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  1. chronique d'Evariste
    1. La question que personne n'ose aborder : les anciens peuvent-ils faire l'amour pendant la canicule ?, par Évariste
  2. université populaire laïque
    1. Deuxième Université Populaire Laïque, par Union Des Familles Laïques
  3. laïcité
    1. Il faut arrêter les députés antilaïques, par Stéphane Arlen
    2. Les directions de la Ligue de l'Enseignement et de la Fédération nationale de la Libre Pensée (FNLP) lèvent le voile, par Évariste
    3. Communiqué commun de la Ligue de l'Enseignement et de la Fédération nationale de la Libre Pensée, par Jean-Michel Ducomte, Christian Eyschen
    4. La carpe et le lapin, ou une révision qui vient de loin, par Jean-François Chalot
  4. libre-échange
    1. L'importance d'un protectionnisme social et écologique, par Jacques Sapir
  5. Proche-Orient
    1. Aux Israéliens, il n'arrive jamais rien, par Philippe Val
    2. Il ne suffit pas d'avoir raison et d'être fort, il faut aussi être clairvoyant, par La Paix Maintenant
  6. Islam et République
    1. Le printemps des musulmans dépend aussi de vous, par Pascal Hilout
  7. homophobie
    1. Lorsque un député UMP encourage l'homophobie au nom de l'ancien testament, par Caroline Brancher
  8. Europe libérale
    1. Un peu de changement, mais pas trop, par Rosa Valentini
  9. gauche bobo
    1. J'ai l'honneur de ne pas te demander ta main, par Simon Archipenko
  10. courrier des lecteurs
    1. Assez du puritanisme de gauche !, par Fabienne Courvoisier
    2. Je suis fière de militer au RESF, par Jacqueline Duhem
    3. Réponse à Michel Guérin, par Patrick Courtois
  11. à voir
    1. " La raison du plus faible ", film belge de Lucas Belvaux, par Brigitte Bré Bayle
    2. Vol 93 ( film américain - 1h45, de Paul Greengrass), par Mireille Popelin
    3. Le corniaud de Libération, par Guy Konopnicki
  12. à lire
    1. Le numéro de Perspectives Républicaines est paru, par Suzel Anstett

1 - chronique d'Evariste

1.1 - La question que personne n'ose aborder : les anciens peuvent-ils faire l'amour pendant la canicule ?

On ne peut que se réjouir de constater l'extrême sollicitude dont nos anciens sont l'objet, avant d'aborder le mois d'août. On doit se féliciter que la catastrophe de 2003, qui avait vu 15.000 morts en quinze jours de canicule, ait permis de tirer quelques leçons, et suscite une forte mobilisation gouvernementale (malgré la disparition de trop de lits d'hôpitaux) et de toute la population. Bertrand et Villepin ne peuvent se permettre le même fiasco que Mattei il y a trois ans. Certes, déjà huit ouvriers sont morts sous la chaleur, mais comme disait une journaliste, "Ils n'avaient pas su apprécier leur résistance à la chaleur". C'est bien connu, l'ouvrier est présomptueux.

Mais c'est vrai qu'on les bichonne, nos papies et nos mamies. Aucun conseil ne leur est épargné.

" Quand il fait chaud, il faut boire beaucoup d'eau ! ". Arrivé à quatre-vingts ans, comme s'ils ne le savaient pas, et à part cela, un bon coup de rosé, ou un bon pastaga avec la flotte ne leur fera pas de mal...

" Mettez-vous à l'ombre, attention au soleil ". On se demande lequel resterait bêtement en plein soleil sous des températures pareilles...

" Habillez-vous légèrement, pour ne pas avoir trop chaud ". C'est vrai que si on ne leur dit pas, ils vont mettre la canadienne et le bonnet de laine !

Mais assez persiflé, assez de mauvais esprit, la mobilisation est là, il vaut mieux en faire trop que pas assez, et pourvu que tout se passe pour le mieux.

Mais, au milieu de toutes ces recommandations, parfois infantilisantes, il y a un sujet tabou : nos anciens peuvent-ils faire l'amour librement en pleine été comme à une autre période de l'année ? Alors que l'objectif est de limiter le nombre de décès, pourquoi un tel silence sur un sujet aussi grave ?

On a multiplié les campagne pour imposer le port du préservatif à toute une nouvelle génération (entre nous, je les plains, parce que c'est casse-pied, ce truc là !), mais il fallait !

Et là, on ne donne aucun conseil, aucune consigne, aux anciens sur les dangers d'une relation sexuelle pendant la canicule ! Invraisemblable, ahurissant !

Nos gouvernants pensent-t-il que les papies et les mamies sont rangés des affaires ? Ne peuvent-ils pas les imaginer avoir une vie sexuelle épanouie, tels ces Vieux, dans une bande dessinée du regretté et mal-pensant Reiser, qui se faisaient surprendre par leurs enfants en train de faire encore un festival érotique, et à qui on voulait donner des pilules pour calmer de tels obsédés sexuels ? Ne mesurent-t-il pas combien le coeur est sollicité, en pleine chaleur, pour combler sa belle, ou satisfaire son matou ?

Cela ressemble à de la non-assistance à amoureux en danger ! Pourtant, en dehors de la canicule, quelques hommes célèbres sont morts au champ d'honneur. Le plus célèbre est le président Félix Faure, en 1899, sans oublier le valeureux cardinal Danielou, retrouvé mort dans un bordel, dans les années 1980 (quelques jours après avoir prêché l'abstinence sexuelle pour les prêtres), et qui probablement voulait sauver l'âme d'une prostituée.

J'ignore si ces morts héroïques, qui doivent être bien plus fréquents qu'on ne croit, sont le fait des seuls hommes, je n'ai jamais entendu parler de femmes succombant au front. Seulement dans un film japonais " L'empire des Sens ", une vieille prostituée mourrait sous les assauts d'un jeune amant.

Donc, il faut envoyer un message fort, d'abord aux anciens, les alerter du danger qu'ils courent.

Première étape, opération prévention. Il faut demander aux mamies, contrairement à ce qu'écrivait notre collaboratrice Brigitte Bré Bayle, la semaine dernière, qu'elles rangent les strings, et ne mettent pas des tenues de bain trop excitantes. C'est Bertrand Delanoë qui a raison. Pas de seins nus, ni de strings sur Paris Plage, mais par contre des voiles islamistes. Ainsi, Bertrand, après avoir carressé dans le sens du poil (en tout bien tout honneur) l'archevêque de Paris André Vingt-Trois en ayant donné le nom de Jean-Paul II à la place publique du parvis de Notre-Dame, continue à se mettre bien avec les ratichons parisiens. Ensuite, surtout, il prend une mesure de salubrité publique, en évitant de confronter nos anciens à des tenues susceptibles de provoquer des montées... de tension. Enfin, en interdisant le string et les seins nus (autorisés sur toutes les plages de France) sans dire un mot sur le voile islamiste, il envoie un message fort à tous les calotins, toutes religions confondues.

Deuxième étape, il faut convaincre de la nécessaire abstinence sexuelle, pendant la canicule, les hommes et les femmes à l'âge de la retraite, cela paraît un bon critère. Les bons chiffres du mois d'août en dépendent. Un seul problème : qui ira faire passer un message si peu populaire ? C'est dommage qu'ils aient mis Douste aux Affaires étrangères, où il passe son temps à enfoncer des portes ouvertes, d'ailleurs. Je l'aurais bien vu, s'il était encore à la Santé, avec sa tête de maire de Lourdes, faire la leçon aux anciens, un cierge à la main, et les supplier de rester raisonnables, il aurait été parfait dans le rôle. Ou bien j'aurais bien vu Jacques Barrot, autre ancien ministre de la Santé, qu'ils ont planqué à Bruxelles, je trouve qu'il aurait eu, lui aussi, la tête de l'emploi.

En tout cas, moi, malgré le silence criminel du gouvernement, je vais ménager mon c線r, même si je ne suis pas à l'âge de la retraite. Je vais fuire toutes les tentations, j'ai envie de survivre à la canicule, et de continuer à en irriter encore quelques-uns à la rentrée de septembre.

Donc, je déclenche mon plan Orsec à moi. Aucun effort cardiaque pendant la canicule, trop dangeureux ! Je pars sans laisser d'adresse, j'achète un cadenas, je ferme ma porte de chambre à double tour tous les soirs, et je me couche en laissant mes mains au-dessus des draps.

Mais à part cela, j'aurai mon ordinateur, vous pourrez donc me souhaiter de bonnes vacances !

Évariste

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2 - université populaire laïque

2.1 - Deuxième Université Populaire Laïque

DU VENDREDI 18 AOUT AU LUNDI 21 AOUT, à Annonay (07)

Organisée par l'Union des Familles laïques
A Annonay (Ardèche), au Groupement des ¼uvres Laïques d'Annonay, château du Grand Mûrier

Programme :

Vendredi 18 août

séance plénière 15 h-18 h : le mouvement social, par Bernard Defaix, porte-parole de la Convergence nationale services publics(ex-Guérêt),président d'ATTAC 23.
Soirée conférence à 20H30 : Histoire des idées laïques et républicaines, par Guylain Chevrier, président du conseil scientifique de l'UFAL

Samedi 19 août

Attention : inversion de dernière minute des deux séances plénières

Séance plénière 9 h 30-12 h : l'Europe, par Bernard Teper, président de l'UFAL

14 h - 16 h : Ateliers

Séance plénière 16 h - 18 h 30 : " Les enjeux contemporains du combat laïque ", par Pierre Cassen, membre du bureau national de l'UFAL

Dimanche 20 août

Séance plénière 9H30-12H: " Energie, développement durable ", par Christian Gaudray, président de l'UFAL 33 et Guillame Campioni, chercheur au CEA

14 h - 16 h : Ateliers
séance plénière 16H-18H30 : l'école, avec Marie Perret, professeur de philosophie

Lundi 21 août

Séance plénière 9 h30 - 12h : " Le modèle alternatif au turbocapitalisme ", par Bernard Teper

Renseignements : 01.46.27.09.25, 06.27.17.26.91, et ufalsiege@ufal.org

Union Des Familles Laïques

www.ufal.org

3 - laïcité

3.1 - Il faut arrêter les députés antilaïques

Le député UMP (forcément !) de Moselle François GROSDIDIER vient de déposer deux propositions de loi. La première, que nous connaissions déjà, vise à intégrer le culte musulman dans le droit local arriéré d'Alsace-Moselle afin de pouvoir le subventionner, enseigner l'islam à l'école publique et rémunérer les imams (voir http://www.assemblee-nationale.fr/12/propositions/pion3216.asp). La seconde (voir http://www.assemblee-nationale.fr/12/propositions/pion3215.asp) propose de permettre aux collectivités territoriales de construire elles-mêmes des lieux de culte, notamment (et officiellement) pour réparer l'injustice énorme qui veut que les pauvres musulmans, qui n'ont pas les moyens de construire des mosquées, n'ont pas les mêmes avantages que les autres religions déjà largement financées pour leurs lieux d'endoctrinement. Pour justifier cela, il n'hésite pas à dire que le fait que les musulmans n'aient pas droit à la même manne financière que les autres croyances représente non seulement une inégalité, mais aussi une violation de la laïcité !

