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  1. chronique d'Evariste
    1. José Bové et la dérive des faucheurs volontaires, par Évariste
  2. Débat autour du soutien à Robert Redeker
    1. Manifestation de soutien à Robert REDEKER, par ReSPUBLICA
    2. Ekin Deligöz, députée allemande, menacée de mort, par Michel Naud
  3. Droit à la sureté
    1. Les dégâts du discours victimaire, par Caroline Brancher
    2. Victimes des "victimisés", par Guy Konopnicki
    3. Les pauvres n'ont d'autre espoir que la République, par Claude Barratier
    4. Bravo à Philippe Jérôme, journaliste à l'Huma, par Mireille Popelin
  4. néo-libéralisme
    1. La réécriture du Code du travail est relancée, par Capital.fr
  5. débats républicains
    1. L'affaire Bombardier : une scandaleuse leçon de choses, par François MORVAN
    2. "La France invisible " de Stéphane Beaud - Joseph Confavreux Jade Lindgaard, par Mireille Popelin
  6. laïcité
    1. Quand Jean-Paul Huchon adresse ses voeux aux musulmans d'Ile-de-France, on se croit vraiment au XVe siècle !, par Jeanne Bourdillon
    2. Interview de José Bové sur oumma.com, par Yann Barte
  7. combat laïque
    1. Le site atheisme.org a dix ans, par Jocelyn Bézecourt
    2. Hold-up de l'enseignement privé sur l'argent des contribuables, par Francesca Ferre
    3. Se battre ensemble " sur les Marches de l'Empire ", par Robert Albarèdes
  8. combat féministe
    1. Solidarité avec les femmes polonaises, par Jocelyne Clarke
  9. courrier des lecteurs
    1. J'ai vraiment aimé le dernier numéro, par Jacqueline Peltier
  10. Sectes
    1. "Il serait dangereux de reconnaître les Témoins de Jéhovah comme un culte", par Julie Lasterade
  11. Proche-Orient
    1. La crise est grave et le silence assourdissant Gideon Samet, par Gidéon Samet
  12. à lire
    1. COUP DE PUB: Les musulmans m'ont tué, par Messaoud Bouras
    2. Résistances irakiennes: contre l'occupation, l'islamisme et le capitalisme, par Nicolas Dessaux, par Hakim Arabdiou
  13. Agenda

1 - chronique d'Evariste

1.1 - José Bové et la dérive des faucheurs volontaires

Après la révélation le 06 septembre 2005 par Le Figaro que les cultures commerciales de plantes génétiquement modifiées (PGM) avaient repris en France, le mouvement des "faucheurs volontaires" a continué ses actions en les étendant aux parcelles commerciales et à leur production.

Cela a pour conséquence un profond changement dans la portée de ces actions. D'abord "éducatives", lorsqu'il s'agissait de faire connaître la réalité des PGM, ces instruments de profit et de domination imaginés par l'agro-bio-industrie, elles se radicalisaient en s'en prenant indistinctement aux parcelles expérimentales de la recherche scientifique publique et aux parcelles des conglomérats industriels.

Mais jusqu'alors, les actions se situaient dans une culture de lutte sociale, en s'en prenant à des symboles visant directement les promoteurs de l'objet du combat.

Dès lors que les cultures commerciales dépassaient plusieurs centaines d'hectares, non soumis à déclaration et à la publicité de leur localisation, s'en prendre à des petits lopins de quelques ares n'avaient plus grand sens pour qui ceux qui prétendaient éradiquer le mal.

La tradition, et l'éthique du mouvement social veulent qu'il ne se retourne pas contre une partie de ceux qui en constituent la base potentielle. Pourtant, les faucheurs volontaires s'en prennent désormais aux champs et aux récoltes des agriculteurs qui cultivent des PGM. Parmi les faucheurs, nombreux sont les bobos et les gauchistes néo ruraux. Mais il y a aussi quelques agriculteurs, pas tous surmédiatisés et candidats à la candidature pour les présidentielles de 2007.

Ainsi, menés par José Bové, ils viennent de s'en prendre à un silo de maïs GM, dont le contenu était déjà vendu et prêt à être exporté. Le contenu du silo a été arrosé avec du brou de noix, ce qui l'a rendu impropre à la consommation. L'agriculteur propriétaire du silo a alors tiré un coup en l'air avec son fusil de chasse, puis, après avoir été désarmé, a foncé à bord de sa voiture sur des véhicules des manifestants.

Alors bien-sûr, on peut critiquer ceux qui, aujourd'hui, cultivent des PGM. Mais doit-on s'en prendre à leur outil de travail, au fruit de leur travail, ou bien doit-on chercher à obtenir par la mobilisation populaire et le rapport de force le grand débat national que mérite ce sujet, et une Loi qui transpose la directive européenne 2001/18 sur la dissémination volontaire d'organismes génétiquement modifiés dans l'environnement (le retard pris par la France lui a valu d'être condamnée par la Cour de Justice des Communautés Européennes).

Si José Bové pense que s'est en dressant les agriculteurs les uns contre les autres et en provoquant la violence dans cette confrontation qu'il empêchera les PGM de proliférer en France, il se trompe gravement. Cette violence n'est pas légitime. Cette fracture au sein des agriculteurs ne peut que réjouir les industriels qui vont pouvoir en jouer pour mieux diffuser leurs PGM. Ils sont d'ailleurs en partie responsables de l'évolution des cibles des faucheurs par leur acharnement judiciaire. Désormais, les faucheurs ne risqueront plus de se faire saisir leurs comptes bancaires, leurs nouvelles cibles n'en auront pas les moyens.

Heureusement que José Bové n'a pas eu la même dérive lorsqu'il s'en prenait à la malbouffe et aux Mac Do ! Imaginez la scène : à la sortie d'un fast-food, José Bové arrosant le hamburger et les frites d'un gamin pour les rendre immangeables...

Évariste Pour réagir aux articles,
écrire à evariste@gaucherepublicaine.org

2 - Débat autour du soutien à Robert Redeker

2.1 - Manifestation de soutien à Robert REDEKER

Chrétiens, Juifs, musulmans, agnostiques, libres penseur... de droite comme de gauche, enfants d'Abraham et de Marianne...

Soyons nombreux à défendre ce que nous avons de plus cher :

la République, la Laïcité, la Démocratie, la Liberté, la Paix Civile

En soutien à Robert REDEKER, Pour la loi, le droit républicain, pour la liberté d'expression

Avec la participation de :

mercredi 15 novembre 2006 à 20h salle Jean MERMOZ - Toulouse. Ile du Ramier - Allées Gabriel Bienes - 31400 Toulouse Entrée libre A l'initiative de :

CHARLIE HEBDO, Ni Putes Ni Soumises, Les Temps Modernes, La Règle du Jeu, Le Meilleur des Mondes, La LICRA, Le CRIF, Le CLUB des 1000, Le Cercle Léon BLUM, UEJF, SOS RACISME, Amis de Respublica, ...

Signez la pétition de Respublica : www.petitionredeker.info

ReSPUBLICA

2.2 - Ekin Deligöz, députée allemande, menacée de mort

Cette jeune députée allemande des Grünen, née en Turquie dont elle a conservé l'orientation laïque, naturalisée allemande, a déclaré, dans une interview à Bild (15 octobre) à l'intention des femmes voilées d'origine turque :

Citation: "Rejoignez notre époque, rejoignez l'Allemagne et enlevez votre foulard"

Devant le flot de critiques et de menaces, Ekin Deligöz, a du être placée sous la protection de la police fédérale. Signe des temps, Ekin Deligöz a déclaré :

Citation : "J'aurais souhaité davantage de solidarité de la part des démocrates musulmans, mais ils m'ont dit que j'étais seule responsable de ce qui m'arrivait "

Qui est Ekin Deligöz ?

Sur Wikipédia: Ekin Deligöz (née le 21 avril 1971 en Turquie), est une politicienne allemande d'origine turque. Elle a été élue pour le parti des Verts au Bundestag en 1998 et réélue en 2002 et le 18 septembre 2005. Cette diplômée en sciences administratives est née en 1971 en Turquie, son arrivée en Allemagne date de 1980. Elle est devenue citoyenne allemande en février 1997 et a été élue au Bundestag pour les Verts un an plus tard. Elle a été réélue en 2005 sur la liste à la proportionnelle à Neu-Ulm (Bavière), où la liste des Verts a obtenu 6,4% contre 5,8% en 2002.

Michel Naud Initiateur du réseau brightsfrance.free.fr/

3 - Droit à la sureté

3.1 - Les dégâts du discours victimaire

Suite au bus pris dans un guet-apens et incendié à Marseille et où une jeune femme a été gravement brûlée à plus de 60%, la réaction de certains élus et journaux, qui essaient, une fois de plus, de déresponsabiliser les auteurs d'actes très graves, laisse ... sans voix :

Dominique Voynet a déclaré que " Les incendiaires du bus de Marseille étaient sans doute déconnectés de la réalité ", cherchant par là à trouver des excuses à des actes de pure sauvagerie.

Il est peut être trop tôt pour le dire (seule l'enquête en cours le dira) mais ces jeunes ont certainement agi par mimétisme par rapport aux bus incendiés en région Parisienne la semaine du 24 octobre (comme c'est très souvent le cas dans les violences urbaines, chaque cité faisant la " compétition " avec la cité voisine)

Et, sauf très sérieux problèmes psychiatriques, on fera difficilement gober que ces jeunes n'avaient pas pleinement conscience des blessures qu'ils allaient occasionner lorsqu'ils ont arrosé d'essence l'intérieur d'un bus rempli de passagers ... La pilule est en effet un peu grosse à faire avaler.

