunes mineurs et jeunes adultes par la création et le soutien d’associations (de parents). Il s’agit de mettre en œuvre par tous les moyens le rôle important des familles dans la prévention et le suivi thérapeutique.<br />
La place des parents est aussi importante et nécessaire que celle des travailleurs sociaux et du corps médical. Le rôle des parents et de la famille est déterminant dans la prévention et la réinsertion.</p>
<p><strong>10. Protection des mineurs et jeune majeur</strong><br />
Nous demandons en priorité que les enfants qui cèdent à l&#8217;attractivité des réseaux et en subissent ensuite l&#8217;emprise soit pris en compte et<em> protégés au titre de l&#8217;ordonnance de 1945 sur la protection des mineurs</em>. Nous demandons à ce que ceux ci bénéficient d&#8217;une prise en charge spécifique. Nous demandons à ce que soient reconnues la gravité des menaces et les risques qui pèsent sur eux. Les familles souhaitent aussi pouvoir être concrètement soutenues pour permettre aux enfants de trouver des alternatives à l&#8217;attractivité des réseaux ( emplois – formation – suivi éducatif – déplacements&#8230;).<br />
Nous demandons à ce que soient entendues et reconnues les situations réelles de coercition, de menaces ou d&#8217;emprise subies par les enfants quand ils souhaitent se mettre à distance des réseaux et de leur activité (relogement possible - changement de quartier - éloignement du territoire&#8230;). A cet effet, nous pensons que les moyens doivent être donnés aux services qui assurent la gestion des mesures de protection. Les suivis doivent être resserrés et inscrits dans le temps.</p>
<p><strong>11. Nous voulons une prise en charge éducative qui s’inscrive au moins sur 10 ans</strong><br />
Les enfants et jeunes concernés devraient pouvoir bénéficier de prise en charge dans des établissements innovants, à créer, qui les aident à sortir de la logique d&#8217;échec social et scolaire tout en prenant en compte leurs difficultés antérieures avec les institutions.<br />
Les enfants identifiés comme étant en difficulté en milieu scolaire devraient pouvoir bénéficier au plus tôt d&#8217;un suivi coordonné, sur une période de 10 ans par un référent unique mandaté par les autorités et susceptible de mobiliser les autres services, et ce en lien étroit avec les familles.</p>
<p><strong>12</strong>. Les parents dont les enfants sont &#8220;pris dans l’engrenage&#8221; dans les activités des réseaux ou subissent la pression de ceux-ci demandent un soutien de type &#8220;aide aux victimes&#8221; auprès des institutions publiques et de professionnels (lieu d&#8217;accueil, d&#8217;écoute et de conseils pratiques) mais aussi des lieux qui permettent la rencontre et le croisement des expériences et difficultés parentales.</p>
<p><strong>13.</strong> Nous attendons que les services sociaux aident de façon plus efficace à régler les problèmes qui engendrent des situations d&#8217;endettement et mettent certaines familles, en particulier les mamans seules, en position vulnérable face aux réseaux. L’endettement doit être considéré comme un sérieux problème qui exige des réponses rapides. Prendre en compte ces problèmes en amont, c’est assurer la prévention en direction des familles vulnérables.</p>
<p><strong>14.</strong> La prolifération de l&#8217;offre accentue une hausse de la consommation. Nous souhaitons pouvoir être informés sur les risques liés à la consommation de produits psycho-actifs, nous souhaitons que des services spécialisés reviennent sur le territoire, aillent au devant de habitants, et puissent se rendre dans les familles. Réinstauration de points écoute jeune et famille, avec une approche pluridisciplinaire. Nous souhaitons que nos enfants puissent rencontrer des adultes et professionnels qui les aident à prendre conscience des risques qu&#8217;ils prennent en consommant les produits présents dans nos quartiers.</p>
<p><strong>15 .</strong> Nous demandons à ce que la gestion de l&#8217;espace public soit améliorée et sécurisée (ex: éclairage public, enlèvement d&#8217;épaves &#8230;).<br />
Nous demandons sur de nombreux quartiers à ce que soit repensée la question de l&#8217;aménagement en lien avec la sécurisation de l&#8217;espace (présence de commerces de proximité, circulation dans la cité &#8230;).<br />
Un aménagement des espaces publics pour les enfants et les personnes âgées devrait être pensé avec les associations de locataires et les bailleurs sociaux.</p>
<ul>
<li>Renforcer la relation intergénérationnelle par l’amélioration du cadre de vie pensé avec et pour l’habitant.</li>
<li>Les aînés immigrés sortent peu et sont souvent confinés dans leurs cités, prendre en compte les besoins des « chibanis » et apporter des réponses diversifiées.</li>
<li>La mixité sociale tant voulue apparaît comme une non mixité de fait et renvoi à la question de la mobilité des ménages sur le parc de logement en HLM.</li>
<li>Demande de transparence dans les attributions des logements sociaux et présence des habitants, création d&#8217;un conseil des sages.</li>
</ul>
<p><strong>16.</strong> Nous demandons le retour d&#8217;une police de proximité en lien permanent avec chacun des quartiers et ceux qui y vivent ou y travaillent.</p>
<p><strong>17.</strong> Nous voulons rendre inconfortable les lieux du trafic par des transformations physiques de l’espace (murs, éclairage..) en lien avec les bailleurs sociaux. Les organismes HLM devront participer à la transformation rapide dès que des lieux sont occupés par des trafiquants, les centres sociaux réinvestir les espaces pour les animer avec les habitants par des projets spécifiques, avec un financement rapide qui n’attende pas l’année prochaine. C’est une mobilité de l’action entre bailleurs et associations de prévention et centres sociaux, pour occuper les espaces et ne pas les laisser abandonnés par la peur et l’inertie des dispositifs.</p>
<p><strong>18.</strong> Nous demandons à ce que les bailleurs sociaux s&#8217;engagent à permettre de vivre en toute tranquillité (fermeture des halls, entretiens des espaces communs, fermeture sécurisée des boîtes de compteurs d’eau, d’électricité, de gaines, faux plafonds&#8230;).</p>
<p><strong>19.</strong> Nous demandons à être associés à la création d&#8217;activités économiques rémunérées.</p>
<p><strong>20</strong>. Nous souhaitons que soient valorisées les trajectoires de réussite des jeunes issus des quartiers. (Ainsi le film récent de « Approches, cultures et territoires », Vivre et grandir au lycée nord).</p>
<p><strong>21 .Éducation populaire</strong><br />
Il est urgent que les centres sociaux reviennent à leur véritable mission d&#8217;éducation populaire, qu’ils soient représentatifs des habitants et ouvert aux attentes des jeunes de plus 10 ans, porteur de projet collectif élaborer avec et pour les habitants. Nous souhaitons qu&#8217;ils aient les moyens d&#8217;agir et que les professionnels qui y travaillent ne soient plus sur des emplois précaires et sous-qualifiés. Notre jeunesse a besoin d&#8217;un encadrement de qualité.</p>
<p><strong>22. Les habitants au cœur du projet</strong><br />
Une réelle représentativité dans les conseils d’administration des centres sociaux par les habitants devrait être assurée, dans les fédérations d’éducation populaire qui gère ces équipements afin de permettre une formation permanente des citoyens habitants. La participation des habitants doit être plus qu’une participation réduite à un simple comité usager autour d’un conseil. La visée de ce projet est de permettre aux habitants d’être une force de proposition et d’être garants du bon fonctionnement de la démocratie participative.<br />
Nous, habitants acteurs, nous voulons être pris en considération dans les projets développement social local. Les projets pertinents devront être retenus et reconduit sur une base de 3 ans afin de mettre ensemble un processus d’évaluation sur le long terme (par un conseil d’évaluation d’acteurs habitant et professionnels et élus..). Il s’agit de mesurer l’efficience du projet (par les actions engagées ) évaluation ; amélioration, et ajustement du projet au regard de sa visée.</p>
<p><strong>23. Nous voulons reprendre confiance avec les institutions publiques.</strong> Nous avons besoin de leur présence. Une attention particulière doit être exercée sur l’usage des financements publics attribués sur nos quartiers. Les associations « qui servent de vivier électoraliste » doivent être identifiées et être soumises à un audit externe et interne pour remédier à ce dérapage. Création d’une commission pour les associations qui bénéficient des financements publics par des tiers (personnalités irréprochables, habitants, militants associatifs connus pour leur intégrité …)</p>
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		<title>Les Ligues fascistes renaîtraient-elles de leurs cendres ?</title>
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		<pubDate>Tue, 30 Apr 2013 12:59:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>ReSPUBLICA </dc:creator>
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		<category><![CDATA[Courrier des lecteurs]]></category>
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		<description><![CDATA[Courrier reçu de Claude Jenger, Valence
Non, nous ne sommes pas au milieu des années 30 ; non, les nervis d&#8217;extrême droite n&#8217;ont pas encore tiré sur les policiers, pourtant la &#8220;crise&#8221; qui n&#8217;en finit pas de finir (pourquoi finirait-elle puisque les vrais responsables et leurs errements continuent ?) ressemble à celle de 1929 et à ses [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Courrier reçu de Claude Jenger, Valence</strong></p>
<p>Non, nous ne sommes pas au milieu des années 30 ; non, les nervis d&#8217;extrême droite n&#8217;ont pas encore tiré sur les policiers, pourtant la &#8220;crise&#8221; qui n&#8217;en finit pas de finir (pourquoi finirait-elle puisque les vrais responsables et leurs errements continuent ?) ressemble à celle de 1929 et à ses conséquences.</p>
<p>Selon les cas, les spécialistes écrivent, soit que : &#8220;l&#8217;histoire est un éternel recommencement&#8221;, soit : &#8220;qu&#8217;elle ne se répète pas&#8221;. La vérité reste que &#8220;si on ignore l&#8217;histoire, on est condamné à en revivre les pires moments&#8221; !<br />
On voit se multiplier les exactions, les provocations et la violence est de plus en plus présente et grave &#8230; que les catholiques extrêmes (et les autres) n&#8217;aient pas jugé utile de manifester avec autant de vigueur contre l&#8217;exclusion, les privilèges éhontés et la pauvreté que contre le &#8220;mariage pour tous&#8221; en dit long sur leurs &#8220;vraies&#8221; valeurs.<br />
Excités par les déclarations va-t-en-guerre de leurs responsables, évêques et cardinaux, ils ont le sentiment de mener une croisade contre les mécréants (au passage, on sait comment ont fini les croisades).</p>
<p>Débordés, dépassés par leurs propres troupes et le cortège des provocateurs et casseurs de tous poils, voilà que les hurluberlus, bobos de droite parisiens qui ont entraîné dans leur sillage la bourgeoisie bien-pensante des presbytères, en appellent à la police et au gouvernement pour les débarrasser des cohortes fascisantes &#8230; alors que simultanément, ils appellent eux-mêmes à la radicalisation par des propos ahurissants proches de l&#8217;appel au meurtre, accompagnés par des élus qui ne sont pas en reste !</p>
<p>Tout le monde s&#8217;accorde pour dire que le sang-froid et la retenue sont les principales qualités requises pour les chefs d&#8217;entreprises, les cadres dirigeants, les responsables d&#8217;organisation et &#8230; les élus de la République !<br />
Or, que voyons-nous et qu&#8217;entendons-nous ? Des députés qui accusent le gouvernement de &#8220;meurtres d&#8217;enfants&#8221;, d&#8217;autres quittent leur banc pour tenter d&#8217;agresser physiquement leurs homologues et un membre de cabinet ministériel et auraient frappé une huissière de l&#8217;Assemblée nationale venue s&#8217;interposer.<br />
Les vidéos nous montrent un Christian Jacob, Président du groupe UMP, aboyant, éructant, hurlant de haine, postillonnant, les yeux révulsés, se croyant sans doute dans les suites trop arrosées d&#8217;un comice agricole (un truc à faire regretter que dans certains cas, l&#8217;ascenseur social ne se soit pas arrêté plus tôt).<br />
Les choses ne s&#8217;arrangent pas, quand on passe d&#8217;un Clemenceau, Barrès, Poincaré, Debré (pour ne citer que des présidents de groupe de droite) à un tel foutraque, tout en constatant que le niveau et le choix correspondent bien au groupe parlementaire concerné. Au passage citons quelques autres Présidents de groupe de gauche, Mendès-France, Jaurès, Blum, Herriot, tous, les uns comme les autres, choisis parmi les meilleurs orateurs et les esprits les mieux faits.</p>
<p>Stupéfiante régression qui déconsidère la vie politique et &#8220;qui ferait passer Marine Le Pen pour un mélange de Mme de Staël et de George Sand&#8221; (François Darras).<br />
Pendant ce temps, il y a en France 6 millions de sans emploi et quasiment 10 millions de gens qui vivent en dessous du seuil de pauvreté, parmi lesquels plus de 2 millions d&#8217;enfants.  Je trouve les évêques, cardinaux et grenouilles de bénitier bien silencieux en la matière.</p>
<div style='clear:both'></div>]]></content:encoded>
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		<title>Liberté d&#8217;expression au Maghreb : deux appels</title>
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		<pubDate>Tue, 30 Apr 2013 12:55:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>ReSPUBLICA </dc:creator>
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		<category><![CDATA[lettre 719]]></category>
		<category><![CDATA[libertés]]></category>
		<category><![CDATA[Maroc]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<description><![CDATA[Appel à défendre et à sauver la liberté d’expression en Tunisie
Deux ans et demi après la « révolution de la liberté et de la dignité » en Tunisie, qui a brisé les chaînes étouffant la liberté d’expression et d’information, les composantes de la société civile, signataires du présent appel, estiment qu’il est de leur devoir [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2>Appel à défendre et à sauver la liberté d’expression en Tunisie</h2>
<p align="JUSTIFY">Deux ans et demi après la « révolution de la liberté et de la dignité » en Tunisie, qui a brisé les chaînes étouffant la liberté d’expression et d’information, les composantes de la société civile, signataires du présent appel, estiment qu’il est de leur devoir d’alerter l’opinion publique contre les tentatives incessantes visant à empêcher que la réforme du secteur de l’information soit conduite conformément aux règles de la profession et aux standards internationaux de la liberté d’expression, et à utiliser, de nouveau, les médias comme instruments de propagande, ce qui représente un réel danger pour le processus de transition démocratique et risque de préparer le retour de la dictature.<br />
Parmi les multiples indices et exemples qui attestent que la liberté d’expression en Tunisie est encore en danger, nous citons, notamment :</p>
<p lang="fr-FR">1- L’inscription dans l’avant-projet de la future Constitution d’un ensemble de dispositions qui sont contraires aux fondements de la liberté d’expression et aux standards internationaux dans ce domaine, ainsi que la tentative de revenir sur le principe de l’indépendance effective des instances constitutionnelles en charge des secteurs de l’information et de la magistrature.</p>
<p>2- L’insouciance du gouvernement à l’égard des textes de loi régissant le secteur de l’information, et la violation de leurs dispositions, ce qui a entraîné un vide juridique délibéré qui a favorisé l’émergence de certains médias, politiquement alignés et aux financements douteux, outre les nominations arbitraires à la tête des médias publics et les agissements irresponsables à l’égard de ces médias, tels que les menaces de les privatiser.</p>
<p>3- La remise à l’ordre du jour d’un ancien projet de loi organique, présenté en septembre 2012 à l’Assemblée Nationale Constituante (ANC) par des élus du Congrès Pour la République (CPR), visant à abroger le décret-loi N°115 de l’année 2011, relatif à la liberté de la presse, de l’impression et de l’édition, et à le remplacer par un texte liberticide qui pénalise la liberté d’expression et prémunit les responsables politiques contre la critique. Ce projet de loi organique comporte plus de 13 articles prescrivant des peines privatives de liberté.</p>
<p lang="fr-FR">4- Le blocage du processus d’application du décret-loi N°116 de l’année 2011, depuis plus de 28 mois, et le non-respect des conditions fixées par ce texte de loi qui prévoit la création d’une Haute Autorité Indépendante de la Communication Audiovisuelle (HAICA), après que le Président de la République eut abdiqué ses prérogatives en faveur des partis de la Troïka, en particulier du parti « Ennahdha », qui a entravé la création de la HAICA, en écartant les candidats connus par leur compétence et leur indépendance d’esprit et de caractère, et en proposant à leur place des personnes fidèles et dévouées ou qui n’ont jamais brillé par leurs positions en faveur de la liberté de la presse.</p>
<p lang="fr-FR">5- La multiplication des agressions contre les journalistes dont certains ont reçu des menaces de mort, dans l’indifférence des autorités publiques et leur incapacité à les protéger et à arrêter leurs agresseurs qui profitent de l’impunité totale, outre les poursuites judiciaires engagées contre les professionnels des médias, sur la base du code pénal au lieu du décret-loi N°115.</p>
<p lang="fr-FR">Les associations signataires du présent appel mettent en garde contre la gravité de la situation et contre les menaces qui guettent la liberté d’expression. Elles appellent l’opinion publique ainsi que tous les hommes et toutes les femmes libres à faire face aux tentatives visant à étouffer la liberté de presse et d’expression, le principal acquis réalisé depuis la révolution et sans lequel la Tunisie n’a aucune chance d’accomplir une transition démocratique réelle.</p>
<p lang="fr-FR">Le 25 avril 2013</p>
<p>- Ligue Tunisienne de défense des droits de l’Homme (LTDH)<br />
- Syndicat National des Journalistes Tunisiens (SNJT)<br />
- Association « Yakadha » (Vigilance)pour la démocratie et l’État civique<br />
- Syndicat Général de la Culture et de l’Information relevant de l’UGTT<br />
- Syndicat Tunisien de la Presse Indépendante et de la presse des Partis (STPIP)<br />
- Syndicat Tunisien des Radios Libres (STRL)</p>
<h2>Soutien à l’intellectuel et militant amazigh Ahmed Aassid</h2>
<p align="JUSTIFY">Nous venons d’apprendre à FORSEM [<span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;">Forum de Solidarité Euro-Méditerraneénne]</span> que notre ami Ahmed Aassid - membre de l&#8217;Observatoire amazigh des droits et libertés, qui a récemment donné, à notre invitation, une conférence sur l’actualité marocaine le 15 mars à l’École normale supérieure de Lyon, après avoir donné une brillante conférence cette semaine à l’occasion du congrès de l’Association marocaine des Droits Humains (AMDH) où des groupes intégristes l’ont accusé à tort d’avoir insulté et traité le prophète de terroriste - aujourd’hui fait l&#8217;objet de menaces et d’intimidations. Son courage civique et intellectuel mérite d’être salué.<span style="font-family: arial,helvetica,sans-serif;"><br />
Ahmed Aassid, que nous tenons en grande estime, est un intellectuel, chercheur  universitaire, écrivain connu pour sa finesse, sa courtoisie et son respect de l’autre. C’est un intellectuel de renom et nous avons le plus grand respect pour ses travaux.<br />
Nous connaissons bien Ahmed Aassid en tant que militant et écrivain et nous pouvons affirmer que l’accusation dont il est l’objet est dénuée de tout fondement ; son seul tort aux yeux de ces accusateurs – mais pour nous son plus grand mérite - est d’être un esprit libre et critique des idées intégristes et extrémistes.<br />
Nous espérons que l’acharnement des salafistes dans la persécution d’Ahmed Aassid sera contrecarré par une mobilisation générale des composantes de la société civile et politique marocaine et bien au-delà. Les pouvoirs publics doivent assumer leur responsabilité en assurant sa sécurité.<br />
FORSEM appelle de ses vœux qu’en France et en Europe, une chaîne de solidarité avec l’écrivain se mettra sans délai en place pour que la liberté de pensée triomphe sur la pensée unique et obscurantiste partout dans le monde.<br />
En ces moments difficiles qu’il traverse, FORSEM tient à lui affirmer toute sa solidarité, et nous voulons croire à un réveil de la société et de la justice marocaine pour que tels agissements ne se reproduisent plus. Il est inconcevable que des voix minoritaires, aussi bruyantes et agressives soient-elles, viennent à bout des avancées démocratiques au Maroc grâce justement aux luttes menées depuis si longtemps par des militants, intellectuels, artistes, journalistes… militants et universitaires à l’exemple de Ahmed Aassid.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><a href="mailto:zharir@forsem.fr" target="_blank">Contact : zharir@forsem.fr</a></p>
<div style='clear:both'></div>]]></content:encoded>
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		<title>La direction nationale de la CFDT pousse dehors son coordonnateur Sanofi</title>
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		<pubDate>Tue, 30 Apr 2013 12:51:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bernard Teper</dc:creator>
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		<description><![CDATA[La CFDT reste cohérente avec sa nouvelle ligne stratégique. Son alliance stratégique avec le Medef l&#8217;entraîne à faire la chasse aux responsables locaux &#8220;coupables&#8221; de manifester contre la loi du Medef avec la CGT. La direction confédérale, droit dans ses bottes, visait particulièrement Pascal Vially, coordonnateur CFDT chez Sanofi, l&#8217;entreprise spécialiste des licenciements boursiers (voir [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>La CFDT reste cohérente avec sa nouvelle ligne stratégique. Son alliance stratégique avec le Medef l&#8217;entraîne à faire la chasse aux responsables locaux &#8220;coupables&#8221; de manifester contre la loi du Medef avec la CGT. La direction confédérale, droit dans ses bottes, visait particulièrement Pascal Vially, coordonnateur CFDT chez Sanofi, l&#8217;entreprise spécialiste des licenciements boursiers (voir la vidéo que Respublica a effectué avec Laurent Ziegelmeyer, responsable CGT de la même entreprise, en octobtre 2012 <a href="http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/sanofi/5054">http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/sanofi/5054</a> ). Véronique Pamiès, déléguée CFDT de Sanofi Lyon avait lancé avec d&#8217;autres camarades une pétition pour soutenir Pascal Vially. La direction confédérale lui a alors retirée son mandat syndical. Anticipant son tour, Pascal Vially démissionne de la CFDT et retourne travailler sur un poste de travail Sanofi. Voici quelques phrases significatives de la longue lettre expliquant son geste :</p>
<blockquote><p>En préambule je souhaite rappeler que contrairement aux idées reçues véhiculées par les structures CFDT  je suis personnellement très attaché à la culture du dialogue et de la négociation chers à la CFDT. J’en apporte pour preuve si besoin était, le nombre très élevé d’accords que j’ai pu signer, chaque fois à l’issue d’un processus démocratique de prise de décision collective des équipes CFDT concernées&#8230;</p></blockquote>
<blockquote><p>Tout a changé lorsque la nouvelle Direction de Sanofi est arrivée, en 2009, avec de nouveaux objectifs et de nouvelles méthodes&#8230;.</p></blockquote>
<blockquote><p>Ce que j’ai vu ces derniers mois dépasse l’entendement et mérite que l’on s’attarde. Le 11 juin 2012, le Secrétaire Général de la FCE-CFDT m’appelle pour me dire qu’une réunion va avoir lieu en toute confidentialité, entre la Direction Sanofi, la confédération CFDT en la personne de son secrétaire général F. Chérèque, et la fédération en sa propre personne, et me demande de lui transmettre un bilan de la situation chez Sanofi. Je lui adresse en réponse le travail réalisé en intersyndicale Sanofi, qui a été envoyé dans la foulée à différents ministères car nous anticipions à l’époque une annonce imminente de nouveau plan de restructuration à visée financière. Je lui précise être en désaccord avec la méthode : une réunion secrète au plus haut en amont des annonces, en dehors du cadre légal de négociation et des instances représentatives du personnel, qui laisse le doute sur la possibilité d’accords cachés, et je lui demande la possibilité d’évoquer cette réunion et son contenu en toute transparence avec les équipes CFDT, ce qui m’est refusé.</p></blockquote>
<blockquote><p>Le 29 juin 2012, le Secrétaire général de la FCE-CFDT me &#8230; donne les consignes suivantes : « Ne pas faire d’intersyndicale avec la CGT, ne pas agiter les chiffons rouges, ne pas faire trop de bruit dans les medias, et le message à retenir est le suivant : ce plan permet de sauvegarder la recherche en France, et la compétitivité de Sanofi.</p></blockquote>
<blockquote><p>l’intersyndicale (de Sanofi, NDLR) évaluera le nombre réel de suppressions de postes à environ 2000, alors que le groupe réalise des milliards d’euros de bénéfices, et confirmera l’analyse selon laquelle ce plan est uniquement financier dans le cadre d’un plan d’économies drastiques et d’une augmentation de la proportion des bénéfices remontée aux actionnaires sous formes de dividendes. L’intersyndicale dénonce l’externalisation de la R&amp;D et des fonctions support, les délocalisations de vaccins, la désorganisation, la financiarisation…   Au vu de ces faits, le comité de liaison CFDT Sanofi (composé de 16 représentants nationaux de la CFDT Sanofi) a décidé dès le départ à l’unanimité de combattre fermement ce plan au sein d’une intersyndicale qui regroupera les 5 organisations syndicales représentatives au niveau national, plus Sud qui est notamment bien représenté à Toulouse. Contrairement aux consignes données par notre fédération, la CFDT Sanofi s’investit fortement dans une mobilisation sans précédent à l’échelle du Groupe, toutes décisions validées au préalable démocratiquement, dans un contexte très fortement médiatisé dont je deviens personnellement l’une des figures au sein de Sanofi avec plusieurs prestations télévisées, et multiplie les interventions auprès des politiques pour solliciter leur intervention et leur soutien (élus locaux, maires, députés et sénateurs, ministères, Elysée…) avec en points d’orgue des auditions auprès de l’Assemblée Nationale et du Sénat et plusieurs échanges avec M. Montebourg.   Dans toutes nos actions, la CFDT s’est faite le relai d’une exigence de retrait d’un plan social dévastateur, inefficace et motivé par les seuls impératifs financiers, et d’une demande de loi contre les licenciements dans les groupes qui font de larges bénéfices. A l’inverse, la confédération CFDT, qui a brillé par son absence comme toutes les autres confédérations dans toutes nos manifestations, a multiplié des interventions médiatiques (dès le 6/07/2012 !) visant à minorer l’impact social de ce plan, à justifier sa nécessité, et à refuser toute législation contre les licenciements financiers. Et pour cause ! La confédération CFDT s’était engagée dans une tout autre orientation dans le cadre de la conférence sociale, qui allait accoucher d’un ANI qui va plutôt dans le sens d’une plus grande souplesse des licenciements économiques…</p></blockquote>
<blockquote><p>&#8230; Un débat interne dans la CFDT Sanofi a confirmé ce que nos adhérents et militants de terrain pensent de cet ANI : deux tiers des sections donnent un avis négatif&#8230;</p></blockquote>
<blockquote><p>&#8230;le constat pour nombre de militants de ces entreprises, est qu’aucune confédération syndicale ne souhaite organiser vraiment une convergence de toutes les manifestations contre les licenciements financiers.</p></blockquote>
<blockquote><p>Dernier point en date : j’ai eu confirmation de la bouche de la Direction Sanofi, d’une rumeur qui m’était revenue aux oreilles. Dans le cadre des mesures d’accompagnement du plan de restructuration, figure un volet qui permet à des seniors de partir travailler pour des associations tout en étant payés par Sanofi. Il est aujourd’hui clairement établi que les Organisations Syndicales pourront bénéficier de cette mesure, en accueillant de nouveaux permanents syndicaux dans les structures syndicales, payés par Sanofi, grâce au plan social : n’y a-t-il pas là un conflit d’intérêt évident ?</p></blockquote>
<p>N&#8217;est-ce pas une triste histoire de voir des militants sincères, utilisant l&#8217;argumentation, le débat, la démocratie, pour faire leur travail syndical se faire malmener par une organisation syndicale défendant de façon opaque d&#8217;autres intérêts dans une culture de soumission exclusivement descendante?<br />
Malheureusement, beaucoup d&#8217;organisations politiques, syndicales, associatives ou mutualistes sont dans ce même déni de démocratie.<br />
Notre conviction est que cette affaire ne doit pas seulement amener de la compassion pour les militants incriminés mais faire réfléchir l&#8217;ensemble du mouvement social et politique. Notre conviction est que parmi, les ruptures nécessaires pour mener la transformation sociale et politique, la rupture démocratique est la première des ruptures nécessaires. Cette rupture doit être fait dans le champ politique, le champ social et dans l&#8217;entreprise. Mais la crédibilité des organisations qui le disent n&#8217;existera que si elles commencent par l&#8217;appliquer dans leur propre organisation. Et on en est loin ! Voilà pourquoi les conférenciers de Respublica et du Réseau Éducation Populaire font une large place à l&#8217;enjeu démocratique.</p>
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			<item>
		<title>Deux films sur le conflit israélo-palestinien</title>
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		<pubDate>Tue, 30 Apr 2013 12:38:05 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Jean Rabinovici</dc:creator>
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		<description><![CDATA[A voir, l&#8217;un sur grand écran et l&#8217;autre chez vous.