Visiblement, en Moselle (et en Alsace), on a une drôle de conception de la laïcité qui ne serait en réalité que la possibilité de financer toutes les religions pour ne pas créer d'inégalité. Pourtant, il y aurait bien une autre solution pour ne pas créer d'inégalité : ce serait qu'on impose sur tout le territoire français (et donc également en Moselle, dans les deux départements d'Alsace et en Guyane) une stricte application de la loi de 1905 version 1905 (c'est-à-dire sans les ajouts pétainistes permettant de ne pas considérer comme subventions l'argent donné pour les réparations des lieux de culte, y compris ceux qui ne sont pas classés monuments historiques). Ainsi, avec un État qui ne reconnaîtrait et ne salarierait aucun culte, il n'y aurait plus la moindre inégalité de traitement...

Mais l'UMP de Sarkozy veut détruire la laïcité française, afin de flatter l'électorat musulman, tout en pouvant mieux financer les cultes déjà reconnus dans les faits. Le tout, bien évidemment, servant parfaitement la volonté jamais avouée de maintenir le peuple dans l'ignorance des croyances les plus insensées (et bien souvent criminogènes) pour mieux faire passer la dure pilule de la politique libérale. Si on arrive à faire en sorte que les Français croient qu'ils auront une vie meilleure après leur mort, on pourra leur faire accepter tout ce qui rend leur vie terrestre insupportable.

Cette seconde proposition de loi de M.GROSDIDIER demande que les communes ou groupements de communes puissent construire sur fonds publics des lieux de culte, dès qu'une partie "substancielle" de la population appartement à une croyance quelconque en ressent le besoin (et bien sûr ces pauvres gens n'ont pas les moyens de construire eux-mêmes leurs salles de conditionnement), ce qui signifie que l'argent public pourra aider dans un premier temps les musulmans, mais aussi, nous dit GROSDIDIER, les bouddhistes. Et après eux, on imagine que ce sera au tour des hindouistes (de plus en plus nombreux en métropole et historiquement nombreux à la Réunion par exemple), puis des shintoïstes, des animistes, puis, quand ces sectes ne seront plus reconnues comme telles, des scientologues, des témoins de Jéhovah ou des raëliens. Bref, tous les délires possibles et imaginables vont pouvoir obtenir, tôt ou tard, des lieux de culte payés par les contribuables. Car M.GROSDIDIER, qui en tant que député UMP approuve les baisses d'impôts, demande que la dotation aux communes par l'État soit augmentée pour subvenir à ces nouvelles dépenses très utiles, et que l'État augmente les taxes sur le tabac pour aider les communes dans leur lutte pour la croyance et contre la connaissance et l'intelligence. À l'UMP, quand il s'agit d'aider les vieux qui meurent, on n'a pas d'argent et on rend un jour férié jour de travail gratuit obligatoire, mais quand on veut financer les pires délires mystiques, on trouve les moyens.

M.GROSDIDIER, comme beaucoup d'autres UMP depuis quelques mois (M.SARKOZY, M.ROUBAUD, M.RAOULT, etc.), fait un véritable travail de sape contre la République française, constitutionnellement laïque, et contre la séparation des Églises et de l'État. La volonté de ces gens, qui trahissent les institutions et l'héritage laïque obtenu après des siècles de lutte contre la domination écrasante de l'Église catholique, est de maintenir le peuple dans la croyance afin qu'il ne se réveille pas et ne se rende pas compte de ce qu'on fait en son nom mais finalement contre lui. Tous les laïques, tous les défenseurs de l'unité de la République française, doivent se lever et dire non à M.GROSDIDIER et ses complices avant qu'il ne soit trop tard.

Stéphane Arlen

président de l'association Faire Le Jour
www.fairelejour.org

3.2 - Les directions de la Ligue de l'Enseignement et de la Fédération nationale de la Libre Pensée (FNLP) lèvent le voile

Que peuvent avoir à se dire, en plein été, un 7 juillet, la direction de l'entreprise commerciale social-libérale de la Ligue de l'Enseignement, chantre de la laïcité ouverte, et la direction trotskiste lambertiste de la Fédération nationale de la libre pensée, spécialiste de l'unité avec elle-même ?

Inutile de perdre du temps à examiner les portes ouvertes qu'ils enfoncent.

Ils sont contre la révision de la loi de 1905. Qui, à part Sarkozy, est pour?

Ils condamnent la proposition du député UMP Roubaud de réintroduire le délit de blasphème (en oubliant de préciser que cette demande est venue après l'affaire des caricatures, et a été formulée par l'Union des Associations Musulmanes (UAM) du 93 qui a organisé une manifestation de rue pour imposer cela). Quelle organisation laïque pourrait ne pas condamner cette initiative ?

Ils s'opposent à l'article 89 de la loi du 3 août 2004, imposant à toutes les communes de participer au financement des écoles privées situées sur les villes voisines, si un enfant de la dite-commune y va à l'école. Toutes les organisations laïques ont protesté contre cette loi !

L'enjeu est donc ailleurs. On amène la proposition de loi du député UMP Jacques Myard, préconisant l'interdiction du voile islamique dans la rue, pour, s'appuyant sur cette proposition qu'aucune organisation laïque n'a approuvé, enchaîner sur la loi du 15 mars 2004 contre les signes religieux à l'école publique.

C'est le seul intérêt de cette rencontre ! Avec des mots forts, dignes des ultracommunauraristes style "Indigènes de la République", " loi d'exception ", encourageant la " xénophobie " et les " affrontements communautaires ", les deux organisations (la carpe et le lapin) tiennent à se démarquer de toutes les organisations qui ont mené campagne pour cette loi.

Les enseignants et chefs d'établissements, qui, malgré la passivité de la plupart des directions syndicales enseignantes, notamment celle de la FSU, constatent objectivement que cette loi, bien qu'imparfaite , à mis le coup d'arrêt qu'il fallait mettre à l'offensive à l'école des signes religieux en général et du voile en particulier, seront ravis d'apprendre que les " laïques ouverts " de la Ligue de l'Enseignement et les " laïques sectaires " de la direction de la FNLP condamnent une loi qui leur a favorisé la vie, ce que confirme le rapport d'Hanifa Cherifi : http://www.communautarisme.net/index.php?preaction=joint&id_joint=17182.

Tous les sondages et études d'opinion montrent que la majorité des femmes d'origine maghrébine sont favorables à la loi.

La Ligue de l'Enseignement, avec son concept de " laïcité ouverte " est totalement cohérente, en s'opposant à cette loi, avec des orientations qui tournent le dos au combat de ses fondateurs. Comme toutes les organisations dont les directions prônent la " laïcité ouverte ", (Mrap, LDH, direction FSU, etc.), elle n'a jamais combattu les signes religieux à l'école, estimant que l'égalité hommes-femmes et l'égalité entre toutes les femmes de la planète ne devaient pas géner le primat des identités ethniques et religieuses. En fait, elle a plutôt combattu ceux qui s'opposaient aux signes religieux à l'école.

La FNLP a toujours combattu la laïcité ouverte, il faut lui en être gré. Mais sa direction n'a jamais mené de batailles contre le voile à l'école. Elle s'est toujours contentée de lutter contre le seul Vatican, laissant une paix royale aux islamistes et autres communautaristes depuis 1989.

Il est intéressant de chercher à comprendre pourquoi. Pendant les années noires de la guerre civile en Algérie, dans les années 1990, la leader du parti trotskiste lambertiste algérien, Louisa Hannoun, a pris fait et cause pour les islamistes du FIS, signant des textes communs avec lui. Elle ne sera jamais inquiétée par les égorgeurs intégristes qui exécutèrent des dizaines de milliers d'algériens attachés aux principes laïques et républicains.

Cela signifie-t-il que les trotskistes lambertistes du Parti des Travailleurs (PT) ont passé, au mieux un pacte de non-agression, au pire une alliance de type algérien, avec les islamistes pour les laisser communautariser la grande majorité des femmes d'origine maghrébine ? Si rien ne permet de l'affirmer, on sait que les alliances contre nature n'effraient pas les trotskistes lambertistes du PT (lire à ce sujet l'excellent ouvrage de Christophe Bourseiller, cet étrange Monsieur Blondel, éditions Bartillat), et cela expliquerait une passivité de la direction de la FNLP sur les agressions anti-laïques de l'extrême droite musulmane qu'on ne retrouve pas quand il s'agit du Vatican.

