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  1. chronique d'Evariste
    1. Chirac, le cauchemar de Sarkozy, par Évariste
  2. Débat autour du soutien à Robert Redeker
    1. Une partie de la gauche face à l'affaire Redeker, par Caroline Brancher
  3. Droit à la sureté
    1. Je me souviens des émeutes de New-York, par Gérard Témin
  4. élections présidentielles 2007
    1. La religion, service public ? Cinq questions à Nicolas Sarkozy, par Henri Pena Ruiz
  5. extrême-droite catholique
    1. Xavier Dor en toute liberté, par Tristan Mendes-France
  6. Ne pas tolérer les offensives islamistes
    1. Réflexions sur les élections communales et provinciales en Belgique du 8 octobre 2006 et le vote ethnoreligieux, par Guillaume
    2. Une dessinatrice de Rivarol primée par la République islamique d'Iran, par Jean Sarfaty
    3. Et le gagnant est..., par La Paix Maintenant
    4. Ouest-France fait l'éloge du voile islamique subventionné, par Luc Douillard
  7. Sectes
    1. Le gouvernement n'est pas si sectaire avec les sectes, par Isabelle Barré
  8. débats républicains
    1. Souveraineté, souverainisme et nationalisme, par Jacques Sapir
    2. Trois coups de gueule : Machelon, la délinquance et l'esprit soixante-huitard, par L. S.
  9. combat social
    1. Pouvoir d'achat, question centrale, par Gérard Filoche
    2. Chômage : Vérité quand les chiffres parlent ... la réalité est diffèrente !, par Comité ATTAC Val D'Oise Sud-Est
  10. société
    1. Défendre une langue qui unit tous les Français, la langue de la République, par Régis Ravat
  11. à lire
    1. Ils sont votre épouvante, et vous êtes leur crainte, de Thierry Jonquet, par Pierre Cassen
  12. Agenda

1 - chronique d'Evariste

1.1 - Chirac, le cauchemar de Sarkozy

"Il ne faut jamais se moquer des Vieux", avais-je titré dans une chronique, pendant la Coupe du Monde, faisant allusion aux joueurs de l'équipe de France, que certains chambraient à cause de leurs vieilles jambes. Il est aujourd'hui de bon ton, dans le landernau politique, d'ironiser sur l'âge du président de la République. Jospin l'avait fait, il y a six ans, et cela ne lui avait pas réussi. Dans son interview au "Figaro", du mardi 31 octobre, Chirac a laissé entendre, pour la première fois aussi nettement, qu'il n'excluait aucunement de se présenter en 2007.

Certains verront peut-être le dernier soubresaut d'un homme usé, et ne prendront pas au sérieux une seule seconde les propos de l'hôte de l'Elysée.

L'avenir leur donnera peut-être raison.

Mais on ne peut, malgré tout, occulter totalement la présence possible du chef de l'Etat, et une nouvelle primaire à droite, entre Chirac et Sarkozy, à côté de laquelle la guerre civile qui avait opposé Balladur au maire de Paris, entre 1994 et 1995, ne serait qu'une aimable plaisanterie.

Pourquoi ? Parce que la politique est faite par des hommes, et qu'en général, les "Vieux" n'aiment pas céder la place à des jeunes qui les trahis, ou qu'ils haïssent, ou les deux à la fois.

L'émission de Patrick Rotman, diffusé l'autre soir à la télévision, a fait de Chirac un portrait parfois discutable de "radical-socialiste", de faux homme de gauche. Mais il a montré, par contre, parfaitement, le côté tueur du personnage, et son inégalable capacité à aller au combat pour gagner, par tous les moyens. Chirac est un guerrier hors pair, Chaban en 1974, les barons gaullistes en 1976, Giscard en 1981, Barre en 1988, Balladur en 1995 et Jospin en 2002 en ont fait les frais, et il ne faut surtout pas le prendre pour plus "con" qu'il n'est.

Il ne pardonnera jamais à Nicolas Sarkozy, en qui il voyait son fils spirituel, chez qui il avait placé toute sa confiance, sa trahison de 1994, et ses provocations depuis que l'ancien pestiféré de l'UMP a pris le parti, et postule au pouvoir suprême en France.

Depuis des années, Chirac a une obsession : faire perdre "le Nain" (c'est ainsi que Villepin parle de Sarkozy). Mais il a un problème sérieux : tous ses plans ont échoué. Sarkozy tient le parti, donc les investitures pour les législatives de 2007, et les municipales qui vont suivre. Cela aide pour avoir des alliés, ce n'est pas Hollande qui dira le contraire. Tous ceux sur qui il comptait pour affaiblir le maire de Neuilly ont eu de sérieux problèmes : Juppé vient juste de retrouver sa mairie de Bordeaux, Gaymard n'est pas prêt de se remettre de ses 600 mètres carrés, Villepin est gravement amoché par le CPE, et seule Alliot-Marie a l'air de croire qu'elle peut être la Ségolène de l'UMP.

Qui donc, mieux que Chirac, peut provoquer la chute de Sarkozy ? Chirac doit avoir deux fers au feu, sachant que l'objectif est de planter Sarkozy. Soit la situation internationale, à travers une crise grave, style guerre de Bush en Irak, lui donne un créneau, et alors il foncera. Soit il ne sentira pas l'intérêt de perdre une dernière bataille, et il ne la mènera pas frontalement, mais utilisera l'artillerie lourde contre Sarkozy.

Chirac n'a certes aucune conviction, mais il sait utiliser l'air du temps.

Sans aucun état d'âme, en 1995, il avait joué une partition gauchiste, débordant un Jospin bien timoré sur sa gauche, avec le coup de la fracture sociale.

Je le verrai bien, lui qui a torpillé l'héritage du gaullisme depuis des années, nous rejouer une partition gaulliste, républicaine et laïque, pour prendre le contre-pied du communautariste Sarkozy, fasciné par le modèle anglo-saxon.

Et le pire est qu'il peut être bon, sur ce sujet ! Rappelons-nous Bernard Thibault disant, en écoutant Chirac, que s'il n'avait pas su qui il était, il l'aurait applaudi ! N'oublions pas les discours du chef de l'Etat, dans les sommets internationaux, où parfois il déborderait presque Attac.

Il connaît la faiblesse de Sarkozy, et l'angle d'attaque : c'est l'homme des Etats-Unis, celui qui veut faire de la France le cinquante-deuxième Etat de la bannière étoilée, le "Caniche de Bush", comme dirait Fabius. On peut lui faire confiance, il va cogner, et faire cogner les siens, comme une brute, car cela sera le talon d'Achille du ministre de l'Intérieur.

Chirac va se redécouvrir laïque, puisque Sarkozy veut en finir avec la laïcité. Il est capable de faire du "Respublica" s'il le faut. Il peut reprendre ses remarquables intonations d'un certain 11 décembre 2003, quand il annoncé que la France allait se doter d'une loi contre les signes religieux à l'école. Il va dire que les conclusions de la commission Machelon seraient une grave remise en cause de la séparation des Eglises et de l'Etat, et qu'il ne laissera pas l'héritage de la République partir en fumée.

Il va parler de la République une et indivisible, et expliquer qu'il ne veut pas d'une mosaïque de communautés, porteuse d'affrontements inter-ethniques en France.

Bref, pendant que la tension monte chez les socialistes, après les peu élégants sifflets des supporters de Strauss-Kahn contre Ségolène Royal et Laurent Fabius au Zenith, Chirac rêve tout haut qu'il sera celui qui empêchera le maire de Neuilly de gagner l'Elysée.

Mitterrand a dû éprouver un plaisir sadique à briser lentement, méthodiquement, la carrière de Rocard. Le coup de la candidature Tapie aux Européennes a été, au point de vue politicien, du grand art. Nul doute que Chirac, qui a beaucoup appris au contact d'un homme qui le fascinait, aimerait bien faire subir à Sarkozy ce que le "Vieux" a fait endurer à Rocard, avec le même succès.

Mais le maire de Neuilly n'est pas du même moule que l'ancien maire de Conflans, et il rêve de faire au vieillissant président de la République ce que le jeune Chirac avait fait aux vieux barons gaullistes : les nettoyer définitivement !

Bref, comme disait l'inoubliable Marchais, quand il tirait à boulets rouges sur le PS, dans les années 1980, l'union est un combat !

Reste la question que personne ne pose du côté de tous ces partisans du oui : on répond comment au vote des Français, le 29 mai, et à leur refus de voir notre modèle républicain disparaître dans une Europe à vingt-cinq et bientôt à trente ?

Évariste Pour réagir aux articles,
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2 - Débat autour du soutien à Robert Redeker

2.1 - Une partie de la gauche face à l'affaire Redeker

Un mois après la parution de la tribune de Robert Redeker dans le Figaro, la réaction d'une partie de la gauche, par sa haine et sa vindicte, mérite aujourd'hui d'être soulignée. Voici une revue de presse :

Dans plusieurs articles, Redeker est systématiquement accusé de "racisme pur et simple" [1], de "haine aveugle" [2] , d'être "plus sioniste que sioniste" [3] . Redeker aurait proféré des "injures racistes" [4] et aurait fait preuve d'une "violente islamophobie" [5] Les tribunes de Redeker seraient un "concentré de haine anti-musulman" [6] et sèmeraient la "haine entre les citoyens" [7]

Dans son texte paru sur Le Grand Soir Info, Leïla Salem, à défaut de démonter point par point les arguments de Robert Redeker comme on l'attendrait de n'importe quel débat, s'adonne à des attaques personnelles contre le philosophe, attaques basses et abjectes.

Le titre de son article "le philosophe qui voulait péter plus haut que son c.." [8] laissait déjà présager une Leïla Salem décidément tombée plus bas que terre.

Pour elle, Redeker serait donc "médiocre" [9] , "imbu de sa personne" [10], "arrogant" [11] , "égocentrique" [12] .. Leïla Salem précise que Redeker aurait "terrorisé" [13] les élèves du lycée où il enseigne (rien que ça)

Ce serait un "intégriste de la vedettariat et de la publicité" [14] : à en croire Leïla Salem, Redeker, en mal de célébrité, n'aurait cherché qu'à faire parler de lui. Théo Van Gogh, criblé de balles, poignardé et égorgé en pleine rue pour les mêmes raisons que Robert Redeker est aujourd'hui menacé de mort, était-il en mal de célébrité lui aussi ? Leïla Salem oublie bien sûr de préciser que l'envie de célébrité peut se payer bien cher ... aussi bien pour Théo Van Gogh qui l'a payé de sa vie que pour Robert Redeker aujourd'hui réfugié politique dans son propre pays .. N'en déplaise à Leïla Salem, cette célébrité là n'est enviée par personne ...

Toujours dans le texte de Leïla Salem, les "intellectuels de la "gauche" ultra-libérale" [15] (comprendre par là les intellectuels de la gauche Républicaine et laïque qui combattent tout les intégrismes aussi bien que tous les racismes) seraient quant à eux des "promoteurs de la guerre des civilisations" [16]...

Leïla Salem lance également des attaques mensongères et diffamantes envers la journaliste Caroline Fourest. Caroline Fourest est en effet accusée d'être une "islamophobe patentée" [17] qui aurait notamment profité de l'affaire Redeker pour renouveler "sa haine et son racisme anti-musulman à haute voix et sans aucun complexe" [18] au cours des différents débats télévisés qui ont suivis.

Rappelons que Caroline Fourest a, dans son livre "Tirs Croisés" [19], dénoncé l'intégrisme musulman au même titre que les intégrismes juif et chrétien ... mais y a également démenti la théorie du choc des civilisations ... Dans ses ouvrages, Caroline Fourest a toujours pris le soin de distinguer l'islam de l'islamisme et de rappeler que la majorité des musulmans européens pratiquent un islam tolérant parfaitement soluble dans nos démocraties. ... Leïla Salem a bien sûr oublié ses précisions de taille : finalement, dénoncer l'intégrisme revient pour elle à de la haine anti-musulmane ... Bel amalgame.

