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  1. chronique d'Evariste
    1. Ces "antifascistes" qui regardent ailleurs quand l'extrême droite islamiste frappe les démocrates et les femmes, par Évariste
  2. combat laïque
    1. PROGRAMME RENCONTRE LAIQUE INTERNATIONALE, par Le Collectif D'initiative Laïcity
    2. Les soldes à Gennevilliers : la municipalité offre le terrain pour la future mosquée, par Jocelyn Bézecourt
    3. LAICITE, Travaux Pratiques au PS ?, par Alain Py
    4. Bien vu Monsieur Hilout, par Simon Archipenko
    5. Accommodements raisonnables avec la laïcité au Québec, par Marco Fortier
    6. Ne laissons pas les anti-avortements occuper la rue, par Ramon Orero
  3. élections présidentielles 2007
    1. Gauche antilibérale, autopsie d'un suicide, par Christophe Ramaux, Alain Lecourieux
    2. Les candidats à la présidentielle et les catégories sociales, par Judith Elsouche
  4. débats politiques
    1. France-Echos : de faux laïques et de vrais racistes (partie III), par Caroline Brancher
  5. International
    1. U.S.A. 7 novembre 2006 : le grand pendule de l'histoire repart à gauche !, par Philippe Schwartz
    2. Communiqué de presse du comité de soutien à Ingrid Betancourt, par Hervé Marro
  6. à lire
    1. " Les lobbies à l'assaut de l'Europe" de Michel Lecherbonnier, par Mireille Popelin
    2. Tête haute, de Mémona Hintermann, par Pascale VERGEREAU
  7. Agenda

1 - chronique d'Evariste

1.1 - Ces "antifascistes" qui regardent ailleurs quand l'extrême droite islamiste frappe les démocrates et les femmes

Les journées internationales laïques des 10 et 11 février prochains, à Montreuil, ont été organisées à l'appel d'hommes et de femmes qui vivent dans des pays où les islamistes menacent la vie des syndicalistes, des démocrates, des laïques, et surtout des femmes qui veulent affirmer leur droit de ne subir le poids dominant d'un intégrisme religieux. Comprenant que l'offensive de ce nouveau fascisme du vingt-et-unième siècle est mondiale, ces militants espèrent qu'une structure internationale souple saura permettre une meilleure coordination de tous ceux qui, dans le monde, sont les premières victimes de ce nouveau totalitarisme.

Pourtant, il est certain aujourd'hui que cette initiative ne sera pas relayé par des franges importantes de la gauche. Rien d'étonnant, il y a là tout un symbole, et une continuité.

Parlons de l'extrême gauche, mouvance LCR. Quand il s'agit de lutter contre le Front national, cette organisation considère que c'est presque sa chasse gardée. Qui n'a pas entendu, dans les manifestations, le célèbre et excellent mot d'ordre : " Et F comme fasciste, et N comme nazi, à bas, à bas, le Front national ", repris avec beaucoup de dynamisme à la sono, et scandé par des milliers de poitrines, dans les années 1985-1990 ?

La création de Ras'l'Front, essentiellement impulsée par la LCR, en 1990, correspondait à une volonté de ne pas accepter la montée du Front national sans réagir. Hélas, une conception gauchiste de la lutte antifasciste allait cantonner cette nécessaire mobilisation à un noyau restreint, et se révélera incapable de proposer une réaction de masse à la montée de Le Pen et des siens.

Incapables de parler du bleu-blanc-rouge, qualifiant de réactionnaires de gauche tous ceux qui entendaient ne pas laisser les symboles de la République aux mains du Front national, les " antifascistes gauchistes " ne montreront souvent à l'ensemble du peuple que le visage de deux camps d'extrémistes qui s'affrontent sur les marchés, sans être capables de mobiliser les masses pour s'opposer à la peste brune.

Ils ne comprendront rien au sursaut entre les deux tours, quand des militants chanteront "La Marseillaise", et quand SOS Racisme et les antiracistes brandiront des drapeaux bleu blanc rouges, montrant ainsi l'impasse de l'antifascisme gauchiste et antirépublicain.

Surtout, ils seront incapables de lier le nécessaire combat contre le Front national au combat contre tous les fascismes, et notamment à celui contre la montée de l'extrême droite islamiste. Dans le meilleur des cas, ils regardent ailleurs, et se contentent de mots d'ordre contre l'"impérialisme américain", sans dire un mot contre l'intégrisme islamiste.

Dans le pire des cas, comme en Grande-Bretagne, quand des courants comme celui de la militante Azar Majedi dénoncent simultanément l'agression américaine en Irak, mais aussi les islamistes, qui tuent les syndicalistes et les féministes, les trotskystes du SWP britannique les prennent pour cible ! Ces mêmes trotskystes ont déroulé le tapis rouge à l'extrême droite islamiste, lors du dernier Forum social, à Londres, ont qualifié le modèle laïque français de raciste, et ont insulté Bernard Cassen quand il a essayé courageusement de réagir face à ces propos inadmissibles.

En France, on a retrouvé cette mouvance, aux côtés des islamistes, quand il s'agissait de lutter pour imposer le voile à l'école publique. On les a retrouvés, avec d'autres groupes communautaristes, dans Attac, pour imposer la présence du prédicateur Tariq Ramadan, celui qui, entre autres, se contente de demander le gel de la lapidation des femmes, quand son frère Hani la justifie.

Thierry Jonquet, dans la chronique d'Evariste de Respublica 497, démontrait avec férocité et humour comment les dirigeants de la LCR faisaient des yeux doux au Hezbollah. Ce romancier, issu du trotskisme, est un antifasciste conséquent. Il était à la création de Ras'l'Front. Simplement, comme bien d'autres, il n'a pas supporté la complaisance d'une grande partie de la gauche lors de l'affaire du voile de Creil, en 1989, et lors de la bataille pour une loi contre les signes religieux à l'école, en 2003. Auteur d'un texte remarquable sur le rapport Obin, et l'offensive de l'islamisme à l'école notamment, Thierry Jonquet et bien d'autres ne se résignent pas à ce qu'une partie de la gauche, qui se prétend antifascisme, puisse abandonner, en France et dans le monde, les femmes, les syndicalistes et les démocrates, premières victimes de la férocité de l'extrême droite islamiste.

C'était, entre autres, cela les enjeux du voile à l'école en 1989 : comment les militants progressistes pouvaient protéger les femmes, et les militants laïques de culture arabo-musulmane face à la montée du fascisme islamisme, en pleine période de la guerre algérienne qui a vu des dizaines de milliers d'hommes et de femmes sauvagement assassinés par les égorgeurs du FIS.

C'était également les enjeux de la bataille pour une loi contre les signes religieux à l'école : comment protéger les enseignants laïques, et les jeunes filles, face à la progression du voile à l'école, et aux créneaux que la loi Jospin de 1989 laissait aux juristes islamistes. Dans ces deux batailles, au mieux on n'a pas vu toute une partie de la gauche, au pire tels ces JCR protégeant les jeunes filles voilées un 8 mars (quel symbole), ou bien ces dirigeants du Mrap soutenant les soeurs Levy à Aubervilliers, et toutes les voilées ailleurs, ou bien ces dirigeants Verts Lipietz-Mamère, ou ces dirigeants communautaristes d'Attac, relayer cette offensive, et qualifier de racistes et de colonialistes les laïques et les féministes qui luttaient contre un vrai fascisme.

Ce sont aujourd'hui encore les vraies enjeux des journées internationales laïques de Montreuil. Des féministes, des syndicalistes et des démocrates ont appelé au secours des organisations françaises, pour mieux organiser, au niveau mondial, la résistance nécessaire de tous les progressistes face à des fascistes qui menacent la vie et la liberté de conscience de centaines millions d'hommes et de femmes sur la planète.

Il se trouvera certes des organisations laïques et féministes, relayés par des journaux comme Charlie Hebdo, Marianne, Respublica et quelques sites, pour couvrir cette initiative qui a d'abord le mérite d'exister, et qui ensuite permettra une meilleure coordination entre ces militants. Mais les " antifascistes autoproclamés ", où sont-ils ? Au mieux, quelque peu gênés, ils regardent ailleurs. Au pire, sans aucun scrupule, ils s'affichent aux côtés d'authentiques fascistes, sous prétexte que les ennemis de nos ennemis peuvent être un temps nos amis !

Les républicains sont des antifascistes conséquents. Ils ont milité pour établir un cordon sanitaire contre les idées du Front national, et l'ont fait sans aucun sectarisme. Ils considèrent, contrairement à des gauchistes sectaires, que quand les valeurs démocratiques sont en péril, l'heure est à l'alliance la plus large contre le péril fasciste.

C'est dans cet esprit, sans aucun sectarisme, qu'ils proposent l'alliance la plus large, pour aider les progressistes et surtout les femmes qui, tous les jours, risquent leur vie, et parfois meurent sous les coups des bourreaux islamistes.

Ils savent que le coeur de la gauche, mais aussi la majorité des citoyens de ce pays, partagent ce rejet d'une idéologie mortifère, raciste, fasciste et obscurantiste.

Mais ils savent également qu'ils trouveront, face à eux, des théoriciens gauchistes et communautaristes, heureusement largement minoritaires, mais occupant des postes bien plus importants que leur réelle influence, qui ont décidé de faire un bout de chemin avec l'extrême islamiste.

L'histoire jugera. Mais en attendant, Respublica mettra toutes ses forces pour contribuer à la réussite des journées des 10 et 11 février prochains, et encourage ses lecteurs de la région parisienne à y participer nombreux.

