Si vous rencontrez des difficultés pour lire cette lettre, cliquez ici : http://www.gaucherepublicaine.org/lettres/509.htm

  1. chronique d'Evariste
    1. Procès Charlie Hebdo : la collusion entre les islamistes et l'UMP de Sarkozy, par Évariste
  2. combat laïque
    1. PROGRAMME RENCONTRE LAIQUE INTERNATIONALE, par Le Collectif D'initiative Laïcity
    2. Nous soutenons Charlie Hebdo, par ReSPUBLICA
    3. L'Inquisition islamique au Palais de Justice de Paris, par Jocelyn Bézecourt
    4. Le procès Charlie Hebdo, par Catherine Deudon
    5. "L'Atlas de la Création" ou comment théoriser la négation du darwinisme, par Constance Blanchard
    6. Pourquoi je quitte la FSU, par Jacqueline Duhem
  3. élections présidentielles 2007
    1. "M. Sarkozy est le candidat du grand capital financier mondialisé", par Jean-Pierre Chevènement
    2. Les raisons de leur mépris, par Maurice Szafran
    3. Sarkozy parle à la France qui se lève tôt !, par Gérard Filoche
    4. A propos de l'orientation des Verts, par Le Journal La Vérité
    5. Lettre aux Présidentiables de 2007, par SOS Sexisme
    6. Le mirage Bayrou et la troisième voie, par Jean-François Chalot
  4. courrier des lecteurs
    1. Quand il est minuit dans le... cercle !, par Pascal Polisset
    2. La République doit faire barrage à la finance mondialisée, par Michel Sorin
    3. Je soutiens Philippe Val et Charlie, par Christiane Deneuche
  5. Agenda

1 - chronique d'Evariste

1.1 - Procès Charlie Hebdo : la collusion entre les islamistes et l'UMP de Sarkozy

"Les caricatures du prophète Mahomet constituent un véritable délit d'expression de la haine raciale". Voilà ce que déclarait à la presse, ce vendredi, le "modéré" Dalil Boubakeur, recteur de la Mosquée de Paris, et président, bien que minoritaire, du Conseil Français du Culte Musulman.

Quelques candides ne cachent pas leur désarroi devant le fait que Boubakeur soit au coude-à-coude avec les Frères musulmans de l'UOIF et la Ligue islamique mondiale, pour attaquer la liberté d'expression, en France, devant les tribunaux.

Mais quand ce "bon" monsieur Boubakeur a-t-il mené un combat progressiste, en France? Lors de la fatwa prononcée contre Salman Rushdie par Khomeiny, le 14 février 1989, approuvait-il la fatwa, ou bien défendait-il l'écrivain menacé de mort?

Lors des manifestations homophobes contre le Pacs, en 2000, orchestrées par Christine Boutin et Villiers, était-il du côté des organisateurs, soutenus par Lustiger et le rabin Sitruk, ou bien défendait-il le droit, pour des citoyens, de mener une vie différente du schéma familial classique ?

Boubakeur n'était-il déjà pas aux côtés de la Ligue islamique mondiale, pour tenter de faire condamner l'écrivain Michel Houellebecq, pour délit de blasphème. Les censeurs, qui étaient accompagnés dans leur démarcher par la Ligue des Droits de l'Homme (bravo Tubiana !) avaient déjà mordu la poussière.

Certains nous diront que lors du débat sur la laïcité, en France, et du vote de la loi du 15 mars 2004, Boubakeur a été beaucoup plus modéré que l'UOIF, qui était prête à aller à l'épreuve de forces avec les gouvernement et les chefs d'établissement, à la rentrée de septembre.

Mais force est de constater, au-delà de leurs nuances sémantiques, que ce sont les principales composantes du Conseil Français du Culte Musulman qui poursuivent Charlie Hebdo devant les tribunaux.

A quoi sert ce "machin", si ce n'est à donner une respectabilité aux intégristes musulmans, en France? Notre ami Mohamed Sifaoui, le 9 décembre dernier, à Lyon, rappelait que, lors de sa création, à l'occasion des premiers entretiens, le ministre de l'Intérieur de l'époque avait exigé qu'en préambule, figure une phrase reconnaissant le droit, pour tout musulman, de changer de religion, ou de se déclarer athée. Rappelons que dans le Coran, ce fait est passible de mort. Que croyez-vous qu'il arrivât ?

Unies, les organisations religieuses refusèrent ce préambule, et le gouvernement recula. La messe était dite, et de Chevènement à Sarkozy en passant par Vaillant, on alla de reculs en reculs.

Depuis que Sarkozy est au ministère de l'Intérieur, chacun est dans son rôle. Le candidat de l'UMP a dit clairement qu'il voulait toiletter la loi de 1905, en s'appuyant sur la victimisation du discours des chefs religieux musulmans. Boubakeur, fidèle au principe du double discours (takia) joue les modérés, tout en utilisant le discours radical de l'UOIF pour exiger de nouvelles concessions à la République.

L'ennemi commun de l'UMP et des islamistes ? La laïcité, bien sûr, et surtout sa loi du 9 décembre 1905, article 2 : aucun financement des cultes n'est légal.

Certes, sur le terrain, de plus en plus de maires, UMP, UDF, PC ou PS contournent cela, soit en violant délibérément la loi, soit en utilisant l'artifice des bails emphytéotiques, c'est-à-dire céder pour un loyer modéré, pour parfois un siècle, un terrain municipal à une association religieuse, qui y construit son Eglise, et surtout des mosquées.

Le problème, c'est que parfois, comme à Roubaix ou à Montpellier, il se trouve des tribunaux administratifs pour condamner ces pratiques, et que les Eglises comptent sur Sarkozy et son toilettage pour en finir avec ces mauvaises surprises.

En poursuivant Charlie Hebdo devant les tribunaux, pour délit de blasphème maquillé en délit raciste (ont-ils pris Mouloud Aounit comme conseiller ?), Boubakeur et l'UOIF maintiennent une pression sur l'ensemble de la société française. S'ils gagnent, ils auront, pour le plus grand plaisir de l'Eglise catholique et des autres dogmes religieux, enfoncer un coin important contre la liberté d'expression et le droit à la libre critique de tous les dogmes.

Ils continuent


crédit : Monsieur X

S'ils perdent, ils sauront utiliser cette défaite pour tenir un discours victimaire, se plaindre de la société française et de ses méchants laïques, en espérant que leurs larmes leur vaudront des contre-parties, en terme de financement de mosquées ou de futures écoles religieuses.

Ils savent qu'ils sauront trouver dans l'actuel ministre de l'Intérieur une oreille compatissante si demain, par malheur, il était élu à l'Elysée. L'UMP a envoyé tous les messages politiques possibles aux islamistes, pour les encourager à continuer leur offensive contre la laïcité.

Le défenseur de tous les affairistes UMP, président de la République en tête, Francis Spizner, plaidera pour Boubakeur contre Charlie Hebdo.

L'Union des Associations Musulmanes du 93 a fait une manifestation parisienne, début 2006, protestant contre les caricatures. Les députés UMP Raoult et Roubaud ont déposé des propositions de loi réintroduisant le délit de blasphème en France.