Mais le fond de la bêtise n'a pas encore été atteint (Leïla Salem a en effet beaucoup de ressources) :

Plus bas, Leïla Salem fait passer les musulmans pour d'éternelles victimes (discours que l'on ne retrouve que sur les pires sites islamistes du net [20]) : elle affirme que, lors des débats télévisés , "les méchants ennemis de la liberté d'expression" [21] auraient été désignés comme étant les musulmans. Cette affirmation n'est qu'un mensonge de plus. Ce sont les fanatiques qui ont été unanimement désignés comme les ennemis de la liberté ! [22]

Les médias, qui ont parlé de l'affaire Redeker, sont quant à eux accusés d'avoir "rallumé le feu" [23]

Selon Leïla Salem, les médias sont "des organisations aux pratiques totalitaires liées entre elles par des objectifs et des intérêts communs inavoués" [24] ; la théorie du complot, régulièrement étalée sur les sites islamistes [25], n'est décidément pas bien loin.

Par ailleurs, dans notre démocratie, n'est-il pas légitime que le fait qu'un homme soit menacé de mort pour avoir écrit un article soulève l'indignation ? C'est la non réaction des médias et des intellectuels (qui se sont mobilisés autour de Redeker pour défendre sa liberté de parole) qui aurait été inquiétante !

Selon Leïla Salem, les médias "ont favorisé la pensée unique et ont réussi à tuer l'esprit critique" [26]. Plutôt pas mal pour quelqu'un qui ne sait même pas faire la différence entre sionisme, critique de l'islam, dénonciation de l'intégrisme et appel à la haine envers les musulmans ... Enfin, c 'est toujours amusant de voir quelqu'un dénoncer les amalgames quand cette même personne n'est elle même pas à un amalgame près.

Dans un communiqué du MRAP [27] , son président Mouloud Aounit condamne la "diatribe violente" [28] de Redeker qui contribuerait selon lui à renforcer les amalgames "musulman-fanatique-violent-terroriste" [29] Le président du MRAP a bien sûr oublié que les premiers responsables de cet amalgame sont d'abord ceux qui justifient la barbarie au nom de l'islam ... comme ce mufti australien qui vient de justifier les viols collectifs envers les femmes non voilées [30] ...

Dans ce communiqué, Mouloud Aounit condamne les menaces de mort à l'encontre de Redeker : "Le MRAP les condamne avec autant de force et d'indignation qu'il a condamné les déclarations irresponsables d'un philosophe" [31] On constate que Mouloud Aounit met sur un pied d'égalité l'écriture d'un texte et des menaces de mort ... comme si écrire un texte (aussi critiquable soit-il) devait soulever la même indignation que le fait de menacer l'intégrité physique d'une personne ...

Une fois les menaces de mort condamnées, Mouloud Aounit s'empresse néanmoins d'ajouter : "C'est d'abord à ses propres limites que vient de se heurter Monsieur REDEKER. Preuve, s'il en était besoin, que toute forme de violence en appelle hélas d'autres en retour, parfois plus extrémistes encore." [32] Cette déclaration n'est rien d'autre qu'une manière détournée de dire que Redeker, avec sa tribune du Figaro, n'a eu en retour que la monnaie de sa pièce. Aounit dira également que Redeker est "un philosophe amateur de polémiques dont il croyait sans doute sortir à jamais indemne" [33] comme si il était évident que la publication d'un tel article ne pouvait laisser indemne ...

Malgré tout ça, Mouloud Aounit prend le soin de rappeler que "la critique de toute philosophie ou religion - ce qui inclut l'islam - est légitime" [34] alors que lui même milite pour instaurer un délit de blasphème en France. Bref, si on résume la pensée (chaotique) du président du MRAP : critiquer l'islam est légitime mais, étant donné que critiquer l'islam incite à la haine des musulmans, il faut faire taire toute critique de l'islam par des lois anti-blasphème !

A l'émission de Stéphane Bern du lundi 25 octobre 2006, Mouloud Aounit ira jusqu'à établir un lien entre Redeker et Ben Laden [35] ... ce qui ne manque pas de laisser sans voix.

Alain Gresh, ancien rédacteur en chef du "Monde Diplomatique" et ami de Tariq Ramadan (l'ambassadeur des Frères Musulmans en Europe), dira sur son blog que le texte de Redeker "suinte la haine et l'islamophobie" [36] et que ses propos sont "des raccourcis haineux fondés sur une ignorance sans égal" [37]

Parlant des journalistes qui se "plaisent à jeter de l'huile sur le feu" [38], Alain Gresh cite notamment Caroline Fourest et Mohamed Sifaoui comme étant ces "nouveaux spécialistes de l'islam" [39] aux "pamphlets approximatifs" [40] et "non étayées" [41]. Précisons que Caroline Fourest et Mohamed Sifaoui ne se sont jamais présentés (et n'ont jamais été présentés) comme étant des spécialistes de l'islam : Caroline Fourest est une spécialiste de l'intégrisme, Mohamed Sifaoui est un journaliste d'investigation qui a infiltré une cellule anti-terroriste... Précisons également que les ouvrages de Caroline Fourest, toujours très riches en citations et références bibliographiques, sont au contraire très étayées. Qui est d'une "ignorance sans égale" pour reprendre les propres mots d'Alain Gresh ? Parfois, on se le demande vraiment. Alain Gresh a au moins réussi à soulever là une question pertinente.

Toujours par rapport à l'affaire Redeker, Caroline Fourest ne sera également pas épargnée sur le forum du site de Tariq Ramadan. Voici le commentaire d'un internaute : " Et pour ceux qui doutaient de la franchise de Sur Caroline, prétendu antiraciste, il n'y a plus de doute. Cette femme est une Oriana Fallaci déguisée. Une petite raciste voilée sous les appellations désormais amusants de féministes antiraciste, laïques...." [42]. Rappelons que Caroline Fourest n'a fait que publier le texte de Redeker pour défendre la liberté d'expression et qu'elle a, dans le même temps, publié un texte sur Prochoix au côté de Fiammetta Venner pour contester les idées avancées par Redeker [43] ... Mais comme quoi chez les islamistes cela suffit amplement pour être aussitôt qualifié de "raciste". Ceci ne fait d'ailleurs que montrer la grande confusion d'idées qu'ils essayent à tout prix de semer dans les milieux intellectuels.

La LDH (Ligue des Droits de l'Homme) a publié un communiqué intitulé "la liberté d'expression ne se divise pas" La LDH affirme que les idées de Redeker sont "nauséabondes" [44] Pour la LDH, le Figaro aurait pris la décision "de donner la parole à un discours haineux et de nature à porter atteinte à la paix civile" [45] Faut-il comprendre par là que le texte de Redeker va provoquer une guerre civile ? Rien que ça ?

Mais qu'on se rassure : sur son blog, Alain Gresh réussira quand même à dire que le communiqué de la LDH est "tout à fait équilibré" [46]

Pour Alain Gresh, ce communiqué "conjugue la défense de la liberté d'expression et la prise de distance à l'égard des propos de Robert Redeker" [47]

Que Alain Gresh prenne note : Intimider son interlocuteur quand on n'est pas d'accord avec lui en le traitant systématiquement de raciste pour le mettre mal à l'aise et ainsi le forcer à se taire relève davantage d'une volonté d'imposer sa dictature de la pensée unique que de la "défense de la liberté d'expression !"

Olivier Roy, directeur de recherche au CNRS, déclare dans Libération : "On voit au contraire se multiplier des attaques polémiques contre l'islam souvent ignorantes et qui frisent parfois l'imbécillité. Certains jouent délibérément à chatouiller la fatwa" [48] Comme si allait de soi que des attaques, même polémiques et ignorantes, envers une religion justifiaient en retour des menaces de mort ! A noter qu'il ne s'agit pas ici de "fatwa" mais de menaces de mort reçues par mail (comme l'a d'ailleurs très justement rappelé Caroline Fourest sur Prochoix [49]) Mais Olivier Roy est passé à côté de cette nuance.

Il ajoute plus loin "La provocation est certes une vieille tradition française depuis les anars jusqu'aux situationnistes en passant par les surréalistes ; mais il ne faut pas ensuite s'étonner des réactions qu'elles peuvent déchaîner" [50] Olivier Roy aurait voulu dire par là que ceux qui attaquent l'islam ne doivent s'en prendre qu'à eux mêmes quant aux conséquences, il ne s'y serait pas pris autrement.

Olivier Roy, qui a écrit des ouvrages sur l'islam, devrait également admettre que si l'islam subit des attaques polémiques, les premiers responsables sont ceux qui commettent chaque jour des atrocités en son nom.

Et cette déclaration "je ne suis pas convaincu quant au danger d'une auto-censure croissante" ne frise-t-elle pas une certaine forme d'imbécillité elle aussi ?

N'a-t-il pas songé que les menaces de mort qui pèsent sur Ayaan Hirsi Ali, Salman Rushdie et Robert Redeker, l'assassinat du cinéaste Théo Van Gogh vont en décourager plus d'un d'émettre la moindre critique envers l'islam ? Que cette critique soit fine ou polémique d'ailleurs ?

J'aimerai poser une question à Olivier Roy : combien y-a-t-il de personnes réellement courageuses qui sont prêtes à utiliser leur liberté de parole envers et contre tout au risque de voir leur vie menacée par des fanatiques ? Qui a envie de se réveiller chaque matin avec la peur au ventre parce qu'il a reçu des menaces de mort la veille suite à l'écriture d'un article ou suite au tournage d'un film ? Que Olivier Roy ne se fatigue pas à me répondre, j'ai déjà la réponse : pas grand monde.

Un autre directeur de recherche au CNRS, François Burgat, revenant lui aussi sur l'affaire Redeker dans un article publié le 25 octobre 2006, dit de la liberté de parole dont a usé Redeker qu' "elle flirte, jusqu'à l'embrasser, avec le registre nauséabond de l'insulte raciste" [51] On craint le pire lorsqu'il dit : "Si une fois de plus les Lumières de la pensée médiatique hexagonale n'éclairent qu'un seul des deux côtés de la route, c'est qu'elle tourne dans le cercle vicieux qui oppose indistinctement "islamistes" et "libertés" [52]. François Burgat pense-t-il que les islamistes ne sont pas des ennemis de la liberté ? La réponse à cette question vient plus bas.

En parlant de l'affirmation "islamique", François Burgat précise qu'elle "peut tout aussi bien, (...) participer, en les alimentant d'un autre carburant symbolique, à l'affirmation des libertés individuelles et collectives" [53] Evidemment. Pour s'en persuader, rien de tel que de se plonger dans les brochures anti-sémites distribuées par l'UOIF [54], cette même UOIF qui organise chaque année un congrès auquel François Burgat participe (François Burgat devrait peut être mieux choisir ses fréquentations). La lecture des écrits de Youssef Al-Qaradawhi, le théologien de l'UOIF, qui autorise à battre sa femme [55] et qui se demande, concernant l'homosexualité (ce "péché répugnant" [56] comme il l'appelle), si il faut tuer le "passif" ou "l' actif" [57] finira sans nul doute de convaincre les lecteurs sceptiques. Mais quand François Burgat parle de "liberté individuelle", peut-être s'agit-il de la liberté individuelle d'un batteur de femmes à battre sa femme après tout ?

Enfin, que pouvait-on attendre d'autre de la part de quelqu'un qui met Philippe de Villiers et Charlie Hebdo sur le même plan ? ("ce "Front National"- là" [58] comme François Burgat les appelle tout deux ) François Burgat qui ne sait même plus distinguer le fait de se servir de la peur de l'islam pour tenir un discours anti-immigré (Philippe de Villiers) et la caricature de la religion à des fins humoristiques dans un journal (Charlie Hebdo)

La médiocrité du débat est définitivement atteinte dans un article de la Nation qui disait " Robert Redeker nous offre là l'exemple type d'une pensée scatologique qui se délégitime elle-même et dont la purulence fait plus qu'indisposer" [59] Voilà le niveau auquel est réduit le débat chez une partie de la gauche. Il est inutile de commenter.