Évariste Pour réagir aux articles,
écrire à evariste@gaucherepublicaine.org

2 - combat laïque

2.1 - PROGRAMME RENCONTRE LAIQUE INTERNATIONALE

(sous réserves de quelques modifications)

Plus d'info: cliquez-ici

Hôtel de ville 93105 Montreuil

Samedi 10 février 9 H 00

Allocution de bienvenue :

Table ronde 1: La laïcité, principe universel

Modérateur : Pierre Cassen, Rédacteur en chef du journal électronique RESPUBLICA

Participants :

Déjeuner

Table ronde 2

L'intégrisme contre les libertés de conscience et d'expression Modérateur : Michèle Dessenne, militante féministe et altermondialiste ((Les Pénélopes)

Participants :

Table ronde 3: Les intégrismes contre le droit des femmes et contre l'égalité hommes -femmes

Modérateur : Jocelyne Clarke Rédactrice en chef de la Revue Laïque et Féministe (RLF)

Participants :

Dimanche 11 février 9 H 00

Table ronde 4: La laïcité contre les racismes et les communautarismes

Modérateur : Anne Zelenski, présidente de la Ligue du droit des femmes

Participants :

Table ronde 5: Pour une mobilisation des forces laïques et féministes à l'échelle mondiale

Modérateur : Monique Vézinet Rédactrice en chef d'UFAL-INFO

Participants :

Conclusion : Jean-François Kahn, directeur de "Marianne"

Le Collectif D'initiative Laïcity c/o UFAL - 27, rue de la Réunion - 75020 PARIS - France
Tél. : 01.46.27.09.25

2.2 - Les soldes à Gennevilliers : la municipalité offre le terrain pour la future mosquée

Le bail emphytéotique est certainement la trouvaille la plus astucieuse, et légale, pour contourner le principe de la non subvention des religions par de l'argent public. Pour un montant symbolique, une commune peut louer pour 99 ans un terrain à une organisation confessionnelle afin d'y construire un lieu de culte. Ainsi à Gennevilliers, dans les Hauts-de-Seine, un terrain situé rue Paul-Vaillant-Couturier a été attribué à l'association Ennour par la municipalité pour un loyer d'un euro et, le 20 janvier 2007, la première pierre de la future mosquée a été posée. Bien sûr, à la Mairie, on aime la laïcité et on assure que "même si notre Municipalité est laïque et ne finance pas la mosquée, notre démarche relève du mieux vivre ensemble, d'un respect mutuel et d'une égalité de traitement entre les habitants" (Gennevilliers magazine, janvier 2007).

Le maire Jacques Bourgoin (PCF), radieux dans le maniement de la truelle, était accompagné du sénateur Roland Muzeau (PCF) pour lancer la construction. Le panneau placé à l'entrée du terrain rappelait l'aide essentielle de la Mairie dans l'offre du terrain. Environ 400 personnes (d'après l'AFP, 20 janvier 2007) étaient venues assister à l'évènement, dont une très grande majorité d'hommes. Les femmes étaient quasiment toutes voilées mais les hidjabs n'étaient, hélas, pas imperméables : une forte averse s'est invitée peu avant le début de la cérémonie... Une épreuve divine bien sûr.

Si l'assistance était ravie de ce jour béni, si quelques "Allah akbar" ont salué la pose de la première pierre et la signature du bail, une observation moins bruyante mérite pourtant d'être notée : que ce soit avant la pluie ou après que l'assistance, trempée, se soit réfugiée dans le centre des Grésillons, les femmes se regroupaient systématiquement entre elles (dans les places assises ou debout) de façon à minimiser le mélange avec les hommes. Nul ordre ne l'a imposé, nulle pancarte ne le conseillait, le regroupement par sexe semble ici naturel et bien ancré dans les mentalités. La future mosquée, comme toutes les mosquées, pratiquera aussi cette séparation en réservant une salle de 500 places aux femmes.

Dans son discours enthousiaste, le Maire a placé l'offre du terrain dans la continuité de la mise en place d'un carré musulman dans le cimetière de la ville. Il n'a pas manqué de saluer la présence de représentants d'autres religions, preuve que la construction d'un nouveau lieu de culte, avec la participation de la municipalité, soude les monothéismes face à l'adversité laïque. Quant à Mohamed Benali, président de l'association Ennour ("la lumière"), il se réclame naturellement de la laïcité mais une "laïcité ouverte, tolérante, généreuse". Une générosité "laïque" qui se chiffre en fait au prix du mètre carré...

L'événement anti-laïque observé à Gennevilliers n'est, finalement, qu'une manifestation parmi d'autres de la frénésie actuelle à construire des mosquées. Le rapport Machelon, réalisé sur mesure pour Nicolas Sarkozy, vise même à généraliser et étendre ces financements publics. Les musulmans sont évidemment libres d'édifier, à leurs frais, des lieux où entretenir des superstitions obsolètes. Cependant, pas un centime d'argent public et pas un mètre carré de terrain ne sauraient être abandonnés à ces entreprises. Au nom de quel égalitarisme les collectivités publiques devraient-elles faire ces cadeaux ? Pourquoi ce privilège locatif envers les religions ? Face au patrimoine immobilier indécent de l'Eglise catholique, l'égalité de traitement ne consiste pas à multiplier les faveurs à l'égard de l'islam mais à amener l'Eglise à plus de modestie dans son patrimoine, les églises étant vides et les couvents plus inutiles que jamais.

Jocelyn Bézecourt co-auteur avec Gérard da Silva de "Contre Benoît XVI. Le Vatican, ennemi des libertés"
Editions Syllepse 2006
www.syllepse.net/lng_FR_srub_37_iprod_297-Contre-Benoit-XVI.html

2.3 - LAICITE, Travaux Pratiques au PS ?

(en réponse à l'article de "hebdo.parti-socialiste.fr" : "Nicolas Sarkozy l'avocat de l'UOIF")

Critiquer Sarkozy et son attitude anti-laïque, c'est bien beau. Mais avoir avoir une véritable attitude laïque serait beaucoup mieux ! Quand on voit la proximité de M. Valls (PS) et de M. Sarkozy sur le financement des lieux de cultes, ce n'est pas brillant.

Electoralement : après les musulmans, on passera aux évangéliques et autres ? Rappelons que l'ensemble des courants du CFCM sont réacs : la FNMF "marocaine" n'est pas très loin de l'UOIF et "l'algérienne" Grande Mosquée de Paris est proche de l'UMP !

La proposition de loi socialiste sur la laïcité (qui ne touche même pas le statut concordataire d'Alsace-Moselle) vaut bien le document du PCF sur le même sujet paru en déc. 2005 : c'est navrant !

Avant de donner des leçons de laïcité à la droite, le PS et la gauche devraient la pratiquer, autrement qu'en donnant des cours, conférences et autres discours qui n'engagent - comme les promesses - que ceux qui les croient...

L'existence même du CFCM (Conseil français du culte musulman) et des projets précédents (Joxe, Chevènement...) rappelle plus le concordat napoléonien que la République. Comme dit le philosophe Henri Pena-Ruiz, l'Etat n'a pas à organiser la religion, pas plus qu'à la financer, il doit s'occuper du social !

Et les Conseils Régionaux de ce culte (CRCM) sont financés par des régions de gauche (PACA, dirigée par le PS). Montpellier (PS) a financé des lieux de culte musulman... Après cela, on peut commémorer la loi de séparation des églises et de l'Etat (1905). Mais il serait temps de passer au travaux pratiques et l'appliquer...

Fi du pluralisme religieux, les laïques socialistes veulent la laïcité, celle que Jaurès et Briand ont voté en 1905. Comment allons-nous laïciser nos élus ?

Alain Py

2.4 - Bien vu Monsieur Hilout

Quel est donc cet étrange pays qui n'aurait jamais dû exister, selon les critères géographiques, culturels, linguistiques ? Au nord, il y avait les flamands, à l'ouest, les normands et les celtes, au sud, les catalans, au sud-est les italiens, à l'est les germains. Quel est cet étrange pays qui, un 27 juillet 1214, sur un champ de bataille de Bouvines va se forger une destinée commune ? Cette bataille, remportée par une armée essentiellement composée de miliciens des villes contre une armée de nobles et de féodaux, a été décrite comme un des événements fondateurs et constitutifs de cette nation et du sentiment d'appartenance à ce pays.

Quel est donc cet étrange pays qui, année après année, siècle après siècle, a su forger son identité nationale en intégrant ses immigrés et fils et filles d'immigrés sur la base de l'appartenance à la collectivité nationale ? Ce pays où leurs petits enfants ne sont plus qualifiés de fils ou petits fils de, mais de citoyens.

Certes rien n'est blanc, rien n'est noir. Cette intégration s'est souvent, très souvent, trop souvent faite dans la sueur du travail ou le sang des champs de batailles, les brimades et vexations voire les crimes d'indigènes provençaux, bretons, auvergnats. Wladimir vient travailler dans les mines du Nord ; sa sueur n'est pas celle du prince Poniatowski. Luigi sera docker à Marseille. Manuel qui servait depuis 1940 dans le 501ème char espagnol pour libérer sa nouvelle patrie, sera maçon. Alphonse Juin vainqueur sur le Garigliano offre une voie triomphale et ouvre les portes de Rome, le 4 juin 1944 et fait appel à Yvan pour aller verser son sang au bout du monde. Meziane est appelé à contribuer aux trente glorieuses, son cousin se voit dénommé " arabe du coin " parce qu'il tient boutique quasiment ouverte vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours par semaine, comme si Maurice le gérant de la supérette était l'Auvergnat du coin ! Thuan, victime d'un siècle tragique qui n'en finissait pas de mourir, commerçant dans une grande métropole. On peut évoquer le polack, le macaroni, l'espingouin, le russkof, le niakoué et le bougnoule. Dans le pays de mes ancêtres, nos voisins du nord nous qualifiaient de khokhols, désignation au demeurant très injurieuse. Sous toutes les latitudes, on est toujours le juif allemand de quelqu'un selon l'expression consacrée.

