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  1. chronique d'Evariste
    1. Robert Redeker : Première victime de la fatwa en France, par Évariste
  2. combat laïque
    1. Nous ne laisserons pas mourir le "SALMAN RUSHDIE" marocain !, par Nicolas Pomiès
    2. L'édifiant exemple de Montpellier, par Robert Albarèdes
    3. En Bretagne, après la statue de J P 2, encore un cadeau à une institution catholique, par Roger Guillemot
  3. Ne pas tolérer les offensives islamistes
    1. Chronologie d'une provocation, par Fanny Et Frédéric Truchelut
    2. Lettre ouverte de l'Ufal de Haute-Garonne aux musulmans de notre département, par Jean Bourdrières
    3. Le point sur la pétition contre Hani Ramadan, par Michèle Vianès
  4. Pour le droit à la libre critique de tous les cultes
    1. Faut-il se féliciter que 88% des musulmans déclarent faire le ramadan en France ?, par Pascal Hilout
    2. Le droit à l'irrespect, par Michel Verdier
  5. Caniche de Bush
    1. Privatisation GDF : Sarkozy dans le texte, par Anonyme
    2. Nicolas Sarkozy, pour une théocratie à l'américaine, par Yann Barte
  6. Primaires socialistes
    1. Suspense : Yoyo à nouveau en retraite, quel candidat PS ?, par Jeanne Bourdillon
  7. combat social
    1. La privatisation de GDF ne doit pas avoir lieu, par Bernard Defaix, Christian Nguyen
  8. Sexisme et barbarie
    1. Reconnaissance de la dimension sexiste du crime dont a été victime Sohane, par Annie Sugier
  9. Proche-Orient
    1. Les visées des ayatollahs sur Jérusalem, par Mehdi Mozaffari
  10. à lire
    1. " La vie, la santé, l'amour sont précaires. Pourquoi le travail ne le serait-il pas ?" de Gérard Filoche, par Jean-François Chalot
    2. " L'affaire des caricatures, dessins et manipulations ", de Mohamed Sifaoui, par Jean-François Chalot
  11. Agenda

1 - chronique d'Evariste

1.1 - Robert Redeker : Première victime de la fatwa en France

Il y a tout juste un an, paraissaient dans le journal danois Jyllands-Posten douze caricatures de Mahomet. On sait ce qui s'ensuivit : menaces de mort, manifestations, émeutes, et un procès intenté au journal Charlie Hebdo qui, on s'en souvient, manifesta sa solidarité en publiant les caricatures dans un numéro sur lequel on pouvait voir Mahomet, version Cabu, déplorer " être aimé par des cons ". Un an après, c'est au tour d'un professeur de philosophie, R. Redeker, de se voir menacé de mort et forcé, avec toute sa famille, à la clandestinité. Quel crime a-t-il bien pu commettre pour voir sa vie basculer du jour au lendemain ? Quel acte scandaleux l'oblige aujourd'hui à abandonner ses classes ? Qu'a-t-il bien pu faire, enfin, pour mobiliser la DST, qui assure sa protection et celles de ses proches, ainsi que deux gendarmes, qui surveillent son domicile en permanence ?

Qu'est-ce qui lui vaut d'être le premier français à subir la fatwa ? R. Redeker a osé faire quelque chose de très grave, il a commis la pire des hérésies, il a osé transgresser la loi des bien-pensants : il a osé écrire dans le Figaro que le Coran était violent. R. Redeker est un impie : il a eu l'audace de critiquer une religion.

R. Redeker aurait dû écouter les bien-pensants, les donneurs de leçons, les gentils dévots : vous les connaissez, vous les avez vus à la télévision, ils sont aisément reconnaissables. Je les ai vus, encore aujourd'hui, sortir du bois pour évoquer, dans les journaux télévisés, l'affaire Redeker. Ils ont le style doucereux, ils prennent des airs contrits, ils lèvent les yeux au ciel, ils poussent des soupirs, ils font des ronds de jambe et ils finissent toujours par se prendre les pieds dans le tapis : " Vraiment, commencent-ils par dire, la violence, ce n'est pas bien, c'est même très mal, vous voyez, moi, je suis contre la violence. On est des gens civilisés, on est pour le dialogue : on condamne l'intégrisme. Mais, poursuit le gentil dévot, ce professeur de philosophie, tout de même, il est très radical ". C'est alors que le gentil dévot fait les gros yeux : " c'est tout de même lui qui les a provoqués ! Dans ce climat de tensions, on n'a pas idée de critiquer le coran. Je ne dis pas qu'il a mérité ces menaces de mort, mais, enfin, cela ne m'étonne guère". Comprenez : au fond, sa fatwa, il l'a bien cherchée. Il faut ménager la sensibilité des intégristes. Les gentils dévots aiment les nuances, mais celles-ci ne sont jamais que pudibonderies et jésuitismes. Un exemple : le gentil dévot se dit démocrate. Bien sûr, dit-il d'un air pénétré, il défend la liberté d'expression. Sauf que celle-ci doit s'arrêter devant le " respect des religions ". La religion, pas touche, c'est sacré. Il faudrait rappeller une évidence au gentil dévot qui se dit démocrate : la liberté d'expression a justement été conquise contre le respect des religions. Contre ceux qui affirmaient que la religion était chose sacrée, les promoteurs de la liberté d'expression revendiquaient le droit de critiquer la religion. Le gentil dévot est décidemment une conscience malheureuse : il ne veut surtout pas trancher, et oscille éternellement entre deux désirs contradictoires. Il veut et la liberté d'expression, et l'interdiction de critiquer la religion. C'est-à-dire la censure.

Ce que masquent les pieux discours des gentils dévots, c'est le visage féroce et hideux de tous ceux qui, depuis des siècles, par peur, se couchent devant un dieu quelconque et se racontent des histoires pour cacher leur lâcheté. Car n'allez pas croire qu'il n'y ait que les dignitaires religieux qui fassent office de gentils dévots. Quelques figures : gentil dévot, mais dévot féroce, cet élève de Seconde, interrogé par un journaliste de La dépêche du Midi, qui pense que ce professeur a tout de même un peu " abusé ".

Dévot féroce, le rédacteur de journal qui, après avoir publié un texte mal-pensant se précipite pour faire ses excuses. Dévot féroce, Mouloud Aounit, l'homme des basses oeuvres, qui élabore des stratégies judiciaires pour attaquer R. Redeker. Dévot féroce, cet homme de gauche, qui se dit " libre-penseur " et " anar ", qui aime se présenter comme un " bouffeur de curés " et qui, lorsque je lui demande s'il participerait à un comité de soutien de R. Redeker, fait la moue, se débine, car " quand même, son papier, dans le Figaro, il était pas très bon". Dévot féroce, Gilles de Robien, qui après s'être déclaré solidaire, suggère que R. Redeker est un fonctionnaire qui a manqué de modération et de prudence. Dévot féroce, cet enseignant qui, sous couvert d'anonymat bien sûr -les collabos sont toujours un peu honteux- avoue qu'il avait quelques soupçons. A en croire ce vigilant collègue, R. Redeker était un homme louche. Pensez ! : "Il a abordé à plusieurs reprises la question de l'islam en France et aimait attirer l'attention sur lui". Cela laissait présager le pire en effet. Odieuse petite cabale de dévots féroces, tous ces collègues du lycée de Saint-Orens-de-Gameville qui, au lieu de soutenir un homme condamné à mort pour avoir fait usage d'une liberté constitutionnelle, déplorent " la mention du lycée dans l'article ". Confondre à ce point la bassesse et la défense de l'honneur... La palme de la tartufferie revient peut-être à ce jouraliste de l'AFP, qui souligne perfidement que M. Redeker, " était loin de faire l'unanimité au sein des 1500 élèves et 200 membres du personnel " de son lycée. Détail rassurant sur sa position de professeur : seul un gourou est capable de produire une telle unanimité !

Pendant que les dévots jouent les idiots utiles des intégristes, pendant qu'ils ergotent sur son article, pendant qu'ils ouvrent un boulevard à l'extrême-droite qui ne devrait pas manquer l'occasion d'instrumentaliser cette affaire, R. Redeker ajoute son nom à la sinistre liste des victimes de la violence islamiste, après celui de Salman Rushdie, de Taslima Nasreen, de Zahra Kazemi, Aayan Hirsi Ali, de Théo Van Gogh, et de bien d'autres encore. Voilà un homme contraint de changer de résidence tous les deux jours, obligé de payer tous les frais que cette situation engendre, assigné à une existence de fantôme. Allez, j'ose une réflexion qui mérite la fatwa. J'ose être mal-pensant : du temps de Bernardo Gui, au moins, les hérétiques avaient droit à un procès. Aujourd'hui, en France, le blasphémateur est abandonné à l'état de nature : n'importe quel fou de Dieu peut le tuer n'importe quand et n'importe où. Tel est le sort de R. Redeker : vivre en sursit pendant que tout un peuple de dévots devise sur le respect des religions et maudit les vilains blasphémateurs.