Dominique Voynet préconise une solution sur le " long terme " mettant " le paquet sur l'éducation " ... le même discours creux et angélique que l'on rabâche depuis 30 ans et à tel point que ça en devient lancinant.

L'Humanité, sous la plume de Pierre Laurent, déclare : " on constate qu'une fois de plus, c'est la population des quartiers populaires qui paie l'addition de la tension, des provocations et des surenchères "

Comme si la tension ou les provocations justifiaient en retour que des bus et ses passagers soient arrosés d'essence puis incendiés (passagers qui, en plus, n'y étaient pour rien ... )

Pierre Laurent poursuit sur cette déclaration d'une bêtise affligeante : " La vie brisée de la jeune Mama Galledou place une fois encore le gouvernement devant ses responsabilités. Prendra-t-il enfin la mesure des urgences ou préférera-t-il de nouveau jouer avec le feu ? "

Mais qui jouent avec le feu si ce n'est ceux qui ont brisé la vie de Mama ? Qui sont les premiers responsables si ce n'est les incendiaires du bus eux mêmes ?

Par ailleurs, si on peut reprocher beaucoup de choses au Gouvernement, comment résoudre en 1 an des problèmes qui perdurent depuis plus de 20 ans et où les gouvernements de gauche comme de droite ont tous échoués et sont donc tous responsables ?

Rappelons un certain nombre de choses :

La précarité et le chômage peuvent pousser des jeunes sur le chemin de la délinquance (économie souterraine dont trafic de drogue, vol) Cette délinquance là peut (et doit) être combattue par la prévention. Combattre les discriminations, dynamiser l'emploi dans les quartiers peut permettre à une jeunesse en mal de vivre de retrouver espoir en l'avenir et d'enrayer la spirale de la violence. C'est indéniable.

Dans le cas présent, il s'agit d'actes de sauvagerie à l'encontre de la population.

Ces actes extrêmement graves sont le fait d'une minorité ultra violente qui sévit dans les quartiers populaires.

Cette minorité n'est motivée que par la haine, la rage, le rejet des institutions et de toute autorité.

Si ces jeunes ultra-violents cherchaient à " casser " du flic et du pompier, ils agressent aujourd'hui avec une violence inouïe la population, preuve que certaines tensions entre jeunes et policiers ne suffisent plus à expliquer la flambée de violence ...

Pour cette minorité ultra violente, tout sert de prétexte pour déchaîner sa haine contre l'autre.

Depuis des années, les voitures brûlent chaque 31 décembre ou 14 juillet alors qu'il ne s'est pourtant rien passé la veille qui aurait pu pousser les jeunes à la révolte (comme ça a été le cas l'an dernier avec la mort des deux jeunes électrocutés) Pour cette minorité ultra violente, il ne faut pas se leurrer : les difficultés sociales et la précarité ne sont qu'un prétexte de plus.

Pour en revenir aux attaques de bus, l es actes d'incivilité à l'encontre des chauffeurs (insultes, crachats, jets de pierre) existent depuis 15 ans. Ces attaques viennent seulement de franchir un degré de plus ce qui était prévisible puisqu'on ferme les yeux depuis 15 ans.

L'ultra violence n'est que le triste résultat de 30 ans de laxisme et de laisser aller par les mêmes qui parlent de " dialogue " et de " prévention " et dont le mot d'ordre est, à chaque incident grave, " de ne surtout pas faire de vague ".

Les supplices de Sohane et Schéhérazade toutes deux brûlées vives, le massacre à coups de pierre de Gofrane, la torture à mort d'Ilan dans une cave, les viols collectifs à travers l'histoire de Samira Bellil, l'extrême violence de certains émeutiers en novembre 2005 qui ont jeté des boules de pétanque sur des policiers (et ça, ça s'appelle une tentative d'homicide et pas une " révolte "), les lynchages au moment des manifestations lycéennes de 2005 et anti-CPE de mars 2006, les policiers battus presque à mort le mois dernier, ont démontré que les limites étaient largement dépassées.

Toutes ces horreurs auraient dû servir d'électrochocs et ouvrir les yeux sur une délinquance de plus en plus violente frisant davantage avec la barbarie et la sauvagerie que la délinquance classique.

Mais depuis plusieurs jours, le discours victimaire est de nouveau en marche : c'est la faute aux médias qui sont allés les exciter, c'est la faute à Sarkozy qui a supprimé la police de proximité, c'est la faute aux discriminations et au chômage. Que voulez vous ces jeunes sont des victimes !

On peut bien sûr reprocher aux médias la façon dont ils abordent l'information cherchant surtout à faire du sensationnel.

On peut reprocher à Sarkozy d'avoir supprimé la police de proximité qui avait une certaine utilité.

Le chômage et les discriminations provoquent un sentiment d'exclusion qui peuvent pousser à la délinquance voir la révolte. Tout cela est vrai.

Mais, malgré tout, chacun est responsable de ces actes et les premiers responsables des violences restent leurs auteurs eux mêmes. Qu'ils assument.

Victimiser et déresponsabiliser des délinquants ultra violents ne fait que les conforter dans un sentiment d'impunité qui les encourage à toujours repousser plus loin les limites.

S'entêter comme un âne à parler de " discriminations " et de " précarité " pour expliquer des gestes de barbarie, c'est replacer des auteurs d'actes très graves dans le rôle de victimes alors que ce sont d'abord des bourreaux.

Ceux qui tiennent ce discours victimaire depuis des années, discours aussi abrutissant qu'absurde, sont davantage responsables de la situation actuelle que le Gouvernement qu'ils accusent pourtant de tous les maux !

Pourquoi ce discours victimaire d'ailleurs ?

Revenons sur les manifestations lycéennes de 2005 : des jeunes noirs issus des quartiers difficiles étaient venus passer à tabac des blancs au cri de " sale face de craie "

On y a vu également des casseurs détruire des portables sous les yeux de leurs propriétaires après les en avoir dépossédés. Ceci exclut donc la précarité comme étant la motivation première des casseurs ... Pourtant, sans aucune honte, les élites bien pensantes ont expliqué ces lynchages par la " précarité " ...

Et si ça avait été le contraire c'est à dire des blancs tabassant des noirs et détruisant leur bien, est-ce que nos " élites " auraient mis cela sur le dos de la précarité et de la pauvreté ? Non. Ils auraient tous à l'unanimité hurlé au racisme et au fascisme. Dans un cas, c'est la " précarité ". Dans l'autre cas, c'est le " racisme ".

Des circonstances atténuantes sont systématiquement trouvées à des délinquants du fait de leurs origines ethniques ou sociales. Les bien pensants pensent-ils que ces jeunes, du fait de leurs origines, sont des décervelés qui ne savent pas s'exprimer autrement que par la violence ? Et que ça les excuse par avance de tout ? N'est-ce pas finalement là ... une nouvelle forme du racisme ?

Aucune raison ni aucune injustice subie par le passé ne justifiera jamais de brûler vif un être innocent. Il n'y a donc pas à " excuser " ou " dialoguer " avec des auteurs d'actes barbares, il y a simplement à appliquer des sanctions exemplaires et dissuasives pour tous ceux qui seraient tentés de les imiter.

Si la prévention est nécessaire (à travers l'emploi, l'éducation, les associations citoyennes), elle ne peut être efficace que si elle s'accompagne de répression lorsque cela s'avère nécessaire.

Si l'Etat n'est pas capable d'enrayer la délinquance dans les quartiers difficiles et de sanctionner durablement la violation des lois, voici ce qui va se passer :

Caroline Brancher

3.2 - Victimes des "victimisés"

Essayons d'imaginer ce qui se produirait si des commandos réputés d'extrême droite s'en prenaient aux travailleurs, dans les transports en commun, à ceux qui les conduisent comme à ceux qui les empruntent. Que dirait-on si ces fascistes affichaient leur mépris de la collectivité en incendiant de autobus indispensables au service public? Et si, d'aventure, une étudiante noire, immigrée venue du Sénégal, se trouvait victime d'une de ces agressions? Nous verrions s'exprimer la colère légitime de tout un peuple. Tout ce que la France compte de dirigeants de gauche et d'extrême gauche, de syndicalistes et de responsables associatifs se disputeraient la tête des manifestations.

On ferait même une journée de grève nationale, en solidarité avec les salariés, les usagers des transports en commun, avec les habitants des quartiers " sensibles ", que l'on isole un peu plus en les coupant de ce précieux fil qui les relie à la ville. Et les foules défilant pour défendre les travailleurs contre les voyous brandiraient le portrait de Mama Galledou, figure emblématique des jeunes Africains venus étudier à Marseille. Bon élève du lycée de Dakar, elle a voulu devenir médecin, travaillant au passage dans un hypermarché... Seulement, Mama a été victime des " victimisés " ! Elle n'a droit qu'à des petits mots navrés, noyés dans un flot de déclarations exprimant la compassion pour ces jeunes que l'on n'a pas toujours écoutés, un après les fameuses émeutes des banlieues.

Les émeutes avaient débuté à la suite d'un autre drame, la mort tragique de deux adolescents de Clichy-sous-Bois. Les embuscades, les incendies d'autobus " célèbrent " donc l' " anniversaire ". Sans doute est-il légitime de demander au gouvernement et à son ministre de l'Intérieur des comptes de son action depuis cette époque. Ce qui l'est moins, c'est d'attribuer la responsabilité des violences d'aujourd'hui aux responsables politiques tous confondus, aux maires des banlieues, ou même à Nicolas Sarkozy.

Des bus ont été attaqués, incendiés, et sauf à nous prouver l'existence d'une manipulation destinée à entretenir le climat, il y a bien des incendiaires. Or, les protestations ne visent pas les auteurs de ces actes intolérables ! Tout viendrait donc du contexte social, quand on n'invoque pas l'humiliation des descendants de colonisés ! Mais la prisonnière de ce bus en flammes, Mama Galledou, n'est-elle pas issue de la même histoire ? Tout comme une autre, Sohane, immolée à Vitry. Ou comme ce gamin d'immigré, flingué par des racailles à La Courneuve.

