Politique française

Hollande accélère la crise institutionnelle française

mardi 1 juillet 2014

Jamais un président de la République française n’aura à un tel point et aussi vite renié ses propositions présidentielles.

Jamais un président de la République n’aura cédé comme il vient de le faire à un groupuscule obscurantiste qui a provoqué des retraits d’élèves de l’école.

Jamais un président de la République n’aura été un agent aussi zélé du patronat.

Jamais un président de la République n’aura allié une absurde virilisation de la posture avec l’aveu de son incapacité à menerun projet autre que celui du patronat.

Jamais un président de la République n’a déclaré la guerre à la légère à la Syrie pour se raviser quelques instants après.

Jamais un président de la République n’a été aussi aveuglément dogmatique dans l’obéissance aux normes juridiques européennes et dans le déni des lois tendancielles de l’économie.

Jamais un président de la République ne s’est engagé, comme dans la bataille des intermittents, à avaliser un accord signé par des partenaires sociaux qui ne représentent pas du tout les partenaires du secteur.

Jamais un président de la République de gauche n’a autant refusé d’écouter le mouvement syndical revendicatif. À égalité avec son prédécesseur, jamais un président de la République n’aura autant bafoué les principes constitutifs de la République sociale. Jamais un président de la République… arrêtons là ! Karl Marx parlait en son temps du “crétinisme parlementaire”, comment faudrait-il qualifier notre régime présidentiel ?

Il faut donc voir que cette crise institutionnelle qui se profile à l’horizon ne fait qu’ajouter à la crise culturelle, économique, financière et de la dette publique.
Avec une autre gauche qui n’est pas, et de loin, à la hauteur des enjeux (voir les chroniques d’Evariste depuis le 25 mai dernier), nous entrons dans une séquence peu prévisible où il faut pourtant garder un cap stratégique clair.

Qu’est-ce qui reste important ?

Comprendre que nous entrons sans doute dans une fin de cycle telle que nous n’en avons jamais connue. Garder de l’humilité, se départir des idées simplistes censées tout régler, globaliser les combats et les problèmes.

Ainsi, qui mobilisera (et comment seront-ils mobilisés ?) la majorité des 70 % d’ouvriers, d’employés, de chômeurs, de jeunes de moins de 35 ans, de couples qui gagnent moins de 20.000 euros par an, qui se sont abstenus. Car on sait, ou on devrait savoir, que beaucoup d’entre eux ont voté à gauche ces dernières années. Concernant les 10 % d’ouvriers et d’employés qui ont voté FN, il s’agit majoritairement d’un déplacement de la droite vers l’extrême droite : polariser sur ce point est un leurre monté par les médias néolibéraux.

Tous ceux qui resteront dans l’entre soi et dans la communication institutionnelle risqueront d’être Gros-Jean comme devant. Il faudra sans doute modifier la ligne de façon plus anticapitaliste, élargir cependant la stratégie d’unité, et changer de pratique pour se lier au peuple via des luttes sociales majoritaires. C’est pourquoi nous avons souvent signalé ici la nécessité des campagnes d’éducation populaire pour mener la bataille pour l’hégémonie culturelle.

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