Evariste est en contact avec Robert Redeker[1] et mettra un point d'honneur à lui transmettre tous les messages de soutien que vous souhaiterez lui faire parvenir.

Notes

[1] Erratum : R. Redeker n'a été "suspendu" de l'Education, comme Evariste l'avait indiqué dans sa dernière chronique (Respublica n°473). Par mesure conservatoire, et pour sa protection, sa hierarchie a jugé préférable qu'il cesse de remplir ses fonctions de professeur de philosophie.

Évariste Pour réagir aux articles,
écrire à evariste@gaucherepublicaine.org

2 - combat laïque

2.1 - Nous ne laisserons pas mourir le "SALMAN RUSHDIE" marocain !

Anas El Jazouli est l'organisateur de l'élection de la première Miss Maroc en 2002.

Dans cette monarchie, cette élection ne se résuma pas à une simple cérémonie car il s'agissait avant tout de question de liberté individuelle et de tolérance. 14 000 jeunes femmes marocaines ne s'y trompèrent pas et concoururent pour le titre de " Gazelle de l'Atlas ".

Cet engouement ne fut pas du goût des islamistes marocains et Anas El Jazouli fut victime d'une Fatwa de la part du cheick Abdeslam Yassine de l'organisation islamiste Al Adl wal Ihssane.

Le journal islamiste " Al Tajdid " qualifia alors Anas El Jazouli de " Salman Rusdhie marocain ".

Dés lors, il ne restait plus à Anas El Jazouli et sa famille qu'à rejoindre la France comme terre d'asile pour fuir les menaces grandissantes des intégristes.

Dès son arrivée dans notre pays, Anas El Jazouli continua son combat pour les libertés et les droits de l'Homme en créant ou participant à plusieurs associations. Président du Mouvement Laïc Marocain, président de l'Association des Opposants Marocains à l'Etranger, membre du Mouvement pour la Défense des Minorités au Maroc, membre du Manifeste des Libertés, Anas El Jazouli déploya un militantisme qui mérite le respect de tous les laïques.

Or Anas El Jazouli est aujourd'hui sous le coup d'un arrêté d'expulsion, victime lui aussi des mesures restrictives au droit d'asile orchestrées par le ministre de l'intérieur Sarkozy.

On imagine aisément ce qu'il adviendra de lui et de sa famille, pris en étau entre les islamistes et les services secrets de la monarchie marocaine, si ils sont expulsés dans leur pays d'origine.

Nous ne pouvons l'accepter !

Comme nous ne pouvons pas supporter qu'il continue de se mettre en danger par la grève de la faim qu'il a commencé depuis une dizaine de jours !

L'UNION DES FAMILLES LAÏQUES DE SEINE ET MARNE manifeste son soutien à la famille El Jazouli et appelle à la création d'une grande chaîne de solidarité en sa faveur en relayant l'information et en envoyant un message à solidariteeljazouli@ufal.org.

L'UFAL 77 demande l'annulation immédiate de l'arrêté d'expulsion visant cette famille Seine-Et-Marnaise de Montereau et exige que lui soient octroyés les papiers afin de lui garantir un avenir serein en France.

Nicolas Pomiès Pour l'UFAL de Seine et Marne

2.2 - L'édifiant exemple de Montpellier

Par jugement rendu le 30/06/06, le Tribunal Administratif de Montpellier a annulé, en s'appuyant sur l'article 2 de la loi de 1905, une délibération du conseil municipal de la ville (datée du 28/01/2002) qui finançait la construction " d'une salle polyvalente à caractère associatif et à vocation de réunions " dont il est apparu qu'elle était,en réalité, une mosquée destinée à l'usage d'une association musulmane de franco-marocains (" Le Monde " électronique du 26/09/06).

Il y a dans cet exemple la preuve de toute la duplicité déployée par des élus locaux et territoriaux (ici, PS et PC) pour transgresser la loi institutionnalisant la laïcité .... Et la vérification qu'il est (encore)possible de s'opposer à toutes les tentatives de détourner cette loi de son objet et de son but en exigeant la stricte application de ses principes essentiels définis, notamment, dans cet article 2... que le rapport " Machelon ", comme la proposition de loi du PS (en date du 29/06/06), souhaite effacer afin que l'argent public puisse servir à la construction et à l'entretien des lieux de culte , le rapport " Machelon " ( anticipé en cela par la pratique quotidienne des élus de toute sensibilité politique) proposant même que la notion de " lieu de culte " soit poussée jusqu'à y inclure celle de " lieu de culture et d'action sociale " . C'est d'ailleurs ce que confirment, dans l'article cité ci-dessus , et le responsable des cultes au ministère de l'intérieur et l'adjoint communiste montpelliérain en charge du dossier : la belle convergence que voilà !!!

Ainsi, à les suivre , l'argent des impôts locaux et territoriaux devrait servir à financer les mosquées et les " temples solaires " , les écoles coraniques et les conciles presbytériens, les structures sociales musulmanes et les associations charitables juives.... Comme s'il n'y avait rien de plus urgent, de plus utile à tous, de plus essentiel à chacun, à financer dans nos communes ! Comme si la pression fiscale locale et territoriale n'était pas suffisamment forte avec ses quatre échelons administratifs constituant autant de fiefs pour les " sommités " politiques ! Comme si la collectivité locale et territoriale n'avait pas assez à faire avec la promotion du bien de tous pour se charger de ce qui ne concerne que la croyance de certains !

Car là est l'essentiel : ce qui n'est que de certains ne peut s'imposer à tous, et l'argent public n'a pas à être dévolu à autre chose qu'à ce qui concerne l'ensemble. Imaginons ici les cris d'orfraie que pousseraient les croyants de toutes les religions si l'autorité de la République se mettait à financer la diffusion de l'humanisme athée ou à promouvoir de quelque manière l'agnosticisme, alors qu'ils représentent un français sur trois (soit dix fois plus que la déclarée deuxième religion de France).

L'initiative de la ville de Montpellier - à l'image des mêmes initiatives prises à Rennes, Evry, bientôt à Marseille. . .- conduit à justifier la destruction de l'article 2 de la loi de 1905 : " La République ne reconnaît aucun culte ", ce qui entraîne immédiatement la conséquence concrète : " elle n'en salarie ni subventionne aucun ".Tout est dit : il n'y a dans la République laïque ni athéisme officiel ni religion subventionnée ni croyance quelconque soutenue financièrement par la puissance publique.

La demande actuelle, explicite ou implicite, portée aussi bien par l'UMP de M. Sarkozy que par le PS de Mme Royal ou le PC de Mme Buffet ,d'effacer l'article 2 de la loi conduit, de fait, à vider la loi de sa substance et permettre aux églises de réinvestir l'espace public tout en préparant, concrètement, la dérive communautariste de notre société. Que pourrait signifier d'autre que ce financement public des lieux de culte musulmans dont on sait qu'ils sont accompagnés d'écoles coraniques et d'espaces à vocation d'encadrement social ? Que pourrait-il signifier d'autre, sinon de faire correspondre à un espace politique européen déstructurant la Nation (Ah ! les appels à une totale régionalisation lancés par Mme Royal !) une société éclatée à l'anglo-saxonne où le choc des communautés s'imposerait au combat politique et social ?

Que pourrait-il signifier d'autre, sinon de soustraire à la responsabilité publique des fonctions d'enseignement et de santé (par exemple) dévolues alors à des structures confessionnelles ?

Face aux dérives actuelles, face aux dangers qui apparaissent, face à la collusion implicite de ceux qui prétendent gouverner, il ne reste à ceux qui souhaitent maintenir et renforcer le socle laïque de notre République (parce que, dans une société de plus en plus complexe c'est le seul moyen de mettre en équilibre chacun face au tout , et le tout dans toutes ses composantes sans que l'une ne domine l'autre) qu'à se rassembler pour porter la question de la laïcité au cur du débat électoral et obliger les responsables politiques à garantir l'un des principes essentiels et fondateurs de notre République.

2.3 - En Bretagne, après la statue de J P 2, encore un cadeau à une institution catholique

Une salle en amphitéâtre de 250 places baptisée "Théâtre des arts vivants" est le cadeau des collectivités loclaes et trritoriales bretonnes au Centre de Formation Pèdagogique catholique du Morbihan.