Le député UMP Grosdidier a demandé à ce que la religion musulmane bénéficie des mêmes avantages, en Alsace-Moselle, que les religions catholiques, protestantes et juives (les laïques sont favorables à l'abrogation du concordat d'Alsace-Moselle).

Enfin, Nicolas Sarkozy a fait plancher ses amis de la commission Machelon, qui ont servi un projet sur mesure pour Boubakeur et l'UOIF : transformer la France en concordat d'Alsace-Moselle, et obliger les élus locaux à financer la construction des cultes, dont les mosquées.

Certes, le Parti socialiste, par un texte d'Eric Besson, a dénoncé la collusion de Sarkozy avec les organisations musulmanes, pour remettre en cause les principes laïques. Mais ce parti, comme d'ailleurs le Parti communiste (ne parlons pas des Verts et de la LCR), serait bien plus crédible si nombre de ses dirigeants n'avaient, depuis longtemps, contourné les principes laïques, qu'ils n'utilisent plus que comme un argument de campagne.

Sur le fond, nombre de socialistes et de communistes n'ont pas le courage de dire qu'ils sont sur les mêmes positions que Sarkozy, tandis que sur le terrain, des maires de gauche bafouent quotidiennement les principes laïques, rendant encore plus exemplaires le comportement des vrais résistants laïques, qui ont la République chevillée au corps.

Voilà le contexte dans lequel va se dérouler le procès de Charlie Hebdo.

Il faut d'abord que les islamistes, et avec eux tous les cléricaux qui les soutiennent discrètement, perdent ce procès.

On s'en fout, comme le font remarquer certains grincheux, que Val ait fait campagne pour le "oui" au TCE, et même qu'il se soit comporté parfois comme un gros bourrin avec les partisans du non, dont nous étions. Les enjeux sont ailleurs, c'est liberté d'expression et laïcité contre retour du délit de blasphème et obscurantisme. Pas de sectarisme diviseur sur de tels enjeux, nom de Dieu !

Nous serons donc derrière Charlie Hebdo, les 7 et 8 février prochains (lire renseignements ci-dessous). Nous serons également les 10 et 11 février prochains, à Montreuil, derrière les laïques et les féministes qui subissent, partout dans le monde, de Varsovie à Téhéran, les agressions cléricales contre leurs libertés. Et c'est avec plaisir que nous entendrons Philippe Val, qui a été de tous les combats contre tous les obscurantismes religieux (se faisant même éclater la tête par des intégristes catholiques, suite à un débat télévisé), dans la dernière table ronde, avant la conclusion de Jean-François Kahn.

Et bien sûr, nous serons de tout coeur avec les femmes et les démocrates portugais, qui, ce dimanche 11 février, pourront, par les urnes, gagner le droit à l'avortement, malgré la campagne agressive de l'église catholique.

Évariste Pour réagir aux articles,
écrire à evariste@gaucherepublicaine.org

2 - combat laïque

2.1 - PROGRAMME RENCONTRE LAIQUE INTERNATIONALE

Hôtel de ville 93105 Montreuil, Métro Mairie de Montreuil, ligne 9

Samedi 10 février

9h00, Allocution de bienvenue:

Table ronde 1, De 9 h 30 à 12 heures, La laïcité, principe universel

Modérateur: Pierre Cassen, Rédacteur en chef du journal électronique RESPUBLICA

Participants:

Déjeuner de 12 heures à 14 heures

Table ronde 2, De 14h à 16h, L'intégrisme contre les libertés de conscience et d'expression

Modérateur: Michèle Dessenne, militante féministe et altermondialiste (Les Pénélopes)

Participants:

Table ronde 3, De 16 h à 18 h, Les intégrismes contre le droit des femmes et contre l'égalité hommes-femmes

Modérateur: Jocelyne Clarke, Rédactrice en chef de la Revue Laïque et Féministe (RLF)

Dimanche 11 février

Table ronde 4, De 9 h 30 à 12 h, La laïcité contre les racismes et les communautarismes

Modérateur: Anne Zelenski, Présidente de la Ligue du droit des femmes

Repas de 12 h à 14 heures

Table ronde 5, 14 h - 16 heures, Pour une mobilisation des forces laïques et féministes à l'échelle mondiale

Modérateur: Monique Vézinet Rédactrice en chef d'UFAL-INFO

Conclusion : Jean-François Kahn, directeur de "Marianne"


Contacts organisationnels :

Aidez-nous, faites un don!

Chéque (à l'ordre de l'"UFAL Ile de France") ou par virement:

Compte de financement :

Le Collectif D'initiative Laïcity c/o UFAL - 27, rue de la Réunion - 75020 PARIS - France
Tél. : 01.46.27.09.25

2.2 - Nous soutenons Charlie Hebdo

Le procès qui s'ouvre au tribunal de grande instance de Paris du 7 au février 2007 est d'une extrême importance. Charlie Hebdo est poursuivi pour avoir republié les dessins danois du Jyllands Posten sur Mahomet.

Dans un contexte où des intégristes menaçaient de mort quiconque osait soutenir les journaux et pays pris pour cibles, ce journal a choisi de rester fidèle à sa tradition de liberté de ton et d'expression envers toutes les religions et tous leurs symboles: le pape comme Jésus ou Mahomet.

Il l'a fait en mettant ces douze dessins à la disposition du grand public, afin qu'il se fasse une opinion par lui-même. Par solidarité avec Jacques Lefranc, rédacteur en chef de France Soir, qui venait d'être licencié pour avoir eu ce courage. Parce que si tous les journaux d'Europe avaient fait de même, l'intimidation des extrémistes aurait échoué. Parce que si tous les journaux d'Europe s'étaient pliés à cette injonction, leur silence aurait signé la victoire des extrémistes.

Malgré ce climat, des organisations musulmanes traditionnelles (la Mosquée de Paris), intégristes (l'UOIF) et même l'un des bailleurs de fonds de l'islam extrémiste wahhabite en provenance d'Arabie Saoudite (la Ligue islamique mondiale) ont choisi d'ajouter à l'intimidation une menace judiciaire en intentant à Charlie Hebdo, au titre des lois antiracistes, un procès pour "injures publiques à l'égard d'un groupe de personnes à raison de leur religion".

Deux dessins sont visés: celui montrant Mahomet avec une bombe dans son turban, mais aussi celui où Mahomet freine un groupe de kamikazes par cette annonce: "Stop, on n'a plus de vierges en stock." La couverture du numéro, où Cabu représente un Mahomet "débordé par les intégristes" et qui les désavoue ( "C'est dur d'être aimé par des cons") est également poursuivie pour "injures", alors qu'elle visait justement à montrer un Mahomet se désolidarisant des intégristes.

Couverture Charlie Hebdo


crédit : Cabu

C'est dire la confusion entretenue par cette plainte contre un journal qui combat depuis toujours à la fois le racisme et l'intégrisme. Nous refusons cet amalgame, facilité par l'utilisation abusive du mot "islamophobie", consistant à confondre la critique légitime de l'extrémisme et du terrorisme instrumentalisant les symboles de l'islam avec du racisme à l'encontre des individus de religion musulmane.

Certains nous disent aujourd'hui que le contexte géopolitique devrait inciter à la prudence, voire au silence. C'est tout le contraire. La liberté d'expression et la laïcité ont besoin d'être réaffirmées comme rarement. Ceux qui résistent à l'intégrisme n'ont que la plume et le crayon pour faire face aux menaces. Des démocrates du monde entier, notamment musulmans, espèrent trouver en Europe, et tout particulièrement en France, un havre laïque où leur parole n'est entravée ni par la dictature ni par l'intégrisme.