En France le film documentaire a de plus en plus de public. A commencer dans le milieu cinéphilique. Des festivals entièrement consacrés aux documentaires comme ceux de Lussas, de Marseille et le Cinéma du Réel de Paris ont joué un rôle important dans la multiplication d&#8217;événements [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>A voir, l&#8217;un sur grand écran et l&#8217;autre chez vous.</p>
<p>En France le film documentaire a de plus en plus de public. A commencer dans le milieu cinéphilique. Des festivals entièrement consacrés aux documentaires comme ceux de Lussas, de Marseille et le Cinéma du Réel de Paris ont joué un rôle important dans la multiplication d&#8217;événements de ce type à travers l&#8217;hexagone.<br />
Les tensions internationales comme celles du Moyen-Orient ont amené les cinéastes à apporter leurs témoignages, leurs prises de position. C&#8217;est le cas avec deux films qui en ce début d&#8217;année 2013 se sont vus « nominés » aux Oscars d&#8217;Hollywood et qui abordaient de deux manières différentes le conflit israélo-arabe. Même s&#8217;ils n&#8217;ont pas emporté la célèbre statuette dans leur catégorie, on a beaucoup parlé d&#8217;eux.</p>
<p>1/ Primé au Festival International de la Production Audiovisuelle (le FIPA) de Biarritz de cette année en tant que reportage, <em>The Gatekeepers</em> est constitué des ix entretiens d&#8217;anciens responsables du Shin Beth, le service de renseignement et d&#8217;action d&#8217;Israël. Dror Moreh, réalisateur israélien de ce film, sans faire un réquisitoire montre la convergence de ces hommes qui font chacun de leur côté un bilan négatif de leur action.Le recrutement d&#8217;indicateurs, les interrogatoires, la torture, les frappes ciblées et les dommages collatéraux: depuis plus de 30 ans, Israël s&#8217;emploie à renforcer sa sécurité par des méthodes suscitant toujours plus de haine et de vengeance.<br />
Un événement a marqué ces six hommes : l&#8217;assassinat du premier ministre Itzhak Rabin en 1995. Il révèle non seulement le laxisme des autorités face à l&#8217;extrémisme juif mais tue littéralement leur seul espoir de paix. « Nous sommes devenus cruels envers la population que nous contrôlons sous prétexte de lutter contre le terrorisme », affirme l&#8217;un d&#8217;eux.<br />
Et pour ces anciens du Shin Beth, Itzhak Rabin aura été le seul des premiers ministres israéliens à s&#8217;intéresser au peuple palestinien et à envisager véritablement la mise en place d&#8217;un Etat à part entière.</p>
<p>2/ L&#8217;autre film, <em>Cinq Caméras brisées</em>, est très original de par sa forme et sa co-réalisation. Avant tout il y a cette somme d&#8217;images du célèbre village de Bil&#8217;in de la Cisjordanie occupée, proche de Ramallah, qu&#8217;un jeune Palestinien, Emad Burnat passionné de vidéo a engrangé tout au long de cinq années passant des vidéos familiales à une relation cinématographique de la vie de son village. Car Bil&#8217;in a été le lieu privilégié d&#8217;une lutte non violente contre l&#8217;occupation israélienne et contre la politique de séparation entre Israéliens et Palestiniens au moyen de murs sophistiqués et accapareurs de parts de territoires du futur Etat de Palestine.<br />
D&#8217;où une coréalisation déjà rendue nécessaire par le fait qu&#8217;il fallait filmer Emad dans sa vie à la fois familiale et de chroniqueur permanent de cette lutte non-violente, toujours au premier rang, aux côtés de ceux de Bil&#8217;in qui seront souvent blessés et parfois tués par les forces de répression israéliennes avec leurs gaz lacrymogènes, balles en caoutchouc et aussi réelles tirées par les jeunes recrues israéliennes. Ce fut l&#8217;un des rôles de Guy Davidi, cinéaste israélien qui travailla aussi aux côtés d&#8217;Emad pour monter ce film qui s&#8217;impose pour ses qualités cinématographiques. Pas étonnant qu&#8217;il ait reçu rapidement des prix dans des festivals à travers le monde comme ceux de Sundance aux USA et d&#8217;Amsterdam et de se retrouver nominés dans la finale des Oscars de cette année avec le film de Dror Moreh.</p>
<p>On peut encore voir les <em>Cinq Caméras brisées</em> à Paris dans des salles comme l&#8217;Espace Saint-Michel ou la Clef et dans des salles de l&#8217;Hexagone. Alors ne manquez pas ce film en salles et aussi le DVD de<em> The Gatekeepers</em> qui, lui déjà diffusé sur ARTE, sortira prochainement dans le commerce. Mais il faudra un peu de patience pour ce dernier.</p>
<p>NOTE</p>
<ul>
<li>Pour <em>The Gatekeepers</em> de Dror Moreh, il faut aller sur le site d&#8217;ARTE. Fr et sur VOD.Arte. L&#8217;annonce de la possibilité de revoir ce documentaire, annoncée prochainement, vous précise que vous serez averti sur votre adresse mail. Un DVD devrait être ensuite mis en vente par ARTE.</li>
</ul>
<ul>
<li><em>Cinq caméras brisées</em>, film coréalisé par Emad Burnat et Guy Davidi, est sorti en France le mercredi 20 février 2013en partenariat avec Le Monde, Courrier international, Le blog documentaire,Le Monde libertaire. Et avec le soutien des organisations suivantes : AFPS (Association France Palestine Solidarité), Attac, CVPR-PO (Comité de Vigilance pour une Paix Réelle au Proche Orient), FIDH, LDH, Plateforme des ONG pour la Palestine, UJFP (Union Juive Française pour la Paix). Pour la diffusion dans les salles du film, prendre contact avec Philippe Hagué (Zeugma Films) : <a href="mailto:philippe.hague@gmail.com">philippe.hague@gmail.com</a></li>
</ul>
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		<title>De pire en pire</title>
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		<pubDate>Tue, 30 Apr 2013 12:09:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Évariste </dc:creator>
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		<description><![CDATA[Commençons par une bonne nouvelle : le mariage pour tous est passé ! Mais nous avons vu ce dont était capable la réaction : la connivence droite-extrême droite, la complaisance avec la violence des milices d&#8217;extrême droite, notamment religieuses. Ne nous y trompons pas : l&#8217;opposition au mariage pour tous est une première étape du rassemblement réactionnaire dans un [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Commençons par une bonne nouvelle : le mariage pour tous est passé ! Mais nous avons vu ce dont était capable la réaction : la connivence droite-extrême droite, la complaisance avec la violence des milices d&#8217;extrême droite, notamment religieuses. Ne nous y trompons pas : l&#8217;opposition au mariage pour tous est une première étape du rassemblement réactionnaire dans un pays où la gauche est minoritaire. Nous rappelons notre analyse du premier tour de la présidentielle de 2012 qui montre la gauche largement minoritaire et comment la victoire de François Hollande n&#8217;a été possible que parce la gauche s&#8217;est rassemblée et que les droites sont restés divisées.<span id="more-6497"></span><br />
Malheureusement, François Hollande n&#8217;a pas eu la stratégie voulue pour maintenir et développer le rassemblement de la gauche qui s&#8217;était réalisé au deuxième tour de la présidentielle. Pire, il a décidé un virage à droite en appliquant la politique du Medef, qui n&#8217;en demandait pas tant. Appliquant à la lettre la stratégie du club Terra Nova d&#8217;abandon des couches populaires ouvriers et employés (53 % de la population), il parie sur le fait que ces couches continueront à s&#8217;abstenir massivement (l&#8217;abstention est le premier choix de ces couches sociales loin devant les choix - dans l&#8217;ordre -FN, PS, UMP et Front de gauche en 5<sup>e</sup> position). Il parie sur la sur-mobilisation des couches moyennes intermédiaires (24 % de la population) et des cadres salariés (15 %). Mais cette stratégie présidentielle produit la désespérance et favorise la droite et l&#8217;extrême droite comme l&#8217;a montré l&#8217;élection partielle de l&#8217;Oise en mars 2013<sup><a href="http://www.gaucherepublicaine.org/chronique-devariste/de-pire-en-pire/6497#footnote_0_6497" id="identifier_0_6497" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Nous l&#039;avons &eacute;crit pr&eacute;c&eacute;demment&nbsp;: Alors que la candidate socialiste a presque fait jeu &eacute;gal en juin 2012 en perdant que de 63 voix au deuxi&egrave;me tour, elle a subi le syndrome jospinien de 2002&nbsp;: elle est &eacute;limin&eacute;e d&egrave;s le premier tour au profit du Front national. Mais cette fois-ci ce dernier fait presque jeu &eacute;gal avec la droite au deuxi&egrave;me tour malgr&eacute; le soutien du PS au candidat UMP. Le candidat du Front de Gauche perd des voix tout en augmentant l&eacute;g&egrave;rement en pourcentage (+1,4&nbsp;% pour finir &agrave; 6,4&nbsp;%). ">1</a></sup>.<br />
François Hollande décide même de malmener la gauche de gauche. Il a donné 5 mois à la réaction pour mobiliser contre le mariage pour tous mais seulement trois semaines à la gauche de gauche pour déployer sa mobilisation tant sur le traité budgétaire que sur la « loi Medef » sur la sécurisation des licenciements. Celle-ci est donc obligé de se rebiffer. L&#8217;aile gauche du PS renâcle et Gérard Filoche, qui s&#8217;est bien battu contre la loi Medef sur la sécurisation des licenciements, a même été demandé comme conférencier par des assemblées citoyennes du Front de gauche ! Le Front de gauche décide de manifester le 5 mai pour la VI<sup>e</sup> République pour exprimer son ras le bol de la stratégie de François Hollande. Il sera rejoint par une minorité de militants d&#8217;EELV-les Verts.</p>
<p>Car sur le plan économique et social, c&#8217;est de pire en pire. Le numéro de 117 de Respublica a montré <a href="http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/comprendre-a-travers-lactualite-comment-loligarchie-veut-reformer-la-protection-sociale/6372" target="_blank">l&#8217;attaque en règle de la protection sociale </a>par l&#8217;ordolibéralisme au pouvoir.<br />
L&#8217;oligarchie capitaliste a d&#8217;abord tenté de régler la crise du capitalisme (baisse du taux de profit dans l&#8217;économie réelle) par le développement de la spéculation internationale. Puis, elle a réussi à enrayer l&#8217;écroulement bancaire et financier privé en faisant appel à l&#8217;argent public contrôlé par les amis des oligarques à la tête des États. La dette publique, déjà mise à mal par les cadeaux fiscaux aux rentiers et aux revenus des couches aisées et riches, s&#8217;est alourdie en venant sauver les institutions bancaires et financières internationales. Alors, pour financer la dette publique, les oligarques ont décidé que ce sont les salariés des couches populaires et des couches moyennes intermédiaires qui paieront la note via les politiques d&#8217;austérité. Ces politiques d&#8217;austérité basées sur la baisse des dépenses publiques ont comme conséquence de diminuer les recettes fiscales des États d&#8217;un montant supérieur à la baisse des dépenses publiques. L&#8217;effet multiplicateur joue à fond et oblige les oligarques à redoubler d&#8217;intégrisme dogmatique en demandant un nouveau tour de vis austéritaire.</p>
<p>Cette évolution touche la majorité des pays de la zone euro puisque nous savons aujourd&#8217;hui qu&#8217;entre mars 2011et septembre 2012, la dette de la zone euro a augmenté de 86 à 90 % et que les capacités de production baissent dans la plupart des pays européens.<br />
Il est à noter que nous voyons de plus en plus l&#8217;intégrisme ordolibéral européen (version extrémisée du néolibéralisme mondial) verser dans la spirale austéritaire alors que les politiques des Etats-Unis, du Japon et des BRICS (pays émergents) sont moins extrémistes.<br />
Il n&#8217;en faut pas moins aux économistes dits atterrés néo-keynésiens pour en appeler à une relance globale salariale et budgétaire.<sup><a href="http://www.gaucherepublicaine.org/chronique-devariste/de-pire-en-pire/6497#footnote_1_6497" id="identifier_1_6497" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Comme l&#039;a analys&eacute; Michel Zerbato, le keyn&eacute;sianisme, qui tint le haut du pav&eacute; pendant les 30 glorieuses puis fut tant d&eacute;cri&eacute;, retrouve du lustre parce que ses m&eacute;canismes globaux de base, bien que sch&eacute;matiques, restent fonctionnels&nbsp;: l&rsquo;aust&eacute;rit&eacute; p&egrave;se sur une demande d&eacute;j&agrave; atone et conduit in&eacute;luctablement &agrave; la r&eacute;cession puis &agrave; la d&eacute;flation, au ch&ocirc;mage et &agrave; la mis&egrave;re&nbsp;; sa g&eacute;n&eacute;ralisation enclenche alors une spirale d&eacute;flationniste (baisse des prix et hausse du ch&ocirc;mage) car l&rsquo;aust&eacute;rit&eacute; des uns ferme les d&eacute;bouch&eacute;s des autres.">2</a></sup> Comme s&#8217;il suffisait de le dire pour le faire ! Pour que cela marche (car une relance simple favoriserait principalement les pays industriels excédentaires), il faudrait allier la relance à une énorme augmentation de la demande des pays excédentaires (tels l&#8217;Allemagne), avec un néo-protectionnisme, etc.<br />
Comme si l&#8217;Allemagne allait accepter de payer et comme si l&#8217;oligarchie allait faire ce cadeau au peuple. Alors pour l&#8217;instant, l&#8217;austérité ne permet pas de résoudre la crise, soit, mais continue à financer l&#8217;oligarchie. C&#8217;est tout ce qu&#8217;elle demande !<br />
Nos néo-keynésiens oublient le moteur de l&#8217;histoire : la lutte des classes. L&#8217;oligarchie ne se laissera pas déloger par une stratégie « bisounours », elle n&#8217;écoutera pas plus les donneurs de conseils qui n&#8217;ont ni le pouvoir ni l&#8217;influence.</p>
<p>D&#8217;autres plus hardis nous décrivent le bout du chemin auquel ils nous convient mais sans nous dire quel chemin on doit emprunter pour arriver à cet éden ! Désobéissance européenne, réquisition de la banque de France, cotisation économique, soit, mais avec quelle majorité ? Quel soutien populaire ? Avec quelle bataille pour l&#8217;hégémonie culturelle ? Et avec quelle pratique sociale pour obtenir ce Graal ? Comment obtenir le soutien des couches populaires ouvriers et employés pour faire alliance avec les couches moyennes intermédiaires ?<br />
Pour nous, le chemin est aussi important que le bout du chemin. Notre chemin, ce sont les luttes sociales des salariés et l&#8217;éducation populaire que nous sommes capables de produire dans ce cadre. Le reste, c&#8217;est pour la société du spectacle !<br />
N&#8217;hésitez pas à demander les conférenciers de Respublica  et du <a href="http://www.reseaueducationpopulaire.info" target="_blank">Réseau Education Populaire</a> pour en débattre !</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_6497" class="footnote">Nous l&#8217;avons écrit précédemment : <em>Alors que la candidate socialiste a presque fait jeu égal en juin 2012 en perdant que de 63 voix au deuxième tour, elle a subi le syndrome jospinien de 2002 : elle est éliminée dès le premier tour au profit du Front national. Mais cette fois-ci ce dernier fait presque jeu égal avec la droite au deuxième tour malgré le soutien du PS au candidat UMP. Le candidat du Front de Gauche perd des voix tout en augmentant légèrement en pourcentage (+1,4 % pour finir à 6,4 %).</em> </li><li id="footnote_1_6497" class="footnote">Comme l&#8217;a analysé Michel Zerbato, le keynésianisme, qui tint le haut du pavé pendant les 30 glorieuses puis fut tant décrié, retrouve du lustre parce que ses mécanismes globaux de base, bien que schématiques, restent fonctionnels : l’austérité pèse sur une demande déjà atone et conduit inéluctablement à la récession puis à la déflation, au chômage et à la misère ; sa généralisation enclenche alors une spirale déflationniste (baisse des prix et hausse du chômage) car l’austérité des uns ferme les débouchés des autres.</li></ol><div style='clear:both'></div>]]></content:encoded>
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		<title>Intervention et politiques des puissances impérialistes en Syrie :  le cas francais</title>
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		<pubDate>Thu, 25 Apr 2013 15:25:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Alain Billon</dc:creator>
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		<description><![CDATA[NDLR – L&#8217;auteur insiste sur le manque de cohérence (de « logique ») entre les positions françaises en matière d&#8217;intervention en Syrie et au Mali. De fait, dans l&#8217;un et l&#8217;autre cas, des intérêts stratégiques et économiques peuvent soit freiner la volonté de lutter contre l&#8217;islamisme, soit la conforter.
Sa condamnation de l&#8217;intervention française au Sahel ne fait [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>NDLR – L&#8217;auteur insiste sur le manque de cohérence (de « logique ») entre les positions françaises en matière d&#8217;intervention en Syrie et au Mali. De fait, dans l&#8217;un et l&#8217;autre cas, des intérêts stratégiques et économiques peuvent soit freiner la volonté de lutter contre l&#8217;islamisme, soit la conforter.</em><br />
<em>Sa condamnation de l&#8217;intervention française au Sahel ne fait cependant pas l&#8217;unanimité au sein de la Rédaction de ReSpublica comme en témoigne <a href="http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/mali-algerie-sahel-sortir-de-la-confusion-entretenue/5781">un précédent article. </a>Un « coup d&#8217;arrêt » militaire à portée de main n&#8217;était pas à négliger, même si à terme il ne règle rien en l&#8217;absence d&#8217;une remise en cause des politiques néolibérales dans la région. </em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p lang="fr-FR" align="JUSTIFY">La France a joué et joue encore un rôle important depuis le début du soulèvement populaire en Syrie, qui peut surprendre. A priori, beaucoup d’éléments auraient dû pousser ses dirigeants à une grande prudence, notamment son désengagement relatif et celui de l’Union européenne vis-à-vis de « l’Orient compliqué » (comme disait le Général de Gaulle), et ses moyens très affaiblis, en cette période de crise et d’austérité. Or, elle a délibérément fait le choix d’une attitude  « en pointe » sur ce dossier, parmi les pays les plus engagés dans une politique interventionniste de gardien de l’ordre néo-libéral imposé d’abord par les Etats-Unis.<br />
Quels sont les ressorts de cette attitude ? Nous tenterons de formuler quelques hypothèses sur cette question.<br />
Un rapprochement avec l’engagement actuel de la France au Mali, s’il n’est pas au cœur du sujet, pourra être esquissé. Lui aussi peut apporter quelques lumières….</p>
<h2 lang="fr-FR" align="JUSTIFY"><span id="more-6456"></span>1. L’héritage du Mandat français en Syrie</h2>
<p lang="fr-FR" align="JUSTIFY">Au lendemain de la Première guerre mondiale, en vertu des accords Sykes-Picot, la France est imposée aux Syriens comme puissance mandataire, en dépit de la très forte opposition nationaliste qui les anime. La période mandataire sera une période très troublée, où le contraste sera extrême entre le développement économique, social et culturel de la Syrie, où la France imprimera durablement son empreinte, et la tutelle politique qu’elle exercera avec brutalité, réprimant constamment le sentiment nationaliste et la volonté d’indépendance de la majorité de la population, jusqu’à ce que cette indépendance lui soit définitivement arrachée de force en 1946. Cette tutelle répressive et fondamentalement hostile au nationalisme arabe, s’est constamment accompagnée d’une politique favorable aux minorités (chrétiennes, alaouite, druze) et aux amputations de la Grande Syrie (création du Grand Liban, cession du Sanjak d’Alexandrette, tentatives de morcellement en « Etats » rivaux d’Alep, de Damas, du pays alaouite, de la montagne druze…) dont le souvenir reste vivace, et a pesé sur l’histoire de la Syrie de l’après-guerre jusqu’à aujourd’hui.</p>
<h2 lang="fr-FR" align="JUSTIFY">2. Les relations complexes de la seconde après-guerre entre la France et la Syrie.</h2>
<p lang="fr-FR" align="JUSTIFY">Cet héritage ambivalent de la période mandataire se fera sentir tout au long des décennies qui suivront, et il s’inscrit d’abord dans l’hostilité fondamentale et profonde marquée par la France vis-à-vis de l’essor du nationalisme arabe au Levant comme au Maghreb, et identifié comme une menace mortelle contre son « pré carré » colonial, puis également dans l’installation pérenne du conflit israélo-palestinien dans la région du Proche-Orient. Ainsi les relations diplomatiques sont rompues à la suite de la crise du canal de Suez en 1956. Les relations seront rétablies en 1961 après l’épisode de la République Arabe Unie, et se développent dans le cadre de la « politique arabe » voulue par le général de Gaulle et poursuivie par ses successeurs, Georges Pompidou (89-94) et Valéry Giscard d’Estaing (74-81). Mais elles se tendent à nouveau lors de la guerre civile au Liban. On a pu dire que «<em> la politique syrienne de la France a toujours été commandée par les intérêts de la France au Liban</em> » (Caroline Donati) : après avoir approuvé l’intervention syrienne dans le cadre de la Force arabe de dissuasion en 1976, la France critique son ingérence, notamment du fait de son alliance avec la République islamique d’Iran. La vision des intérêts géostratégiques de la France dans le monde arabo-musulman se dilue peu à peu dans la période qui suit, sans jamais disparaître totalement. C’est l’islam religieux, sociologique, politique, qui opère son grand retour en France même, comme un facteur nouveau de déstabilisation potentielle, alors qu’une grande partie de la mémoire ancienne (administrative, culturelle, savante) à son sujet a disparu.</p>
<p lang="fr-FR" align="JUSTIFY">La « menace » potentielle apparaît aussi bien intérieure, avec la réislamisation des banlieues, qu’extérieure : l’ambassadeur de France au Liban est assassiné le 04/09/81 et les soupçons désignent la Syrie. L’élection de Jacques Chirac à la présidence de la République est marquée par une nouvelle tentative de rapprochement entre la France et la Syrie. Chirac sera le seul chef d’Etat occidental à assister aux obsèques de Hafez el Assad en 2000.</p>
<p lang="fr-FR" align="JUSTIFY">L’attentat du World Trade Center en 2001 lance les USA dans leur croisade contre le « Mal » (lutte contre le terrorisme d’Al Quaïda et de ses alliés supposés, guerre en Afghanistan, 2<sup>e</sup> guerre du Golfe, projets pour le remodelage complet d’un Grand Moyen-Orient, etc… Avec la déroute finale du nationalisme arabe, la politique arabe de la France n’est plus qu’un souvenir, et pour l’essentiel, la singularité française dans ce domaine fait place à la normalisation, pour sauvegarder ce qui peut l’être du « pré carré » et garder un rang de sous-traitant majeur au sein de l’ordre mondial néo-libéral qui s’installe. Entre la Syrie et la France, la tension revient avec les affaires libanaises, et culmine avec l’assassinat du Premier ministre Rafiq Hariri en 2005, ami proche du président de la République. La normalisation interviendra après l’élection de Nicolas Sarkozy, à la suite de l’accord de Doha en 2008, qui entraîne le départ définitif des soldats syriens du Liban. Ce changement entraîne une succession de contacts et de visites bilatérales initiées par Bachar el Assad à l’occasion du sommet de l’UPM le 13/08/2008 et celle de Nicolas Sarkozy le 03/09/2008. Ce dernier tentera de faire entrer la Syrie dans son jeu méditerranéen et proche-oriental, pour être à son tour déçu, considérer le régime comme irrécupérable et donc se montrer fort peu favorable à son soutien, quand s’annonceront les soulèvements populaires du « printemps arabe ».</p>
<h2 lang="fr-FR" align="JUSTIFY">3. Le positionnement de la France face au « printemps arabe »</h2>
<p lang="fr-FR" align="JUSTIFY">Quand s’achève la première décennie du XXI<sup>e</sup> siècle, la France qui a pour l’essentiel abdiqué sa singularité face au leadership américain, demeure une puissance qui garde de fortes relations avec le monde arabo-musulman, relations imprégnées d’un néo-colonialisme très classique. Plus intensément que la plupart des autres Etats européens, du fait de son passé colonial, elle gère sans trop de complexes ses relations avec les diverses variétés de pouvoirs autocratiques (monarchies, dictatures) de cette région de la périphérie asservie du capitalisme globalisé.</p>
<p lang="fr-FR" align="JUSTIFY">Dans ces conditions, le « printemps arabe » qui prend naissance en Tunisie à la fin de décembre 2010, saisit totalement la France au dépourvu. Devant le soulèvement qui emporte le régime du dictateur Ben Ali en trois semaines au cri devenu mythique de « dégage ! », le flottement des autorités françaises est total : Mme Alliot-Marie, ministre de la Défense, elle-même déjà affaiblie par le soupçon d’avoir bénéficié de diverses faveurs de la part de l’entourage de Ben Ali, offre à son régime aux abois le savoir-faire de la France en matière de maintien de l’ordre… Le contraste avec la réactivité des Etats-Unis est saisissant : eux circonviennent prestement le général Rachid Ammar qui organise le départ de Ben Ali en Arabie Saoudite  ; par ailleurs, les contacts réguliers sont réactivés et amplifiés avec Ennahda.</p>
<p lang="fr-FR" align="JUSTIFY">Mais à partir du 25 février, la révolution égyptienne qui éclate après la tunisienne constitue un signal sans ambiguïté pour la France : l’immobilisme n’est plus de mise. Il lui faudra désormais composer avec ces mouvements populaires inédits, et s’adapter à cette situation nouvelle. Mais comment ? La réponse sera, hélas, en composant avec l’Islam politique et les Frères musulmans…</p>
<p lang="fr-FR" align="JUSTIFY">Mais c’est avec l’insurrection libyenne déclenchée dès le 17 février (la 7<sup>e</sup> dans l’ordre de surgissement), que la vague des soulèvements populaires qui parcourt le monde arabe va prendre un cours radicalement nouveau avec l’intervention militaire brutale et cynique des puissances occidentales. La France va y jouer un rôle majeur.</p>
<p lang="fr-FR" align="JUSTIFY">Votée par le Conseil de Sécurité dès le 26/02/11, la résolution 1970 met en place un embargo sur les armes à destination de la Libye. Mais le président Sarkozy est décidé à aller plus loin. Il lance avec le soutien du Royaume-Uni et l’appui de la Ligue arabe (mais contre une majorité d’Etats européens…) une bataille diplomatique au Conseil de Sécurité en vue d’obtenir l’instauration au-dessus de la Libye, une zone d’exclusion aérienne.</p>
<p lang="fr-FR" align="JUSTIFY">Le 10/03/13, convaincu par Bernard Henri Lévy, le président Sarkozy prend l’initiative de recevoir à Paris les représentants du CNT (Conseil national de transition) et est ainsi le premier chef d’Etat à reconnaître officiellement cet organe de l’insurrection libyenne comme seul représentant de la Libye.</p>