Cher monsieur Hilout, vous voici à votre tour gratifié de l'injure suprême, comme on aurait dit oncle Tom en d'autres circonstances. Injure pour ceux qui, indigènes indigents de la pensée anti-laïque et anti-républicaine, indigènes de service d'une cause désespérante qui mène forcément au désespoir les sans grades et se caricaturent eux-mêmes, pauvres en esprit. Vous-vous permettre d'exhiber la plus belle de vos décorations. C'est dans le feu de la bataille contre le voile à l'école, à côté des animateurs de RESPUBLICA, qu'une franco-maghrébine vous a publiquement gratifié de la plus haute distinction dans cette lutte: "Bougnoule de service".

Me permettez-vous de partager cette décoration avec vous ? Allons donc de concert, si vous le voulez bien, renvoyer aux oubliettes les intégristes de tout poil.

Ah oui quel est donc cet étrange pays qui n'aurait jamais dû exister ? La France, cher concitoyen !

Simon Archipenko

2.5 - Accommodements raisonnables avec la laïcité au Québec

Les récents "accommodements" ayant fait la manchette au Québec provoquent l'incrédulité en France, qui demeure un des pays les plus fermés aux demandes d'aménagements spéciaux pour les minorités.

Les accommodements raisonnables, ça n'existe pratiquement pas en France. La République impose la laïcité d'une main de fer aux 63,4 millions de Français, y compris aux 10 millions qui sont d'origine étrangère, selon les estimés officiels.

Différence des droits

"Ce n'est pas à moi à m'ingérer dans les affaires québécoises, mais il y a des principes sur lesquels il ne faut pas reculer, comme l'égalité des hommes et des femmes", affirme sans détour Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre de l'Intérieur qui a été candidat à l'élection présidentielle française, en 2002.

"Il faudrait quand même habituer les gens à vivre dans un espace commun et ne pas faire prévaloir, en tout lieu et à tout moment, le souci de leur différence. La revendication du droit à la différence aboutit très vite à la différence des droits", ajoute cet ardent défenseur de la laïcité et des "valeurs républicaines", rencontré à son bureau de l'avenue de Bourgogne, au coeur de Paris.

Ah, ces cousins québécois

Ce genre de réaction, qui vient du fond du coeur, on l'a entendu toute la semaine en France. Toutes tendances politiques confondues. De gauche comme de droite.

Les Français interrogés comprennent mal la propension des Québécois à offrir des "accommodements". Il faut dire que depuis plus de 200 ans, les traditions françaises dictent exactement le contraire des "aménagements" envers les minorités.

L'étonnement des Français est d'autant plus grand que les cas récents d'accommodements ayant fait la manchette au Québec n'auraient jamais été imposés par la Cour suprême du Canada, si elle avait été invitée à se prononcer: les vitres givrées du YMCA d'Outremont ne répondent à aucun fondement juridique, pas plus que l'exclusion des hommes aux cours prénataux d'un CLSC, ou l'aménagement d'horaires spéciaux pour les filles qui refusent de se baigner devant les gars.

Les Français s'indignent aussi devant certains accommodements, raisonnables aux yeux de la loi, ceux-là, imposés par le plus haut tribunal canadien: le port du turban autorisé pour les policiers de la GRC - "un représentant de l'État avec un turban?" - tout comme le port du kirpan dans les écoles. Oh là là, le kirpan dans les écoles...

Pas de kirpan en classe

Même obligatoirement scellé dans une enveloppe -donc peu utile dans une bagarre, en principe-, le couteau rituel des sikhs n'a pas sa place en classe, estiment les Français que nous avons interrogés.

"Le kirpan en classe ? Aaaahh... C'est exactement ce que ne souhaite pas la France", soupire Céline Dupuy, directrice des communications dans le 20e arrondissement de Paris, un des plus multiethniques de toute la France.

Étonné

Guy Benedetti, conseiller municipal de l'arrondissement, se montre lui aussi très étonné par les accommodements au Québec.

"La volonté d'envahir l'espace public avec la religion est dangereuse. C'est dangereux, parce qu'il n'y aura plus de communauté qui s'appellera le Canada. Il y aura plusieurs communautés qui vivront côte à côte", croit-il.

Plusieurs communautés qui vivent côte à côte? Oui, c'est un peu ça, le multiculturalisme à la canadienne. Mais elles vivent en paix, les communautés, au Canada. Elles sont contentes.

Transmis par Hakim Arabdiou

Marco Fortier

Source : Le Journal de Montréal

2.6 - Ne laissons pas les anti-avortements occuper la rue

Bonjour,

Quelques milliers de personnes ont défilé à Paris (samedi dernier je crois) pour dénoncer la loi anti-avortement. Ils ont eu la parole, notamment de très jeunes gens (intox déjà) et les interviewer les ont largement laissé développer leur thèse à la Télévision. Cette action était soutenue par la présence de quelques représentants étrangers (présence fortuite ou organisation minutieuse ?).

Se taire et ne pas réagir serait coupable.

Qu'ils assument en conscience leurs croyances et les conséquences de leurs décisions est une chose. Qu'ils tentent d'imposer leurs vues au plus grand nombre en est une autre. Nous ne devrions pas leur laisser croire, par nos silences, qu'ils ont raison.

Pourquoi pas une manifestation pour la défense des libertés individuelles avec plus précisément la réaffirmation du droit à l'avortement pour celles qui le souhaitent ? Avec mes remerciements et mes encouragements pour votre journal que je recommande dans mon entourage.

Ramon Orero

3 - élections présidentielles 2007

3.1 - Gauche antilibérale, autopsie d'un suicide

Comment expliquer la débâcle de la gauche non libérale ? Succès du Non au traité constitutionnel, bilan accablant du libéralisme social (droite) ou du social-libéralisme (gauche) appliqué depuis 1983 - sauf l'heureuse quoiqu'insuffisante inflexion entre 1997 et 2001 avec deux millions d'emplois créés à la clé -, et enfin désignation d'une candidate socialiste dont la percée médiatique n'a d'égale que le vide abyssal du projet économique: un boulevard s'ouvrait pour une gauche à la fois non libérale et non sectaire. Non libérale parce que le partage des revenus au profit des actionnaires, le libre-échangisme et la déconstruction de l'Etat social constituent une entreprise cohérente qui appelle une alternative non moins conséquente. Non sectaire puisque l'enjeu n'est pas d'entretenir sa petite boutique - ce qui est clairement devenu la principale ambition de LO et de la LCR -, mais de changer la donne pour faire gagner toute la gauche et redonner le pouvoir au peuple. Le boulevard est un champ de ruines. En témoignent l'affaissement d'Attac et, plus grave encore, la tentative avortée d'une candidature unitaire.

On pourrait s'en tenir à des explications simples : pour Attac, la fraude au bénéfice de la direction sortante ; pour la candidature unitaire, le comportement sectaire du Pcf. Cette lecture a un avantage : nul besoin ainsi de balayer devant sa porte. Si on veut que des enseignements utiles soient tirés, il faut pourtant aller plus loin.

Certes il y a bien eu bourrage d'urne éhonté à Attac et le Pcf a bien décidé, de façon suicidaire, de faire cavalier seul. Mais les racines de la crise sont plus profondes: la gauche non libérale paie son rapport équivoque à la démocratie.

De quoi s'agit-il ?

Attac a joué un rôle majeur dans la victoire du Non en partant d'un argument simple et efficace : une Constitution est faite pour faire vivre la démocratie, non pour tuer la politique en tranchant des questions essentielles qui doivent relever du libre débat. Que n'a-t-elle appliqué à elle-même cet éloge de la démocratie ! Or les statuts d'Attac, établis d'un commun accord par les deux camps en présence, les ex-dirigeants et les nouveaux, sont bien une incongruité de ce point de vue. Qu'on en juge ! Attac est régie par le consensus : les adhérents ne peuvent voter sur des orientations alternatives. 60% de sa direction est autodésignée dans une liste de membres fondateurs (syndicats, associations...). Les milliers d'adhérents n'ont d'autre choix que d'accepter ou refuser en bloc cette liste et de désigner les 40% restants, mais pas au scrutin proportionnel de liste ! Aucun vote n'étant en pratique possible sur les orientations politiques, les débats ont exclusivement porté sur les personnes, et les représentants des fondateurs en sont donc arrivés à ne représenter qu'eux-mêmes. Que le lancement d'Attac ait résulté d'un consensus originel entre syndicats et associations fut une excellente idée. Quant à inscrire le consensus dans la pratique obligée et à donner aux fondateurs, plutôt qu'un rôle dans un conseil de soutien, plus de postes de direction qu'aux représentants des adhérents, il y a bien là un déni des règles les plus élémentaires de la démocratie.