Si Charlie Hebdo venait à être condamné, si l'autocensure généralisée devait faire jurisprudence, nous perdrions tous cet espace commun de résistance et de liberté. Pour ces raisons, nous soutenons Charlie Hebdo et le droit de continuer à critiquer toutes les religions sans exception.

Premiers signataires: Taslima Nasrin (écrivaine), Elisabeth Badinter (philosophe), Nasser Khader (député du Danemark), Ibrahim Ramadan (secrétaire générale de l'Association des musulmans démocrates danois), Irshad Manji (écrivaine), Albert Memmi (écrivain), Claude Lanzmann et le comité de rédaction des Temps modernes, Chris Marker (réalisateur), René Pétillon (dessinateur), Angelo Rinaldi (écrivain, membre de l'Académie française), Elisabeth Roudinesco (historienne), Mohammed Sifaoui (journaliste réalisateur), Leïla Babès (sociologue), Elisabeth de Fontenay (philosophe), Abdelwahab Meddeb (écrivain), Bernard-Henri Lévy (philosophe), Fethi Benslama (psychanalyste), Chahla Chafiq (sociologue, écrivaine), Wassyla Tamzali (écrivaine), Farouk Mansouri (écrivain journaliste), Françoise Seligmann (présidente d'honneur de la Ligue des droits de l'homme), Antoine Spire (journaliste), Michel del Castillo (écrivain), Yves Pouliquen (membre de l'Académie française et de l'Académie des sciences), Jean-Claude Pecker (professeur honoraire au Collège de France, membre de l'Académie des sciences), Frédéric Vitoux (écrivain, membre de l'Académie française), Jeanne Favret-Saada (directeur EPHE, section sciences religieuses), Pascal Bruckner (écrivain), Dominique Sopo (président de Sos Racisme), Jean-Michel Quillardet (grand maître du GODF), Gilles Perrault (écrivain), Patrick Gaubert (président de la Licra), Luce Perrot (présidente de l'association Lire la politique), Alain Girard (premier secrétaire général du SNJ), Bernard Teper (président de l'UFAL), Michel Zaoui (avocat), Alain Seksig (enseignant), Benjamin Abtan (président de l'UEJF), Nadja Ringart (sociologue), Ahmed Meguini (journaliste militant), Samia Messaoudi (journaliste Beur FM), Loubna Méliane (militante antiraciste), Nadia Amiri (infirmière), Jean-Marie Matisson (président du comité Laïcité République), Olivier Bétourné (éditeur), Christophe Girard (adjoint au maire de Paris chargé de la culture), Didier Idjadi (maire adjoint Verts à Bagnolet), Roland Castro (architecte, candidat à la présidentielle), Corinne Lepage (avocate, candidate à la présidentielle), Dominique Voynet (sénatrice, candidate à la présidentielle).

Associations signataires: SOS Racisme, LICRA, Grand Orient de France, Union des familles laïques (UFAL), Comité Laïcité République, Syndicat national des journalistes (SNJ).

ReSPUBLICA

Source : Libération du 5 février

2.3 - L'Inquisition islamique au Palais de Justice de Paris

Depuis qu'une plainte a été déposée par trois commissaires de l'islam politique contre les mécréants de Charlie Hebdo, un constat doit être fait qui signe une première victoire des continuateurs de Torquemada : transformer en victimes ingénues les partisans du retour du délit de blasphème. L'objet du délit : la reproduction dans Charlie Hebdo, le 8 février 2006, de deux des douze caricatures de Mahomet publiées d'abord dans un quotidien danois. L'accusation : "injures publiques à l'égard d'un groupe de personnes à raison de leur religion". On savait les fanatiques peu disposés à l'humour, leur plainte confirme leur piètre jugement : ce sont les deux meilleurs dessins qui sont attaqués (le turban explosif de Mahomet et la rupture du stock de vierges pour des djihadistes dépités autant qu'explosés) ainsi que la joyeuse couverture de Cabu qui présentait les intégristes comme des "cons". L'enjeu du procès sera-t-il de nier que les intégristes sont des cons ou d'interdire de le dire publiquement ? Quoiqu'il en soit, ils le resteront selon une jurisprudence établie par Georges Brassens : "quand on est con, on est con" (dans Le temps ne fait rien à l'affaire).

Contre Feu Sacré


crédit : Monsieur X

Au sein de la sainte trinité effarouchée par la libre moquerie de l'islam, trônent la Mosquée de Paris, la Ligue Islamique Mondiale et l'Union des Organisations Islamiques de France. Les deux premiers acolytes ne sont pas des novices : leur plainte contre Michel Houellebecq en 2002 leur avait chauffé les fesses par une mémorable déculottée. Au cours de cette leçon exemplaire sur la laïcité et la liberté d'expression, Dalil Boubakeur, qui s'était trompé d'époque, avait clamé que "la liberté d'expression s'arrête là où elle peut faire mal". La Ligue Islamique Mondiale fait, elle, dans la finance et la propagande : pour financer une mosquée (comme à Evry, Mantes-la-Jolie et Lyon) ou grouper des potes afin d'exporter la beauté du wahhabisme, contacter le bureau de la Ligue à La Mecque. Mais la Mosquée de Paris et la Ligue Islamique Mondiale sont de mauvais élèves et elles redoubleront les 7 et 8 février à la 17e Chambre du Palais de Justice de Paris face à Charlie Hebdo. A leurs côtés un troisième cancre, l'UOIF, qui peine à comprendre quelques principes essentiels : son président avait déclaré en 2003 que "le Coran est notre constitution". Pourtant, l'UOIF fait des efforts, soigne son look et joue même les pompiers pour passer au journal de 20h. Ainsi, lors des émeutes de novembre 2005, les plus futés de l'UOIF avaient pondu une fatwa-marketing pour assurer que l'islam, c'est sympa, moderne, et utile à l'ordre public. Dans ce texte qui appelait au calme dans les banlieues, l'UOIF se référait, la main sur le coeur, à des versets coraniques prônant le djihad et fustigeant des fauteurs de troubles qui y sont... juifs !

Après la condamnation en première instance et la relaxe en cassation des stylistes Marithé et François Girbaud ayant exploité une représentation féminine de la Cène pour leur boutique, les 7 et 8 février auront valeur de test. La condamnation de Charlie Hebdo serait l'agenouillement, en direction de La Mecque ou Rome, devant des fanatiques empêtrés dans des mythes archaïques et intolérants. Elle signerait la fin du libre examen des religions comme, par extension, de toutes les croyances et opinions. L'individu serait alors réductible à ses opinions. Pas un instant cette issue n'est envisageable, pas un instant la garde ne doit être abaissée face à des obsédés du concept de Dieu dont la religiosité et la frustration reposent sur une stricte hiérarchie des individus avec le bâton qui l'accompagne : d'abord la divinité, ensuite le prophète, puis l'homme croyant, la femme croyante, l'adepte d'une des deux autres religions dites "du Livre", l'adepte d'une religion encore différente, et, enfin, l'incroyant. Contre cela, une seule forme de résistance : le blasphéme.

