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  1. chronique d'Evariste
    1. Lionel Jospin est-il une chance pour la gauche ?, par Évariste
  2. bonne nouvelle
    1. Les Amis de Respublica reprennent leurs débats, par ReSPUBLICA
  3. élections présidentielles 2007
    1. Ségolène Royal, une candidate de gauche?, par Guylain Chevrier
    2. Nicolas Sarkozy rencontre George Bush à Washington, par Judith Waintraub
  4. débats politiques
    1. Joseph Stiglitz détonne sur France Inter, par Gérard Filoche
    2. Je vous soutiens, par Elie Carasso
  5. gauche islamiste
    1. Lille : l'ouverture d'une faculté musulmane est un projet laïque pour Martine Aubry !, par Jean Larose
    2. Alain Gresh encore main dans la main avec les islamistes, par Hakim Arabdiou
  6. extrême-droite catholique
    1. Benoît XVI en Bavière : un monde sourd ou un dieu inexistant ?, par Jocelyn Bézecourt
    2. Le prêtre de Saint-Nicolas du Chardonnet réintégré par le Vatican, par Pierre Cassen
  7. combat social
    1. Solidaires des salariés d'Eurodisney, par PRG 77, Gauche Républicaine 77, MRC 77
  8. laïcité et féminisme
    1. Eloge de l'asservissement des femmes par le Monde 2, par Michèle Vianès
  9. Islam et République
    1. Thierry Meyssan : le 11 septembre n'aurait pas eu lieu sans l'aide de la Maison blanche, par Memri
    2. Dieudonné en tournée mondiale à Damas, par Fiammetta Venner
    3. Hani Ramadan fera des formations à la librairie Tawhid de Lyon, par Sophie Majou
  10. Proche-Orient
    1. John Le Carré et le crocodile islamiste, par Philippe Gumplowicz, Marc Lefèvre, Pierre-André Taguieff, Jacques Tarnero
  11. à lire
    1. L'Immeuble Yacoubian : le livre ou " Dessine -moi un lapin", par Mireille Popelin
    2. " Les désarrois d'un jeune instit. ", de Kévin André, par Jean-François Chalot
  12. à voir
    1. BARAKAT !, par ReSPUBLICA
  13. Agenda

1 - chronique d'Evariste

1.1 - Lionel Jospin est-il une chance pour la gauche ?

Je reçois un coup de téléphone de mon fils. Habitant en province, il m'informe qu'il va passer, le lendemain, à l'émission de Jean-Jacques Bourdin, sur RMC, et qu'il va interroger Lionel Jospin en personne, qui répondra pendant une heure aux questions des auditeurs. Je lui explique comment les choses se passent, car moi aussi, j'ai été sollicité, il y a plus d'an, sur cette émission, à l'occasion du décès de Wojtyla. Mon association laïque préférée s'était mal tenue à table. Non seulement elle n'avait pas participé au déferlement d'hommages, mais elle avait osé publier des communiqués de presse parlant des rapports du Pape avec l'extrême droite, de l'Opus Dei, de son combat contre le droit des femmes, contre la laïcité, contre le droit à l'homosexualité, sans oublier le sida en Afrique.

Cette mal-pensance nous avait valu l'intérêt de la presse, et Jean-Jacques Bourdin m'avait alors donné la parole pendant une dizaine de minutes, où très franchement, j'y avais été de bon c線r, tout en restant laïque, en respectant les croyants, mais en allumant les cléricaux. Mais, ce que je ne savais pas, c'est qu'ensuite, je restais en ligne, et qu'on m'opposait quelqu'un. On m'avait alors envoyé l'archevêque de Marseille, qui, au lieu de s'appeler Ricard (qui est l'archevêque de Bordeaux) s'appelle Panafieu.

Bien sûr, le mitré avait gémi après mon discours, l'avais pris de haut, rappelant qu'on était au vingt-et-unième siècle, qu'il fallait être moderne avec la laïcité, et que Fidel Castro avait donné trois jours de congés nationaux pour la mort du Pape. Cela m'avait permis de reprendre la parole, de lui faire part de ma fierté de la particularité du modèle laïque français, de montrer qu'il était contre une des fiertés de son pays, et de lui en remettre une bonne giclée pour lui apprendre à écouter aux portes.

Donc, cette émission je connais, même si cette fois le contexte sera différent. Mon fils, qui est facteur (non, je ne suis pas le père de Besancenot, sinon les réunions familiales seraient très animées, et le môme se ferait allumer de première) me dit donc que Jospin sera pendant une heure face aux auditeurs de RMC. Mon rejeton a été sélectionné, après avoir envoyé une proposition de question à RMC. Il doit passer en troisième position, et veut interroger Jospin sur le bilan qu'il n'a pas tiré de son bilan. Les chats ne faisant pas des chiens, il veut faire la liaison entre la ratification du pacte d'Amsterdam en 1997, la défaite du 21 avril 2002, et le non au TCE du 29 mai 2005. Il veut interpeller Jospin sur le nouveau désaveu des classes populaires qu'il a subi, en cette occasion, quand la droite l'a appelé au secours au journal de 20 heures pour sauver le oui. Je lui souhaite bonne chance, et bien sûr, je mets le réveil à sonner le lendemain matin, et attend fièrement la prestation de mon fils.

Pas de chance pour lui, lors des deux premières interventions, Jospin en prend plein la tête, sur le cinéma du mystère de sa candidature, et surtout sur sa " déculottée " de 2002, et comment peut-il oser se représenter devant les Français après avoir annoncé son départ définitif. Il dit à ceux qui ne comprennent rien à son pas de deux qu'il décidera dans quinze jours s'il va y aller ou pas.

Il en sort une bonne pour justifier son abandon de 2002. Il rappelle qu'en 1993, lors de la sévère défaite de toute la gauche aux législatives, seuls 50 députés socialistes avaient été élus, alors que, en 2002, après son retrait, il y avait eu 140 élus socialistes ! Qu'ils remercient donc Lionel de son sens du sacrifice ! Mais irrité qu'on parle toujours du passé, l'invité décide que maintenant, on va parler d'avenir, et zappe donc toutes les questions qui font référence aux années précédentes. Raté pour le fiston, il n'a plus qu'à enfourcher son vélo, et aller distribuer le courrier, il est payé avec mes impôts pour cela, pas pour embêter Yoyo au téléphone.

J'écoute les questions suivantes, d'une oreille distraite. Il se fait encore allumer sur les privatisations, il proteste en disant qu'on a ouvert le capital, ce qui change tout !

On lui demande s'il est prêt à gouverner avec l'UDF s'il est élu, il dit que cela sera d'abord avec toute la gauche, et pourquoi pas avec des élus centristes si cela a du sens.

On l'interroge sur le mariage homo et l'adoption. Il dit que lui, personnellement, il est contre le mariage homo, et que le Pacs suffisait, mais que son parti ayant adopté dans son programme le mariage homo, il défendrait cela pendant la campagne, s'il est candidat à la candidature, et qu'il est ensuite désigné candidat.

On l'interroge sur la régularisation de tous les sans-papiers, réclamée par nombre de forces de gauche, mais pas par les auditeurs qui s'expriment sur RMC. Il dit qu'il est contre ce mot d'ordre, et fait remarquer les conséquences pour toute l'Europe de la régularisation des centaines de milliers de sans-papiers en Espagne.

Enfin, un jamaïcain se disant pratiquant de la religion rastafarienne, qui ne fume pas de cigarettes, mais autre chose, ne boit pas d'alcool, lui demande pourquoi il ne veut pas dépénaliser le cannabis qu'il fume quand il prie. Jospin lui répond que cela serait un mauvais signal envoyé à toute la société, et qu'il est contre.

L'émission prend fin, dernière auditrice, une écologiste qui l'engueule parce que les socialistes n'ont jamais rien compris à l'écologie, et qu'il faut un grand ministère de l'écologie, avec plein d'écologistes dedans. Il répond qu'il progresse en ce domaine, puis il salue les auditeurs, et prend congé.

Dommage, aucune question sur la laïcité, sur ses exploits de 1989, où il a autorisé le voile à l'école, et sur les prouesse de son copain Delanoë à Paris, quand il a béni la plaque Jean-Paul II sous haute protection policière, devant tous les mitrés. Surtout, dommage, aucune question sur l'Europe, pourtant, la question du fiston avait toute sa pertinence.

Je suis, à la fin de l'émission, saisi d'un sentiment étrange. La situation étant ce qu'elle est au Parti socialiste, Jospin me paraît moins grave qu'un danger public comme Lang, qui ne se maintient dans la course que pour monnayer au mieux son ralliement au futur au gagnant.

Pourtant, je ne vois vraiment pas, encore moins après l'avoir écouté, comment, s'il se présentait, il pourrait faire une deuxième mi-temps, et surtout en quoi il pourrait être une chance pour toute la gauche.

Il n'amène pas d'autres réponses que celles de Ségolène Royal, je ne vois pas en quoi il est une alternative à la présidente de la région Poitou-Charentes.

Ils ont la même politique, mais justement parce qu'ils ont la même, sur ce registre, Ségolène Royal représente une nouveauté, alors que l'ancien premier ministre incarne un passé qui s'est fracassé le 21 avril 2002 et le 29 mai 2005.

A part cela, cela risque de ne pas suffire quand on va rentrer dans le vif du sujet, et qu'ils vont devoir expliquer au peuple comment ils vont pouvoir faire un programme socialiste (si telle est leur intention) en respectant les règles libérales européennes, qui sont justement faites pour qu'on ne puisse pas faire de socialisme.