Mais le meilleur vient de Danielle Bleitrach dans un article paru sur le site Bellacio [60]. Elle y accuse Redeker d'être un "sioniste" [61] qui défend "Israël et ses crimes" [62] Critiquer l'islam de manière très dure (comme l'a fait Redeker) devient donc du sionisme. Danielle Bleitrach écrit que Robert Redeker développe l' "islamophobie au nom de ses sympathies sionistes" [63], Bleitrach confond d'ailleurs "sionisme" et "amour des juifs" [64] ...

Danielle Bleitrach accuse les Etats Unis d'être "le plus grand danger de l'humanité" [65], elle conclura d'ailleurs "peste soit de l'Amérique" [66], sa haine de l'Amérique qu'il lui fait bien sûr fermer les yeux face au danger islamiste et terroriste qu'elle ne mentionne à aucun moment (et qui est pourtant aussi dangereux que la gestion désastreuse de Bush dans le conflit Irakien)

Pour elle, l'Europe est la seule responsable de tous les maux de la planète depuis des siècles : croisades, colonisation, génocide des sud américains, guerres de 14-18 et 39-45, nazisme [67] ... (à noter que les islamistes eux mêmes n'auraient pas dit mieux).

Elle désigne l'Europe en parlant de "continent nazi" [68], sous-entendant que Redeker doit se sentir le fils de ce "continent nazi" pour avoir écrit ce qu'il a écrit sur l'islam.

Elle accuse Redeker de vouloir enrôler pour "d'immondes croisades" [69] et d'accomplir ainsi des "crimes dont il serait coutumier" [70]... Quelle rigolade de la voir suggérer à Redeker de garder sa haine pour lui , elle qui n'a que haine pour l'Europe et l'Amérique ! Peut être devait-elle commencer par exiger d'elle même ce qu'elle exige des autres.

Si cette partie de la gauche, mise à jour à travers ces différents articles, avait encore un tant soi peu de bon sens, elle aurait eu l'honnêteté de rappeler les points suivants :

Critiquer très durement l'islam (comme l'a fait Redeker) n'est pas du racisme mais peut être utilisé à des fins racistes ce qui est très différent.

Ceux qui contribuent à provoquer un choc des civilisations et qui sont des semeurs de haine ne sont pas les Redeker, ce sont avant tout :

Les égorgeurs et les poseurs de bombe qui sèment la mort partout dans le monde en criant le nom d'Allah.

La politique désastreuse d'un Bush ou d'un Poutine en guerre contre le terrorisme qui en réalité n'en finit plus de faire des milliers de victimes innocentes et par la même occasion de renforcer le sentiment anti-occidental.

Et si cette même gauche avait encore quelques notions de ce qu'est un débat démocratique dans notre pays, elle aurait, au lieu de répondre sur le ton de l'injure et de la diffamation, expliqué pourquoi l'amalgame islam / islamisme (que fait Redeker) est faux et pourquoi l'islam n'est pas plus porteur de violence que le christianisme.

C'est en répondant à cette question et en donnant la parole aux musulmans modernes et éclairés que l'on détruira les préjugés envers l'islam et les musulmans.

Si cette "gauche" avait encore un minimum d'équité, elle aurait demandé à Robert Redeker, avant de se lancer dans ce qui n'aura été qu'un lynchage pur et simple, de s'expliquer quand il affirme (très maladroitement c'est vrai) que : "Haine et violence habitent le livre dans lequel tout musulman est éduqué, le Coran". Parce que, en réalité, cette phrase de Robert Redeker peut être lue de deux manières :

Est-ce que Redeker a voulu dire que tout les musulmans sont par définition des êtres haineux et violents à cause du Coran ? (ce qui, dans ce cas, serait bien un appel à la haine envers les musulmans et donc une forme de racisme et donc condamnable comme tout autre racisme)

Ou est-ce que cette citation de Redeker est-elle en réalité celle d'un homme inquiet qui finit par s'interroger sur l'influence et la place que peuvent avoir le Coran dans la vie d'individus en regard, par exemple, à l'embrasement du monde arabo-musulman au moment de l'affaire des caricatures ? (et auquel cas ce questionnement serait légitime)

Le propre du débat aurait été de laisser Robert Redeker s'expliquer avant toute condamnation en racisme. Mais cette "gauche", lâche et haineuse, aura préféré lui ôter toute possibilité de parole pour pouvoir mieux le salir.

Vouloir censurer Redeker et quiconque critique l'islam, en portant l'éternelle accusation en racisme et en "islamophobie", fera le jeu des fascistes de l'islam politique liberticide et réactionnaire , cet islam politique qui veut tuer la liberté de penser et la libre critique de la religion (que cette critique soit fine ou pas d'ailleurs !).

La gauche obscurantiste, en hurlant au côté des fascistes de l'islam politique, a hideusement déformé le combat anti-raciste qui lui était sien. C'est bel et bien cette gauche (et non Redeker) qui, en se rangeant du côté des bourreaux, contribue à alimenter un climat malsain dans notre pays.

Pierre Tévanian déclarait sur le site islamiste Oumma.com que Robert Redeker "déshonore (...) la corporation des professeurs de philosophie" [71] N'en déplaise à Pierre Tévanian, c'est la complaisance envers des fascistes qui est un déshonneur, mais pas envers les philosophes : envers les démocrates du monde entier que la gauche obscurantiste trahit chaque jour.

De part les réactions aussi haineuses qu'avilissantes qu'il a suscitées, Robert Redeker n'a jamais autant mérité notre soutien (alors que pourtant nous sommes en désaccord avec son texte !)

Notes

[1] Site Oulala, http://www.oulala.net/Portail/article.php3?id_article=2616 , par Pascal Boniface

[2] "<a href="http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=4173" target="_blank">Redeker, le philosophe qui voulait péter plus haut que son c...</a>",par Leïla Salem, 05/10/2006,

[3] Idem

[4] "Injures et menaces pas en notre nom", par Pierre Tévanian, 01/10/2006, http://www.oumma.com/spip.php?article2185

[5] Idem

[6] "Redeker, le philosophe qui voulait péter plus haut que son c...",par Leïla Salem, 05/10/2006, Site Le Grand Soir Info

[7] Idem

[8] Idem

[9] Idem

[10] Idem

[11] Idem

[12] Idem

[13] Idem

[14] Idem

[15] Idem

[16] Idem

[17] Idem

[18] Idem

[19] "Tirs croisés", Caroline Fourest et Fiammetta Venner, éditions Calmann-Levy

[20] Sites islamistes "La voix des opprimés" www.stcom.net , www.islamiya.info

[21] "Redeker, le philosophe qui voulait péter plus haut que son c...",par Leïla Salem, 05/10/2006, Site Le Grand Soir Info

[22] Emissions : "C dans l'air - Le temps des fatwas", France 5, 6 octobre 2006, "Mots croisés - L'islam face à la critique", France 2, 17 octobre 2006, "Ce soir ou jamais ! - Redeker liberté d'expression", France 3, 3 octobre 2006

[23] "Redeker, le philosophe qui voulait péter plus haut que son c...",par Leïla Salem, 05/10/2006, Site Le Grand Soir Info

[24] Idem

[25] Site islamiste "La voix des opprimés" www.stcom.net , forum www.mejliss.com

[26] "Redeker, le philosophe qui voulait péter plus haut que son c...",par Leïla Salem, 05/10/2006, Site Le Grand Soir Info

[27] Communiqué du MRAP : Quand la provocation génère l'inacceptable, par Mouloud Aounit

[28] Idem

[29] Idem

[30] Dépêche Novopress http://ch.novopress.info/?p=1392

[31] Idem

[32] Idem

[33] Idem

[34] Idem

[35] Communiqué des militants du MRAP, http://www.prochoix.org/cgi/blog/2006/10/26/971-communique-de-presse-de-militants-du-mrap-a-propos-de-l-attitude-de-mouloud-aounit-lors-de-l-arene-de-france

[36] Blog d'Alain Gresh, http://blog.mondediplo.net/ , Peut-on encore critiquer l'islam ?, 01/10/2006

[37] Idem

[38] Idem

[39] Idem

[40] Idem

[41] Idem

[42] http://www.tariqramadan.com/article.php3?id_article=782 , un des commentaires qui suivent l'article

[43] http://prochoix.org/cgi/blog/2006/09/21/863-quelques-remarques-au-sujet-du-pape-de-l-islam-et-du-figaro-fiammetta-venner

[44] Communiqué de la LDH, "la liberté d'expression ne se divise pas"

[45] Idem

[46] Blog d'Alain Gresh, http://blog.mondediplo.net/ , Peut-on encore critiquer l'islam ?, 01/10/2006

[47] Idem

[48] Libération du 30 septembre, Olivier Roy

[49] http://www.prochoix.org/cgi/blog/2006/10/17/949-affaire-redeker-restons-precis-caroline-fourest

[50] Idem

[51] http://www.oumma.com/spip.php?article2213 , par François Burgat, 25/10/2006

[52] Idem

[53] Idem

[54] "OPA sur l'islam de France : les ambitions de l'UOIF", Fiammetta Venner, éditions Calmann-Levy

[55] "Le licite et l'illicite en islam", Youssef Al-Qaradawhi, éditions tawhid

[56] Idem

[57] Idem

[58] http://www.oumma.com/spip.php?article2213 , par François Burgat, 25/10/2006

[59] La Nation, Djibouti, 11 octobre 2006

[60] http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=34307

[61] Idem

[62] Idem

[63] Idem

[64] Idem

[65] Idem

[66] Idem

[67] Citation en entier : "Foutez-nous la paix Redeker et si vous avez de la haine à revendre, si vous vous sentez encore et toujours le fils de cette Europe qui a produit en quelques siècle, les croisades, le génocide des amérindiens, le martyrs du continent noir et l'esclavage, le colonialisme, deux guerre mondiales, l'extermination nazie et qui aujourd'hui de toutes ses forces son allié US qui est le plus grand danger sur l'humanité, donc Redeker si vous vous sentez l'enfant de ce continent nazi, ne nous enrôlez pas dans vos immondes croisades, et ne prenez pas le prétexte de nous défendre pour accomplir les crimes dont vous êtes coutumiers" (1) Cholem-Aleikhem. La peste soit de l'Amérique (et de quelques autres lieux).

[68] http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=34307

[69] Idem

[70] Idem

[71] "Dix remarques sur un 'collègue'" , par Pierre Tévanian, 30/09/2006, http://www.oumma.com/spip.php?article2184

Caroline Brancher

3 - Droit à la sureté

3.1 - Je me souviens des émeutes de New-York

Quand j'entends des journalistes à l'accent intra-muros se demander sincèrement s'il ne faudrait pas avoir des "envoyés spéciaux permanents" en banlieue, quand j'entends les gens de banlieue interviewés, et souvent interrompus, qui tentent de parler de "leurs" problèmes, j'ai envie de souffler la solution que New York, à l'époque, a su trouver...

Drôle d'impression. Comme si le temps recommençait : c'étaient les années 80 à New York. La ville était la risée du monde entier. La capitale de l'insécurité, de l'incompétence des policiers face aux émeutes. A l'hôpital du Bronx, on soignait des bébés blessés par des balles perdues !... Je sais, c'était l'Amérique, pas la France. Et je me rappelle l'air désolé et condescendant des Européens, Français en tête, quand ils venaient me voir. "Pauvres Américains, pauvre société malade, c'est pas en France que ça arriverait des choses comme ça !" ... et chacun d'y aller de son petit refrain socio/philosophico/ psychologique sur les raisons profondes du malaise américain. Ils avaient tout compris. Tout est tellement plus simple chez les autres. Et pourtant ... un an déjà les émeutes made in France. Bien réelles. Et la façon extraordinairement impudique avec laquelle on célèbre leur anniversaire aujourd'hui, c'est hélas bien réel aussi.