Jocelyn Bézecourt co-auteur avec Gérard da Silva de "Contre Benoît XVI. Le Vatican, ennemi des libertés"
Editions Syllepse 2006
www.syllepse.net/lng_FR_srub_37_iprod_297-Contre-Benoit-XVI.html

2.4 - Le procès Charlie Hebdo

Les 7 et 8 février prochains CHARLIE HEBDO passe en procès à la suite de la plainte de trois organisations islamiques qui lui reprochent d'avoir "offensé" les musulmans en publiant les caricatures parues dans le journal danois Jillands-Posten, et en laissant Cabu se prendre pour Mahomet (Mahomet débordé par les intégristes s'écrie accablé: "C'est dur d'être aimé par des cons...")

Lieu: Palais de Justice de Paris (4 Bd. du Palais, 75001. Paris. M Cité) 17 eme chambre correctionnelle (la chambre des libertés, notamment de la liberté de la presse).

Risque: transformer les lois anti racistes en lois anti blasphème.

Parmi les avocats des plaignants (à savoir La Mosquée de Paris avec son recteur Dalil Boubakeur, L'UOIF qui distille l'islam fondamentaliste à tendance intégriste un peu partout dans le monde,la Ligue islamique mondiale fondée depuis l'Arabie Saoudite qui diffuse l'islam Saoudien wahhabite, dispose de bureaux partout ) Mes Szpinner (qui est aussi l'avocat de Chirac), Christophe Bigot, et Chems-Eddine Hafiz (pressenti pour être le prochain recteur succédant à Dalil Boubakeur)

Renseignements donnés par Fiametta Venner in Charlie Hebdo numéro 763 du 31 janvier 2007.

Catherine Deudon

2.5 - "L'Atlas de la Création" ou comment théoriser la négation du darwinisme

Depuis quelques jours, collèges, lycées et universités reçoivent "l'Atlas de la Création", un livre de Harun Yahya qui réfute le darwinisme et la théorie de l'évolution. Gilles de Robien a demandé aux recteurs de veiller à ce que cet ouvrage, qui "ne correspond pas au contenu des programmes scolaires établis par le ministère de l'Education", ne se retrouve pas dans les mains des élèves.

Nombreuses sont les interrogations soulevées depuis la réception de "l'Atlas de la création", 770 pages, par les établissements d'enseignement secondaire et supérieur de France: qui est Harun Yahya ? Qui finance l'édition et la distribution massive de ce livre créationniste ?

Harun Yahya, de son vrai nom Adnan Oktar, est né en 1956 à Ankara. Pendant ses années universitaires il entreprit des recherches sur les philosophies et idéologies matérialistes. A partir de celles-ci il se mit à écrire de nombreux ouvrages pour dénoncer ce qu'il appelle " l'imposture de la théorie de l'évolution ". Son but est " d'empêcher que le darwinisme et le matérialisme deviennent des phénomènes mondiaux ". Dans son livre Le Mensonge de l'Evolution, on peut lire que " la théorie de l'évolution n'est rien d'autre qu'un mensonge que nous ont imposé les dirigeants du système mondial ".

Cet islamiste intégriste ne se cache pas. Au contraire, l'intégralité de ses ouvrages est téléchargeable en ligne et traduite dans une multitude de langues : français, anglais, allemand, espagnol, italien, russe, arabe, polonais, indonésien, malais, malayalam, urdu, albanais et serbo-croate. Par cette diffusion massive, Harun Yahya entend dénoncer à toute la planète que " ceux qui perpétuent la terreur dans le monde sont en réalité les darwinistes. Le darwinisme est la seule philosophie qui valorise et donc encourage le conflit " comme on peut lire sous une photo représentant les attentats du 11 septembre dans son Atlas.

Mais l'anti-darwinisme n'est pas le seul cheval de bataille de Harun Yayah. Certains de ses ouvrages traitent de la franc-maçonnerie et du sionisme et de " leurs influences négatives sur l'histoire et la politique du monde. " D'autres traitent des valeurs morales du Coran, l'objectif d'Harun Yahya étant " d'introduire l'Islam à ceux qui sont étrangers à la religion et de réconcilier leurs coeurs à la vérité " ainsi que de démontrer aux " non musulmans les signes de l'existence d'Allah et l'excellence de sa création. "

La question du financement de l'édition et de l'envoi de ces ouvrages reste pour le moment mystérieuse. On sait juste que les Atlas ont été expédiés de Turquie et d'Allemagne et que les destinataires étaient nommément inscrits sur les colis. Adnan Oktar se cache pour le moment derrière les éditions Harun Yahya International et le mouvement Nurcu, mouvement principalement implanté aux États-Unis et en Asie centrale turcophone. Connu pour ses écoles, internats et centres de formation, le Nurcu a pour ambition de créer une élite économique et intellectuelle, croyante et pratiquante.

Harun Yahya a dores et déjà annoncé que l'Atlas de la Création était le premier volume d'une série de sept ouvrages. Il faut croire qu'il ne lui suffit pas d'un seul pamphlet pour dénoncer que, d'après lui, " la théorie de l'évolution est un des grands canulars et une des grandes supercheries de l'histoire de la science. "

Constance Blanchard

2.6 - Pourquoi je quitte la FSU

Chers(ères) collègues, chers(ères) camarades,

J'ai décidé de vous écrire puisque je n'ai jamais reçu de réponses à mes différents courriels adressés depuis plusieurs mois à la FSU et surtout au SNES (national et académique...ont-ils été effacés sans être lu ?...). Par contre les courriels du S3 de l'académie de Lille ont été nombreux pour que je verse ma cotisation 2006-07... Un courrier des trésoriers nationaux vient de me parvenir avant-hier à ce propos...

Pour résumer la situation, on accepte de m'écrire ou de m'envoyer un courriel pour me demander de l'argent mais on n'a pas la décence de répondre à mes interrogations concernant les dérives de la FSU et du SNES sur le terrain de la défense et du renforcement absolument prioritaire de la laïcité. Je vous annonce donc qu'il est inutile de me " relancer " pour payer ma cotisation de cette année scolaire alors que j'étais syndiquée au SNES depuis très longtemps. Je vous rappelle ci-dessous les motifs de ma décision :

J'ai même entendu une collègue, militante du Snes, comparer les combattants du Hezbollah à des " résistants ", alors que ce mouvement intégriste fait régner la Charia (qui est l'équivalent d'un totalitarisme religieux) dans les territoires qu'il contrôle et n'hésite pas à perpétrer de véritables carnages en envoyant des jeunes fanatisés se faire exploser au milieu de civils (hommes, femmes, enfants) israéliens.

Certains, à la FSU et au SNES , comme d'autres dans le courant altermondialiste, sont devenus très complaisants vis-à-vis des islamistes (" modérés " ou non) par détestation de l'impérialisme américain et d'Israël .Faut-il vous rappeler que le but des islamistes est de mettre en place dans tous les pays où se trouvent des musulmans une théocratie reposant sur l'application de la Charia et que le développement du communautarisme ethnique et religieux dans nos démocraties n'en est que le préliminaire.