<p lang="fr-FR" align="JUSTIFY">La progression des troupes de Kadhafi sur Benghazi est à ce moment telle qu’on peut craindre un massacre de grande ampleur en cas de prise de la ville. Les Etats-Unis se joignent à la France et au Royaume-Uni pour faire voter le 17 mars par le Conseil de Sécurité la résolution 1973 instaurant la zone d’exclusion aérienne au-dessus du territoire libyen et permettant de « <em>prendre toutes les mesures jugées nécessaires pour protéger les populations civiles</em> ».</p>
<p lang="fr-FR" align="JUSTIFY">Hostiles à cette résolution, cinq pays et non des moindres, s’en tiennent à l’abstention : l’Allemagne, le Brésil, l’Inde, la Russie et la Chine. Une coalition de pays occidentaux emmenés par la France, le Royaume-Uni et les USA et comprenant l’Espagne, la Suède, la Pologne, la Belgique, la Grèce, le Danemark et le Canada se forme aussitôt, qui s’adjoint le Qatar décidé à s’affirmer à tout prix sur la scène internationale, et les Emirats arabes unis comme caution arabe  ; au nom d’un concept nouveau : « la responsabilité de protéger ». La Libye n’ayant pas respecté le cessez-le-feu qu’elle avait fait mine d’accepter, les frappes aériennes commencent dès le 19 mars sur une grande échelle. Douze jours plus tard, les opérations de la coalition passent du contrôle des Nations-Unies à celui de l’OTAN, à la grande fureur de la Russie, et de la Chine, qui n’oublieront pas cette duperie… Les opérations ne cesseront que le 20 octobre, avec la mort de Kadhafi.</p>
<h2 lang="fr-FR" align="JUSTIFY">4. Le bilan de la guerre de Libye, ou la nouvelle Boîte de Pandore</h2>
<p lang="fr-FR" align="JUSTIFY">La guerre se solde par la destruction de l’Etat kadhafien, qui fut longtemps un rouage important de la périphérie asservie, par ses missions assumées : contrôle des islamistes, barrage contre les migrants subsahariens, production massive d’hydrocarbures. Il est remplacé par l’anarchie, le règne des bandes armées, la dominance des factions islamistes.</p>
<p lang="fr-FR" align="JUSTIFY">On estime le nombre total des morts de 30 à 50 000. Beaucoup d’infrastructures sont détruites. La reconstruction d’un Etat solide n’est pas pour demain</p>
<p lang="fr-FR" align="JUSTIFY">Le Qatar, qui joue volontiers « à tous les coups l’on gagne », a pris le contrôle de la Libyan Oil Company créée par les insurgés… Les contrats pétroliers en faveur des Occidentaux ont été renégociés dans des termes beaucoup plus avantageux pour eux.</p>
<p lang="fr-FR" align="JUSTIFY">Enfin et surtout, nul ne semble avoir prévu la dispersion des mercenaires subsahariens au service de Kadhafi au Sahara et au Sahel, une véritable Boîte de Pandore, avec de gigantesques quantités d’armes modernes et de munitions… ouvrant la voie à une déstabilisation générale du Sahel.</p>
<p lang="fr-FR" align="JUSTIFY">Entre-temps, un nouveau théâtre de belligérance s’est ouvert en Syrie, où la France se retrouvera parmi les acteurs majeurs.</p>
<h2>5. Le positionnement de la France face au soulèvement syrien</h2>
<p lang="fr-FR" align="JUSTIFY">Bien avant le soulèvement, dans un contexte de refroidissement dans les relations avec la Syrie, la France est en contact suivi avec des membres de l’opposition laïque francophone (Michel Kilo). Beaucoup de ces opposants s’exilent en France, alimentant le discrédit qui touche le régime. L’hostilité déclarée de la Syrie à l’intervention militaire en Libye alourdit encore le climat. Les premières manifestations pacifiques qui commencent sporadiquement à partir du 16 mars sont accueillies favorablement comme un nouvel épisode du printemps arabe, et la violente répression qui s’ensuit est immédiatement condamnée. En conséquence, la France se montre favorable aux sanctions votées par l’UE contre les dignitaires du régime dès le mois de mai. Durant ce temps, la campagne militaire contre le régime de Kadhafi a soudé encore plus la France aux Etats-Unis et l’a rapprochée de leurs positions (notamment quant à la prise en considération de l’islam politique). Tournant délibérément le dos à tout vestige de sa « politique arabe » passée, la France sera donc d’emblée dans une posture interventionniste, mais suiviste, sans vision précise, qui s’accentuera encore après la fin de la campagne libyenne (hâtivement présentée par les alliés comme un grand succès). Mais il apparaîtra rapidement que le schéma libyen n’a aucune chance de se répéter en Syrie.</p>
<p lang="fr-FR" align="JUSTIFY">En effet, si comme en Libye, le régime syrien n’entend aucunement négocier un compromis avec son opposition soulevée, il dispose d’un Etat fort, que soutiennent notamment les minorités alaouites et chrétiennes, et d’une armée solide, bien entraînée et bien équipée. Enfin il dispose d’alliés déterminés : le Hezbollah libanais, la majorité irakienne chiite, et surtout l’Iran, composant l’Arc chiite. Et en appui à celui-ci, la Russie et la Chine, déterminées à ne pas se laisser berner comme avec la résolution 1973, ainsi qu’elles le démontreront avec les trois vetos successifs qu’elles opposeront aux Occidentaux entre octobre 2011 et juillet 2012.</p>
<p lang="fr-FR" align="JUSTIFY">Le mois d’octobre 2011 marque un tournant majeur dans le conflit syrien : outre le premier veto russo-chinois, à l’heure où disparaît Kadhafi, une partie importante de l’opposition a commencé à s’armer et à se structurer en une « Armée syrienne libre ». Or cette ASL va être inspirée, aidée et soutenue par les puissances régionales sunnites, liées à l’islam politique : la Turquie, l’Arabie Saoudite et le Qatar. Pour les pays occidentaux, dont la France, l’aide effective à l’ASL devient une question récurrente, jamais définitivement et officiellement tranchée jusqu’à maintenant<sup><a href="http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/intervention-et-politiques-des-puissances-imperialistes-en-syrie-le-cas-francais/6456#footnote_0_6456" id="identifier_0_6456" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Le 14 mars dernier, Fran&ccedil;ois Hollande, en accord avec le Premier ministre britannique David Cameron, affirmait la volont&eacute; de la France de voir lev&eacute; sans attendre l&rsquo;embargo europ&eacute;en sur les armes &agrave; destination de la Syrie, en vigueur jusqu&rsquo;au 1er juin. Fran&ccedil;ais et Britanniques se d&eacute;claraient pr&ecirc;ts &agrave; passer outre les r&eacute;ticences marqu&eacute;es de l&rsquo;Allemagne et de certains pays nordiques. Mais d&egrave;s le 28 mars, dans une nouvelle d&eacute;claration, &agrave; France2, le Pr&eacute;sident de la R&eacute;publique faisait spectaculairement machine arri&egrave;re et remettait &agrave; plus tard l&rsquo;armement des insurg&eacute;s de l&rsquo;ASL, le danger de voir ces armes tomber&nbsp;&laquo;&nbsp;en de mauvaises mains&nbsp;&raquo; (lire les groupes djihadistes) n&rsquo;&eacute;tant pas conjur&eacute;.
Depuis d&rsquo;autres soucis sont venus accaparer l&rsquo;attention du Pr&eacute;sident Hollande, mais les rumeurs d&rsquo;une all&eacute;geance du groupe djihadiste Jebhat al Nosrat &agrave; Al Qua&iuml;da ne favorisent gu&egrave;re le passage &agrave; l&rsquo;acte de l&rsquo;armement des rebelles par les Europ&eacute;ens. On sait n&eacute;anmoins que la France fournit d&eacute;j&agrave; certains armements &agrave; des groupes &laquo;&nbsp;s&eacute;lectionn&eacute;s&nbsp;&raquo; de l&rsquo;ASL">1</a></sup>.</p>
<p lang="fr-FR" align="JUSTIFY">A côté de cette force armée embryonnaire, la nécessité d’une structuration de l’opposition et de la création d’une instance représentative s’impose. C’est ainsi que la France contribue très largement à mettre sur pied le Conseil national syrien (CNS qui apparaît comme une réplique du CNT libyen) avec la Turquie et le Qatar, une instance hétéroclite qui intègre d’entrée de jeu les Frères musulmans syriens à côté de personnalités libérales, laïques, voire de gauche, souvent réfugiées en France depuis longtemps, comme l’universitaire Burhan Ghalioun, qui en sera le premier président. Cette orientation assumée - qui correspond bien à l’alignement du gouvernement français sur les Etats-Unis - aura de graves conséquences sur l’avenir : cet attelage contre nature amènera la France à tourner de plus en plus le dos aux courants d’opposants laïques et progressistes qui lui étaient traditionnellement favorables, mais qui refusent la collaboration avec les Frères musulmans et les salafistes. Les autorités françaises vont effectivement « coller » au CNS contre vents et marées.</p>
<p lang="fr-FR" align="JUSTIFY">Dès lors, la situation diplomatique va se figer autour du blocage intervenu au sein du Conseil de Sécurité, vouant à l’impuissance les missions conjointes des Nations-Unies et de la Ligue arabe coopérant désormais étroitement avec les Occidentaux, comme les manifestations d’hostilité des puissances sunnites de la région, telle la Turquie qui condamne avec une force inédite Bachar El Assad, dont elle réclame la démission.</p>
<p lang="fr-FR" align="JUSTIFY">Au début de février 2012, la Russie et la Chine opposent leur second veto au projet de résolution du Conseil de Sécurité soutenant un plan de la Ligue arabe. La France, avec d’autres pays, lance le projet d’un « groupe des amis du peuple syrien ». Le 23 février, Kofi Annan est nommé émissaire de la Ligue arabe et de l’ONU pour la Syrie, le 24, le « Groupe des amis de la Syrie se réunit pour la première fois à Tunis.</p>
<p lang="fr-FR" align="JUSTIFY">Le 12 avril, un cessez-le-feu négocié par Kofi Annan entre en vigueur. Le 14 avril, le Conseil de Sécurité adopte à l’unanimité la résolution 2042 qui prévoit l’envoi d’une mission de surveillance en Syrie. Mais le cessez-le-feu ne tient pas, et les combats qui ont balayé les manifestations pacifiques des débuts, deviennent chaque jour plus meurtriers. On approche alors des 30 000 morts.</p>
<p lang="fr-FR" align="JUSTIFY">L’arrivée du Parti socialiste au pouvoir, avec l’élection de François Hollande comme Président de la République le 6 mai, malgré le poids retrouvé du ministère des Affaires étrangères avec à sa tête Laurent Fabius, n’apportera aucune inflexion notable dans la ligne suivie.</p>
<p lang="fr-FR" align="JUSTIFY">Le 16 juin, les observateurs de la Misnus suspendent leurs opérations.</p>
<p lang="fr-FR" align="JUSTIFY">Le 30 juin, réunis à Genève sous la conduite de Kofi Annan, les pays du Groupe d’action sur la Syrie s’accordent sur les principes d’une transition politique dirigée par les Syriens, mais ils ne parviennent pas à s’entendre sur le rôle d’Assad dans ce processus. Du moins les bases d’une transition politiques sont-elles ainsi posées.</p>
<p lang="fr-FR" align="JUSTIFY">En août 2012, le CNS apparaît nettement en perte de vitesse et de plus en plus boudé par les Etats-Unis pour son inefficacité. Basma Kodmani, réputée proche des positions américaines, démissionne. Mais François Hollande remet en selle le CNS en recevant ses dirigeants à l’Elysée, quelques jours avant une visite de l’émir du Qatar.</p>
<p lang="fr-FR" align="JUSTIFY">Les Occidentaux, dont la France, menacent la Syrie d’une intervention armée en cas d’utilisation des armes chimiques qu’elle possède. En septembre, la France appelle à la création d’un gouvernement provisoire qui serait formé à partir d’un CNS élargi. Elle maintient en attendant l’embargo sur les armes.</p>
<p lang="fr-FR" align="JUSTIFY">Début novembre, une grande réunion de l’opposition est convoquée à Doha par le Qatar, avec comme objectif de regrouper enfin les différents mouvements en une Coalition nationale pour les forces révolutionnaires et l’opposition en Syrie. Mais la France sauve une nouvelle fois le CNS menacé de dissolution. Ce dernier demeurera une entité distincte au sein de la nouvelle Coalition, avec à sa tête l’opposant chrétien Georges Sabra. Dès lors, le 11, le cheikh Moaz Al Khatib, un islamiste réputé « modéré », est élu à la tête de la nouvelle « Coalition nationale Syrienne » voulue par les Américains. Le 13, Paris reconnaît officiellement cette coalition comme la seule représentante du peuple syrien.</p>
<p lang="fr-FR" align="JUSTIFY">Si cette nouvelle entité réunit bien des personnalités diverses, dont des laïques, les Frères musulmans et d’autres islamistes s’y retrouvent en force, tandis que les organisations politiques laïques et progressistes refusent de s’y rallier. Moaz el Khatib refusera de désavouer les formations paramilitaires jihadistes, comme le Jebhat Al Nosra, dont l’influence ne cesse de grandir parmi les combattants de l’opposition armée.</p>
<p lang="fr-FR" align="JUSTIFY">Fin janvier 2013, la France manifestera son soutien à l’hégémonie de la Coalition en refusant de soutenir et de participer à la Conférence de Genève organisée sur la Transition, par le CNCD de Haytham Manna.</p>
<h2 lang="fr-FR" align="JUSTIFY">6. Conclusion, et critique de l’intervention française au Mali</h2>
<p lang="fr-FR" align="JUSTIFY">Ainsi a-t-on bien assisté depuis le début des « soulèvements arabes » de 2011, à la « conversion » des gouvernements de la France, de la droite comme du PS, au soutien et à l’alliance avec les principaux courants de l’islam politique. C’est là une nouvelle convergence avec la position fondamentale des Etats-Unis sur cette question.</p>
<p lang="fr-FR" align="JUSTIFY">Cette position est manifeste dans le cas de la Syrie, tant dans le soutien de la Coalition, que dans les liens étroits noués avec les Etats sunnites proches des mouvances islamistes : Turquie, Arabie Saoudite, avec une mention spéciale pour le Qatar.</p>
<p lang="fr-FR" align="JUSTIFY">Ce petit Etat pétrolier semble avoir acquis une réelle influence sur la politique française, qui ne peut véritablement s’expliquer que par les moyens financiers qu’il a pu mettre à la disposition de la France, et dont celle-ci a grand besoin.</p>
<p lang="fr-FR" align="JUSTIFY">Enfin les positions de laïcité, malgré les dénégations officielles, sont en repli généralisé.</p>
<p lang="fr-FR" align="JUSTIFY">Dans ces conditions, que peut-on comprendre de la décision de François Hollande de dépêcher l’armée française pour stopper une invasion de djihadistes visant à s’emparer de Bamako, puis pour entreprendre de restaurer l’unité territoriale du Mali, brisée depuis un an ? Une contradiction fondamentale, maintes fois relevée, existe manifestement entre les principes d’intervention en vigueur en Syrie et celles en œuvre au Mali : lutte contre les islamistes djihadistes rebaptisés « terroristes » au Mali, alliance de fait avec ceux-ci en Syrie ! Où est la logique ?</p>
<p lang="fr-FR" align="JUSTIFY">Nous avancerons l’hypothèse suivante : en Afrique sahélienne, la France aurait été contrainte « en catastrophe » de défendre son pré carré gravement menacé, et ce faisant, aurait choisi entre deux maux le moindre. A terme, que la France se retire ou non militairement, il y a un très fort risque d’enlisement ou de pourrissement de cette guerre, sans aucune assurance que AQMI puisse être détruit. En attendant, l’attitude complaisante d’alliance avec les forces islamistes en Syrie montre la curieuse vision qu’a l’actuel pouvoir politique en France, de l’avenir post-assadien de la Syrie…</p>
<p>&nbsp;</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_6456" class="footnote">Le 14 mars dernier, François Hollande, en accord avec le Premier ministre britannique David Cameron, affirmait la volonté de la France de voir levé sans attendre l’embargo européen sur les armes à destination de la Syrie, en vigueur jusqu’au 1er juin. Français et Britanniques se déclaraient prêts à passer outre les réticences marquées de l’Allemagne et de certains pays nordiques. Mais dès le 28 mars, dans une nouvelle déclaration, à France2, le Président de la République faisait spectaculairement machine arrière et remettait à plus tard l’armement des insurgés de l’ASL, le danger de voir ces armes tomber « en de mauvaises mains » (lire les groupes djihadistes) n’étant pas conjuré.<br />
Depuis d’autres soucis sont venus accaparer l’attention du Président Hollande, mais les rumeurs d’une allégeance du groupe djihadiste Jebhat al Nosrat à Al Quaïda ne favorisent guère le passage à l’acte de l’armement des rebelles par les Européens. On sait néanmoins que la France fournit déjà certains armements à des groupes « sélectionnés » de l’ASL</li></ol><div style='clear:both'></div>]]></content:encoded>
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		<title>Alors que les pays arabes et/ou islamistes sont dans la tourmente, les &#8221;idiots utiles&#8221; du communautarisme persistent</title>
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		<pubDate>Thu, 25 Apr 2013 14:25:42 +0000</pubDate>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Touchés par un exode rural important, ces pays ont développé des villes de façon anarchique avec leur lot d&#8217;espoir, de désillusions, de précarité sous toutes les formes, de délinquance, de chômage. L&#8217;indigence des services publics rajoute au mécontentement. D&#8217;autant que la plupart des pays étaient dirigés par des dictatures rentières et sécuritaires. Ces dictatures vivaient et administraient par la rente foncière, commerciale ou liée à la vente des matières premières fossiles. Mais ce que les « nouveaux chiens de garde » ont oublié de dire, c&#8217;est que pour vivre grassement de la rente, il faut éviter d&#8217;investir dans la sphère de constitution des libertés (école, services publics, santé et protection sociale) qui seule peut permettre de passer de droits formels aux droits réels ! Les prédateurs de la rente au pouvoir ont préféré sous-traiter aux islamistes (principalement des Frères musulmans) tout ou partie de la sphère qui aurait pu être constitutive des libertés. De ce fait, ils ont donné aux islamistes une implantation nationale y compris en banlieues, en zones périurbaines et rurales. Les démocrates, eux, n&#8217;existaient que dans les villes et ne recrutaient que dans la petite et moyenne bourgeoisie urbaine.<br />
<span id="more-6440"></span><br />
Voilà pourquoi les élections consécutives au « printemps arabe » ont montré le divorce entre le printemps urbain et le peuple des élections quadrillés uniquement par les islamistes grâce à l&#8217;accord des dictatures néolibérales avec l&#8217;intégrisme islamiste. Les nouveaux pouvoirs islamistes travaillent avec la même administration que sous la dictature. L&#8217;alliance des dictatures néolibérales et des islamistes sous-traitants a laissé place à l&#8217;alliance des islamistes avec les néolibéraux. Le pouvoir islamiste de Tunisie vient d&#8217;accepter la potion austéritaire du FMI. Pauvres altermondialistes qui de forums sociaux européens aux forums sociaux mondiaux déroulent le tapis rouge aux islamistes liés aux Frères musulmans (et notamment à Tariq Ramadan, le meilleur sophiste des Frères musulmans), alors que ceux-ci au pouvoir dans les différents pays sont devenus un rouage du néolibéralisme mondial.<br />
Les « nouveaux chiens de garde » médiatiques du néolibéralisme français comme les ultra-laïques français (les réactionnaires d&#8217;extrême droite qui n&#8217;invoquent la laïcité que contre l&#8217;islam) ne parlent pour les pays arabes et/ou musulmans, que de libertés démocratiques, de pluralisme, sans comprendre que la vraie vie est en même temps la démocratie, la laïcité mais aussi les nouveaux droits économiques et sociaux permettant un processus de justice sociale. Et que pour cela, il convient aussi de définir un développement économique avec un processus d&#8217;industrialisation permettant d&#8217;augmenter la production de richesses car même la rente plus généreusement distribuée ne suffit pas. Et une Constitution même définie par une constituante (ce qui est une nécessité démocratique) ne suffit pas pour augmenter le niveau de vie des habitants, de construire des logements décents, une sphère de constitution des libertés permettant enfin des droits réels, du travail pour tous et partout. Voilà où se trouve l&#8217;échec des islamistes des Frères musulmans au pouvoir en Tunisie ou en Egypte. Voilà pourquoi ils utilisent des milices meurtrières en Tunisie (les Ligues de protection de la révolution, LPR) contre les militants de la gauche sociale, démocratique et laïque. Il est à rappeler que la direction du parti islamiste Ennahda a demandé la libération des membres des LPR qui avaient assassiné le secrétaire général de Nida Tounès. Le militant de la gauche sociale et laïque Chokri Belaïd qui s&#8217;était élevé contre cette position a été à son tour assassiné sans que la troïka au pouvoir (islamistes d&#8217;Ennhada, néolibéraux du CPR et d&#8217;Ettakatol) ne cherche vraiment le coupable.<br />
Contrairement à une idée reçue des anti-laïques sur la spécificité française du combat laïque, il ya bien aujourd&#8217;hui un combat planétaire pour la laïcité : ainsi depuis le début de l&#8217;année, d<span style="font-size: small;">ans la seule ville de Karachi, <a href="http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2013/04/24/une-campagne-d-assassinats-vise-les-candidats-des-partis-laiques-au-pakistan_3165448_3216.html">33 responsables de l&#8217;Awami National Party (ANP) ont été assassinés</a>. Pour la plupart, ces meurtres font suite à des pressions du Tehrik-e-Taliban Pakistan (TTP), l&#8217;une des organisations des talibans pakistanais, qui vise à instaurer un régime islamiste radical à l&#8217;un des plus importants pays musulmans. </span></p>
<p>Par ailleurs, l&#8217;histoire ne repasse jamais les mêmes plats, tout simplement parce que les situations historiques ne sont jamais identiques. Comme l&#8217;affirme Hannah Arendt :</p>
<blockquote><p>La sécularisation - la séparation du religieux d&#8217;avec le politique et l’essor d&#8217;un domaine séculier possédant une dignité qui lui est propre - constituent certainement un facteur crucial du phénomène révolutionnaire&#8230; À dire vrai, il se peut même, en fin de compte, que ce que nous appelons révolution soit précisément cette phase de transition qui aboutit à la naissance d&#8217;un nouveau domaine séculier.</p></blockquote>
<p>Alors aujourd&#8217;hui une révolution religieuse est une contradiction et un oxymore.<br />
Comme le dit encore Yadh Ben Achour sur son blog en parlant des réactions populaires aux actions des islamistes tunisiens :</p>
<blockquote><p>Ces tentatives ont heureusement avorté, ce qui montre que le peuple de la révolution n&#8217;est pas aussi minoritaire qu&#8217;on pourrait le croire.Il en est ainsi de la demande de Sadok Chourou, ancien président du parti Nahdha qui a revendiqué que la Constitution contienne un article indiquant que la Sharia sera la source essentielle de la législation et qui par la suite a rappelé aux « coupeurs de route » protestataires qu’ils étaient justiciables du verset 33 de la sourate de «  La Table » qui prévoit des peines de mort, de crucifixion ou d’amputation. La grande manifestation du 20 mars 2012 a mis fin à ces tentatives de théocratisation de l’Etat. Il en est également ainsi de la « complémentarité » homme-femmes, introduite dans le premier avant-projet de Constitution, puis retiré du second. Dans le même sillage, citons la criminalisation de l’atteinte au sacré consacré dans le premier avant-projet de constitution, puis également retiré. Mais les menaces sont toujours présentes, comme, dans le 2<sup>e</sup> avant-projet de Constitution, le refus de protéger expressément la liberté de conscience et la consécration du système de la religion d’Etat dans l’article 148.</p></blockquote>
<p>En fait, le printemps arabe n&#8217;est que le début d&#8217;un processus qui pour être porté à terme doit globaliser les combats démocratiques, laïques et sociaux. C&#8217;est ce que souhaitait notre ami tunisien Chokri Belaïd du Front populaire. Voilà pourquoi il restera pour nous un guide.<br />
Revenons en France. Alors que les combattants pour la liberté en Afrique du Nord mettent en avant les principes de liberté, d&#8217;égalité, de laïcité , de solidarité, voilà qu&#8217;en France, Médiapart met en circulation une pétition intitulée<a href="http://blogs.mediapart.fr/edition/les-batailles-de-legalite/article/200413/contre-loffensive-islamophobe-un-front-large-et-massif"> <span style="font-size: small;"><em>L&#8217;appel de militants et sympathisants du Front de gauche contre l&#8217;islamophobie</em></span></a><span style="font-size: small;"> qui regroupe les «  idiots utiles » du communautarisme : revenant sur l&#8217;arrêt de la Cour de cassation dans l&#8217;affaire Baby-Loup, ils en profitent pour attaquer la laïcité en revenant de surcroît sur la question des accompagnatrices voilées des sorties scolaires, que l&#8217;on espérait classée.<sup><a href="http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/alors-que-les-pays-arabes-etou-islamistes-sont-dans-la-tourmente-les-idiots-utiles-du-communautarisme-persistent/6440#footnote_0_6440" id="identifier_0_6440" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="On lira &eacute;galement dans ce num&eacute;ro la r&eacute;futation de Charles Arambourou de l&#039;UFAL sur les propos d&#039;une &eacute;lue du Front de gauche.">1</a></sup><br />
Redisons-le, une révolution citoyenne menant à la VI</span><sup><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><span style="font-size: small;">e</span></span></sup><span style="font-size: small;"> République que nous appelons de nos vœux (et qui ne sera pas bien sûr un simple mistigri institutionnel) ne pourra avoir un soutien populaire que si la gauche de gauche globalise les combats démocratiques, laïques, sociaux, féministes, économiques et écologiques. </span></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_6440" class="footnote">On lira également dans ce numéro <a href="http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/non-la-liberte-de-religion-nest-pas-superieure-a-toutes-les-autres/6449" target="_blank">la réfutation de Charles Arambourou</a> de l&#8217;UFAL sur les propos d&#8217;une élue du Front de gauche.</li></ol><div style='clear:both'></div>]]></content:encoded>
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		<title>Non, la liberté de religion n’est pas supérieure à toutes les autres !</title>
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		<pubDate>Thu, 25 Apr 2013 14:14:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charles Arambourou</dc:creator>
				<category><![CDATA[Débats laïques]]></category>
		<category><![CDATA[Laïcité]]></category>
		<category><![CDATA[ReSPUBLICA]]></category>
		<category><![CDATA[Crèche Baby-Loup]]></category>
		<category><![CDATA[lettre 718]]></category>
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		<respu:topcategoryname>Débats laïques</respu:topcategoryname>
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		<description><![CDATA[Ou : Pourquoi l’affaire Baby-Loup invite à légiférer
Les commentaires sur l’arrêt Baby-Loup de la Cour de cassation vont dans tous les sens. On en relèvera ici un, non qu’il soit pire que les autres, mais parce qu’il attriste, venant du Front de Gauche de la région PACA, signé Fabienne Haloui, apparemment responsable du PCF.