Cette salle a été inaugurée et bénie par l'évêque de Vannes en présence de Mr François GOULARD, ministre des Universités et de la Recherche et de nombreux élus.Pour cette bénédiction la salle était archi pleine.

Quand M. Pena-Ruiz vient à Vannes dans les locaux des archives départementales, invité par le Conseil Général, traiter de la Laïcité, il n'y a qu'un modete auditoire de 30 personnes.

Pour réaliser ce projet d'un coût total de 1 200 000euros, cette salle a bénéficié de subventions du Conseil Général (330 000euros), du Conseil Régional (150 00euros offerts par un président qui se dit laïque) et de la communauté d'agglomération (60 000euros).

Voilà où passe l'argent public, et après ces responsables des collectivités augmentent allègrement les impôts locaux sous prétexte que leurs charges s'alourdissent.

Quand on sait que 63 communes du Morbihan les citoyens français ne disposent pas d'école laïque,on regrette amèrement à la pensée qu'avec cette somme nos élus représentant d'une République Laïque auraient pu nous en ouvrir quelques unes

Extrait d'un article dans Ouest France édition Pays de Vannes

Roger Guillemot

3 - Ne pas tolérer les offensives islamistes

3.1 - Chronologie d'une provocation

Jeudi 17 août 2006 après-midi

Un journaliste de L'Est Républicain appelle à notre domicile. Il ne se présente pas. Il m'assaille (Fanny) de questions à propos du gîte dont j'aurais " refoulé 2 femmes voilées ". Il est très agressif, il est même menaçant me disant " vous allez voir, une plainte a été déposée, vous n'êtes pas sorti de cette affaire, vous risquez gros ". Je réponds, mais je lui interdit de mentionner mes propos et que si plainte il y a, je parlerai de cette histoire au tribunal et non à un journaliste.

Vendredi 18 août 2006

Je prends le train à 9 h à Remiremont avec mes 2 enfants pour les accompagner à Aix en Provence chez leur grande sur pour une semaine de vacance.

Mon mari m'appelle sur mon portable il me dit qu'une radio vient d'appeler, qu'un article est passé dans l'Est Républicain. A la gare de Nancy où je change de train, j'achète le journal. Le titre en première page : " discrimination raciale dans un gîte de vacances vosgien ".

Dès 14 h, les télés (TF1 - France2 - France3 - Canal+ - RTL) sont venues à notre domicile, les journaux, les radios ont téléphoné, plusieurs fois pour certaines. Comme pour l'Est Républicain, nous avons interdit à tous de mentionner nos propos, certains l'ont fait, d'autres pas.

Parce que certains médias ne respectant rien ni personne ont relayé cette information, un déchaînement médiatique incroyable s'en est suivi. Notre nom a été cité partout, nous sommes traînés dans la boue, traités de racistes, nous tombons des nues.

Notre version de l'histoire

Horia Demiati repère notre gîte sur internet. Elle a lu les explications (salle de convivialité, donc rencontre avec d'autres personnes) et vu les photos de notre site (en particulier celle de la salle de bains où il y a une femme en maillot peinte sur le mur).

Elle nous téléphone, nous l'informons que nous ne louons pas ce gîte cet été, nous faisons des travaux d'isolation dedans. Elle insiste, téléphone plusieurs fois, nous cédons en louant le gîte. J'explique de nouveau le fonctionnement de la maison, et je dis toujours aux gens qui appellent cette phrase : " si vous ne voulez pas côtoyer d'autres personnes, ne venez pas chez nous ". Horia Demiati savait donc exactement où elle venait.

Elle réserve par internet du vendredi 11 août au mardi 15 août, soit 4 jours. Je lui transmets le bulletin de réservation par mail, elle m'adresse par courrier un chèque d'arrhes reçu le 4 août, que je n'ai pas encaissé.

Ils arrivent le vendredi 11 vers 14 h. J'ai fait entrer la famille dans la maison, deux femmes étaient voilées et portaient djellabas. J'ai fait part de mon étonnement du port du voile à la plus jeune qui se trouve être Horia Demiati, j'ai expliqué qu'une autre famille (de Marseille) occupait l'autre gîte, que je ne connaissais pas leur sentiment sur ce sujet et que par égard pour eux, et par égard pour nos enfants et nous car nous sommes laïques, j'ai demandé qu'elles retirent leurs voiles dans toutes les parties communes de la maison.

Elles ont toutes les deux refusé catégoriquement. Horia Demiati me traitant d'intolérante, me disant que je devrais apprendre ce que sont les femmes voilées. Elle a poursuivi en me disant que dans ces conditions, la famille ne pouvait pas rester, elle m'a demandé de rendre les arrhes. Je me suis absentée pour aller chercher le chèque qui se trouvait dans le bureau au 1er étage, mon mari est resté seul avec eux. C'est un homme (35 ans environ) qui a pris la parole en disant à mon mari qu'il utiliserait tous les moyens contre nous, il a ajouté " je vais latté, je vais latté " ensuite ils ont parlé en arabe, je suis revenue, j'ai rendu le chèque. Ils sont partis.

Tout ceci a duré moins de 5 minutes, c'était le vendredi 11 août 2006.

Horia Demiati a dit au journaliste de l'Est Républicain, qu'elle voulait faire passer des vacances exceptionnelles à ses parents. Pourquoi avoir choisi notre gîte, quelque peu " mécréant " au regard de l'islam (photo de la dame en maillot sur le mur), Elle ajoute : " on ne fait pas ça (le port du voile) par provocation, c'est une question de croyance ". Porte t'elle le voile partout et en toute circonstance ?

Passé l'effet de surprise sur ce déchaînement médiatique, nous avons commencé à avoir quelques soupçons, en particulier que le choix de notre gîte n'était pas un hasard (ex : l'insistance de la famille pour louer, la brièveté de la conversation, le choix du week-end - le 15 août -).

Un élément supplémentaire a renforcé nos soupçons, à savoir :

Le 21 août, un internaute nous transmet un message dont il ressort ceci: " Horia Demiati est la belle-soeur de Nasser Demiati " qui est :

En dehors du CV ci-dessus, il suffit de taper Nasser Demiati sur Google, nous retrouvons ce personnage dans bien d'autres endroits.

Signataire de nombreuses pétitions (ex : nous sommes les indigènes de la République ou oui à la laïcité, non aux lois d'exception).

Son nom est associé à divers " groupes " ou " associations ".. Il milite pour le port du voile à l'école.

La pétition pour le port du voile à l'école - OUI A LA LAICITE, NON AUX LOIS D'EXCEPTION signée par Nasser Demiati (http://lmsi.net) - que dit-elle :

" La laïcité, telle que la définissent les lois de 1881, 1882 et 1886, est une obligation qui concerne les locaux, les programmes scolaires et le personnel enseignant, et non les élèves. Aux élèves s'imposent des règles comme l'assiduité à tous les cours ou le respect d'autrui, mais il n'est pas légitime de multiplier les exigences pour les jeunes en formation ".

plus loin :

L'exclusion des élèves voilées s'inscrit dans une surenchère punitive,.......venant redoubler toutes les injustices que subissent déjà, dans leurs quartiers, les jeunes des milieux populaires ".

Je suis issue (Fanny) du " milieu populaire " puisque je viens d'un village ouvrier (comme les quartiers d'aujourd'hui). Dans la rue où j'habitais, il y avait 54 enfants pour 7 familles.

Concernant notre maison/gîte, achetée en avril 2003, (ancienne colonie de vacances abandonnée depuis 25 ans), nous la restaurons seuls mon mari et moi pour créer un lieu qui se veut :

Nous pouvons donc légitimement avec tout cela, nous poser des questions sur les intentions de la famille DEMIATI envers notre famille et envers un sujet de société à part entière qu'est le port du voile.

Nous ne sommes cependant adhérents à aucun parti, nous votons à chaque élection. Les 4 enfants ne sont pas baptisés. Nous sommes profondément laïques et attachés aux libertés.

Les internautes (avec tous les mails de soutien que nous avons déjà reçu - environ 250) ne sont pas trompés, à travers nous, c'est la République et la laïcité qui avons fait l'objet d'une énième et non dernière provocation.

Aussi, continuez à nous soutenir, nous en aurons besoin pour le procès qui aura certainement lieu (date non connue).

Fanny Et Frédéric Truchelut

3.2 - Lettre ouverte de l'Ufal de Haute-Garonne aux musulmans de notre département

Suite à l'article de la Dépêche du Midi du 27 septembre " Le prof de philo menacé par des islamistes " l'Union des Familles Laïques de la Haute-Garonne demande aux musulmans français de notre département de se prononcer contre les menaces proférées contre Robert Redeker à la suite de sa tribune libre parue dans le Figaro du 19 septembre.

