Protection sociale

Réaction à l’article “Santé : que penser des engagements du nouveau Président ?”

mercredi 30 mai 2012

Lire l’article : Santé : que penser des engagements du nouveau Président ?, par Bernard Teper

Bernard,

Je ne suis évidemment pas surpris de ton intervention et je te remercie de ton analyse que je n’avais pas faite complètement. Je suis personnellement dubitatif parce que les points durs n’ont été abordés que de façon très marginale, notamment les suites à donner à la loi Bachelot. La France est toujours le seul pays de l’UE qui n’ait pas défini la liste des Services d’Intérêt Général ou économique qu’elle veut maintenir hors du domaine de la marchandisation. Je n’ai rien lu là dessus. Comme je n’ai rien vu sur le maintien hors marchandisation de l’eau, une question dont je m’occupe beaucoup actuellement.
Ma seconde remarque porte sur les situations critiques de nombreux hôpitaux, notamment celui de Briançon, le mien. C’est très bien de déclarer qu’on veut mettre fin, ou modifier la tarification à l’activité, mais il y faudra du temps. Que fait-on en attendant ? Par ailleurs, une demi-réforme de la facturation à l’activité est à mon avis vouée à l’échec. C’est le principe même de cette facturation qui est en cause. La question ne sera pas traitée correctement parce qu’on va financer un peu mieux les missions d’intérêt général. Ce n’est pas tout à fait marginal, mais un peu quand même.
Je regrette, comme toi, le fait que la question des dépassements d’honoraires soit traitée trop rapidement alors que l’on sait bien que c’est un monde à réorganiser, la pierre d’achoppement traditionnelle des discussions tarifaires. Soit le PS n’a pas voulu abattre ses cartes avant les législatives, soit il est très démuni sur la question. Pourtant l’absence de plus en plus fréquente de recours aux soins pour cause financière constitue un problème politique majeur.
Même inquiétude sur la question du rôle respectif de l’assurance maladie, des mutuelles et des assurances, et des partenariats « public-privé » qui ne sont qu’une simple façon de progresser vers la privatisation de la médecine publique.
On y verra peut-être plus clair d’ici la rentrée de septembre, mais il y a lieu de rester vigilant.
Amicalement,
Bernard Liger

Par

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