Pour la rédaction de RESPUBLICA, nous estimons, au contraire, qu'il faut combattre avec la même intensité tous les intégrismes ethniques et religieux qu'ils soient chrétiens, juifs, musulmans, hindouistes ou autres. Il n'est pas acceptable de voir des organisations combattre certains intégrismes et être pour le moins passif avec d'autres.

La rédaction de Respublica a reçu récemment une cassette assez révélatrice, envoyée par un lecteur. On y voit un militant trotskiste lambertiste du PT, membre de la FNLP, animer un meeting avec Alain Gresh, le complice de toujours du communautariste Tariq Ramadan, et un islamogauchiste de service.

Enseignant, le militant trotskiste lambertiste y dit, pour le plus grand plaisir de "l'Indigène de la République" Alain Gresh, que le voile ne lui a jamais posé de problèmes à l'école, et que derrière tout cela, il y a une campagne islamophobe et raciste. Il servit littéralement la soupe toute la soirée à un Alain Gresh ravi.

On retrouvait la même mauvaise foi dans " Le Monde " du samedi 10 décembre, quand le grand chef trotskiste lambertiste de la Libre Pensée, Christian Eyschen, dans un esprit "unitaire" dont il a le secret, quelques heurs avant la manifestation du centenaire de la séparation des Eglises et de l'Etat, dénonçait, l'UFAL à Xavier Ternisien, l'intégriste catholique de la rédaction du journal " Le Monde ", en jugeant cette organisation à la droite de Sarkozy, et la faisant passer pour raciste.

L'après-midi, le dit Christian Eyschen déploiera ses gros bras (service d'ordre du Parti des Travailleurs dont la violence et la brutalité contre les autres organisations du mouvement social sont légendaires) pour casser la manifestation du centenaire en deux, et isoler toutes les organisations vraiment libres telles l'UFAL, l'Association des Libres Penseurs de France (ADLPF, militants qui ont quitté la Fédération nationale de la Libre Pensée, et que la direction trotskiste lambertiste poursuit d'une haine bien peu laïque), le Créal, la Fédération Anarchiste et tous ceux qui ne rentraient pas dans les plans unitaires de la direction trotskiste lambertiste.

On suivra donc avec attention les suites de cette rencontre estivale. Nous attendrons avec délectation ce qu'enfantera cette réunion ubuesque. La condamnation de la loi du 15 mars 2004 deviendra-t-elle un préalable à toute démarche unitaire du nouveau tandem Ligue de l'Enseignement - Libre Pensée ? Quelle belle perspective !!!

En tout cas, nous sommes certains que nombre de laïques qui, par fidélité, continuent de militer à la Fédération nationale de la Libre Pensée, seront choqués par cette condamnation de la loi du 15 mars 2004, alibi de cette déclaration commune, et par ce gage donné aux adeptes de la laïcité ouverte et surtout à l'extrême droite islamiste.

Décidément, les militants laïques sincères n'ont rien à attendre de ce nouvel attelage, et ne doivent pas compter sur lui pour renforcer, sur des bases saines, l'unité des laïques.

Qu'ils en tirent les conclusions !

Évariste

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3.3 - Communiqué commun de la Ligue de l'Enseignement et de la Fédération nationale de la Libre Pensée

La Fédération Nationale de la Libre Pensée et la Ligue de l'Enseignement se sont rencontrées à Paris le 7 juillet 2006 afin de faire le point sur la situation qui prévaut aujourd'hui en matière de laïcité. Nos deux organisations, parmi les plus anciennes du mouvement laïque français, sont porteuses d'identités et de projets différents mais fondés sur les mêmes valeurs. Notre histoire a parfois été tumultueuse. Les débats et les confrontations, parfois virulents, en font partie intégrante, tout comme les combats menés en commun au service d'une laïcisation de la société et des institutions républicaines. Aujourd'hui, au moment où surgissent diverses interrogations, nous constatons ensemble la nécessité de confronter nos analyses et de rechercher les convergences.

Dans ce cadre, la Ligue de l'Enseignement et la Fédération Nationale de la Libre Pensée se réjouissent que de nombreuses associations laïques aient adopté en commun une déclaration : " Ne touchez pas à la loi de 1905 ! ". Engager une révision de la loi comporte en effet d'évidents risques pour les principes même de la laïcité.

De même, la Fédération Nationale de la Libre Pensée et la Ligue de l'Enseignement tiennent à marquer leur opposition résolue à l'égard de deux propositions de loi déposées récemment sur le bureau de l'Assemblée Nationale.

La première, qui émane du député Jean-Marc Roubaud, ne tend à rien moins qu'au rétablissement du délit de blasphème en matière de presse. Il convient de rappeler que ce délit avait disparu sous la Révolution française et que seul le régime réactionnaire de Charles X, le roi dévot, avait tenté de le réinstaurer. Il n'y a pas de démocratie possible sans une totale liberté d'expression et sans le rappel que toutes les opinions doivent se voir reconnaître le même statut. Une telle régression, qui rejoint certaines des revendications de l'extrême droite française est totalement inacceptable.

La seconde proposition de loi, tout aussi inacceptable, a été déposée par le député Jacques Myard. Selon les dispositions de son article premier : " aucune prescription culturelle ou religieuse n'autorise quiconque à voiler son visage sur la voie publique ; toute personne allant et venant sur le territoire de la république doit avoir le visage découvert, permettant sa reconnaissance ou son identification ". L'article trois prescrit la reconduite à la frontière de tous les étrangers portant un foulard islamique. Le texte ne tente même pas dissimuler ses arrières pensés derrière le voile de l'hypocrisie. Seule une catégorie de personnes est concernée, les femmes musulmanes. Il ne semble pas que les personnes appartenant à des ordres religieux féminins catholiques soient concernées.

Ces deux textes méconnaissent radicalement les principes sur la base desquels se trouve organisée une République laïque. Leur adoption violerait tant l'article premier de la Constitution que les deux premiers articles de la loi de 1905 et, par ailleurs, amènerait la France à se trouver en délicatesse par rapport à certain des engagements internationaux souscrits par elle.

La Ligue de l'Enseignement et la Fédération Nationale de la libre Pensée considèrent que la liberté absolue de conscience posée par l'article premier de la loi de 1905 comporte le droit pour chaque individu d'avoir une religion ou de ne pas en avoir ainsi que la possibilité de voir critiquer l'une ou l'autre des deux attitudes.

La croyance et la non croyance relèvent de l'ordre des convictions individuelles. La loi n'a rien à dire en pareille matière sauf à définir, démocratiquement, le périmètre de l'ordre public. De la même façon, les tribunaux n'ont pas à s'instituer arbitres des élégances religieuses.

La stricte séparation entre l'univers des convictions individuelles, notamment religieuses, et celui du service public, posée par la loi de 1905 comporte un certain nombre de conséquences : critiquer les religions ou manifester son appartenance religieuse relève du seul domaine de la liberté individuelle d'expression ; l'Etat a l'obligation de conserver une stricte neutralité lorsqu'il intervient dans le cadre d'une mission d'intérêt général ce qui justifie la proscription du port de tout signe d'appartenance religieuse par des fonctionnaires.

Plus généralement, la Fédération Nationale de la Libre Pensée et la Ligue de l'Enseignement, ne sauraient accepter de loi d'exception, par principe discriminatoire. Ceci explique que nos deux organisations se soient rejointes dans la critique de la loi du 15 mars 2004 sur le port de signes ou de tenues manifestant une appartenance religieuse dans les écoles, collèges et lycées publics. Il s'agissait d'une loi de circonstance, à visée électoraliste et qui, en dépit de l'apparente généralité de ses termes, ne visait qu'une seule catégorie de population. Il est significatif que dans le langage courant elle soit souvent présentée comme " la loi sur le voile ". La stigmatisation de telle ou telle catégorie de la population ne peut conduire qu'à des phénomènes de discrimination, à des tentations xénophobes et à des affrontements communautaires.

La Ligue de l'Enseignement et la Fédération Nationale de la Libre Pensée s'opposent également, de façon tout aussi résolue, aux dispositions de l'article 89 de la loi du 13 août 2004 relative aux libertés et responsabilités locales, qui rend obligatoire la participation des communes aux frais de scolarisation des élèves fréquentant, hors de leur territoire, des écoles privées. Nos deux organisations exigent l'abrogation de cet article qui augmente notablement le financement public des écoles privées, au détriment du développement du service public et laïque d'éducation.

La Fédération Nationale de Libre Pensée et la Ligue de l'Enseignement décident de poursuivre leurs échanges de vue réguliers pour rechercher, dans le respect de la diversité des approches, toutes les convergences permettant de faire vivre au quotidien une laïcité favorisant l'émancipation des personnes et garantissant le pluralisme des convictions. Elles se proposent d'élargir ces rencontres à toutes les organisations laïques souhaitant construire un rassemblement permettant de dégager des pistes d'actions communes pour la défense de la laïcité de l'Ecole et de l'Etat.

Pour La Ligue de l'enseignement Pour la Fédération nationale de la Libre Pensée

Jean-Michel Ducomte

président de la Ligue de l'Enseignement

Christian Eyschen

secrétaire général de la Fédération nationale de la Libre Pensée

3.4 - La carpe et le lapin, ou une révision qui vient de loin

Est-ce possible ?

Beaucoup de libres penseurs n'en reviennent pas...

La direction de la Fédération Nationale de la Libre Pensée signant un texte dénonçant la loi du 15 mars 2004 avec la Ligue de l'Enseignement...Qui l'aurait cru ?

La Ligue de l'Enseignement fidèle à son orientation -elle s'est opposée à l'interdiction du port de signes religieux à l'école- réaffirme sa position qui d'ailleurs a créé des remous dans ses rangs...

Pour la Fédération Nationale de la Libre Pensée, c'est un alignement qui ressemble à un compromis historique lui permettant de sortir de son isolement...Politiquement, il lui faudra payer le prix de cette révision historique...