Parce que beaucoup sont dans nos rangs, parce que nous les côtoyons souvent dans nos combats militants, nous savons que la grande majorité est attachée à la laïcité.

Le moment est venu de faire entendre votre voix ou bien courir le risque d'être assimilés aux islamistes intégristes qui ne sont qu'une poignée.

Il est inadmissible que dans un pays dit " de droit " nous ne puissions pas exprimer nos idées librement.

C'est votre responsabilité que de démontrer que l'islam ne fait pas l'exaltation de la violence et de la haine.

Nous savons, mes amis, que nous pouvons compter sur vous.

Jean Bourdrières Président de l'UFAL de la Haute-Garonne

3.3 - Le point sur la pétition contre Hani Ramadan

Chères amies, chers amis,

Vous êtes très nombreux et nombreuses à participer à cette action citoyenne, indispensable aujourd'hui. Nous aurions sans doute pu utiliser un site de pétition en ligne, mais cela aurait été plus anonyme et ne nous aurait pas permis d'avoir vos messages personnels très sympathique et encourageants, vos informations et d'échanger avec vous.

Vous avez été très nombreux à les signer en tant que citoyen ou citoyenne, l'un d'entre vous a ajouté "un citoyen très triste". Nous lui avons répondu immédiatement pour lui remonter le moral. Nous sommes une vrai association 1901, toutes bénévoles, donc nous ne trouvons pas toujours le temps de vous répondre personnellement comme nous le souhaitons. Nous les gardons tous et nous vous transmettons juste celui de Aziz Sahiri "aziz sahiri doctorant en economie pol .eco .soc.educateur -specialise.president du mouvement des laiques musulmans de france.m.l.mf. ces personnages nous ont declares la guerre de la pensee .de la consience ....des valeurs humaines . moi je suis entre en resistance .... la catastrophe arrive .. . alors en heritier des f.f.i et f.t.p . j anticipe ... aziz"

Voici l'état de la pétition avec les signatures arrivées jusqu'au 26 septembre. Ce matin nous avons reçu de très nombreuses signatures qui seront rentrées dans la journée.

Les médias ont relayé, dépêche de l'AFP le lundi après-midi, interview radios RMC Info, et les radios lyonnaises :radio-scoop, Chérie FM, radio espace, télés France 3 journal régional, TLM, presse écrite Le Progrès hier,L'Humanité de ce matin, d'autres quotidiens nationaux demain, ...

Les journalistes n'ont pas eu d'interlocuteurs de l'UJM (pas de responsables présents!). le lien pour accéder au site a été changé par l'UJM, voici celui qui fonctionnait hier : http://www.ujm.fr/shatibi/index.php

Nous avons contacté le sénateur maire de Lyon Gérard Collomb et Christian Philip le député de la circonscription où se situe Tawhid pour leur demander d'interroger le ministre de l'intérieur.

Nous vous tiendrons au courant.

Pour la suite, il faut continuer à recueillir des signatures (nom, profession ou engagement citoyen, ville ou département) et prévoir des actions si les politiques tardent à réagir. Le 1er cours de Hani Ramadan est prévu le 14 octobre. Nous sommes à l'écoute de vos suggestions.

A très bientôt,

Michèle Vianès Présidente de Regards de Femmes
Auteur de " Un voile sur la République " Stock, et " Les islamistes en manoeuvre Silence, on manipule "
Editions Hors Commerce

4 - Pour le droit à la libre critique de tous les cultes

4.1 - Faut-il se féliciter que 88% des musulmans déclarent faire le ramadan en France ?

D'après un sondage CSA, réalisé pour le magazine " La Vie ", 88% des musulmans déclarent faire le ramadan. C'est un indice de plus que l'islam classique et archaïque a bien repris du poil de la bête en France.

Comme tout enfant qui imite son entourage musulman, j'ai fait le ramadan dès mon jeune âge. Dès environ 12 ans, les enfants s'évertuent à montrer qu'ils sont tout à fait capables de s'abstenir de manger et même de boire ; de l'aube au coucher du soleil. Les enfants musulmans, comme tous les enfants du monde, veulent à tout prix démontrer qu'ils sont presque adultes. Et on y arrive même dans un pays chaud comme le Maroc !

Mais hélas, j'avais vite déchanté lorsque, adolescent, j'ai observé attentivement ce qui se pratiquait sous couvert " d'abstinence et d'abnégation ". Ah l'hypocrisie bien drapée de bons sentiments, de charité et de convivialité !

Avec quelles séquelles, les musulmanes et les musulmans s'abstiennent-ils de boire, même lorsque ramadan tombe en plein été ? Quelles sont les conséquences sur le sommeil et la vie sociale dans les quartiers lorsqu'on prend son petit déjeuner au coucher du soleil, son déjeuner à minuit et son dîner juste avant l'aube, pour tenir le coup toute la journée ? En tout cas je sais que notre sommeil d'enfants en était complètement cassé et qu'en journée, nous étions complètement fatigués.

Pour le reste, Dieu seul sait, car nos lâches médecins et les sociologues n'oseraient pas contredire une pratique sociale (devenue religieuse) plusieurs fois millénaire et adoptée aussi par l'islam. En France, le ministère de la santé nous a bassiné avec son " faut boire Mme Denise ! " durant tout l'été, alors qu'on sait qu'il y a des enfants musulmans qui se déshydratent toute la journée dans nos collèges et dans nos lycées sans déclencher de plan de détresse (une campagne sous le slogan " Le cerveau - c'est 78% d'eau ! " serait autrement plus intelligente ).

Et dire que le Dr Boubakeur, médecin de son état, se réjouit du taux de cette pratique telle qu'elle est sortie de la nuit des temps, sans prescrire aux musulmans au moins de boire de l'eau plate. Ce qui, franchement, n'a rien d'un plaisir, ni gustatif ni culinaire.

Mais en fait de jeûne musulman, il ne s'agit, ni plus ni moins, que d'une inversion des rythmes digestifs et du sommeil. On mange et on boit très bien pendant le ramadan et même plus copieusement que d'habitude ! Il n'y a qu'à considérer les sucreries, les produits laitiers et les riches plats de viande, consommés pendant ce mois-là, pour se rendre à l'évidence que c'est un mois de fête et de bombance. Les plaisirs de la chair ne sont pas de reste ! Evidement, il y a un petit inconvénient pour ceux et celles qui sont du matin : ils doivent s'activer bien avant l'aurore.

Toute la vie est déplacée vers la nuit pour qu'on puisse digérer et somnoler tranquillement pendant la journée ! Les nuits du ramadan sont très animées. C'est un bon prétexte pour faire la " teuf ". La vie nocturne devient animée et même agitée, les journées, par contre, deviennent tristes et mornes. Si on se voile pas la face, on peut aisément le constater dans nos quartiers, dans nos établissements scolaires et sur la place du marché.

Les marchands du temple ne peuvent que se réjouir de ces chiffres : 88% ! (voir à ce titre les déclarations enthousiastes de M. Boubakeur au quotidien "Le Parisien" du 23/09/2006). Ils savent qu'il y a autant de clients pour leurs boucheries halal et moins pour le supermarché d'à côté, celui qui vend du porc dans le même rayon que le reste de la viande. Les marchands du temple, les promoteurs du cacher et du halal ne peuvent qu'éprouver de la joie lorsqu'ils apprennent que leurs communautés respectives sont mieux soudées. Ils ne se poseront jamais la question si ces pratiques ne renforcent pas un peu plus l'entre-soi, les ghettos de l'auto-exclusion et éloignent de nous tout espoir d'assimilation.

Mais ceux qui aspirent à la construction d'une communauté nationale et humaine

ceux qui préconisent une réduction de la consommation en journée et pendant la nuit pour mieux aider les laissés pour compte, ceux-là ne peuvent pas se réjouir du renforcement des communautés religieuses à l'ancienne, fussent-elles ma ou nos communautés d'origine.

Quant aux âmes charitables et de bonne foi, je leur dis simplement qu'il est beaucoup plus sain de manger et de dormir correctement tout en étant solidaire par le porte-monaie avec les nécessiteux à qui votre jeûne n'est d'aucune utilité. A moins que vous n'ayez trop de graisse et que vous en profitiez pour faire un vrai régime pendant le ramadan !

Pascal Hilout nouvel-islam.org

4.2 - Le droit à l'irrespect

L'affaire des caricatures parues dans la presse danoise a mis en évidence la propension qu'ont les religions à s'offusquer facilement de toute atteinte envers ce qui concerne, de près ou de loin, leur(s) croyance(s).