La candidature unitaire relève d'un même vice de conception. Au lieu que les comités, à partir d'un accord politique, désignent un(e) candidat(e) selon le principe un homme/une voix, on a créé une autre usine à gaz en exigeant un double consensus : celui des comités et celui des courants fondateurs très dissemblables en importance. Le nombre des postulants a montré la vanité de cette disposition : Marie Georges Buffet l'a emporté dans les comités, sans que quiconque respecte le principe un homme/une voix (un comité de 5 membres valait autant qu'un de 150 !), mais a échoué auprès des courants fondateurs. D'où l'explosion avant le décollage ! La candidature de J. Bové, si elle a lieu, ne sera pas unitaire et risque de déporter la gauche non-libérale vers une posture gauchisante et protestataire.

Deux cas et deux usines à gaz... à faire pâlir par leur ingéniosité n'importe quel apprenti sorcier de la Commission européenne ou d'une entreprise multinationale ! Comment la gauche non libérale a-t-elle pu en arriver là ?

C'est bien le rapport à la politique, au pouvoir et à la démocratie qui est en jeu. La gauche non libérale paie au prix fort sa prétention à faire de la politique autrement, ses proclamations de vertu désintéressée et, au total, son incapacité à affronter la question du pouvoir.

N'importe quel processus complexe suppose la délégation. Et il est sage de partir du principe que le pouvoir intéresse chacun, plutôt que de prétendre ne pas manger de ce pain là. Le pouvoir, tout comme d'ailleurs l'Etat, n'est pas sale en soi. Il est aussi une exigence de responsabilité. Plutôt que se situer ailleurs, n'est-il pas plus fécond de le contrôler démocratiquement ?

Il ne s'agit pas de nier l'utilité de la démocratie participative, de la démocratie en réseau ou bien encore du consensus. Mais force est de constater que la régression est considérable lorsqu'ils se déploient au détriment des règles essentielles de la démocratie dite, par certains encore, formelle (bourgeoise, disait-on, auparavant !). Au lieu de compléter cette formidable invention qu'est la démocratie représentative par la démocratie participative on a dévalué la première et finalement la seconde...

Des milliers de militants se sentent, à juste titre, trahis, spoliés. Mais il n'y a pas d'un côté les bons militants et de l'autre les méchants dirigeants. Les premiers sont aussi responsables : ils ont laissé faire. Ils se sont dessaisis de leur pouvoir comme sujets politiques, pavant le chemin de la servitude volontaire.

La gauche non libérale ne se redressera pas - il y a pourtant urgence - en bafouant les principes de la démocratie, de la République. A quand des Etats généraux ouverts à toutes les sensibilités de la gauche non libérale lançant, de façon démocratique, une force politique qui, à l'évidence, manque en France ?

Christophe Ramaux Economiste à l'Université Paris-I

Alain Lecourieux Ingénieur civil des Mines

3.2 - Les candidats à la présidentielle et les catégories sociales

Les sondages sur qui va gagner au premier tour ou au deuxième tour de la présidentielle n'engagent que ceux qui y croient. Nous sommes habitués aux manipulations des sondages pour le compte de tel ou tel candidat. Rappelons-nous de Jean-Pierre Chevenement à 15% en 2002 ce que des responsables actuels des instituts de sondages disent en catimini que ces chiffres n'ont jamais existé! Sans parler de Balladur en 1995...

Mais ce qui est intéressant, et sans doute plus fiable, dans le sondage CSA/Parisien, est la répartition socio-professionnelle des soutiens des candidats. Le résultat est surprenant.

On apprend que les intentions de vote d'Arlette Laguiller serait terriblement masculines (6 sur 7), que le vote de Villies est terriblement féminin (4 sur 5). Que les électeurs d'Arlette seraient principalement les employés de 30 à 50 ans (donc des hommes) et que Ségolène Royal fait une percée remarquée chez les 25-29 ans! Que le score principal de Marie-George Buffet se fait chez les cadres et professions libérales (6% pour 3% en final!). Que Dominique Voynet fait un tabac chez les femmes au foyer et ne sort pas de la tranche 30-50 ans (Les Verts n'attirent plus les jeunes!)! Que le score de Besancenot est jeune! Que Ségolène est légèrement devant Le Pen dans l'électorat ouvrier (30 contre 29%).

Pour le reste que du classique (les personnes âgées comme d'hab), L'électorat de Sarko et de Bayrou comme d'hab. Un bémol qui montre que tout ça est sujet à caution:le sondage dit que 30 % de l'extrême gauche vote Sarko ! Donc ces sondages ne sont pas prêts à être considéré comme sérieux. Mais cela m'a amusé de le lire et donc je vous en fait profiter.

Judith Elsouche

4 - débats politiques

4.1 - France-Echos : de faux laïques et de vrais racistes (partie III)

Cf. Partie I Cf. Partie II

L'article a été publié sur le site internet de ProChoix, nous n'avons pas reproduit les nombreuses notes de l'article que vous pouvez consulter sur le site de ProChoix, NDLR.

France-Echos : la version " blanche " des indigènes de la République

Pour France-Echos, le communautarisme Blanc est un réflexe de survie. Selon un internaute, " la quête des Français de souche " serait une " quête juste et légitime ". Prétextant que les Blancs (français de souche) ont leur spécificité, le regroupement selon l'appartenance ethnique est encouragé. André Waroch dit par exemple :

" Le communautarisme doit être pratiqué sans vergogne par les Français de souche ou d'origine européenne. Nous devons pratiquer le regroupement ethnique (..) Prenons définitivement possession de l'espace que nous pouvons encore occuper (..) Nous avons besoin d'affirmer notre spécificité, pas de la diluer dans une idéologie universaliste. Nous devons réapprendre les vieux réflexes de solidarité ethnique (..) Nous devons retrouver le fond celtique gaulois, solidaire, brut, sauvage, qui est le notre".

David Duke, ancien chevalier du Ku Klux Klan et suprémaciste blanc qui veut réinstaurer l'apartheid, parle lui aussi de spécificités propres à la race blanche et à la race noire. Contrairement à ses prédécesseurs, David Duke ne parle plus de supériorité (et réciproquement d'infériorité) propre à une race mais de spécificité. Ce changement de stratagème lui permet de rendre son discours plus " respectable " en surface et un peu moins détectable. Il n'en est pas moins raciste.

Si le discours de France-Echos n'est finalement pas très éloigné de celui de l'ultra droite américaine et du Ku Klux Klan, il colle à la peau du discours communautaire des indigènes de la République qui souhaitent, quant à eux, mettre en place un mouvement politique de " post-colonisés "

France-Echos dit également : " En France, il faut en finir avec le développement du communautarisme " ce qui, en somme, est assez contradictoire. En réalité, France-Echos veut promouvoir le communautarisme Blanc tout en interdisant le communautarisme Noir ou Arabe. Comment va-t-il s'y prendre ? Nous le verrons plus tard dans les moyens à mettre en oeuvre pour sauver l'Europe.

Une drôle de conception de la laïcité ...

France-Echos loue la laïcité et s'offusque lorsque celle ci est bafouée. Ce qui est en somme assez curieux puisque France-Echos encourage dans le même temps au communautarisme Blanc, le communautarisme étant par définition l'extrême opposé de la laïcité.

Mais, en réalité, France-Echos ne tire de la laïcité que ce qui l'arrange. Notamment la loi du 15 mars 2004 (certes indispensable) qui interdit le port des signes religieux ostensibles à l'école dont le foulard islamique. France-Echos ne s'offusque également pas de la violation de la loi de 1905, il s'offusque de la construction de mosquées ce qui est très différent.

Par exemple, un rédacteur écrit à propos des associations laïques comme l'UFAL qui ont protesté contre la construction d'une statue à l'effigie de Jean-Paul II, que ces associations " redeviennent virulentes, dès que le catholicisme relève un peu la tête, dans ce pays qui fut naguère, la fille aînée de l'Eglise " En grand défenseur de la laïcité, France-Echos devrait savoir que si les mosquées n'ont pas à être financées par les deniers publics, des statues à l'effigie de Jean-Paul II n'ont également pas à l'être. Peut être France-Echos devrait-il lâcher le Coran et relire la loi de 1905.

Le rédacteur conclut sur cette déclaration : " les ultra laïcards se lâchent voluptueusement " , faisant preuve par là du même dénigrement des laïcs que l'on ne retrouve que chez les intégristes de l'UOIF, qui traitent les laïcs de " talibans ", ou chez la gauche obscurantiste, alliée à la cause islamiste, qui parle à tue tête de " fondamentalistes laïcs " Un internaute parlera des " fromacs-laïcards qui gangrènent l'europe " Rien que ça. Ce même internaute terminera, sans que cela ne suscite la moindre surprise d'ailleurs, sur une louange des intégristes chrétiens américains : " Avec l'application de la Bible et de ses préceptes, l'Amérique est en train de renaître. Si vous êtes chrétiens soyez fiers de l'être et de le dire, librement : Jésus First " Les initiateurs du CRI, qui ont dénoncé l'islamisme comme l'intégrisme le plus menaçant sans oublier pour autant le pouvoir de nuisance des autres intégrismes, seraient quant à eux des " islamo-laico-républicains " Concernant la journaliste Caroline Fourest qui pourfend les intégrismes des trois monothéismes, un lecteur dira de Caroline Fourest, lorsque celle ci condamne Christine Boutin au même titre que Tariq Ramadan, qu'elle fait des " raccourcis indigestes ", preuve définitive que ce forum contient son lot d'intégristes chrétiens qui n'acceptent guère la critique. Sur le forum, on ne s'étonnera donc même plus de trouver régulièrement des déclarations comme " que Dieu sauve la France "

On sait désormais que France-Echos fait preuve de complaisance (et non de naïveté) vis à vis de l'intégrisme chrétien.