Interpellée durant la bataille qui avait opposé les laïques et les intégristes, la direction de la FNLP a expliqué qu'il suffisait d'appliquer les textes existants au lieu de proposer une autre loi. Malgré l'inconsistance d'une telle " argumentation ",-en effet avant la loi du 15 mars toute mesure d'interdiction du port de signes religieux visibles était cassée par les tribunaux administratifs ou le Conseil d'Etat- nous avons respecté cette posture.

Mais aujourd'hui il ne s'agit plus de débattre sur l'opportunité d'une loi , la direction de la FNLP, de fait, épouse les thèses de la Ligue de l'Enseignement donc campe sur le terrain des adeptes de la laïcité ouverte.

De nombreux libres penseurs déjà inquiets devant les dérives de la direction de la FNLP et de son sectarisme vis à vis d'autres organisations comme l'UFAL ne peuvent pas accepter l'inacceptable, c'est à dire que leur organisation tourne le dos à des principes pourtant affichés. Le texte commun insulte toutes celles et tous ceux qui ont combattu et combattent les trois intégrismes :

" Il s'agissait d'une loi de circonstance, à visée électoraliste et qui, en dépit de l'apparente généralité de ses termes, ne visait qu'une seule catégorie de population. Il est significatif que dans le langage courant elle soit souvent présentée comme " la loi sur le voile ". La stigmatisation de telle ou telle catégorie de la population ne peut conduire qu'à des phénomènes de discrimination, à des tentations xénophobes et à des affrontements communautaires. "

Les signataires de cet appel n'ignorent pas que les militants laïques qui ont par leur mobilisation obtenu la sortie d'un nouveau texte de loi participent au mobilisation anti raciste et luttent contre l'islamisme politique réactionnaire au côté de dizaines de milliers de femmes qui exigent l'égalité des droits... Calomnions ! calomnions ! il en restera toujours quelque chose !

Certains vont grincer des dents, notamment des responsables de la Ligue de l'Enseignement qui n'apprécieront pas que leur organisation s'affiche avec le PT qui dirige la FNLP !

Les intérêts d'appareils importent peu.

C'est l'acte de rupture qu'il faut juger, rupture entre la direction de la Fédération Nationale de la Libre Pensée et les principes et valeurs qui sont ceux portés historiquement par ce mouvement.

Jean-François Chalot

4 - libre-échange

4.1 - L'importance d'un protectionnisme social et écologique

Le régime des échanges commerciaux, tel qu'il fonctionne aujourd'hui dans le cadre des accords de l'OMC et de l'Acte Unique européen, est incompatible avec la souveraineté sociale et la souveraineté fiscale des Etats. La mise en place de la règle du libre-échange entre des pays ayant des systèmes sociaux et fiscaux différents n'organise pas la concurrence entre les entrepreneurs, mais entre les choix sociaux et fiscaux des citoyens de ces pays. Or, s'il est légitime que les projets entrepreneuriaux soient mis en concurrence, car ils relèvent du monde du marché, les cadres sociaux et fiscaux traduisent des choix politiques collectifs. Ils relèvent d'un espace radicalement différent de celui du marché. Vouloir les mettre en concurrence revient à faire voter des citoyens d'un pays sur les choix dans un autre pays. Il y a non seulement une négation du principe de la démocratie, mais il y a surtout une profonde imposture à prétendre alors que le libre-échange valide l'efficience de choix économiques. Dit " libre " l'échange ne peut être " juste ". Il y avait bien, en ce sens, une contradiction dans les termes dans la formule de " concurrence libre et non-faussée " que contenait le TCE. La concurrence est soit libre, soit non-faussée, mais elle ne peut être les deux simultanément.

On le voit bien à la fois dans le rapport entre les pays de l'UE et les autres pays que dans le fonctionnement interne d'une UE élargie, car l'une des conséquences de l'élargissement a bien été l'accroissement de l'hétérogénéité des pays membres.

L'une des premières tâches est donc de substituer le " Juste-Échange " au " Libre-Échange ".

I.I. La centralité de la souveraineté sociale et fiscale dans le pacte démocratique.

L'affaire Bosch qui a secoué la France en juillet 2004, et les affaires similaires qui se produisent en Allemagne Fédérale en témoignent à l'évidence..

À chaque fois une entreprise utilise le chantage à l'emploi, par le biais d'une menace de délocalisation, pour contraindre ses salariés à accepter des conditions sociales en-deça des lois et règles collectives du pays, en particulier en matière de durée du travail. En un sens, la direction de ces entreprises prétend ici s'approprier un droit qui ne peut revenir qu'à la collectivité: celui de définir des règles. Il y a, de manière patente, une usurpation de souveraineté.

Ce chantage social a été précédé par un chantage fiscal. La menace de délocalisation a été systématiquement brandie depuis près d'une décennie par les entreprises pour obtenir des dégrèvements fiscaux multiples. La structure de la fiscalité et de la parafiscalité (ce que l'on appelle les charges sociales) en a été ainsi modifiée, hors de toute décision collective d'ensemble, par une succession d'ajustements locaux. Ici encore, il y a eu usurpation de la souveraineté populaire.

Si la question de la souveraineté sociale est de loin la plus spectaculaire, celle de la souveraineté fiscale est certainement la plus importante. En effet, les questions de la fiscalité et du consentement à l'impôt sont au coeur de la stabilité de l'Etat.

Les dégrèvements qu'obtiennent les entreprises impliquent soit une réduction des dépenses publiques soit un transfert de la charge fiscale sur les ménages. Dans ce dernier cas, cela signifie avant tout un accroissement de la charge pesant sur les classes moyennes. La nature des sources de revenus des ménages les plus riches, ainsi que la structure de leur patrimoine, leur permet en réalité de bénéficier de nombreuses "niches" fiscales, voire de se délocaliser fiscalement.

Une telle situation induit naturellement des éléments de révolte fiscale dans les classes moyennes, ce dont les forces politiques de la droite comme de la gauche parlementaire tiennent compte en proposant régulièrement - avec plus ou moins d'efficacité et de justice - des programmes de diminution d'impôts.

On est alors renvoyé à la question de la diminution des dépenses publiques. En effet, la perte de souveraineté monétaire qui découle du passage à l'Euro, interdit le recours à des financements monétaires partiels du déficit, comme on les a pratiqués dans les années cinquante et soixante. En période de faible croissance, un alourdissement de l'endettement public se traduit par de nouvelles charges. Ayant déjà perdu le contrôle de l'instrument monétaire, les gouvernements se voient retirer celui de l'instrument budgétaire et fiscal. Ainsi, non seulement le libre-échange a-t-il bafoué la démocratie en soumettant le vote des citoyens au pouvoir de décision extérieur à la communauté politique nationale, mais il aboutit aussi à la paralysie de la politique économique dont il démantèle les instruments. Dès lors, la démocratie est bafouée une seconde fois, puisque le gouvernement issu de l'expression du peuple ne peut plus mettre en place la politique économique pour laquelle il a été mandaté.

La mise en place d'une politique économique cohérente passe aujourd'hui par la reconstruction de la souveraineté sociale et fiscale, mais aussi écologique. Ce dernier aspect est aussi à souligner dans la logique d'une application réelle des prescriptions du "Protocole de Kyoto" ou de tout autre traité en la matière.

On constate d'ailleurs depuis plusieurs mois que les entreprises françaises et allemandes se liguent pour obtenir un assouplissement des contraintes issues de ce protocole au nom de la concurrence. Le chantage à la délocalisation se profile de manière évidente. Il est une conséquence logique de la logique de Libre-Échange, telle qu'elle est aujourd'hui conçue, et qui ne peut qu'aboutir à la destruction de toutes les avancées, qu'elles soient sociales ou écologiques, pour promouvoir celle du "Juste-Échange ".

5 - Proche-Orient

5.1 - Aux Israéliens, il n'arrive jamais rien

Ils vivent heureux et en sécurité, entourés de voisins charmants qui s'appellent Syrie, Hezbollah, Hamas. Ces braves gens ne feraient jamais de mal à une mouche.

Mais comme l'Israélien a le fond méchant, il passe son temps à massacrer et à emprisonner les enfants des voisins.

Le leader chiite Hassan Nasrallah est un héros au sourire si doux. Il vient juste de foutre le feu à la région, mais évidemment, c'est de la faute d'Israël.

Israël n'est jamais agressé. Israël n'est jamais en danger. Israël a toujours tort.

La cruauté ontologique de l'Israélien, au fond, est rassurante. Elle permet de mesurer à quel point on est du côté du bien, de la générosité, de l'irréprochable.

Vous voulez qu'on vous trouve sympa et militant d'une gauche couillue et courageuse ? Portez un tee-shirt du Hamas à Paris-Plage.

Que l'on critique les décisions du gouvernement israélien, qu'on juge les ripostes excessives ou non, c'est une chose. Mais qu'on se donne au moins la peine de rappeler que le camp adverse - en l'occurrence, le Hezbollah et sa jonction avec le Hamas - a aussi quelques responsabilités dans l'histoire.

Pour les ambitions du Hezbollah - à savoir, fédérer, pour le compte de l'Iran, une grande force panislamiste -, une paix entre Israéliens et Palestiniens serait une catastrophe.

Ils font donc tout pour qu'une guerre fédératrice éclate, pendant laquelle l'Iran se hâtera d'achever son projet nucléaire. Qu'on parle de réalité, au lieu d'en taire sans cesse la moitié.

A moins d'annoncer la couleur et d'avouer qu'on travaille dans un organe de propagande. Ce qui n'est pas le cas de Charlie.

Philippe Val

Charlie Hebdo

Source : Charlie Hebdo 19 juillet 06

5.2 - Il ne suffit pas d'avoir raison et d'être fort, il faut aussi être clairvoyant

Où en est-on treize jours après le déclenchement des hostilités par le Hezbollah et l'Iran aux frontières nord d'Israël ?