De même nombre de pratiquants d'une religion, ou seulement conditionnés par elle, se disent indignés de voir leur(s) idole(s) tournée(s) en ridicule.

Blasphème ! Blasphème ! entend-on, mais pour blasphémer encore faut-il admettre la valeur de l'idole ou du dieu en tant que tel.

En la circonstance, il s'agit bien souvent d'une raillerie envers une croyance ou ce qui la représente.

Chaque être humain a le droit au respect de ses semblables et de croire en ce qu'il veut. Cela n'implique pas qu'il faille agir de même pour toute croyance, qu'elle soit servie ou non par une religion.

Les croyances religieuses tiennent plus souvent des habitudes inculquées aux "fidèles" que du libre arbitre de ceux-ci. Choisit-on librement sa religion et les coutumes qui en découlent suivant que l'on naît à Londres, Bagdad ou Pékin, voire même Belgrade, Sarajevo ou Zagreb.

Qu'il y a-t-il de moins respectueux des croyances d'autrui que toutes ces religions qui ont méprisé et jeté l'anathème sur celles qui les ont précédées, qui se sont entre-déchirées pendant des siècles au mépris des croyants de tous bords.

Pourquoi devrait-on respecter des religions (ou des idéologies) responsables d'une multitude de morts dans le monde. Laissons aux historiens le soin de comptabiliser les exterminations programmées au nom de toutes ces croyances, religieuses ou non.

Alors que tous ces maîtres à penser respectent ceux qui ne pensent pas comme eux, dont je suis et au nom desquels je réclame le droit à l'ironie et à l'irrespect, ce qui ne tue personne, contrairement aux assassinats perpétués au nom de prétendus sacrilèges, de Jeanne d'Arc (eh oui !) aux femmes adultères africaines, en passant par Jean Calas ou le Chevalier de la Barre.

Michel Verdier Auteur de quelques livres irrespectueux, comme :
"Bande de brêles" ou "Ils nous ont pris pour des dieux".

5 - Caniche de Bush

5.1 - Privatisation GDF : Sarkozy dans le texte

" Je le redis avec force : conformément aux engagements du Président de la République et du Gouvernement, EDF et Gaz de France ne seront pas privatisées.

Mieux, le Gouvernement acceptera l'amendement du rapporteur portant de 50 % à 70 % le taux de détention minimum du capital des entreprises.

Alors, vous me direz : " qu'est-ce qui garantit que la loi ne permettra pas de privatiser plus tard ? "

La réponse est simple : il n'y aura pas de privatisation parce qu'EDF, c'est le nucléaire et qu'une centrale nucléaire, ce n'est pas un central téléphonique ! Un gouvernement ne prendra jamais le risque de privatiser l'opérateur des centrales nucléaires. "

Nicolas Sarkozy, intervention du 16 juin 2004 à l'Assemblée Nationale

Anonyme

5.2 - Nicolas Sarkozy, pour une théocratie à l'américaine

Très imprégné de ce qui se passe aux Etats-Unis, Nicolas Sarkozy a mis le fait religieux au centre du débat politique, en contradiction totale avec ce qu'est la France aujourd'hui, très largement déconfessionnalisée. Pour lui, la religion est "comme une source d'apaisement utile au fonctionnement de la République. "

Ultra communautariste et adepte du "tout religieux"

Nicolas Sarkozy n'hésite d'ailleurs pas à opposer les valeurs religieuses aux valeurs républicaines : " La dimension morale est plus solide, plus enracinée lorsqu'elle procède d'une démarche spirituelle, religieuse, plutôt que lorsqu'elle cherche sa source dans le débat politique ou dans le modèle républicain. " écrit-il dans "la Religion, la République, l'espérance". " la République (...) ignore le bien et le mal. Elle défend la règle, la loi sans la rattacher à un ordre moral " écrit-il encore. La religion serait-elle seule source de valeurs morales ?

Si ces déclarations enthousiasment Christine Boutin - "c'est la première fois depuis longtemps qu'un homme politique de premier plan affirme que la religion a valeur de civilisation" dit-elle - à l'UMP, certains font la grimace.

Très imprégné de la droite bushiste dans son rapport à la religion

Sarkozy a une conception très anglo saxonne de la laïcité. Il croit aussi à la discrimination positive, en référence au système mis en place aux Etats-Unis pour aider les minorités défavorisées. Et lorsqu'il parle de minorités, c'est toujours confessionnelles. "Zinedine Zidane et le football, c'est formidable, mais ça ne suffit pas. Les musulmans de France sont capables aussi d'avoir des hauts fonctionnaires, des chercheurs, des médecins, des professeurs". Sarkozy définit ainsi toujours les Maghrébins uniquement par la référence religieuse dont il fait un référent identitaire, un peu comme Tariq Ramadan. De même, il réduit les problèmes de l'intégration à celui de l'islam. Rien d'étonnant alors à ce qu'il préfère faire appel aux imams qu'aux travailleurs sociaux à chaque flambée des banlieues. Intégrer les intégristes serait pour lui le meilleur moyen de favoriser l'intégration..

Sarkozy a une véritable facination pour ces sociétés anglo-saxonnes anti universalistes où l'on vente la juxtaposition des communautés.A tel point qu'il n'est plus toujours très sûr d'être Français : " Je suis un étranger dans mon propre pays " dira-t-il d'ailleurs (discours à Columbia, 04/10/04).

La loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat au kärcher !

Nicolas Sarkozy, c'est d'abord un adversaire de la loi de 1905 de séparation de l'Eglise et de l'Etat. Et même s'il ne parle que de "toiletter" la loi, pour que l'Etat puisse financer et entretenir des lieux de culte, c'est bien au principe meme de cette loi qu'il s'attaque. M Sarkozy souhaite notamment supprimer l'article 2 de la loi de 1905, "la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte", mettant ainsi en péril l'équilibre fragile qui a tenu près d'un siècle.

Avec le CFCM, Sarkozy vend l'islam de France aux intégristes

Le Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) est la plus désolante création de Nicolas Sarkozy. Un véritable cadeau empoisonné à l'adresse des musulmans de France ! En l'associant à la naissance du (CFCM), Nicolas Sarkozy a cautionné dès le départ l'organisation intégriste de l'UOIF (branche française des Frères musulmans). Ce choix relève d'un calcul bien mauvais : " Je suis convaincu que lorsqu'un 'radical' est intégré dans une structure officielle, il perd de sa radicalité " dit Sarkozy. Pari perdu ! Les intégristes n'ont pris que plus d'assurance et gagné une légitimité qu'ils n'auraient probablement jamais eu autrement. Le discours, lui, n'a pas varié d'un iota.

Les plus

Nicolas Sarkozy a été particulièrement clair et ferme lors de l'affaire des caricatures du prophète : " Je préfère l'excès de caricature à l'excès de censure " a-t-il déclaré, rappelant que la liberté d'expression est un principe démocratique non négociable. Il a jugé par ailleurs l'attitude de celui qui a pris la décision de révoquer le directeur de la publication de France Soir après la publication des caricarures, peu conforme " à une pratique démocratique normale " au regard de la liberté de la presse.

Mais face aux responsables religieux, N. Sarkozy peut tenir un discours légèrement différent : "Ne cédez pas au terrorisme de la pensée unique. Ne vous laissez pas moquer, diffamer, insulter. (...) Parfois, je regrette la frilosité de certains hommes d'Eglise. Vous n'avez pas à vous excuser de ce que vous croyez. Il est normal de prendre part au débat public. Si vous croyez, vous devez parler, prendre parti, partager." Sans être nécessairement contradictoires, ces deux déclarations mises côte à côte laissent perplexe...

Nicolas Sarkozy sait qui est Tariq Ramadan et sait aussi quelquefois déceler et dénoncer son double discours. Ils partagent cependant ce même désir de s'attaquer à la laicité, dénonçant ce qu'ils appellent tous deux l'"intégrisme laïque". Les deux hommes désignent les citoyens par leur confession : arabe est pour eux synonyme de "musulman".

Les moins

Le choix même de société : le modèle anglo-saxon de multiculturalisme (ou mutlicommunautarisme) institutionnel. Une véritable menace pour la tradition républicaine française et une atteinte au principe de laïcité et à la norme juridico-politique d'égalité de tous les citoyens devant la loi.

Il pousse vers ce modèle anglo-saxon, avec comme argument l'échec des banlieues. "Le modèle républicain a failli, ça ne peut pas être pire " dit-il. Si, ça peut etre pire ! En France ce ne sont heureusement que des voitures et des bâtiments qui ont brûlé, alors que dans les pays à modèles communautaires anglo-saxons, les émeutes urbaines sont l'occasion d'affrontements ethniques. On n'en est heureusement pas encore là, mais on pourrait bien y venir à pousser vers toujours plus de communautarisme.