C'est cela que les citoyens ont exprimé, le 29 mai, et ceux qui, à gauche, continuent à ne pas vouloir entendre auront bien du mal à faire une deuxième mi-temps en mai 2007.

Évariste

2 - bonne nouvelle

2.1 - Les Amis de Respublica reprennent leurs débats

Dans une année 2007 décisive, les Amis de Respublica, après une année marquée par des réunions publiques en province et des banquets républicains parisiens, a décidé d'intensifier les réunions publiques, partout où cela est possible, partout où vous solliciterez nos collaborateurs.

Nous entendons multiplier les conférences, débattre sans sectarisme, dans la clarté, avec des groupes ou personnalités qui ne partagent pas forcément toutes nos positions (et vice-versa), comme nous l'avions fait l'an passé avec le groupe Vive la République.

Le vendredi 22 septembre, nous avons invité à Paris, bourse du Travail, salle Varlin, à 19 heures, le groupe Démocratie et Socialisme, et son porte-parole le plus célèbre, Gérard Filoche, inspecteur du Travail, syndiqué à la CGT, membre du Parti socialiste, et du courant Force Militantes Démocratie Sociale (FMDS).

Le thème de la soirée sera : 2007, enjeux sociaux et enjeux laïques, et notre collaborateur Pierre Cassen interviendra pour les Amis de Respublica.

Nous sommes sollicités sur d'autres thèmes, notamment " Energie et développement durable ", " Santé et Sécurité Sociale ", " l'Ecole de la République " " Laïcité et Féminisme ", " Immigration et République ", etc.

Si vous souhaitez nous contacter, n'hésitez pas à solliciter Evariste, evariste@gaucherepublicaine.org

ReSPUBLICA

3 - élections présidentielles 2007

3.1 - Ségolène Royal, une candidate de gauche?

" Si je suis en situation, nous irons jusqu'au bout de la décentralisation (..) je transfèrerai la totalité des aides économiques directes aux régions", a souligné la candidate socialiste que les médias ne cessent de nous présenter comme la " préférée des Français ", lors d'une conférence de presse le week-end dernier. Qu'est-ce à dire ?

Au nom de la proximité, en finir avec l'unité de la République laïque et sociale

"Un euro dépensé en proximité est un euro mieux dépensé", affirme-t-elle, voulant par cet argument nous faire oublier que la décentralisation contribue chaque jour un peu plus à une inégalité de traitement des individus devant la loi contrairement aux grands principes retenus par notre République laïque.

En réalité, cette avantage de la proximité est une gageure, c'est le même argument que la droite avance pour imposer une politique de proximité des services qui se traduit dès aujourd'hui par exemple, dans le secteur de l'aide à la personne dépendante, par une politique d'encouragement à la création d'entreprises " sociale " qui font des dividendes avec la santé de ces personnes, ceci tout en créant des emplois essentiellement à temps partiel, une nouvelle population de travailleurs pauvres, sous-payés et précarisés. Une démarche qui justifie le recul du rôle des services publics tout azimut par une privatisation de ces services.

On connaît dans les secteurs des missions décentralisées de l'action sociale et de la protection de l'enfance, comment aujourd'hui pas un département ne met les mêmes moyens pour répondre aux besoins, inégalités d'un département à l'autre, que le défenseur des enfants a assez dénoncé. Au niveau des régions, ce n'est pas mieux, en termes de dotation par exemple, en direction des établissements scolaires qui relèvent de leur compétence.

Le problème de la décentralisation est à tous les niveaux le même, et se traduit par une perte de garantie du traitement égal des individus devant la loi, définition même des services publics. On sait ce que le dernier volet de la décentralisation de Raffarin a donné comme nouveaux pouvoirs aux Régions, avec la possibilité d'expérimentation législative, autrement dit de ne pas respecter les décisions du parlement. Une décentralisation qui a eu pour conséquence, de renforcer encore le pouvoir des Régions au point d'en inscrire le principe dans notre Constitution qui parle de " République décentralisée " au lieu de garantir son unité, c'est-à-dire qui met directement en cause l'exercice de la souveraineté de son peuple, le fait d'avoir sur un même territoire national les mêmes droits et les mêmes exigences, une même laïcité.

Le retour du TCE et la fin de l'Etat-nation

La Présidente de la Région Poitou-Charentes, dit vouloir "aller jusqu'au bout de la régionalisation de la politique économique de l'investissement et des aides industrielles", et préconise " des coopérations inter-régions nationales et inter-régions européennes " comme cela se passe " pour les pôles de compétitivité." C'est bien le retour du Traité constitutionnel Européen, rejeté par les Français, le peuple, que Ségolène a traité avec bien du mépris, qu'il faut voir derrière ce discours. Car cette volonté de faire jouer un rôle central à la région en effaçant l'échelon de la nation dans ce jeu, coïncide directement avec la logique du rapport Métropoles-Régions-Europe voulu par Bruxelles. L'Europe fonctionne ici comme une superstructure de la mondialisation.

L'effacement de la nation, on le sait, ce cadre dans lequel les peuples ont conquis leurs acquis, où ils savent se défendre, est l'un des objectifs clés de la mondialisation qui entend instaurer entre le travailleur et le marché un rapport direct, et veut donc en exclure l'échelon. Cela signifie que demain, si l'on suit la démarche de Madame Royal, chaque région pourra jouer de la concurrence sur tous les plans en matière d'investissement industriel et d'emploi, en justifiant une dérégulation de l'économie nationale à la faveur de la concurrence économique entre régions avec un code du travail qui vole en éclat. Une politique en réalité directement dictée par les principes ultra-libéraux de l'Europe des banques et de la bourse. N'est-ce pas Madame Parisot, la patronne des patrons, qui déclarait récemment à l'université d'été du MEDEF, que la réponse à la question de l'augmentation du pouvoir d'achat ne tenait que dans un mot : " compétitivité " Il s'agit ici en creux, de l'effort demandé aux travailleurs pour entrer dans les critères de la compétitivité européenne et du marché mondial, en sacrifiant bien des droits sur l'hôtel des actionnaires et des grands patrons qui eux, ne mettent jamais " la main à la poche "

Selon Ségolène Royal, " on peut très bien travailler à dimension régionale en faisant émerger des champions européens", a-t-elle affirmé, en regrettant que les "potentialités sur le territoire soient aujourd'hui stoppées, bureaucratisées, ralenties". Des arguments auxquels la droite a régulièrement recours, qui visent, à travers la critique d'une bureaucratie qui ralentirait les choses, l'Etat, pourtant seul garant à minima de l'intérêt général dans la situation actuelle. Un Etat dont la fonction de régulation des grands équilibres se dissoudrait en intérêts concurrents si les régions en venait à prendre le pouvoir sur la nation et la République. On sait que cette décentralisation poussée encore plus loin de Madame Royal, qui n'a rien critiqué dans ses propos de celle de Raffarin, qui avait comme but entre autres, la dérégulation des services publics par leur éclatement régional, pourrait donc aller encore plus loin dans ce sens. On a tout à craindre ici que l'on prépare la transmutation des services publics en " Services d'Intérêt Général ", c'est-à-dire de confier des services d'intérêt général à des entreprises privées sous critères de rentabilité, dans le cadre des directives de l'Union Européenne. En fait, ce discours est directement dicté par la politique Fédérale européenne qu'épouse Ségolène Royal, qui a depuis longtemps travaillée sur ces enjeux et que le rejet du TCE a mis en recul, qu'ici on voudrait faire revenir dans l'actualité par de nouveaux pouvoirs à la région.

L'entreprise est au c線r de ses projets, mais comment ? Elle a réaffirmé son programme économique et social visant notamment à "réconcilier les Français avec les entreprises".Elle souhaite établir un "ordre économique juste", améliorer la qualité des relations sociales, secteur dans lequel la France "est très, très en retard" ce qui signifie en clair, clin d'箠l de plus au patronat français, qu'elle fera tout pour fabriquer en France un syndicalisme de compromis pour ne pas dire de compromission à l'image des syndicats qui dans d'autres pays européens servent le plus souvent de courroie de transmission aux exigences du grand patronat. Une politique qui élude le rôle de l'Etat comme Etat social dans les négociations salariales et renvoie tout aux relations entre " salariés " et " employeurs . Voilà ce que Ségolène de façon droitière voudrait aussi voir évoluer, mais malheureusement dans le mauvais sens, celui de compromis toujours au désavantage des droits du travail. Tout fait cohérence dans ce déballage qui ne présage rien de bon pour les travailleurs et de façon générale pour les familles les plus modestes.

Le c線r de Ségolène bat-il vraiment à gauche ?

Elle a aussi estimé qu'il fallait "réconcilier universités et écoles avec les entreprises dès le plus jeune âge". "Il faut "apprendre très tôt la réalité de l'entreprise aux jeunes", a-t-elle dit. Par ailleurs, suite aux propos de François Fillon plaidant pour une réforme des régimes spéciaux des retraites, dès la victoire aux prochaines élections de son candidat, Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal candidate plus que probable à l'investiture socialiste pour 2007, a estimé qu'il faudra conduire "un chantier d'harmonisation" dans les systèmes de retraite. Madame Royal a dit reconnaître que la gauche, si elle gagne en 2007, aura le problème des retraites "à régler" (sic !) Une continuité en somme dans la politique de la gauche qui en la matière, avait aussi préparée, du temps de Jospin aux affaires, le terrain aux reculs que la droite a su mettre en 線vre depuis.