Qui sont donc ces gens dont les ennemis sont les femmes, les passagers, les personnels des transports ou les agents des services publics ? Leurs actes dessinent une idéologie faite de haine pour tout ce qui est social et collectif, de mépris envers ceux qui, vivant dans les mêmes cités, travaillent, étudient et se déplacent en bus. On ne touche pas au coupé sport du caïd. On crame l'autobus.

L'idéologie de la pègre n'a jamais été différente, une violence exprimant la frustration de ne pas avoir accès au monde du fric. Le plus sûr moyen d'enfoncer les banlieues dans leur marasme, c'est de considérer la violence des voyous comme un signe de la révolte des " jeunes ". Ceux qui nous servent cette ânerie iront bien sûr manifester, quand le résultat de la prochaine élection présidentielle ressemblera à celui du 21 avril 2002. Encore quelques incendies, suivis de déclarations appelant à comprendre " les jeunes ", et nous verrons de belles manifestations contre le fascisme !

Au fait, de quoi Mama Galledou a-t-elle été victime ?

Guy Konopnicki

Source : Marianne du 4 novembre

3.3 - Les pauvres n'ont d'autre espoir que la République

Jeunes ou vieux, dans les banlieues ou en Corse, ou dans les paradis fiscaux, les mafieux ont des points communs: ils agissent masqués, s'expriment par la violence physique ou financière, ils peuvent tuer.

Quelques jeunes cagoulés de certaines banlieues nous montrent à la loupe la situation de notre pays qui n'est pas le seul dans ce cas. Là où recule la République et ses exigences d'égalité, de solidarité(la fraternité) vient s'installer naturellement le fascisme. Il est urgent d'agir avec la plus grande fermeté pour rétablir la République laïque, non discriminatrice, sociale, pour que tous les délinquants soient recherchés, jugés et punis de la même manière, en évitant à la fois le laxisme compréhensif envers les puissants, et l'acharnement stupide envers les désespérés.

Les pauvres issus de l'imigration récente ou non, aspirent aux valeurs que nous partageons, nous avons besoin d'eux, les violents du jour leur font plus de mal à eux qu'à la majorité des Français. Rapprochons nous d'eux. Ils ont besoin de nous.

Claude Barratier

3.4 - Bravo à Philippe Jérôme, journaliste à l'Huma

Ayant acheté l'Humanité ce samedi 4/11/2006, je n'en crois pas mes yeux !

Une manifestation (photos) de jeunes qui protestent contre une arrestation policière, l'un rit en brandissant une pancarte (je copie textuel) : " relachez les innocent " et " Stop à la Guestapo "

Deux femmes crient, l'une " S'ils ne le relâchent pas, je me jette du 7e étage " C'est la mère d'un des jeunes arrêtés. Et l'autre, la tante, hurle que son neveu " n'a rien fait " "Il s'ensuit un rassemblement qui a quelque chose d'indécent , à deux pas de l'endroit où Mama a été brûlée vive "

C'est le journaliste de l'Huma qui écrit ces lignes, bravo à Philippe Jérôme qui exprime ainsi son indigation au nom de son journal. Va-t-on le soupçonner d'être raciste et islamophobe ?

Heureusement,le journaliste continue : il y a aussi des éducateurs et des citoyens qui n'approuvent pas cette manifestation " la misère, ça n'excuse pas qu'on brûle un bus avec des gens dedans "

Et j'ajouterai,quant à moi, que soutenir par une manifestation des jeunes qui peuvent être des responsables de la violence qu sein du peuple,est une sorte de complicité d'actes délictieux ou criminels. Nous devons garder la présomption d'innocence mais nous devons laisser la police et la justice instruire des actes délictueux ou criminels. Refuser la justice, c'est vouloir transformer les banlieues populaires en zones de non-droit. Et cela, c'est inacceptable!

Mireille Popelin

4 - néo-libéralisme

4.1 - La réécriture du Code du travail est relancée

Sans tambour ni trompette, l'Assemblée nationale a relancé, très discrètement, la réécriture du Code du travail. Le dossier est ultra sensible pour le gouvernement, après le rejet du CPE et à quelques mois des présidentielles.

En charge du dossier à la CGT, Philippe Masson craint, à l'unisson avec d'autres syndicats, que le redécoupage en cours ne modifie profondément la compréhension du droit du travail. Or, souligne ce juriste, "une de ses spécificités est la grande place laissée à la jurisprudence". Et donc à l'interprétation des textes de loi.

Ainsi, pour des millions de salariés et leur employeur, il pourrait devenir difficile de comprendre que l'obligation de reclassement est le préalable à tout licenciement économique, puisque ces deux éléments seront désormais séparés dans le nouveau Code du Travail.

Autre exemple : toute entreprise doit désigner un délégué du personnel à partir de onze salariés ; un comité d'entreprise à partir de cinquante. Ces seuils sont garantis par la loi. Du moins pour l'instant, car avec la simplification en cours, le gouvernement pourrait les relever sans passer par le Parlement.

Plus généralement, les syndicats semblent s'étonner que leurs remarques ne soient pas retenues. Même celle faites à l'unanimité. Ce qui surprend pas Gérard Filoche, inspecteur du travail et membre du PS : "La réécriture complète du code du travail faisait déjà partie du rapport de Virville de 2004". Depuis, le rapport rédigé par l'ancien directeur des ressources humaines de Renault sert de feuille de route au gouvernement en matière de travail.

L'ambiance n'a pas toujours été aussi morose. Lorsqu'en février 2005, le ministre délégué aux relations du travail Gérard Larcher a démarré le projet de simplification du code du travail, celui-ci bénéficiait du soutien des syndicats de salariés et des organisations patronales.

L'ordonnance devant concrétiser son nouveau code du travail n'ayant pas vu le jour avant la fin juin 2006, Gérard Larcher s'est vu offrir une seconde chance, le 11 octobre dernier, à la faveur du vote par les députés de la loi sur la Participation et l'intéressement. Ce texte de loi, pourtant sans rapport avec le droit du travail, permet au ministre de disposer à nouveau de douze mois pour présenter son projet. La nouvelle fenêtre de tir déborde même les échéances électorales de 2007.

Trois députés socialistes - Michel Charzat, Alain Vidalies et Jean Le Garrec -, se sont opposés en séance à ce repêchage, au motif que "l'opération (...) de simplification du code du travail (...) n'a en fait pour seul objectif que de réduire la portée du droit du travail". Le rapporteur de la loi, le député UMP Jean-Michel Dubernard, a dénoncé un "procès d'intention", une instance administrative garantissant la neutralité des modifications. Tandis que le ministre Gérard Larcher a rappelé que "cette réécriture se fera à droit constant", comme la loi l'y oblige. "Malheureusement !", a même déploré un autre député UMP, Xavier de Roux.

5 - débats républicains

5.1 - L'affaire Bombardier : une scandaleuse leçon de choses

En accord avec le STIF (Syndicat des Transports de l'Ile de France), la SNCF vient de choisir l'entreprise canadienne BOMBARDIER pour renouveler le parc de trains de l'Ile de France, au détriment d'Alstom, pour un montant global prévisible de plus de 4 milliards d'Euros. Jusqu'à ce jour, aucun candidat du politiquement correct n'a jugé utile de réagir, et le gouvernement comme le chef de l'Etat sont muets. Qu'ont voté au Conseil d'Administration de la SNCF les représentants de l'Etat-actionnaire ? Par contre, Madame PARIZOT, Présidente du Medef s'en félicite aussitôt, ainsi que quelques députés acquis à l'idéologie mondialiste.

Ainsi , l'Ile de France , principale région française et 5ème région d'Europe selon le PIB par habitant, ne fait pas le choix d'une société française, ni même européenne. Ainsi donc, tous les discours sur le "patriotisme économique" et sur l'Europe volent en éclat.

Il s'agit d'une décision d'abandon pur et simple, qu'il est cependant facile d'expliquer.

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François MORVAN Président de VLR !

5.2 - "La France invisible " de Stéphane Beaud - Joseph Confavreux Jade Lindgaard

Editions La Découverte Paris 2006 - 640 pages - 26 euros

De Stéphane Beaud, j'avais apprécié le livre " 80% au bac ..et après ?" qui donnait déjà une idée de l'échec massif des enfants issus de l'immigration dés leur sortie du système scolaire ..qui conduira aux émeutes de novembre 2005.

Cette fois , l'auteur a choisi de faire parler cette "France invisible" : Accidentés , délocalisés , licenciés , enfermés , expulsables, précaires, jeunes, précaires ... Les témoignages sont souvent poignants et après chaque enquête, on donne la parole à un économiste , ou un chercheur qui donne son analyse et son point de vue .

A la fin du livre, différents sociologues donnent leur sentiment sur la société française et l'état de la sociologie ..et des sociologues . Passionnant !

Ce sera l'objet d'un deuxième article .

Pour ces " invisibles " , il me fallait bien choisir? J'ai donc choisi le chapitre "délocalisés"

Les ouvriers sont mis directement en concurrence avec des ouvriers très peu payés ( directive Bolkestein ). C'est une délocalisation inversée. Exemple: Lévy Stauss . La délocalisation arrive souvent masquée.La direction du groupe, au début NIE ou utilise des prétextes fallacieux ( le changement de goût des jeunes ) Alors que de nouvelles usines étaient créées ..en Turquie! La Turquie est l'atelier textile pour l'EUROPE , et la Chine est l'atelier textile pour le monde .Les ouvrières de Lévy Strauss avaient tout compris, et résultat ? La marque de jean , c'est 10 000 employés dans le monde contre 30 000 dix ans plus tôt . Et l'analyse est la même pour TOUTES les délocalisations .( Qui se poursuivent en ce moment à un rythme effréné, Aubade, les Ardennes avec la sous-traitance automobile qui entraîne la suppression de 450 emplois en dix jours !)

