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Mais qui veut « sauver » La Poste ?

samedi 24 octobre 2009
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La votation citoyenne contre la privatisation de la poste s’est déroulée samedi dans une ambiance de kermesse populaire, tracteurs et crieurs postés aux quelques 9 987 points de vote répartis sur le territoire national. Devant le succès de l’organisation, le Parti Socialiste propose aujourd’hui l’organisation d’un véritable référendum. Animal Politique1  était aux premières loges.

Le succès du référendum populaire était un pari audacieux pour les 60 organisations politiques, syndicales et associatives réunies dans le Comité contre la privatisation de la poste. « Entre la crise sociale et les fermetures d’entreprises, nous avons du mal à susciter le débat sur la privatisation de La Poste » nous confiait un militant SUD PTT quelques jours avant la votation. Et l’enjeu était de taille : « Nous organisons cette votation pour faire parler de notre mobilisation alors que le projet de loi sur le changement de statut de La Poste en société Anonyme doit être débattu au cours du mois d’Octobre au Sénat ».

Carton plein

Pari gagné. Dès 8 heures du matin, les votants sont au rendez-vous aux tables de vote disposées dans tous les quartiers de Paris où se pressent dans les Mairies qui organisent le vote de leur commune. Les assesseurs s’activent autour de l’urne au rythme des « A voté ! » et de la feuille d’émargement tenue scrupuleusement pour l’occasion. Franc succès d’affluence : plus de 1000 signatures au milieu de l’après-midi pour la table installée place de la Chapelle dans le 18e arrondissement de Paris. Des urnes remplies de bulletins acheminées à la mairie du 2e arrondissement dans la soirée.

Ce succès démontre l’intérêt des Français pour le débat sur l’avenir de La Poste, comme le confirme cette vidéo de micro-trottoir pris sur le vif le jour de la votation2 . Et pour cause, 60% d’entre eux sont favorables à l’organisation d’un référendum officiel sur le changement de statut (Sondage IFOP). De quoi donner des idées au Parti Socialiste, qui déclare le soir même son ambition de déposer un projet de loi pour transformer l’essai en véritable référendum d’initiative populaire, rendu possible dans le cadre de la réforme Constitutionnelle de Juillet 2008.

L’alibi européen de l’UMP

Tandis que le Comité National contre la privatisation de La Poste conforte la légitimité de son combat, la pression des institutions européennes pour la transposition de la directive de libéralisation des marchés postaux est une aubaine pour le gouvernement.
Face au spectre de la mise en concurrence au 1er Janvier 2011, Christian Estrosi réaffirme que le texte « s’engage à préserver 100% du statut public de La Poste et à injecter 2,7 milliards d’euros pour permettre, face à la concurrence inéluctable, de sauver La Poste ». La modernisation du service postal grâce à l’afflux de capitaux est le fer de lance du gouvernement. Mensonge pour Jean Desessard, sénateur vert de Paris, « les difficultés économiques que rencontre aujourd’hui La Poste servant de prétexte pour pousser encore plus loin le démantèlement des services publics ».

Service public contre rentabilité, capitalisation contre investissement de l’Etat : deux visions de l’avenir se dessinent pour « sauver » La Poste. Le débat est ouvert.
Sébastien Claeys

  1. http://www.animalpolitique.com/ []
  2. http://www.animalpolitique.com/basse-cour/893-mais-qui-veut-%c2%ab-sauver-%c2%bb-la-poste.php []
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