Dans les guerres du XXIe siècle face à des organisations terroristes fanatisées par leur islamisme radical, il ne suffit pas d'être fort et d'avoir raison, il faut aussi être plus clairvoyant que son adversaire, et essayer de ne pas tomber dans le piège qu'il vous tend.

Il est important que les objectifs militaires israéliens soient clairement débattus et validés, et restent sous le contrôle des politiques.

Mais il est aussi urgent que le deuxième front : le front diplomatique, ne soit pas subi par Israël, mais déployé à son initiative pour qu'il en retire le maximum de bénéfices.

C'est maintenant qu'il faut exploiter l'ouverture offerte par les prises de position fermes de l'Arabie saoudite contre le Hezbollah.

C'est maintenant qu'il faut saisir les opportunités ouvertes par les négociations qui continuent entre le Hamas et l'Autorité palestinienne pour débloquer la situation à Gaza et relancer un dialogue israélo-palestinien sans conditions préalables.

En engageant un processus résolu de négociations globales sur le conflit israélo-palestinien, en s'appuyant sur les pays arabes menacés par l'Iran, Israël enlèvera un argument décisif au front chiite radical, et contribuera à l'isoler au sein du monde arabe.

Si une dynamique crédible de dialogue israélo-palestinien commence à se mettre en place, les grandes puissances sortiront de leurs beaux discours hypocrites et de leur pusillanimité, et seront contraintes de s'engager dans un soutien actif et conséquent à la résolution de ces conflits.

Il se peut que l'embrasement actuel s'éteigne d'ici quelques semaines, mais le c¦ur du problème demeure : un conflit israélo-palestinien qui n'a que trop duré.

Tant qu'il se poursuivra, l'Iran continuera à exploiter ce conflit pour ses objectifs propres qui sont clairement affichés et pour lesquels ce pays met en place les moyens nécessaires.

Pour isoler et affaiblir l'Iran, il est impératif que le conflit israélo-palestinien soit mis rapidement sur les voies d'une solution globale, sinon ce que nous observons aujourd'hui n'aura été qu'un avant-goût de ce qui nous est réservé dans un futur pas trop lointain.

6 - Islam et République

6.1 - Le printemps des musulmans dépend aussi de vous

Je suis un militant de gauche mais non démissionnaire face à l'islam classique. Je ne quitte pas le radeau de Mahomet tout en organisant la nécessaire opération de transbordement. Quand on aime les musulmanes et les musulmans, quand on veut les libérer des carcans ancestraux, il ne suffit pas de leur dire avec fermeté que le coran contient des feuillets caducs et le démontrer, il faut aussi se soucier du voilier capable de tenir le cap pour faire en sorte qu'ils rejoignent l'humanisme et la modernité. Il est temps qu'ils quittent la barbarie qui considère la femme comme un sexe à cacher, du pied jusqu'au cheveu le plus anodin. Il est temps de combattre ce regard malsain porté sur la beauté divine du corps humain. Ce regard juste sorti de la nuit des temps. Il ose s'afficher aujourd'hui sur grand écran, à Paris et dans nos banlieues, sur des tchadors et même des burkas ! Moi je dis NON, je n'aime pas ce regard et je le combattrai dans notre cité !

Aujourd'hui, le débat autour de la laïcité doit tenir compte de la nouvelle donne : une remise en question radicale face aux musulmans d'ici et maintenant. Nous sommes des citoyens comme tout le monde : nous n'avons pas le droit de prêcher et de pratiquer ce qui, dans le coran, est foncièrement contraire aux valeurs humanistes et républicaines. Mais hélas, je ne trouve ni citoyens ni d'hommes politique assez courageux pour me considérer, moi le musulman, comme un compatriote à part entière, digne de confrontation saine. Me considère-t-on toujours comme un " indigène " à préserver comme témoin des temps immémoriaux ? Incapable de soutenir un regard critique sur mon intimité coranique ?

Je ne trouve qu'hypocrites au sourire douteux, des chasseurs de voix à la petite semaine ou des soi-disant " bienveillants ". Ils ne s'attaquent qu'à des islamistes ou à l'islam politique. Autrement dit, aux feux de diversion périphériques ! Ce faisant, tout ce beau monde laisse le privilège aux ségrégationnistes de Villiers et Le Pen de se gausser d'un " parler vrai ". Faut-il donc s'étonner du résultat des élections successives ? C'est la lâcheté, suivie de pleures de crocodiles, qui caractérisent le mieux nos républicains d'aujourd'hui !

Il est temps pour nous, militants de la laïcité et de la dignité humaine, de renouveler le combat de 1905, de clarifier à nouveau les fronts et d'inscrire enfin à l'ordre du jour une remise en question sérieuse de l'archaïsme et de la misogynie intrinsèquement liés à l'islam classique. Où sont donc passés les tigresses et les hussards de la République ?

Ce combat doit être mené contre la forme classique d'une religion, aujourd'hui bien française. Elle est divulguée au quotidien dans nos mosquées financées en partie par le contribuable de nos communes (baux emphytéotiques). Ce combat nous concerne tous, musulmans et non musulmans, croyants et non croyants. Il y va de la dignité de nos concitoyennes et concitoyens et d'un avenir meilleur pour notre cité.

Il s'agit bien de ce qu'on inculque, ici en France, aux générations futures dès l'âge tendre et donc malléable à merci. Nous ne pouvons pas détourner le regard et faire semblant de ne rien y comprendre, de ne rien y voir ni entendre. C'est ce type de lâcheté qui a fait que nous sommes théoriquement concitoyens depuis 1830 et que, malgré tout, ma s線r musulmane a toujours été régie par le code de l'infamie en Algérie et autres départements ou territoires. C'est ce type de lâcheté qui fait qu'il y a près de chez vous et moi, ici en métropole, des hommes polygames et donc des femmes qui n'ont droit qu'à une portion d'homme. De plus, elles sont menacées de coups et blessures si elles s'avisent à prendre amant en complément.

Aucun des français ni des musulmans n'est sans savoir que la polygamie est une infamie qui n'a jamais eu et qui n'aura jamais aucune valeur éthique. Qu'on ne vous raconte pas que cela a été institué pour sauver les femmes des affres du veuvage après les guerres : les musulmans de bonne foi savent très bien que les sept à neuf veuves du prophète ont été interdites de remariage. Bien des émirs et des califes ont suivi cet exemple pour garder quelques secrets inavouables du palais.

C'est par bonne foi, par insurrection contre l'hypocrisie généralisée qui prend ses aises aussi en France, que je dis non à cette partie de mon héritage et que je propose à mes coreligionnaires musulmans de sortir de notre monde clos enrobé de sept cieux superposés. Mahomet avait une sainte horreur de l'hypocrisie. Moi aussi !

La pire des erreurs est de continuer à croire qu'il y a un islam modéré. C'est un redoutable somnifère. Il y a bien des musulmans modérés et même beaucoup plus qu'on ne pense, mais l'islam classique (= Coran + pratique de Mahomet) contient un enseignement tout à fait contraire à la dignité humaine et à la paix avec les autres, surtout non-croyants. Je suis désolé de constater que le coran prône la violence jusqu'à l'extrême. Que la Bible en fasse aussi état, ne me console d'aucune façon. Mon prophète s'est même sali les mains dans des razzias. Il nous suffit donc d'un peu de bonne foi, pour accéder aujourd'hui à une plus haute idée de l'humain et de sa dignité. Nous musulmans, nous pouvons aisément mieux faire que nos ancêtres.

Kant nous explique que l'humanisme, le respect de notre dignité, consistent à ne jamais utiliser l'être humain comme moyen pour atteindre un but, aussi louable soit-il.

Ce que le coran et les évangiles nous enseignent au quotidien est de ce point de vue tout à fait immoral : on ne peut pas aimer l'être humain et utiliser Marie comme matrice, comme mère porteuse, en l'exposant à la honte, à son époque, d'être enceinte sans mari. On ne peut pas sacrifier le fruit de ses entrailles pour " sauver notre humanité " ! Et l'humanité de Marie dans tout cela ? Le coran n'admet pas qu'on ait pu tuer son fils Jésus. Il nous propose un scénario plus horrible : un sosie innocent aurait été crucifié à sa place ! Et la Justice dans tout cela ?

C'est pour cela que je dis à mes coreligionnaires musulmans : le coran, comme les autres livres saints, contient des feuillets persistants et des feuillets caducs. Le premier renoncement concret auquel je les convie est l'autoglorification contenue dans le verset 110 du chapitre III : " Vous êtes (littéralement : vous avez été) la meilleure communauté donnée au monde : vous ordonnez le convenable et interdisez le blâmable et croyez en Allah. Si les détenteurs de l'Ecriture (les juifs et les chrétiens) avaient cru, cela eût été mieux pour eux. Parmi eux, il est des croyants mais la plupart sont des pervers ".

Il faudra s'y résoudre, ce verset est digne de Bush qui, lui aussi, croit ordonnez le Bien contre le camp du Mal. C'est bien ce mépris des autres, ce genre d'articles de foi qui mène à des busheries.

Je proclame encore une fois la dignité humaine sacrée ; pas la religion ! Et surtout pas l'islam classique. Il doit faire l'objet de notre futur combat laïc pour la dignité des musulmanes et des musulmans, des juifs, des chrétiens et de la majorité française qui ne se reconnait pas dans ces croyances. Pour favoriser l'assimilation des générations futures, il est urgent de ne pas refaire les erreurs de nos grands frères juifs : aux archives l'arabe médiévale et l'hébreu des antiquités ! L'attachement maladif à la langue des ancêtres nous enracine au quotidien dans un ailleurs mythique : à Jérusalem, à la Mecque et à Médine des pieux ancêtres ; dans la nuit des temps. C'est à Paris, Madrid ou Athènes qu'il faut attacher les c線rs de nos enfants. Cela passe par l'accès de la langue locale d'aujourd'hui à la dignité du sacré.