Le patronat utilise la menace de délocalisation pour obtenir l'allongement du temps de travail sans augmenter les salaires.

Après les délocalisés, les SANS EMPLOI : après le licenciement, la frontière entre emploi et travail est peu lisible : CDD- CDDsenior, CES, CAE, les allers-retours sont incessants entre emploi et ANPE . Il y a la possibilité de cumuler revenus d'assistance et salaires de misère. Constat:

La France ne crée pas d'emplois décemment rémunérés. 1 an après leur licenciement , 60% despersonnes licenciées sont encore au chômage . On suit le parcours de deux femmes licenciées ( 52 ans et 54 ans ) qui se battent, acceptant l'intérim (avec travail de nuit) leur lutte constante , leur courage forcent l'admiration " Après 45 ans, on est trop vieux " disent-elles

Les expulsables : combien sont-ils ? 200 000 à 400 000 mille dit le ministre de l'intérieur. Mais comment peut-on compter ces " invisibles "? Ils ont un point commun : ils travaillent au noir à des conditions très avantageuses pour les employeurs, entreprises ou particuliers.

Exemple: des Chinois qui travaillent dans un atelier clandestin ou chez eux : les parents travaillent sous les lits superposés de leurs enfants.

Confection, hôtellerie, restauration, bâtiment,agriculture. Ce sont des empois peu attractifs , délaissés par les "réguliers" . Mais si les employeurs payaient mieux ,ces emplois seraient occupés par des sans emploi en toute légalité!

Les sans papiers sont des délocalisés" de là-bas ", ils fournissent un travail moins cher pour l'employeur, sans charges . Certains sont dans l'illégalité depuis des années ! C'est dans l'emploi "particuliers " que l'on trouve des sans papiers , emplois de "maison " .. Pour les cas cités, Ana équatorienne de 30 ans. Elle s'accommode fort bien de sa situation. Elle a été aidée par " différentes églises", elle a deux employeurs dont une psychanalyste, elle garde les enfants, elle gagne 1400 euros par mois, 150euros de loyer, 600 euros qu'elle envoie en Equateur pour la construction d'une maison à Quito. Elle s'étonne : " Toute la grossesse prise en charge, le suivi , le bébé..Je me demande comment la France fait pour payer tout ça ?"

Ana imagine que la France est une divinité bienveillante qui fait pleuvoir des euros pour Ana et son bébé ..

Moins visibles encore les travailleurs " OMI" des Bouches du rhône . Ils ont sous contrat, mais vivent dans des conditions lamentables , logés sur place. L'histoire de Naïma est exemplaire de l'exploitation au domicile de ses patrons , toujours plus de travail :elle ne sort jamais , elle est la bonne de toute la famille. Son contrat " OMI" était faux ,Naîma allait devenir une sans papiers ..

Heureusement qu'il y a des inspecteurs du travail ! Qui se font parfois tuer pour vouloir faire respecter le code du travail , hélas !

C'est pourquoi la phrase du " professeur " qui commente ce chapître me fait sursauter : "un certain corporatisme de luttes syndicales contribue à la formation d'un racisme de gauche qui identifie les nouveaux migrants à une menace contre les acquis de l'Etat social"

Racistes de gauche les inspecteurs qui essaient de faire respecter le code du travail?

Racistes les syndicats qui défendent les acquis de l'Etat social pour éviter le CHOMAGE?

Mireille Popelin

6 - laïcité

6.1 - Quand Jean-Paul Huchon adresse ses voeux aux musulmans d'Ile-de-France, on se croit vraiment au XVe siècle !

Avis à tous ceux qui s'intéressent aux débats de pré campagne agitant le parti socialiste. Chers lecteurs, vous savez combien nous sommes attentifs aux positionnements de tous les candidats à la présidentielle sur la question de la laïcité. A gauche, à part Laurent Fabius qui ose aborder le sujet de la défense des valeurs républicaines laïques et sociales, sans toujours grande force de conviction je trouve, on aurait envie de se méfier de Ségolène Royal, à cause de ses tentations de retour à l'ordre moral, parce qu'elles nous évoquent les heures noires du joug catholique.

On n'avait pas vraiment confiance non plus en les libéraux Strauss-kahniens pour défendre la laïcité assiégée. On connaît la tentation du communautarisme dans la gestion des affaires de Sarcelles, la circonscription de Dominique Strauss-Kahn. Les communautarismes musulmans, et juifs ne se sont jamais aussi bien portés là-bas. On sait aussi que la social-démocratie dont il est le représentant à gauche, est un libéralisme assumé, et que le libéralisme économique fait bon ménage avec le communautarisme.

En ce début d'automne 2006, les incendiaires des cités de banlieue sont calmés soir après soir par des médiateurs en khamis et calotte islamique, qui participent à des rondes " citoyennes ". Dans les cités de banlieue, la tendance à l'organisation d'équipes religieuse de " prévention " qui sortent de la mosquée voisine, c'est peut-être le dernier danger qui guette la République après le reflux du foulard en 2004. Alors on se demande quelle est l'intention de cette inquiétante et scandaleuse initiative de Jean-Paul Huchon, Strauss-kahnien parmi les Strauss-kahniens, qui s'adressait à la communauté musulmane à l'occasion de la fin du ramadan, en sa qualité de président de la région Ile-de-France. Dans ce message de sympathie, il espère qu' Allah couvre toute la communauté musulmane de sa Miséricorde en cette fin de jeûne. Une première, sans doute, dans l'histoire de la Région Ile de France, puisqu'on n'a jamais connu aucun autre président s'adresser aux bouddhistes, aux chrétiens et aux hindous en des termes aussi précautionneux. Pourquoi ? Et cela nous aurait indigné tout autant. L'anecdote est significative.

C'était le 23 octobre, dans un mail que nous nous sommes procuré, le président du conseil régional d'Ile de France, via son service de communication à la Région, s'adresse aux fidèles :

" Communiqué de Jean-Paul Huchon, président du conseil régional d'Ile de France, En ce lundi 1er Chawel 1427 de l'Hégir, qui correspond au 23 octobre 2006 de notre calendrier, je souhaite à tous les musulmans d'Ile de France et de France une très bonne fête de l'Aïd al Fitr.

Je souhaite qu'Allah accepte votre jeûne et vous comble de Sa Clémence et de Sa Miséricorde. "

Nous avons reproduit le message tel quel, sans oublier les majuscules, et conservons précieusement ce document assez rare. Jean-Paul Huchon, fier de cette initiative, assez déroutante vous l'admettrez pour un élu de la République, n'a pas souhaité en rester là en médiatisant sont émoi religieux. Il a en effet adressé une copie de ce message à des rédactions de journaux locaux ou régionaux, qui n'ont l'ont gentiment fait parvenir. Et voilà où nous en sommes, au conseil régional d'Ile de France... nous sommes en l'an 1427, ça promet ! C'est le conseiller régional Mouloud Aounit qui doit être content, celui qui a instrumentalisé le MRAP pour en faire le soutien le plus sûr au communautarisme religieux, doit se dire que finalement ses harangues islamogauchistes portent leur fruits au coeur de nos institutions.

En même temps quoi de surprenant, quand dans ce pays on n'a pas vraiment vu depuis quinze ans, le parti socialiste se déchaîner pour défendre les valeurs républicaines et laïques. A quelques exceptions près, on peut citer bien sûr les positions sans ambiguïtés de Vincent Peillon pour défendre la laïcité, la démocratie et la critique des religions, ou les moins audibles positions de Fabius encore une fois.

Mais rappelons que le parti socialiste s'est déjà tristement illustré par des décisions locales très antilaïques à visée électorale, avec des élus comme Martine Aubry à Lille, qui a instauré des entrées séparées pour hommes et femmes dans les piscines. On a aussi observé la timidité d'élus locaux socialistes, quand la bataille contre le voile a repris en 2004, et qu'elle s'est réglée avec l'adoption de la loi contre les signes ostentatoires. On a vu, notamment à Mantes-la-Jolie, une élue socialiste préférer le camp islamogauchiste pro-Ramadan, à la défense des filles opprimées par le sexisme islamique, et le soutien aux équipes enseignantes en prise aux affrontements communautaires récurrents.

Il y a peu encore, c'était en mai dernier, une première de couverture du magazine du PS " L'hebdo des socialistes " consacrait un dossier sur la loi sur l'immigration, la photo avait fait bondir la rédaction de Respublica. On y voyait un manifestant d'origine maghrébine baillonné par un autocollant figurant une carte d'identité barrée du mot " racaille " et estampillé de l'organisation " Les Indigènes de la République ", idéologues de la victimisation, et copains du scabreux Dieudonné. Jaurès se retourne encore une fois dans sa tombe avec ce message de racolage inouï.

Par cette invocation d'Allah par le président de la Région Ile-de-France, non moins que cela, à l'occasion de la fin du ramadan, la direction du PS est atteinte d'un grave et préjudiciable confusionisme, un état mental qui doit faire jubiler les islamistes ou autres extrémistes qui ne rateront eux aucune occasion de porter des coups à la démocratie laïque. On espère que d'ici-là le parti socialiste saura se reprendre. Mais peut-on encore compter sur lui ?