Nicolas Sarkozy veut ainsi "toiletter" la loi de 1905 de séparation de l'Eglise et de l'Etat. Mais en s'attaquant au principe meme de la loi (la séparation de l'Etat et des religions quant au finacement des lieux de culte), c'est bien sa suppression qu'il demande. Pour lui, la laïcité telle définit dans la loi est une laïcité "intransigeante". Comme nombre d'intégristes, N. Sarkozy en appelle à une "laïcité moderne". Le principe laïque n'est il pas déjà moderne en soi ?

De plus, il récuse la distinction entre sphère publique et sphère privée : "Il n'y a pas deux vies. Comme si la part de soi la plus intime et la plus intéressante, il fallait l'abandonner jusqu'au samedi matin et au dimanche soir inclus. Le domaine de vie privée n'a pas de sens. C'est le domaine de la vie tout court."

Une gestion religieuse des conflits. Sarkozy négocie la paix sociale avec les prédicateurs islamistes. Les imams deviennent les interlocuteurs privilégiés à chaque problème de banlieues. L'Etat se décharge ainsi sur la religion.

Avec le CFCM, il asseoit les intégristes à la table de République et laisse l'UOIF et la FNMF devenir les représentants de l'islam de France à jeu égal avec la Mosquée de Paris. Il reçoit le "secte symbole" de la Scientologie, Tom Cruise. Sarkozy dit n'avoir parlé avec lui que " cinéma et relations franco-américaines" ce qui a été contredit par Tom Cruise lui-même lors d'une conférence de presse : "Nous avons parlé de tout, de scientologie, de cinéma, de vie familiale". Inquiétant : Sarkozy plaide dans son livre pour que la France cesse de faire l'amalgame entre sectes et "nouveaux mouvements spirituels". Une prise de position qui ne peut que réjouir les sectes comme la Scientologie.

Il pratique partout le clientélisme communautaire. Nicolas Sarkozy, reçoit le prix de la tolérance du Centre Simon Wiesenthal pour son action contre l'antisémitisme et se rend huit jours plus tard à l'Assemblée générale annuelle de l'UOIF... cette même UOIF que le Centre Wiesenthal considère comme violemment antisémite !

Dans le cadre de ses fonctions ministérielles, Nicolas sarkozy exécute lors d'une cérémonie officielle un signe de croix " ostensible ". Il n'a que faire des scrupules "laïcards". Concernant la constitution européenne, N. Sarkozy se déclare aussi favorable à une référence aux racines chrétiennes, se démarquant à nouveau de l'ensemble de la classe politique française. (voir article Sarkozy l'allié anti laïque européen).

Yann Barte [vigilance-laique.over-blog.com/|vigilance-laique.over-blog.com/]

6 - Primaires socialistes

6.1 - Suspense : Yoyo à nouveau en retraite, quel candidat PS ?

Le retraité de la politique de 2002, qui était sorti une première fois de son inactivité en mai 2005, pour nous convaincre de voter oui au traité communautariste et libéral du TCE, vient de déclarer définitivement forfait pour la course à la candidature PS, après avoir longtemps cru qu'il pourrait être le fédérateur du camp " Tous sauf Ségolène ". Au-delà de cette nouvelle retraite définitive, comment Lionel Jospin a-t-il cru un seul instant que son retour était possible, et surtout souhaitable, après avoir pris deux terribles déculottées, celle du 21 avril, et celle du 29 mai ? Mystère de l'autisme des apparatchiks totalement déconnectés des réalités.

Les candidats ont donc jusqu'au 3 octobre pour se présenter. On sait aujourd'hui que Strauss-Kahn ira jusqu'au bout, ainsi que Fabius.

Quelques-uns ont laissé entendre que le scénario demandé pitoyablement par Henri Emmanuelli pouvait se réaliser aujourd'hui : Ségolène se retire, et François se sacrifie pour l'intérêt général, et présente la candidature rassembleuse qui sauve l'unité du parti ! Pathétique et pitoyable, Henri Emmanuelli mérité mieux que de proférer de telles énormités !

Nul ne sait encore si Lang va aller au bout, ou bien se vendre à celui qui lui promettra un poste digne du statut qu'il croit mériter : au moins premier ministre ! A part cela, un candidat lucide ferait tout pour ne pas avoir un boulet pareil dans ses valises.

Et Martine, qui devait se retirer pour soutenir Yoyo, que va-t-elle faire, maintenant ? Déjà que les Lillois n'en veulent plus, mais elle risquerait, si elle allait au bout, de voir que sa popularité à Solférino est encore plus faible qu'à Lille. A part cela, Martine, qui méprise tout le monde, sauf elle, va-t-elle devoir se rallier à son vieil adversaire Strauss-Kahn, voire à Fabius, sachant que pour elle se rallier à Ségolène serait aller à Canossa ?

Quant à Fabius, il a déjà annoncé, avec ses mots à lui, que les élections seraient truquées. Pour un homme qui a longtemps dirigé l'appareil du PS, et qui tient nombre de fédérations déterminantes du PS, il doit savoir de quoi il parle.

Il n'empêche que les vrais socialistes, tatoués à l'oreille, ceux qui depuis des années sont de toutes les campagnes, qui collent des affiches, distribuent des tracts, doivent se poser des questions. Déjà que lors des votes, les militants voyaient arriver des adhérents qu'ils n'avaient jamais vus, mais qui étaient nombreux, et votaient toujours pour la majorité.

Mais avec l'adhésion à 20 euros, on est dans le prêt-à-voter de la politique. Génération zapping, consommation immédiate, je paie le droit de voter, je vote, avec des droits, et sans devoir, cela c'est moderne, coco !.

Sans tomber dans le militantisme élitiste de certains groupes trotskystes, où celui qui ne connaît pas par cur la vie de Trotsky, l'histoire de la dégénérescence stalinienne de la révolution russe, et tous les textes des grands ancêtres ne peut jamais adhérer, comment peut-on accepter que des dizaines de milliers de militants puissent voter à une élection interne sans avoir jamais milité, et seulement acquitté 20 euros de cotisations ? C'est la porte ouverte à toutes les manipulations, le même genre d'escroquerie que le vote de n'importe quel citoyen, comme en Italie, pour désigner un Prodi candidat de la gauche.

N'importe qui peut donc, par une manuvre bien orchestrée, déterminer quel serait le candidat du PS, et peut-être celui de toute la gauche au deuxième tour, si le scénario de 2002 ne se reproduit pas. Est-ce bien sérieux ? Est-ce cela la culture d'un parti ?

Au-delà du retrait de Lionel Jospin, il n'en demeure pas moins une évidence : Laurent Fabius n'a pratiquement aucune chance, or, il est le seul candidat à avoir appelé à voter non au TCE, comme 55 % des Français, et 58 % des électeurs socialistes. Lui et ses supporters n'ont aucune autre stratégie que de se montrer bons perdants, et monnayer des postes contre leur soutien lors de la campagne présidentielle, où il va être difficile à certains de coller des affiches avec le sourire irrésistible de la présidente de Charentes-Poitou.

Le vainqueur sera donc très probablement un candidat dont les choix ont été rejetés par le peuple le 21 avril 2002, et aussi spectaculairement le 29 mai.

Le vainqueur dira donc oui, si il est élu, au traité constitutionnel,et à la politique européenne, que le peuple français a massivement rejeté.

Voilà le brillant résultat de la synthèse votée par presque tous les socialistes du non au dernier congrès, Arnaud Montebourg et le courant Filoche-Dolez exceptés.

La direction du oui-PS, groggy par le résultat du 29 mai, a limité les dégâts, tandis que du côté du " non socialiste ", chacun s'est éparpillé par opportunisme derrière son présidentiable préféré.

Il ne restait plus qu'à Julien Dray d'orchestrer l'opération Ségolène, de rallier des personnalités respectables comme Arnaud Montebourg ou Yvette Roudy, les secrétaires fédéraux et ceux qui ont toujours préféré jouer les gagnants et leur carrière que les convictions..

Et voilà comment, avec un jeu extraordinaire au soir du 29 mai, on se fait rouler dans la farine, par plus malin que soi.

Jeanne Bourdillon

7 - combat social

7.1 - La privatisation de GDF ne doit pas avoir lieu

Cher(e)s ami(e)s,

Le vote à l'assemblée nationale de l'article qui consiste à ramener à un tiers du capital la participation de l'état dans GDF pour permettre la fusion du groupe gazier avec Suez doit nous pousser à réagir avec force et détermination.