Des éléments qui révèlent en fait, un programme de Madame Royal dont les mots ne sont pas bien éloignés de ceux d'une droite dont on soulignait récemment dans le journal Le Monde ( " Ils hésitent entre Sarko et Ségo "12.09.2006 ) que certains de ses électeurs pourraient choisir de voter Ségolène, tant les repères sont brouillés pour savoir dans tout ceci ce qui peut bien avoir affaire avec la gauche ?

Guylain Chevrier

Docteur en Histoire

3.2 - Nicolas Sarkozy rencontre George Bush à Washington

Le ministre de l'Intérieur a plaidé pour des relations franco-américaines "sans arrogance et sans mise en scène".

Le très chic parterre franco-américain de diplomates et de chercheurs venus écouter hier Nicolas Sarkozy ne s'attendait peut-être pas à entendre de tels accents résonner dans le Musée des American Girls of the Revolution. A deux pas de la Maison-Blanche, Nicolas Sarkozy a prononcé à sa façon un discours sur l'état de la planète. Débordant largement le sujet imposé, les relations franco-américaines, et administrant au passage une leçon de "modestie" à Dominique de Villepin. Il a donné le ton d'entrée : "Je vais me livrer à l'exercice difficile qui consiste à parler le plus franchement possible pour que ce soit intéressant et en même temps à prendre le moins de risques possible, à sept mois et demi de la présidentielle." Comment "être franc tout en étant diplomate ?" Nicolas Sarkozy n'a pas cité Dominique de Villepin, mais chacun a compris à qui le message était destiné quand le numéro deux du gouvernement est revenu sur la brouille franco-américaine de 2003. "Plus jamais nous ne devons faire de nos désaccords une crise, a plaidé le futur candidat. De nos désaccords, faisons l'occasion d'un dialogue constructif, sans arrogance et sans mise en scène."

Sarkozy "l'Américain" conçoit parfaitement que la France s'oppose aux États-Unis sur certains sujets. Il en a d'ailleurs apporté la démonstration en critiquant l'attitude des États-Unis dans certains domaines, comme la protection de l'environnement. Mais sans oublier de part et d'autre de l'Atlantique que "nous sommes amis depuis longtemps et pour toujours". Le "professeur" a énoncé : "Jamais on ne doit chercher à mettre ses alliés dans l'embarras. On ne doit jamais donner l'impression de se réjouir des difficultés de nos alliés. Pour notre dialogue, l'efficacité dans la modestie, c'est ce qu'il y a de mieux."

Invitations refusées

Pierre Lellouche et Jean-Michel Goudard, qui accompagnaient le président de l'UMP, ont particulièrement apprécié la leçon. Le député du IXe, ultra-américanophile et fier de l'être, n'en peut plus du "hiatus entre un discours officiel inutilement abrasif, des deux côtés, et une coopération qui fonctionne parfaitement". L'ancien publicitaire, qui assure jouer un rôle de "conseiller amical" auprès de Nicolas Sarkozy, juge que la menace du veto brandie par Dominique de Villepin contre les États-Unis dans la crise irakienne est "la plus monumentale connerie diplomatique des cinquante dernières années". Pierre Lellouche, lui, a mis à son service sa connaissance des réseaux américains dans la politique, le business et le monde associatif. Grâce à lui et aussi à son demi-frère, Olivier Sarkozy, qui travaille dans une banque à New York, le futur candidat a vu des intellectuels, des journalistes, des personnalités du monde des affaires, des responsables d'organisations juives...

Il a également refusé certaines invitations. Selon son entourage, Nicolas Sarkozy était convié au show de CBS "Sixty Minutes". La direction de la rédaction du New York Times aurait également souhaité le recevoir. "Il ne voulait pas trop en faire", explique l'un de ses proches. La visite de l'aspirant à l'Élysée n'en est pas passée inaperçue pour autant : venu à la Maison-Blanche rencontrer Steve Hardley, conseiller national à la sécurité du président américain, le président de l'UMP a la surprise de voir entrer George Bush en personne, avec qui il a eu un entretien inattendu de plus d'une demi-heure.

Judith Waintraub

Source : Le Figaro publié le 13 septembre 2006

4 - débats politiques

4.1 - Joseph Stiglitz détonne sur France Inter

Un autre monde contre le fanatisme du marché. Étonnante émission que celle de France inter ce matin, où le prix Nobel américain énonce tranquillement qu'il faut garder Edf Gdf publics, ne pas laisser l'idéologie libérale l'emporter, que nous avons la chance en France, d'avoir un fort secteur public...

Dans la foulée, il explique qu'aux USA, il y a protectionnisme et endettement, intervention de l'état (acier, armement) que l'électricité ne fonctionne pas, qu'il faut un équilibre entre capitalisme privé et services publics, que la mondialisation pourrait être autre et humaine, qu'en Uruguay des décisions ont été prises par l'Omc sur les médicaments qui ont fait des millions de morts en Afrique, qui explique les menaces du capitalisme financier sur l'état du monde, critique le Fmi, souligne que les Usa exigent des autres qu'ils ne vivent pas au dessus de leurs moyens, mais qu'ils le font pour eux-mêmes...

L'américain moyen s'en sort moins bien qu'il y a cinq ans, le nombre de pauvres a augmenté...

"Mais ça marche la mondialisation et ca n'est pas prêt de s'arrêter", dit l'animateur de France inter, "mais oui, répond Stiglitz, ça marche, mais pour certains, pas pour le plus grand nombre"... et alors, on a la surprise d'avoir une vraie psychanalyse en direct des journalistes de France inter, pris à contre-pied, et qui essaient de défendre leur credo libéral habituel, de critiquer Joseph Stiglitz parce qu'il n'aurait rien pu faire auprès de Bill Clinton, qui défendent, en passant, le profit des entreprises qui est le ressort de l'économie, et donc qui ne permettrait pas de changer les choses, etc.

On les sent tous, le coeur sur la main, prêts à redire ce qu'ils disent tous les matins, de façon spontanée, contre le prix Nobel qu'ils ont invités... Quoi ? On peut faire autrement ? Ils s'en étouffent nos journalistes libéraux biberonnés au "Jean-Marc Sylvestre" (absent de cet interview) qui-assure, en général, qu'il n'y a-pas-de-débat-possible-en-économie, que c'est une science avec une seule voie...

4.2 - Je vous soutiens

J'approuve à 100 pour 100 l'article mesuré mais fort précis d'Evariste concernant les "curiosités" lambertistes de Jacques COTTA et Denis COLLIN. J'en ai moi-même fait l'expérience, je sais l'inaptitude radicale de ce groupe militarisé à toute forme de débat démocratique, je ne suis pas étonné de la présence de Gluckstein à la réunion de Cotta et Collin ni par leur refus de débat ouvert lors de cette réunion- "débat".

Je connais la maison pout y avoir passé 7 à 8 ans. Le sectarisme est en effet l'un des gros défauts des groupes qui se réclament du trotskysme et les lambertistes, quels que soient les oripeaux entristes dont ils se couvrent - et ils sont légion ! - sont avec Lutte ouvrière, les plus sectaires de tous. Mais le sectarisme n'est pas encore le plus gros défaut des lambertistes. Il y a pire. On y reviendra plus tard.

La ligne sectaire de Krivine et Besancenot, pour la LCR, s'exprime avant tout dans la diabolisation irrationnelle du PS alors qu'ils continuent comme dans les années 60 à avoir les yeux de Chimène pour l'appareil stalinien du PCF. Alors que le PC ne représente plus que 3 à 5 % des électeurs à la différence du PS qui dispose d'un potentiel dans la masse des salariés infiniment plus important, Krivine et Besancenot s'échinent à faire croire qu'une "ligne de feu" sépare PS et PC au bénéfice de l'appareil du PC. *Contresens total qui conduit à interdire l'unité d'action des classes moyennes et populaires contre le grand capital et qui fait ouvertement le jeu de Sarkozy*. Les Collectifs unitaires pour un candidat de gauche anti libéral qui se sont réunis dimanche ont pris leurs distances avec ce sectarisme en appelant à voter le jour même contre Sarkozy au 2ème tour alors que la direction LCR était opposée à pareille prise de position. La direction sectaire de la LCR ne défend pas les interets des couches populaires en France.

Ajoutons que la lettre de André Gerin ( PCF) à José Bové traduit ce même sectarisme de l'aile la plus stalinienne du PC qui veut que les salariés et chomeurs recommencent à s'agenouiller devant la sainte loge de la place du Colonel Fabien. André Geron ose sans avoir le sens du ridicule comparer la situation politique en 2006 à ... 1936 , 1944, 1945, 1946 !!! A l'époque, et notamment après guerre, les Staliniens représentaient une force puissamment hégémonique avec près de 30% des voix et non 3 ou 4 ! L'URSS s'est complètement effondrée de l'intérieur et les PC qui en étaient les courroies de transmission via le Komintern puis sans le komintern , n'ont jamais pu et ne pourront jamais s'en relever comme tels. Place à l'avenir !

Seule une démarche unitaire de divers courants anciens et surtout ! de FORCES NOUVELLES pourront dépasser l'impuissance actuelle, liquidatrice des acquis sociaux des travailleurs et chomeurs.