Il faut que les instances dirigeantes de la FSU et du SNES réagissent et condamnent fermement TOUTES les formes d'intégrismes et de communautarismes qui mettent en danger nos principes républicains. J'invite expressément les deux directions à se rendre à Montreuil (93) les 10 et 11 février pour participer aux journées internationales pour la laïcité à l'Hôtel de ville et à consulter le site www.laicity.info pour signer la pétition.

Pour ma part, je compte bien participer activement à la journée de grève du jeudi 8 février et aller manifester pour défendre notre profession qui est en grand danger.

En espérant être lue et (qui sait ?) recevoir enfin une réponse, veuillez recevoir, cher(ères) collègues et camarades, l'expression de mes sentiments fraternels et laïques.

Jacqueline Duhem professeur agrégée d'histoire, ex-syndiquée et militante à l'UFAL

Villeneuve d'Ascq

3 - élections présidentielles 2007

3.1 - "M. Sarkozy est le candidat du grand capital financier mondialisé"

Jean-Pierre Chevènement répond aux questions du Parisien / Aujourd'hui en France dans son édition du dimanche 4 février 2007.

Le Parisien : Dans ses discours, Nicolas Sarkozy se réfère aux grandes figures de la gauche, de Jaurès à Blum...

Jean-Pierre Chevènement. M. Sarkozy est un grand récupérateur. Son discours, parfaitement démagogique, tend à masquer ses contradictions. Il parle de revaloriser le travail, mais il propose de supprimer l'ISF et l'impôt sur les successions. Or, sur ce sujet justement, Léon Blum, en 1946, dans son livre " A l'échelle humaine ", avait expliqué qu'on pouvait créer une société socialiste - c'est-à-dire plus juste - en augmentant l'impôt sur les successions des plus fortunés. M. Sarkozy est donc aux antipodes de la pensée de Blum. En réalité, M. Sarkozy tire, tout à fait provisoirement, parti d'une entrée en campagne remarquablement médiatisée. Dès la fin du mois de février, Mme Royal reprendra l'avantage.

Le Parisien : Certains, jusqu'au PS, évoquent pourtant un puissant "trou d'air"?

Jean-Pierre Chevènement. Ségolène Royal a eu un excellent mois de décembre. C'est seulement depuis le 15 janvier que M. Sarkozy a marqué un avantage, je le répète, provisoire. Il reste quatre-vingts jours d'ici au 22 avril, date du premier tour. J'ai vu Ségolène Royal mercredi en tête à tête : elle se tient tout à fait ferme et droite dans sa démarche. Elle a conservé tout son sang-froid, sa bonne humeur, son humour. Je lui fais confiance pour s'affirmer dans cette bataille qui est une bataille de mouvement.

Le Parisien : Pourtant, bien des électeurs de gauche semblent s'interroger...

Jean-Pierre Chevènement. Mme Royal a choisi dans une première phase de privilégier l'écoute à travers des débats participatifs. Le 11 février, elle fera ses premières propositions, et lancera l'offensive, à la fois dans la critique et dans les propositions. Elle s'exprimera au fond, car c'est une femme qui a du fond. La situation me fait penser à ce formidable film, " Alexandre Nevski ". Vous vous souvenez ? On voyait l'armée des chevaliers teutoniques s'avancer sur le lac gelé avec des airs terribles. Je vois le grand maître casqué de cet ordre. Il est aussi terrifiant que M. Sarkozy. Comment ça s'est terminé ? Le poids des chevaliers sur leurs montures lourdement caparaçonnées a fait craquer la glace, et tous ont été emportés. Eh bien, Mme Royal est aujourd'hui dans la situation d'Alexandre Nevski. Elle attend patiemment un adversaire trop sûr de lui.

Le Parisien : Certains imaginent pourtant un scénario dans lequel le PS serait condamné à changer de candidat...

Jean-Pierre Chevènement. C'est totalement surréaliste. Ségolène Royal a été désignée par 60 % des militants du PS en novembre, et elle est aussi devenue en décembre la candidate du Mouvement républicain et citoyen. C'est elle que nous soutenons, et personne d'autre. En face, nous avons un homme dangereux derrière la tête duquel on aperçoit toutes les têtes du CAC 40. M. Sarkozy, c'est le candidat du grand capital financier mondialisé. Les délocalisations, voilà la logique du système qu'il incarne ! La dévalorisation du travail par les multinationales qui exploitent les pays aux salaires de misère.

Le Parisien : Avez-vous réussi, Ségolène Royal et vous, à vous mettre finalement d'accord sur l'avenir de l'industrie nucléaire civile ?

Jean-Pierre Chevènement. Elle souhaite développer de façon très volontariste les énergies renouvelables : les éoliennes, la biomasse, les biocarburants, et aussi le solaire photovoltaïque, qui implique des recherches considérables, forcément à long terme. Nous combattrons le réchauffement du climat et, par conséquent, nous favoriserons les énergies qui n'émettent pas de gaz à effets de serre. Les centrales nucléaires ont le double avantage de ne pas émettre de gaz à effet de serre et de procurer une électricité à bon marché. En fonction de cela, on peut examiner comment pourrait évoluer le bouquet énergétique français. Mais je crois qu'il ne faut pas mettre la charrue avant les boeufs. Tous ceux qui connaissent un peu le dossier énergétique savent que le principal gisement est dans les économies d'énergie. Pour le reste, je me fais un devoir de préserver les atouts de la France. Et l'industrie nucléaire est incontestablement, comme l'a rappelé l'accord MRC-PS, un atout majeur de la France dans la compétition mondiale. On vient de le voir avec la vente de deux réacteurs EPR à la Chine.

Le Parisien : Comment avez-vous analysé la bourde de Jacques Chirac sur l'Iran ?

Jean-Pierre Chevènement. La première leçon, c'est qu'il faut être extrêmement prudent avec les journalistes (rires). En fait, M. Chirac a développé une sorte de théorie de la dissuasion stabilisatrice, qui est la vieille théorie française. Et il l'a fait pour montrer que cela n'apporterait rien à l'Iran d'avoir l'arme atomique. Il a rappelé à juste titre les dangers de la prolifération dans une région extrêmement dangereuse et qui n'est pas toujours portée à la rationalité. L'Iran doit se comporter enfin comme un membre responsable de la communauté internationale. Nous en sommes loin.

Le Parisien : Avez-vous été surpris par les rémunérations octroyées à Laurence Danon, l'ex-PDG du Printemps, au moment de son départ ?

Jean-Pierre Chevènement. Ces rémunérations excessives, tout comme les salaires mirobolants de quelques grands patrons, qui se chiffrent par millions d'euros, portent gravement atteinte au moral du pays.

Le Parisien : Comment expliquez-vous que François Bayrou intéresse une fraction de la gauche ?

Jean-Pierre Chevènement. François Bayrou a toujours été un ardent partisan de l'Europe fédérale, et il a été au premier rang de la campagne du oui. Or la majorité des électeurs de gauche - plus de 60 % - a voté non à la Constitution européenne. Je doute donc qu'ils se retrouvent en François Bayrou.

Le Parisien : Certains, à l'image de Bernard-Henri Lévy, disent que l'actuelle campagne est d'une rare médiocrité...