Que la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<h2 style="text-align: left;" align="CENTER">Ou : Pourquoi l’affaire Baby-Loup invite à légiférer</h2>
<p align="JUSTIFY">Les commentaires sur l’arrêt Baby-Loup de la Cour de cassation vont dans tous les sens. On en relèvera ici un, non qu’il soit pire que les autres, mais parce qu’il attriste, venant du<a href="http://www.frontdegauchepaca.com/article-creche-baby-loup-et-arret-de-la-cour-de-cassation-la-laicite-n-est-pas-remise-en-cause---fabienne-ha-116827569.html" target="_blank"> Front de Gauche de la région PACA</a>, signé Fabienne Haloui, apparemment responsable du PCF.<br />
Que la laïcité ne soit pas remise en cause en l’espèce, c’est parfaitement vrai. De même qu’il est juste de rappeler que la Cour a rendu deux arrêts, dont l’un déboute une salariée voilée, licenciée de la CPAM de Saint-Denis. Oui, « la loi de 1905 a été établie pour que les fonctionnaires de la puissance publique [pas seulement eux, d’ailleurs] soient soumis au principe de neutralité », et « au-delà » de la sphère publique, c’est le domaine du « respect des libertés de conscience » (le pluriel est déjà contestable !).<br />
Mais c’est là que ça se gâte, et gravement. On ne s’attardera pas sur la défense par F. Haloui des femmes qui auraient choisi « librement » de porter le voile (angélisme qui suppose que n’existent ni pression communautaire, ni « servitude volontaire »). Oui, porter le foulard est un droit dans l’espace civil : le problème est simplement de savoir jusqu’où ce droit est compatible avec celui d’autrui et avec les activités exercées. Comme pour tout droit, d’ailleurs : aussi bien celui de manifester, de se vêtir comme on veut, d’aller et de venir, etc.<br />
On s’en veut d’avoir à rappeler à cette responsable du PCF un principe républicain élémentaire : aucune liberté n’est ni générale, ni absolue. Pas plus la liberté de religion qu’une autre ! Un peu d’instruction civique (à défaut de « morale laïque ») :</p>
<blockquote><p>Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 (constitutionnelle) :<br />
art. 4 : « <em>La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l&#8217;exercice des droits naturels de chaque homme n&#8217;a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi</em>. »<br />
art. 10 : « <em>Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l’ordre public établi par la loi</em>. »</p></blockquote>
<p align="JUSTIFY">Mais qui donc a troublé « l’ordre public établi par la loi » ces derniers temps ? Les catholiques ultras opposés au mariage pour tous ! Faut-il le tolérer pour ne pas les « stigmatiser » ? Devons-nous, avec Christine Boutin, dénoncer la « christianophobie » ? « L’acceptation des différences » est-elle menacée par la laïcité, ou par le cléricalisme ? Si F. Haloui suivait mieux l’actualité, cela lui permettrait de relativiser…</p>
<p align="JUSTIFY">Mais revenons à Baby-Loup. En l’espèce, c’est une crèche associative, qui fonctionne 24 h sur 24 dans un quartier défavorisé où sont présentes des dizaines de nationalités, d’ethnies, de religions. Son projet éducatif est « laïque » : comme l’école publique, Baby-Loup a fait le choix de la neutralité confessionnelle. Choix judicieux, mais qui n’était simplement pas assez bien précisé dans son règlement intérieur<sup><a href="http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/non-la-liberte-de-religion-nest-pas-superieure-a-toutes-les-autres/6449#footnote_0_6449" id="identifier_0_6449" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Il aurait pu l&rsquo;&ecirc;tre, le Code du travail autorisant les restrictions justifi&eacute;es &laquo;&nbsp;par la nature de la t&acirc;che &agrave; accomplir&nbsp;&raquo; (&eacute;ducative) et &laquo;&nbsp;proportionn&eacute;es au but recherch&eacute;&nbsp;&raquo; (neutralit&eacute; confessionnelle du projet), par exemple en interdisant le port de signes ou les comportements manifestant ostensiblement une appartenance religieuse.">1</a></sup>. En réalité, la direction et les administrateurs se sont trouvés confrontés à travers la salariée en cause à une offensive communautariste agressive et organisée contre la neutralité religieuse adoptée. <em>La crèche va être obligée de quitter le quartier, il faut qu’on le sache : ne nous trompons pas de victime !</em><br />
Si la République s’est dotée d’une école laïque, avec un personnel laïque, voici 130 ans, c’est précisément pour protéger la « liberté en voie de constitution » des enfants qu’elle accueille ! Préférez-vous, Madame Haloui, les crèches confessionnelles où l’on endoctrine les bébés ?<br />
Mais le domaine de la petite enfance (étranger à l’école) est l’enjeu d’appétits, non seulement confessionnels, mais commerciaux : il existe de plus en plus de crèches à but lucratif. Il convient donc de légifér. Légiférer n’est pas forcément interdire, c’est préciser exactement la portée et les limites d’une liberté pour garantir les autres –et celles des autres ! Et seule une loi –pas un décret, encore moins un règlement intérieur- peut réglementer une liberté publique : c’est une garantie posée par l’art. 34 de notre Constitution.</p>
<p align="JUSTIFY">Au-delà de la question des crèches, se pose d’ailleurs celle de l’entreprise privée, où l’expression religieuse de plus en plus agressive se manifeste, compromettant les relations avec les clients, ou « la paix sociale dans l’entreprise » (avis du Haut Conseil à l’Intégration de septembre 2011). Une autre raison de légiférer, pour permettre, justement, le « vivre ensemble au travail ».<br />
Le rapport Stasi avait relevé dès 2003 l’existence d’une offensive de l’islam politique cherchant à tester les défenses de la République. Mais en aucun cas l’on ne saurait accepter ce « choc de civilisation », s’enfermer dans un face à face entre (je cite F. Haloui) « l’islam et la laïcité ». Et surtout pas pour y chercher des « accommodements » !</p>
<p align="JUSTIFY">Dernières remarques : oui, « la laïcité interdit », et c’est très heureux, toute ingérence des cultes dans la sphère publique, mais également toute immixtion du pouvoir politique dans les religions. Non, la laïcité n’a pas pour objet « l’acceptation des différences », qui ne relève que de la morale personnelle (et suppose la réciprocité !). La société, résultante passive des superpositions de l’histoire, est diverse, métissé, pluriculturelle, soit ; la République, construction de la raison visant l’universalisme, est « une et indivisible ». Face aux communautarismes, perpétuels facteurs de division, « c’est la liberté qui opprime, et la loi qui affranchit »<sup><a href="http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/non-la-liberte-de-religion-nest-pas-superieure-a-toutes-les-autres/6449#footnote_1_6449" id="identifier_1_6449" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Segment de phrase emprunt&eacute; au dominicain Henri Lacordaire (1802&thinsp;&ndash;&thinsp;1861), catholique lib&eacute;ral&hellip;">2</a></sup>.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_6449" class="footnote">Il aurait pu l’être, le Code du travail autorisant les restrictions justifiées « par la nature de la tâche à accomplir » (éducative) et « proportionnées au but recherché » (neutralité confessionnelle du projet), par exemple en interdisant le port de signes ou les comportements manifestant ostensiblement une appartenance religieuse.</li><li id="footnote_1_6449" class="footnote">Segment de phrase emprunté au dominicain Henri Lacordaire (1802 – 1861), catholique libéral…</li></ol><div style='clear:both'></div>]]></content:encoded>
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		<title>De quoi le cinéma Le Méliès à Montreuil est-il le signe ?</title>
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		<pubDate>Thu, 25 Apr 2013 11:21:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator> un collectif</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Après 46 jours de grève contre les sanctions/mutations, le non renouvellement du contrat de sa programmatrice et le licenciement de son directeur artistique, Stéphane Goudet, l’équipe du cinéma municipal a dû reprendre le travail, contrainte et forcée. La mobilisation d&#8217;une très large partie du public et de très nombreux cinéastes n&#8217;est pas parvenue à faire [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Après 46 jours de grève contre les sanctions/mutations, le non renouvellement du contrat de sa programmatrice et le licenciement de son directeur artistique, Stéphane Goudet, l’équipe du cinéma municipal a dû reprendre le travail, contrainte et forcée. La mobilisation d&#8217;une très large partie du public et de très nombreux cinéastes n&#8217;est pas parvenue à faire revenir Dominique Voynet à la raison, Madame le maire préférant demeurer dans une posture d&#8217;autorité aussi ridicule que mortifère, après la campagne de diffamation sans précédent qu&#8217;elle a menée contre l&#8217;équipe du Méliès : « détournements de fonds », « enrichissement personnel », « caisse noire », « drogue pour réalisateurs invités »… avec enquête administrative « à charge » (sans témoin, ni contradiction réelle), dont 2 enquêteurs sur 4 (directeurs généraux adjoints des services) avaient été missionnés en 2012 comme directeurs par intérim du cinéma (donc juges et parties !)&#8230; Et pour clore ce mauvais feuilleton : lettre de licenciement (sans préavis, ni indemnité) omettant les « détournements de fonds » pour ne plus retenir prudemment qu’une « non dénonciation d’une irrégularité comptable » et « manquement au devoir de réserve » ; en somme le seul vrai tort de Stéphane Goudet et de son équipe aura été de défendre leur honneur en répliquant aux mensonges éhontés colportés par la municipalité… Et clou du feuilleton : intervention policière, samedi 18 mars, pour vider manu militari les 80 spectateurs qui avaient décidé, pour la Fête du cinéma, d’occuper la salle en guise de protestation. Triste symbole d’un lieu de culture contraint de fonctionner sous la protection de vigiles.<br />
Comment en est-on arrivé là et que révèle ce gâchis monumental ? Nous, cinéastes, avons été complètement impliqués dans le soutien à l’équipe du Méliès pour témoigner de notre reconnaissance au travail réalisé, depuis des années, par cette salle fleuron des salles classées Art &amp; Essai, Recherche et Jeune public en banlieues. Nous avons constamment tenté des médiations et, durant le conflit, nous n’avons cessé d’interpeller la maire et les autorités de tutelle.</p>
<p>Ce qui vient de se passer à Montreuil doit être replacé dans un contexte national : comment ne pas voir combien les salles indépendantes - les seules diffusant la diversité du cinéma – sont menacées par la concentration de l’exploitation distribution qui construit sans cesse à leurs portes des « multiplexes », leur faisant une concurrence impitoyable et leur retirant les films Art &amp; Essai « porteurs »qui jusqu’ici leur assuraient une gestion équilibrée et leur permettaient de programmer - à côté - les 400 autres films aux sorties plus modestes : citons les menaces contre les Studios de Tours (salle historique fêtant récemment ses 50 ans) soutenus par une pétition de 12 000 spectateurs ; le Sémaphore de Nîmes… comme jadis le CNP Odéon, joyau de l’Art &amp; Essai lyonnais, vendu en 2009 à un fonds de pension américain par un « patron voyou » qui déménagea sièges et projecteurs durant la fermeture d’août et licencia son directeur pour « manquement au devoir de réserve » !&#8230; Sans omettre le combat du public qui soutint en 2008 l’extension du Méliès de Grenoble auquel la commission d’aide sélective à la rénovation de salles refusa son soutien parce que ce projet - passant de 96 à 524 places - risquait sans doute de faire « concurrence déloyale » à Europalace totalisant 82 % des entrées grenobloises !<br />
L’abus de position dominante des 3 grands circuits d’exploitation aboutit à ce qu’une grande majorité de films (premiers films, documentaires, films d’auteurs peu médiatisés) sont ghettoïsés dans une marginalité qui leur interdit de fait de rencontrer leur public. Et étrangle leurs producteurs.<br />
Ce qui s’est joué à Montreuil c’est la sanction d’une équipe qui avait osé dès 2006 résister (« avec arrogance » dira Voynet !) au recours d’UGC/MK2 pour « concurrence déloyale » contre le projet d’extension du Méliès de 3 à 6 écrans.<br />
Aujourd’hui, avec la généralisation de la projection numérique, on assiste à une inflation ahurissante des écrans occupés par les mêmes <em>blockbusters</em> français ou hollywoodiens : certaines semaines 5 films occupent - à eux seuls – 4 000 écrans sur les 5 200 existants ! Les autres films embouteillent les salles indépendantes qui résistent, avec un vrai effet entonnoir qui aboutit à un <em>turn over</em> assassin. Les films sont retirés de l’affiche avant même que le bouche à oreille n’ait eu le temps de s’installer et le public de les voir.<br />
C’est toute l’économie du cinéma qui est menacée : et, à travers elle, la sauvegarde de la diversité et le renouvellement de la création indispensables à la vitalité du cinéma français. Qu’advient-il du droit du public à voir les films de son choix (et pas seulement ceux promotionnés par la grande industrie) ? Jean-Luc Godard, dans l’une de ses formules célèbres, disait : «<em> La marge et le centre sont liés. La page ne tient que parce qu’elle a une marge.</em> » Or aujourd’hui la marge est en voie d’asphyxie économique.<br />
Les pouvoirs publics disposent pourtant d’une vraie « boîte à outils » pour corriger ce déséquilibre : 860 millions d’euros environ collectés annuellement dans le compte de soutien (cinéma et audiovisuel) par la TSA (taxe prélevée sur le ticket des spectateurs et sur le chiffre d’affaire des chaines de télévision). Il faut aujourd’hui repenser les règles qui président à sa redistribution gérée par le Centre National du Cinéma : depuis 15 ans, elles favorisent les films de plus de 7 millions d’euros et la construction des multiplexespar un avantage exorbitant accordé à la fin des années 80 : la « mise en communauté d’intérêt du soutien automatique » à l’exploitation, c’est-à-dire le droit pour les circuits de cumuler - à l’échelle de leurs centaines de salles en France - les sommes leur permettant de financer la construction des multiplexes pour éliminer, ville par ville, les concurrents qui les gênent.<br />
Dès juin 1989 le rapport du contrôleur d’Etat, Dominique Brault (président de la Commission de la programmation), concluait qu’il fallait « <em>cesser d’encourager la concentration par les modalités de mobilisation des droits à soutien… En permettant de reporter d’une salle à l’autre d’un même groupe les droits à soutiens capitalisés, on favorise l’investissement des exploitants qui sont déjà les plus concentrés(…) Le double effet de la concentration et de l’iniquité de ce système purement prétorien justifie qu’il soit réformé pour ne plus accentuer le déséquilibre des forces sur le marché cinématographique,sans compromettre pour autant son soutien à la modernisation du réseau </em>». Les pouvoirs publics n’y donnèrent pas suite et Dominique Brault a dû démissionner de la Commission qu’il présidait.</p>
<p>Aujourd’hui <strong>il est temps de réformer le compte de soutien cinéma</strong> dans la perspective d’une redistribution conditionnée (pour toutes les aides) par des obligations publiques favorisant diversité et création, avec une augmentation des soutiens sélectifs aux salles et aux distributeurs indépendants qui exposent réellement la diversité des œuvres.<br />
La question posée aux pouvoirs publics est de savoir si une politique culturelle peut se contenter de n’offrir aux spectateurs que des films « porteurs» promotionnés par la grande industrie ? En période de crise des dettes publiques, Régions et Collectivités Territoriales auraient tort de croire avoir trouvé là comment faire des économies substantielles : se désinvestir des salles publiques pour les laisser programmer par « le privé qui ferait aussi bien le boulot » ?!<br />
Cette politique des « blockbusters pour tous », est la négation même de l&#8217;idée de culture. C&#8217;est ce que Mac Donald est à la gastronomie : la tyrannie du gras, du mou, du tiède, du sucré… Nous posons la question : est-ce que la culture, est-ce que l’art, sont des marchandises comme les autres ? Non ! Ce sont des « biens publics » nécessaires à notre vie à tous, pour le plaisir de la création, pour l’intelligence de soi et du monde, pour la cohésion sociale, l&#8217;éducation de nos enfants, pour l’exercice de la démocratie… Rappelons les mots de Jean Vilar parlant de son action pour le théâtre populaire : « <em>Il faut avoir le courage de présenter au spectateur ce qu&#8217;il ne sait pas qu&#8217;il désire</em> ».</p>
<p>Par : Solveig Anspach - Dominique Cabrera - Robert Guédiguian - Dominik Moll - Gérard Mordillat - Chantal Richard - Bertrand Tavernier - Jean-Pierre Thorn (cinéastes)</p>
<p>Pour s&#8217;informer et soutenir le Méliès, le site de l&#8217;association <a href="http://rencartaumelies.blogspot.fr/">Renc&#8217;Art au Méliès</a></p>
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		<title>La chronique de &#8220;0 de Conduite&#8221;</title>
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		<pubDate>Thu, 25 Apr 2013 11:19:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Odette Mitterrand</dc:creator>
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		<description><![CDATA[NDLR : Nous inaugurons dans ce numéro une rubrique régulière consacrée au cinéma, avec la collaboration de  &#8220;0 de Conduite&#8221;, partenaire du Réseau Education Populaire. On trouvera sur le site du REP la charte de l&#8217;association qui « défend toutes les formes cinématographiques, pourvu qu’elles donnent à (sa)voir, par leur singularité critique et leur exigence [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>NDLR : Nous inaugurons dans ce numéro une rubrique régulière consacrée au cinéma, avec la collaboration de  &#8220;0 de Conduite&#8221;, partenaire du Réseau Education Populaire. On trouvera sur le site du REP la <a href="http://www.reseaueducationpopulaire.info/?p=383" target="_blank">charte de l&#8217;association</a> qui « défend toutes les formes cinématographiques, pourvu qu’elles donnent à (sa)voir, par leur singularité critique et leur exigence esthétique, le monde tel qu’il (ne) va (pas) dans ses dimensions politiques et sociales ».</em><br />
<em>Nous poursuivrons  dans le prochain numéro de Respublica par le compte rendu de deux films sur le conflit israélo-palestinien, par J. Rabinovici.</em></p>
<h3 align="JUSTIFY">Les Rencontres cinématographiques de Manosque</h3>
<p align="JUSTIFY">« Du réel à l’imaginaire », sous-titre attirant de ces rencontres, rêve d’un lieu à l’acte cinématographique sans complaisance.<br />
Dans une présentation au titre déjà merveilleux, « Comme l’épine sur la soie », Pascal  Privet, réalisateur et programmateur orfèvre des instants que nous allions vivre, écrit « <em>Il s’agit de rendre compte des manières sans cesse réinventées par les cinéastes afin de porter un regard critique sur la vie et peindre ces sentiments parfois si enfouis et complexes qui exaltent ou tourmentent l’humanité.</em> »<br />
L’épine sur la soie, expression de délicatesse épique et fragile illustrant un cinéma aux antipodes d’une industrie mercantile nous offre par l’intime une écriture sans cesse nouvelle de la société.<br />
Chaque film est suivi d’un réel débat où artistes et spectateurs partagent leurs impressions : « <em>Cette réflexion collective devient acte de résistance à la consommation individuelle et indifférente et accorde d’abord du prix au sens de l’acte créatif en respectant les réactions de chacun.</em> »<br />
Aujourd’hui où les salles, même avec les labels Arts et essai et Recherche, sont contraintes par nécessité d’équilibre commercial de programmer un nombre de plus en plus grand de films sans réel souci cinématographique, ce lieu où le temps reste un espace de liberté et de découverte attire et retient notre attention.<br />
Nous avons, dans ce programme passionnant, découvert le réalisateur égyptien Ibrahim El Batout dont nous vous parlerons dès la sortie de ses films et vu le dernier film de Pascale Diez, <em>D&#8217;une école à l&#8217;autre</em> (ci-après).</p>
<h3>« D&#8217;une école à l&#8217;autre »</h3>
<p>Et d&#8217;une classe à l&#8217;autre : des élèves d’une classe de Belleville, des élèves d’une classe du V<sup>e</sup> arrondissement, deux mondes s’abordent. Pascale Diez, la réalisatrice, qui a maintes fois expérimenté la vie scolaire, nous livre un film d’une grande sensibilité, d’une grande perspicacité sur ces enfants dont les parcours avaient peu de chance de se croiser sans ce projet quelle a conçu et dont elle a cherché les financements. A travers de beaux plans serrés, elle nous fait ressentir avec émotion ces expressions d’enfants où les mots, retenus, furtifs, dévoilent sobrement une identité sociale tandis que les enfants du V<sup>e</sup>, attachants également, reflètent plus librement leur ressenti et leur milieu<br />
Les deux institutrices, Cécile Gérard pour l’école St-Jacques et Karine Durand pour l’école de Belleville mènent ce projet avec une discrète et pertinente pédagogie. Les élèves laissent transparaître leur intérêt et leur bien-être tout au long du film. C’est aussi pour ces enfants la découverte commune, chacun avec ses propres acquis, d’un activité de <em>soundpainting</em>.</p>
<p>Christophe Cagnolari les initie à cet art multidisciplinaire qui allie expression corporelle, voix, peinture… permettant une improvisation où chacun peut communiquer à sa façon et se faire comprendre de l’autre. Le soundpainter Christophe a ainsi pu les mener à un spectacle collectif qui a été présenté à la Maison des Métallos à Paris.<br />
Toute la richesse d’une mixité sociale rayonne dans ce film, le temps d’une expérience, d’un projet et ce film avec une grande qualité cinématographique nous prouve bien que l’échec scolaire n’est pas une fatalité.</p>
<p align="LEFT"><em>D’une école à l’autre</em><br />
Réalisatrice : Pascale Diez<br />
France, 2012, 1h 35<br />
Distributeur : Les films du Paradoxe</p>
<h3>« La saga des Conti » : en roue libre</h3>
<p>Le film débute sur une fin programmée. Celle du site « Continental » de Clairoix (Oise) annoncée en mars 2009 par les lettres de licenciement lues par des voix mêlées d&#8217;ouvriers qui accusent le coup, la colère rentrée. Mais ces voix qui se mêlent deviennent bientôt un groupe qui s&#8217;élève. Car contre toute attente au regard de la résignation ambiante, c&#8217;est le début d&#8217;une lutte de longue haleine que vont mener les salariés du site et que le film relate de manière chronologique, sobrement, sans trémolos ni violons, au plus près des ouvriers. Ces derniers font montre d&#8217;indépendance avec la création d&#8217;un comité de lutte dépassant le cadre syndical, d&#8217;imagination, on pense alors à la participation symbolique du Paris-Roubaix, et de mobilité car les déplacements sont nombreux entre Paris et Hanovre, les rendant dangereusement imprévisibles aux yeux de l&#8217;entreprise, de l&#8217;État et des centrales syndicales.</p>
<p>Même si des figures émergent, le syndicaliste Xavier Mathieu ou le conseiller Roland Szpirko notamment, Jérôme Palteau s&#8217;attache avant tout à filmer un collectif qui prend peu à peu conscience de sa capacité d&#8217;agir et de créer des situations, en un mot de se retrouver. Occupation surprise du site de Sarreguemines ou de la sous-préfecture de Compiègne, manifestation unitaire avec les « Conti » allemands à Hanovre, autant de coups d&#8217;éclat d&#8217;une guerre de mouvement pour se faire entendre auprès de ceux d&#8217;en face qui cultivent l&#8217;évitement.</p>
<p>L&#8217;autre valeur de ce documentaire réside dans ce qu&#8217;il évoque sans le montrer frontalement, à savoir le contre-champ médiatique et le hors-champ syndical. En effet, on ne peut s&#8217;empêcher de mesurer tout le décalage existant entre l&#8217;expérience humaine vécue dont le film réactive la mémoire et la réduction stéréotypée télévisuelle qui en avait été faite à l&#8217;époque, préférant les feux de pneumatiques et les ordinateurs renversés aux visages animés d&#8217;ouvriers. Enfin le film révèle la gêne des centrales syndicales dans ce mouvement par leur absence et leur mutisme, et signe l&#8217;écart existant entre la base et les directions. Le film réactive ainsi la question de la nécessité de s&#8217;affranchir des cadres pour redonner sens à la lutte sociale dans ce contexte de désorientation généralisée.</p>
<p><em>La saga des Conti</em><br />
Réalisateur : Jérôme Palteau<br />
France, 2013. 97 mn<br />
Distributeur: Les Films des Deux Rives</p>
<div style='clear:both'></div>]]></content:encoded>
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		<title>Appel des économistes pour une VIe République, contre la finance et l’austérité</title>
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		<pubDate>Thu, 25 Apr 2013 08:53:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator> un collectif</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Economie]]></category>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>L’affaire Cahuzac est révélatrice d’une République à bout de souffle. La défiance vis-à-vis des institutions et la conviction que les responsables politiques sont devenus impuissants face à la crise – quand ils ne sont pas corrompus – minent le régime et conduisent un nombre croissant de nos concitoyens à se réfugier dans l’abstention, voire, pour une partie, à rechercher des boucs émissaires et à adopter les discours ethnicistes de l’extrême droite. Les racines de cette situation touchent à la fois à la soumission des gouvernements à la logique du capitalisme financiarisé, à leur adhésion à une construction européenne qui se fait contre les peuples, à la nature antidémocratique des institutions de la cinquième République et à l’endogamie entre les milieux d’affaires et les hauts responsables au pouvoir. Aussi, le basculement de certains de ces responsables politiques dans la délinquance financière ou fiscale n’est pas la dérive personnelle de quelques moutons noirs, mais bien le prolongement logique du sentiment d’irresponsabilité et de toute-puissance qui habite cette nouvelle oligarchie politico-financière. Les appels à la morale individuelle et à plus de transparence ne seront donc qu’un emplâtre sur une jambe de bois si des mesures à la hauteur de la situation ne sont pas prises.</p>
<p><span id="more-6435"></span>Sur le plan économique, la première est d’arrêter les politiques d’austérité : désastreuses socialement, elles sont stupides économiquement, étant incapables même de répondre à l’objectif qu’elles se sont fixé, la réduction des déficits. La deuxième est d’en finir avec la domination des marchés financiers sur la vie économique et sur la société, ce qui passe par un contrôle social des banques, la séparation organisationnelle stricte entre banques d’affaires et banques de dépôts, l’interdiction des produits financiers à risque et des activités spéculatives (en particulier l’interdiction des transactions financières avec les paradis fiscaux) et la création d’un pôle public financier. Il s’agit aussi d’engager une répartition plus égalitaire du revenu national par une augmentation de la part des salaires dans la valeur ajoutée, et une réforme fiscale d’ampleur redonnant en outre des marges de manœuvre à la puissance publique. Bref, c’est une tout autre politique économique tournée vers la satisfaction des besoins sociaux et la transition écologique qu’un gouvernement de gauche se devrait de mettre en œuvre.</p>