Bien sûr, à gauche et notamment au PS, on va nous accuser encore de vouloir provoquer le " choc des civilisations ", le dernier chiffon rouge agité par des politiques qui évitent leurs responsabilités. Les politiques de ce pays seraient mieux inspirés s'ils communiquaient beaucoup plus sur le choc qui ébranle l'islam et les musulmans français en proie aux intégristes, le voilà le véritable choc, plutôt que de multiplier de la sorte les fautes de genre, et de nous emmener tout droit vers un autre moyen âge.

Jeanne Bourdillon

6.2 - Interview de José Bové sur oumma.com

José Bové est un ardent défenseur du voile et de la thèse indigène présentant la laïcité comme une forme nouvelle de colonialisme.

Sur le site Oumma.com, proche de son ami Tariq Ramadan, il revient sur la loi sur les signes religieux à l'école et appelle à la manifestation pro voile du lendemain.

Entretien avec José Bové : "J'appelle à la manifestation du samedi 14 qui est fondamentale" Dans cet entretien accordé à oumma.com, José Bové revient sur la loi anti-foulard qu'il qualifie d' inutile et dangereuse, et appelle à manifester en masse le samedi 14 février.

Oumma.com : Quel est votre sentiment sur la loi qui vient d'être votée contre le port des signes religieux à l'école ?

José Bové : Comme beaucoup de gens, j'ai été très surpris de cette " affaire du foulard " et de l'ampleur du débat. Cette affaire a été énormément instrumentalisée pour détourner l'attention des vrais problèmes. Malgré elle, cette polémique est devenue une affaire centrale alors qu'en discutant avec les enseignants, les responsables de lycées, les éducateurs, on se rend compte qu'il n'y a pas eu réellement de problèmes de cette nature. A mon sens, tout cela est construit de toutes pièces. De manière claire, je pense que cette loi était inutile et surtout dangereuse car on aujourd'hui on s'attaque au foulard et c'est une façon de criminaliser une partie de la population issue de l'immigration. C'est une façon de montrer du doigt une religion ? pourquoi pas demain une autre. C'est aussi une façon de revenir sur la liberté individuelle qui est malgré tout dans la Constitution française. Donc, je crois que pour toutes ces raisons de fond, cette loi n'a pas de fondement et qu'elle se situe dans la suite logique de toutes ces lois répressives qui se mettent en place. Il n'est d'ailleurs pas étonnant qu'on vote dans la même semaine, la loi sur le foulard et qu'on vote dans la foulée la loi Perben 2 dans le silence quasi complet. Les médias ne se sont absolument pas intéressés à cette régression des droits individuels.

Oumma.com : Pensez-vous que nous sommes en train d'assister à l'élaboration ou au renforcement d'une citoyenneté à double vitesse ?

José Bové : On assiste à un nouveau type de société qu'on ne connaissait pas en France où l'individu devient naturellement suspect. C'est-à-dire qu'on ne reconnaît plus une personne à ses droits mais tout individu existe par le fait qu'il est potentiellement un délinquant, qu'il peut aller à l'encontre de la loi ou s'opposer à l'Etat. En fait, l'Etat ne protège plus ses habitants ; il cherche désormais à se protéger. On assiste à une modification complète des valeurs de la République et c'est très inquiétant.

Oumma.com : Des initiatives comme le Collectif Une école pour tous-tes montrent une conscientisation de l'opinion publique. Pensez-vous que tous les partenariats qui s'engagent aujourd'hui laissent à penser qu'on assiste à la création d'un mouvement alternatif, voire un contre-pouvoir ?

José Bové : Il est difficile de savoir de quoi sera fait demain, mais on ne peut que constater la conscientisation des gens qui se prennent en main, n'acceptent pas la fatalité en mobilisant. Le noyau est encore petit mais il s'étend. On voit que de plus en plus de gens rejoignent ce genre de collectif. Ils ont compris les manipulations du gouvernement sur cette question de la loi relative au foulard à l'école. C'est une démarche très positive qui rejoint tous les autres combats autour de la citoyenneté que ce soit dans les quartiers comme au niveau international. Il est important que chacun puisse se battre pour les droits car c'est le Droit qui fondera la société.

Oumma.com : Les associations musulmanes commencent à prendre une place importante dans des débats qui ne les concernent plus eux uniquement. Cela a été le cas dans la dynamique alter-mondialiste, autour du FSE, au Larzac et aujourd'hui dans le Collectif une Ecole pour tous-tes. Que pensez-vous de cette participation ?

José Bové : C'est un signe positif que de voir toutes les communautés qu'elles soient religieuses, philosophiques ou de pensée se retrouver autour d'un certain nombre de réseaux. Quand on voit autour du FSE mais aussi à Bombay au niveau mondial, la présence très variée de gens d'horizons venant de milieux religieux ou philosophiques différents, on ne peut que se réjouir. On ne peut accepter la stigmatisation d'une communauté ou dire que telle communauté doit faire plus d'efforts que les autres.

Il nous faut construire un vivre ensemble où chacun a ses droits et reconnaisse les droits des autres. C'est très important et ça me choquerait si telle ou telle communauté devait se sentir obligée ou si elle était contrainte à s'intégrer car que veut dire aujourd'hui s'intégrer ? C'est quand on est montré du doigt et que rien n'est fait pour qu'on puisse vivre en fonction et à partir de ce qui nous constitue dans notre culture et nos racines. Chacun doit pouvoir vivre à partir de ce qu'il est. Si, aujourd'hui, cela ressurgit autour de la communauté musulmane, c'est parce que la France n'en a pas fini dans sa relation avec le Maghreb autour de la question coloniale. Tant qu'on n'appellera pas une guerre par son nom et qu'on ne se souviendra pas de manière claire de ce qui s'est passé en Algérie, tout cela restera profondément ancré et il est de notre devoir de nous battre contre cela.

Oumma.com : Estimez-vous qu'on assiste à une lepénisation des esprits ?

José Bové : Je ne sais pas si on doit reprocher la situation à Le Pen plus qu'à Sarkozy, voire à même certaines personnes de gauche tentées par la logique sécuritaire. Mais on assiste à un bouleversement où c'est l'individu qui est menacé ; ce qu'il faut dénoncer et combattre. Chacun doit se mobiliser et être prêt à descendre dans la rue ; agir dans son quartier, son lycée ou sur son lieu de travail. Et aussi que chacun n'oublie pas que le droit de vote a été acquis par la lutte et qu'il faut se battre pour le sauvegarder car le vote fait partie du combat.

Oumma.com : Appelez-vous à la manifestation du 14 ?

José Bové : J'appelle effectivement à cette manifestation car je pense qu'elle est fondamentale. Je ne serai malheureusement pas présent personnellement car j'ai d'autres obligations mais je crois qu'il est important qu'il y ait le maximum de gens possibles. En tous les cas, je tiens à dire que je m'associe à tous ceux qui seront dans la rue ce jour-là. J'espère aussi que grâce à ce mouvement beaucoup de gens vont prendre conscience de la réalité et se rendront compte combien la manipulation est grande. C'est en descendant dans la rue pour protester et discutant avec les uns et les autres qu'on est le plus armé afin de résister à ceux qui veulent faire reculer les droits. Propos recueillis par Siham Andalouci, Vendredi 13 février 2004

7 - combat laïque

7.1 - Le site atheisme.org a dix ans

Le site atheisme.org a dix ans. Créé en octobre-novembre 1996, le site atheisme.org visait à pratiquer une contestation athée de la notion fantaisiste de "dieu" comme des religions, toutes les religions. Sa création fut consécutive à la venue de Jean Paul II en France en septembre 1996.

Face à l'imposture historique du 1500e anniversaire supposé du baptême du chef barbare Clovis, présenté comme le fondateur de la France chrétienne, il importait d'agir par un média nouveau. Internet, qui en était à ses débuts, apparut comme le moyen le plus réactif et le mieux adapté pour un militant individuel, hors de toute structure. Si le christianisme fut la première cible, la critique de l'islam s'imposa dès 1998 après la lecture du Coran, ouvrage dont l'obscurantisme, l'abjection et la violence ont convaincu de l'urgence à ne pas limiter le propos à la religion chrétienne.

D'autres sectes furent peu à peu examinées, de façon plus anecdotique : judaïsme, hindouisme, bouddhisme. Au début novembre 2006, le site comprend 1100 pages dont l'essentiel se partage oecuméniquement entre le catholicisme et l'islam : http://atheisme.org/10ans.html

Jocelyn Bézecourt www.atheisme.org

7.2 - Hold-up de l'enseignement privé sur l'argent des contribuables

Il y a urgence : dès cette rentrée 2006, une nouvelle loi vient d'entrer en vigueur. En effet, en application de la loi du 13 août 2004, les communes devront obligatoirement participer financièrement à la scolarisation des élèves domiciliés dans la commune et qui fréquentent une école privée située dans une ville voisine ! Cette disposition vise donc à prendre obligatoirement l'argent des contribuables d'une commune pour le donner à une école privée, au détriment évident des élèves normalement scolarisés dans les écoles publiques de la commune. Attaque directe contre la laïcité, cette mesure vise à détourner les budgets communaux des écoles publiques pour financer des écoles privées. Rappelons que l'école publique ne bénéficie d'aucun autre financement que les budgets publics. En revanche, l'enseignement privé dispose non seulement de subventions publiques, mais aussi de toute une gamme de financements privés.

Rappelons aussi que l'école publique accueille tous les enfants, sans distinction de fortune et obtient des résultats scolaires équivalents ou supérieurs à l'enseignement privé, qui sélectionne pourtant ses élèves par l'argent.

Cette nouvelle disposition est aujourd'hui combattue par de nombreux élus et maires de France, de droite comme de gauche, qui refusent d'être contraints de financer des écoles privées, souvent religieuses, alors que l'école de tous, l'école de la réussite et de la République manque cruellement de moyens.