Si nous devions laisser cette fusion se réaliser, elle continuera par une attaque en règle d'EDF (puisque Suez est également producteur d'électricité) ce qui entraînera une dérégulation générale des tarifs et des prestations, entraînant de fait une inégalité entre les citoyens.

L'opinion selon laquelle la maîtrise de l'énergie et du droit pour toutes et tous d'accéder dans l'égalité à ce bien vital doit rester entièrement publique est largement majoritaire dans ce pays. Beaucoup, même à l'UMP, pensent qu'il ne faut pas privatiser GDF et qu'au contraire il faut créer un grand pôle public de l'énergie en fusIonnant EDF et GDF.

Que le gouvernement et le parti dominant à l'Assemblée Nationale, même divisé, passent en force et que la loi privatisant GDF par la fusion avec le groupe SUEZ soit votée, ce qui n'est pas encore fait, ne concluera pas l'affaire : on l' a bien vu avec le CPE !!!

La mobilisation contre ce mauvais coup qui livre un bien public vital à des intérêts privés, doit encore s'amplifier, et les énormes possibilités de convergences se concrètiser pour permettre une expression encore plus massive du refus et de l'exigence de l'alternative en faveur du service public. (vous pouvez signer la pétition intersyndicale)

Le 28 septembre, c'est le service public de l'éducation qui se mobilisera. Il s'agit bien là aussi de crier haut et fort la volonté de défendre et de développer LE service public, en tant que pierre angulaire des valeurs d'égalité et de solidarité. La volonté est forte de faire converger l'ensemble des luttes et cette journée proprement dite "éducation" doit pouvoir trouver des relais avec celles des autres secteurs.

La journée intersyndicale d'action du 3 octobre (voir pièce jointe) doit être une étape réussie pour faire du samedi 14 octobre une grande manifestation dans tout le pays. Nous y afficherons toutes et tous ensemble notre détermination à imposer une autre politique de services publics et notre volonté d'en faire un thème central du débat politique dans le contexte électoral.

Il ne s'agit pas comme aiment le claironner les "modernisateurs" de tous poils d'opposer le public au privé, mais belle et bien d'un enjeu de société. Comme le disait Claude Debons (Fondation Copernic) lors du débat sur la privatisation d'EDF l'année dernière : "Le service public doit être défendu car il est le patrimoine commun de ceux qui n'ont pas de patrimoine individuel ".

C'est CLAIR , LA LUTTE CONTINUE et la privatisation de GDF N'AURA PAS LIEU!

Que partout les Collectifs qui se réclament de la défense et du développement des services publics, de leur extension et de leur démocratisation, relaient cette déclaration et contribuent au succès du 3 octobre et de la journée du 14 qui doit voir rassemblés salariés, usagers, forces politiques, syndicales, associatives, au nom de l'intérêt général et des droits.

Fraternellement

Bernard Defaix Pour Convergence des Collectifs [www.v-s-p.org]

Christian Nguyen

8 - Sexisme et barbarie

8.1 - Reconnaissance de la dimension sexiste du crime dont a été victime Sohane

Pour la première fois en France des associations de défense du droit des femmes réussissent à faire reconnaître la dimension sexiste d'un crime de barbarie à l'encontre d'une femme et leur constitution en tant que partie civile est considérée comme recevable et bien fondée.

La Cour d'assise de Créteil examinait le lundi 18 septembre les demandes en indemnisation des parties civiles et la recevabilité de la constitution de partie civile des associations : La Ligue du Droit des Femmes (LDF) et La Ligue Du Droit International Des Femmes (LDIF).

L'audience civile faisait suite au procès qui s'était déroulé du 31 mars au 7 avril 2006 et qui s'était conclu par la condamnation, à 25 ans de prison pour crime de torture et de barbarie commis sur Sohane, morte brûlée vive le 4 octobre 2002 à Vitry sur Seine, pour l'auteur principal des faits Jamal DERRAR, et à 8 ans pour son complice Tony ROCCA (ce dernier a fait appel de l'arrêt depuis).

La Cour a considéré comme recevable et bien fondée la constitution de partie civile des deux associations en reconnaissant la dimension sexiste du crime commis par Jamal DERRAR avec la complicité de Tony ROCCA. La Cour a relevé comme éléments sexistes l'interdiction faite à Sohane d'avoir accès à la cité et la punition qui lui a été infligée devant des témoins exclusivement féminins. Il est à souligner que les débats ont été remarquablement menés par la présidente, Janine DRAI. Il faut également noter que l'Avocat Général, Jean-Paul CONTENT, a mis en évidence dans son réquisitoire ainsi que dans son intervention lors de l'audience civile, le caractère éminemment sexiste des faits reprochés à Jamal DERRAR et à Tony ROCCA.

Les associations étaient représentées par Annie Sugier, présidente de la LDIF et fondatrice, avec Simone de Beauvoir, des deux associations ainsi que par leur avocate M Linda Weil-Curiel.

Annie Sugier Présidente de la LDIF

9 - Proche-Orient

9.1 - Les visées des ayatollahs sur Jérusalem

Les atermoiements répétitifs des autorités islamistes de Téhéran, leur politique délibérément ambivalente, ainsi que leur discours anti-israélien très appuyé, se placent dans une perspective stratégique plus large. Les Iraniens auraient-ils une stratégie déterminée, et si oui, en quoi consisterait-elle ? Les contours d'une stratégie semblent bien se dessiner.

Il suffit d'étudier les discours des ayatollahs (de Khomeiny à Khamenei), d'observer les islamistes du monde entier qui se retrouvent lors de congrès tenus à Téhéran, de s'interroger enfin sur le généreux financement d'organisations islamistes armées par le régime. Enfin, le puzzle est complété par les efforts extraordinaires déployés par le gouvernement de Téhéran en vue d'obtenir la bombe atomique.

Le République Islamique vise à construire un empire islamique qui s'érigerait en une nouvelle superpuissance. Cela, aux yeux de beaucoup, paraîtrait une simple utopie. Mais il faut se rappeler que l'utopie a toujours été un facteur important, sinon déterminant, dans la gestion des relations internationales par les régimes totalitaires.

Il suffit de penser à l'utopie de la dictature du prolétariat, ou à l'utopie de la suprématie de la race aryenne. Le régime iranien ne fait pas exception à la règle. Aux sceptiques, il suffit de rappeler que les dirigeants du régime iranien eux-mêmes n'ont jamais caché leurs ambitions de rendre á l'Ummah islamique sa gloire d'antan, de se venger des humiliations par les mécréants.

Pour atteindre cet objectif, les Iraniens détiennent des atouts qui ne sont pas négligeables. Trois fois plus grand que la France, le pays est situé dans une région hautement stratégique. La majorité de ses soixante-dix millions d'habitants ont moins de vingt-cinq ans. De surcroît, l'Iran possède d'immenses ressources pétrolières (10 % des réserves mondiales prouvées), et se place au deuxième rang mondial (après la Russie) pour ce qui concerne les réserves de gaz naturel. Néanmoins, les autorités iraniennes sont handicapées par un certain nombre de facteurs. Premier obstacle significatif à la réalisation du rêve hégémonique et cuménique : le pouvoir iranien est shiite et non arabe. A cela s'ajoute la banalité de Téhéran, qui n'est pas une ville sainte comme la Mecque, Médine ou Jérusalem. Les deux villes saintes qui se trouvent en Iran, Qum et Mashhad, ne sont saintes que pour les shiites. Téhéran n'a même pas le prestige de villes comme Bagdad, Damas, le Caire ou Istanbul.

Pour surmonter ces obstacles, les Iraniens, ont misé sur la solidarité avec les déshérités (mustazafin) non seulement shiites, mais aussi sunnites, et même non-musulmans. Ensuite, afin d'effacer quelque peu leur iranité, ils n'ont eu de cesser d'exprimer leurs attachement indéfectible à la cause et à la culture arabe. Sur cette lancée, le gouvernement iranien a même évoqué récemment le désir de déposer sa candidature à la Ligue arabe. Le prétendant a été poliment éconduit par les responsables arabes.

Il reste la conquête des lieux saints ; élément indispensable pour tout prétendant à la suprématie islamique. Dès la révolution islamiste de février 1979, les ayatollahs avaient l'intention de libérer la Mecque et Médine du joug des Saoudiens, et Jérusalem de l'occupation sioniste. Cette intention se manifestait à travers les déclarations flamboyantes de l'ayatollah Khomeiny contre la monarchie saoudite, les grandes émeutes provoquées par les pèlerins iraniens au hajj de la Mecque, les diverses tentatives de déstabilisation de l'Arabie saoudite par les actes terroristes.