<p>Elle devrait s’accompagner d’une bataille à l’échelle européenne pour la refondation de l’Europe. La sacralisation de la liberté de circulation des capitaux et l’interdiction pour la BCE de financer les États ont donné aux marchés financiers un véritable pouvoir de veto sur les décisions des institutions démocratiquement élues, pouvoir qu’ils exercent via les attaques spéculatives et le chantage à la délocalisation. En finir avec cette situation et donner aux peuples d’Europe la maîtrise de leur destin doit être l’objectif de tout gouvernement de gauche. Nul doute qu’un gouvernement qui engagerait un tel processus aurait un écho considérable et trouverait nombre d’alliés parmi les peuples étranglés par les politiques actuelles.</p>
<p>En France, il s’agit d’en finir avec les institutions de la cinquième République et de redonner du pouvoir aux citoyens et aux citoyennes dans tous les domaines de la vie politique et économique. Face à la profondeur de la crise politique, économique et écologique, la perspective du passage à une sixième République – par le biais d’un processus constituant impliquant tous les citoyens – est à l’ordre du jour. La démocratie à tous les niveaux de décisions, voilà l’essence de la sixième République. Elle devra, notamment, permettre à la souveraineté populaire de franchir la porte des entreprises. Aujourd’hui, les actionnaires sont les seuls à décider de la conduite des entreprises, alors que ce sont les travailleurs qui créent la richesse. Pour rompre avec cette situation, il faut donc étendre de manière très importante les droits des salarié-es, notamment donner au Comité d’entreprise un droit de veto sur les décisions stratégiques et créer un statut du salarié qui permettra la mise en place d’une sécurité sociale professionnelle. Et, pour les secteurs de l’économie qui relèvent directement de l’intérêt général, l’arme de la nationalisation sous contrôle démocratique pourra et devra être utilisée.</p>
<p>Le manque d&#8217;indépendance et de pluralisme dans le traitement médiatique de l’information économique est un obstacle à la réappropriation par le peuple de la politique économique. L’idéologie néolibérale étouffe toute possibilité de débat démocratique éclairé et argumenté. Dans l’enseignement et la recherche, la domination de l’école de pensée néoclassique a été instituée, en contradiction fondamentale avec l’esprit scientifique qui suppose la possibilité de remise en question des théories. Alors qu’il est de plus en plus évident que les politiques néolibérales nous conduisent à la catastrophe économique et écologique, il devient d’autant plus urgent de permettre l&#8217;épanouissement des recherches qui se placent hors du cadre de pensée de l’orthodoxie actuelle.</p>
<p>Pour toutes ces raisons, nous, économistes, soutenons la marche citoyenne du 5 mai 2013 pour une sixième République, contre la finance et l’austérité.</p>
<p>Le 19 avril 2013<sup><a href="http://www.gaucherepublicaine.org/debats-politiques/appel-des-economistes-pour-une-vie-republique-contre-la-finance-et-lausterite/6435#footnote_0_6435" id="identifier_0_6435" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Signataires : Louis Adam, commissaire aux comptes
Daniel Bachet, universit&eacute; d&#039;Evry&nbsp;; Philippe Batifoulier, universit&eacute; Paris ouest&nbsp;; Nicolas Beni&egrave;s, universit&eacute; populaire de Caen&nbsp;; Mathieu B&eacute;raud, universit&eacute; de Lorraine&nbsp;; Eric Berr, universit&eacute; Bordeaux IV&nbsp;; Jacques Berthelot, ex INP de Toulouse&nbsp;; Pierre Bezbakh, Paris Dauphine&nbsp;; Boris Bilia, statisticien-&eacute;conomiste&nbsp;; Pierre Bitoun, INRA&nbsp;; Fr&eacute;d&eacute;ric Boccara, universit&eacute; Paris XIII&nbsp;; Marc Bousseyrol, Sciences Po Paris&nbsp;; Mireille Bruy&egrave;re, universit&eacute; Toulouse 2&nbsp;;
Claude Calame, EHESS&nbsp;; Christian Celdran, Economistes atterr&eacute;s&nbsp;; Gabriel Colletis, professeur de sciences &eacute;conomiques universit&eacute; de Toulouse 1&nbsp;; Pierre Concialdi, &eacute;conomiste-sociologue&nbsp;; Laurent Cordonnier, universit&eacute; Lille 1&nbsp;; Jacques Cossart, &eacute;conomiste du d&eacute;veloppement&nbsp;;
Jean-Paul Domin, universit&eacute; de Reims&nbsp;; Guillaume Etievant, expert aupr&egrave;s des CE&nbsp;; Bernard Friot, IDHE Paris Ouest&nbsp;;
Maryse Gadreau, professeur &eacute;m&eacute;rite &agrave; l&#039;universit&eacute; de Bourgogne&nbsp;; Jean Gadrey, universit&eacute; Lille I&nbsp;; V&eacute;ronique Gallais, &eacute;conomiste&nbsp;;&nbsp; Jacques G&eacute;n&eacute;reux, Sciences Po Paris&nbsp;; Patrick Gianfaldoni, UAPV&nbsp;; Jean-Pierre Gilly, professeur &eacute;m&eacute;rite universit&eacute; de Toulouse&nbsp;; Pierre Grou, universit&eacute; Versailles Saint-Quentin&nbsp;; Alain Guery, EHESS&nbsp;; Bernard Guibert, administration &eacute;conomique&nbsp;;
Jean-Marie Harribey, universit&eacute; Bordeaux 4&nbsp;; Michel Husson, &eacute;conomiste&nbsp;; Sabina Issehnane, universit&eacute; Rennes 2&nbsp;; Andr&eacute;e Kartchevsky, URCA&nbsp;; Pierre Khalfa, syndicaliste, membre du Conseil &eacute;conomique, social et environnemental&nbsp;;
Dany Lang, universit&eacute; Paris 13&nbsp;; Pierre Le Masne, universit&eacute; de Poitiers&nbsp;; Philippe L&eacute;g&eacute;, universit&eacute; de Picardie&nbsp;;
Marc Mangenot, &eacute;conomiste&nbsp;; Jonathan Marie, ma&icirc;tre de conf&eacute;rences, universit&eacute; Paris 13&nbsp;; Christiane Marty, &eacute;conomiste&nbsp;; Pierre Mascomere, actuaire consultant&nbsp;; Gustave Massiah, &eacute;conomiste, &eacute;cole d&#039;architecture de paris La Villette&nbsp;; J&eacute;r&ocirc;me Maucourant, &eacute;conomiste&nbsp;; Thierry M&eacute;ot, statisticien&nbsp;; Fran&ccedil;ois Morin, professeur &eacute;m&eacute;rite&nbsp;;
Nolwenn Neveu, professeure agr&eacute;g&eacute;e de sciences &eacute;conomiques et sociales&nbsp;; Gilles Orzoni, Ecole polytechnique&nbsp;;
Dominique Plihon, universit&eacute; Paris 13&nbsp;; Nicolas Prokovas, universit&eacute; Paris 3&nbsp;;
Christophe Ramaux, universit&eacute; Paris I&nbsp;; Jacques Rigaudiat, ancien conseiller social des Premiers ministres Rocard et Jospin&nbsp;; Gilles Rotillon, universit&eacute; Paris-Ouest&nbsp;; Jean-Marie Roux, &eacute;conomiste&nbsp;;
Robert Salais, Ecole normale sup&eacute;rieure de Cachan&nbsp;; Catherine Samary, universit&eacute; Paris Dauphine&nbsp;;
Dominique Tadd&eacute;i, ancien pr&eacute;sident d&#039;universit&eacute;, ancien Pr&eacute;sident de la Caisse des d&eacute;pots et consignations&nbsp;; Bernard Teper, R&eacute;seau Education Populaire&nbsp;; St&eacute;phanie Treillet, &eacute;conomiste&nbsp;;
S&eacute;bastien Villemot, &eacute;conomiste&nbsp;; Philippe Zarifian, professeur Universit&eacute; Paris Est">1</a></sup></p>
<p align="LEFT"><span style="font-size: large;"><strong><br />
</strong></span></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_6435" class="footnote">Signataires : Louis <strong>Adam</strong>, commissaire aux comptes<br />
Daniel <strong>Bachet</strong>, université d&#8217;Evry ; Philippe <strong>Batifoulier</strong>, université Paris ouest ; Nicolas <strong>Beniès</strong>, université populaire de Caen ; Mathieu <strong>Béraud</strong>, université de Lorraine ; Eric <strong>Berr</strong>, université Bordeaux IV ; Jacques <strong>Berthelot</strong>, ex INP de Toulouse ; <strong>Pierre Bezbakh</strong>, Paris Dauphine ; Boris <strong>Bilia</strong>, statisticien-économiste ; Pierre <strong>Bitoun</strong>, INRA ; Frédéric <strong>Boccara</strong>, université Paris XIII ; Marc <strong>Bousseyrol</strong>, Sciences Po Paris ; <strong>Mireille Bruyère</strong>, université Toulouse 2 ;<br />
Claude <strong>Calame</strong>, EHESS ; Christian <strong>Celdran</strong>, Economistes atterrés ; <span style="color: #000080;"><span style="text-decoration: underline;">Gabriel Colletis</span></span>, professeur de sciences économiques université de Toulouse 1 ; <strong>Pierre Concialdi</strong>, économiste-sociologue ; <strong>Laurent Cordonnier</strong>, université Lille 1 ; <strong>Jacques Cossart</strong>, économiste du développement ;<br />
Jean-Paul <strong>Domin</strong>, université de Reims ; Guillaume <strong>Etievant</strong>, expert auprès des CE ; Bernard <strong>Friot</strong>, IDHE Paris Ouest ;<br />
Maryse <strong>Gadreau</strong>, professeur émérite à l&#8217;université de Bourgogne ; Jean <strong>Gadrey</strong>, université Lille I ; Véronique <strong>Gallais</strong>, économiste ;  Jacques <strong>Généreux</strong>, Sciences Po Paris ; Patrick <strong>Gianfaldoni</strong>, UAPV ; Jean-Pierre <strong>Gilly</strong>, professeur émérite université de Toulouse ; Pierre<strong> Grou</strong>, université Versailles Saint-Quentin ; Alain <strong>Guery</strong>, EHESS ; Bernard <strong>Guibert</strong>, administration économique ;<br />
Jean-Marie <strong>Harribey</strong>, université Bordeaux 4 ; Michel <strong>Husson</strong>, économiste ; Sabina <strong>Issehnane</strong>, université Rennes 2 ; Andrée <strong>Kartchevsky</strong>, URCA ; <span style="color: #000080;"><span style="text-decoration: underline;">Pierre Khalfa</span></span>, syndicaliste, membre du Conseil économique, social et environnemental ;<br />
Dany <strong>Lang</strong>, université Paris 13 ; Pierre <strong>Le Masne</strong>, université de Poitiers ; Philippe <span style="color: #000080;"><span style="text-decoration: underline;">Légé</span></span>, université de Picardie ;<br />
Marc <strong>Mangenot</strong>, économiste ; Jonathan <strong>Marie</strong>, maître de conférences, université Paris 13 ; Christiane <strong>Marty</strong>, économiste ; Pierre<strong> Mascomere</strong>, actuaire consultant ; Gustave <strong>Massiah</strong>, économiste, école d&#8217;architecture de paris La Villette ; Jérôme <strong>Maucourant</strong>, économiste ; Thierry <strong>Méot</strong>, statisticien ; François <strong>Morin</strong>, professeur émérite ;<br />
Nolwenn <strong>Neveu</strong>, professeure agrégée de sciences économiques et sociales ; Gilles <strong>Orzoni</strong>, Ecole polytechnique ;<br />
Dominique <strong>Plihon</strong>, université Paris 13 ; Nicolas <strong>Prokovas</strong>, université Paris 3 ;<br />
Christophe <strong>Ramaux</strong>, université Paris I ; Jacques <strong>Rigaudiat</strong>, ancien conseiller social des Premiers ministres Rocard et Jospin ; Gilles <strong>Rotillon</strong>, université Paris-Ouest ; Jean-Marie <strong>Roux</strong>, économiste ;<br />
Robert <strong>Salais</strong>, Ecole normale supérieure de Cachan ; Catherine <strong>Samary</strong>, université Paris Dauphine ;<br />
Dominique <strong>Taddéi</strong>, ancien président d&#8217;université, ancien Président de la Caisse des dépots et consignations ; Bernard <strong>Teper</strong>, Réseau Education Populaire ; Stéphanie <strong>Treillet</strong>, économiste ;<br />
Sébastien <strong>Villemot</strong>, économiste ; Philippe <strong>Zarifian</strong>, professeur Université Paris Est</li></ol><div style='clear:both'></div>]]></content:encoded>
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		<title>Pour une éducation populaire politique</title>
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		<pubDate>Wed, 24 Apr 2013 08:47:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Philippe Labbé</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Tribune parue le 2 avril sous l&#8217;en-tête : Comment susciter davantage l’engagement des jeunes ?
En décembre 2012, le Credoc publiait un rapport, « Les jeunes d’aujourd’hui : quelle société pour demain ? » Vaste question. Les louables efforts de ses rédacteurs pour éviter le stigmate n’empêchent pas la – cruelle – réalité des chiffres. Ainsi en est-il de l’engagement politique : [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em><strong>Tribune parue le 2 avril sous l&#8217;en-tête : Comment susciter davantage l’engagement des jeunes ?</strong></em></p>
<p>En décembre 2012, le Credoc publiait un rapport, « Les jeunes d’aujourd’hui : quelle société pour demain ? » Vaste question. Les louables efforts de ses rédacteurs pour éviter le stigmate n’empêchent pas la – cruelle – réalité des chiffres. Ainsi en est-il de l’engagement politique : « Sur la période 2001-2010, seuls 4 % des 18-29 ans adhèrent à un parti politique ou à syndicat… » Le niveau de formation pondérerait-il ce pourcentage marginal ? Guère : seuls 7 % des jeunes diplômés du supérieur sont adhérents à de telles organisations, soit deux points de moins que les 30 ans et plus, tous niveaux confondus. Alors, certes, le Credoc pondère en écrivant que, si « les 18-29 ans se montrent plus réfractaires que leurs aînés à des formes d’engagement politique formalisées, voire institutionnalisées, (ils) n’hésitent pas à s’investir dans des projets collectifs », culturels, associatifs.</p>
<p>Faute de grives, des merles… pourrait-on dire. Car, si l’on peut s’ébaubir de quelques indignations salubrement contestataires, artistiques et autres, force est de constater qu’elles ne concernent qu’une fraction de la jeunesse mieux dotée et qu’elles s’élèvent, puis éclatent en bulles de catharsis sous le rouleau compresseur du monde des objets carburant à l’individualisme hédoniste.</p>
<p>Retour, donc, à la case « politique ». Sans succès, car la citoyenneté, pourtant pivot d’un dernier grand intégrateur, n’est bonne que ponctuellement, avec emphase, façon réunion électorale de la III<sup>e</sup> République sur une estrade, rouflaquettes aux tempes : « La jeunesse, un impératif national ! » Mais ces mots n’ont plus d’oreilles pour les entendre. Et tout porte à penser que cela ne va pas s’arranger avec un ministre du Budget (un comble) s’accommodant, pour lui, d’évasion fiscale et un ex-président de la République mis en examen – Dieu que c’est laid ! – pour « abus de faiblesse ». La fille du borgne ne s’y trompe d’ailleurs pas, jouissant de l’amalgame.</p>
<p>Il est habituel de s’attrister sur les conditions déplorables d’accès à l’adultéité réservées à la jeunesse. L’insertion, jadis réservée aux jeunes sans diplôme ni qualification, gangrène désormais toute une génération… exceptions faites de quelques héritiers, « fils de… » (cf. Lagardère, Dassault, etc.) et bien-nés, peinant en faculté de droit tout en prétendant à une présidence d’Epad. Pour y remédier et faute de radicalité, puisque l’air du temps est aux concessions, on rustine avec des politiques de l’emploi dont un classique est la diminution des charges, ce qui revient à faire entrer dans la tête des gens qu’un jeune coûte moins cher qu’un adulte… donc vaut moins. Il vaut mieux diviser – <em>winner</em> et <em>looser</em> (gagnant et perdant) – plutôt que de poser les bonnes questions. Ainsi, le partage du travail, pourtant seule solution raisonnable et éthique, est-il irrecevable par la doxa toute inondée de concurrence.</p>
<p>C’est ainsi : la plupart des solutions sociales imaginées pour réparer le bizutage social de la jeunesse se concentrent sur l’insertion professionnelle… que l’on ferait d’ailleurs mieux d’appeler l’accès à l’emploi, tant la dérive est patente de l’ambition d’un métier à l’exercice d’un emploi, à la résignation d’un job, à la survie d’un <em>bad job</em> (mauvais job). Pas plus que la politique, la « valeur travail » ne parvient à recomposer le minimum de cohésion sociale dont aurait besoin une société pour être autre chose qu’un agrégat dont le ciment, extrêmement friable, est l’opportunité.</p>
<p>Avec son étude de la circulation des élites, Pareto exposait un fonctionnement vertueux reposant sur le double mouvement de l’ascension des membres méritants (la méritocratie) et de la relégation des élites défaillantes. L’ascenseur est devenu descenseur et les élites contre-exemplaires expriment une remarquable stabilité. La démocratie est donc en grave danger – huit ou plus sur l’échelle de Richter – et quelques discours opportunistes ne suffiront pas à la sauver, tout au plus seront-ils des soins palliatifs. Le temps pour ceux qui les tiennent, eux, de s’en sortir.</p>
<p>Tout un travail de pédagogie est à entreprendre, comme l’entendait Montaigne pour qui éduquer n’était pas emplir un vase mais allumer un feu. Contrairement à l’assommoir des médias qui ne parlent que de « compétitivité », « dette » et « croissance », la réponse à l’urgence sociale n’est pas économique mais éthique : réinventer avec la jeunesse et dans le projet politique le constat de Condorcet, éduquer pour édifier l’idéal républicain. Non que les gens soient analphabètes, comme en 1789, mais en addiction à la société du spectacle : de TF1 au tac-au-tac, de « people » à « tous pourris ».</p>
<p>Les jeunes d’aujourd’hui s’adaptent, faisant de nécessité vertu. Ils secondarisent, heureusement pour eux, la « valeur travail » qui structura la génération de leurs géniteurs. Il convient de les entendre et de les accompagner dans leur socialisation car, à se socialiser entre pairs mais sans pères, ces derniers ne les reconnaîtront plus, ni ne seront reconnus, ni ne seront entendus.</p>
<p>Il s’agit donc de s’engager dans une éducation populaire politique. Pas plus ni moins que nous, adultes, la jeunesse n’est ni bonne ni mauvaise, n’a ni raison ni tort. Elle est un temps d’expérimentation, de construction. La condition, nécessaire mais non suffisante, d’une socialisation qui, des jeunes, en fasse des acteurs agissant sur le système et non des agents agis par le système, repose sur l’intergénérationnalité : même si nous, adultes, n’avons pas été, hélas !, les géants auxquels nous aspirions, il nous faut transmettre et, en les écoutant, leur permettre de grimper sur nos épaules pour voir plus loin. La recomposition politique est moins une affaire de parti que d’espaces de délibération intergénérationnelle : des racines de l’histoire de l’éducation populaire, des rameaux peuvent pousser. Entre le zapping affinitaire des réseaux sociaux où l’on s’égare en divertissement et la discipline républicaine des « orgas » où l’individu (<em>individuum</em> : « qui ne se sépare pas ») ne s’y retrouve plus parce que disjoint, il existe un interstice d’« agir communicationnel » et politique : que cent, mille universités d’éducation populaire politique éclosent…</p>
<p>Somme toute, comme l’écrivait Hannah Arendt (<em>Condition de l’homme moderne</em>), « ce que je propose est donc très simple : rien de plus que de penser ce que nous faisons ».</p>
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		<title>Le féminisme et les chiffres</title>
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		<pubDate>Wed, 24 Apr 2013 08:33:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Michel Zerbato</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Les femmes sont fâchées avec les chiffres, dit la sagesse macho. On ne le dira certes pas ici de F-A Benomar, dont l’ouvrage « Féminisme : la révolution inachevée », présenté par E. Barbaras dans ReSpublica n° 716, donne les chiffres d’écarts hommes-femmes sur les salaires ou les pensions de retraite. Mais ces chiffres sont piégés, car ils [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="LEFT"><span style="font-size: small;"><strong></strong>Les femmes sont fâchées avec les chiffres, dit la sagesse macho. On ne le dira certes pas ici de F-A Benomar, dont l’ouvrage « Féminisme : la révolution inachevée », présenté par E. Barbaras <a href="http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/feminisme-la-revolution-inachevee-de-f-a-benomar/6278" target="_blank">dans ReSpublica n° 716</a>, donne les chiffres d’écarts hommes-femmes sur les salaires ou les pensions de retraite. Mais ces chiffres sont piégés, car ils sont calculés du point de vue des hommes !<br />
En effet, selon l’Insee, l’écart hommes-femmes est de 27 % pour les salaires et de 38 % pour les pensions de retraite. Mais cela n’est pas précis, et donc sujet à manipulation, car un écart de 27 % peut s’interpréter de deux façons différentes : il peut signifier, soit que quand un homme gagne 100, une femme gagne 73, c’est-à-dire 27 % </span><span style="font-size: small;"><em>de moins</em></span><span style="font-size: small;"> que l’homme ; soit que quand une femme gagne 100, un homme gagne 127, soit 27 % </span><span style="font-size: small;"><em>de plus</em></span><span style="font-size: small;">. Et cela change tout, car dans le cas, par exemple, où l&#8217;homme gagne 100 et la femme 73, soit 27 % </span><span style="font-size: small;"><em>de moins</em></span><span style="font-size: small;">, il est tout aussi possible et légitime de dire que l’homme gagne 27 de plus que les 73 de la femme, soit 27/73*100 = 37 % </span><span style="font-size: small;"><em>de plus</em></span><span style="font-size: small;"> que la femme. Dans ce cas, quand la femme gagne 100, l’homme gagne 137, et non 127, soit 10 points de % de plus.<br />
Avec le chiffre de 38 % pour les retraites, l&#8217;écart est plus important encore : quand l’homme perçoit 100, la femme perçoit 62 s’il s’agit de 38 % de moins pour la femme, ou 72,5 si c’est 38 % de plus pour l’homme. S&#8217;il s&#8217;agit bien de 62 pour les femmes quand les hommes perçoivent 100, annoncer 38 % de moins pour les femmes est clairement le point de vue des hommes, dont on peut tout aussi bien dire qu’ils perçoivent 61,3 % de plus que les femmes.<br />
Annoncer un pourcentage d’écart calculé par rapport à la valeur la plus élevée permet donc de minimiser ledit pourcentage. Ainsi, mieux vaut pour le fisc annoncer une TVA à 20 % du prix TTC qu’une TVA à 25 % du prix hors taxe. En fait, le chiffre de 27 % que l&#8217;on retient généralement tel qu’il est donné par l&#8217;INSEE, est le pourcentage de salaire </span><span style="font-size: small;"><em>en moins</em></span><span style="font-size: small;"> pour les femmes, et non le pourcentage de salaire </span><span style="font-size: small;"><em>en plus</em></span><span style="font-size: small;"> pour les hommes. Autrement dit, le chiffre de 27 % est l&#8217;écart du point de vue de l&#8217;homme, tandis que du point de vue de la femme, l&#8217;écart est de 37 %. </span></p>
<h3 align="LEFT"><span style="font-size: small;">Quel chiffre retenir, alors ? </span></h3>
<p align="LEFT"><span style="font-size: small;">Il n’y a pas de règle absolue, et dans la pratique, le choix dépend de ce que l’on veut faire apparaître avec toujours le risque de manipulation, donc. S’il y a dans le phénomène étudié une norme, sociale ou physique, on calculera le pourcentage par rapport à ladite norme (ce peut être la moyenne). S’il peut paraître naturel de calculer une inégalité de taille par rapport au plus grand, car cela fait moins de peine au plus petit, cela ne l’est pas dans la sphère sociale, dans laquelle la manière de constater une inégalité est aussi une prise de position sur la justice sociale.<br />
Les chiffres de 27 % ou 38 % donnés par les statistiques sont rarement discutés (à l’exception notable de l&#8217;</span><span style="font-size: small;"><em>Observatoire des inégalités</em></span><span style="font-size: small;">)</span><span style="font-size: small;"> car ils se sont quasi naturellement imposés dans les débats, mais ce n’est que par pure convention. Si la norme implicite est de prendre la base hommes, c’est que l’on considère que si la femme gagne moins, ce n’est pas normal, et on mesure l’écart à la norme, qui est ici l’homme. L’homme, parce que la femme est entrée plus tard dans le monde du travail, parce que l’on considère trop souvent encore que le travail est accessoire pour elle, etc. Bref, la femme est en rattrapage, comme on disait des pays en voie de développement par rapport à la norme des pays développés. </span><span style="font-size: small;"><strong>Ceux qui utilisent consciemment cette norme sans le dire font un mensonge par omission qui camoufle une habitude qui arrange. Ici, ça arrange la &#8220;société&#8221; de prendre la base hommes, parce qu’en minimisant le % d&#8217;écart et donc la mesure de l’inégalité sociale, elle contient le sentiment d’injustice.</strong><br />
Cependant, retenir le seul point de vue de la femme aurait l’avantage de faire apparaître l’injustice de façon plus criante, mais aussi l’inconvénient de la poser en référence implicite, ce qui ne serait pas de bon féminisme. Car un féminisme conséquent ne pose pas la femme en égale de l’homme dans la manipulation, mais dans son humanité. La vérité libératrice est que l’on peut également dire que l&#8217;homme perçoit x % de plus que la femme ou que la femme perçoit y % de moins, elle est d’expliquer que l’écart de salaire de 27 % en </span><span style="font-size: small;"><em>défaveur</em></span><span style="font-size: small;"> de la femme est un écart de 37 % en </span><span style="font-size: small;"><em>faveur</em></span><span style="font-size: small;"> de l’homme.<br />
En matière de salaires, donc, les femmes devraient donc ne pas hésiter à avancer le chiffre de 37 % au lieu de l&#8217;habituel 27 %, mais à l&#8217;avancer honnêtement (ce qui marquera leur supériorité), en disant non pas que l’écart hommes-femmes est de 37 % (manipulation qui les rabaisserait), mais bien que &#8220;les hommes gagnent 37 % de plus que les femmes&#8221;, proposition absolument vraie, que nul ne pourra contester, et qui obligera à réfléchir ceux qui voudraient s&#8217;y essayer.<br />
Pour un débat sérieux et pour des comparaisons dans le temps ou dans l&#8217;espace, il faut simplement renoncer à l&#8217;expression &#8221; un écart de x %&#8221;, qui ne dit pas quelle est la référence (sauf aux initiés), mais toujours dire &#8220;les uns gagnent x % de plus&#8221; ou &#8220;les autres gagnent y % de moins&#8221;. Il n&#8217;y a alors aucune ambiguïté ni difficulté.<br />
Il est une autre inégalité, celle de l&#8217;espérance de vie, dont chacun sait que celle des femmes est plus élevée que celle des hommes : en 2011, 85 ans à la naissance contre 78,4 ; mais de 1981 à 2011, les hommes ont gagné 8 ans et les femmes 6,5 seulement, au moins un domaine dans lequel l&#8217;égalité progresse ! Ces 6,6 années de plus correspondent à un écart de 7,76 % si on rapporte à 85, ou de 8,42 % si on rapporte à 78,4 : l&#8217;espérance de vie des femmes est supérieure de 7,76 % à celle des hommes, mais celle des hommes est inférieure de 8,42 % à celle des femmes. Il est clair que 8,42 % est le bon chiffre… pour l’homme !</span></p>
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		<title>Appel à nos lecteurs</title>
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		<pubDate>Wed, 17 Apr 2013 19:58:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Évariste </dc:creator>
				<category><![CDATA[Chronique d'Evariste]]></category>
		<category><![CDATA[ReSPUBLICA]]></category>
		<category><![CDATA[lettre 717]]></category>
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		<respu:topcategoryname>Chronique d'Evariste</respu:topcategoryname>
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		<description><![CDATA[Ami(e)s qui lisez Respublica,
Voici treize ans déjà que ce journal alimente les réflexions et les débats de la gauche républicaine, laïque et sociale de façon objectivement indépendante des forces partisanes et a fortiori financières. Voilà pourquoi sans doute son audience n’a cessé de s’élargir auprès des militants.