Quand j'entends à la radio, des journalistes à l'accent intra-muros se demander sincèrement s'il ne faudrait pas avoir des "envoyés spéciaux permanents" en banlieue, quand j'entends les gens de banlieue interviewés, et souvent interrompus, qui tentent de parler de "leurs" problèmes, j'ai envie de souffler la solution que New York à l'époque a su trouver. D'abord, laisser les gens des quartiers exprimer leurs peurs et leurs malaises. Les laisser dire ce qu'ils pensent, eux. Pas leur souffler les solutions élaborées dans les salons. Ensuite, ne pas espérer de remède miracle, mais commencer un travail de fond et de longue haleine de l'intérieur. En 1984, Edward Koch, maire de NY depuis 1977, a nommé à la tête de la police de la ville un noir, Benjamin Ward. Un homme qui avait lui même souffert de racisme et de pauvreté à Brooklyn. Et qui a dû travailler dix fois plus qu'un blanc pour arriver à ce poste prestigieux. Lui, il a pu dire toutes les peurs rentrées de ceux qui lui ressemblaient. Il a dit aussi leur révolte contre leur vie précaire et dangereuse. Il a dit que dans les quartiers "sensibles", la vie était dure, et les victimes étaient d'abord noires et pauvres. Il a dit surtout qu'un voyou qui terrorise un quartier n'est ni noir, ni blanc, mais qu'il est un voyou et que sa place est derrière les barreaux.

Le résultat bien sur n'a pas été immédiat. Mais le soulagement dans les quartiers malmenés a été très vite sensible. Il y a eu moins de fatalité et plus de volonté de s'en sortir. Après tout, nous voulons tous les mêmes choses : avoir de bonnes écoles pour nos enfants, des rues propres et sures et un minimum de civilité dans les rapports humains. Et ne pas être stigmatisés à cause d'une "mauvaise" adresse ou d'une "mauvaise" couleur.

Je voudrais aussi dire à tous ces envoyés spéciaux en métro et en France, qu'ils feraient bien de s'aviser que ce sont des Français qu'ils visitent ainsi. Et que ces Français n'ont pas besoin de dames patronnesses ni de charité, mais simplement de sécurité, de plaisir de vivre et de confort. Qu'on arrête de parler et d'écrire "les blacks", "les beurs" et je ne sais quoi encore. L'exemple des Américains, qui sont passés par là, montre qu'on peut garder sa personnalité et honorer sa culture d'origine tout en s'intégrant sincèrement dans un ensemble plus vaste.

Les candidats à la présidentielle ont bien compris que tout, en tout cas beaucoup, se jouera dans les banlieues. Quand je vois des politiques affolés par l'approche des élections tenter de récupérer un rappeur qui dénonce l'intégration comme un "bobard", ou comme un "piège", pour encourager les jeunes à aller voter en banlieue, je me dis qu'ils soufflent sur des braises bien dangereuses.

Gérard Témin Retraité, ancien haut fonctionnaire aux Nations-Unies.

Source : www.marianne2007.info

4 - élections présidentielles 2007

4.1 - La religion, service public ? Cinq questions à Nicolas Sarkozy

Monsieur le Ministre, vous avez repris à votre compte une formule forte. "Pas de tabou". Très bien. Alors posons cinq questions devenues cruciales après la publication du rapport Machelon. La laïcité, aujourd'hui menacée de toutes parts, mérite bien que toute la lumière soit faite sur des révisions annoncées. Le débat public pourra ainsi être pleinement éclairé.

Première question. Les humanistes athées doivent-ils jouir des mêmes droits que les croyants?

Dans votre livre sur la République et les religions, vous accordez un privilège à l'option religieuse. Selon vous, en dehors de celle-ci, il ne serait pas possible de donner à la conduite de l'existence les repères de sens dont elle a besoin. Sartre l'athée et Camus l'agnostique devaient donc être perdus devant les problèmes de la vie...Et Bertrand Russel, qui écrivit "Pourquoi je ne suis pas chrétien" devait se trouver démuni devant les questions éthiques. Ne pensez-vous pas que celui qui ne croit pas au ciel a de quoi être blessé par votre préférence ? Honoré d'Estienne d'Orves, catholique résistant, méritait-il davantage de considération que Gabriel Péri, athée résistant ? Tous les deux tombèrent sous les balles des nazis. Vous connaissez le mot du poète. "Celui qui croyait au ciel, celui qui n'y croyait pas, qu'importe comment s'appelle cette clarté sur leurs pas, que l'un fût de la chapelle et l'autre s'y dérobât " (Louis Aragon, La Rose et le Réséda)

Deuxième question. Quelle égalité s'agit-il de promouvoir ?

Vous dites vouloir l'égalité des religions entre elles, et pour cela vous envisagez de construire sur fonds publics des lieux de culte, notamment pour permettre aux citoyens de confession musulmane de compenser leur déficit en la matière par rapport aux catholiques, qui jouissent d'un usufruit gratuit des églises construites avant 1905, même si cet usufruit, par "affectation spéciale" est limité aux seuls moments de pratique religieuse. Vous ne demandez pas le même financement pour des maisons de la libre-pensée ou des temples maçonniques.

Êtes-vous donc partisan de la discrimination entre les citoyens selon les options spirituelles dans lesquelles ils se reconnaissent ? L'égalité républicaine se réduirait-elle pour vous à l'égalité des divers croyants, à l'exclusion des humanistes athées ou agnostiques ? Parler en l'occurrence de "toilettage" de la loi de séparation de 1905 est un euphémisme trompeur. Rétablir le financement public des cultes, c'est raturer un des deux articles de cette loi, inscrits sous la rubrique "Principes". "La République ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte" Avouez que renoncer à un principe sur deux, c'est plus que "toiletter" la loi. C'est l'abolir.

On ne peut en l'occurrence assimiler l'entretien du patrimoine historique et artistique constitué par les édifices du culte légués par l'histoire, et laissés en usufruit partiel aux associations cultuelles, à une règle de financement. Dans un état de droit, aucune loi n'est rétroactive. Depuis le premier Janvier 1906, toute construction d'un nouveau lieu de culte est à la charge des seuls fidèles, quelle que soit la religion en jeu. Telle est la règle, et les entorses trop fréquentes qui la bafouent ne sauraient pas plus faire jurisprudence que le fait de griller les feux rouges n'appelle leur abolition.

Troisième question. Quelle priorité pour les pouvoirs publics ?

Le rapport Machelon, qui a votre sympathie, utilise le concept de liberté de religion, pour permettre le glissement du "libre exercice des cultes", garanti par le premier article de la loi, à la nécessité supposée de financer les cultes. Joli jeu de mots et vrai tour de passe-passe, qui risque de tromper. En République, seul l'intérêt général, commun à tous, portant sur les biens et besoins de portée universelle, mérite financement public.

Or la religion n'est pas un service public, comme l'instruction, la culture ou la santé. Elle n'engage en effet que les fidèles, c'est-à-dire une partie des citoyens seulement. La puissance publique, dont les fonds résultent des impôts payés par des athées autant que par des croyants, n'a donc pas à financer les cultes, pas plus qu'elle n'aurait à financer la diffusion de l'athéisme. En convenez-vous ? La question est grave, à l'heure où l'ultralibéralisme économique entend dessaisir l'État de son rôle social, et soumettre à la loi du marché les services publics préalablement privatisés.

L'État, jugé trop pauvre pour assurer les finalités sociales des services publics qui concernent tous les citoyens (éducation, culture, santé, accès à l'énergie et à la communication) serait donc assez riche pour financer l'option religieuse qui pourtant n'en concerne que certains. Voulez-vous sacrifier l'universel sur l'autel du particulier ? Nos hôpitaux manquent de moyens, notre école publique également. Révoltant paradoxe.

Briser la laïcité en même temps que les services publics. Et faire passer cette régression par le supplément d'âme d'un monde sans âme, alliant le baume communautariste et le privilège public des religions. Jean Jaurès et Aristide Briand, préparant la Loi de séparation de 1905, savaient qu'en supprimant le budget des cultes ils ne faisaient pas qu'abolir un privilège : ils transféraient à l'Etat des ressources publiques bienvenues pour ce qui est d'intérêt commun. Les retraites ouvrières, en gestation, n'allaient-elles pas être attribuées aux travailleurs croyants comme aux athées, permettant aux premiers de se cotiser plus aisément pour financer eux-mêmes leurs lieux de culte ?

Quatrième question. Quelle conception de la lutte contre le fanatisme ?

Vous dites vouloir éviter les interventions étrangères, notamment les financements venus de pays peu respectueux des valeurs républicaines et démocratiques. Et vous affirmez qu'en payant on pourra mieux contrôler. Fausse évidence. Car enfin quel lien juridique y a-t-il entre le financement et un droit de regard sur les propos des responsables religieux dans les lieux de culte ?

Il ne peut exister que par le rétablissement d'une démarche concordataire, c'est-à-dire anti-laïque. Napoléon avait fait le concordat de 1801 en assortissant le financement public des cultes d'allégeances obligées des autorités religieuses à son pouvoir. Le catéchisme impérial de 1807 a radicalisé ce système assez humiliant pour les croyants, puisqu'en somme il les achète. Dans une république laïque, il ne saurait y avoir d'allégeance assortie de privilège. Veut-on imposer une orthodoxie aux religions ? Qui ne voit le caractère infaisable, et irrecevable d'une telle perspective ?

Seule une loi commune à tous doit dire le droit. Elle proscrit par exemple toute violence, toute discrimination entre les sexes, toute entrave à l'exercice de la médecine. Un pasteur ou un curé incitant des commandos à perturber les interruptions volontaires de grossesse, comme on l'a vu en Amérique, tombe sous le coup de cette loi. De même un imam qui inciterait à battre la femme adultère. Bref, il n'est pas nécessaire de payer pour contrôler. Seul vaut l'état de droit. Et ce qui importe n'est pas la nationalité d'un imam, mais son respect des lois républicaines. Ne nous trompons pas de combat. Ce n'est pas l'étranger comme tel qui pose problème à la République, mais celui qui entend s'affranchir de la loi commune pour lui substituer sa loi particulière, qu'elle soit religieuse ou coutumière.

Cinquième question. Que reste-t-il de la laïcité, et de la République, si on rétablit un financement discriminatoire ?

La République n'est pas une juxtaposition de communautés particulières. Il n'y a pas en France cinq millions de "musulmans", mais cinq millions de personnes issues de l'immigration maghrebine ou turque, très diverses dans leurs choix spirituels. Une enquête récente dont Le Monde s'est fait l'écho, précise que seule une petite minorité de cette population fréquente la mosquée, la majeure partie faisant de la religion une affaire privée, ou ne se référant à l'Islam que par une sorte de solidarité imaginaire. Dès lors, la République doit-elle renoncer à la laïcité pour satisfaire cette minorité, ou concentrer les deniers publics sur la redistribution par les services publics, la gratuité des soins, le logement social, ou la lutte contre l'échec scolaire, qui concernent à l'évidence tous les hommes, sans distinction de nationalité ou de choix spirituels ?

N'est-ce pas le devoir des hommes politiques d'expliquer qu'en assurant des missions de service public profitables aux croyants comme aux athées, et en luttant contre tous les types de discrimination, que l'État facilite aux uns et aux autres le financement volontaire de la conviction de leur choix ? Il est évidemment essentiel, dans cet esprit, de permettre aux croyants l'acquisition des terrains qu'ils financeront, et toute discrimination foncière doit être combattue. Le prétexte invoqué pour l'abolition de la Loi de séparation laïque de 1905 -car il s'agit bien de cela- est l'aide à apporter aux citoyens de confession musulmane. Or la promotion du bien commun à tous, et non la prise en charge publique de la religion, est la meilleure réponse au problème soulevé. C'est aussi la seule légitime.

On sait bien qu'en république on ne peut accorder des droits aux uns sans les étendre à tous. La construction de mosquées sur fonds publics appellerait aussitôt celle de nouvelles églises, de temples, ou de synagogues. Et si l'on brouille la frontière pourtant nette entre le culturel et le cultuel, comme le propose le rapport Michalon, on parachève le démantèlement de la loi. Est culturel ce qui peut intéresser tous les hommes, comme l'art religieux ou les mythologies, qu'éclaire une approche laïque. Est cultuel ce qui réfère à la croyance religieuse de certains. Les mots ont donc un sens, et tout glissement visant à confondre ce qui est distinct est une malhonnêteté.