Enfin, après la laïcité ouverte tant vantée par Benoît XVI, Sarkozy ou les intégristes de l'UOIF, voici venue la laïcité version France-Echos : une laïcité pro-blanche, complaisante avec le catholicisme et l'intégrisme chrétien mais anti-islam et anti-musulmans. Bref, exactement tout le contraire des principes même de la Révolution Française. Le principe de liberté de conscience est né de la révolution de 1789 pour prémunir toute imposition d'un dogme religieux par une majorité (qui était à autrefois les catholiques) sur le reste de la population (c'est à dire les " minorités " qui furent tour à tour dans l'histoire de France les païens, les juifs, les protestants, les athées et les agnostiques que les catholiques ont persécuté, pourchassé et massacré pendant des siècles)

France-Echos, qui se pose en grand Républicain, méconnaît visiblement l'histoire de France pourtant sa propre histoire.

La diabolisation de l'immigration thème de prédilection de l'extrême droite

L'islamiste le plus puissant de la planète, à savoir Youssef Al-Qaradhawi, prétend que l'Europe est une terre à conquérir au nom de l'islam par le prosélytisme et les prêches. Youssef Al-Qaradhawi sert de référence idéologique à l'UOIF, la filiale française des Frères Musulmans. Si dans " OPA sur l'islam de France ", la politologue Fiammetta Venner a démontré les liens unissant l'UOIF au conseil européen de la fatwa présidé par Al-Qaradhawi, la nature profondément intégriste de l'UOIF et l'influence néfaste qu'exerce cette dernière sur les jeunes des quartiers défavorisés qui souffrent du chômage et des discriminations, Fiammetta Venner en a tiré la conclusion suivante : il faut dissoudre et interdire l'UOIF. Tout au contraire, France-Echos utilise les prêches d'islamistes radicaux comme Youssef Al-Qaradhawi pour condamner d'emblée tous les musulmans d'Europe.

Selon France-Echos, le but caché des musulmans, qui justifie le mensonge et la dissimulation, est d'envahir et d'islamiser l'Europe. Les musulmans, quant ils deviennent majoritaires dans un pays, imposent la charia au reste de la population et massacrent ceux qui refusent de se convertir à l'islam.

Chico Ray : " L'Islam se fiche pas mal que l'on se batte pour propager un Islam modéré ou un Islam intégriste, tout ça c'est l'Islam. Le but est d'obtenir une population musulmane majoritaire, et une fois la majorité obtenue, il se passe... ce qui se passe dans TOUS les pays où les musulmans sont majoritaires et ce qui se passera en France si les musulmans y deviennent majoritaires : imposition de la charia, y compris aux musulmanes "modérées ", ces femmes impures quand elles ont leurs menstruations et qui ne sont qu'un pur champ de labour pour leurs maris en dehors de ces périodes d'impureté. Ne parlons pas des non-musulmanes : elles ne valent même pas une esclave musulmane.(...) Voilà ce que sont les femmes selon le Coran quand les musulmans sont majoritaires : une créature impure à temps partiel, et un pur champ de labour le reste du temps, à condition d'être musulmane, sinon vous valez MOINS qu'une esclave. Quand les musulmans sont minoritaires, bien entendu vous êtes une créature qui à le paradis à ses pieds... "

France-Echos oublie qu'au Sénégal, pays composé en majorité de 90% de musulmans pour 10% de chrétiens, la charia n'a jamais été imposée. L'entente entre musulmans et chrétiens est cordiale , les mariages inter-religieux sont fréquents. Si il y a quelques confréries intégristes au Sénégal, elles n'ont guère d'influence sur le reste de la population.

Pour envahir durablement l'Europe, rien de telle que la démographie, le taux de fécondité des femmes immigrées étant légèrement supérieure (ce qui est vrai) à celui des européennes de souche. Sur le forum de France-Echos, les musulmanes sont comparées au " cheval de Troie de l'Europe " et à " des mères pondeuses "

Un internaute précisera d'ailleurs:

" Toute cette chienlit, cette islamisation de l'Europe, à cause de l'entrejambe de maghrébines "

Concernant les occidentales converties à l'islam :

" disons que ces Mahométans préfèrent s'acoquiner avec des "marie couche toi la" pour en faire des "Fatima couche toi la", poules pondeuses dont le but dans la vie et d'écarter les cuisses et de fermer sa gu.... ces femelles sont nées pour être soumises et peut être sont elles assez (ethno)masochistes pour vivre avec un fou d Allah qui la méprisera et la traitera comme de la m.. toute sa vie.. "

C'est dire. Les internautes accusent les politiques de mentir sur le nombre officiel de musulmans en France. Ils fantasment sur le chiffre abracadabrant de 10 millions de musulmans présents sur le sol français. Selon eux, les musulmans seraient " PARTOUT " : " dans la production d'émission, à la radio, dans les médias en général, dans la police, dans l'armée, dans les finances, dans le gouvernement, dans la rue, dans nos immeubles. ILS SONT PARTOUT ! " La paranoïa du réseau voltaire et de Thierry Meyssan est contagieuse on dirait.

France-Echos voit donc dans l'immigration la source de la montée de l'islamisme en Europe, l'immigration musulmane serait une " menace mortelle pour la civilisation européenne ". Selon France-Echos," les musulmans ne peuvent de toute façon ni s'intégrer ni s'assimiler, sauf quelques cas isolés mais qui sortent De Facto de leur communauté "

Si vouloir pratiquer une politique de l'immigration sans aucune limite est catastrophique, si accueillir des immigrés qui importent des modes de vie incompatibles avec le nôtre (comme la polygamie, l'excision, les mariages forcés, le port de la burka) est désastreuse, si accorder l'asile politique à des islamistes étrangers qui utilisent la liberté d'expression pour la retourner contre nous a favorisé la montée de l'islamisme dans les quartiers et la dégradation des rapports homme / femme, tous les immigrés ne sont pas des islamistes en puissance.

Pourquoi les immigrés de la 1ère génération, venant d'Algérie et en grande partie musulmans, ne posent-ils aucun problème et sont-ils parfaitement intégrés à la société française ? Pourquoi l'intégrisme musulman est-il seulement apparu dans les années 80 (voir 90) en France ?

Il y a des immigrés qui respectent nos lois Républicaines, qui se reconnaissent pleinement dans l'égalité homme femme et la laïcité. Et cela d'où qu'ils viennent et quelque soit leur croyance religieuse. Certains d'entre eux ont même fui l'islamisme pour rejoindre l'Europe. Les musulmans sont en effet les premières victimes de l'islamisme ... point que France-Echos passe évidemment sous silence.

Stopper l'islamisme : immigration zéro ou génocide ?

Selon France-Echos, voici la solution pour remédier au problème et sauver l'Europe:

Sous le pseudo de Templier, un internaute dira " qu'il faut éradiquer les millions de musulmans extrémistes de la terre " car il est impossible de " dialoguer avec des cafards " Il conclura : " les bestioles nuisantes on les écrase ! " Sur le forum, le conflit de Bosnie-Herzégovine est réduit à un " problème musulman ".

Les atrocités commises par les Serbes en Bosnie à l'encontre des musulmans y sont approuvées. Voici le message d'un internaute reproduit dans son intégralité (et on ne peut plus explicite) qui parle d'" extermination massive salutaire ":

" Il faudra peut-être en passer par un anéantissement massif de mohamétans comme on l'a fait avec les nazis ou les fous de l'empereur japonais. Ces derniers avaient, comme muhammad le fuhrer du désert, leurs kamikazes. A notre époque, une extermination massive salutaire se fait en appuyant sur un simple bouton. Cessons de culpabiliser. Les massacres quand on élimine un agresseur trop fanatique pour s'apercevoir de sa faiblesse, cela existe depuis que le monde est monde. Les mohamétans ne doivent pas êtres traités mieux que les nazis ou les japonais. Epouvantable à dire mais hélas c'est la triste réalité. Les nazis ont eu Dresde, les japonais Hiroshima et Nagasaki. Il faudra peut-être se résoudre à l'atomisation de la kabaa pendant le hajj pour que le monde tourne mieux (ou moins mal) Le problème Mahomet réglé on pourra peut-être alors s'orienter vers la découverte des autres planètes et étoiles nécessaires à l'avenir de l'humanité. L'islam est un parasite mental qui affecte les défenses immunitaires de la culture universelle. Les serbes ont été amenés à faire ce genre de chose, épouvantable certes, avec les bosniaques parce qu'il n'y avait pas d'autre solution, le problème n'étant toujours pas réglé. Ce sont nos idiots de politiciens qui ont aidé les ennemis de la liberté tandis que les serbes, nos alliés depuis toujours, sont devenus des criminels par un jeu de propagande payée par l'Arabie saoudite et ses pétrodollars."

Dans certains articles, les Serbes sont donc perçus comme des "frères"... alors que pourtant les milices Serbes ont procédé à une épuration ethnique envers les Bosniaques (musulmans) mais aussi envers les Croates qui eux sont catholiques. Mais France-Echos ne nous épatera pas non plus sur sa connaissance des conflits contemporains.