Pour caractériser un groupe politique sérieusement, au moins 3 niveaux d'analyse doivent être pris en compte et c'est ici que nous reviendrons pour exemple aux lambertistes. 1. Le plus superficiel, la Sainte Messe tenue lors des offices dominicaux et dans les revues des petits Vaticans respectifs : le Discours officiel des orga. Il peut s'y dire des choses justes, et des perspectives bouleversantes et lyriques être proposées aux désirs de croyance des victimes du Capital. Chaque groupe ou secte a sa théologie révolutionnaire. Celui qui est lucide ne s'en tient pas aux beaux discours.

2. Le fonctionnement interne du groupe en question. Démocratie réelle ou tyrannie baillonnant toute opinion qui n'est pas celle des chefs ?? Droit réel de tendance, de fraction, plus simplement d'exprimer des divergences dans l'analyse complexe du réel ou injonction de marcher au pas des petits caporaux appintés ou non pour ce boulot de " ferme ta gueule" ? A ce niveau, le PT alias MPPT, alias OCI, alias groupe Lambert est le plus stalinien de tous les groupes avec une tradition de violence interne fondamentale. Exclusions par centaines ont été toujours la réponse du vieux patron de la boutique voire l'action de violence sans mesure de son SO dans des sortes d'actions de terreur. Un tel groupe est à fuir comme la peste : au pouvoir, ce serait POL POT.

3. Les " racines" de la colonne des permanents et les sources de l'argent, le nerf de la guerre. Sur ce point, les lambertistes se sont toujours ancrés sur la " CGT-FO" dont la naissance lors de la guerre froide a été financée par la CIA et les directions FO ont toujours permanentisée les cadres lambertistes en échange de bons services. Sans FO, les lambertistes n'auraient pu survivre. Donc, malgré la Sainte Messe révolutionnaire, il leur est IMPOSSIBLE de rompre le cordon ombilical avec la social démocratie qu'officiellement ils vomissent tous les jours...

La LCR essaie , elle, de nouer de bonnes relations avec la CGT avec le même système. Un cadre LCR permanentisé par la CGT , y a bon banania pour les finances de l'orga. Pour se faire à meilleure échelle, il fallait attendre le déclin fort de la main mise du PC sur la CGT et un tel dénuement du PC qu'il en vienne à considérer une alliance tactique avec les trotskystes ennemis de toujours comme un ballon d'oxygène pour sa survie. A la condition de n'avoir pas à rompre avec le PS pour garder Elus et Maires... Or, justement, Krivine and Besancenot ( sectarisme) mettent comme condition à un candidat unique avec le PC, la rupture avec le PS... Voilà M-G Buffet, obligée de tenter le grand écart, en déguisant ses interets de boutique sous des allures humanistes. Ils font tous ça, d'ailleurs. Voilà pourquoi, ls Français en ont marre de ces marioles politiciens de tous bords. Réhabiliter les " partis politiques" devient une tache impossible tant ils sont nuls et corrompus. Je suis donc partisan de l'action sous d'autres formes et du soutien à la démarche unitaire , notamment des Collectifs.

Je soutiens le journal de bonne tenue qu'est Respublica avec la pluralité et la diversité de ses débats.

Elie Carasso

5 - gauche islamiste

5.1 - Lille : l'ouverture d'une faculté musulmane est un projet laïque pour Martine Aubry !

Au printemps dernier, l'annonce de la mise en place d' "une faculté pour l'Islam de France " ne manqua pas d'étonner par son ambiguïté. En effet l'annonce ne fut pas faite à Lille, mais lors d'une conférence de presse ... au club de la presse arabe... à Paris, le 21 mars (cf. La Voix Du Nord du 22 mars 2006, page 3).
Le chantier se termine, c'est ce qu'écrit La Voix du Nord (LVDN) dans son édition du 9 septembre, en titrant : " L'Institut musulman Avicenne des Sciences humaines ouvre fin octobre ".

Cet Institut privé est situé à l'arrière de l'Ecole Supérieure de Journalisme, près du Musée des Beaux-Arts et pas bien loin de la Préfecture. Les locaux appartiennent à la ville de Lille. Ils ont été restaurés aux frais de la Fédération nationale des musulmans de France (FNMF). En effet le porteur de ce projet est le nordiste Mohammed Béchari, président de la FNMF (proche du roi du Maroc, selon LVDN, 22 mars) et vice-président du Conseil français du culte musulman.

" Ses principales ressources seront les frais de scolarité et les dons français et étrangers " (LVDN, 9 septembre). Des dons étrangers ? Le 22 mars dernier, La Voix du Nord évoquait un Etat du Golfe persique, le Qatar, dont est proche Mohammed Béchari. " Comme par hasard, écrivait LVDN, l'ambassadeur en France de ce pays du Golfe était à Lille en janvier à l'invitation de Béchari pour le repas de l'Aïd. A ses côtés ? Martine Aubry et Amar Lasfar... ". Rappelons qu'Amar Lasfar (tendance UOIF) est le recteur de la Mosquée de Lille-Sud dans laquelle est installé le Lycée musulman " Averroès ", et était co-signataire de l'appel de Martine Aubry-Lang-etc. à voter OUI à la constitution européenne en 2005.

Quels sont les objectifs de cet Institut ?

Etre d'abord une Université privée : la version musulmane de la " Catho " à Lille. " On y donnera des cours universitaires généraux : droit, sociologie de l'islam en Europe, institutions européennes, etc. L'enseignement s'intègrera dans le cursus européen licence-master-doctorat. On y enseignera aussi l'arabe à des publics en reconversion professionnelle, à la recherche d'un emploi en relation avec les pays arabes, ainsi qu'à des salariés d'entreprises ou d'institutions " (LVDN, 9 septembre). Excepté pour les relations avec les pays arabes, on ne voit pas très bien comment l'enseignement de l'arabe peut être utile pour s'insérer professionnellement dans des entreprises et des institutions de la région Nord-Pas de Calais ou en France. Le français n'aurait-il pas été préférable ? A moins de considérer que prévaut déjà la logique européenne des langues régionales et des minorité ethniques issues de l'immigration aux dépens de chaque langue nationale.

Cet Institut sera une structure de recherches et de conférences sur l'Islam que Mohamed Béchari présente comme laïque. Ce qui n'est pas le cas puisqu'il a en même temps une dimension religieuse : c'est une faculté théologique pour la formation en deux ans et la formation continue des imams et des aumôniers (LVDN, 22 mars).

Dans toute cette affaire la laïcité n'est que malmenée

La confusion est totale, volontairement ou non, chez Mohamed Béchari quand il déclare que " cela ne sera pas qu'un lieu confessionnel, ce sera un lieu ouvert, laïc, où l'on débattra, où des idées contradictoires s'opposeront sur la place de l'islam, sur une nouvelle théologie musulmane à imaginer " (LVDN, 9 septembre). Comme si le fait de faire des débats contradictoires sur l'islam et sa théologie dans une structure confessionnelle signifiait la laïcité ! C'est une affaire religieuse ! M. Béchari, vous qui êtes vice-président du Conseil français du culte musulman (CFCM), est-ce votre conception politique de réduire la laïcité à la possibilité de débats théologiques contradictoires ? Si c'est le cas, votre conception de la laïcité renvoie à avant 1905 et avant la Révolution française, dans l'Ancien Régime où politique et religieux n'étaient pas séparés.

La dénaturation de la laïcité est encore plus gravissime de la part de Martine Aubry et de son équipe. Selon La Voix du Nord du 9 septembre, le projet a séduit Martine Aubry qui " l'accompagne positivement, précise-t-on au cabinet du maire. La ville y voit une volonté de dialogue, de brassage, favorisant le vivre ensemble, un projet laïque... ". Laïque ? Après la piscine à créneaux horaires pour femmes musulmanes et le lycée musulman dans la mosquée de Lille-Sud, Martine Aubry en rajoute une " louche ".

Comme on le voit, l'agglomération lilloise est chaque jour davantage un laboratoire d'expérimentations ethnico-religieuses des gauches communautaristes qui n'ont de cesse de casser, par tous les moyens, les acquis et référents politiques de la république et de la nation (la laïcité, le féminisme, l'Ecole publique, etc.) auxquels souscrivait pourtant le mouvement ouvrier, donc les gauches d'alors, parce que ces référents participaient à l'émancipation du salariat. Il est grand temps d'enrayer cette machine à produire sciemment de l'ethnico-religieux différentialiste communautariste, porteur de restrictions des libertés, voire même de conflits à venir !

Jean Larose

5.2 - Alain Gresh encore main dans la main avec les islamistes

Le Colloque International Musulman de l'Espace Francophone a tenu sa 4è édition du 4 au 6 août 2006 à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso. La rencontre, qui a vu la participation de 192 délégué(e)s de 21 pays d'Europe, d'Afrique, d'Asie, du Canada et des Etats-Unis, a traité cette année du thème " De l'islamophobie aux chocs des civilisations : défis et enjeux ". Alain Gresh et Tariq Ramadan y ont en été les invités vedettes, sans oublier Siham Andalouci.

Cette rencontre, où il a très peu été question d'exégèse religieuse, nous donne l'opportunité d'apporter quelques clarifications. D'abord le fait que les islamistes n'ont pas dérogé à leurs pratiques discriminatoires à l'encontre des participants de sexe féminin, tenues de porter leur uniforme politique et de s'asseoir séparées des hommes (voir photos sur le site www.astrolabe.be). Les participants qui sont si prompts à traiter de raciste les réticences de parents chrétiens ou juifs à l'égard du mariage de leur enfant avec un(e) musulman(e), devraient par honnêteté intellectuelle et pour combattre efficacement la musulmanophobie (et non pas l'islamophobie), dont sont victimes les musulmans en France, se départir de leur croyance xénophobe qui existe dans l'islam et qui interdit à une musulmane d'épouser un non musulman, si celui-ci refuse de renier ses convictions religieuses, agnostique ou athée.