Cela s'appelle du détournement des deniers publics. Veut-on obtenir le rétablissement du financement indirect du culte en utilisant le financement direct de la culture ? Ce tour de passe-passe relèverait de la sanction légitime de la Cour des Comptes, comme la discrimination donnant plus de droits aux croyants qu'aux athées appellerait un recours devant la Cour Européenne des Droits de l'Homme.

Nulle polémique, Monsieur le Ministre, dans de telles interrogations, mais l'inquiétude vive d'un républicain qui n'est pas décidé à admettre de nouveaux empiètements programmés contre la laïcité. À l'heure où les communes de France croulent déjà sous des charges indues, comme les nouvelles obligations à l'égard des écoles privées, l'abolition des lois laïques serait très mal vécue. À l'heure où certains parlent de rétablir le délit de blasphème, à contre-courant des grandes conquêtes de l'esprit de liberté, la conscience citoyenne ne peut que s'insurger.

Rassurez-nous, Monsieur le Ministre. Dites clairement qu'il n'est nullement dans votre programme de dresser certains citoyens contre d'autres en donnant aux uns des privilèges qui n'avouent pas leur nom, et qui spolient le bien public tout en stimulant le communautarisme. Et ne dissimulez pas ce projet de délaïcisation sous la rhétorique ressassée des "évolutions nécessaires". Vous savez bien que la seule question qui vaille n'est pas de savoir si une chose est ancienne ou nouvelle, mais si elle est juste ou non. En bref ne brisez pas ce que bien des peuples nous envient. Car l'idéal laïque est un vecteur d'égalité comme de liberté, une source de fraternité. Pourvu qu'il aille de pair avec la justice sociale, il répond au grande défi de notre époque : partager un monde commun à tous.

Henri Pena Ruiz

5 - extrême-droite catholique

5.1 - Xavier Dor en toute liberté

Voici une proposition de video. C'était dans l'après-midi du 21 octobre, place Saint-Michel à Paris. Une manifestation contre l'interruption volontaire de grossesse organisée par l'association SOS-tout-petits proche du Saint-Siège. Son président Xavier Dor est une personnalité du monde anti-ivg, l'équivalent des mouvements Provie américains. Video de Tristan Mendes France

Tristan Mendes-France

Source : www.prochoix.org

6 - Ne pas tolérer les offensives islamistes

6.1 - Réflexions sur les élections communales et provinciales en Belgique du 8 octobre 2006 et le vote ethnoreligieux

Au cours des dix dernières années, on a vu les partis politiques belges démocratiques changer fondamentalement. Tel est notamment le cas principalement du Parti socialiste francophone. Les autres partis suivent, mais plus lentement. Ce changement est essentiellement dû au fait que le Parti socialiste francophone fait appel à un maximum de Belges allochtones sur ses listes électorales pour rester le parti le plus fort et pouvoir s'imposer à tous les niveaux du pouvoir en Wallonie et à Bruxelles.

Le fait le plus marquant est qu'on a vu apparaître sur les listes socialistes et écolos un grand nombre de Belges d'origine allochtone, tandis que les autres partis suivent plus lentement. L'attrait pour le Parti socialiste et le Parti écolo est dû au fait que ces deux partis sont plus favorables à l'immigration que les autres partis et surtout aussi à l'islam subsidié avec l'argent du contribuable.

A priori, il n'y a évidemment rien de contraire à mettre des Belges d'origine allochtone sur les listes politiques. C'est tout à fait justifié, mais ce qui l'est moins, c'est qu'on constate d'emblée que le vote émis sur ces personnes est souvent purement ethnoreligieux.

Autrement dit, le vote est ethnomusulman, et cela est beaucoup plus inquiétant. Est aussi inquiétant le fait que les mandataires politiques d'origine musulmane parlent tout le temps de la défense de leur "communauté" et des exigences en faveur de cette communauté, alors qu'ils devraient être les représentants de tous les Belges d'une façon impartiale, indépendante de leur origine et de leur religion.

C'est nettement l'origine musulmane qui est à la base de leurs préoccupations. Aucun de ces mandataires politiques maghrébins ou turcs n'apostasie, parce qu'il serait politiquement mort dans sa communauté et plus réélu.

Ces nouveaux Belges (on devient Belge en trois ans en arrivant en Belgique), ne manquent pas de faire de la propagande politique spécialement auprès des Belges allochtones de la même origine qu'eux, c'est-à-dire la "communauté musulmane".

Généralement, leur nom les distingue suffisamment sur la liste électorale pour l'emporter sur les autres candidats. Une campagne électorale pour être élu ne s'impose même pas. Dès que les noms d'Arabes ou de Turcs musulmans ont commencé à apparaître sur les listes socialistes ou écolos, ils étaient élus directement alors qu'ils étaient de célèbres inconnus.

Le nom arabe ou turc et la religion musulmane y attachée suffit pour avoir un score électoral exceptionnel. Une telle communautarisation du vote en raison de l'origine ethnique et religieuse est dangereuse pour l'évolution politique de la Belgique, mais aucun journaliste n'ose évidemment aborder le problème. La communautarisation du vote électoral on n'en parle pas, sauf de bouche à oreille.

Le fait aussi que les Belges d'origine arabe ou turque aient la double nationalité et fassent leur service militaire dans leur pays d'origine pose de sérieux problèmes. Ils restent plus attachés à leur pays d'origine qu'au pays où ils ont obtenu la nationalité belge et où ils exercent des fonctions publiques importantes. C'est ainsi qu'on voit des échevins (maires-adjoints) ou des parlementaires, faire leur service militaire en Turquie pendant qu'ils siègent au parlement en Belgique. Ils jurent ainsi d'obéir aux lois de leur pays d'origine qui sont entièrement différentes des lois belges. Ils déclarent à la fois leur loyauté à la République turque et à la Monarchie belge. Une telle situation n'est pas acceptable et lorsqu'on veut devenir Belge ou Français on devrait perdre la nationalité d'origine.

Ce vote ethnique et religieux est encouragé par les mosquées. Il est vrai que l'Église catholique a fait la même chose jadis en Belgique et qu'aux États-Unis on ne peut pas devenir président sans le soutien des Églises chrétiennes. Après les élections, le président Bush a donné des milliards aux Églises chrétiennes qui l'ont amené au sommet du pouvoir. On sait de ses propres déclarations que Dieu approuve sa guerre en Irak, mais Allah n'est pas du tout d'accord avec le Dieu de Bush.

Dans une interview dans le journal "Le Monde" de Youssouf Al-Quaradawi, le président du Conseil européen de la Fatwa, il ne manque pas de dire publiquement "Si le musulman est honnête et qu'il remplit les critères que j'ai énumérés, il faut voter pour lui". Il est donc clair que l'islam s'exprime pour le vote religieux, la première condition pour un candidat étant qu'il doit être "musulman" pour voter pour lui, et qu'il est hors de question de voter pour un non-musulman sauf cas de force majeure (1). Il ne faut pas perdre de vue que l'islam rejette la démocratie qualifiée de satanique. Ce vote en faveur d'un musulman s'impose évidemment puisqu'il faut s'emparer du pouvoir afin d'imposer graduellement la charia en Europe.

L'influence des musulmans dans le parti socialiste, notamment à Bruxelles, est tellement forte que sans leur accord aucune décision n'est possible. Après les élections à la Ville de Bruxelles qui compte 47 conseillers communaux, les socialistes obtenaient 17 sièges et le Cdh (chrétiens) 11. Sur 17 conseillers socialistes, il y a 11 musulmans, tandis que chez le Cdh (chrétiens) il y a 11 conseillers élus dont trois nouveaux belges d'origine africaine (qui auraient obtenu le soutien de le l'Église évangélique chrétienne et 3 musulmans.

La coalition socialiste PS-Cdh obtient une majorité avec 28 conseillers dont 14 musulmans pour diriger la Ville. Aucune décision ne pourra se prendre sans l'accord des conseillers communaux musulmans. On peut donc s'attendre à voir l'installation de la charia accélérée. Les musulmans deviennent incontournables pour gérer la Ville de Bruxelles (2).

À Molenbeek-St-Jean, les mandataires communaux musulmans, également très nombreux, ont obtenu que les règles alimentaires de la charia soient instaurées dans les écoles publiques en octobre 2006. Ce qui oblige le contribuable à financer des cuisines islamiques dans les écoles uniquement destinées à la préparation des repas halal. Les autres communes suivront vite et notamment la Ville de Bruxelles parce que les mandataires communaux musulmans sont pratiquement maîtres du P.S. bruxellois et du conseil communal, où la coalition PS-Cdh est maître de toutes les décisions.

La séparation entre enfants musulmans et non-musulmans, se crée dans les écoles publiques, sur une base alimentaire, mais personne ne crie alors à la discrimination.

À Rotterdam les socialistes ont donné le feu vert pour une Clinique musulmane où l'apartheid sera la règle. Les hommes seront soignés par des hommes et les femmes par des femmes, la cuisine sera halal et l'imam circulera dans les chambres. Les socialistes au pouvoir à Rotterdam ont donné le feu vert pour la construction d'ici à 2008 d'un hôpital islamique dans lequel toutes les règles de la charia seront mises en vigueur. "C'est un pas en arrière vers le Moyen Âge", a protesté le parti Leefbaar Rotterdam (Rotterdam vivable, LR) (3).

À L'hôpital islamique Betra à Hanovre, c'est la même situation. Les hommes sont soignés par les hommes et les femmes par des femmes. Les soins y sont donnés uniquement par des musulmans. La nourriture ne peut être qu'halal et des salles de prières y sont créées pour les patients. L'apartheid, ou la ségrégation des sexes y est de rigueur.

L'instauration des règles de la charia dans cet hôpital ne dérange pas les autorités d'Hanovre, pas plus que cela ne dérange les autorités communales à Rotterdam qui approuvent l'introduction de la charia dans les hôpitaux sur leur territoire.

La charia progresse à grands pas partout en Europe et les autorités politiques semblent déjà avoir accepté que l'Europe soit transformée en une Grande République islamique et théocratique.

Qu'enseigne l'islam sur les sites des Centres islamiques :

  1. La démocratie se définit comme un régime politique où la souveraineté est exercée par le peuple contrairement à la législation islamique où seul Allah le Très-Haut décrète.
  2. La démocratie est un système de Taghout (diabolique). Et Allah nous a ordonné de mécroire au Taghout.
  3. Le pluralisme dans la pensée, la conviction et la croyance, cela signifie que les gens sous le système démocratique ont la liberté de croire en ce qu'ils veulent, et il leur est possible de sortir de l'Islam vers n'importe quelle autre doctrine ou religion même s'il s'agit du judaïsme, du christianisme, du communisme, du socialisme ou de la laïcité. Et voilà l'apostasie en elle-même.

Il faut croire que les socialistes et les écolos n'ont jamais lu ce que l'islam enseigne sur les sites des Centres islamiques en Europe, à moins qu'ils aient depuis belle lurette abandonné la défense de la démocratie face à l'idéologie fasciste islamique ? N'essayez pas d'attirer l'attention du parti socialiste ou du parti Écolo sur les dangers de l'idéologie fasciste musulmane, c'est peine perdue. On n'obtient aucune réponse et vous serez même étiqueté extrême droite. Les socialistes ne font jamais de critique sur l'extrême gauche. Ici l'extrémisme ne constitue pas un problème.

Les socialistes peuvent encore se servir des musulmans sur leurs listes électorales pendant quelque temps pour être le parti le plus fort en territoire francophone, mais au fur et à mesure que la communauté musulmane se développe en Europe (Pays-Bas : déjà 1 million de musulmans), ils devront se soumettre au pouvoir du nombre. Chaque année les musulmans progressent dans le PS et les autres partis et ils seront responsables d'avoir provoqué la perte de notre liberté. Le 21e siècle sera celui dans lequel on passera du temps des Lumières au temps de l'Obscurantisme.