Jean-Pierre Chevènement. Si tel est l'avis de ce milliardaire pseudo-philosophe, il y a beaucoup de chances que mon avis soit inverse (rires)... Soyons sérieux. Le premier tour est le 22 avril. Beaucoup de choses vont se passer d'ici là. Il ne faut donc pas que les électeurs de gauche comme les républicains attachés à l'indépendance du pays qui ne veulent pas de M. Sarkozy à l'Elysée se découragent. Il faut avoir confiance dans Ségolène Royal, qui se tient tout à fait droite, non pas dans ses bottes, mais dans la conviction qu'elle a de répondre à l'espoir du peuple français et d'incarner, demain, l'image d'une France nouvelle qui parlera au monde.

Propos recueillis par Dominique de Montvalon,

Jean-Pierre Chevènement

Source : Le Parisien, dimanche 4 février 2007

3.2 - Les raisons de leur mépris

La détestation déclarée. Le mépris affiché. L'envie chevillée à l'esprit qu'elle soit d'abord défaite à l'élection présidentielle, puis qu'elle disparaisse à tout jamais du paysage politique. La bourgeoisie d'influence, dans les milieux qu'elle gouverne - médias, culture, finances, publicité, etc. - conduit une campagne effrénée contre Ségolène Royal. Son aile droite, bien sûr. Mais aussi, et surtout, son flan gauche. Jamais elle ne s'était à ce point mobilisée, mouillée, la bourgeoisie d'influence. Pour effacer Ségolène Royal, elle n'hésite pas, cette fois, à prendre des risques, rompant avec sa tradition d'ultra-prudence politique. Elle avait pourtant fait sienne la maxime politico-corrézienne de Jacques Chirac: "Il faut toujours mettre ses oeufs dans les deux paniers". Aux yeux de la bourgeoisie d'influence, celui de Ségolène Royal est percé. Il faut aller plus loin, et le déchirer.

Alors, pourquoi tant de haine ? D'abord, les sicaires de la bourgeoisie d'influence ont utilisé des prétextes d'ordre historique, ressortant de leur bibliothèque " L'idéologie française ", le livre de Bernard-Henri Levy. En 1981, le philosophe s'en prenait au " pétainisme de gauche ". A l'époque, la bourgeoisie d'influence s'était offusquée du concept, elle ne supportait pas la mise en cause de quelques-unes de ses grandes figures. Mais vingt-cinq ans plus tard, quel bonheur de récupérer la thèse, pour massacrer... Ségolène Royal. Pétain de gauche, et en jupon.

Ah, son goût pour l'ordre, la sécurité, le respect des institutions et des instituteurs ! Des taches bien grasses, bien épaisses, à son curriculum vitae. Fait-on remarqué, mal élevé, aux bourgeois d'influence que le Mitterrand qu'ils avaient jadis tant aimé n'était guère, selon leurs canons, plus " progressiste " qu'ils se récrient : " Lui au moins, il incarnait la culture, elle n'a jamais lu un livre ". Insiste-t-on, avec goujaterie, sur les concordances qui persistent entre Royal et leur ex-idole Michel Rocard, au sujet de l'immigration, par exemple, qu'ils se rengorgent : " Lui au moins était compétent, elle ne sait rien ". Rappelle-t-on avec ironie la filiation - Les Clubs Témoins - entre la candidate et Jacques Delors, celui a " réconcilié " la gauche avec l'économie de marché, qu'ils vocifèrent : " Aucun rapport avec cette idiote ! " La bourgeoisie d'influence, grâce à Ségolène Royal, a retrouvé une vigueur qu'on ne lui soupçonnait plus, le goût du sang, l'envie du meurtre politique.

A-t-on le droit d'écrire ici que ces masques idéologiques sont faits pour les gogos, qu'ils camouflent une réalité autrement plus triviale ? Ils l'exècrent parce qu'elle n'est pas des leurs, qu'elle ne fréquente pas leurs restaurants, qu'elle ne s'habille pas chez leurs couturiers, qu'elle ne passe pas ses vacances dans leurs hôtels, qu'elle n'appartient pas à leurs réseaux. Bref, les bourgeois d'influence se croient dépourvus de toute prise sur Ségolène Royal, et cette réalité là leur est insupportable. Nicolas Sarkozy appartient à leur bande, Dominique Strauss-Kahn aussi. L'intruse, ils lui feront la peau.

Maurice Szafran directeur de Marianne

Source : Marianne du 3 février

3.3 - Sarkozy parle à la France qui se lève tôt !

Il veut qu'elle se lève encore plus tôt et travaille encore plus tard... Pour le bénéfice des seuls actionnaires.

Quand il se lève tôt, Sarkozy, comme les vampires, c'est pour sucer le sang des ouvriers plus longtemps dans la journée ! pour leurs proposer plus d'heures supplémentaires, moins payées, afin qu'ils travaillent plus en gagnant moins.

Il a déclaré " - Quel est le problème avec les 35 h ? C'est que ça doit être un minimum, pas un maximum ! ". Textuel.

Il lui a fallu pour cela faire mine d'être filmé à Rungis dés 5 h du matin devant toutes les télévisions...

C'est vrai qu'il n'y a presque jamais de films, de reportages, d'images dans le métro à 5 h 30 du matin, dans les premières rames, lorsque les premiers travailleurs postés, attendent aux portes de Paris que s'ouvrent les grilles.

Majorité d'immigrés du bâtiment gris de fatigue, de femmes de ménage ou soignantes... À cette heure-là, les femmes se tiennent mieux que les hommes dont la tête tombe vite de sommeil contre les vitres. Ils partent à l'aube dans le froid, pour des journées de 10 ou 12 parfois 14 h de travail.

Car en France, il y a des centaines de millions d'heures de travail impayées, non comptabilisées, non majorées, que ces salariés ne peuvent refuser sous peine de perdre leur fragile emploi. Il y a même des cadres qui ont des forfaits jour et dont on ne décompte plus les temps de trajets professionnels depuis la loi Borloo de janvier 2005. Il y a les vagues de ceux qui font 45 h, 50 h, parfois au-delà, comme dans la restauration, le transport, le bâtiment, le nettoyage, la vente, des services de toutes sortes. Ils travaillent déjà beaucoup et gagnent peu.

Et ils souffrent : lisez la page 3 du Monde daté du 2 février, sur " Le deuil au coeur de Renault " trois suicides de salariés et une tentative sur le site de Guyancourt. Trop de pression au travail ! L'article de Christophe Desjours (ils ne mourraient pas tous, mais tous étaient frappés...) le démontre : la souffrance au travail s'accroît chaque jour. Souffrance que le candidat Sarkozy, avec de faux sourires, veut, en fait accroître, si par malheur, il gagne.

Aux ouvriers, aux salariés, Sarkozy leur propose comme programme central: "la liberté de travailler plus pour gagner plus"

Aucun salarié de ce pays, Sarkozy le sait, n'a la "liberté" de travailler plus. C'est l'employeur, seul unilatéralement qui fixe la durée du travail à l'embauche, dans le contrat.

Tout salarié est " subordonné " juridiquement (et économiquement) ce n'est pas lui qui décide. C'est l'employeur seul qui fait faire ou non des heures supplémentaires... ou impose un temps partiel.

Ainsi 60 % des 3,7 millions de salariés (85 % de femmes, 80 % de non qualifiés) subissent le temps partiel et sont des travailleurs pauvres, les employeurs ayant organisé, systématisé le temps partiel " aidés " encouragé, stimulé, par les exonérations de cotisations sociales que l'état leur a données.