Si nous avions salué la création du Parti de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial,Bitstream Vera Sans,Helvetica,sans-serif;">Ami(e)s qui lisez Respublica,</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial,Bitstream Vera Sans,Helvetica,sans-serif;">Voici treize ans déjà que </span><span style="font-family: Arial,Bitstream Vera Sans,Helvetica,sans-serif;">ce journal</span><span style="font-family: Arial,Bitstream Vera Sans,Helvetica,sans-serif;"> alimente les réflexions et les débats de la gauche républicaine, laïque et sociale de façon objectivement indépendante des forces partisanes et a fortiori financières. Voilà pourquoi sans doute son audience n’a cessé de s’élargir auprès des militants.<br />
Si nous avions salué la création du Parti de Gauche et nous sommes montrés favorables à la stratégie du Front de Gauche contre le sarko-césarisme, si nos tâches sont renouvelées par l&#8217;existence d&#8217;un gouvernement socialiste, notre objectif principal reste d’éclairer les crises de fin de cycle du capitalisme et de jeter quelques lueurs sur les changements de modèles économiques, politiques, écologiques, sociétaux… qui s’annoncent.<span id="more-6379"></span></span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial,Bitstream Vera Sans,Helvetica,sans-serif;">Ce qui nous guide sur ce chemin, ce sont les amorces de République sociale dont le passé nous a donné quelques exemples (sous l’égide de Jaurès, en 1936 et avec le CNR….) et légué plus particulièrement les principes de solidarité et de de laïcité. Mais la référence au passé sera stérile si nous échouons à diagnostiquer les récentes erreurs de parcours de la gauche, à prendre en compte les nouvelles exigences de la mondialisation et du développement écologique et social, bref si nous nous enfermons dans une analyse politicienne et franco-française sans donner place à une vison globale et internationale des luttes ni à l’imagination des lendemains. Comme nous nous plaisons à le dire “le chemin importe davantage que le bout du chemin” !<br />
A cet égard, nous ne cesserons de lier l’objectif d’éducation populaire à l’exigence de formulation des débats de la gauche républicaine, laïque et sociale : c’est la raison d’être du <a href="http://www.reseaueducationpopulaire.info/">Réseau Education Populaire</a> avec lequel nous coordonnons un certain nombre d’initiatives et de débats.<br />
</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial,Bitstream Vera Sans,Helvetica,sans-serif;">Pour cela, nous avons besoin de vous et d’abord de vos avis : si le site ne comporte pas de forum, nous tentons de répondre à vos commentaires. Nous sollicitons également des textes à publier de votre part, y compris dans des domaines que nous couvrons peu car nous devons nous diversifier.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial,Bitstream Vera Sans,Helvetica,sans-serif;"><br />
A la suite d&#8217;un précédent appel pour le financement du journal fin 2012, vous vous êtes manifestés particulièrement nombreux et de façon généreuse. Que ceux qui n&#8217;ont pas été remerciés individuellement le soient ici et maintenant. Si nous vous sollicitons à nouveau, c&#8217;est que nos frais incompressibles sont d’environ 1 000 euros par mois pour des postes informatiques (location d’un serveur, développements spécifiques notamment pour les pétitions ou la mise en ligne de vidéos…). Nous avons également besoin de rémunérer une aide rédactionnelle occasionnelle pour rendre votre journal plus agréable à lire et surtout plus régulier.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial,Bitstream Vera Sans,Helvetica,sans-serif;">Pour nous aider, vous pouvez <a href="http://www.gaucherepublicaine.org/soutenir-et-financer-respublica">vous rendre sur la page dédiée aux dons</a> et vous inspirer du barème (indicatif) suivant :</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial,Bitstream Vera Sans,Helvetica,sans-serif;">Chômeurs, bénéficiaires des minima sociaux, étudiants: 10 euros<br />
SMIC et au-delà: entre 25 euros et 100 euros</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial,Bitstream Vera Sans,Helvetica,sans-serif;">L’association </span><em><span style="font-family: Arial,Bitstream Vera Sans,Helvetica,sans-serif;">Les Amis de ReSPUBLICA</span></em><span style="font-family: Arial,Bitstream Vera Sans,Helvetica,sans-serif;"> vous remercie par avance du soutien que vous lui témoignez, et espère vous accompagner longtemps dans la défense de vos idées.</span></p>
<p align="JUSTIFY"><span style="font-family: Arial,Bitstream Vera Sans,Helvetica,sans-serif;"><br />
</span></p>
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		<title>Un épisode odieux et absurde de la colonisation française</title>
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		<pubDate>Wed, 17 Apr 2013 15:59:04 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Monique Vézinet</dc:creator>
				<category><![CDATA[A lire, à voir ou à écouter]]></category>
		<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
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		<category><![CDATA[Vietnam]]></category>
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		<description><![CDATA[Công Binh, la longue nuit indochinoise, de Lam Lê, est un film sorti récemment dans le réseau Art et essai que j&#8217;ai eu l&#8217;occasion de voir en présence du réalisateur. Sur les traces de Pierre Daum qui a écrit en 2009 l&#8217;ouvrage Immigrés de force aux éditions Actes Sud,1 il fait resurgir l&#8217;histoire occultée des [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em><span style="color: #222222;"><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">Công Binh, la longue nuit indochinoise</span></span></span></em><span style="color: #222222;"><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">, de Lam Lê, est un film sorti récemment dans le réseau Art et essai que j&#8217;ai eu l&#8217;occasion de voir en présence du réalisateur. Sur les traces de Pierre Daum qui a écrit en 2009 l&#8217;ouvrage </span></span></span><span style="color: #222222;"><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>Immigrés de force </em>aux é</span></span></span><span style="color: #222222;"><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">ditions Actes Sud,<sup><a href="http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/un-episode-odieux-et-absurde-de-la-colonisation-francaise/6412#footnote_0_6412" id="identifier_0_6412" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="L&#039;auteur vient d&#039;ouvrir le site www.immigresdeforce.com qui donne un utile agenda des manifestations li&eacute;es au livre comme au film, dont une exposition.">1</a></sup> il fait resurgir l&#8217;histoire occultée des « ouvriers-soldats » (</span></span><em>công binh</em><span style="color: #222222;"><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">) recrutés de force en Indochine à la demande de George Mandel en prévision de la guerre (20 000 jeunes non destinés à combattre, en sus d&#8217;un contingent de tirailleurs). Après la défaite de la France en 1940, voilà bloquée en métropole pour des années, ballottée des Baumettes à divers camps ou baraquements, mal traitée et rongée de tuberculose cette MOI (main d&#8217;</span></span></span>œ<span style="color: #222222;"><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">uvre immigrée – à ne pas confondre avec l&#8217;autre ! – qui dépend du ministère du travail et dont on ne sait trop que faire). De fait elle va être d&#8217;abord employée en zone libre à des travaux ruraux (le riz en Camargue, notamment), puis à partir de 1943 dans des usines sous contrôle allemand ou pour le compte directement de l&#8217;occupant. En 1945, ils se retrouvent sous la tutelle du ministère des colonies et se voient proposer diverses occupations et parfois des formations professionnelles, le régime disciplinaire s&#8217;adoucit.<br />
Le réalisateur Lam Lê n&#8217;a pas voulu faire</span></span></span> œ<span style="color: #222222;"><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">uvre d&#8217;historien, bien qu&#8217;il ait été primé au Festival international du film d&#8217;histoire 2012 à Pessac, ni de documentariste, bien qu&#8217;il utilise nombre de documents anciens. Il s&#8217;est attaché à interroger les derniers survivants, pour partie restés en France, pour partie retournés au Viet Nam.<br />
Ces témoignages font remonter un passé enfoui que ces vieux messieurs livrent tantôt avec résignation, tantôt avec colère. Ils témoignent aussi des divisions idéologiques qui les ont traversés bien que le film ne les explicite guère : pour la plupart illettrés au départ, ils s&#8217;attachèrent à s&#8217;instruire, ils découvrirent les syndicats ; ils furent témoins des vifs débats qui opposèrent staliniens et trotzkystes, malgré lesquels, au congrès d&#8217;Avignon de décembre 1944, fut constituée la Délégation Générale des Indochinois qui réunissait aussi étudiants, intellectuels et tirailleurs. En juin 1946, c&#8217;est la visite de Hô Chi Minh en France. Le ralliement des </span></span></span><span style="color: #222222;"><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>công binh</em></span></span></span><span style="color: #222222;"><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;"> au Viet Minh fut la source de troubles et les rendit indésirables pour les autorités françaises. Mais il faut savoir que les derniers rapatriements ont eu lieu en 1952 seulement, et que ceux qui revenaient après tant d&#8217;années d&#8217;éloignement furent souvent considérés comme des traîtres et n&#8217;ont jamais été indemnisés.</span></span></span><span style="font-family: Times New Roman,serif;"><br />
</span>Œ<span style="color: #222222;"><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">uvre assumée comme subjective, le film emprunte à des formes artistiques originales : musique vietnamienne, création originale du Théâtre national de marionnettes sur l&#8217;eau de Hanoi exprimant le point de vue populaire (pour autant, </span></span></span><em><span style="color: #222222;"><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">Công Binh </span></span></span></em><span style="color: #222222;"><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">n&#8217;est pas diffusé au Viet Nam). Qualifiant cette odyssée de « tragédie », Lam Lê évite pourtant la dénonciation véhémente. Tout est en demi-teintes et il déclare lui-même que « la mentalité vietnamienne, avide de modernité, a tendance à gommer le passé ». Même si les témoignages les plus durs sont énoncés avec le sourire, on lui sait gré d&#8217;avoir fait remonter ce passé peu glorieux à la surface et son film est une incitation à se documenter sur cet épisode colonial singulier.</span></span></span></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_6412" class="footnote">L&#8217;auteur vient d&#8217;ouvrir le site </span></span></span><a href="http://immigresdeforce.us5.list-manage.com/track/click?u=c82887a5cbd7945197321c95b&amp;id=865acba4b1&amp;e=ef87aa5441" target="_blank">www.immigresdeforce.com</a><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;"> qui donne un utile agenda des manifestations liées au livre comme au film, dont une exposition.</li></ol><div style='clear:both'></div>]]></content:encoded>
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		<title>Comprendre à travers l&#8217;actualité comment l&#8217;oligarchie veut « réformer » la protection sociale</title>
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		<pubDate>Wed, 17 Apr 2013 13:26:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Bernard Teper</dc:creator>
				<category><![CDATA[Lutter contre le néo-libéralisme]]></category>
		<category><![CDATA[Politique française]]></category>
		<category><![CDATA[Protection sociale]]></category>
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		<respu:topcategoryname>Protection sociale</respu:topcategoryname>
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		<description><![CDATA[Après la mise en perspective de l&#8217;éditorial de notre précédent numéro « Le triptyque de la protection sociale des néolibéraux de droite et de gauche : austérité, étatisation et privatisation », voici des détails, voici des arguments supplémentaires avec notre veille régulière pour les dernières semaines. Plus cela va, plus c&#8217;est pareil mais en pire ! D&#8217;où la question : [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Après la mise en perspective de l&#8217;éditorial de notre précédent numéro « <a href="http://www.gaucherepublicaine.org/chronique-devariste/le-triptyque-de-la-protection-sociale-des-neoliberaux-de-droite-et-de-gauche-austerite-etatisation-et-privatisation/6322#more-6322">Le triptyque de la protection sociale des néolibéraux de droite et de gauche : austérité, étatisation et privatisation </a>», voici des détails, voici des arguments supplémentaires avec notre veille régulière pour les dernières semaines. Plus cela va, plus c&#8217;est pareil mais en pire ! D&#8217;où la question : «  Le changement, c&#8217;est pour quand ? Quand va-t-on reconnaître que les politiques néolibérales sont mauvaises ? »<span id="more-6372"></span></p>
<p>[toc]</p>
<h3>Le syndicat infirmier SNPI CFE-CGC communique. <a href=" http://www.syndicat-infirmier.com/Cynisme-d-Etat-jusqu-ou-iront-ils.html" target="_blank">Cynisme d&#8217;État : jusqu’où iront-ils?</a></h3>
<blockquote><p><em><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">Ces dernières années, l&#8217;État a fermé des « petites » maternités, de « petits » services de chirurgie, de « petits » hôpitaux locaux, de « petits » services d’urgences. En tout 100 000 lits supprimés en dix ans. Mais ce n’est jamais au nom de « plans d’économies » ou du mot-clé de l’administration branchée, l’efficience. Non, ils nous disent que c’est au nom de la qualité des soins, pour la sécurité des patients, car ces services ne font pas assez d’actes, donc ils risquent de « perdre la main », et d’être moins bon que le grand CHU où tout le monde est « au top ».</span></span></em><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em><br />
Curieusement, les erreurs de soins dont la presse se fait l’écho concernent souvent de « grands » services d’urgences et de « grandes » maternités, où, du fait de toutes ces structures locales fermées, les files d’attentes s’allongent toujours plus, avec des patients invités à rentrer chez eux rapidement, pour libérer des lits à ceux qui sont stationnés sur des brancards dans le couloir.<br />
Lors du HCPP du 3 avril (Haut Conseil des Professions Paramédicales) toutes les centrales syndicales ont dénoncé le protocole de « coopérations entre professionnels de santé » (article 51 de la loi HPST) de cancérologie </em>low cost <em>autorisé par l’Agence Régionale de Santé d’Île de France, selon lequel une infirmière peut remplacer un cancérologue moyennant une formation théorique de 45 heures ! La représentante du ministère a répondu que ce n’était pas juste pour gagner du temps médical, mais pour « améliorer la prise en charge des patients » !<br />
Mieux, pour l’oncologue responsable du protocole, « C’est impossible de former les médecins traitants. Les molécules sont très compliquées et il y en a toujours de nouvelles, les infirmières de l’hôpital de jour sont donc les mieux placées pour assurer un suivi ». Toutes les études internationales montrent que pour assurer le suivi des patients chroniques, avec une prescription infirmière de médicaments, il est nécessaire que l’infirmière dispose d’une formation supplémentaire en master (travaux portant sur environ 330 000 infirmières de pratiques avancées dans 25 pays (avec 50 ans de recul aux USA). Mais en France, 45 heures seraient suffisantes ? C’est mettre en danger les patients et les infirmières qui acceptent de telles dérives !<br />
S’il faut élargir les compétences infirmières :<br />
- soit c’est juste rajouter un acte technique, et il faut alors le rajouter au décret d’acte, introduire ce nouvel apprentissage officiellement dans la formation initiale et le valider par le diplôme d’État<br />
- soit c’est une nouvelle compétence, avec une prescription médicale limitée, sur le modèle de la sage-femme, et il faut deux années universitaires supplémentaires pour valider ces compétences, dans le cadre d’un métier intermédiaire validé par un master, dans un cadre statutaire clair, payé comme tel, sur le modèle de l&#8217;IADE.</em></span></span></p></blockquote>
<h3>Reculs de l&#8217;accès aux soins de qualité partout et pour tous et des droits universels</h3>
<p>Médecins du Monde, dans sa conférence de presse du mardi 9 avril, a pointé le fait que les catégories précaires et défavorisées voient l&#8217;effondrement de leur prise en charge <strong>dans tous les pays d&#8217;Europe sans exception</strong>. Les systèmes de santé n&#8217;assurent plus l&#8217;accès aux soins de qualité partout et pour tous.</p>
<blockquote><p><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">Depuis le milieu des années 90, le passage aux urgences hospitalières <strong>a plus que doublé</strong> à cause de la montée des restes à charge pour les assurés sociaux, de la déficience dans la continuité des soins le week-end et la nuit, de la désertification médicale, de la raréfaction des centres de santé primaires. Les urgences hospitalières étant le seul endroit où le soin est possible pour ceux qui font en dehors de cela de la renonciation de soins pour causes financières.<br />
L&#8217;organisation patronale du Medef a réussi à convaincre les syndicats minoritaires CFDT, UNSA, CFTC et UNSA, le gouvernement socialiste et vert d&#8217;Hollande et d&#8217;Ayrault et l&#8217;opposition UMP de promouvoir un accord de régression sociale. Pour les implications sur la santé publique de l&#8217;accord interprofessionnel du 11 janvier « made in Medef »,<sup><a href="http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/comprendre-a-travers-lactualite-comment-loligarchie-veut-reformer-la-protection-sociale/6372#footnote_0_6372" id="identifier_0_6372" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Gr&acirc;ce &agrave; cet accord, les licenciements seront plus facile pour les patrons, les salari&eacute;s seront tenus d&#039;accepter des baisses de salaire et le refus du salari&eacute; de la mobilit&eacute; &agrave; l&#039;autre bout de la France n&#039;aboutira plus au licenciement &eacute;conomique.&nbsp; Et ils osent dire qu&#039;il y a des points positifs pour les salari&eacute;s. Tous les points qui soi-disant auraient pu &ecirc;tre positifs sont renvoy&eacute;s &agrave; des discussions ult&eacute;rieures. On peut r&eacute;sumer cela en disant : &laquo;&nbsp;les reculs pour les salari&eacute;s , c&#039;est pour tout de suite, les avantages &eacute;ventuels sont renvoy&eacute;s &agrave; des discussions ult&eacute;rieures&nbsp;&raquo;. Tristes syndicats minoritaires! Heureusement que les syndicats revendicatifs majoritaires CGT, FO, FSU et Solidaires sont les seuls &agrave; mener la bataille pour l&#039;extension des droits des salari&eacute;s et donc contre la r&eacute;gression sociale.">1</a></sup> on lira <a href="http://ods-entreprises.fr/un-droit-dalerte-aux-deputes-sur-les-risques-du-projet-de-loi-sur-lemploi/" target="_blank">http://ods-entreprises.fr/un-droit-dalerte-aux-deputes-sur-les-risques-du-projet-de-loi-sur-lemploi/</a>.</span></span></p></blockquote>
<h3>La complémentaire d&#8217;entreprise pour tous dans l&#8217;accord « made in Medef »</h3>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">Après les promesses gouvernementales qui n&#8217;engagent que ceux qui y croient, regardons la triste réalité vraie ! Déjà les mutuelles en sortent Gros Jean comme devant! L&#8217;accord du 11 janvier 2013 évoqué au point précédent donne la liberté de choix à l&#8217;employeur (mais pas aux syndicats de salariés&#8230;). Tout le monde comprendra alors que les employeurs du Medef choisiront les assureurs privés à but lucratif pour les actionnaires(regroupés dans la Fédération française des sociétés d&#8217;assurance membre du Medef) et non les mutuelles. Mais dans le texte voté à l&#8217;Assemblée nationale, le choix de la complémentaire santé relèverait du choix dans la branche réalisée par les partenaires sociaux (patronat et syndicats). Et cela donnerait un avantage aux Instituts de prévoyance qui ont une façade paritaire (mais sont réassurés auprès des réassureurs membres du Medef).<br />
Une fois encore, nous voyons que <em><strong>la Fédération nationale de la mutualité française est le cheval de Troie des assureurs privés à but lucratif pour les actionnaires et des Instituts de prévoyance dont le paritarisme n&#8217;est que de façade.</strong></em><br />
Une fois de plus, nous voyons la volonté de marginalisation du syndicalisme revendicatif majoritaire-CGT, FO, Solidaires et FSU orchestré par le patronat et le gouvernement et appuyé par des syndicalistes minoritaires dont le but n&#8217;est que d&#8217;accompagner les désirs patronaux (CFTC, CFDT, UNSA, CGC).<br />
Voir aussi le point 15) ci-dessous.</span></span></p>
<h3>Le contrôle de l&#8217;activité libérale dans les établissements publics de santé</h3>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">La conseillère d’État Dominique Laurent a émis neuf recommandations pour soi-disant &#8220;améliorer&#8221; le contrôle de l&#8217;activité libérale dans les établissements publics de santé, dans son rapport à la ministre des Affaires sociales et de la santé, Marisol Touraine. Cette nouvelle usine à gaz ne va favoriser que le développement de l&#8217;activité de dépassements d&#8217;honoraires qui - rappelons-le - sera légale jusqu&#8217;à deux fois et demi la tarification opposable de la sécurité sociale. Voici ce qu&#8217;en dit le Manifeste des médecins solidaires:</span></span><br />
<strong>Pas de changement pour les dépassements !</strong><br />
La commission dirigée par Mme Dominique LAURENT, conseillère d&#8217;État, chargée de mission sur l’activité libérale à l’Hôpital, vient de remettre son rapport à Mme Marisol TOURAINE, Ministre des Affaires Sociales et de la Santé.<br />
Suite à ses travaux menés durant 7 mois, qui lui ont permis d’auditionner de nombreux partenaires (dont des usagers et des praticiens), les conclusions de son rapport soulignent la nécessité pour l’Hôpital :<br />
- de conserver « à tout prix » en son sein les 2000 médecins dépasseurs qui font une « médecine de qualité supérieure à leurs confrères », qui « rehaussent le niveau de l’hôpital » et qui risqueraient de fuir dans le privé si les dépassements étaient supprimés ;<br />
- de faire passer à un second plan les difficultés d’accès aux soins pour les usagers, notamment dans les secteurs où la médecine en secteur 1 se raréfie.<br />
Les questions relatives aux modes et aux niveaux de rémunération des médecins, à la définition claire de tarifs excessifs restent sans réponse.<br />
Ce rapport est en complet désaccord avec la déclaration solennelle de l’Assemblée générale de l’ONU du 12-12-2012, cosignée par la Fr ance ; dans sa résolution « Vers une couverture sanitaire universelle » elle a appelé « chaque état membre de l’ONU à éviter de recourir au paiement direct des soins par les usagers et à financer leur système de santé par le biais de mécanismes plus équitables et solidaires ».<br />
Le Manifeste des médecins solidaires (MMS) prend acte de ce manque d’ambition solidaire, qui méprise l’opinion publique largement majoritaire dans son opposition aux dépassements d’honoraires médicaux.<br />
Les citoyens de France ne sont pas très heureux d’apprendre qu’ils vont sans doute continuer à financer de leurs poches l’augmentation de revenus d’une petite partie des médecins hospitaliers, et qu’ils risquent d’être victimes d’une double peine quand ils seront malades.…<br />
Les médecins solidaires, qui pratiquent des tarifs clairement remboursés et qui représentent 75 % de l’ensemble des médecins, ne sont pas ravis de constater qu’ils font une médecine de qualité jugée inférieure et que leur sagesse tarifaire ne soit pas reconnue politiquement par un gouvernement à prédominance socialiste.</p>
<h3>Le miroir aux alouettes des contrats des complémentaires santé dits « responsables et solidaires »</h3>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">Il existe une formule magique qui consiste à favoriser les « contrats responsables et solidaires » des complémentaires santé. Mais pouvons-nous regarder de près le contenu des ces contrats. Force est de constater que les critères qui permettent cette dénomination sont lâches et flous ! Rappelons que les &#8220;contrats responsables et solidaires&#8221; sont éligibles à des aides publiques. Il est alors étonnant que les pouvoirs publics n&#8217;aient toujours pas décidé d&#8217;éviter les dérives actuelles. </span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">Bien évidemment, il faut durcir ces critères. Car ces contrats favorisent aujourd&#8217;hui les dépassements d&#8217;honoraires, tout comme la nouvelle règle promue par le gouvernement du contrat dit « d&#8217;accès aux soins » qui légalise la multiplication par 2,5 du tarif opposable de la Sécu. Il est quand même incroyable que des aides publiques soient données à des structures qui solvabilisent les dépassements d&#8217;honoraires !</span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">Nous le disons clairement : <em><strong>nous devons supprimer tous dépassements d&#8217;honoraires quitte à augmenter certains tarifs opposables</strong></em><em>. </em>Aucune aide publique ne doit être donnée à des structures favorisant les dépassements d&#8217;honoraires.</span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">Par ailleurs, dans ces contrats dits responsables et solidaires, ne sont pris en compte en tant que prévention pratiquement que la vaccination et le dépistage. <em><strong>Il n&#8217;est pas pris en compte l&#8217;éducation à la santé </strong></em>notamment dans les écoles, ni la diminution des facteurs de risque notamment environnementaux, <em><strong>et pas plus la prévention nécessaire pour combattre les maladies chroniques et encore moins les prestations de conservation de l&#8217;autonomie ou la santé au travail.</strong></em></span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;"><br />
Enfin, peut-on appeler « responsable et solidaire » un contrat qui fait de la sélection par le risque comme par exemple les écarts de plus en plus en grand lié à l&#8217;âge des contractants ? Peut-on appeler « responsable et solidaire » un contrat qui par une cotisation au forfait fait contribuer plus les moins fortunés ? Peut-on appeler« responsable et solidaire » , un contrat qui défavorise les salariés qui n&#8217;ont pas de contrat de groupe ?</span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;"><br />
Bien évidemment, on voit bien là que la voie « responsable et solidaire » serait d&#8217;abord de développer la Sécurité sociale au lieu de favoriser les complémentaires santé. La voie « responsable et solidaire » serait d&#8217;abord de promouvoir un développement de la mutualité dans les autres secteurs que la complémentaire santé comme la prévention (mais il faut alors une loi-cadre pour organiser le financement de cette activité), comme les IARD (assurance pour Incendie, Accidents et Risques Divers) où la mutualité pourrait concurrencer les assurances à but lucratif pour les actionnaires au lieu de concurrencer la Sécurité sociale dans la complémentaire santé, où la mutualité pourrait participer à la généralisation des centres de santé de premier recours (voir ci-dessous) pour tous et partout sur le territoire national au lieu de les fermer un par un. Mais pour cela, il faut une rupture avec les politiques néolibérales en matière de santé et de protection sociale. Avis aux amateurs !</span></span></p>