Guillaume

Source : www.fairelejour.org

6.2 - Une dessinatrice de Rivarol primée par la République islamique d'Iran

Amis,

Une dessinatrice de Rivarol a gagné le deuxième prix du concours de caricatures sur la Shoah organisé par l'Iran.

Son nom a été révélé par le journal Haaretz bien qu'elle ait tenu à garder l'anonymat pour son "oeuvre", susceptible de poursuites pénales de par la loi française.

Cette dessinatrice se nomme Chard. Elle a un site édifiant qu'on peut trouver sur Google.

Amitiés automnales.

Jean Sarfaty

6.3 - Et le gagnant est...

Mercredi, l'Iran a décerné à un dessinateur marocain le premier prix d'un concours de caricatures sur la Shoah, concours condamné par la communauté internationale, dont le secrétaire général de l'ONU Koffi Annan.

Destiné à être une réponse aux caricatures danoises du prophète Mahomet qui avaient déclenché la rage dans le monde arabe, ce concours paraît inspiré des tirades du président iranien Mahmoud Ahamadinejad appelant à la destruction d'Israël.

Téhéran a annoncé à plusieurs reprises vouloir accueillir une conférence pour examiner les preuves scientifiques de la réalité de la Shoah, en disant que celle-ci avait été exagérée.

Abdollah Derkaoui, un dessinateur marocain, a reçu 12.000 $ pour son dessin qui représente une grue (flanquée de l'étoile de David) qui empile de gros blocs de ciment sur le mur de sécurité israélien, cachant ainsi progressivement la mosquée Al-Aqsa de Jérusalem. Sur le mur apparaît une photo de l'entrée du camp d'Auschwitz.

L'exposition se tient au Musée des Arts Contemporains de Téhéran. Le commissaire de l'exposition, Massoud Shojai, a dit que le concours aurait lieu tous les ans. "En fait, nous continuerons jusqu'à la destruction d'Israël", a-t-il dit.

L'exposition, qui comprend 204 dessins d'Iran et de l'étranger, s'est ouverte en août.

Le Brésilien Carlos Latuff et la Française Chard ont gagné ex aequo le deuxième prix de 8.000 $. L'Iranien Shahram Rezai, troisième, s'est vu remettre 5.000 $.

De nombreux musulmans avaient considéré les caricatures publiées par le journal danois Jyllands-Posten comme une violation des traditions qui interdisent la représentation en image du prophète. Le quotidien de Téhéran Hamshahri, co-organisateur de l'exposition, a dit qu'il voulait tester la tolérance de l'Occident à l'égard de dessins sur le meurtre par les Nazis de 6 millions de Juifs.

Paru dans Haaretz Trad. : Gérard pour La Paix Maintenant

La Paix Maintenant www.lapaixmaintenant.org

6.4 - Ouest-France fait l'éloge du voile islamique subventionné

Après le quartier Bellevue, est-ce que O-F ira étudier les tribus de bobos-réacs du boulevard Guist'Hau ?

On le sait, Lénine avait ses "idiots utiles" (des démocrates suffisamment sincères et naïfs pour se faire compagnons de route de l'URSS, avant d'être dévorés par les léninistes). Nous avons aujourd'hui des jeunes "convertis" à l'islam (islam réinventé, dont ils ne connaissent rien).

(Cf. reportage complaisant, "Ouest-France", édition de Nantes, ce matin 28 octobre 2006).

Sauf à mentir et à trahir l'éthique de Ouest-France, ce phénomène de conversion à l'islam ne peut pas s'étudier en faisant abstraction des conditions de vie concrètes des intéressés (ce qui veut dire : Ne pas prendre pour argent comptant leurs déclarations, mais croiser les angles d'enquête) :

- Jeunes garçons en échec scolaire, délinquants machistes, qui trouvent dans un islam réinventé à la fois une justification idéologique à leurs pratiques, et à l'enfermement de leurs compagnes, et une source appréciable de revenus, par la gestion des salles de musculation islamiques et de mosquées subventionnées par les collectivités locales, couplée avec la surveillance lucrative du trafic de stupéfiants, de contrefaçons et d'indemnités en nature d'indicateurs de police.

- Jeunes filles extrêmement opprimées et voilées, cherchant dans le mariage islamique un accès à une source de revenu qui leur a été interdite par trente années de dérégulation sociale en France.

Si vous voulez enquêter sur Bellevue, quitte à signer vos articles de quatre signatures, ne vaudrait-il pas mieux chercher à rencontrer ? :

- De vrais croyants musulmans, pratiquant la religion sincère, tolérante et mystique, du Maghreb traditionnel (et non celle des jeux vidéos ben-ladistes) ? Ca serait moins raciste.

- De vrais habitants de Bellevue, d'origine maghrébine et africaine, qui sur la foi des idéaux de la France républicaine, et des promesses du Conseil national de la résistance (CNR) de 1944, ont donné corps à la démocratie en se faisant libres-penseurs, laïcs, anticléricaux, insoumis courageux aux consignes des imams politico-lucratifs ?

Certes, ils n'oseront pas parler, mais pourquoi conforter la parole de leurs pions et de leurs bourreaux ?

(Nota : Si Ouest-France ne parvient toujours pas à se procurer une adresse d'imam payé par l'étranger, qui force méthodiquement les femmes nantaises à se voiler, contactez-moi, je vous renseignerai aussitôt. Il suffit de consulter la liste des mosquées actuellement subventionnées sous le titre de "centre culturel".)

Puis, quand vous en aurez fini avec l'entomologie condescendante de Bellevue, vous pourrez aller camper sur place pour étudier les tribus de bobos-réacs du quartier huppé de Guist'Hau, en centre ville, afin d'étudier les causes spécifiques de la délinquance en col blanc (corruption, abus de confiance, harcèlement moral, hypocrisie spécifique, argent sale, fuites fiscales, paradis fiscaux, etc.) A moins que vous ne vouliez éviter le racisme anti-bourgeois.

Cordialement et à votre disposition,

Luc Douillard

7 - Sectes

7.1 - Le gouvernement n'est pas si sectaire avec les sectes

Qui a dit que le fisc était sans pitié ? En octobre 2004, les Témoins de Jehovah étaient condamnés en cassation à un redressement salé : 45 millions (dont 22 millions de pénalités de retard) pour des dons non déclarés entre 1993 et 1996. Qu'on payé nos joyeux Témoins depuis ? Au mieux 10 % de la facture, alors que leurs recours successifs (en cassation, puis devant la Cour européenne des Droits de l'Homme) ne suspendaient pas l'application de la sanction. "Secret fiscal" oblige, Bercy reste bouche cousue sur le sujet.

Quant aux zélateurs de Jéhovah, l'un de leurs porte-parole affirme au "Canard" avoir versé "des sommes importantes", sans en préciser le montant, ajoutant que le fisc a opéré "une saisie conservatoire" sur des biens immobiliers.

Députés en rogne

Le 20 octobre dernier, lors d'une réunion de la mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), les émissaires des différents cabinets ont évoqué un possible "aménagement" de cette dette. Les pénalités de retard pourraient donc être revues à la baisse ! Mais pourquoi tant de sollicitude ? Si les "Jéhovistes", qui revendiquent 140.000 "proclamateurs", ne votent pas, ils sont fortiches en lobbying : leur ancien avocat, Alain Garay, est l'un des trois experts choisis par le quai d'Orsay pour représenter la France sur les questions de liberté religieuse à l'Organisation pour la sécurité et la coopération européenne. Mais ce maître du barreau assure qu'il n'a plus aucun lien avec la secte depuis cinq ans.

L'attitude un peu floue du gouvernement dans cette affaire commence à agacer, y compris dans la majorité : "On ne peut être que très surpris que le ministère des Finances ne mette pas la condamnation à exécution", grogne le député UMP Georges Fenech, président de la Commission d'enquête parlementaire sur les sectes et les mineurs. Laquelle rendra son rapport en décembre, et entend d'ici là obtenir des explications au ministère du Budget.

Les membres de la dite commission sont d'autant plus remontés qu'ils n'ont guère apprécié l'audition, mi-octobre, du chef du bureau des Cultes. Placé sous l'autorité du ministre de l'Intérieur, ce haut fonctionnaire a expliqué qu'en "l'état actuel de la jurisprudence, les Témoins de Jéhovah ont le droit de bénéficier du statut d'association cultuelle", statut qui donne droit à un régime fiscal plus favorable. Le conseil d'Etat a en effet reconnu le caractère cultuel de deux associations départementales des Jéhovah, dans la Nièvre et dans le Puy-de-Dôme. Mais les députés fustigent "l'interprétation extensive" que le bureau des Cultes tire de ces deux jugements.

La commission s'inquiète aussi de ce que Sarkozy pourrait faire du rapport que lui a remis, fin septembre, le professeur de droit Jean-Pierre Machelon. Ce document propose tout à la fois d'assouplir le statut des associations cultuelles et d'autoriser les communes à financer les lieux de culte. "A quand une Eglise de la scientologie financée par le maire du coin ?" s'étrangle le communiste Jean-Pierre Brard, maire de Montreuil.

"Il y a une certaine dérive à l'américaine chez Sarko, au nom de la liberté individuelle" estime le rapporteur de la commission, Philippe Vuilque, député PS des Ardennes. "Quand il reçoit Tom Cruise, Sarkozy sait très bien qu'il contribue à banaliser la Scientologie". Et qu'il ménage les Etats-Unis, qui voient dans la lutte antisectes de la France une atteinte aux libertés religieuses. Chacun ses gourous.

Isabelle Barré

Source : Le Canard Enchainé du 1er novembre

8 - débats républicains

8.1 - Souveraineté, souverainisme et nationalisme

Emission de Pascale Fourier

Interview de Jacques Sapir à écouter sur : http://dsedh.free.fr/emissions_passees.htm

Jacques Sapir

Source : www.des-sous-et-des-hommes.org

8.2 - Trois coups de gueule : Machelon, la délinquance et l'esprit soixante-huitard

"Commission de réflexion juridique sur les relations des cultes avec les pouvoirs publics".

Rapport en date du 20 septembre 2006, consultable ici:

Quelques réflexions toutes personnelles; mais STP Evariste n'indique pas mon nom, seulement mes initiales, si tu publies tout ou partie de cet article, je n'ai pas envie d'être "redekerisé" (ni que mon adresse mail soit spammée)...

1) Déjà le texte de la commission officielle ne me plaît pas dès la page 11 : pourquoi vouloir que l'islam ou les chrétiens évangélistes puisse se développer en France ? Je suis aussi en total désaccord avec les lignes directrices évoquées dès la page 15.

Je suis au contraire pour un durcissement de la loi de 1905, donc pour une quatorzième modification:

- abrogation du concordat en Alsace-Moselle ou en Guyane.

- suppression des aumôneries dans les établissements scolaires, les armées, les prisons (dans ce dernier cas, les représentants des cultes auront le statut des visiteurs de prisons).

- interdictions des signes religieux ostentatoires pas seulement dans les établissements scolaires (pour les élèves comme pour les parents ou les divers intervenants; ce qui n'est pas encore le cas pour les parents), ou les hôpitaux, mais également dans tous les lieux recevant du public (sur la voie publique comme dans les magasins, les théâtres, etc.).

- interdiction d'un financement public (état ou collectivités territoriales) soit pour des édifices soit pour des associations cultuelles (créées pour financer entre autres des lieux de culte).

- réglementation très stricte du financement des lieux de culte ou d'associations cultuelles par des associations ou des entreprises (ce ne doit en aucun cas être déductible d'impôts, ni ne doit être considéré comme du mécénat).

- réglementation très stricte du financement des lieux de culte ou d'associations cultuelles par des pays étrangers.

- réglementation très stricte concernant les représentants étrangers de cultes (primauté du droit républicain sur les obligations religieuses par exemple).

- suppression du financement public pour les écoles strictement confessionnelles, qui devront se "laïciser" sur le fond comme sur la forme.

- suppression des menus "religieux" dans les cantines des établissements scolaires, médicaux, publics (par exemple plus de repas "sans porc").

