Politique française

Guyane, Martinique: l’autonomie : NON ! L’assemblée unique : BOF !

mardi 26 janvier 2010

Appelés à se prononcer, ce 10 janvier, sur une modification de l’article 73 de la Constitution donnant à leur département une d’autonomie élargie, les électeurs Guyanais ont voté massivement “non” à 70% , et les Martiniquais à 79%.  Le taux de participation estimé a été de 48 % en Guyane et de 55 % en Martinique.

Ce premier vote est le produit d’un débat institutionnel qui dure depuis 64 ans dans ces deux « Départements – Régions ». Il y traduit une profonde défiance des électeurs à l’encontre des changements proposés par un gouvernement qui n’a rien apporté de bon et de concret à la majorité de la population. Cette méfiance s’est étendue aux élus locaux, de droite, de gauche ou indépendantistes qui ont soutenu la proposition gouvernementale.

Ces derniers n’ont pas su convaincre les électeurs qu’ils pourraient, par ce biais, les faire échapper aux inégalités sociales généralisées dans les autres états indépendants des Caraïbes.

En conséquence de ce refus, les mêmes électeurs étaient appelés le 24 janvier à approuver un projet d’assemblée régionale unique qui supprime le conseil général et les élus cantonaux proche des communes au profit des élus de liste choisis par les états-majors des partis.

Choix compliqué, car en cas de refus, ces DOM se verraient appliqués la législation en cours de négociation majorité – opposition sur la « réforme des territoires ».

Les électeurs ont envoyé un signal de méfiance net et sans bavure, non seulement au gouvernement, mais aussi aux états-majors locaux qui soutenaient l’assemblée unique.

Celui d’une abstention accrue et massive : 72% en Guyane et 65% à la Martinique qui ramenait le oui de 57% et 68% des exprimés et à 16% et 24% du corps électoral.

Les victimes en sont les « grands » élus locaux n’ont pas su se distinguer de l’oligarchie métropolitaine ou locale et de ses tentations. Les propositions de « consensus institutionnel  métropolitain» semblent susciter la méfiance croissante d’une partie des élus, militants et électeurs. Sans doute est-ce pourquoi le gouvernement n’a pas osé consulter les régions -départements les plus peuplés et les plus à gauche de la Guadeloupe et de l’Ile de la Réunion.

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