<h3>Le miroir aux alouettes des contrats des complémentaires santé dits « responsables et solidaires »</h3>
<p>La Fédération nationale de la mutualité française (FNMF) regroupe plus de 500 centres de santé, dont 445 dentaires, 46 médicaux et polyvalents et 24 de soins infirmiers, qui emploient aujourd&#8217;hui 2.830 professionnels de santé. Eh bien, <strong>la FNMF vient de produire  un « nouveau modèle économique » </strong>pour ses centres de santé.<br />
De suite, les critiques de l&#8217;Union syndicale des médecins de centres de santé (USMCS) et de la Fédération nationale des centres de santé (FNCS) ont fusé. Comme quoi, on ne peut pas se gargariser de mots pour améliorer la situation.<br />
Pour l&#8217;USMCS, c&#8217;est sans appel :</p>
<blockquote><p><em>A la lecture du guide de la Mutualité, la première impression est un sentiment de déception. Nombre des mesures organisationnelles préconisées sont bien connues des gestionnaires de centres de santé, elles sont déjà mises en pratique, elles ne suffisent pas à assurer l&#8217;équilibre des centres qui pratiquent une médecine de qualité !</em><br />
<em> &#8230;la Mutualité n&#8217;a pas de vision alternative au paiement à l&#8217;acte, désormais archaïque et inadapté aux parcours de soins des patients.</em><br />
<em> &#8230;&#8221;D&#8217;abord ne pas nuire&#8221;, telle est la devise de la médecine, &#8221;d&#8217;abord faire rentrer du pognon&#8221;, telle est la préconisation de la Mutualité.</em><br />
<em> Quatre consultations de médecine générale réalisées par heure, en moyenne à l&#8217;année, c&#8217;est une médecine hâtive, qui ne peut pas prendre le temps de ne pas prescrire. Examens complémentaires faciles, recours aux spécialistes quasi systématiques, ordonnances irréfléchies, telles sont les conséquences de cette médecine productiviste.</em><br />
[L&#8217;USMCS déplore aussi]<em> qu&#8217;un assureur complémentaire, la Mutualité française, préconise une densification des actes dans ses établissements, au détriment des finances de l&#8217;assurance maladie obligatoire.</em><br />
[Ou encore :]<em> Mépris pour les patients, mais aussi mépris pour les professionnels, voilà ce qu&#8217;on ressent à la lecture de ce guide. La Mutualité théorise ici ses propres pratiques couvrant ainsi les licenciements des récalcitrants, comme la situation des centres de santé des Bouches-du-Rhône l&#8217;a récemment montré.</em></p></blockquote>
<p>Le Grand conseil de la mutualité (GCM) des Bouches-du-Rhône, rattaché à la Mutualité française, a décidé fin 2012 de licencier une trentaine de médecins de centres de santé parce qu&#8217;ils ont refusé le nouveau contrat qui leur avait été proposé, qui prévoyait un passage partiel au paiement à l&#8217;acte. Dominique Eddi, vice-président du syndicat fait partie de la charrette. Nous disons : est-ce tolérable ?<br />
Même la FNCS, plus modérée, n&#8217;est pas avare de critiques et se dit « réservée » sur le projet de la Mutualité française, pointant qu&#8217;il est inapproprié en zones rurales et périurbaines et qu&#8217;il augmenterait les inégalités territoriales. Même la FNCS considère que le projet de la Mutualité française conduit à « faire du chiffre » en produisant des actes techniques, par exemple la pose de prothèses dentaires, pour compenser les déficits liés à la médecine générale. La FNCS estime qu&#8217;il faut d&#8217;abord construire une structure en s&#8217;appuyant sur les besoins de la population et ne pas oublier comme le fait la Mutualité française de ne pas d&#8217;abord travailler sur sur les missions de santé publique et d&#8217;accompagnement social des centres.</p>
<h3>Le Planning familial juge insuffisantes les nouvelles mesures concernant la contraception et l&#8217;IVG</h3>
<p>Le Planning familial a diffusé une lettre ouverte suite à la parution au Journal officiel du décret instaurant la gratuité de l&#8217;hospitalisation suite à une IVG, ainsi que la gratuité de la contraception pour les mineures de 15 ans et plus. Là encore, voilà une ministre qui se paye de mots. Merci au Planning familial de rétablir des vérités. Carine Favier et Véronique Séhier, les deux coprésidentes du Planning familial, n&#8217;y vont pas de main morte dans leurs critiques :</p>
<ul>
<li>les préservatifs ne sont pas concernés, alors qu&#8217;ils sont « utilisés par près de la moitié des 15-17 ans »,</li>
<li><span style="font-size: small; font-family: Arial, sans-serif;">« la consultation médicale, comme les éventuels examens biologiques, ne sont pas pris en charge. Or les contraceptifs remboursés nécessitent une prescription »,</span></li>
<li><span style="font-size: small; font-family: Arial, sans-serif;">l&#8217;introduction d&#8217;un âge plancher à 15 ans « renforce la confusion autour de la notion de &#8221;majorité sexuelle&#8221;, inexistante en France ».</span></li>
</ul>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;"> Elles déplorent, même si elles reconnaissent que la prise en charge à 100 % de l&#8217;IVG et la revalorisation des forfaits qui lui sont associés constituent des avancées, une « logique totalement non aboutie », notamment parce que « l&#8217;échographie de datation exigée aujourd&#8217;hui dans tous les centres IVG n&#8217;a pas été incluse dans les forfaits réévalués, et n&#8217;est donc pas prise en charge à 100 % ».<br />
Le Planning familial précise qu&#8217;il continuera d&#8217;exiger un accès gratuit et anonyme à la contraception pour toutes les personnes mineures, mais aussi pour tous les jeunes de 18 à 25 ans, qui sont souvent en difficulté financière, ainsi que la présence d&#8217;un centre IVG dans chaque centre hospitalier, « comme l&#8217;écrivait le candidat Hollande, pour assurer une bonne couverture territoriale ».<br />
Une fois encore, on voit que les slogans publicitaires du gouvernement ne résistent pas à une analyse concrète du problème. Merci au Planning familial de rétablir des vérités</span></span></p>
<h3>En avant pour les fractures territoriales en matière de santé</h3>
<p>Les agences régionales de santé ont trois ans. Elles ont été crées par la loi Hôpital, patients, santé et territoires (HPST) votée pendant la période Sarkozy-Fillon-Bachelot et toujours en vigueur avec Hollande -Ayrault -Touraine. Eh bien, les inégalités territoriales se creusent. Chercher l&#8217;erreur !<br />
Tant pis pour les zones rurales et territoriales, c&#8217;est-à-dire la majorité du territoire français : voir fin octobre 2012 le drame du Lot qui avait vu une femme perdre son enfant avant son arrivée. Une promesse du président Hollande a suivi : 30 minutes pour l&#8217;accès aux soins partout et pour tous.<br />
Emmanuel Vigneron, professeur d’aménagement sanitaire à l’université de Montpellier, qui signe une étude sur les inégalités sociales et territoriales en matière d’accès aux soins pour le compte de la Fédération des établissements hospitaliers et d’aide à la personne (Fehap) a dessiné les contours de la France fracturée. On peut résumer cela de la façon suivante : les politiques récentes ont organisé une fracture entre les métropoles et le reste de la France et entre la Côte atlantique et le Midi et le reste de la France. Il pointe que « <em>cette intervention </em>[la chirurgie de la cataracte, NDLR]<em> simple et peu coûteuse fréquemment pratiquée en </em><em>Aquitaine</em><em> et à Toulouse soit difficile d’accès en Franche-Comté, dans la région Centre ou bien encore dans les Pays de la </em><em>Loire</em>. »<br />
Les déserts médicaux progressent et la ministre déclare même que « <em>Depuis cinq ans, 2 millions de Français supplémentaires vivent dans des territoires dont la densité médicale est insuffisante et contrairement aux idées reçues, les territoires ruraux ne sont d’ailleurs pas les seuls concernés. Paris et le Val-de-Marne ont enregistré la plus forte baisse de médecins de famille au cours des dernières années, chutant de 16 %. »</em><br />
Pire, l’acte III de la décentralisation ne semble pas prendre le chemin de la résolution de ce problème. En effet, pour l’instant, la santé reste l&#8217;apanage des rodomontades ministérielles mais étrangement absente du Haut Conseil des territoires et des conférences territoriales de l’action publique que les régions devraient présider.<br />
Même l’inspection générale des Affaires sociales(IGAS) s&#8217;en mêle. Son rapport « Fusion et regroupements hospitaliers : quel bilan pour les 15 dernières années ? », par Françoise Lalande, Claire Scotton, Pierre Yves Bocquet et Jean Louis Bonnet (mars 2012), déplore les 90 fusions réalisées depuis ces quinze dernières années et qui ont &#8220;déshabillé&#8221; les territoires!<br />
Même Danielle Toupillier, directrice générale du Centre national de gestion (CNG) qui gère la répartition des praticiens hospitaliers sur l’ensemble du territoire dénonce dans son dernier rapport annuel, le fait qu&#8217;aujourd&#8217;hui, le désert médical existe désormais dans l’hôpital. Un poste sur quatre correspondant au quart des postes à temps plein reste vacant. La situation devient plus inquiétante pour les anesthésistes, pour lesquels plus de 26 % des postes hospitaliers ne sont plus des temps pleins. Pénurie d’oncologues, de chirurgiens urologues, de gériatres, des radiologues en secteur public!. Pour ces derniers, près de 50 % des postes hospitaliers ouverts l’an dernier n&#8217;ont pas été pourvus.</p>
<h3>Un tract Sud-santé et CGT</h3>
<p>Incroyable mais vrai  !</p>
<blockquote><p><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;"> <em><strong>Les professionnels du bloc de l’hôpital H</strong></em><em><strong>enri</strong></em><em><strong> M</strong></em><em><strong>ondor</strong></em><em><strong> victimes de maltraitance institutionnelle</strong></em><em><br />
Après l’Espagne, la France voit, elle aussi ses fonctionnaires hospitaliers rattrapés par la crise. A la suite d’une décision unilatérale de la direction de l’hôpital </em><em>Henri</em><em> </em><em>Mondor</em><em> de rompre un accord signé il y a dix ans, sans information, sans concertation ni négociation préalable, des équipes d’infirmiers anesthésistes, d’infirmiers de bloc opératoire et d’aides soignants voient leurs salaires mensuels amputé de 20 à 25% avec rétroactivité au 1er janvier 2013.<br />
Depuis fin 2010, la direction de l’hôpital stigmatise ces professionnels. L’arsenal mis en place se compose d’absence totale d’information, de pressions sur les personnels et de sanctions disciplinaires. Alors même que la ministre de la santé annonce la création d’un Observatoire National du Dialogue Social, la directrice, une fois de plus, excelle dans l’absence totale de dialogue social, allant jusqu’à refuser la présence des organisations syndicales<br />
représentant des personnels, à l’unique rencontre accordée aux personnels paramédicaux, sur ce dossier.<br />
Les personnels du bloc opératoire </em><em>IADE</em><em>, AS, </em><em>IBODE</em><em>, se trouvent en réelle détresse physique et psychologique. Devant l’immobilisme de la Direction Générale, c’est une véritable alerte qu’ils lancent. A ce jour, les conditions dans lesquelles ils travaillent sont tellement délétères que la médecine du travail, relayée par les médecins de ville, constate un fort risque<br />
d’atteinte à leur intégrité physique et morale.<br />
Ces professionnels sont singulièrement </em><em>ciblés</em><em> depuis que la direction générale et la Direction du </em><em>GH</em><em> ont du battre en retraitesur la fermeture de la Chirurgie Cardiaque de l’Hôpital </em><em>Henri</em><em> </em><em>Mondor</em><em>.<br />
Un tel acharnement aurait-il pour buts :<br />
</em></span></span></p>
<ul>
<li><em>une action revancharde vis-à-vis de professionnels qui ont participé activement à la défense de cette offre de soins</em></li>
<li><em>une stratégie de pression sur ces catégories professionnelles en difficulté afin de faire fuir le personnel des blocs opératoires et mettre en péril ce secteur.</em></li>
</ul>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>Le silence assourdissant de la direction de l’</em><em>AP-HP </em><em>ressemble a une </em><em>complicité</em><em> avec la direction locale, lourde de conséquences…<br />
Comment pouvons-nous gagner une </em><em>attractivité</em><em> et une </em><em>fidélisation</em><em> des personnels à l’ </em><em>AP-HP</em><em> quand les droits é</em><em>lémentaires</em><em> des agents sont bafoués ?<br />
Nous ne les laisserons pas faire !<br />
Ces </em><em>méthodes</em><em> sont dignes d’autres secteurs tels qu’à France T</em><em>elecom.</em></span></span></p></blockquote>
<h3>Le gouvernement continue de favoriser le secteur privé lucratif pour les actionnaires</h3>
<p><strong></strong><br />
La Fédération hospitalière de France (FHF), l&#8217;Association des établissements participant au service public de santé mentale (Adesm), la conférence des présidents de commission médicale d&#8217;établissement de centres hospitaliers spécialisés (CME-CHS) et la Fédération nationale des associations d&#8217;usagers en psychiatrie (Fnapsy) hurlent contre la nouvelle tarification  du  privé et du public: +6,66% et +3,23% pour les SSR et la psychiatrie privés, contre +1,44 % et +1,33% pour les SSR et pour la psychiatrie publics.<span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;"><br />
Sans commentaires ! Il est déjà scandaleux que l&#8217;argent des cotisations sociales (le salaire socialisé) alimente les dividendes des prédateurs de la santé, mais le gouvernement persiste et signe.</span></span></p>
<h3>« Réforme » à venir sur la perte d&#8217;autonomie</h3>
<p>Sœur Anne, ne vois-tu rien venir ?  &#8220;Si, je vois des rapports&#8221; dit-elle , ceux de Martine Pinville, de JP Aquino et de Luc Broussy mais toujours pas un projet de loi du gouvernement. Attendons encore pour voir (un texte semble prévu pour la fin de l&#8217;année) car les trois rapports sont des éclairages sans proposition globale chiffrée.<span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;"><br />
- Jean-Pierre Aquino, Président du comité Avancée en Âge, souligne l’enjeu sociétal que représente l’anticipation nécessaire à la préservation de l&#8217;autonomie. Pour accompagner cette transition, le rapport prône la prévention de la perte d’autonomie dans une approche globale : médicale, psychologique, sociale et environnementale.<br />
- Le rapport de Luc Broussy, conseiller général du Val d’Oise et directeur du <em>Mensuel des Maisons de Retraite</em>, envisage une loi-cadre sur l’adaptation de notre société au vieillissement comme un contrat constitutif d’un nouveau pacte social français entre les générations. Il met en valeur 10 objectifs dont l&#8217;adaptation des logements,des hébergements intermédiaires,le guichet unique, etc.<br />
- Le rapport de Martine Pinville, députée de la Charente, résulte d’une mission visant à identifier les pratiques innovantes dans des pays de l’OCDE). Le rapport souligne l’inadéquation de la segmentation de l’action publique en fonction des critères d’âge. </span></span></p>
<h3>Chez Sanofi, comité d&#8217;entreprise/direction : 1-0</h3>
<p>Rappelons que <span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">Sanofi</span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;"> est l&#8217;une des plus grandes sociétés pharmaceutiques </span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">d&#8217;Europe</span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;"> et du monde. Le comité central d&#8217;entreprise (</span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">CCE</span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">) de la R&amp;D de </span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">Sanofi</span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;"> a remporté une victoire devant la Cour d&#8217;appel de Paris  qui a estimé que le processus d&#8217;information/consultation autour de la réorganisation du groupe doit reprendre à l&#8217;origine en ce qui concerne le volet R&amp;D. Elle a annulé toute la procédure en cours engagé par la direction oligarchique.<br />
La lutte paye. Les directions des entreprises se croient tout permis et joue avec la vie des salariés. C&#8217;est inadmissible.<br />
Rappelons que </span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">Sanofi</span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;"> est le champion toutes catégories des licenciements boursiers. c&#8217;est-à-dire qu&#8217;ils ferment des activités rentables par ce que la spéculation financière internationale est encore plus rentable pour les actionnaires. Où est la satisfaction des besoins sociaux dans tout cela ?</span></span></p>
<h3>Fin du partenariat public et privé à Fontainebleau</h3>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;"> Après le scandale de l&#8217;hôpital Sud-</span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">francilien</span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;"> en </span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">Essonne</span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;"> dont les </span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">surcoûts</span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;"> pour payer les dividendes des actionnaires est de 500 millions d&#8217;euros, nous sommes heureux de vous convier à faire la fête: le partenariat privé public à Fontainebleau ne se fera pas. Mais nous souhaitons pas nous en tenir là car nous souhaitons la suppression du partenariat public-privé et la suppression progressive du financement de la Sécurité sociale aux établissement à buts lucratif pour les actionnaires.</span></span></p>
<h3>Que penser du rapport Couty pour les hôpitaux et des 13 mesures de Marisol Touraine ?<span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;"><br />
</span></span></h3>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">J. Scheffer</span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">, cardiologue retraité (ancien responsable régional de la </span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">CPH</span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">) et membre du </span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">CA</span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;"> de la Coordination Nationale des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité estime qu&#8217;il y a </span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;"><strong>« </strong></span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">beaucoup de poudre aux yeux et loin du discours à la pratique »:<br />
</span></span></p>
<ul>
<li>Persistance du pouvoir des Agences régionales de santé (ARS) sur les hôpitaux et même renforcement</li>
<li><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">Toujours pas de contre-pouvoir démocratique vis à vis des directeurs généraux </span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">d&#8217;ARS</span></span></li>
<li><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">Toujours aucune place pour le praticien hospitalier (PH) de base; le pouvoir du duo Président de </span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">CME</span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">(Comité médical d&#8217;établissement) et directeur « seul maître à bord » reste inchangé? Seul est redressé le rôle de la </span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">CME</span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;"> dans le projet médical.</span></span></li>
<li><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">La Tarification à l&#8217;activité (T2A) n&#8217;est pas fondamentalement remise en cause, pas plus que la loi </span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">HPST</span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;"> hormis, une réfection de façade. Seule la disparition de la convergence tarifaire , est une mesure forte mais prise déjà depuis longtemps.</span></span></li>
<li><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">Pendant les discours rassurants pour l&#8217;hôpital public et bien propagés par les médias, le ministère diminue encore plus qu&#8217;avant le budget des hôpitaux (et plus à l&#8217;hôpital public qu&#8217;en cliniques lucratives : – 0,84 % pour le secteur public, contre – 0,21 % dans le secteur privé). Les budgets des missions d&#8217;intérêt général (</span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">MIGAC</span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">), les seuls à soit-disant augmenter, le sont à travers un artifice comptable et non dans la pratique.</span></span></li>
<li>Les budgets d&#8217;investissements (45 milliards sur 10 ans) sont loin des budgets hôpital 2007 et 2012, ils sont dans la moyenne des années de croisière normale.</li>
<li>Les moyens pour fluidifier les urgences sont refusés sous prétexte que c&#8217;est avant tout un problème d&#8217;organisation interne !</li>
<li><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">Les usagers seraient mieux consultés, mais on en attend la concrétisation; les 200 comités et collectifs de défense des hôpitaux publics sont toujours exclus (sauf exception) des organismes de consultation de la loi </span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">HPST</span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;"> (vonseils de surveillance, conférence de territoire et régionale de santé).</span></span></li>
<li>L&#8217;accès aux soins ne fera que s&#8217;aggraver, en l&#8217;absence de volonté politique de réguler les installations y compris des spécialistes vers l&#8217;hôpital et de créer une mission de service public en fin d&#8217;étude pour résoudre les déserts médicaux et le quart des postes vacants dans nos hôpitaux. Il en est de même pour l&#8217;obligation de garde pour tout médecin.</li>
</ul>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;"> En attendant la politique de fermeture de services et d&#8217;hôpitaux de proximité se poursuit sous prétexte du manque de PH, et à part quelques exemples (Les Lilas, </span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">Argenteuil</span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">, chirurgie cardiaque de </span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">Créteil</span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">&#8230;) la casse des hôpitaux publics se poursuit, comme avant.<br />
Eh bien, le changement, c&#8217;est pour quand?</span></span></p>
<h3>Solidarité ou business ? Lettre ouverte au mouvement mutualiste</h3>
<p>Alors que l&#8217;accord patronat-syndicats tout juste signé prévoit une complémentaire santé obligatoire pour tous les salariés, André <span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">Grimaldi</span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">, professeur de médecine et Frédéric </span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">Pierru</span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">, chercheur, spécialiste du financement de la santé, interpellent les mutuelles via une<a href=" http://blogs.mediapart.fr/edition/les-batailles-de-legalite/article/050313/solidarite-ou-business-lettre-ouverte-au-mouvement-mutualiste" target="_blank"> lettre ouverte parue dans </a></span></span><a href=" http://blogs.mediapart.fr/edition/les-batailles-de-legalite/article/050313/solidarite-ou-business-lettre-ouverte-au-mouvement-mutualiste" target="_blank"><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;"><em>Mediapart</em></span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;"> le 5 mars</span></span></a><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;"><a href=" http://blogs.mediapart.fr/edition/les-batailles-de-legalite/article/050313/solidarite-ou-business-lettre-ouverte-au-mouvement-mutualiste" target="_blank">.</a></span></span></p>
<blockquote><p><em>Le récent Accord national interprofessionnel (ANI), signé le 11 janvier 2013 par les trois confédérations patronales et par trois confédérations syndicales de salariés (CFDT, CFTC, CFE-CGC), va consacrer, en matière de couverture du risque maladie, le rôle accru des assurances maladie complémentaires. En effet, au terme de cet accord, tout salarié bénéficiera, à compter de 2016, d’une assurance maladie complémentaire d’entreprise, financée pour moitié par l’employeur.</em><br />
<em> Cette nouvelle « avancée » n’est que la conséquence de la politique amorcée il y a longtemps, amplifiée depuis 2004, visant à désengager la Sécurité sociale du financement des soins courants, ainsi relégués aux bons soins des mutuelles, des instituts de prévoyance et des assureurs. Or, comme vous le savez bien, la Sécurité sociale est plus égalitaire, plus solidaire, avec des frais de gestion trois à quatre fois moindres que les assurances complémentaires. La Sécurité sociale est socialement juste en ce sens où chacun, par ses cotisations et impôts, y contribue en proportion de ses moyens, et reçoit en fonction de ses besoins.</em><br />
<em> Les autres modalités, privées, de financement –y compris mutualistes– sont moins justes, voire injustes : les ménages modestes paient plus, en proportion de leurs revenus, pour avoir moins; et les plus aisés paient moins pour avoir plus. Le pire est de faire financer les soins par les malades eux-mêmes, avec les franchises par exemple, conception renouvelée de feu le « ticket modérateur d’ordre public » que le mouvement mutualiste avait magnifiquement mis en échec en 1980.</em><br />
<em> Le recul de la Sécu est, a contrario, lourd de menaces pour l’égalité d’accès aux soins. Il s’accompagne de surcroît d’un débat public caractérisé par la confusion, d’ailleurs entretenue par les protagonistes mêmes de cette histoire. Ainsi, la Sécurité sociale se comporte de plus en plus en assurance traditionnelle tandis que certains assureurs avancent sous le label attrayant de mutuelles ; quant aux mutuelles, faisant face à la concurrence des assureurs à but lucratif, elles sont de plus en plus obligées d’abandonner leur philosophie originelle pour adopter les pratiques des assureurs (fusions, tarification en fonction du risque et non des revenus etc.). Enfin, des gouvernements, de droite comme de gauche, au nom de la « défense de la Sécu », favorisent ou se résignent à la marchandisation du « petit risque ». Les soins courants ne sont plus remboursés qu’à 55 % par la Sécurité sociale, et c’est bien pire pour l’optique, les soins dentaires, ou l’audioprothèse… Hélas, tous ces acteurs semblent avoir des intérêts différents mais convergents à ce rétrécissement programmé de la solidarité. A partir de ce constat, deux scénarios sont envisageables.</em><br />
<em> Le premier consiste à continuer à dévaler la plus grande pente, celle de la privatisation rampante du « petit » risque. Un ensemble de forces puissantes y contribue. Les gouvernements, pris dans la tenaille de l’austérité, répugnent à augmenter les « prélèvements obligatoires » et les dépenses publiques ; dès lors, il faudrait consentir à une privatisation croissante des dépenses de santé, dont le rythme d’augmentation est tendanciellement plus rapide qu’une croissance économique atone.</em><br />
<em> Cette privatisation assurée par les complémentaires est d’autant plus inégalitaire que les personnes hors entreprises n’ont pas accès aux contrats collectifs subventionnés par l’Etat par l’intermédiaire de déductions fiscales et sociales (ce qui représente tout de même quatre milliards d’euros par an !). Certains syndicats de médecins libéraux jouent la politique du pire en réclamant la prise en charge des dépassements d’honoraires, en forte augmentation, par les assurances maladie complémentaires, même s’ils refusent, dans le même temps, les réseaux de soins qu’elles veulent mettre en place ! Les assureurs et, dans leur sillage, les instituts de prévoyance (IP) ont, quant à eux, un intérêt évident à l’élargissement de leurs parts de marché.</em><br />