Echaudés par l'échec de ces tentatives, les successeurs de Khomeiny ont fait un volte-face, en assainissant de manière substantielle leurs relations avec les autorités saoudites. La prise des deux premières villes saintes s'étant révélée impossible, il restait la troisième ville sainte islamique : Jérusalem. Ainsi, la grande machine de propagande iranienne est dirigée contre Israël, et les fonds continuent à couler vers Hamas et d'autres organisations extrémistes palestiniennes. Car dans la perspective du régime iranien, la disparition d'Israël est la pré-condition de la libération de Jérusalem.

La tactique mise en place est tout à fait simple : il s'agit d'encercler Israël, du sud par le Hamas, du nord par le Hizbollah, de l'est par la Syrie. Actions financées, combattants armées par les pétro-dollars iraniens. La possession de la bombe atomique par l'Iran islamiste n'est qu'un instrument de plus pour atteindre cet objectif. Il serait difficile de trouver d'autres explications à l'hostilité si véhémente et persistante des autorités iraniennes à l'égard d'Israël. L'Iran, pays non arabe, n'a jamais été ni en guerre ni en conflit avec Israël. De même, Israël n'a jamais porté atteinte, ni à l'intégrité territoriale, ni aux intérêts nationaux de l'Iran. Bien au contraire. Un Iran puissant, capable d'endiguer les ambitions arabes, ne serait pas un désavantage pour Israël. Mais la République Islamique aspire plus haut que le rôle de puissance régionale. A l'instar de dirigeants de régimes totalitaires passés, les ayatollahs nourrissent des rêves d'hégémonie sans limites.

Les projets totalitaires du passé ont été contrecarrés grâce à la résolution et à l'unité des démocraties. Dans le cas de l'Iran, il est grand temps que les pays démocratiques font preuve de la même fermeté. L'expérience a montré que les compromissions de circonstance ne sont que de faux remèdes.

Mehdi Mozaffari

10 - à lire

10.1 - " La vie, la santé, l'amour sont précaires. Pourquoi le travail ne le serait-il pas ?" de Gérard Filoche

Jean-Claude Gawsewitch Editeur

Parution le 5 octobre 2006

285 pages-18 euros

Le code du travail a été plus d'une fois détricoté par la droite mais aujourd'hui, ceux qui détiennent tous les leviers veulent aller jusqu'au bout, c'est à dire mettre à bas tout édifice : Supprimer à terme les CDI, remettre en cause la durée légale du travail, instituer des SMIC de branches, voire de régions, limiter et contrôler l'action del'inspection du travail... la liste n'est pas exhaustive..

Gérard Filoche a passé des vacances studieuses et fort utiles, notamment pour toutes celles et tous ceux, syndicalistes, militants ouvriers qui peuvent, en lisant ce livre, mieux connaître les projets du MEDEF et de la Droite en ce qui concerne le Code du travail.

Pour tous les grands patrons et commis du Capital, l'objectif est clair, net, il leur faut mettre fin au droit du travail. Comme l'explique très bien l'auteur de ce livre :

" Il y a des différences entre la gauche et la droite : avec la gauche, les salariés n'ont, il est vrai, pas tout ce qu'ils veulent, alors qu'avec la droite ils ont tout ce qu'ils ne veulent pas, sans exception. "

L'auteur reprend dans le titre de ce livre une partie d'une phrase prononcée par la présidente du MEDEF, Madame Parisot qui est hostile " aux 35h : elle l'est aussi aux 39 h ou aux 40 h, parce qu'elle est tout simplement opposée à toute durée légale du travail ", elle est aussi hostile " aux contrats à durée indéterminée et à toutes ces obligations qui incombent aux employeurs "...

Quand " la gauche " était au pouvoir, le patronat avec sa fameuse refondation sociale a réussi à entraîner les centrales syndicales vers huit chantiers de débat...Les interminables séances de travail ont permis d'occuper le terrain, voire de diviser le front de l'unité syndicale, déjà fort branlant.

Les projets du MEDEF sont présentés et analysés et sa stratégie dévoilée dans ce livre....

Aujourd'hui Madame Parisot demande le changement de l'article 34 de la Constitution française afin que les élus ne puissent plus légiférer sur le droit du travail et la protection sociale...

Gérard Filoche ne montre pas seulement qu'il connaît les textes, il analyse la situation sociale d'une manière pertinente et convaincante...

Si les travailleurs, les jeunes et les familles ont réussi à obtenir le retrait du CPE, ils n'ont fait que gagner une bataille décisive certes mais qui n'est qu'une première manche.

Nicolas Sarkozy, soutenu par le patronat annonce qu'il veut rompre avec le " modèle social français ". Lui et ses amis nous préparent le corporatisme et le communautarisme.

Gérard Filoche nous offre là un document exceptionnel, émaillé de données chiffrées. Il montre, preuves à l'appui que la régression généralisée nous guette si une contre offensive sociale et politique n'est pas organisée. C'est tout le principe de la protection sociale que le MEDEF et la droite, intimement liés veulent remettre en cause.

Jean-François Chalot

10.2 - " L'affaire des caricatures, dessins et manipulations ", de Mohamed Sifaoui

Editions " privé "

Septembre 2006

178 pages

18 euros

L'auteur, journaliste n'est pas aimé des islamistes . En effet il a le tort d'être un musulman anti intégriste...et surtout d'écrire et de s'exprimer contre l'obscurantisme.

Après avoir publié plusieurs ouvrages contre les organisations terroristes et leurs soutiens, il récidive ici avec une enquête fouillée sur l'affaire des caricatures.

La couverture du livre donne le ton :

On y voit des barbus qui trient des dessins . Le " prophète " qui les observe a droit à une légende : " Mahomet s'exprime enfin ! "

Que dit Mahomet ?: " Les premiers à insulter la religion musulmane sont ceux qui tuent des innocents au nom de l'islam ! "....

Comme l'écrit Mohamed Sifaoui, la très grande majorité des musulmans ne se reconnaît pas dans l'intolérance, la haine de l'autre et les violences.

Toute l'affaire commence au Danemark avec la publication par " le Jyllands-Posten " de dessins.

" La demande du journal, faut-il le rappeler, était claire. Il s'agissait de laisser chaque caricaturiste dessiner le prophète de l'islam comme il le voyait. En réalité, à bien regarder la démarche du journal danois, celle-ci visait davantage à mesurer le niveau de l'autocensure chez les dessinateurs qu'à choquer les musulmans. "

Avec un peu de retard à l'allumage, retard peut être calculé, les intégristes danois ont construit une machine infernale, conçue pour manipuler l'opinion et mobiliser les musulmans " radicaux " du monde entier...

La manipulation était grossière, puisque de nouvelles caricatures dont on ne connaît pas l'origine ont été jointes à celles parues dans le journal danois afin de faire croire qu'il s'agissait d'une campagne raciste...

Certains s'y sont laissé prendre....Les états musulmans dits modérés pour plaire à leurs opinions publiques ont jeté de l'huile sur le feu et partout des actes de violence contre les danois et les pays nordiques ont été orchestrés.

La campagne de boycott contre les produits nordiques organisée par les intégristes permet de montrer au grand public le " vrai visage " de groupes financiers.

" Interrogé par des journalistes de l'AFP, le leader français des produits laitiers, Danone, a fait savoir, lui, qu'il " ne commercialisait pas de produits danois" ; Ouf ! "

Mohamed Sifaoui nous raconte son enquête au Danemark, sa rencontre avec les " protagonistes " .

Il arrive même à filmer une déclaration d'un islamiste qui menace de mort le député danois Naser Khader !?

C'est toute son enquête qui est ici présentée ainsi que les réactions plus que frileuses de nombreux politiciens...

Même à gauche, certains ne sont pas prêts à soutenir Charlie Hebdo poursuivi en justice par l'ami de Chirac, le " modéré " Boubakeur...La droite, elle, s'apprête à déposer une proposition de loi visant à qualifier " d'injure toute attaque contre les fondements d'une religion, et notamment par le biais de dessins " !

Les intégristes menacent, tuent même et dans le " pays des droits de l'homme " des prétendus républicains s'apprêtent à instaurer un délit de blasphème...

" S'il est clair qu'on va tenter d'accuser les journalistes et les caricaturistes de Charlie Hebdo, de racisme et d'" islamophobie ", de quoi pourrait-on alors accuser les musulmans qui ont déjà apporté leur soutien à la publication et qui ne cesseront de le faire ?

La question sera posée certainement pendant quelques mois. "

Jean-François Chalot

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