Heureusement la loi impose une mensualisation à 151 h 66 pour les " temps pleins " à partir de 35 h hebdomadaires, durée légale dont tous les salariés, sans exception, bénéficient depuis le 1er janvier 2002. la durée maxima du travail étant de 48 h hebdomadaires, il y a place pour 13 h supplémentaires chaque semaine.

Mais les employeurs ont contourné, sans être suffisamment sanctionnés, cette durée légale pour imposer des heures supplémentaires par centaines de millions, souvent sans les faire figurer au bulletin de paie, sans les majorer au taux légal, sans les cotiser aux caisses de Sécurité sociale.

Sarkozy propose sans pudeur d'augmenter ce travail massif, déjà existant, souvent illégal, (neuf plaintes sur 10 à l'inspection du travail) en imposant que ces heures supplémentaires ne soient plus majorées, plus cotisées, plus imposées... tout à l'avantage des employeurs. Cela revient à l'obligation de "travailler plus pour gagner moins"

D'ailleurs c'est ce que Sarkozy a fait depuis 5 ans qu'il est au pouvoir : il a repoussé du 1 janvier 2005 au 1 janvier 2008 la date ou les heures supplémentaires qui n'étaient majorées que de 10 % entre 35 et 39 h dans les entreprises de moins de 20 salariés, allaient, comme prévu par la loi Aubry, être majorées de 25 %. C'est la faute à Sarkozy et Fillon, si, depuis le 1er janvier 2005, 4,8 millions de salariés n'ont pas bénéficié de cette (petite) augmentation de leurs heures supplémentaires !

Quand Fillon et Sarkozy ont allongé le " contingent annuel autorisé " d'heures supplémentaires en le faisant passer de 130 h à 220 h, ils ont fait perdre des dizaines d'heures supplémentaires majorées de 100 % à des centaines de milliers de salariés, obligés de travailler plus pour gagner moins.

Avec le rachat des compte épargne temps (congés payés contre argent) et les forfaits jour, les heures supplémentaires non cotisées, non majorées, avec des contingents annuels allongés et des contrôles rendus impossibles (décret du 4 janvier 2007 !) avec le Cne sur toute la vie, le licenciement sans motif, avec le droit de grève limité, avec le droit syndical diminué, Sarkozy, c'est le vampire qui sourit aux ouvriers, les regarde dans les yeux fixement espérant mieux les tromper.

Sarkozy, c'est "Cpe 2", "Cne puissance toute la vie"... la fin du Code du travail.

Mais ça ne va pas se passer comme cela : comme au printemps 2006 face au Cpe, salariés, et jeunes sauront lui faire barrage. Dans les urnes cette fois.

3.4 - A propos de l'orientation des Verts

Les Verts est un mouvement politique que les médias ont l'habitude de présenter "à gauche". Ce parti ne se revendique pas du mouvement ouvrier. Face à la destruction de l'environnement de l'homme, jeunes et travailleurs peuvent légitimement s'inquiéter. C'est sur cette inquiétude que s'appuient les Verts ? Pour quelle politique ?

Les Verts sont nés en 1982 de la fusion du Parti écologiste et de la Confédération écologiste. Antoine Waechter fera 3,8 % aux élections présidentielles de 1988 sur l'orientation "ni gauche ni droite". De cela Waechter déduira que l'on peut aller "avec la droite" ou "avec la gauche" selon les circonstances. En 1994, lors de leur assemblée générale de Lille, les Verts changent d'orientation pour aller vers des alliances durables dans le cadre de la gauche plurielle. C'est alors Dominique Voynet qui sera porte-parole de l'organisation. Aux élections présidentielles de 1995, elle récoltera 3,8 % des suffrages. Pour la présidentielle de 2007, 7 candidats à l'investiture étaient proposés au vote des adhérents. Dominique Voynet a été élue à une courte majorité pour représenter les Verts. Les Verts ont une petite organisation de jeunes : la "souris verte". Prenons quelques axes d'orientation autour desquels s'ordonne cette organisation.

Union Européenne : le soutien sans faille des Verts.

En 1992, les Verts soutiennent le traité de Maastricht et appellent à voter OUI. En juin 1999, la liste des Verts aux élections européennes, conduite par Daniel Cohn-Bendit, obtient 9,72 % des voix, les Verts envoient neuf députés européens à Bruxelles. Au niveau européen, les Verts sont dirigés par Daniel Cohn Bendit (député au "Parlement" européen, qui a soutenu toutes les étapes de la mise en place de l'Union Européenne). En 2003, les verts participent à un appel "Economistes Européens pour une Politique Alternative en Europe" en vue du vote sur la "constitution" européenne. Ce très long texte est tout simplement un appel à s'engager à fond dans la construction européenne sous prétexte de critique du texte de la "constitution" européenne. On y trouve les propositions suivantes : "Le Parlement Européen et les parlements nationaux doivent s'engager dans une plus grande coordination des politiques économiques" ; "La mission de la BCE doit être élargie et inclure un objectif de croissance et de plein emploi" ; "Le budget de l'UE doit être augmenté à hauteur de 5 % du PIB européen à l'horizon de 2007" ; "Un cadre pour des politiques macroéconomiques plus efficaces et plus démocratiques" ; "Des services publics réformés"; "Des institutions plus fortes, des règles et des moyens au secours du Modèle social européen" ; "L'adoption d'une directive-cadre ou d'une plate-forme européenne commune garantissant un niveau minimum de services d'intérêt général."

Bref, renforcer à l'aide de propositions constructives les dispositifs institutionnels de l'Union Européenne créés par le traité de Maastricht !

Lors du référendum sur la "constitution" européenne en 2005, les Verts ont appelé à voter oui après un référendum interne. La résolution qui présentait la position du mouvement indiquait : "Les Verts disent OUI au TCE pour mieux le réviser". Puis deux lignes plus bas : "Les Verts regrettent que l'unanimité des Etats reste la règle de base pour réviser le TCE dans son ensemble." Dans une tribune écrite par les têtes de listes "Verts" aux élections européennes de 2004, on pourra lire : "La première partie du TCE propose une indispensable démocratisation des mécanismes de l'Union : simplification des procédures, clarté des compétences, pouvoirs citoyens renforcés. Ainsi l'Europe serait dotée d'une vraie gouvernance politique au travers d'une Commission plus cohérente. La démocratie européenne gagnerait plus par ce seul traité "constitutionnel", qu'au travers de tous ses traités passés confondus." C'est explicite : pour les Verts, la "constitution européenne" est un concentré de démocratie. Après la victoire historique du peuple contre l'Union Européenne à travers le rejet massif de la "constitution" européenne, les Verts annonceront dans une communication du 31 mai 2005 : "Le Collège exécutif des Verts prendra, dans les prochains jours, avec ses homologues européens des initiatives communes en direction de la gauche française et européenne, tant politique, syndicale, qu'associative. Ils travailleront ensemble à de nécessaires propositions en vue de construire une autre Europe." Une sorte de plan B, comme le propose actuellement Sarkozy et Royal ?