La haine des musulmans d'abord, le racisme anti-arabe ensuite

France-Echos légitime sa haine sans égale des musulmans en essayant de les faire passer pour des nazis. Attaquer les musulmans (et non les maghrébins) permet également à France-Echos de se dédouaner de toute accusation en racisme : les musulmans n'appartenant effectivement pas à une race. Oui sauf que :

Les jeunes issus de l'immigration maghrébine sont régulièrement dénigrés. France-Echos les appelle les " CPF " à savoir les chances pour la France, France-Echos étant bien sûr incapable de faire la différence entre la minorité ultra-violente des banlieues, qui ne mérite effectivement pas qu'on prenne des pincettes avec elle, et le reste de la jeunesse issue de l'immigration qui n'aspire qu'à vivre en paix avec le reste des Français et qui mérite donc d'être pleinement acceptée en tant que jeunesse Française à part entière.

Si les articles de France-Echos font allègrement l'amalgame entre la culture arabo-musulmane et l'islam (donc l'islamisme), le glissement vers l'amalgame maghrébin / musulman (donc islamiste) arrive tout naturellement :

FP Blake nie l'importance des discriminations que subissent les populations afro-maghrébines et, en même temps, les justifie pleinement car elles seraient dues à "l'atavisme musulman" On sent bien la confusion maghrébin / musulman. Francis Percy Blake dit en effet à propos des discriminations à l'embauche :

"Donc les employeurs (tout comme les bailleurs) réagissent à un racisme anti-blancs, anti-femmes, etc. qui prend son terreau dans la culture musulmane.... Le fond du problème, qu'on ne dit JAMAIS, est évoqué à la fin de ma note n 10 : on "discrimine" ces "jeunes" tout simplement parce qu'en moyenne ils posent 10 ou 20 fois plus de "problèmes" que les autres ... Comme la raison de ces discrimination tient à la "culture" (ou plutôt la non-culture) machiste, violente, voleuse, etc., transmise par l'atavisme musulman, il faut sortir ces jeunes de cette culture (ou les sortir tout court) et commencer une vaste campagne d'information sur les dangers de l'islam. On fait bien des campagnes contre le sida ou la pédophilie, pourquoi pas contre l'islam ? "

Un internaute, quant à lui, n'approuve pas les discriminations mais bel et bien le racisme :

" Les patrons sont racistes, et bien tres bien pour eux ! Il est preferable de prendre un petit blanc qui va faire le boulot sans problemes que de prendre une chance qui va rien faire que d'emm.. tout son monde "

Sur le forum, les afro-maghrébins sont donc décrits comme de la " racaille "

Azouz Beggag, quant à lui, est accusé par un internaute de ne rien faire si ce n'est de " protéger les bougnoules et les blacks " A propos des deux jeunes morts électrocutés à Clichy-sous-Bois, l'internaute Notre dame de la garde dira : " 2 CHANCES POUR LA FRANCE EN MOINS A CE RYTHME LA FRANCE EST LIBERE DANS 100 ANS "

Certains internautes approuvent les ratonnades envers les maghrébins : " J'espère que certains de nos partisans armés, bien sur, seront sur le qui-vive pour la ratonnade... "

Un internaute, sous le pseudo très éloquent d'Exterminabeur (qui au passage veut bien dire ce qu'il veut dire), écrit : " Il faudrait une coalition, très utopiste, De Villiers - Le Pen qui serait, je pense, donner a ces racailles la ratonnade dont il conviendrait "

Dans les commentaires des internautes, on trouve fréquemment des références à une sorte de blanche organisation faisant curieusement penser au Ku Klux Klan. Un internaute dira par exemple : " La "blanche organisation" fera parler d'elle, notre cellule, dormante, pour le moment, est prêt a se faire entendre. " Mais quel beau programme que voilà.

D'autres clameront " Vive la France saine " qui n'est pas sans rappeler les heures noires de l'Europe.

L'ancien forum, qui a été supprimé il y a quelques mois sous prétexte de " protéger " les lecteurs de France-Echos, pullulait de messages racistes et haineux de ce type, messages pourtant validés puis publiés par le modérateur, messages dont il a donc l'entière responsabilité.

Il ne faut également pas se leurrer. Si ce forum a été supprimé il est fort à parier que c'était parce que les messages finissaient par faire tâche dans le décor, tout comme les messages incitant au djihad ou au meurtre des apostats de l'islam qui sont régulièrement supprimés du forum islamiste mejliss par les modérateurs du site Oumma.com.

Malgré cela, France-Echos se défend d'être un site raciste, se défend d'encourager à la haine des musulmans arguant qu'il critique les dogmes de l'islam. France-Echos n'aurait également jamais appelé à l'élimination des musulmans. Rien de tel pour s'en persuader qu'un petit tour sur leur forum. La takia serait-elle à l'oeuvre sur France-Echos ?

FP Blake pourra toujours essayer de faire passer la pilule en prétextant qu'il accepte les noirs et les maghrébins sortis de l'islam. Si les apostats comme Messaoud Bouras sont certes acclamés comme des héros sur France-Echos46, FP Blake ne convaincra plus grand monde avec la validation de tels messages sur son propre forum. Il y a d'ailleurs bien des Blancs au sein du mouvement des indigènes de la République : ça n'enlèvera jamais rien au fait que ce mouvement est anti-Français, anti-Républicain et promouvoit la ségrégation des Blancs47.

A noter que France-Echos accepte les étrangers qui s'assimilent. Le mot " assimilation " qui ne doit pas être confondu avec le mot " intégration ". Un étranger qui rejette complètement sa culture d'origine pour adopter la culture française s'assimile. Un étranger s'intègre dans le sens où il respecte les lois du pays d'accueil, parle la langue du pays, travaille et participe à la vie économique et accepte un certain nombre de valeurs communes indispensables pour vivre ensemble (liberté de conscience, fraternité, égalité homme femme), et cela tout en conservant les aspects positifs de sa culture d'origine qui font justement la richesse de l'immigration. C'est bien sûr l'intégration (et non l'assimilation) qui doit être exigée des immigrés.

France-Echos, qui cite pourtant Voltaire à tour de bras, devrait savoir que la haine sourde et aveugle qu'il propage comme un poison dans la société française à l'instar des islamistes, de la tribu ka ou encore des indigènes de la République, est bien là tout le contraire de l'esprit des Lumières.

Caroline Brancher

5 - International

5.1 - U.S.A. 7 novembre 2006 : le grand pendule de l'histoire repart à gauche !

Les élections de mi-mandat aux Etats-Unis ont été caractérisées par une défaite spectaculaire du camp républicain, et en particulier celle des néo-conservateurs. Le président Bush a lui-même évoqué une " raclée " historique. Plus qu'un événement de conjoncture politique, ce scrutin marque une inversion majeure de tendance politique et idéologique. En effet, depuis l'élection de Ronald Reagan en 1980, précédée par celle de Margaret Thatcher deux ans plus tôt en Grande-Bretagne, la droite conservatrice anglo-saxonne avait progressivement pris le contrôle de l'ensemble des institutions sous les mandats de Reagan et de Bush père. Lors de l'alternance Clinton en 1992, elle avait réussi à contrer les tentatives bien timides mais réelles de l'administration démocrate sur l'assurance sociale, et est devenue politiquement hégémonique en 1994 au Congrès. À partir de cette date, Clinton mènera une politique de droite, en particulier sur le thème de la sécurité, avec notamment la multiplication par trois du nombre de prisonniers dans les centrales américaines. Les timides tentatives de ripostes seront systématiquement contrecarrées et aboutiront à une complète paralysie à partir du déclenchement de l'affaire Lewinsky. La prise de pouvoir de Bush junior en 2000 démontrera la capacité quasi " putschiste " de la droite américaine. En effet, avec près de 600 000 voix de retard, Bush et Dick Cheney s'imposeront grâce à un recompte des voix dans l'état de Floride dont l'administration était contrôlée par le propre frère du futur président. Le 11 septembre 2001 sera bien sûr utilisé par l'administration américaine pour mettre en pratique tous les thèmes idéologiques des néo-conservateurs qui aboutiront à la guerre en Irak.

Alors pourquoi cet échec aussi cinglant ? Pour le comprendre, il faut envisager certes l'impact de la guerre en Irak et les pertes militaires de l'armée américaine qui ont joué un rôle important, mais également analyser les conséquences de la globalisation sur les couches moyennes aux Etats-Unis.

Depuis plusieurs années, nous assistons dans ce pays à une augmentation exponentielle du nombre de délocalisations dans le secteur industriel, mais aussi, et c'est une nouveauté, dans le secteur des services. Les secteurs industriels de transformation (sidérurgie, métallurgie...) subissent de plein fouet la concurrence asiatique, en particulier chinoise. Depuis peu, il n'est pas rare d'assister à des délocalisations d'entreprises des Etats-Unis en Inde, par exemple dans le secteur des développeurs de logiciels. Ainsi, la classe moyenne supérieure américaine se retrouve dans une situation d'instabilité et constate un début d'érosion de son salaire et de son pouvoir d'achat, au moment même où l'immobilier a connu une inflation considérable depuis 1998. Cette concurrence sur les salaires extrême-orientaux est une réalité, aussi bien pour les travailleurs déqualifiés de Wal-Mart que pour l'ingénieur système de la Silicon Valley.