Un amendement d'origine socialiste voté à l'unanimité du Sénat

Michel Charasse, sénateur socialiste réputé laïc, a ouvert un boulevard aux tenants de l'école privée en proposant un amendement lors du vote de la loi du 13 août 2004 relative aux libertés et aux responsabilités locales.

Le texte de l'amendement est des plus simples :

"Les trois premiers alinéas de l'article L. 212-8 du code de l'éducation sont applicables pour le calcul des contributions des communes aux dépenses obligatoires concernant les classes des écoles privées sous contrat d'association."

Il convient donc de se reporter à l'article L212-8 du code de l'éducation et c'est là que ça se gâte. (suite...)

Destruction programmée de l'école publique

Alors que l'on parle beaucoup de remettre en cause la carte scolaire, sans dire vraiment ce que l'on veut mettre à la place, la destruction des principes de l'école publique est déjà en marche. Par des mesures techniques, que le citoyen ne peut pas voir arriver facilement, les adversaires de la laïcité attaquent les moyens financiers de l'enseignement public : les budgets de l'éducation nationale régressent, les effectifs de personnels enseignants et éducateurs diminuent. Les communes soucieuses de préserver la qualité de l'enseignement primaire sont contraintes de suppléer comme elles le peuvent les carences de l'état. Et c'est dans ces circonstances, où chacun sait que l'enjeu majeur de notre avenir réside dans une école de qualité, que l'on choisit de prendre à l'école publique pour donner au privé ! Les citoyens avec leurs Maires pour sauver leur école !

Le Collectif pour la défense de l'école publique est composé de citoyens, parents d'élèves mais aussi enseignants, élus, responsables d'associations, des républicains de droite comme de gauche profondément confiants dans l'excellence de l'enseignement public. N'oublions jamais que c'est l'enseignement public, et lui seul, qui a permis et permet encore à tous les enfants de France d'apprendre à lire, à écrire, à compter. C'est l'enseignement public, et lui seul, qui a permis et permet aujourd'hui à tous les enfants de France d'avoir, sur les bancs de l'école, une égalité parfaite des chances de réussite.

C'est pourquoi le Collectif pour la défense de l'école publique, en dehors de toute considération partisane, a choisi de soutenir l'Appel des Maires pour le retrait de la circulaire du ministre de l'éducation nationale n2005-206 du 2 décembre 2005.

Car ce sont les maires des petites et grandes communes qui se trouvent face à ce hold-up, ce sont eux qui peuvent y faire obstacle, ce sont eux qui sont garants de la laïcité quotidienne dans nos villes, soutenus par des citoyens vigilants.

Francesca Ferre (Transmis)

Source : www.ecoledelarepublique.fr

7.3 - Se battre ensemble " sur les Marches de l'Empire "

En France, après un long processus historique marqué par de violents conflits et une intense maturation des idées entamée dès le Moyen Age, la sécularisation des institutions et des normes publiques (séparation du spirituel et du temporel )a pris la forme de la laïcisation : la puissance publique n'a pas à privilégier telle ou telle option spirituelle ou idéologique (philosophique aussi) ,elle n'a à s'occuper que de ce qui concerne l'intérêt général. Ne jouissant plus du moindre privilège, l'Eglise s'affranchit également de la tutelle de l'Etat et s'organise par elle-même.

L'Etat, émancipé de toute tutelle idéologique ou spirituelle devient l'Etat de tous et constitue le cadre apte à assurer à chacun une pleine liberté de conscience ( et d'expression, son corollaire) , une égalité d'accueil, de droits et de devoirs dans le Tout ( le " laos "), une universalité de la loi générale élaborée par tous qui , de fait , prime sur toute autre loi religieuse, coutumière et/ou communautaire. La transcription institutionnelle de ce processus fut la loi de 1905 qui a strictement séparé Les Eglises ( le pluriel est ici pertinent) de l'Etat ...transcription imparfaite , certes, d'autant plus qu'elle a été mise à mal tout au long des années passées par l'adoption de textes divers qui ont tenté d'en réduire la portée et d'en effacer certains aspects .

Ce court rappel et ce rapide regard vers notre Histoire nous permettent de nous rendre compte de ce qui , aujourd'hui, menace la forme d'organisation et de fonctionnement de notre société.

Les conclusions du rapport " Machelon " (véritable massicot qui sépare les principes essentiels de la loi de 1905 pour mieux la faire disparaître) comme l'insidieuse dissolution du texte fondateur à laquelle procède la proposition de loi socialiste du 28 /06 /06 en renforçant les aspects concordataires aujourd'hui existants et en se taisant sur les conséquences véritables de l'article 2 (d'ailleurs oublié), les pratiques quotidiennes de trop d'élus de la République qui dilapident l'argent public en la construction de lieux de culte qu'ils affublent d'oripeaux culturels pour mieux contourner le texte fondateur comme les discours lénifiants de la " bien pensance " multiculturelle qui absolvent les pratiques communautaires pour mieux imposer un communautarisme de fait, ont pour conséquence commune de préparer les citoyens de ce pays à la disparition progressive de la loi qui les a fait vivre ensemble dans un espace public unifié pour les conduire à se couler, petit à petit, dans un espace sociétal européen où l'émiettement de la société en communautés concurrentes et dominées par la plus puissante sera la règle.

C'est ce défi qui est jeté à la face de tous ceux qui sont attachés à un espace politique et sociétal marqué par le principe laïque de liberté, d'égalité, d'universalité de la loi .

C'est ce défi qu'il faut relever avant que notre pays ne régresse dans une sorte de résurgence d'un passé qu'on croyait révolu.

C'est ce défi qu'il faut gagner...ici et maintenant !

Nos concitoyens , ceux qui composent cette " majorité invisible " jamais considérée par les " beaux esprits " , vivent dans le temps de " l'humain ", pas dans le temps " historique ", pas davantage dans le temps " géologique ", encore moins dans les temps utopiques du " royaume des cieux "ou " des lendemains qui chantent " A leur ordre du jour il n'est aucune " révolution " inscrite ...Ce qu'ils souhaitent, inconsciemment peut-être, mais parce que c'est profondément enraciné en eux, c'est que ce qui les rassemble, qui leur permet de vivre sinon en harmonie du moins de manière apaisée, qui les écarte de toute emprise idéologique aliénante, leur assure une liberté d'être ce qu'ils sont en accord avec le Tout sans s'imposer à ce Tout, qui leur garantit une égalité de droit et de devoirs, qui leur assure la protection égale de la loi générale qu'ils ont élaborée, soit maintenu et renforcé, et que toutes les tentatives de destruction de l'assise institutionnelle de la laïcité ( puisqu'il faut bien la nommer) , de quelque nature qu'elles soient, soient arrêtées .

Là est l'un des enjeux majeurs des prochaines échéances électorales.

Enjeu difficile à faire percevoir, car, d'une part, chacun considère que la laïcité de notre espace sociétal est acquise (alors que c'est une conquête permanente), et que , d'autre part, cette question traverse les clivages politiques traditionnels et brouille les repères communément établis .

Certains dénoncent le percée d'un communautarisme islamique aliénant mais se taisent sur les velléités de l'église catholique à vouloir réintégrer l'espace public à la faveur de la construction européenne (il est vrai que l'inverse existe), d'autres demandent l'abrogation de la loi de 2004 qui obligent les communes à prendre en charge certains coûts de l'enseignement privé mais ils ont été les pourfendeurs de la loi sur les signes religieux à l'école, d'autres encore dissertent abondamment sur la " laïcité ouverte ", " vivante ", " revivifiée " (les épithètes fleurissent comme les primevères au printemps) mais ils préparent la disparition de la loi organique en accordant leur confiance à un rapport destructeur, d'autres, enfin, jurent, la main gauche sur le coeur, être de farouches défenseurs de la loi fondatrice mais cautionnent les décisions de leurs amis politiques quand ils utilisent l'argent public dans des dépenses confessionnelles et se taisent bruyamment quand la liberté d'expression est menacée.

S'agit-il là de défenseurs de la laïcité, valeur primordiale construite par notre histoire et le mouvement impétueux de notre pensée commune ?

Non... Trois fois "non"... Mille fois "non". Et pourtant, ce sont eux qui se présentent aux suffrages des citoyennes et des citoyens de ce pays !

Allons-nous les laisser agir sans réagir ?

Allons-nous renoncer à imposer:

le strict respect de la loi de 1905 en ses deux principes originels ? l'application rigoureuse de la formule " argent public pour le seul espace public " ? l'expression totale, pleine et entière, de la liberté de conscience et de la liberté de dire, de critiquer, d'analyser, de se moquer -qui en est le corollaire- ? le refus de toute discrimination, en particulier de tout ce qui écornerait un tant soit peu l'égalité en droit de l'homme et de la femme ?

Réussir à faire se prononcer les " politiques " sur ces points, les amener à les faire leurs, les obliger à élaborer les textes nécessaires et à créer les structures indispensables à leur application ne serait-il pas possible à un moment où se joue le devenir de notre pays dans des élections majeures ?

Se rassembler pour conduire cette action , sur ces points précis , est-il au-dessus de la volonté et des forces des défenseurs de la laïcité ?

Faire converger vers cet objectif commun ,et ceux qui pensent qu'il se suffit à lui-même parce qu'il est essentiel et conforme à la vérité du réel , et ceux qui ambitionnent de l'inscrire dans une démarche plus transformatrice de ce réel , ne serait-il pas envisageable alors même que l'assise historique de notre société est en péril ?

C'est cela qui est à l'ordre du jour

Oui, le rassemblement de tous ceux qui veulent défendre et renforcer le socle laïque de notre République est possible pour peu que la volonté de chacun y soit appliquée , pour peu que le regard de chacun dépasse son " pré carré " , pour peu que l'intérêt majeur de notre pays et de ceux qui y vivent soit au centre des préoccupations de chacun, pour peu que l'objectif premier ne soit pas occulté par des considérations de " boutique politicienne "...