Il y a ensuite l'emploi abusif du mot " Musulman " dans l'intitulé du colloque. Cette pratique n'est pas nouvelle. Elle date de la création de l'Organisation des Frères musulmans à la fin des années vingt. Les islamistes usent à dessein des termes " musulman " pour se désigner et cacher ainsi leur qualité de militants politiques et d'" islam " pour camoufler leur programme ultra-libéral sur le plan économique et réactionnaire sur le plan social et politique. L'objectif est de bénéficier d'une solidarité spontanée de leurs coreligionnaires et de disqualifier par la même leurs adversaires, qui ne peuvent qu'apparaître aux yeux des fidèles que comme des " ennemis de Dieu ".

Il faut admettre qu'ils ont gagné, au moins partiellement, cette bataille sémantico -idéologique. On constate en effet depuis une dizaine d'années en Europe de plus en plus d'acteurs dans les champs médiatique, politique et universitaire qu'on ne peut soupçonner de sympathie pour eux, qui emploient improprement les termes organisation " islamique " ou " musulmane ", alors même qu'il s'agit d'organisations " islamistes ". Même leurs adversaires les plus déterminés utilisent à leur insu, et comme synonyme d'islamisme ou d'intégrisme des expressions tels que "groupe religieux ", " parti religieux " ou " religieux ".

L'ensemble de ces termes concourent à faire croire que nous avons affaire à des organisations religieuses, qui transcenderaient par conséquent les clivages sociaux, alors qu'ils sont des forces qui défendent avant tout les intérêts de deux fractions principales de la bourgeoisie musulmane : la bourgeoisie mercantile et la bourgeoisie compradore. Les organisations islamistes sont de nature politico-religieuse : politique par leur programme et religieuse par leur instrumentation à cette fin et sans état d'âme des sentiments religieux des croyants. Hassan El Banna n'a-t-il pas écrit en 1946 que : " Les ouvriers doivent toujours se rappeler le devoir qu'ils ont envers Dieu, leur âme et leur patron " ?

Les Alain Gresh, les Bruno Etienne, les François Burgat professeurs d'université... connaissent parfaitement et depuis toujours l'essence politico-idéologique des islamistes. Ils font mine d'oublier les agissements des islamistes dans les années 1960, 1970 et 1980 dans les campus d'Alger, de Tunis, de Rabat, du Caire, etc. Les étudiants de gauche essuyaient alors régulièrement, souvent avec la complicité passive ou active des régimes en place, les coups de gourdin, de chaînes à vélo, de machette et de jet d'esprit de sel sur les cuisses des étudiantes et parfois sur leurs visages.

Tous ces islamogauchistes participent sciemment à cette stratégie mystificatrice en vue d'occulter la nature de ces organisations et de leurs leaders, afin de mieux entraîner derrière eux une partie de la gauche et endormir l'opinion. Ils ont vite fait de présenter les islamistes en nouveaux " anti-impérialistes ", voire en véritable alternative progressiste aux pouvoirs corrompus et répressifs en place dans les pays musulmans et d'authentiques défenseurs des droits bafoués des musulmans en Occident. Drôle d'anti-impérialisme et de progressisme qui a transformé ces militants de gauche en garde prétorienne des intégristes et en fervents défenseurs de certaines de leurs revendications réactionnaires ou communautaristes. Ils n'ignorent pourtant pas que ces éléments ont longtemps été la cinquième colonne de l'impérialisme dans les Etats arabes progressistes. Qu'ils avaient combattu dans les années 1960 et 1970 toutes les mesures que ces régimes avaient mises en 線vre en faveur des travailleurs et de la paysannerie pauvre, ainsi que l'important effort de développement socio-économique visant à briser les liens de dépendance d'avec le système capitaliste mondial.

Quant à la présence d'Alain Gresh, il n'est pas à une compromission près avec eux. L'intéressé n'est pas seulement l'un des adversaires les plus actifs de la laïcité lorsqu'il faut en faire bénéficier les habitants de France de confession musulmane. Ils avaient également mis, conjointement avec Ignacio Ramonet, directeur du Monde diplomatique, tout le crédit de leur publication auprès des milieux intellectuels de gauche dans notre pays, pour que l'Algérie et son peuple soit livrée au Front islamique du salut (FIS), parti salafiste et fasciste tant par son programme que par ses méthodes. Le problème de ces deux-là ce sont les " généraux algériens " et non pas le FIS et ses nombreuses bandes armées (MIA, GIA, GSPC, FIDA...) qui était alors en train de mettre l'Algérie à feu et à sang. Pourtant, inquiets des difficultés financières de leurs entreprises, ils n'avaient craché sur les dizaines de milliers d'euros que leur avaient octroyé ces mêmes " généraux " pour publier dans leur périodique, à l'occasion de l'Année de l'Algérie en France, en 2003, un publi-reportages sur ce pays, genre au demeurant mal vu dans la profession pour des raisons d'éthique.

Hakim Arabdiou

6 - extrême-droite catholique

6.1 - Benoît XVI en Bavière : un monde sourd ou un dieu inexistant ?

Depuis sa confortable installation dans la papamobile en avril 2005, le grand Inquisiteur suit avec application la ligne tracée durant les vingt trois années passées à la direction de la Congrégation pour la doctrine de la foi. En édictant le Bien et le Mal, en rappelant les chrétiens à leurs obligations et en fustigeant les incroyants, Benoît XVI enseigne aux amnésiques et à tous ceux qui n'ont jamais lu la Bible que le catholicisme n'est pas l'expression d'une foi libre et évolutive mais l'obéissance à des dogmes immobilistes. Lors de sa récente escapade dans sa Bavière natale, Joseph Ratzinger a déployé, le 10 septembre, une énergie désespérée contre la disparition de la fantaisie divine de notre société. Aucune lueur d'espoir ne semble illuminer l'horizon spirituel du pauvre homme aigri dont le pontificat se terminera avec, en Europe, un nombre de catholiques encore en diminution. Piètre bilan futur.

Jean Paul II qualifiait les athées d' "insensés", Benoît XVI accuse le monde d'être "sourd à Dieu". Si le croyant lucide peut rétorquer que "Dieu" demeure pourtant bien silencieux, l'athée se réjouira de ne pas être sujet à des illusions auditives et remerciera Benoît XVI de confirmer ainsi les nombreuses enquêtes d'opinions sur la baisse régulière de la croyance en "dieu" et de l'affiliation aux religions en Europe. Dénonçant ce qu'il croit être "le mépris de Dieu" et "l'insulte au sacré" (en référence aux caricatures d'un mythe concurrent), Benoît XVI se fourvoie cependant sur les intentions réelles des incroyants : comment mépriser un dieu inexistant ou insulter un sacré qui n'a pas cours pour soi-même ? Le sacré n'est pas l'universel, le sacré ne porte du sens que pour les adeptes qui le vénèrent. Dans ses lamentations, Benoît XVI a ainsi voulu adresser un message aux musulmans suite à l'affaire des caricatures de Mahomet, un oecuménisme de façade contre la liberté d'expression et la laïcité.

Dénoncer la sécularisation des sociétés ne suffit pas et Benoît XVI a sonné la charge, en vrac, contre tous les sujets qui fâchent. Le vomis habituellement déversé par le Vatican contre la modernité et le progrès a éclaboussé généreusement l'assistance bavaroise : propagande antipréservatif en demandant que "le sida puisse être combattu en affrontant vraiment ses causes profondes" (la fidélité et la chasteté plutôt que la protection par le plastique), la foi catholique serait un rempart contre la violence (oubliées les Croisades, l'Inquisition, les guerres de religion et les collaborations, au niveau institutionnel, de l'Eglise catholique avec les régimes fascistes), insinuation que la science serait génératrice de violence ("là où on ne porte que des connaissances et des savoir-faire, de la technique et des moyens, on apporte trop peu. Et alors, c'est l'engrenage de la violence, la capacité de détruire et tuer qui prévaut dans la course au pouvoir...") alors que l'Evangile serait un acteur incontournable du progrès social ("Le fait social et l'Evangile sont inséparables").

Et dans une similarité remarquable avec la fière soumission des musulmans à un dieu imaginaire, Ratzinger a délivré une injonction que n'auraient pas reniée ses prédécesseurs de la Sacrée Congrégation de l'Inquisition romaine et universelle : "La tolérance dont nous avons besoin inclut la crainte de Dieu." Crainte face à l'inconnu, tolérance s'effaçant devant la peur, amour subordonné à la soumission, toutes valeurs enseignées à longueur de pages dans l'Ancien Testament. Quand l'esclave s'extasie devant la douceur de ses chaînes, que le domestique s'enorgueillit de sa position subalterne, une (re)lecture du Discours de la servitude volontaire de La Boétie peut constituer une thérapie efficace, bien qu'exigeante.

Jocelyn Bézecourt

co-auteur avec Gérard da Silva de "Contre Benoît XVI. Le Vatican, ennemi des libertés"
Editions Syllepse 2006
www.syllepse.net/lng_FR_srub_37_iprod_297-Contre-Benoit-XVI.html

6.2 - Le prêtre de Saint-Nicolas du Chardonnet réintégré par le Vatican

Le nouveau Pape, dans la lignée de son prédécesseur, vient de réintégrer les fidèles de l'ancienne idole de toute l'extrême droite, l'archevêque d'Econe, Marcel Lefebvre.