- Suppression de l'actuel CCCM, les musulmans devant s'organiser sans intervention de l'état.

- interdiction de porter plainte contre quelqu'un critiquant une ou plusieurs religions (comme par exemple le MRAP veut le faire avec l'islamophobie). Le délit de blasphème n'existe plus en France, il ne faut pas le réintroduire (ayons une pensée pour le Chevalier de La Barre, qui fut le dernier condamné à mort pour blasphème, décédé à Abbeville le 1er juillet 1766. La Révolution le réhabilita en novembre 1791...).

- suppression des "carrés religieux" dans les cimetières.

- renforcer l'apprentissage des notions républicaines à l'école, au collège, au lycée, en insistant sur la laïcité et la non-intervention des religions dans les affaires politiques et sociales. D'ailleurs les autorités de l'état (président, ministres, députés, sénateurs, etc.) devraient montrer l'exemple en ce qui concerne la séparation des églises et de l'état (et cesser cette connivence sournoise actuelle).

2) Par ailleurs j'en ai assez de l'angélisme de gauche ou de droite concernant la délinquance; je crois très importants les points suivants:

- ce n'est pas aux religions de traiter la question de la délinquance, contrairement à ce qu'affirme le rapport page 16 (rôle soit-disant social des religions).

- il faut renforcer les pouvoirs de la police, tout en créant de lourdes peines à ceux qui provoquent ou agressent des policiers, des gendarmes, des pompiers, et tout fonctionnaire public ou territorial (enseignant, personnel hospitalier, etc.).

- il est impératif de modifier l'ordonnance 1945 concernant les mineurs, entre autres en rendant les mineurs pénalement responsables dès l'âge de dix ans, et en les condamnant lourdement à partir de cinq infractions quelles qu'elles soient.

- il est nécessaire de renforcer les moyens pour les prisons, les centres éducatifs fermés.

- il faut obliger les juges à être moins laxistes et les rendre pénalement responsables en cas de faute (comme à Outreau par exemple, ou encore en cas de délais trop long pour une instruction, ou encore quand ils libèrent quelqu'un qui va commettre un délit peu après cette libération).

3) Autrement dit j'en ai assez de l'esprit post-soixante-huitard, de droite comme de gauche.

Je crois qu'il y a certes des droits et des devoirs, mais surtout la notion de réciprocité: on doit accorder à autrui ce qu'on demande pour soi, et surtout autrui doit en faire de même et de manière équitable, dans le respect de la forme comme du fond de la loi républicaine laïque.

Ainsi ce n'est pas aux français de s'adapter aux coutumes des étrangers vivant sur notre territoire, mais aux étrangers à se conformer strictement à nos lois et traditions. Il faut arrêter le mythe du melting pot concernant les lois de la République. D'ailleurs le melting pot ne peut être enrichissant que s'il y a aussi réciprocité dans le respect de valeurs, comme par exemple l'égalité des deux êtres humains: l'homme et la femme (ce qui n'est pas le cas de l'islam).

La citation de Saint-Exupéry "Si tu diffères de moi, loin de me léser tu m'enrichis" n'est valable que dans le domaine culturel ou philosophique, pas en ce qui concerne les lois républicaines laïques, qui au contraire demandent une certaine uniformisation "minimale commune". Ceci est trop souvent méconnu ou écarté des débats concernant la liberté, l'égalité, la fraternité, ou concernant les droits et devoirs, ou concernant les lois, etc.

Or ce n'est pas être réactionnaire que de rappeler ce qui précède, alors que les "post-soixante-huitards" sont plutôt réactionnaires, en ce qu'ils s'opposent à certaines notions d'ordre ou à certaines valeurs comme la laïcité, voulant au contraire "une laïcité ouverte" (comme si la laïcité était fermée par essence, quelle bêtise !), ou du multi-culturalisme (qui a fait preuve de son échec en France comme aux USA, ou en Angleterre qui fait "machine arrière" en la matière).

Je rejoins Voltaire quand il disait qu'il fallait être intolérant avec les intolérants. Il faut sortir du désir de consensus mou, pour au contraire affirmer "haut et fort" nos valeurs, quitte à s'opposer aux intolérants et autres dogmatiques, qu'ils soient politiques, philosophiques, ou religieux.

Le reste de mentalité judéo-chrétienne dans laquelle baigne encore notre société française fait que trop souvent sur des questions philosophiques ou religieuses, beaucoup de personnes ont tendance à "tendre la joue gauche quand on les frappe sur la joue droite" (métaphore catholique pour expliquer qu'ils cèdent devant ceux qui affirment très fort par la violence leurs principes), alors qu'il faut faire ce que disait Pierre Dac: "Si on te frappe sur la jour droite, ne t'occupe pas de ce que fait ton poing gauche".

Je suis bien conscient que ce que je viens d'écrire n'entre pas dans la ligne officielle des partisans de droite comme de gauche du "consensus mou"; mais je n'écris pas ceci pour être cité, simplement parce que cela correspond à mon état d'esprit actuel.

Je ne suis pas figé, arque-bouté sur des positions, mais je crois en un minimum incompressible d'ordre (en philosophie comme en politique). Et je sais ce qu'il est advenu de ceux qui se réjouissaient des accords de Munich en 1938; toutes proportions gardées, nous en sommes au même point maintenant concernant l'islam, l'immigration ou "les jeunes des cités". Un jour ou l'autre cela explosera, et pas seulement comme les violences urbaines de novembre 2005 en France. Et après, qui peut prédire ce qu'il adviendra ?

Simplement on ne pourra pas dire qu'on ne savait pas; moi j'ai écrit des choses ci-dessus, et d'ailleurs je ne suis pas le seul à les dire, tout ou partie. L'avenir dira si j'aurais été Cassandre ou non.

En prime une caricature

L. S.

9 - combat social

9.1 - Pouvoir d'achat, question centrale

Un salarié sur deux gagne moins de 1 377 euro (9 019 F)

C'est le salaire "médian" et non le salaire "moyen" qui est important.

En 2000, Le salaire mensuel médian brut était de 1 377 euro (soit 9 019 F) soit 1 428 euro pour les hommes (9 353 F) et 1 292 euro pour les femmes (8 462F)

Le salaire mensuel brut moyen à temps complet dans les entreprises de plus de 10 salariés était de 2 180 euro (ou 14 270 F) tandis que le salaire net moyen est de 1 700 euro (ou 11 135 F)

Un cadre a un salaire net moyen de 3 280 euro par mois (21 520 F) un ouvrier a un salaire net moyen de 1 250 net (8 180 F) proche d'un employé : ainsi un cadre gagne en moyenne 2,6 à 2,7 fois plus qu'un ouvrier ou un employé.

Le rapport entre les 10 % qui gagnent 868 euro nets par mois et les 10 % qui gagnent 2 688 euro nets est inchangé (égal à 3,1 c'est-à-dire 3,3 chez les hommes, 2,7 chez les femmes)

La part des primes avait diminué en 2000 : 86,3 % du salaire est fixe, 0,9 % provient d'heures supplémentaires et 12,8 % sont des primes. (Plus importantes chez les ouvriers et professions intermédiaires que chez les employés et les cadres...)

Huit millions de foyers fiscaux bénéficient de la "Prime pour l'emploi" (PPE) : 60 % isolés, 23 % couples mono-actifs, 73 % va à la moitié la moins aisée de la population... Cette prime a coûté 2,5 milliards d'euros en 2001. Cette prime est le fruit des impôts : ce sont des salariés qui la paye à des salariés... à la place de l'employeur qui, ainsi, n'a pas à augmenter les salaires.

Au total, 13,9 % des salariés au Smic, soit 2,68 millions dont moins de 4 % sont concernés par la garantie mensuelle. 9,9 % d'hommes contre 19,9 % de femmes sont au Smic. Dans les très petites entreprises (TPE), il y a 30,1 % de smicards alors qu'il n'y en que 4,7 % dans les entreprises de plus de 500 salariés.

Mais il y a 43,3 % de smicards dans l'hôtellerie-restauration !

Les inégalités se sont accrues. Environ 5 % de la population possède près de 50 % du patrimoine, et à l'autre bout de l'échelle, 10 % en possède moins de 1 %.

Le Monde du 24 février 2006 publiait un rapport de l'Observatoire national de la pauvreté : en 2003, 3 694 000 personnes vivaient en dessous du seuil de pauvreté avec moins de 50 % du revenu médian - soit 645 euro par mois pour une personne seule. C'est-à-dire 260 000 personnes de plus qu'en 2002. Si l'on prend le seuil retenu dans l'Union européenne - 60 % du revenu médian, soit 774 euro par mois - le chiffre est encore plus accablant avec 7 015 000 pauvres ! "7 millions de pauvres", comme l'indique le livre de Jacques Cotta.

Entre 1996 et 2002, on a observé une diminution quasi-constante de la pauvreté. S'il avait été loin d'engager une action à la hauteur pour prétendre résorber la pauvreté, le gouvernement de Lionel Jospin ne l'avait pas aggravée.

Le signal alarmant envoyé par l'Observatoire est que le mouvement est reparti à la hausse depuis le retour de la droite au pouvoir. Le taux de pauvreté, qui était, en 2002, de 5,9 % de la population française, est remonté à 6,3 % en 2003.

Les indicateurs complémentaires disponibles - envolée du nombre de bénéficiaires des minima sociaux ou de Rmistes - renforcent ce constat. L'Observatoire s'inquiète ainsi de la "grande précarité d'une large partie de la population, pour qui le moindre incident peut signifier un basculement dans une situation de pauvreté".

Avant l'élection présidentielle de 2007, la gauche doit promettre de remédier à ce fléau. En 2007, mieux qu'en 1995, elle doit dire aux électeurs comment elle va réduire pour de bon, la "fracture sociale".

9.2 - Chômage : Vérité quand les chiffres parlent ... la réalité est diffèrente !

Jeudi, 02 novembre 2006, (tous) Les chiffres du chômage

C'est le président Jacques Chirac qui, tout fier lundi soir a annoncé lui-même, dans une interview mise en ligne sur le site internet du Figaro, que le taux de chômage était enfin passé à 8,8%.

Voici ce que nos élus nationaux ont oublié au passage :

1) - Les décomptés.

2) - Les radiés

3) - Les dispensés de recherche d'emploi

4) - Les exclus de l'indemnisation

5) - Les emplois aidés et autres contrats sans avenir

- 212 000 CIVIS (Contrat d'Insertion dans la vie active),

- 47 000 contrats d'avenir,

- 166 000 contrats d'accompagnement dans l'emploi...

6) - Les plus de 78 heures par mois, les temps partiels.

7) - Les chômeurs invisibles

8) - Les Intérimaires :

Donc, chaque mois, depuis plus d'une année maintenant, "le chômage baisse"... Jusqu'à l'élection présidentielle de 2007, le chômage va baisser...

En réalité :

1 ) - Le chômage réel

L'INSEE estime qu'il y a de 5.848.000 chômeurs "équivalent temps plein" sur une population active occupée de 24.921.000 personnes. Pour 2005, il estime que le taux de chômage en équivalent temps plein est à 20,9%...

NB : le chiffre officiel du chômage ne tient compte que des demandeurs d'emploi de catégorie 1 (alors qu'il y en a 8), c'est-à-dire à la recherche d'un CDI et immédiatement disponibles (donc pas les stagiaires, les intérimaires, les vieux...). Ces demandeurs d'emploi "officiels" ne représentent que 57% de tous les inscrits à l'ANPE.

2) - Les précaires

Enfin, les médias oublient de dire que pendant ce temps le nombre des RMIstes a explosé : + 20% depuis 2002. 1,2 million d'allocataires du RMI (revenu minimum d'insertion, créé en 1988 et versé par la CAF) dont l'immense majorité ne peut plus aller à l'ANPE et échappe aux chiffres du chômage. Mais pas d'affolement : les conditions d'attribution du RMI vont se durcir. On aura enfin de vrais pauvres qui pourront vivre en bidonville.