Ce rassemblement sera-t-il marqué par la diversité ? bien sûr... Se fera-t-il autour de structures que d'autre questions séparent ? sans aucun doute... Engendrera-t-il discussions ardues ou querelles vives ? peut-être...

Mais si chacun a la conviction que le défi doit être relevé et gagné, si chacun sait s'en tenir à l'objectif recherché , si chacun comprend qu'il agit de conserve avec l'autre pour sauver, dans la dérive libérale anglo-saxonne imposée à notre pays par la construction économico-politique européenne, ce qui peut être sauvé, c'est-à-dire un mode d'organisation et de fonctionnement de la société seul susceptible d'absorber les problèmes posés par sa complexification, alors, le combat de la défense et du renforcement le la laïcité peut être gagné...

Par contre, si les obstacles ne sont pas surmontés, si sont laissés libres d'agir tous ceux qui conduisent cette déstructuration de notre espace national et sociétal , si les intégristes de tous bords peuvent continuer à rire sereinement dans leurs barbes , si trop ne sont pas capables d'apprécier le danger et d'élaborer les moyens d'y faire face, alors, ceux qui viendront après nous se pencheront sur cette spécificité historique qu'on appelle " Laïcité " comme les égyptologues d'aujourd'hui se penchent sur une Momie : pour savoir comment c'était.

8 - combat féministe

8.1 - Solidarité avec les femmes polonaises

Ce 4 novembre, nous étions une centaine à protester contre le retour à l'ordre moral en Pologne : de l'alliance d'une gouvernance d'extrême droite avec un catholicisme revigoré, résulte aujourd'hui la suppression effective du droit à l'avortement pour les femmes polonaises.

Pendant que celles-ci manifestaient à Varsovie, nous avons voulu témoigner de notre solidarité militante : reconnaissance du droit universel de disposer librement de son corps, accès à la contraception et à l'IVG libre et gratuit.

L'UFAL a su rappeler que les forces laïques et féministes disent non à une Europe chrétienne, que les résurgences religieuses traditionnalistes, qu'elles viennent de l'islam ou de la chrétienté, ne pourront faire renoncer les femmes aux luttes menées depuis des décennies pour la légitime égalité de droits.

Les différentes organisations présentes ont dénoncé une Pologne sexiste et également homophobe. Solidaires des polonaises, nous le sommes aussi des portugaises, des irlandaises, de toutes celles qui - comme en Andorre également - sont privées de la libre décision de mener à bien ou pas une grossesse. L'UFAL a su mettre en avant la laïcité, seul principe à pouvoir s'opposer efficacement aux tentatives hégémoniques des religions dans la sphère publique et dans le système politico-juridique des nations.

En Pologne comme aux Etat-Unis, le pouvoir religieux est à l'oeuvre avec les néolibéraux pour saper les droits acquis par les femmes.

A l'heure où en France, l'islam politique s'invite dans les hôpitaux pour y imposer le principe de non-mixité, a tenté d'imposer le port du voile dans les écoles et les administrations, à l'heure où le vatican réitère son intransigeance sur le droit à la contraception et à l'IVG, les femmes ont plus que jamais besoin de l'appui politique des forces laïques de gauche : les candidats aux prochaines élections présidentielles françaises sauront-ils enfin prendre position sur la laïcité, fondement de la République ? Nous n'aurons de cesse de les interpeler sur cette question majeure.

Jocelyne Clarke

9 - courrier des lecteurs

9.1 - J'ai vraiment aimé le dernier numéro

Cher Evariste,

Juste un mot pour vous féliciter, et toute l'équipe avec vous, pour cet excellent numéro, que j'ai lu d'un bout à l'autre.

D'abord votre hors d'oeuvre, qui ne fait pas vraiment jubiler (car un Chirac vieux se représentant, ça ne fait malheureusement pas rêver) mais enfin si au moins il pouvait battre à plates coutures le Neuilly Boy, ça serait déjà ça.

Ensuite, sur l'affaire Redeker, on est partagé entre l'horreur incrédule devant la situation à laquelle nous sommes désormais confrontés avec des enragés, et une rage sans bornes vis-à-vis de ces islamophâles de tout poil. Et l'article de Caroline Brancher, si bien argumenté, donne quand même froid dans le dos, quand on imagine tous ces fous de la gauche extrêmiste en train de pérorer. Ils sont terriblement dangereux, et on ferait bien d'alerter tout le monde sur le degré de dangerosité qu'ils transbahutent avec leurs délires verbaux.

Bravo à Gérard Témin de nous rappeler qu'on pourrait être en droit d'attendre des pouvoirs publics une remise en ordre générale, sans pour autant stigmatiser les uns ou les autres qui ont la malchance d'habiter dans ces quartiers tristement défavorisés. Le respect, oui, mais la discipline également. (Ce que rappelle aussi - et il a bien raison - L.S.) Le maire de New York a bien montré ce qu'il fallait faire en son temps, et on peut aujourd'hui s'y balader sans trop de craintes. Ce qui n'était pas le cas quand j'y étais dans les années soixante et quelques...

Je voudrais surtout dire à quel point j'ai aimé les "Cinq questions à Nicolas Sarkozy" par M. Henri Pena Ruiz. Son argumentaire est impeccable: c'était digne, clair, dépassionné. Et tout à fait ce que je pense, soit dit en passant. Bravo!

Beaucoup d'autres choses m'ont bien intéressée aussi, mais je ne veux pas faire une" revue de presse" de Respublica. Car comme vous le savez déjà, j'aime vraiment beaucoup votre journal online. Ce que vos confrères de la presse écrite n'ont pas compris, c'est qu'on peut faire une information valable, complète, sur des points précis, d'un intérêt général ou particulier, sans être obligé de parler de problèmes homo (Libé) ou de la drogue et du sexe (Nouvel Obs). D'ici peu j'enverrai un (petit) chèque pour vous prouver mon attachement.

Bonne journée à vous. Ici à Lannion il fait très beau aujourd'hui.

Jacqueline Peltier

10 - Sectes

10.1 - "Il serait dangereux de reconnaître les Témoins de Jéhovah comme un culte"

Les Témoins de Jéhovah entendent toujours être reconnus comme culte. Ainsi, n'auraient-ils plus à payer d'impôts sur les dons qu'ils perçoivent, et ne devraient-ils plus s'acquitter des 45 millions d'euros qu'ils doivent au fisc. Président de la commission d'enquête parlementaire sur les sectes et les mineurs, Georges Fenech, député (UMP) du Rhône, déplore "la grande ambiguïté administrative" à l'égard des Témoins de Jéhovah.

L'audition par la commission du chef du bureau central des cultes au ministère de l'Intérieur, Didier Leschi, a relancé la polémique sur le statut des Témoins de Jéhovah.

Pourquoi ?

Il n'existe pas de définition juridique de la secte dans le droit français. Pour l'instant, au plan national, les Témoins de Jéhovah sont une association régie par la loi 1901. La loi de 1905, relative à la séparation des Eglises et de l'Etat, ne leur a pas été accordée par le bureau des cultes. Cependant, un nombre important de tribunaux administratifs et de préfets leur ont attribué ce statut au plan de la fiscalité foncière, uniquement. Leurs lieux de cultes sont donc exonérés de taxes foncières. C'est d'une grande ambiguïté administrative. D'où la suggestion de Didier Leschi de reconnaître les Témoins de Jéhovah comme un culte.

Vous êtes contre ?

Ce serait dangereux et nous avons été surpris par cette interprétation. Car, pour être considéré comme culte, il faut exercer un culte de manière exclusive, sans activité commerciale ou culturelle parallèle, et il faut que cet exercice ne constitue pas un trouble à l'ordre public.

Pourquoi serait-ce dangereux ?

Parce qu'ils ont certaines pratiques contraires aux lois républicaines qui peuvent constituer un trouble à l'ordre public. En 1985, une décision du Conseil d'Etat a estimé que le refus de transfusion sanguine, même en cas de risque vital, était un trouble à l'ordre public. Ce n'est pas le seul obstacle à leur reconnaissance comme culte. Au regard des auditions effectuées par la commission, il existe chez les Témoins de Jéhovah une sorte de maltraitance psychologique des enfants. Ils sont élevés dans la crainte de l'Apocalypse ; ils sont interdits d'anniversaire ; les adultes n'ont pas le droit d'aller voter. C'est une sorte d'isolement social.

120 000 adeptes en France

Les Témoins de Jéhovah sont nés à la fin du XIXe siècle aux Etats-Unis.

En 2005, ils revendiquaient six millions d'adeptes au plan mondial. Ils étaient alors 119 131 en France métropolitaine, légèrement moins nombreux qu'en 1998 (ils étaient 121 498).

Les Témoins de Jéhovah sont persuadés que Dieu détruira la monde actuel lors de la bataille d'Armageddon , avant de rétablir le paradis originel. Seuls ceux qui lui auront dédié leur vie seront sauvés.

Julie Lasterade

Source : Libération du 1er novembre

11 - Proche-Orient

11.1 - La crise est grave et le silence assourdissant Gideon Samet

Un étrange silence s'est abattu sur la scène politique israélienne. Cette semaine, nous sommes tombés très bas. C'est difficile à croire, mais ces jours-ci, les pires que nous connaissons depuis la création de l'Etat, seul un pépiement a salué la marche accablante d'Avigdor Lieberman vers les plus hautes marches du gouvernement.