Parmi les heureux élus, qui pourront continuer à faire la messe en latin, et échapperont au contrôle des évêques locaux, une vieille connaissance, l'abbé Laguerie, qui a officié à Saint-nicolas du Chardonnet, repère de toute l'extrême droite catholique, pendant treize ans, de 1984 à 1997, en succession du non moins célèbre Ducaud-Bourget.

Il est aujourd'hui le Curé de l'église Saint-Eloi, située à Bordeaux à côté de la Grosse Cloche (cela ne s'invente pas).

Dans ses grandes années, Laguérie s'était distingué, entre autres, en célébrant les obsèques du milicien Paul Touvier, en 1996, dans l'Eglise intégriste occupée, en qualifiant l'ancien chef de la milice lyonnaise d' " âme sensible et nuancée ". Il avait précisé, d'autre part, qu'il ne reprochait qu'une chose au régime de Vichy : " Ne pas avoir affiché un catholicisme intégral ".

Pareil dévouement méritait donc une récompense vaticane, Laguérie vient donc d'être nommé à la tête de l'institut pontifical " Le Bon Pasteur ".

Cet institut a une juridiction ordinaire sur les prêtres qui en dépendent et les fidèles fréquentant les paroisses qui lui sont confiées. Contrairement à la Fraternité St-Pierre, il ne dépend pas des évêques mais directement de Rome, puisque de Droit pontifical. Ses membres fondateurs sont tous sont d'anciens membres de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X, et ont occupé des postes importants au sein de cet organisme.

Ratzinger sait récompenser ses proches comme il faut, Gaillot, lui restera toute sa vie évêque de Parthena, cela lui apprendra à ne pas être d'extrême droite.

Pierre Cassen

7 - combat social

7.1 - Solidaires des salariés d'Eurodisney

Les Républicains et Radicaux de Gauche aux côtés des salariés d'Eurodisney* Les salariés d'Eurodisney, poussés au conflit par une direction plus attentive à garantir le paiement des 60 millions de royalties annuels à la maison mère, la Walt Disney Company, que préoccupée des conditions de travail et de l'amélioration de la rémunération de ses personnels, ont décidé de se mobiliser pour défendre leurs droits.

La Gauche Républicaine, le PRG et le MRC, dans une démarche commune, leur apportent leur soutien.

En effet, depuis des mois, Eurodisney tente de revenir sur les droits sociaux des personnels. Cette situation est d'autant plus inacceptable que cette société a plus que largement bénéficié de toutes les formes d'aides financières et matérielles des collectivités locales et des pouvoirs publics. Eurodisney apparaît aujourd'hui à l'unique service des intérêts des actionnaires de la Walt Disney Company, les actionnaires minoritaires d'Eurodisney ayant été quant à eux floués ?

Dans ce contexte, l'attentisme et le silence du Gouvernement sont évidents. Pourtant il a été officiellement interpellé par le député républicain Emile Zuccarelli dès décembre 2005 ! Il souhaitait savoir "avant que le dialogue social ne soit rompu et pour la bonne utilisation des fonds publics, ce que le Gouvernement entend mettre en oeuvre pour conduire la Walt Disney Company à assumer ses responsabilités en acceptant de prendre à sa charge une partie de la dette d'Eurodisney."

Depuis, et ce malgré l'obligation légale de réponse sous 2 mois, cette question écrite au Gouvernement (n 80.811) est toujours sans réponse.

Il est, dans ces conditions, légitime que les personnels d'Eurodisney se mobilisent pour défendre leurs droits.

PRG 77

Gauche Républicaine 77

MRC 77

8 - laïcité et féminisme

8.1 - Eloge de l'asservissement des femmes par le Monde 2

Non, le voile n'est pas un " phénomène français ", comme le conclut le Monde 2 (numéro 134, 9 septembre 2006) !

Les héritières de Christine de Pisan, La Boétie, Gabrielle Suchon, Brantôme, Marie de Gournay, Louise Labé, Helvétius, Olympe de Gouges, Condorcet, Schoelcher, Louise Michel, Victor Hugo, Hubertine Auclert, Maria Deraismes, Simone de Beauvoir refusent tout symbole d'asservissement volontaire à Dieu, et en attendant de le rencontrer au ciel, d'assujettissement sur terre aux hommes.

Le " phénomène français " manifeste plutôt l'indignation face au port de tout signe qui entérine l'idée que les femmes seraient source de désordre, qu'elles n'auraient pas la liberté d'aller et venir dans l'espace public sans ce camoufler. Contrairement à ce qui se passe dans les pays " multiculturalistes " où le lien social entre tous et toutes n'est absolument pas l'objectif. Bien au contraire, il convient de séparer les communautés et de les laisser régler entre elles leurs modes de vie. Des femmes voilées dans la rue ne concernent absolument pas le reste de la population.

L'article relatant uniquement des interviews de porteuses de voile, avec en courte annexe l'opinion de Fadéla Amara, se prétend " grande enquête " ! C'est le rêve des tenants de l'islam politique d'imposer leur propre interprétation comme l'unique vérité révélée. L'appui du média français pour définir la tenue vestimentaire caractérisant la " bonne musulmane " est surprenant.

Accepter de nier sa féminité en public afin de protéger les hommes qui seraient incapables de maîtriser leurs pulsions à la vue du moindre bout de peau ou de cheveu féminin est sans doute de l'abnégation, mais sûrement pas du féminisme. Accepter de se dissimuler dans un bout de tissu pour représenter la " future épouse et mère musulmane idéale " est sans doute une " stratégie maritale ", mais sûrement pas du féminisme. Accepter de revêtir le signe de la " rédemption " pour que les hommes aient à leur disposition la femme soumise rêvée qu'ils ne trouvent plus dans les pays d'origine, où les femmes seraient trop " délurées ", c'est sans doute de la soumission, mais sûrement pas du féminisme ! Les féminismes affirment que les deux formes que revêt l'espèce humaine sont dissemblables et égales.

L'instrumentalisation du vocabulaire, la confusion volontaire créée autour de mots employés à contre-sens pour les dénaturer est caractéristique des totalitarismes. Prétendre à l'émancipation lorsqu'on reproduit les manifestations les plus archaïques et claustrantes de l'oppression des femmes pourrait être risible. " Le voile va donc faire passer la musulmane dans l'anonymat le plus total : être musulmane, c'est vivre incognito1 ". Mais l'objectif poursuivi est de dénoncer l'émancipation des femmes comme un phénomène occidental. Elle serait, à ce titre, contraire à l'islam !

N'étant pas à une contradiction près, alors qu'elles portent un signe, un stigmate, volontairement, elles s'offusquent d'être stigmatisées !

Les porteuses de voile le revendiquent au nom de la liberté de choix " jusqu'au bout ". Non, la liberté a des limites. Une liberté sans limites engendre la loi du plus fort, du plus riche, du plus vociférant, du plus manipulateur. Dans la devise républicaine, la liberté est associée à l'égalité et à la fraternité parce que la fraternité républicaine empêche la liberté d'engendrer des privilèges et l'égalité d'engendrer l'oppression. Prétendre que tout se vaut et s'équivaut, ignorer que la liberté des uns s'arrête où commence celle des autres, que le choix personnel n'est pas un droit, c'est refuser les principes fondamentaux de la République française.

Imposer dans l'espace public la nécessité pour les " bonnes musulmanes " de se cacher, donc une séparation visible dans l'espace commun, entérine l'idée d'une différence fondamentale entre les " bonnes musulmanes " et les autres. Cela engendre des représentations des femmes, aussi bien par les filles que par les garçons, totalement contradictoires avec le principe constitutionnel d'égalité entre les hommes et les femmes. Cela enferme les personnes dans une unique identité religieuse. Les ravages de cette séparation sont dramatiques dans les pays multiculturalistes, tels la Grande-Bretagne ou les Pays-Bas, qui voudraient dorénavant affirmer un socle de valeurs communes.

Si les intérêts particuliers priment sur l'intérêt général, comment s'étonner ensuite de l'absence de lien social avec la communauté nationale, du non-respect des règles essentielles du vivre ensemble dans la République?

Le port du voile manifeste un pur et simple refus des principes républicains et une tentative de désintégration de l'espace commun.

Michèle Vianès

Présidente de Regards de Femmes
Auteur de " Un voile sur la République " Stock, et " Les islamistes en man½uvre Silence, on manipule " Editions Hors Commerce

9 - Islam et République

9.1 - Thierry Meyssan : le 11 septembre n'aurait pas eu lieu sans l'aide de la Maison blanche

Le 10 septembre 2006, sur la deuxième chaîne iranienne, Muhammad Al-Asi, de l'Institut américain de la pensée islamique contemporaine, a imputé les attentats du 11 septembre au gouvernement américain, soutenu dans ses propos par Thierry Meyssan.