Ces couches sociales ont pu exprimer leur mécontentement lors des élections du 7 novembre, car aux Etats-Unis, il existe une véritable démocratie " bourgeoise ". Contrairement à l'Europe, les différents intérêts économiques de la classe bourgeoise s'y expriment politiquement. Chaque groupe d'intérêt dispose de puissants lobbies et investit dans des hommes ou des courants politiques défendant leur intérêt. Cela est vrai pour les pétroliers, mais aussi pour la métallurgie, le secteur agricole, ou celui des services. Ainsi, tous ceux qui sont menacés par la globalisation économique interviennent sur le champ politique, aussi bien pour l'élection de la Chambre des représentants que pour le Sénat et également pour les assemblées locales d'état.

Mais ce qui a fédéré les contestataires " économiques ", c'est certainement la déflation salariale qui met en danger la consommation américaine, base première depuis près d'un siècle du compromis américain. Notons d'ailleurs que la première mesure de la majorité démocrate au Congrès sera de proposer une augmentation du salaire minimum, bloqué depuis près de 10 ans. Il faut mesurer toutes les conséquences de cette augmentation qui remet en cause le principe même de la libre concurrence mondiale des salaires qu'impliquait justement la globalisation économique.

Ainsi, le pendule qui allait vers la droite depuis près d'un quart de siècle est arrivé au sommet de sa courbe le 7 novembre, et va peut-être entamer un parcours sur la gauche pendant un nouveau cycle long. Parler de cycle long, c'est bien sûr ouvrir un débat sur les dégagements de profits, et en particulier la baisse tendancielle des taux de profits. Laissons aux chercheurs en économie le soin d'étudier ce point fondamental.

Sur le plan idéologique, les temps changent également. Les rythmes sont bien sûr différents, tout en étant liés à l'évolution économique. Nous assistons aux Etats-Unis, depuis déjà plusieurs années, à une évolution sur la gauche en matière idéologique et culturelle. Les côtes atlantique et pacifique qui représentent l'Amérique dynamique connaissent depuis l'élection de 2004 un bouillonnement qui rappelle celui du début des années trente. La mobilisation contre la réélection de Bush en 2004 a été d'une force exceptionnelle bien qu'elle ait échoué. Mais dans le domaine culturel (cinéma, théâtre, séries télé, nouveaux médias), le camp de gauche s'est renforcé avec l'aide bienveillante de certains milliardaires, comme Georges Soros. Progressivement, à partir de 2004, les intellectuels sont sortis de leur engourdissement " patriotique " lié aux attentats du 11 septembre. Mais depuis peu, à l'aspect purement critique, a succédé une vision positive qui fédère les énergies et propose un nouveau monde avec une cohérence interne. C'est le projet d'Al Gore qui, sous prétexte de réchauffement climatique, propose une réorganisation économique, mais aussi politique et donc culturelle mondiale. La volonté affichée de réduire l'émission de Co2 implique en fait une remise en cause de la mondialisation et de l'articulation entre des zones de production agricole (Afrique ou Amérique du Sud par exemple), des zones de transformation (en Chine ou en Inde en particulier), et des zones de consommation (en Amérique du Nord et en Europe). Ainsi, pour la première fois depuis le New Deal, la gauche américaine dispose d'un projet de société alternatif cohérent et mondial.

Les conséquences de cette nouvelle situation idéologique sont énormes pour nous européens. En effet, depuis la fin de la première guerre mondiale, notre continent est en réceptivité idéologique avec les Etats-Unis. En réalité, rien ne nous est possible à contre-temps de la dominante idéologique imposée par les Etats-Unis. Déjà dans les années trente, les fronts populaires français et espagnol en 1936 ont pu exister, certes en raison d'un changement de ligne des partis communistes renonçant au sectarisme dit de la " troisième période ", mais également grâce à l'influence décisive de l'administration de Roosevelt sur les partis sociaux-démocrates. On oublie trop souvent que le parti communiste américain, influent dans les domaines syndicaux et culturels, était partie prenante de l'alliance politique autour du président démocrate.

Plus largement, les tendances idéologiques dominantes imposent des politiques et cela quels que soient les personnels qui les mettent en place. En France par exemple, la politique mise en place par Georges Pompidou, en tant que premier ministre comme en tant que président de la république, peut être qualifiée de centre-gauche. Cette politique était d'une certaine manière en phase avec celle des Kennedy ou de Johnson. Plus près de nous, François Mitterrand, après un bref intermède de gauche, a appliqué une politique de centre-droit de 1983 à 1995. Cela prouve, s'il en était besoin, que l'autonomie des personnels politiques est fort limitée, voire inexistante. Mais avant d'envisager les choses sur le plan politique, nous pouvons constater dans notre pays, une rapide évolution idéologique sur la gauche. Les guerres de civilisations, de religions et de cultures étant remisées pour l'instant au rayon des accessoires, les intellectuels qui mettaient de l'huile sur le feu depuis cinq ans sont passés de mode et bénéficient de possibilités d'expression plus réduites. Les " anciens nouveaux philosophes ", rassemblés pour beaucoup au sein du groupe de l' " Oratoire ", n'ont plus grand-chose à dire, ni sur le soutien à la guerre en Irak, ni sur le Proche-Orient, ni sur le choc des civilisations. Nous assistons au contraire, à une " starisation " des tenants de nouveaux courants de pensées philosophiques, tels Michel Onfray, ou la sortie des placards de philosophes poussiéreux structuralistes tels que Badiou. Bref, il est à la mode d'être le plus à gauche possible. Cette gauchisation idéologique a pour conséquence de modifier en France le centre gravitationnel de la gauche institutionnelle. Il y a fort à parier que la France suive la même voie que les Etats-Unis, où Hillary Clinton risque d'être débordée par Obama. Le social libéralisme à la sauce Clinton semble dépassée par une ligne sociale-démocrate mettant en avant les revendications salariales pour l'augmentation du pouvoir d'achat.

Ainsi, il existe une réelle fenêtre de tir pour une politique de gauche renouvelée sur des bases laïques et anti-communautaristes dans notre pays, car les blocages extérieurs sont levés. Nous pouvons même penser qu'une politique de gauche est compatible avec une sortie de crise du monde occidental dirigé par les Etats-Unis, en tout cas, dans une première période. Cela dit, prenons garde de ne pas tomber dans une pensée mécanique. Comme l'on disait autrefois, cette gauchisation occidentale se fera de manière inégale et combinée.

Souvenons-nous dans les années 60 du maintien au pouvoir de Franco ou de la prise de pouvoir des colonels grecs. Mais tout de même, l'affirmation de principes démocratiques et sociaux peut connaître des applications concrètes nombreuses si nous sommes capables de les propulser. L'heure est donc à un optimisme raisonné.

Philippe Schwartz

5.2 - Communiqué de presse du comité de soutien à Ingrid Betancourt

C'est avec surprise que nous avons pris connaissance des différentes déclarations réalisées par des membres du gouvernement colombien, aujourd'hui et hier.

Les Ministres de la Défense et de l'Intérieur colombiens ont en effet, tour à tour, annoncé qu'Ingrid était vivante et en bonne santé mais surtout qu'ils avaient des éléments crédibles les autorisant à de tels propos.

Si nous espérons que ces propos sont véridiques, nous ne sommes pas moins consternés de constater que le gouvernement colombien préfère en aviser la presse sans en informer la famille ni au préalable ni jusqu'à présent. Car s'il y a matière à penser qu'Ingrid est vivante, sa famille doit savoir pourquoi et dans les plus brefs délais.

Un autre point attire notre attention toute entière : le gouvernement colombien n'a cure des déclarations réalisées par la famille d'Ingrid, le gouvernement français et le Comité de soutien quant à un refus de toute opération militaire pour la sauver. Nous avons la conviction que si un tel procédé était employé, Ingrid serait très probablement tuée par les FARC. C'est pourquoi nous invitons le gouvernement colombien à cesser de pratiquer une politique de l'autruche ignoble qui ne prend pas en compte les sentiments comme les volontés des proches d'Ingrid.

Les FARC comme le gouvernement colombien doivent comprendre qu'il est temps de passer à la table des négociations car il n'est dans l'intérêt de personne que les otages meurent. Il est donc fondamental que les deux parties oublient les crispations qui animent leurs exigences pour parvenir à la seule solution digne de raison.

Pour mémoire aujourd'hui, cela fait 1787 jours que la franco-colombienne Ingrid Betancourt et sa collaboratrice, Clara Rojas, sont otages des FARC. Cela fait également près de 4 ans que nous sommes sans preuves de vie d'elles et que nous en attendons des FARC. A leurs côtés, ce sont plus de 4000 otages qui croupissent dans la jungle colombienne, parfois depuis près de 10 ans.

Hervé Marro

Source : www.ingridbetancourt-idf.com

6 - à lire

6.1 - " Les lobbies à l'assaut de l'Europe" de Michel Lecherbonnier

" Les lobbies à l'assaut de l'Europe" de Michel Lecherbonnier Albin Michel (15 Euros)

Critique et Commentaires d'une Eurosceptique invétérée

Eurosceptiques de tous les pays, lisez ce livre, vous aurez confirmation du bien fondé de votre NON au TCE. Et vous allez être encore plus méfiant envers les tentatives de la chancelière allemande de faire repartir l'Europe sans tenir compte du NON français, et envers les candidats , qui, en France cherchent à rassembler en ne tenant aucun compte de ceux qui ont voté NON!

La lecture de ce livre vous permettra d'intervenir dans les débats : des noms, des noms ! Vous en avez plein, des lobbyistes et des groupes de pression qui influencent les élus pour leurs intérêts PRIVES.