A bas les boucheries halal et casher ainsi que tous les interdits matrimoniaux avec l'endogamie qu'ils favorisent ! La religion, de quelque origine qu'elle soit, n'a pas le droit de culpabiliser mon enfant et le séparer de ses copains à la cantine scolaire. La religion n'a pas le droit de priver ma fille d'aller à la piscine ou de participer à des sorties de classe. Ces interdits sont à l'origine de notre enfermement dans nos ghettos de l'auto-exclusion, du repli sur notre clan ou communauté. Mais les interdits et les rites font aussi la richesse des marchands du temple et de la mosquée. Si les différentes organisations islamiques se bouffent le nez, c'est parce que la mise est d'importance : il s'agit de marché de gros pour la nourriture halal et casher, d'agences pour organiser les pèlerinages et de sommes importantes offertes par la communauté musulmane d'ici et par les riches pays du Golfe.

Il est absolument nécessaire de déclarer licite et même agréable aux yeux du bon Dieu, l'ouverture de nos filles juives et musulmanes aux non circoncis. Ouvrons-nous enfin aux buveurs de vin et aux mangeurs de porc. Le brassage des races, des plats et des breuvages doit faire partie des recommandations de nos religions renouvelées ! La séparation du pure et de l'impur, nous savons très bien où ça nous mène ! A nous donc les produits du terroir et le champagne ! A nous les langues liturgiques d'ici et maintenant !

Alléluia et à votre santé !

Pascal Hilout

nouvel-islam.org

7 - homophobie

7.1 - Lorsque un député UMP encourage l'homophobie au nom de l'ancien testament

La loi portant création de la HALDE (Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l'Egalité) a introduit des dispositions visant à pénaliser les injures et diffamations à caractère sexiste et à caractère homophobe.

Ces dispositions s'ajoutent à celles pénalisant les injures et diffamations à l'encontre de personnes à raison de leur appartenance à une race, une ethnie, une nation ou une religion. Le député UMP Christian Vanneste souhaite dépénaliser les insultes à caractère homophobe et vient de déposer une proposition de loi supprimant les dispositions prises par la HALDE pour lutter contre l'homophobie.

Selon Monsieur Vanneste, pénaliser les insultes à caractère homophobe est "une nouvelle limite à la liberté d'expression"
L'homophobie est pour lui une "opinion" qu'à le droit d'exprimer tout citoyen car elle relève de la "morale"
Il ajoute : "Il doit être possible dans le cadre d'un débat démocratique respectueux des croyances religieuses ou engagements philosophiques des uns ou des autres que chacun puisse en toute liberté soutenir son propre point de vue. Par exemple, qu'un chrétien, un juif et un musulman puissent faire valoir l'infériorité morale des comportements homosexuels par rapport à ceux qui fondent le mariage entre un homme et une femme afin de créer une famille au sein de laquelle seront élevés des enfants."
Au nom d'un débat démocratique "respectueux", Monsieur Vanneste affirme l'infériorité des comportements homosexuels. Le comportement homosexuel définissant par là ce qu'est une personne homosexuelle, la déclaration de Monsieur Vanneste revient à inférioriser les homosexuels. Pour justifier cette infériorité, Monsieur Vanneste dit plus bas que les comportements homosexuels représentent "une menace pour la survie de l'Humanité". Les hétérosexuels qui ne souhaitent pas avoir d'enfants et qui ne contribuent donc pas à la reproduction de l'espèce humaine sont-ils eux aussi inférieurs aux yeux de monsieur Vanneste ?
Pour légitimer ses propos infériorisant des personnes, Monsieur Vanneste se réfère également à l'ancien testament : "Il est, en effet, légitime que ceux qui se réclament de la bible, puissent adhérer au principe énoncé dans le Lévitique : " Tu ne coucheras point avec un homme comme on couche avec une femme. C'est une abomination. " (L. 18.22) "

Outre qu'une lecture littérale de la Bible (par opposition à une lecture historique et contextualisée) est le reflet d'un grand manque d'intelligence, les propos de Monsieur Vanneste sont inacceptables et intolérables.

Doit-on rappeler à Monsieur Vanneste que la liberté d'expression qu'il réclame s'arrête là où commence l'incitation à la haine ?

Doit-on rappeler à Monsieur Vanneste que, si la haine à l'encontre d'individus selon leur appartenance à une race, une ethnie, un sexe, une nation ou une religion est condamnée par la loi, elle doit également l'être si elle dirigiée vers des individus à raison de leur orientation sexuelle ? L'homophobie, qui relève des mêmes mécanismes que le racisme, est-elle acceptable alors que le racisme lui même non ?

Doit-on rappeler à Monsieur Vanneste que la France est un état laïque séparant le pouvoir du religieux et que des textes religieux n'ont rien à faire dans des propositions de lois ?

Doit-on rappeler à Monsieur Vanneste que, si l'homosexualité n'est pas une maladie, elle est encore moins contagieuse ? Que le choix des homosexuels n'entrave en rien le choix des couples hétérosexuels désirant s'unir dans le mariage et avoir des enfants ?

Doit-on rappeler à Monsieur Vanneste que l'homosexualité a existé de tout temps et que l'Humanité est encore là ?

Doit-on rappeler à Monsieur Vanneste que, en ce début de 21ième siècle, l'acceptation progressive de l'homosexualité dans nos sociétés modernes coïncide avec le surpeuplement de la planète qui n'a jamais compté autant de milliards d'individus ? Ce surpeuplement dont les conséquences (épidémies, famines, guerres, pollution) risque d'être destructeur pour l'Humanité et la planète toute entière dans les prochaines décennies ?

Doit-on rappeler à Monsieur Vanneste, qui accuse les associations homosexuelles de se livrer à une "inquisition", que c'est lui qui est digne d'un inquisiteur avec sa lecture obscurantiste et arriérée de l'ancien testament ?

Monsieur Vanneste ose sous entendre que la pénalisation des injures homophobes risque de développer le communautarisme alors que ce sont les propos et l'attitude de gens tels que lui qui encouragent le communautarisme homo. En effet, ce qui est à craindre c'est que les homosexuels, attaqués directement par les propos de Monsieur Vanneste, voient comme seul moyen de défense le repli sur leur communauté.

A la lecture de la proposition de loi de monsieur Vanneste (visiblement féru de textes religieux), on est également en droit de se poser les questions suivantes :

- A quand une loi dépénalisant le sexisme puisqu'il est écrit dans la Bible que : "Femmes, soyez soumises à vos maris", "le mari est le chef de la femme", "Or, de même que l'Église est soumise à Christ, les femmes aussi doivent l'être à leurs maris en toutes choses" (Ephésiens chapitre 5) ?

- A quand une loi dépénalisant les violences faîtes aux femmes puisque il est écrit dans le Coran que : "(...)Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous d'elles dans leurs lits et frappez-les." (verset 34 de la Sourate 4) ?

Tout cela bien sûr au nom du "respect des croyances religieuses" pour reprendre les propres mots de Monsieur Vanneste ! (ou plutôt au nom de la liberté des intégristes à soutenir leur point de vue sur l'infériorité morale des femmes)

Monsieur Vanneste a déjà été condamné en janvier par le tribunal correctionnel de Lille à 3.000 euros d'amende pour "injure envers les homosexuels".
Au nom de la "morale", le député UMP tient à nouveau des propos absolument honteux sur les homosexuels.
Le député UMP Vanneste suit pleinement les traces du député UMP Raoult, qui au nom de cette même "morale", a tenu récemment des propos également honteux visant à faire endosser la responsabilité d'un viol sur la fille lorsque celle-ci porte un string.

Proposition de loi de Vanneste : http://www.assemblee-nationale.fr/12/propositions/pion3259.asp

Caroline Brancher

8 - Europe libérale

8.1 - Un peu de changement, mais pas trop

Si je vous parle de Guinness, Jameson, Joyce, O'Connell Street et Connemara, vous pensez automatiquement à ce pays verdoyant où tout le monde aimerait vivre aujourd'hui. Pourquoi ? Parce que :

Fidèle à la laïcité, aux droits humains et à ceux des femmes en particulier, je n'aimerais pourtant pas m'installer dans la verte Erin. Je vous explique pourquoi :

Dans ce pays qui n'est pas encore laïque, un courant révisionniste remet en cause et accuse la mentalité et la politique rétrograde et répressive que les nationalistes catholiques avaient promue et instaurée dans le pays après l'indépendance obtenue en 1922. De plus en plus de femmes travaillent et, contrairement à leurs mères et grands-mères, refusent de mettre au monde un nombre élevé d'enfants.
Les deux derniers présidents ont été des femmes (Mary Robinson et Mary MacAleese, toujours en place).
L'afflux d'étrangers apporte un souffle nouveau.
Peut-on y voir les prémisses d'un changement ? Espérons-le !
Si après la lecture de ce papier vous avez soif, courez au premier pub irlandais...il y en a partout en France...Et ...Slainte ! Cheers ! Santé !

Rosa Valentini

Ufal78-7

9 - gauche bobo

9.1 - J'ai l'honneur de ne pas te demander ta main

Si on me presse de dire pourquoi je l'aimais, je sens que cela ne peut exprimer qu'en répondant : " Parce que c'était lui, parce que c'était moi " Montaigne

Il est toujours difficile de s'exprimer sur un sujet dit de société, sans soulever le fatal argument : " Ah, que diable avons-nous à faire des projets sociétaux ?

Ceci, d'autant plus que je souscris et participe volontiers à ce cri de la raison. En effet, combien de fois avons nous pu voir mettre en avant par les tenants de la pensée libérale-libertaire des projets dits sociétaux afin de mieux cacher et faire passer les fondamentaux de la pensée ultra-libérale qui participe de la casse du contrat social forgé par nos prédécesseurs et par certains d'entre-nous.

Or donc, après avoir dégusté avec délice le sujet du maillot de bains (article de Brigitte Bré Bayle), dans le dernier numéro de " Respublica ", ma plume se sent alerte.