Al-Asi est un membre actif de plusieurs organisations islamiques ; il participe à des conférences sur l'islam à travers le monde. Début septembre, il a présenté un exposé sur le thème "L'islamophobie, ses causes et ses remèdes", dans le cadre de la seconde conférence annuelle du Congrès musulman. La brochure de la conférence définit le Congrès musulman comme "l'organisation des musulmans unis d'Amérique du Nord." (1)

Al-Asi est connu pour ses déclarations anti-américaines, anti-israéliennes et anti-juives. Dans des remarques formulées avant la Guerre du Golfe en 1990, diffusées en novembre 1994 dans le documentaire de PBS Jihad en Amérique, avec la participation du spécialiste des affaires terroristes Steve Emerson, Al-Asi a dit : "Si les Américains placent leurs forces dans le Golfe persique, nous devrons créer contre eux un autre front de guerre dans le monde musulman - précisément là où se trouvent les intérêts américains." (2)

Dans un article non daté affiché sur muslimedia.com, Al-Asi évoque le "contrôle" des Juifs des pays occidentaux et la fin d'Israël. (3) Il écrit : "Les sionistes israéliens" sont persuadés qu'ils resteront toujours en Palestine. Ils ont même réussi à convaincre l'opinion publique de ce mythe. Le lavage de cerveau requis pour cela est phénoménal... Pour appuyer leurs dires, ils nous répètent inlassablement que les Juifs sont plus forts que jamais politiquement, parce que ce sont eux qui tiennent les rênes du pouvoir en Amérique et en Russie, pour ne rien dire de leur poids sur la politique étrangère en Europe. Il suffit de savoir que les Juifs dirigent la seule superpuissance au monde, les Etats-Unis, pour comprendre qu'Israël est gardé et protégé sur tous les fronts politiques."

Voici des extraits de propos tenus par Al-Asi le 10 septembre 2006 sur la deuxième chaîne iranienne. Les autres invités étaient David Musa Pidcock, dirigeant du parti islamique de Grande Bretagne, et l'écrivain français Thierry Meyssan, qui a également accusé le gouvernement américain d'avoir participé aux attentats.

VOIR LES EXTRAITS-VIDEO SUR http://www.memritv.org

Memri

9.2 - Dieudonné en tournée mondiale à Damas

Fin août, Dieudonné s'est rendu au Liban, via Damas. Un voyage organisé par la coqueluche des services syriens et iraniens : Thierry Meyssan.

Officiellement, Dieudonné s'est rendu au Liban " pour se rendre compte de la situation ". La délégation n'est toutefois pas allée dans le sud du pays, mais cela devait sûremnet suffire pour se conforter et passer des vacances entre amis. L'occasion pour Thierry Meyssan, l'homme du " le 11 septembre est un complot américain téléguidé depuis les tours " de présenter ses petits camarades français à ses autres petits camarades, syriens. Car le responsable de la censure iraninne (qui l'a reçu chaleureusement en Iran le 4 septembre 2002 à l'invitation de la république islamique) n'est pas son seul ami dans l'axe du " Tous unis contre les Etats-Unis ". Sous prétexte que les ennemis de vos ennemis sont vos amis, le Hezbollah compris, la délégation a pu rencontrer le directeur d'Al Manar, le révérend Jesse Jackson (converti au soutien au Hezbollah après avoir comparé New York à " Youpin Ville) ainsi que le général Michel Aoun,qui, après avoir sacrifié la jeunesse chrétienne dans une lutte perdue d'avance contre la Syrie, s'est rallié à ses anciens bourreaux.

Un comité d'accueil idéal pour jauger la situation de la façon la plus objective qui soit. A la télévision, Dieudonné a déclaré, emballé : " Pour la première fois, l'armée israélienne a été battue. C'est le début du reflux de l'empire ".

Le 30 août, de retour à Damas, il a pu rencontrer un autre ami de Meyssan, Hugo Chavez, qui vient d'obtenir une place de choix au sein de la Ligue arabe grâce à ses amis. Confirmant que la Ligue n'est plus un club basé sur l'identité arabe, (peu frappante au Vénézuela), .mais bien sur le rejet des Etats-Unis et d'Israël.

Dieudonné confirme, enthousiaste : " Hugo Chavez est le chef de la résistance mondiale à l'impérialisme américain. " L'histoire, en revanche, ne dit pas qui, de Marc Robert, un ancien FN, Frédéric Chatillon, un ex du GUD, Thierry Meyssan, Dieudonné ou Alain Soral, écrivain pro-islamiste et homophobe, lui a conseillé de se faire voter les pleins pouvoirs pour achever sa posture d'homme progressiste façon " new generation " pro-intégriste.

A son retour, en tout cas, chaque membre de la délégation y est allée de son couplet. Sur le site du Réseau Voltaire, qui devrait décidément être débaptisé, on apprend que Nasrallah, c'est " à la fois Ho Chi Minh et Mandela ". Quant à Ahmed Moualek, il nous explique sa crainte de voir " un pro-sioniste ou un pro-américain gagner l'élection française e peur que la périphérie ne croule sous les bombes comme à Beyrouth, car ce sont des adeptes de la méthode forte, qui n'a pourtant jamais fait ses preuves. "

Tandis que l'Iran et la Syrie, c'est bien connu, sont des adeptes de la méthode douce. Où il fait bon se relaxer. La petite troupe a déjà annoncé, lors d'une conférence de presse, ses prochains voyages : l'Iran et le Vénézuela. On espère qu'elle nous ramènera une jambe de femme lapidée en souvenir, ou le dernier bulletin de vote avant les pleins pouvoirs, au choix.

Fiammetta Venner

Source : Charlie Hebdo, mercredi 13 septembre 06

9.3 - Hani Ramadan fera des formations à la librairie Tawhid de Lyon

On savait que Tariq Ramadan venait chaque année pour une causerie dans une salle municipale Victor-Hugo, rue Bossuet dans le 6e arrondissement. Son frère Hani va lui aussi poser ses valises à quelques mètres.

Il est en effet l'un des cinq enseignants, avec Mohammed Minta, imam à la mosquée de Décines, qui officieront au Centre Shâtibî, un tout nouveau " centre de formation francophone des sciences islamiques et de la langue arabe ", situé dans la librairie Tawhid, au 8 rue Notre-Dame, quartier Bellecombe, dans le 6e arrondissement de Lyon. Le Centre Shâtibî, fondé par l'Union des Jeunes Musulmans - UJM - qui fait partie du Collectif des associations musulmanes de Lyon - promet l'acquisition d'une " connaissance plus structurée et plus complète de l'Islam ", selon son responsable, Eric Benoit, un Français converti à l'islam.

La formation sera organisée selon le triptyque " instruction " (" transmission de connaissances pures "), "éducation " (" savoir acquis dans le but de mieux se comporter ") et " formation " (" transmission de savoir ") ". Le cursus s'étalera sur trois ans et comprendra des cours hebdomadaires (le samedi) ainsi que des séminaires mensuels.

Il sera accompagné d'ateliers de réflexion, de tables rondes, de veillées spirituelles et de voyages. Le coût de la formation est fixé à 350 euros par an, et à 300 euros par an pour les étudiants.

Les formations sont normalement ouvertes à tous.

Sophie Majou

Source : Paru dans "Le Progrès de Lyon" du 14 septembre 06

10 - Proche-Orient

10.1 - John Le Carré et le crocodile islamiste

Le Monde a publié dans son édition du 7 septembre un article de John Le Carré à propos de la récente guerre au Liban et de l'action menée par Israël. Le positionnement de ce texte, exceptionnellement en "une" du journal et non en page "Débats", lui confère un statut particulier. Est-ce un éditorial ? Exprime-t-il la position du journal ?

D'un écrivain dont l'oeuvre témoigne du souci porté aux demi-teintes, on attendrait une "interpellation" d'une autre teneur à propos d'un conflit complexe qui ne pâtit que trop des imprécateurs et des donneurs de leçons. Mais voilà. Habité par un venin qu'il peine à contrôler (la réunion de ces deux termes : "zélote égaré", pour désigner Israël mériterait de figurer dans un florilège des métaphores antijuives), John Le Carré est à mille lieues ici de l'éthique de l'écrivain comme de celle du politique.

Son article est une charge contre le seul coupable et le seul responsable, selon lui, des malheurs du Proche-Orient : Israël. Il nous présente une puissante armée de soudards, dirigée par des chefs incultes et barbares, qui ravage le Liban. Elle serait d'ailleurs coutumière du fait. A partir d'une comptabilité morbide des pertes, John Le Carré montre le déséquilibre des forces, ce qui lui permet, sans y toucher, de monter en épingle l'arrogante puissance de l'Etat juif.

Sous le prétexte du rapt de deux soldats, voilà une horde enivrée par le plaisir de la destruction du pays voisin sans que par ailleurs ces destructions n'aient une quelconque efficacité militaire contre un ennemi bien plus faible et potentiellement sympathique. Cet ennemi, le Hezbollah, n'est jamais présenté. Son mentor iranien est lui aussi absent de l'"interpellation". Les méthodes de guerre du Hezbollah consistant à installer des sites de fusée Katioucha au coeur des populations civiles ne sont pas mentionnées par notre agent secret. Les déclarations du président iranien ("Israël doit être rayé de la carte"), de sa créature libanaise, leurs projets politiques, les bombardements répétés des localités du nord d'Israël, la volonté exterminatrice du chef du Hezbollah ou d'Ahmadinejad ne font pas partie des éléments culturels ou idéologiques pris en compte par notre expert en intelligence qu'est John Le Carré.

PAS UN MOT

Pas un mot non plus sur la complaisance ou la duplicité de cet Etat libanais, qui a laissé s'installer, contre sa propre souveraineté, le "Parti de Dieu" et son armée. Pas de renvoi non plus à la guerre libano-libanaise qui a ravagé ce pays pendant plus de dix ans. Pas un mot sur la mainmise de la Syrie sur le Liban, pas un mot sur l'assassinat de celles et ceux, journalistes libanais, qui avaient dénoncé cette colonisation. Pas un mot sur l'élimination des chrétiens d'Orient par les islamistes, sauf quand délibérément ils acceptent leur servitude. Pas un mot enfin sur les projets nucléaires de l'Iran.