ILS L'ONT DIT

Comité ATTAC Val D'Oise Sud-Est

Source : www.attac95se.org/

10 - société

10.1 - Défendre une langue qui unit tous les Français, la langue de la République

Communiqué de l'A.FR.AV

Madame, Monsieur,

Voici le courriel que nous venons d'envoyer aux députés et sénateurs français afin de leur faire part de notre profonde inquiétude devant l'anglicisation qui est en train de sévir partout dans notre pays et en Europe.

Madame, Monsieur le Sénateur,

Madame, Monsieur le Député,

Devant l'anglicisation qui prend des allures folles désormais,

Et en vue de l'élection présidentielle de 2007,

Nous avons l'honneur de vous demander de bien vouloir vous mobiliser pour arrêter l'anglicisation de notre pays et de l'Europe.

et, PARCE QUE C'EST :

La langue de la République,

La langue de la Francophonie,

une langue contre-pouvoir au tout anglais,

nous vous demandons d'agir pour une politique volontariste

en faveur de la langue française et de la Francophonie.

- Langue de la République et non langue d'une communauté ethnique, régionale ou religieuse, elle unit les Français entre eux au-delà de leurs différences. Les Corses, les Bretons, les Provençaux, les Basques, les Alsaciens, les Occitans, jusqu'aux Français d'Outre-mer, sont alors tous rassemblés et solidaires à travers elle pour plus de Liberté, d'Égalité et de Fraternité.

- Langue de la Francophonie et non langue d'une seule nation, nous l'avons en partage avec plus de 60 pays de par le monde. Du Québec au Sénégal, du Togo à la Roumanie, du Maroc aux Comores, de l'Acadie au Vietnam, des Marquises au Vanuatu, elle nous permet de vivre l'international en français, de tisser des liens fraternels tout autour de la terre, de favoriser le dialogue entre pays riches et pays pauvres, d'aider au développement solidaire.

- Langue contre-pouvoir au tout anglais, elle est, dans le contexte actuel de la mondialisation de l'économie, une arme de lutte contre l'uniformisation du monde par l'anglais. Entre communautarisme et mondialisme, entre tout ayatollah et tout Coca-Cola, elle est un juste milieu. Et si la liberté, c'est d'avoir le choix, alors, au nom de la liberté, la langue française doit à son niveau, et avec d'autres langues, contribuer à ce qu'il y ait toujours le choix, dans la communication internationale, de pouvoir s'exprimer autrement qu'en anglais.

S'il vous plaît, osez dire "NON" à tous ces capitulards :

À Yves Daudigny, Président du Conseil général de l'Aisne, pour son "Aisne, it's open"

À Georges Frêche, Président du Conseil Régional du Languedoc-Roussillon, pour son "South of France"

À Gérard Bailly, Président du Conseil général du Jura, pour son "Made in Jura"

Et, s'il vous plaît, osez dire "NON" aussi à l'Europe qui parle américain :

Et oui, au cas où vous ne le sauriez pas encore, maintenant, il va y avoir "Together - Since 1957", le logo officiel de la Communauté européenne pour fêter les 50 ans du Traité de Rome.

Nous autres, occitans francophones, savons que l'on peut perdre une langue puisque nos ancêtres ont perdu leurs dialectes au profit du français au siècle dernier.

Aujourd'hui avec l'anglais impérial, nous avons l'impression que l'on nous refait le coup de la langue. Avec le français, c'était au nom de la République ; avec l'anglais, ce serait au nom de la mondialisation. La seule différence, c'est qu'au nom de la République, on demandait aux peuples des Régions de s'unir pour former un seul peuple pour le bien de ces peuples ; la mondialisation, elle, demande aux peuples de disparaître, non pas pour leur bien ou pour plus de démocratie (la démocratie à l'échelon mondial ne veut plus rien dire), mais pour ne former qu'un magma uniforme où seules gouverneraient, à l'échelle du monde, la finance internationale et les multinationales apatrides qui rêvent, comme tout dictateur, que d'une seule monnaie, que d'une seule langue, et que d'une seule pensée (pensée unique).

Dans ces conditions et afin de casser cette dictature en préparation, merci pour vos actions - et il y a urgence - pour la langue française, pour la Francophonie, pour le respect du plurilinguisme, pour la lutte contre le tout anglais et pour vos actions, aussi, contre le bilinguisme langue nationale-anglais, vraie insulte pour les autres grandes langues d'Europe telles l'allemand, l'espagnol et l'italien.

Dans l'attente, recevez, Madame, Monsieur le Sénateur, Madame, Monsieur le Député, l'expression de toute notre considération.

Régis Ravat Président de l'A.FR.AV
www.francophonie-avenir.com

11 - à lire

11.1 - Ils sont votre épouvante, et vous êtes leur crainte, de Thierry Jonquet

Editions Le Seuil 344 pages 18 euros

Depuis 1982, Thierry Jonquet nous régale de polars où l'engagement politique n'est jamais loin.

Tous ses livres sont de qualité, mais je retiendrai "Le nouveau pauvre est arrivé", en 1990, un délire inoubliable contre l'abbé Pierre, "Rouge c'est la vie" en 1998, avec une gentille ironie contre Lutte ouvrière, où il a débuté son militantisme, "Jours Tranquilles à Belleville", en 2000, qui l'a rendu suspect aux yeux de ses anciens amis, où il déplore la lente dégradation de son quartier, et "mon Vieux" en 2004.

L'auteur est une des vingt personnes de gauche qui a commenté, en quelques pages, le rapport Obin. Sa contribution, sous forme d'un cri de colère contre la montée de l'islamisme à l'école, est remarquable, comme le texte de Jean-Paul Brighelli, sur les femmes, et celui de Patrick Kessel sur le communautarisme.

Son dernier livre se situe entre septembre et décembre 2005, dans une municipalité communiste imaginaire du 93. Certains jugeront sans doute que cet ouvrage est un ensemble de caricatures, contribuant à vouloir stigmatiser les populations pauvres issues de l'immigration.

Pourtant, ce livre, qui est un roman, est tout sauf une fiction.

A l'école publique, d'abord, où une jeune enseignante, de famille militante de gauche, fait ses premières armes dans un collège.

Dès son premier cours, elle découvre le niveau catastrophique d'une classe où la très grande majorité des élèves sont blacks et beurs. La sous-culture catastrophique de ces jeunes, leur incapacité à rester concentrés, et la violence permanente qui les oppose entre eux, notamment par la présence d'un colosse de dix-sept ans qui terrorise tout le monde et rend impossible tout travail scolaire.

La lâcheté de la direction de l'établissement, qui ne veut surtout "pas de vagues". La démission de la majorité des enseignants, qui préfère regarder ailleurs, espérant conserver un semblant de tranquillité en échange de leur capitulation.

La résistance citoyenne et républicaine de quelques-uns, sans illusion sur leur hiérarchie, sans illusion sur la déléguée FSU, mais qui s'organisent quand même, en cachette, pour limiter les dégâts et protéger une enseignante juive des propos antisémites tenues dans sa classe. Le rôle complice et criminel de l'enseignant "Indigène de la République", qui vend le journal trotskiste "l'Etincelle", et qui cautionne, voir encourage, les débordement antisémites, en expliquant qu'avec tout ce qui se passe en Palestine, c'est normal que les jeunes réagissent ainsi à l'école.

La ville est partagée en trois cités. L'une est tenue par une famille algérienne, spécialisée dans le trafic de shit, l'autre par un proxénète d'origine sénégalaise, la troisième par un trafiquant d'héroïne issu du milieu traditionnel. Aucun n'a intérêt à ce que la police ne mette son nez dans leur quartier. Ils font régner la paix pour protéger leurs trafics, et respectent le territoire de l'autre. Ils se montrent généreux avec la municipalité. Les émeutes de novembre mettront en péril cet équilibre, les jeunes commençant à incendier des véhicules.

Le rôle de l'imam salafiste est bien sûr incontournable. Depuis quelques années, il a lentement convaincu les hommes que leurs femmes devaient cacher leurs cheveux. Le voile est donc de plus en plus omniprésent dans les trois cités. Il est consulté sur tout, et veille à faire régner l'ordre moral : opérations punitives contre des jeunes surpris avec des revues pornographiques, contrôle politique sur les populations. Lui aussi sait se montrer rassurant avec la municipalité, pour obtenir les contreparties utiles. Il joue la stratégie du temps : ne pas provoquer inutilement, avancer pas à pas : "la patience est la première vertu du combattant" répète-t-il à ses ouailles pressées d'en découdre.

La droite, dans une localité voisine, joue bien sûr la stigmatisation des populations issues de l'immigration, en s'appuyant sur les juifs orthodoxes loubavitch, qu'elle subventionne généreusement. Chacun son ghetto, en fonction de ses origines et de sa classe sociale !

La situation est-elle donc désespérée ? Les résistants sont rares. Outre quelques enseignants, qui n'ont pas peur de se faire crever les pneus de leur voiture, on y voit des policiers de gauche, à la culture très républicaine, qui veulent à tout prix faire tomber les petits caïds locaux.

Ils s'appuient, pour cela, sur les derniers habitants du quartier encore capables d'un sursaut. Certains qualifieraient peut-être de "petit blanc" ce délégué syndical CGT qui est le seul à se battre contre l'insupportable quotidien qu'il subit. Ses larmes, quand son entreprise flambera, pendant les émeutes, ainsi que sa voiture, et sa haine contre des pouvoirs publics qui l'abandonnent, lui et les siens, sont un grand passage de ce livre, comme la démission d'un enseignant qui, la cinquantaine approchant, décide de quitter l'Education nationale, jugeant qu'il s'est trompé de discours depuis vingt ans, et qu'il vaut mieux qu'il arrête avant de mettre son poing dans la figure d'un élève.

Un substitut, de culture de gauche, incarne lui aussi la volonté de reconquérir les territoires perdus de la République. Un temps ébranlé, il puisera dans la lecture de Marx sur le lumpenprolétariat les arguments pour ne pas faiblir et ne pas se montrer lâche. Il n'aura aucun état d'âme, lorsqu'il devra juger à la chaîne les émeutiers qui se sont fait prendre, à les sanctionner durement.

Ce livre est par ailleurs très pessimiste. On se dit, quand on l'a refermé, que les discours contre les Juifs, contre les femmes, contre la laïcité, l'identification au conflit israélo-palestinien, véhiculés par les religieux et leurs complices, vont occasionner des dégâts pendant longtemps, et sont autant de bombes à retardement déposés dans ces territoires perdus de la République.

L'espoir, dans ce livre, est longtemps incarné par un jeune beur particulièrement doué, qui veut s'en sortir par les études. Mais il est travaillé par des islamistes radicaux, qui lui expliquent, cassettes à l'appui, que tous les malheurs du monde viennent des Juifs. Sa cousine, séduisante, courageuse, battante, montre une détermination sans faille pour s'en sortir par le travail. Elle refuse de subir la pression des religieux et des petits machistes, elle veut réussir, et refuse le statut de victime qu'on veut lui octroyer d'autorité.

Quelques agents de l'Etat, enseignants, policiers, juges, quelques citoyens n'ayant pas définitivement capitulé, et quelques jeunes, surtout des femmes, qui ont compris que ce sont les études qui les empêcheront d'être au RMI toute leur vie, cela fait un bien faible rayon de soleil, dans l'univers très sombre que décrit Thierry Jonquet, mais il existe.

L'auteur est resté un militant, sa façon de parler de toutes les mobilisations des années 1970 à 2000 le montre. Mais il n'accepte pas la connivence entre certains de ses anciens camarades trotskistes et les intégristes islamistes.

Fondateur de Ras'l'Front, dans les années 1990, pour lutter contre la montée du Front national, Thierry Jonquet fait partie de ces trop rares militants de gauche capables de lier, dans ses livres, le nécessaire combat contre tous les fascismes, et son refus de tous les racismes.

Son ironie contre ses anciens camarades fascinés par Tariq Ramadan n'en est que plus mordante, et salutaire. Surtout qu'il continue d'écrire.

Pierre Cassen

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