Ce qui définit le mieux la Commission européenne,"c'est une sorte de pièce montée à quatre étages où la vermine peut s'introduire du haut en bas".

C'est ainsi qu'un lobby qui a raté un étage peut se rattraper aux étages supérieurs. 1)A la base, des comités consultatifs : café du Commerce avec les copains:"T'as pas une idée de loi?" Les propositions législatives sont faites par les LOBBIES à des fonctionnaires qui enregistrent leurs demandes. Savez-vous que c'est la Commission qui finance tout ce beau monde? Ces comités consultatifs ne sont pas sectaires quant à la nationalité des consultants.Il paraît que c'est la" légitimation démocratique", ils font appel à des groupes japonais ou américains.

Ainsi la fameuse AmCham (chambre de Commerce américaine avec ses 145 géants de l'industrie (Boeing, Exxam, General Motors, Monsanto (et voilà les semenciers des OGM).

John Russel (directeur des Affaires européennes à l'AmCham dit bien que sa mission est "de faire pression sur le PROCESSUS législatif européen en faveur des ses MANDANTS" Qui nous a vanté l'Europe indépendante pour résister à l'hégémonie des Etats Unis ? Un exemple célèbre de la victoire américaine : l'extinction du monopole des commissaires-priseurs français (orchestrée par Sotheby). Après 8 années de procédures, l'Europe indépendante" a cédé au géant américain.

2) Le Parlement européen est aussi un "étage" si l'on n'a pas réussi par les consultations : les lobbyistes relancent les élus quotidiennement, avec une méthode très efficace : la constitution d'intergroupes TRANSPARTIS. Le Kangourou Group (qui met les députés dans sa poche?) se débrouille pour peaufiner un amendement et le présenter en fin de semaine, quand les députés sont repartis dans leur pays, et hop! le kangourou américain ramène les intérêts américains dans le processus.

C'est de cette façon que fut adopté un statut pour les Coopératives et les Mutuelles qui étaient conformes à ce que voulaient les Britanniques et les Irlandais![1]

Le Commissaire chargé de la lutte anti-fraude avait bien essayé de mettre de l'ordre et de l'honnêteté avec un registre des lobbyistes. Mais le processus n'a abouti qu'à une retraite des autorités européennes.

" S'il y a des corrupteurs, c'est qu'il y a des corrompus et des corruptibles" et, réponse cinglante du représentant des professionnels de l'UE " La Commission devrait d'abord faire le ménage chez elle et rendre ses fonctionnaires moins vulnérables aux POTS de VIN"

Mais rien n'y fait et l'Europe continue "d'égarer" 6 Milliards d'euros par an..

L'affaire du financement des programmes Phare et Tacis, et le prêt à Eurastom ont montré la collusion entre hauts fonctionnaires et acteurs économiques. Elle a abouti à la démission de la Commission Santer, mais l'acte d'accusation a surtout touché Edith Cresson, le PS ayant durement sanctionné son élue.

Mais cette affaire exceptionnellement révélée dissimule, en fait, de nombreux autres cas de fraudes .

Les exemples sont légion, et vous les connaissez en partie:

Notes

[1] C'est ainsi que la MAIF fut obligée de modifier ses statuts et que des milliers d'enseignants, qui avaient cotisé pendant 35 ans pour une retraite complémentaire furent lésés, leur retaite complémentaire fut diminuée de façon considérable pour respecter les nouvelles normes européennes..

Mireille Popelin

6.2 - Tête haute, de Mémona Hintermann

Tête haute, de Mémona Hintermann, chez JC Lattès, 285 pages, 17 Euros.

Grand reporter à France 3, Mémona Hintermann couvre l'actualité du monde depuis des années. Le débat sur l'immigration, en France, l'incite aujourd'hui à se dévoiler dans un livre, Tête haute. " Je viens de très loin, pas seulement dans le sens géographique du mot ", raconte cette Réunionnaise qui se fait une haute idée de la République et tempête : " On ne saura bientôt plus y vivre ensemble. "

Mémona Hintermann. Depuis plus de vingt ans, ce nom vient s'inscrire sous l'image d'une jolie femme aux yeux verts, sur les bancs-titres de France 3. Mémona Hintermann, envoyée spéciale au Liban, en Pologne, à Berlin, au Pakistan, en Afghanistan ou dans les Balkans... Grand reporter, elle a couvert tous les soubresauts du monde. " Hintermann, c'est allemand ? ", lui demande-t-on souvent. C'est alsacien. Le nom d'un premier mari, le père de ses deux enfants. Son nom à elle, c'est Afféjee. Si elle ne l'a pas gardé, ce n'est pas pour renier ses origines. Elle s'est pliée " sans vraiment y penser " aux usages en cours il y a vingt-cinq ans.

Mémona Afféjee est née à La Réunion en 1952. D'un père indien et musulman et d'une mère catholique aux lointaines racines bretonnes. Elle clame dans Tête haute, son livre, qu'on peut être d'origine immigrée, " et se considérer en même temps 100 % Française. " Croit " dur comme fer en cette jolie profession de foi des Noirs américains, compagnons de Martin Luther King : Personne ne peut vous forcer à vous sentir inférieur sans votre consentement . " Sentiment que sa mère, Marie-Claire Séry, " analphabète ", traduisait en d'autres mots à ses sept enfants : " Il ne faut jamais baisser la tête. "

" Nous étions des enfants sauvages, plongés dans un univers de brutalité, où chacun, chaque jour, devait sauver sa peau. " Plus pauvres encore que les pauvres du Tampon, " bourgade de planteurs de canne à sucre ", au sud de l'île. Les affaires du commerçant Cassim Afféjee, venu de Bombay y faire fortune, ont vite capoté. Lâchés par l'aventurier " aux yeux de velours ", Marie-Claire et ses enfants, nés hors mariage, l'ont été tout autant de la famille de Jules Séry, le grand-père cultivateur à la respectabilité entachée.

Petite, on appelait Mémona " Momine main longue. " Elle a volé pour nourrir sa famille et s'acheter des cahiers. " C'est l'école et ma soif d'apprendre qui m'ont sauvée. " " La grande bavarde " qu'elle est restée estime que son passé l'autorise à dire son mot sur le racisme, la discrimination, le repli communautaire. Sur ce voile qui couvre de plus en plus de têtes dans Paris et auquel elle est " farouchement opposée ". Même si elle s'en enveloppe aussi pour envoyer un sujet du Pakistan.

" On doit se conformer aux usages de chaque pays. En France, c'est non. C'est tout. "

" En 2005, j'ai vu les banlieues flamber. " Ses yeux verts en ont vu d'autres. Pourtant, ils s'écarquillent d'effroi, dans cette brasserie du XVe arrondissement où elle a ses habitudes. " Je ne veux pas d'une libanisation de la France. Je veux que mes enfants vivent dans un pays harmonieux. " Sur le " confetti volcanique " où elle est née cohabitent en paix depuis longtemps des gens de toutes religions et de toutes origines. Ici, une jeunesse " désespérée par la crise économique en arrive à siffler l'hymne national et à brûler des écoles. Brûler une école, bousculer un professeur, pour moi ça mérite le bagne ! "

Réac. " Il faut tirer le tapis sous les pieds du Front national en lui reprenant les symboles qu'il s'est appropriés : le drapeau, la Marseillaise, Jeanne d'Arc. Quand France 3 m'a demandé pour quelle station de métropole je voulais travailler, j'ai choisi Orléans pour elle. Sur mon honneur ! ", jure en riant la journaliste qualifiée de gauchiste sur son île quand, jeune reporter, elle dénonçait l'exploitation des ouvriers des plantations. Et dans le même temps amie de Michel Debré, Premier ministre de De Gaulle (et député de La Réunion entre 1963 et 1988). " Il incarnait une certaine idée de la France. Et a fait construire le lycée du Tampon.... "

Tout le monde en prend pour son grade, dans la bouche et sous la plume de Mémona Hintermann. Les discours de repentance des uns. Les postures de victimes des autres qui réclament des droits à la République " et oublient leurs devoirs ". Le langage politiquement correct qui remplace par 'black, blanc, beur, les beaux mots africain, breton ou arabe. Les hommes politiques qui veulent réviser " l'intouchable " loi de 1905 de séparation de l'église et de l'État. Ou la discrimination positive, qui a installé Harry Roselmack dans le fauteuil de présentateur du 20 h de TF1 et Audrey Pulvar dans celui du /Soir 3. " C'est de la poudre aux yeux, des paillettes. Est-ce qu'une hirondelle fait le printemps ? " Première créole devenue présentatrice vedette à La Réunion après avoir remporté un concours de l'ORTF, elle ne veut croire qu'en la réussite au mérite. Mais son parcours serait-il possible aujourd'hui. " Oui, il y a plein d'exemples ! Il faut les montrer. Pour les plus jeunes, tout passe par l'école. Il faut envoyer les meilleurs profs dans les banlieues. Et leur donner les moyens d'agir. "

" La fusée de l'intégration, dit-elle encore dans son témoignage souvent poignant, peut comporter au moins deux étages : d'un côté la culture de nos ancêtres, de l'autre la culture du pays qui nous a accueillis, celle de la vie en communauté. En public, dans la vie sociale, cette culture-là prime. " " Si quelqu'un se dit Je suis un peu d'ici et un peu de là-bas, il marche sur ses deux jambes ", ajoute-t-elle avant de se lever, de fixer son sac à dos et de filer vers un nouveau reportage.

Pascale VERGEREAU

Source : Ouest France

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