On voudrait nous faire accroire que le grand projet de la prochaine mandature, que dis-je, le grand projet du Mmmmmmoooooooonde, que même Deubeuliou il en cause à la télévision, serait le .........mariage gay.

Ventre saint gris ! aurait dit le bon roi Henri IV, qui n'en était pas mais n'oublia pas d'aller à confesse après un petit pince-fesse avec Cathy de Médicis et en profita pour se convertir ; mais non il est pas devenu gay mais catholique pour raison d'état et parce qu'il aimait Paris qui à l'époque ne valait que le prix d'une messe, c'est dire la misère des religions !

Lequel Henri succéda à Riton III, qui en était mais qui nous évita, lui, la Sainte Inquisition en omettant pas d'occire l'autre Riton, de Guise, qui lui n'en était pas, mais était plutôt cul-bénit et accointé avec les espagnols, le parti de l'étranger de l'époque. Et oui, déjà ! Cela dit, ce n'est pas Riton III qui assassinat l'autre Riton, de Guise, mais les mignons qui en avaient au C...(ah le sacré moule bite, n'est-ce pas Brigitte Bré Bayle ?), même si ce n'était pas toujours les mêmes, comme le disait justement feu le grand Georges (Clemenceau) du maréchal Liautey, qui en était ; mais c'est une autre histoire. Pour en finir avec Riton III, faut dire qu'il en était aussi ; du clan des culs bénits !

Ouf, un peu compliqué à écrire. Bref, comment dire qu'on est contre le mariage gay et ne pas passer pour un gros macho anti pédé qui refoule un maximum sa libido au rayon de Freud option Groddeck dans le livre du " Ca " ? dixit une relation " hétéro " branché Bobo.

A l'ère des familles composées, décomposées, recomposées, il est important de mettre sur la table l'ensemble des problèmes et pas seulement une revendication, portée essentiellement par les khmers roses, médiatisée par la revue de Pierre Bergé, le mensuel " Têtu ".

Dans cette mise à plat je suggère d'y intégré le polygamie en rajoutant la polyandrie pour ne pas apparaître sexiste !!! En effet, ne pas aborder cet aspect, la polygamie, c'est laisser 30 000 personnes hors la loi en France. Pour les polyandres, je ne connais pas le chiffre !

Cette mise à plat doit obliger à aborder la problématique de l'union des couples. Le PACS, édulcoré par le gouvernement Jospin peut être un point de départ. Je rappelle, qu'en son temps, certains républicains avaient mis en avant le CUCS, le contrat d'union civil et social. Peut-être faut-il le reprendre, le mettre à jour notamment en ce qui concerne l'adoption ou pas en y ajoutant la garde des enfants et le droit de visites pour ceux qui sont concernés par ce problème. Cela vise bien entendu aussi bien les couples hétéros que les couples homos.

Et, en tout état de cause, c'est bien la République sociale qui est à l'ordre du jour. N'en déplaise à monsieur Bergé et à son journal.

En cette période d'été propice au farniente, aux " lézardages " sur les plages gays ou pas de France et d'ailleurs, j'ai choisi pour conclure cet écrit, d'en appeler à un autre Georges dont j'ai outrageusement commis ces deux palimpsestes. Mais je vous laisse à cette lecture ; pardonnez-moi, je vais à la plage prendre mon bain matinal. Ah oui, sans maillot, Brigitte ; j'ai franchi le pas depuis 30 ans.


La non-demande en mariage

Mon ami, de grâce, ne mettons
Pas sous la gorge à Cupidon
Sa propre flèche
Tant d'amoureux l'ont essayé
Qui, de leur bonheur, ont payé
Ce sacrilège...

R:
J'ai l'honneur de
Ne pas te demander ta main
Ne gravons pas
Nos noms au bas
D'un parchemin

Laissons le champs libre à l'oiseau
Nous serons tous les deux prisonniers sur parole
Au diable les maîtres queux
Qui attachent les c線rs aux queues des casseroles!

+R:

Ganymède se fait vieux souvent
Il perd son latin devant
La lèchefrite
A aucun prix, moi je ne veux
Effeuiller dans le pot-au-feu
La marguerite

+R:

On leur ôte bien des attraits
En dévoilant trop les secrets
De Mélusine
L'encre des billets doux pâlit
Vite entre les feuillets des livres de cuisine.

+R:

Il peut sembler de tout repos
De mettre à l'ombre, au fond d'un pot
De confiture
La jolie pomme défendue
Mais elle est cuite, elle a perdu
Son goût "nature"

+R:

De servant n'ai pas besoin
Et du ménage et de ses soins
Je te dispense
Qu'en éternelle fiancé
A l'homme de mes pensées
Toujours je pense

+R:

Simon Archipenko

10 - courrier des lecteurs

10.1 - Assez du puritanisme de gauche !

Merci à Brigitte Brebayle, car ce qu'elle écrit est IMPORTANT et facilite grandement (ou plutot faciliterait si "on "essayait, enfin, de comprendre) la Lutte sociale et politique.

Je vais transmettre son papier (Respublica 459) à quelques amis et... récalcitrant(e)s. J'entendais tout à l'heure une cinéaste Argentine (France Culture, car ça vaut souvent la peine) se plaindre (mais plutôt stimulée) de l'obscurantisme ambiant en matière de libération sexuelle (politique, donc) et j'ajouterai, même... et surtout chez ceux qui se veulent les plus à Gauche! J'ai encore du mal à me remettre de tout ce que j'ai dû entendre! Tout cela dit avec le même aplomb que les "religieux" de toutes sortes!

On pourrait paraphraser:"ô Liberté,que de crimes on commet en ton nom"

Merci donc à Brigitte et à la rédaction de Respublica qui ne l'a pas censurée! Merci à tou(te)s. Et on est en 2006!!!

Salut

Fabienne Courvoisier

10.2 - Je suis fière de militer au RESF

Je dois avouer que je suis fortement choquée par les propos tenus par Evariste dans sa chronique du n 458 du 17 juillet ( j'ai d'ailleurs déjà envoyé un courriel mais celui-ci n'a eu aucun écho dans le courrier des lecteurs du n459 ... ) et par ceux de Ch. Authier tenus dans son article intitulé : "le retour des résistants" du 25 juillet.

Evariste condamne, entre autres,"l'aveuglement de la gauche bobo" à propos d'une "nouvelle grande bataille" : "la régularisation des sans-papiers qui ont un enfant scolarisé"

C'est le même type de discours que l'on retrouve sous la plume de Ch.Authier qui condamne, sans aucune nuance et sans citer son nom explicitement, le combat mené par le Réseau Education sans Frontières.

Que de désinvolture vis à vis de drames vécus par des familles de sans-papiers, et de leurs enfants ,dont certaines ont été arrêtées par la police et placés en centre de rétention. Si pour l'instant, il n'y a eu que "seulement " 2 (et non pas un ) expulsés, c'est grâce, en particulier, à l'action quotidienne de milliers de membres du RESF ( manifestations,envoi de courriels, de fax ,de coups de téléphones etc... ) qui sont comme moi de simples citoyens, parents d'élèves, enseignants ou autres qui n'acceptent pas que le "pays des Droits de l'Homme" mette dehors des gens sans histoire, dont certains ont fui les persécutions dans leur pays d'origine, l'intolérance ou l'extrême misère.

Je suis la première à trouver que le vocabulaire utilisé par le RESF est parfois caricatural ( cf Sarkozy " ministre de la chasse à l'enfant" ) ... mais nul n'est parfait ...

Vous condamnez judicieusement les anathèmes et les excommunications lancés par certaines associations et partis contre les positions de Respublica et contre celles l'Ufal (dont je suis d'ailleurs membre ). Je sais d'ailleurs que l'Ufal voulait adhérer au RESF mais que sa candidature a été refusée à cause du "veto" de certaines associations... Mais il faudrait vous-même arrêter de lancer des anathèmes contre ceux qui ne pensent pas exactement comme vous... Heureusement que B. Teper dans son article intitulé: "Sans-papiers et République" relève "le niveau" en affirmant haut et fort que l'Ufal est pour " la régularisation de TOUS les sans-papiers" tout en précisant qu'il faut cependant limiter les flux migratoires dans le monde .

Je suis très triste de voir à quel point la gauche antilibérale qui s'était rassemblée pour dire non ,le 29 mai 2005, au traité contitutionnel européen se trouve totalement morcellée et seulement capable apparemment de s'entredéchirer...

Jacqueline Duhem

Villeneuve d'Ascq

10.3 - Réponse à Michel Guérin

Monsieur,

Je reviens sur votre article publié dans ReSPUBLICA du 17 juillet.

Vous citez de façon incorrecte une déclaration de Michel ROCARD qu'il a faite à propos de l' immigration.
Sans doute le connaissez-vous fort mal pour penser qu' il aurait pu se contenter de ce seul " La France ne peut pas accueillir toutes la misère du monde ! " sur un sujet comme celui-là .
Suivait bien entendu tout une longue démonstration dans laquelle Michel ROCARD mettait en cause le système économique qui générait l' appauvrissement ou à tout le moins la stagnation économique des pays pauvres .
Il a également développé des propositions pour aider ces pays à décoller , en ne se limitant naturellement pas à la simple et fallacieuse " annulation de la dette " des dits pays .
Il a également insisté sur le drame que vivaient ces populations , sans oublier les conditions inhumaines dans lesquelles ces gens émigraient . Il a insisté sur la nécessité de mettre fin aux pratiques mafieuses des passeurs en renforçant les moyens de police et de justice internationaux .
Enfin , il n' a pas oublié non plus de dire combien ceux qui souffraient au point de partir , finiraient à termes par manquer cruellement à leur pays lorsqu' enfin grâce à la lutte opiniâtre menée depuis si longtemps par ROCARD et d' autres, ces pays sortiront de la misère.