Non, le seul fautif, c'est Israël. Le barbare, c'est Israël. Celui qui fabrique du terrorisme, c'est Israël. Israël a sûrement de grands torts, en premier lieu d'avoir sous-estimé les capacités militaires du Hezbollah. En Israël, l'heure est aujourd'hui à la recherche des causes internes qui ont mené à cette situation. Preuve, s'il en était besoin, de l'extraordinaire vitalité démocratique de ce pays. Mais quoi, la démocratie, autrement dit la liberté d'opinion, l'exercice de l'esprit critique, le statut des femmes, tout cela compte pour rien dans les options politiques de quelques grandes consciences européennes à la John Le Carré.

Pour ceux-là, triste tradition européenne, la liberté est un artefact. La vision de bataillons d'enfants armés et enrégimentés - ces membres de la Hitlerjugend à la sauce islamiste - hurlant à la destruction d'Israël ne les trouble pas le moins du monde. Et sans doute John Le Carré n'est-il pas loin de croire, pour paraphraser la formule célèbre de Churchill, que la disparition d'Israël calmera à tout jamais les appétits du crocodile islamiste, espérant de ce fait - pauvre espérance - que le crocodile négligera de s'attaquer à lui. En 1938, l'Europe, croyant pouvoir protéger son confort, a pactisé avec Hitler. Elle avait cru sans doute trouver dans le chancelier allemand un facteur de stabilité dans la région.

On connaît la formule de Churchill adressée à Neville Chamberlain après les accords de Munich : "Vous avez choisi le déshonneur pour éviter la guerre ; vous aurez la guerre avec le déshonneur." Face à l'islamisme radical, Israël est en première ligne. Tout comme, en 1938, les juifs se voyaient être la première proie désignée par le nazisme. On sait ce qui s'en est ensuivi pour l'humanité entière.

Le jour où le monde occidental prendra conscience que la paix et la démocratie sont des valeurs suffisamment chères pour mériter d'être défendues au prix de lourds sacrifices, alors sa vision d'Israël changera peut-être, mais ce sera un peu tard pour tout le monde.

Philippe Gumplowicz

universitaire
membre fondateur des Amis de La Paix maintenant

Marc Lefèvre

physicien
membre fondateur des Amis de La Paix maintenant

Pierre-André Taguieff

sociologue et politologue

Jacques Tarnero

chercheur

11 - à lire

11.1 - L'Immeuble Yacoubian : le livre ou " Dessine -moi un lapin"

Pourquoi faut-il lire le livre de Alaa-el Aswany ? Avant ou après le film ? A vous de choisir .
Mais s'il y a un livre pour comprendre la montée de l'islamisme , ici en Egypte mais aussi dans tous les pays arabo-musulmans , c'est celui-là .

L'immeuble Yacoubian , au Caire ( construit par un riche Arménien ) était le symbole de la riche bourgeoisie du Caire avant la révolution nassérienne ( 1952) . C'était l'élite de la société qui habitait l'immeuble Yacoubian , des ministres , des pachas , des industriels étrangers ..

Mais en 1970, l'Egypte sort du système socialiste instauré par Nasser et c'est une nouvelle classe qui habite l'immeuble Yacoubian . Les juifs et les étrangers ont quitté le pays .. Plusieurs personnages vivent sous nos yeux : le hadj Azzam me paraît assez emblématique de la transformation de cette société . Il est propriétaire de plusieurs magasins , halls d'exposition de voitures etc .. Il est salué bien bas par les employés et le petit peuple du Caire . Mais derrière la façade , le hadj a une autre activité plus lucrative : il est trafiquant de drogue !

Le millionnaire était , autrefois .. cireur de chaussures . Une scène décrit à merveille la corruption : le hadj Azzam sollicite l'accord d'un élu pour être à son tour ..élu ! Le prix de la transaction ? L'élu dessine ... un lapin . Dans le langage argotique , 1 lapin = 1 million de livres !

Il y a aussi Taha , le fils du concierge de l'immeuble Yacoubian . Il a beaucoup étudié pour être reçu au baccalauréat . Il veut intégrer l'école de police , mais il est refusé à partir du moment où il donne la profession de son père : Il est fils de concierge . C'est le commencement de sa révolte contre cet ordre injuste . Il rencontre un islamiste qui va utiliser la frustration de ce jeune paumé .. Et la suite est prévisible ... .. C'est l'attentat , la mort du policier et la mort de l'islamiste !

Le livre de Alaa-el Aswany , vous le lirez avec passion et ne l'oublierez pas . Il a été un choc en Egypte ( surtout que l'on évoque l'homosexualité , la prostitution et l'hypocrisie incroyable de la religion ) . Il n'a plu ni au gouvernement ni bien sûr .. aux islamistes!

Mireille Popelin

11.2 - " Les désarrois d'un jeune instit. ", de Kévin André

Encore un témoignage ! Un de plus. L'auteur aura été professeur des écoles durant trois années avant de démissionner.

Il avait pourtant trouvé sa voie dictée par le ciel puisqu'en ouvrant la Bible au hasard : " j'eus une illumination, un déclic : les enfants. Je venais de trouver ma voie : instit. "

Comme quoi les voix du seigneur sont impénétrables et parfois déroutantes !

Le début du livre donne le ton, " notre jeune instit " développe une orientation qui n'est pas la mienne, il prêche pour un renforcement du pouvoir des directeurs, véritables chefs d'établissement et de l'inspection avant de dénoncer l'existence de 32 000 enseignants " qui n'exercent pas leur métier devant une classe "... voici là un discours fort réactionnaire...

Donc j'ai eu envie de refermer ce " pensum " pour passer à autre chose mais... curiosité oblige, j'ai voulu rentabiliser mon achat et aller plus loin, jusqu'au bout....

Bien m'en a pris car si ce jeune enseignant ne partage pas mon point de vue, il apporte une contribution intéressante sur la difficulté du métier d'instit et sur la gabegie en cours.

Les jeunes ne sont, effectivement pas accompagnés.

Lâchés dans une classe, sans préparation, ils sont souvent déroutés : la " formation " à l'IUFM ne les ayant pas préparés à prendre en charge une classe en ZEP ou ailleurs....

Kévin André regrette le manque de solidarité et de soutien de la part de collègues anciens... C'est souvent vrai mais parfois les portes de communication entre les classes s'ouvrent pour se constitue un réseau d'échanges.

Je l'ai vécu moi-même quand au milieu des années 70 des collègues m'ont aidé à prendre la responsabilité du premier CP de ma carrière et quand quelques années plus tard, malgré mon ancienneté je prenais la classe la plus difficile pour soulager un jeune instit....

Nous avons été et nous sommes des milliers d'enseignants à refuser la hiérarchie, l'inspection - notation et à promouvoir un travail d'équipe.

J'ai trouvé, malgré son approche libérale, l'auteur de ce livre intéressant et même parfois percutant comme dans sa réflexion à propos de la " formation " en IUFM :

" ...Une fois confronté à sa classe, quelle frustration de constater que l'on n'y arrive pas. Trop de chahut, pas assez de concentration. On a l'impression d'être nul, de n'arriver à rien...En réalité, il y a un quiproquo permanent entre les super maîtres et les apprentis maîtres.

Il provient du fait que la formation traite seulement de la pédagogie sans intégrer la dimension relationnelle et psychologique du métier. Pourtant, la différence entre un maître-formateur et un jeune instit ne tient pas tant aux méthodes d'apprentissage qu'à la gestion de la classe. "

Mais justement cette " gestion de la classe " et la dimension " connaissance de l'enfant et de son développement " devraient être au c線r d'une qualification pédagogique digne de ce nom !

Kévin André a raison de regretter que la mémoire des enfants soit si peu sollicitée en classe et d'affirmer avec force :

" Encore une fois, la télévision a une telle force de frappe que, si l'école ne met pas le paquet aujourd'hui, notre culture sera bientôt morte. "

L'école publique va mal, ce n'est ni de la faute des enseignants ou des parents, ni même de la faute des syndicats pourtant tancés par le " jeune instit passionné "....

La question des moyens est importantes mais d'autres chantiers ouverts par des syndicats enseignants ou des groupes pédagogiques comme celui, relatif à la formation des maîtres se posent....

Ce sont les libéraux de toutes obédiences qui ont voulu détruire les écoles normales et instaurer la concurrence libérale entre les établissements au lieu de construire une école de la réussite...

Jean-François Chalot

12 - à voir

12.1 - BARAKAT !

Le premier Film de Djamila Sahraoui

Algérie, milieu des années 90.

AMEL tente tant bien que mal d'exercer son métier d'urgentiste et de vivre sa vie de jeune femme, malgré la guerre civile qui fait rage entre les islamistes et l'armée.

Un soir, de retour chez elle après une longue garde, elle constate la disparition de son mari journaliste.

Devant l'indifférence et l'inertie des autorités, Amel décide de partir à sa recherche. Elle est accompagnée de KHADIDJA, infirmière énergique et gouailleuse, qui dans sa jeunesse s'est illustrée aux côtés des héros de l'indépendance.

Au fil d'un périple incertain et périlleux dans les maquis islamistes, les deux femmes vont se découvrir l'une l'autre, en même temps qu'elles se confronteront aux lâchetés et aux contradictions des hommes de leur pays...

C'est aussi l'histoire de deux femmes, de deux générations et leur envie de résister, de se battre et de vivre dans une Algérie au bord du chaos.

Transmis par 20 ans Barakat

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