Les ex-stars du Parti travailliste ont chuchoté leur opposition, laissant ainsi la place à un seul homme de bien, Ofir Pines-Paz, qui a démissionné de son poste de ministre suite à l'entrée au gouvernement du Raspoutine d'Ehoud Olmert. Mais rien de la part de personnalités clés comme Avishaï Braverman ou Ami Ayalon, ni de Matan Vilnaï, sur le sens politique de l'ascension météorique de ce politicien quasi fasciste. Leur silence est dû, en grande partie, à ce qu'Amir Peretz a exigé qu'en cas de désaccord public, ils renoncent à leur siège à la Knesset.

(...) Les organisations qui en temps normal se battent pour des normes de gouvernement honnêtes, qui se ruent à la Cour suprême pour tout soupçon de corruption, ont délaissé l'espace public alors que la corruption politique des plus hauts rangs de l'Etat faisaient une place douillette à Lieberman.

Les seules voix de protestation, à quelques exceptions près, sont venues des médias (responsables de tout, comme chacun sait) et de députés arabes dont Lieberman souhaiterait voir exécuter certains.

Des nouvelles d'Ehoud Barak, de l'autre côté de l'océan. L'homme qui se décrivait comme un coureur de fond voit s'approcher l'occasion d'entrer au gouvernement. Olmert le veut à ses côtés. Pour survivre, Olmert est aujourd'hui obligé d'acheter tout ce qui bouge. Peretz, le rival méprisé de Barak, pèse le pour et le contre. Barak, lui non plus, n'a pas dit un mot sur Lieberman. Pour quoi faire, après tout, alors qu'il touche son but du doigt?

Entre temps, alors que Lieberman a été nommé stratège en chef du gouvernement, nos dirigeants ont reçu le soutien du vice-ministre (travailliste) de la défense, Ephraïm Sneh. Lui qui aime tant discourir sur les valeurs n'a rien trouvé à dire sur Lieberman. J'imagine le ministre des menaces stratégiques, qui a rarement tenu un fusil dans les mains, convoquant l'ancien général Sneh pour discuter de la manière d'introduire les méthodes russes en Tchétchénie contre la menace venue de Gaza.

L'autre jour, Lieberman n'a pas dit la vérité quand il a tenté d'expliquer ce qu'il avait voulu dire exactement avec cette comparaison. Il a hurlé sur les journalistes qu'il a accusés de déformer ses véritables intentions : établir un gouvernement différent dans les Territoires palestiniens, tout comme Vladimir Poutine l'a fait dans la province rebelle en tuant des dizaines de milliers de personnes et en détruisant des villes entières. Le président Mahmoud Abbas et le Fatah ne sont pas assez bons pour lui, ni bien sûr le gouvernement élu du Hamas. Alors, qui donc souhaite-t-il y amener?

Qui d'autre Lieberman pense-t-il pouvoir tromper, maintenant qu'il a aveuglé le premier ministre et un Parti travailliste claudiquant?

La vérité est, évidemment, que cette crise extrêmement grave montre qu'il faut secouer la direction politique du pays, devenue depuis longtemps une sombre farce. Mais tout ce qui reste de ce système branlant et criblé de trous, ce sont quelques has been et quelques-uns qui, comme chez Kafka, se sont réveillés un matin libermanesque pour découvrir qu'ils s'étaient transformés en cafards.

Israël est peut-être pauvre en ressources naturelles, mais on nous a toujours dit qu'il était riche en ressources humaines. Avec une arrogance colonialiste, Lieberman a dit cette semaine que les Palestiniens devaient trouver un de Gaulle pour que nous puissions leur parler. Ce type a le sens de l'humour. Que dirait-il si leur de Gaulle voulait faire d'Israël une autre Tchétchénie?

Même Yossi Beilin n'a pas parlé trop fort. Le somptueux petit déjeuner auquel il avait invité il y a 9 mois son rival idéologique, pendant lequel il avait généreusement chanté ses louanges (dans l'esprit de la gauche chic, mais dans un moment d'égarement), n'a pas été seulement l'une de ses pires erreurs politiques : ce fut aussi une approbation.

Et où est l'ancien premier juge de la Cour suprême Aharon Barak, le gardien de la démocratie? Et où sont les professeurs? Et sur quoi porte la grande manifestation? De la Gay Pride à Jérusalem. Pas de l'anniversaire de l'assassinat d'Itzhak Rabin, tué, dans l'esprit au moins, par la droite renaissante. La seule preuve de courage de la part des députés a été de s'absenter d'une cérémonie à la mémoire de Rabin organisée par un Président accusé de viol.

(...)

L'échec du recrutement à la direction du pays est grave et profond. Ce ne sont pas les dirigeants actuels qu'il faut blâmer, mais plutôt les électeurs et l'absence de critique au sein des élites. Tout comme le de Gaulle de Lieberman n'est pas près d'apparaître à Gaza, il n'y a aucun signe d'un grand dirigeant sur le point d'apparaître chez nous. D'où ce morne sentiment qui se répand qu'il n'y a rien à faire, parce que certaines crises n'ont pas de solution, au moins pour les décennies à venir. Quelle perspective pour un public qui perd espoir!

Trad. : Gérard pour La Paix Maintenant

Gidéon Samet

12 - à lire

12.1 - COUP DE PUB: Les musulmans m'ont tué

C'est le titre de mon livre qui sortira prochainement. Une information circule déjà sur le site Amazon et vous pouvez le commander dès maintenant en cliquant içi : Voici la maquette provisoire du livre

La sortie était initialement prévue en novembre.

Mais j'ai demandé de reporter la date de publication pour des raisons de sécurité.

En attendant, je dédicace ce livre " fictif " à Robert Redeker auquel j'ai consacré un article sur ce blog diffusé en trois parties.

L'une des façons de soutenir Robert Redeker est de tirer les enseignements et les enjeux que sa situation révèlent.

Aussi je vous invite à lire cet article et à le diffuser le plus largement possible

Messaoud Bouras

12.2 - Résistances irakiennes: contre l'occupation, l'islamisme et le capitalisme, par Nicolas Dessaux

Coordonné par Nicolas Dessaux. Éditions l'échappée, collection Dans la mêlée. Format 12x18,5/ 24 pages/10 euros/isbn 2-915830-10-X

Dans un Irak déchiré par l'occupation militaire et la guerre civile, des hommes et des femmes, arabes et kurdes, athées et croyants, sunnites et chiites, chômeurs, ouvriers, syndicalistes et féministes cherchent à sortir du chaos.

Menacés par les islamistes, persécutés par les nationalistes, emprisonnés par les troupes d'occupation, ils tentent de répondre à ces questions : comment combattre l'impérialisme américain sans poser de bombes ? Quelles stratégies adopter pour empêcher la guerre civile de se propager dans les quartiers ? Comment défendre les droits des femmes alors que les islamistes participent au gouvernement et tiennent la rue ? Quelles luttes sociales mener pour défendre l'égalité et les droits des salariés ?

Ce livre leur donne la parole. Ces neuf entretiens nous font découvrir cette autre résistance, résolument laïque, féministe et anticapitaliste qu'Al-Qaeda considère "plus dangereuse que le Mossad".

Nicolas Dessaux, archéologue, est président de l'association Solidarité Irak, qui, depuis 2003 fait connaître et soutient les luttes féministes et sociales en Irak occupé.

Préface : Résister autrement, par Nicolas Dessaux

On a décidé de lancer l'insurrection tout de suite

Entretien avec Muayad Ahmad. Membre d'une organisation armée d'extrême gauche, Muayad Ahmad a été l'une des figures de l'insurrection populaire de mars 1991 au Kurdistan d'Irak, en pleine guerre du Golfe.

Mon coeur brûle pour les femmes du Kurdistan et d'Irak

Entretien avec Surma Hamid. Après avoir connu toutes les violences faites aux femmes dans la société kurde, Surma Hamid est devenue une dirigeante féministe célèbre au Kurdistan, avant d'être contrainte à l'exil par les islamistes.

C'est comme ça qu'une société façonne la personnalité

Entretien avec Houzan Mahmoud. Née dans une famille de guérilleros, Houzan Mahmoud est l'une des fondatrices de l'Organisation pour la liberté des femmes en Irak et l'une des porte-parole du Congrès des libertés en Irak à l'étranger.

Nous ne disposions que de trois fusils

Entretien avec Ali Abbas Khalif. Après cinq ans de détention pour ses liens avec la guérilla, puis douze ans en tant que prisonnier de guerre en Iran, Ali Abbas Khalif est aujourd'hui syndicaliste et président du Congrès des libertés en Irak à Bassora.

Tout le monde pense être la prochaine cible

Entretien avec Nadia Mahmoud. Militante clandestine de longue date, vivant aujourd'hui en exil, Nadia Mahmoud est retournée récemment en Irak pour la première fois.

Emprisonné à trois reprises par les forces d'occupation

Entretien avec Qasim Hadi et Akram Muhammad Nadir. Syndicaliste clandestin, organisateur de grèves victorieuses sous le régime de Saddam Hussein, Qasim Hadi est aujourd'hui secrétaire général du Syndicat des chômeurs en Irak. Syndicaliste au Kurdistan d'Irak, Akram Mohammed Nadir est responsable du Syndicat des chômeurs à Sulaymania.

Quelles bombes ? La bombe, c'est moi !

Entretien avec Thikra Faisal. Etudiante à Bassora, Thikra Faisal a été l'une des meneuses de la grève des étudiants contre les milices armées islamistes à l'université.

L'humanité est notre drapeau

Entretien avec Samir Adil. Arrêté et torturé par la police de Saddam Hussein pour ses activités clandestines, Samir Adil est aujourd'hui président du Congrès des libertés en Irak. Traductions de Nicolas Dessaux et Hakim Arabdiou

Éditions l'Échappée, 130 rue Saint Maur 75011 Paris

Contact presse : lechappee@no-log.org

Pour commander le livre par Internet : www.lechappee.org

www.solidariteirak.org

Hakim Arabdiou

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