Je veux bien croire que votre erreur n' est due qu' à une ignorance somme toute bien excusable bien qu' elle rappelle le manque de conscience professionnelle de certains journalistes qui de plus en plus ne vérifient pas leurs sources . En tout cas l' accusation de " malversation" à propos de Michel ROCARD est parfaitement injustifiée et injurieuse . Pas ça, pas lui.

Bien cordialement,

Patrick Courtois

11 - à voir

11.1 - " La raison du plus faible ", film belge de Lucas Belvaux

Avec Lucas Belvaux (Eric), Eric Caravaca (Marc), Natacha Régnier (Carole), Patrick Descamps et Claude Semal, tous acteurs remarquables et attachants.

C'est un film social et dur, réalisé par un cinéaste engagé qui " aime l'idée qu'en sortant de la salle, les spectateurs parlent ". Dans la lignée d'un Ken Loach, Lucas Belvaux nous plonge, sans détour, dans la morosité quotidienne d'une grande ville industrielle du Nord.

Nous sommes à Liège, citée ouvrière marquée par l'effondrement de la sidérurgie, ville hantée par le chômage, noyée dans la grisaille des vies difficiles.

Les premières images donnent le ton : visages graves d'hommes fatigués et amers observant entre les barreaux d'une grille définitivement fermée d'énormes pelleteuses qui arrachent un à un des pans entiers de leur usine. Nous suivrons deux de ces ouvriers laissés pour compte, Jean Pierre et Robert. L'un d'eux a perdu l'usage de ses jambes dans un accident de travail. Ces deux acolytes inséparables ne se font plus d'illusion sur la vie mais il leur arrive parfois de rêver à un avenir meilleur. Un avenir meilleur pour eux mais aussi pour leur pote, Marc, qu'ils retrouvent régulièrement au café du coin pour d'interminables parties de cartes.

Marc, lui, plus jeune, père de famille et chômeur bardé de diplômes, ne se fait plus d'illusion sur lui-même. Sa femme, ouvrière dans une blanchisserie industrielle, travaille dur pour des fins de mois difficiles. Marc vit mal cette situation, de plus en plus mal.

La rencontre d'Eric, un ancien tôlard, braqueur déterminé à se réinsérer va bousculer la donne. Jean Pierre et Robert n'ont rien à perdre. Ils ont une revanche à prendre sur ceux qui leur ont tout pris : leur usine, leur santé, leurs espoirs. Ils décident de prendre l'argent où il se trouve, dans le coffre de l'usine que les patrons bradent. Marc sera pris dans l'engrenage infernal de ce braquage suicidaire en dépit du discours pathétique et moralisateur d'Eric qui ne fait peut être pas tout ce qu'il peut pour dissuader les comparses d' " y aller ".

On pourrait tout dire du personnage d'Eric. Celui qui pousse à l'action sans le vouloir vraiment, celui qui doute mais qui sait aussi que cela peut marcher, celui qui refuse d'aller à la casse mais qui y laissera la vie, celui qui se met en retrait mais qui sera traqué jusqu'à l'inévitable fin. Enigmatique et tourmenté, on peut le juger lâche ou courageux, il paiera de sa personne mais aura refusé de cautionner la possibilité d'un désastre

On a, tout au long du film, l'insupportable certitude d'une issue fatale et tragique. Mais on reste quand même parce qu'on se sent intimement lié aux personnages, parce qu'on partage leur sentiment d'injuste résignation et qu'on comprend, jusqu'au bout, la force et la complicité qui les pousse à agir.

Lucas Belvaux est l'auteur de " Pour rire " (1997) et de la trilogie grenobloise : " Un couple épatant ", " Cavale ", " Après la vie " (2003)

Brigitte Bré Bayle

11.2 - Vol 93 ( film américain - 1h45, de Paul Greengrass)

J'avais aimé " Bloody Sunday " (massacre perpétré en Irlande par les Anglais)

Le film " Vol 93" curieusement, a eu une critique mitigée, comme si parler des terroristes du 11 Septembre 2001 gênait dans le contexte actuel. " Vol 93" est pourtant un très bon film, proche du documentaire filmé par une" caméra -stylo ". Le Boing 757 a été reconstitué dans les moindres détails. L'appareil est violemment secoué, les passagers sont déséquilibrés au milieu des bagages qui volent. On est dans l'avion, avec eux, on ressent l'angoisse et la peur. Les terroristes ont tué le pilote, le co-pilote et un passager. Les passagers , d'abord terrorisés, apprennent par téléphone l'attentat contre les tours du World Trade Center . Ils commencent enfin à entrevoir la vérité : l'avion est un avion suicide , et ils vont mourir .. Alors , puisqu'ils vont mourir , ils décident de se défendre et d' essayer de reprendre le contrôle de l'avion .

Le réalisateur a interrogé les familles des 40 victimes, TOUTES d'accord avec ce film, qui colle au plus près de la réalité : et c'est bouleversant !

Cet avion, dit le cinéaste " c'est notre avenir , si nous n'y prenons garde " Les massacres à Bombay , à Bagdad , à Gaza , et maintenant au Liban, répondent à la politique désastreuse de Sharon, de Bush, de la communauté internationale et de la France aussi (qui imposa le système confessionnel au Liban en 1943 ). On voit là l'échec de ce système confessionnel, qui a donné les affrontements inter-confessionnels et maintenant, la pression d'un mouvement extrémiste religieux devenu tout puissant, entraînant la riposte d' Israël.

Il est à craindre que " la guerre contre le terrorisme " menée par les états ne fasse qu'augmenter le terrorisme. en faisant encore beaucoup de victimes.

Mireille Popelin

11.3 - Le corniaud de Libération

(...) Antoine de Baecque, critique de cinéma, se refuse à verser une larme sur Gérard Oury, cinéaste trop populaire, et de ce fait trop riche pour être respectable. Malheur à ceux qui auraient ri aux éclats en voyant " Les Aventures de Rabbi Jacob " ou " Le Corniaud ". Ils ne sont pas dignes de lire " Libération ". C'est peut-être pour cela que le journal ne va pas très bien.

Même quand on est progressiste, en phase avec les idées de Sartre ou de July, on se souvient d'avoir jubilé, ou simplement de s'être détendu, en regardant Bourvil ou Louis de Funès.

(...) C'est entendu, Gérard Oury n'était pas le cinéaste du siècle. ( ... Cependant, une certaine critique, dont Antoine de Baecque est représentatif, s'en tient aux dogmes édictés en 1954 par un groupe de jeunes cinéastes qui formaient, il y a cinquante deux ans, une nouvelle vague. Quiconque empruntait une autre voie se trouvait fatalement archaïque. (...)

Il y a eu un cinéma français en dehors de la nouvelle vague, parfois contre elle. Surtout quand il s'agit de la comédie et du burelesque ! Voyez Lautner, Audiard et les " Tontons flingueurs ". Gérard Oury n'était peut-être pas un génie, Danièle Thomson, sa scénariste, n'est pas Audiard. Mais on ne se sent pas crétinisé quand on marche encore, en revoyant pour la cinquième fois " Le Corniaud ", " La Grande Vadrouille ", ou " Rabbi Jacob ". Cracher sur la tombe de Gérard Oury n'était pas seulement une inutile méchanceté. Libération gagnerait à comprendre que le succès n'est pas toujours dû à la stupidité du public ou à la grossièreté du goût populaire.

Guy Konopnicki

Source : Marianne du 29 juillet 06

12 - à lire

12.1 - Le numéro de Perspectives Républicaines est paru

L'équipe de Vive la République publie une revue Perspectives républicaines qui se veut un lieu de reflexion, de propsition et d'échanges entre Républicians.

Les numéros (nous en sommes au deuxième) comportent une thématique principale et des articles variés.
Le numéro 1 était consacré à la crise des banlieues, le numéro 2 aux réflexions sur la constitution et les institutions.

Est-il possible que Respublica fasse passer cette insertion dans un prochain numéro ?

Avec mes remerciements et mes salutations républicaines

S.A. Pour VLR


Perspectives républicaines est une revue qui se propose d'être un lieu de réflexion, de propositions , d'échanges, de débats pour tous les Républicains. Elle est ouverte à tous ceux qui souhaitent redynamiser le modèle républicain, redonner toute sa place à la démocratie, à la liberté et à l'égalité des droits, redonner sa place à l'autorité publique notamment en matière économique afin que l'économie de marché ne se réduise pas à un monstre froid et destructeur.

Ce numéro est centré sur des réflexions croisées sur une éventuelle réforme de la Constitution. Pour François Morvan la question est d'abord pour redonner du sens à la démocratie et à la souveraineté du peuple d'introduire un système d'élection à la proportionnelle afin que le Parlement reflète mieux la diversité politique de la société française. Jean Pierre Chevènement s'intéresse lui au rôle du président de la République et propose d'aller vers un présidentialisme à la française. Anne Marie Le Pourhiet, professeur de droit constitutionnel, propose de revenir à la Constitution telle qu'elle fut conçue en 1958 en supprimant l'élection au suffrage universel du Président de la République. Quant à Patrick Guiol, également constitutionaliste, il défend la modernité de la constitution de 1958 qui permet de concilier la souveraineté nationale à la souveraineté populaire. Des points de vue différents mais qui se placent tous dans un cadre d'amélioration du fonctionnement démocratique des institutions républicaines .

On trouvera également la suite d'un article sur une analyse philosophique, très documentée de l'Etat et de gouvernement par Claude Rochet, un article de Jacques Sapir sur la crise de l'euro et les impasses de l'européïsme . Enfin, un article en décalage avec les discours dominants sur la politique d'immigration .

Pour ceux qui ont raté le numéro 1 consacré à la crise des banlieues, il est encore disponible.

Pour se procurer Perspectives Républicaines : Ecrire à
Vive la République
18 rue Tournefort 75005 PARIS

Prix d'un numéro 12 euros : abonnement annuel (4 numéros) 40 euros

Suzel Anstett