<em> Mais les mutuelles ? Celles-ci sont désormais confrontées aux conséquences d’une erreur historique de la Mutualité Française, faite au début des années 1990. En effet, celle-ci a cru qu’en entrant dans le cadre des Directives assurance impulsées par l’Union Européenne, les mutuelles pourraient tailler des croupières aux assureurs et aux instituts de prévoyance en matière de dépendance et de décès, tout en maintenant leur quasi-monopole d’assurances maladie complémentaires. En fait, cette option s’est révélée catastrophique. Peinant à entrer sur les marchés traditionnels des assureurs et des instituts de prévoyance, sans même avoir la capacité juridique de constituer des mutuelles européennes, elles sont désormais confrontées à la concurrence de plus en plus intense des seconds sur le marché de la complémentaire santé, ainsi que le montre bien l’accord « ANI » : ce sont les instituts comme Malakof Médéric ou AG2R/La Mondiale, « réassurés » par AXA, qui vont en être les grands gagnants.</em><br />
<em> Surtout, les directives assurance européennes impliquent des contraintes fortes en matière de ratios de solvabilité et d’affectation des ressources. Conséquence : il se dessine un système de protection sociale maladie du même type que celui des retraites, où les retraites de base gérées par la Sécurité Sociale ne bougent plus tandis que se développent pour certaines catégories sociales les institutions de retraites complémentaires (avec en prime des « sur-complémentaires » pour les plus aisés). Les cotisations aux mutuelles ne cesseront d’augmenter pour le plus grand mécontentement d’adhérents assimilés de plus en plus à des « clients », lesquels finiront néanmoins par en avoir assez de payer deux fois, une fois pour la solidarité qu’est la Sécurité sociale et une deuxième fois pour leurs soins courants personnels. Pour le dire vite, ce choix menace de faire perdre aux mutuelles leur position de complémentaires alliées à la Sécurité sociale.</em><br />
<em> Le deuxième scénario, que nous appelons de nos vœux, est inverse : il a pour objectif de restaurer le service public de la Sécurité sociale, fondé sur un partenariat rénové entre l’Assurance maladie publique, assurant un haut niveau (80%) de prise en charge des soins courants, et un mouvement mutualiste se recentrant sur ses atouts et missions historiques. En effet, les mutuelles ont beaucoup apporté à l’histoire sociale du pays. Elles ont permis la promotion, en leur sein, de militants issus des catégories populaires ; elles ont été l’un des supports d’une véritable démocratie sociale ; elles ont été des lieux d’impulsion d’innovations dont certaines semblent être redécouvertes aujourd’hui, comme les centres de santé pluridisciplinaires. Le mouvement mutualiste a précédé la Sécurité sociale. Après 1945, nolens volens, il en est devenu le défenseur tout en garantissant une certaine forme de pluralisme au service de toutes et tous.</em><br />
<em> L’accomplissement d’un tel scénario solidaire suppose de dissiper les confusions entretenues par la Mutualité Française elle-même. Celle-ci doit donc répondre à deux questions simples.</em><br />
<em> Première question : veut-elle rompre l’alliance contre nature avec les assureurs privés à but lucratif, au sein de l’Union nationale des organismes complémentaires d’assurance-maladie créée par la réforme de l’Assurance-maladie de 2004 ?</em><br />
<em> Seconde question : veut-elle sortir des Directives assurance européennes et ainsi renoncer à naviguer au grand large du marché assurantiel pour mieux redécouvrir les attraits des côtes de la tradition mutualiste ?</em><br />
<em> Si la réponse est oui à ces deux questions, alors le partenariat rénové que nous appelons de nos vœux en faveur du service public de la Sécurité sociale redevient possible. Si la réponse est non, alors la Mutualité française va devoir assumer ouvertement sa contribution à la marchandisation inégalitaire de la santé. Dans ce cas, les assurés sociaux seraient en droit de formuler deux exigences à l’endroit de la représentation nationale : d’une part, que celle-ci supprime les aides financières de l’Etat ou à tout le moins les attribue sous condition de non-sélection des risques et de graduation des tarifs en fonction des revenus, l’ensemble étant supervisé par une nouvelle autorité de régulation, remplaçant l’Autorité de contrôle prudentiel dont la vocation financière est trop large pour être pertinente dans le domaine de la santé ; d’autre part, qu’elle ouvre la possibilité pour la Sécurité sociale de proposer elle-même une complémentaire santé : la « Sécu-C » comme il existe la CMU-C.</em><br />
<em> Chers amis mutualistes, alors que le président Hollande a annoncé sa volonté de généraliser la complémentaire santé pour tous les citoyens, votre choix va être décisif : défendre le service public de la Sécurité sociale ou profiter de son recul pour gagner des parts de marché quitte à servir de cheval de Troie aux assureurs privés non mutualistes ou à vous transformer vous-même en assureurs.</em></p></blockquote>
<h3>Les cliniques privées à but lucratif pour les actionnaires « roulent sur l&#8217;or » !</h3>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;"> La Générale de santé (elle compte 106 établissements, 19.400 salariés, dont 7.000 infirmiers, et travaille avec plus de 5.000 praticiens), premier groupe privé hospitalier français, fort de la possibilité qui lui est offerte de ne pratiquer que les activités rentables alors que l&#8217;hôpital public ne fait pas de sélection des activités, a eu un résultat net part du groupe à 55,7 millions d&#8217;euros. Générale de santé a annoncé un « rebond » de son résultat opérationnel, qui a été multiplié par 2,7 à 134,3 millions d&#8217;euros. Le chiffre d&#8217;affaires de Générale de santé a enregistré un repli de 1,4 % à 1,93 milliard d&#8217;euros du fait de la suppression des activités non rentables. Développement de la petite chirurgie rentable, de la médecine générale rentable aussi ainsi que certaines niches de la santé mentale et recul sur l&#8217;obstétrique de moins en moins rentable.</span></span></p>
<h3>Mettre fin à la toute puissance des industriels de pharmacie dans les demandes d&#8217;AMM</h3>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;"> Jean-Louis </span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">Montastruc</span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;"> et Michel </span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">Mallaret</span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">, responsables de centres régionaux de pharmacovigilance, ont indiqué qu&#8217;ils souhaitaient que l&#8217;Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (</span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">ANSM</span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">) puisse prendre l&#8217;initiative de l&#8217;autorisation de mise sur le marché (</span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">AMM</span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">), mercredi lors d&#8217;une audition devant la commission des affaires sociales de </span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">l&#8217;Assemblée</span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;"> nationale.<br />
Ils ont rappelé que les médicaments représentaient la quatrième cause de décès dans les pays industrialisés et qu&#8217;ils étaient en France responsables de 140.000 entrées à l&#8217;hôpital par an (hors psychiatrie), soit davantage que les infarctus du myocarde.<br />
Suite à l&#8217;émission « Les infiltrés », le </span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">Pr </span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">Montastruc</span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;"> a formulé plusieurs propositions visant à renforcer la notification des effets indésirables. Il a notamment souligné la nécessité de rappeler aux médecins l&#8217;obligation de notification aux </span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">CRPV</span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">, alors que la déclaration aux laboratoires est, quant à elle, optionnelle. Il a souhaité la généralisation du système expérimenté en Midi-</span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">Pyrénées</span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">. Dans cette région, le recueil des effets indésirables est en partie assuré par trois assistants de recherche clinique auprès des pharmaciens et des médecins de l&#8217;ensemble des centres hospitaliers.<br />
Le </span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">Pr </span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">Montastruc</span></span><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;"> a également insisté sur l&#8217;enseignement d&#8217;un « minimum de pathologies induites par les médicaments aux étudiants en médecine et en pharmacie ».</span></span></p>
<h3>Vous voulez voir où en sont les hôpitaux avec les politiques néolibérales en Grande-Bretagne ?</h3>
<p>C&#8217;est simple, il suffit de cliquer sur <a href="http://www.courrierinternational.com/article/2013/02/19/dans-l-enfer-d-un-hopital" target="_blank">http://www.courrierinternational.com/article/2013/02/19/dans-l-enfer-d-un-hopital</a><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;"><br />
Sans commentaires bien sûr !<br />
</span></span></p>
<h3>Handicap mental: l&#8217;Unapei veut agir en justice face au manque de place en établissements</h3>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;"> L&#8217; Union nationale des associations de parents, de personnes handicapées mentales et de leurs amis (Unapei) veut agir en justice pour obliger les pouvoirs publics à garantir le droit à compensation du handicap, qui inclut l&#8217;ouverture de places en établissements, ont expliqué ses responsables lors d&#8217;une conférence de presse : Sur un simple coup de fil, le patronat a obtenu du gouvernement 20 milliards d&#8217;euros payé par le citoyen contribuable. Nous proposons de voir combien de milliards, seront débloqués pour la satisfaction des besoins sociaux.<br />
L&#8217;Unapei entend s&#8217;appuyer sur la loi du 11 février 2005 sur le handicap, qui dispose que « la personne handicapée a droit à la compensation des conséquences de son handicap quels que soient l&#8217;origine et la nature de sa déficience, son âge ou son mode de vie ». Cette compensation « consiste à répondre à ses besoins » ce qui inclut notamment des places en établissements spécialisés, des temps de répit pour l&#8217;entourage, ou encore une prise en charge éducative.</span></span></p>
<h3>Manque de maisons de retraite</h3>
<p>Environ 15 % des résidents des établissements d&#8217;hébergement pour personnes âgées vivent dans un établissement situé en dehors de leur département d&#8217;origine, c&#8217;est-à-dire celui de leur lieu de vie précédent, selon une étude de la direction de la recherche, des études, de l&#8217;évaluation et des statistiques (Drees).<br />
A quand une loi de type SRU (amendes quand on ne construit pas des maisons de retraite publique en nombre suffisant) pour obliger les communes de créer des établissements ? Pourquoi Paris ne peut-il subvenir qu&#8217;aux besoins en maisons de retraite de 44 % de ses habitants ?<br />
Les taux d&#8217;équipement en établissements d&#8217;hébergement pour personnes âgées varient du simple au double entre départements. Dans huit départements, on compte moins de 100 places pour 1.000 personnes de 75 ans ou plus : à Paris, dans les Pyrénées-Orientales, en Seine-Saint-Denis, dans les Bouches-du-Rhône, le Doubs, les Alpes-Maritimes, l&#8217;Aude et l&#8217;Hérault.<br />
Au niveau national, toutes catégories d&#8217;établissements confondues, la personne vivant dans la commune la plus éloignée d&#8217;un établissement d&#8217;hébergement pour personnes âgées devra parcourir 41 kilomètres pour rejoindre l&#8217;établissement le plus proche de son domicile.<br />
La distance maximale à parcourir pour accéder au premier établissement d&#8217;hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) rattaché à un hôpital ou à la première unité de soins de longue durée (USLD) atteint presque 100 kilomètres, et 82 km pour accéder au premier logement-foyer non Ehpad.<br />
Le changement, c&#8217;est pour quand?</p>
<h3>Pour les retraites, on va vers quoi ?</h3>
<p>Avant 1987, les retraites étaient indexés sur les salaires. Philippe Seguin en 1987 décide la désindexation des retraites sur les salaires et son remplacement par l&#8217;indexation sur le coût de la vie, moins favorable. C&#8217;est la loi Balladur qui fait entrer cela dans les textes en 1993.</p>
<p><span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;">Le 13 mars 2013, un nouvel accord prévoit la désindexation des retraites complémentaires Agirc (retraites complémentaires des cadres du privé) et Arrco (retraites complémentaires de tous les salariés du privé)  sur le coût de la vie. Ainsi ces retraités verront chaque année leurs retraites perdre du pouvoir d&#8217;achat (entre 1 et 1,5 % par an). Le gouvernement a déjà dit qu&#8217;il pourrait faire de même avec les retraites de base !<br />
Qui a signé cette proposition du patronat ? La CFTC, FO et la CFDT. Honte à eux ! La CGT et Solidaires sont heureusement hostiles à cette régression sociale.</span></span></p>
<h3>Et la politique familiale là dedans ?</h3>
<p>Sans tenir compte des besoins sociaux et familiaux, le gouvernement a demandé à Bertrand Fragonard, haut fonctionnaire et président du Haut Conseil de la Famille, de lui proposer 2, 2 milliards d&#8217;économies sur les dépenses. Nous attendons la position finale du gouvernement fin avril ou début mai. La CFDT, l&#8217;UNSA et la CFTC ont d&#8217;ores et déjà accepté cette régression. La CGT, FO, la FSU et Solidaires s&#8217;opposent à cette nouvelle braderie alors que la déformation du partage de la valeur ajoutée fait perdre plus de 180 milliards par an à la part des salaires et des prestations sociales au seul avantage des profits. (Comprenons là que tous les gains de productivité depuis 30 ans ont intégralement été dans l&#8217;escarcelle des profits alors que ce sont les salariés qui ont produit les richesses supplémentaires.)<span style="font-family: Arial,sans-serif;"><span style="font-size: small;"><br />
Lire dans le précédent numéro <a href="http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/prestations-familiales-du-sable-dans-la-machine-a-raboter/6354">http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/prestations-familiales-du-sable-dans-la-machine-a-raboter/6354</a></span></span></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_6372" class="footnote">Grâce à cet accord, les licenciements seront plus facile pour les patrons, les salariés seront tenus d&#8217;accepter des baisses de salaire et le refus du salarié de la mobilité à l&#8217;autre bout de la France n&#8217;aboutira plus au licenciement économique.  Et ils osent dire qu&#8217;il y a des points positifs pour les salariés. Tous les points qui soi-disant auraient pu être positifs sont renvoyés à des discussions ultérieures. On peut résumer cela en disant : « les reculs pour les salariés , c&#8217;est pour tout de suite, les avantages éventuels sont renvoyés à des discussions ultérieures ». Tristes syndicats minoritaires! Heureusement que les syndicats revendicatifs majoritaires CGT, FO, FSU et Solidaires sont les seuls à mener la bataille pour l&#8217;extension des droits des salariés et donc contre la régression sociale.</li></ol><div style='clear:both'></div>]]></content:encoded>
			<wfw:commentRss>http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/comprendre-a-travers-lactualite-comment-loligarchie-veut-reformer-la-protection-sociale/6372/feed</wfw:commentRss>
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			<item>
		<title>Prestations familiales : du sable dans la machine à raboter</title>
		<link>http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/prestations-familiales-du-sable-dans-la-machine-a-raboter/6354</link>
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		<pubDate>Thu, 11 Apr 2013 07:25:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Monique Vézinet</dc:creator>
				<category><![CDATA[Combat social]]></category>
		<category><![CDATA[Lutter contre le néo-libéralisme]]></category>
		<category><![CDATA[Protection sociale]]></category>
		<category><![CDATA[ReSPUBLICA]]></category>
		<category><![CDATA[lettre 716]]></category>
		<category><![CDATA[Politiques familiales]]></category>
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		<respu:topcategoryname>Protection sociale</respu:topcategoryname>
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		<description><![CDATA[On nous répète que les Français sont plus que d&#8217;autres attachés à l&#8217;égalité, aspirent à la justice, d&#8217;où le débat toujours aussi vif sur les politiques fiscales. Or les questions d&#8217;égalité et de justice reviennent par la fenêtre à propos de la politique familiale, face à la volonté gouvernementale de « gratter » 2,2 milliards d&#8217;euros sur [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>On nous répète que les Français sont plus que d&#8217;autres attachés à l&#8217;égalité, aspirent à la justice, d&#8217;où le débat toujours aussi vif sur les politiques fiscales. Or les questions d&#8217;égalité et de justice reviennent par la fenêtre à propos de la politique familiale, face à la volonté gouvernementale de « gratter » 2,2 milliards d&#8217;euros sur plus de 61 milliards d&#8217;euros de prestations familiales<sup><a href="http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/prestations-familiales-du-sable-dans-la-machine-a-raboter/6354#footnote_0_6354" id="identifier_0_6354" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&amp;amp;ref_id=NATSOS04603)">1</a></sup>).</p>
<p><span id="more-6354"></span>Nous récusons cette mesure car la branche famille doit revenir à l&#8217;équilibre en 2019 de façon mécanique et parce que ce déficit est dû à la décision des gouvernements de financer la branche retraites par la branche familles (pour 9 milliards, une paille !) mais aussi à la déformation du partage de la valeur ajoutée depuis 30 ans.<br />
Le Haut Conseil de la Famille, dans son avis du 8 avril dernier sur le rapport Fragonard, s&#8217;est opposé à la mesure néolibérale de suppression de l&#8217;universalité des allocations familiales demandée par le MEDEF (d&#8217;où notre titre !) et approuvée par le gouvernement Hollande-Ayrault, la CFDT, l&#8217;UNSA et le CNAFAL (très lié à l&#8217;UNSA Education et de ses associations proches du CNAL). C&#8217;est très bien ainsi ! Bravo à la CGT, à FO, à la FSU, à diverses organisations familiales dont l&#8217;UFAL et la CSF<sup><a href="http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/prestations-familiales-du-sable-dans-la-machine-a-raboter/6354#footnote_1_6354" id="identifier_1_6354" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Au HCF, outre les repr&eacute;sentants des familles, si&egrave;gent les partenaires sociaux, ce que l&#039;Union nationale des associations familiales&thinsp;&ndash;&thinsp;UNAF&thinsp;&ndash;&thinsp;avait combattu : sur le caract&egrave;re non repr&eacute;sentatif de l&#039;UNAF, voir un r&eacute;cent article du Monde.">2</a></sup>.</p>
<h3>La fausse évidence opposée aux prestations universelles</h3>
<p>Les néolibéraux des gouvernements UMP et PS depuis plusieurs décennies avancent une idée simple. Les inégalités augmentent donc il faut supprimer les prestations universelles de la protection sociale pour regrouper les dépenses existantes dans  le champ de l&#8217;assistance pour les plus pauvres. Ils déclarent ensuite (comme Margaret Thatcher) qu&#8217;« il n&#8217;y a pas d&#8217;alternative », que la dette nous oblige de diminuer les dépenses et que l&#8217;universalité des prestations est un luxe que l&#8217;on ne peut plus se payer. CQFD.</p>
<p>De leur côté, la majorité des couches moyennes supérieures et les « riches » affirment la main sur le cœur « On est prêts à faire cadeau de nos allocations familiales pour les pauvres&#8230; » Hypocrites, va ! Bien sûr, ils préfèrent « rendre » quelques centaines d&#8217;euros pour conserver les milliers voire les dizaines de milliers d&#8217;euros gagnés à l&#8217;occasion des cadeaux fiscaux octroyés par les gouvernements néolibéraux de droite et que les néolibéraux de gauche ont maintenus !</p>
<p>Pour mieux comprendre la fausseté de cette « évidence », rappelons que la protection sociale est couverte par trois champs : celui du droit social avec les prestations universelles, celui de l&#8217;assistance pour les plus pauvres, celui du privé lucratif. Les politiques néolibérales ont comme objectif de diminuer petit à petit le champ du droit social et d&#8217;augmenter les champs de l&#8217;assistance pour les pauvres et, de façon concomitante, du privé lucratif pour les plus aisés. Voilà pourquoi il y a une alliance entre les forces néolibérales et les forces cléricales communautaristes et intégristes, c&#8217;est parce que les néolibéraux préfèrent la charité envers les plus pauvres (doctrine sociale des églises) plutôt que l&#8217;application du principe de solidarité via les services publics.</p>
<h3>Choisir la République sociale consiste à faire l&#8217;inverse</h3>
<p>Voilà pourquoi elle est l&#8217;alternative. On peut montrer que dans les périodes d&#8217;extension du champ du droit social, les inégalités sociales de toute nature diminuent et que dans les périodes de régression du champ du droit social, les inégalités explosent comme depuis une trentaine d&#8217;années.</p>
<p>Développons. On peut montrer par exemple que depuis l&#8217;instauration de la CMU complémentaire pour les plus pauvres (champ de l&#8217;assistance), les inégalités sociales de santé ont explosé, les refus de soins pour cause financière touchent aujourd&#8217;hui plus d&#8217;un assurée social sur cinq, etc. Que faudrait-il faire ? Remplacer la CMU complémentaire pour les plus pauvres par un droit universel du champ du droit social à savoir un accès aux soins partout et pour tous avec un remboursement assurance-maladie à 100 %.<sup><a href="http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/prestations-familiales-du-sable-dans-la-machine-a-raboter/6354#footnote_2_6354" id="identifier_2_6354" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Cela &eacute;viterait les discriminations des b&eacute;n&eacute;ficiaires de la CMUC, cela &eacute;viterait que les assur&eacute;s sociaux payent des compl&eacute;mentaires sant&eacute; &agrave; frais de gestion de 15 &agrave; 22&nbsp;% alors que l&#039;Assurance-maladie a des frais de gestion de 4,5&nbsp;%.">3</a></sup><br />
Autre exemple, la majorité des 2 millions de familles monoparentales (dirigées par 96 % de femmes) sont en-dessous du seuil de pauvreté. Voilà pourquoi un droit à une retraite digne appelle à une retraite à caractère universel, non pas liée au nombre d&#8217;annuités mais à la qualification personnelle.</p>
<p>Pour le financement, il faudra bien sûr revenir sur la déformation du partage de la valeur ajoutée qui est, depuis 30 ans, de 9,3 points de PIB par an soit d&#8217;un transfert de plus de 180 milliards d&#8217;euros par an des salaires et prestations sociales vers les dividendes pour les actionnaires. Voilà une mesure de santé publique&#8230; Il faut donc faire le contraire de ce qui est proposé dans l&#8217;Accord régressif « made in MEDEF » du 11 janvier 2013 détruisant les acquis du droit du travail.</p>
<p>Voilà le projet de la République sociale. Extension du champ du droit social et des prestations universelles pour émanciper et entrer dans un dispositif de diminution des inégalités sociales. Diminution allant jusqu&#8217;à la suppression du privé lucratif dans la protection sociale solidaire. Diminution progressive du champ de l&#8217;assistance au fur et à mesure que le champ du droit social et ses prestations universelles améliorent le sort commun et l&#8217;intérêt général. Et pour le financement, application stricte du principe de solidarité : « à chacun selon ses besoins, chacun y contribuant selon ses moyens ». Donc oui, nous voulons plus de prestations universelles mais nous voulons aussi une justice plus grande dans les prélèvements sociaux (fiscalité progressive plus forte et une nouvelle dynamique de la cotisation sociale)<sup><a href="http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/prestations-familiales-du-sable-dans-la-machine-a-raboter/6354#footnote_3_6354" id="identifier_3_6354" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Pour la branche Famille que finance une cotisation patronale, l&#039;id&eacute;e qu&#039;avait en son temps &eacute;nonc&eacute;e le rapport Bur n&#039;est pas morte d&#039;en dispenser les entreprises, au nom de la comp&eacute;titivit&eacute;, chez ceux qui esp&egrave;rent casser le bloc de la S&eacute;curit&eacute; sociale en donnant &agrave; certaines prestations un financement par l&#039;imp&ocirc;t plut&ocirc;t que par la cotisation comme si, par &laquo;&nbsp;nature&nbsp;&raquo;, les prestations familiales n&#039;avaient rien &agrave; voir avec le salaire.">4</a></sup>.<br />
Et vive l&#8217;accès aux soins partout et pour tous avec remboursement Sécu à 100 %, vive un &#8220;vrai&#8221; droit au logement, vive un &#8220;vrai&#8221; droit à une retraite digne, un &#8220;vrai&#8221; droit à une place de crèche collective ou familiale, à un &#8220;vrai&#8221; droit contre la perte d&#8217;autonomie&#8230; Vive la solidarité, vive la République sociale et ses nouveaux droits universels !<sup><a href="http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/prestations-familiales-du-sable-dans-la-machine-a-raboter/6354#footnote_4_6354" id="identifier_4_6354" class="footnote-link footnote-identifier-link" title="Et demandez le programme du R&eacute;seau Education Populaire pour approfondir ces questions.">5</a></sup></p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_6354" class="footnote"><a href="http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&amp;ref_id=NATSOS04603" target="_blank">http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&amp;ref_id=NATSOS04603)</a></li><li id="footnote_1_6354" class="footnote">Au HCF, outre les représentants des familles, siègent les partenaires sociaux, ce que l&#8217;Union nationale des associations familiales – UNAF – avait combattu : sur le caractère non représentatif de l&#8217;UNAF, voir un <a href="http://www.lemonde.fr/politique/article/2013/04/08/les-7-000-associations-de-l-unaf-puissant-lobby-des-familles_3155847_823448.html" target="_blank">récent article</a> du <em>Monde</em>.</li><li id="footnote_2_6354" class="footnote">Cela éviterait les discriminations des bénéficiaires de la CMUC, cela éviterait que les assurés sociaux payent des complémentaires santé à frais de gestion de 15 à 22 % alors que l&#8217;Assurance-maladie a des frais de gestion de 4,5 %.</li><li id="footnote_3_6354" class="footnote">Pour la branche Famille que finance une cotisation patronale, l&#8217;idée qu&#8217;avait en son temps énoncée le rapport Bur n&#8217;est pas morte d&#8217;en dispenser les entreprises, au nom de la compétitivité, chez ceux qui espèrent casser le bloc de la Sécurité sociale en donnant à certaines prestations un financement par l&#8217;impôt plutôt que par la cotisation comme si, par « nature », les prestations familiales n&#8217;avaient rien à voir avec le salaire.</li><li id="footnote_4_6354" class="footnote">Et demandez le programme du <a href="www.reseaueducationpopulaire.info" target="_blank">Réseau Education Populaire</a> pour approfondir ces questions.</li></ol><div style='clear:both'></div>]]></content:encoded>
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