Voici un extrait de leur position au moment du conseil européen de 2005 après la victoire du vote NON : "Ces 16 et 17 juin, le Conseil européen se réunit pour la première fois après le rejet du TCE par la France et les Pays-Bas. Les Verts souhaitent, à cette occasion réaffirmer clairement leur attachement à doter l'Europe d'une Constitution et, en tout état de cause, dépasser l'actuel Traité de Nice. Il s'agit de promouvoir la nécessité impérative d'un espace politique européen au-dessus de l'espace économique. Les Verts sont en effet pour une Europe résolument fédérale qui dépasse la logique intergouvernementale, refuse tout repli souverainiste d'où qu'il vienne." Le problème, ce ne sont donc pas les directives de privatisations, la destruction des bases de la civilisation et des nations européennes. Non, pour les Verts, le problème c'est le "souverainisme d'où qu'il vienne".

Dans leur programme pour les élections présidentielles de 2007, le passage sur l'Union européenne est intitulé : " Redonner du sens au projet européen ". On trouve les propositions suivantes concernant l'école : " Mettre en place une dimension européenne dans tous les programmes éducatifs nationaux. " ; " Harmoniser les diplômes. ". Tout cela, on connaît bien : c'est la réforme Fillon sur les lycées, le plan des destructions des diplômes LMD sur les facs. Les Verts ont même des propositions pour les pays " nouveaux entrants " : " Proposer un plan "Marshall" à destination des nouveaux pays membres avec des fonds structurels renforcés afin de favoriser la solidarité entre les régions d'Europe. " Les fonds structurels pour accompagner la destruction de l'industrie dans le cadre des régions : c'est exactement ce que met en place l'Union européenne. Pour liquider l'industrie, voici ce que proposent les Verts : " La politique industrielle doit relever de la responsabilité de l'UE plutôt que des États en ce qui concerne la maîtrise de la gestion des ressources naturelles non renouvelables. " Plus loin : " Le tiers secteur d'économie sociale et solidaire, riche en emplois doit bénéficier d'un cadre législatif européen propre. " Bref, l'Union Européenne détruit tout : les Verts les soutiennent sur tous les plans.

Dans un récent communiqué de presse en date du 7 avril 2006, on peut lire au sujet du budget de l'Union européenne : " Le compromis que viennent d'accepter les eurodéputé-e-s, avec quatre milliards d'euros supplémentaires par rapport aux négociations de décembre, alors qu'ils en demandaient 12, est loin de ce qu'il faudrait pour que l'Europe se dote d'un budget crédible... Encore une fois, nous constatons que les Etats membres ne sont pas prêts à s'engager plus avant dans la construction européenne, ils ne sont pas prêts à donner à l'Union Européenne les moyens nécessaires pour de véritables politiques sociales et environnementales. " Les politiques sociales, on connaît : c'est la baisse du coût du travail. Et il faudrait encore plus d'argent pour aller jusqu'au bout ?

Les Verts lance ainsi un appel : " Nous appelons le Parlement européen et les gouvernements des Etats membres à aller encore plus loin... Enfin, les Verts souhaitent que s'ouvre dès à présent la réflexion sur la refonte de la structuration des recettes de l'UE : il est urgent d'avancer vers plus d'autonomie budgétaire pour l'Union européenne, avec des ressources propres... " Donc il faudrait que l'Union européenne puisse avoir ses propres ressources, pour aller le plus loin possible ? Cette logique, les travailleurs et les peuples d'Europe savent pertinemment où elle mène : à la destruction des nations, aux oukases sous forme de directive. Il faudrait renforcer tout cela ?

Les Verts pour la décentralisation et destruction des communes, pour le dynamitage de la démocratie.

Les Verts, dans le domaine de l'éclatement de la République, n'ont pas simplement émis quelques idées d'orientation générale. Dominique Voynet fut ministre entre 1997 et 2001 sous Jospin, et renforça le dispositif législatif mis en place précédemment par Pasqua pour aider à l'émergence des " Pays " à travers la loi de 1999, la LOADDT : Loi d'Orientation de l'Aménagement Durable du Territoire. Cette loi explique dans son article 1 : " La politique nationale d'aménagement et de développement durable du territoire participe, dans le respect du principe de subsidiarité, à la construction de l'Union européenne ". Les pays servant à permettre le découpage du territoire en 42 pays, afin de développer la dynamique d'intercommunalité : " cette réorganisation de l'Etat à partir des " pays " sera sans aucun doute le point de départ d'une nouvelle dynamique de cette coopération intercommunalité que nous jugeons tous absolument nécessaire " (1). Cette orientation définit par Pasqua en 1994 sera entièrement reprise et appuyé par Voynet trois ans plus tard. Voilà à quoi a participé Dominique Voynet, ministre écologiste.

Dans un communiqué de 2001 sur la loi du Littoral en Corse, les Verts annonce une grande victoire contre la république : " Malgré les manoeuvres de retardement du Président de la République, malgré le harcèlement des jacobins de droite et de gauche, le processus poursuit sa marche en avant. C'est une bonne nouvelle... Avec Les Verts corses, nous serons attentifs à ce que rien ne vienne bloquer un processus qui permet enfin de rénover une République centralisée et sclérosée ".

Quelques mois plus tard : " Durant le vote à l'Assemblée nationale de la loi sur la Corse, le Ministre de l'Intérieur, Daniel Vaillant, a proposé de relancer la décentralisation, la Corse devenant ainsi une vitrine institutionnelle pour d'autres régions. Les Verts, très régionalistes et très décentralisateurs, ne peuvent que se féliciter de ces déclarations qui confortent d'ailleurs le rapport Mauroy, peu mis en valeur jusqu'à ce jour. " Les Verts applaudissent ainsi à tour de bras le ministre de droite éclatant la République en Régions autonomes...

Dans leur programme pour les présidentielles de 2007, on trouve une ode à la réforme de l'état : " Par ailleurs, l'expérience montre que la bonne taille de gestion démocratique des affaires publiques de proximité se situe à une échelle de 3 500 à 10 000 habitants. C'est pourquoi il convient de reconcevoir l'architecture et le découpage du territoire en collectivités locales de la façon suivante :

Ce projet ne tombe pas de nulle part : c'est l'orientation au mot près de l'Union européenne qui veut en finir avec le triptyque révolutionnaire hérité de 1789 " commune, département, état " pour le remplacer par la bonne gouvernance " intercommunalité, régions, Union européenne ".

Quelques lignes plus loin, les Verts dévoilent leur intention de s'adapter à 100 % à l'Europe des régions : " il est nécessaire de créer de nouvelles entités et de procéder à des redécoupages géographiques : région basque, établissement de coopération inter-régionale occitane, collectivité territoriale à statut spécifique pour la Catalunya nord, réunification de la Savoie, de la Bretagne, de la Normandie, etc. Un transfert de compétences et d'espaces de souveraineté, ainsi que des moyens nécessaires à leur exercice, s'impose vers ces entités autonomes, de façon différenciée selon les demandes de leurs assemblées élues. En particulier, le statut spécifique de la Corse doit évoluer vers celui des autres îles de l'Union Européenne. "

Bien entendu, les Verts sont des inconditionnels du budget participatif : " Expérimenter de nouveaux dispositifs participatifs budgétaires. Une entrée des instances participatives dans les arbitrages budgétaires est à construire, sur le modèle des expériences de Porto Alegre et de nombreuses villes sud-américaines, qui visent à imposer les priorités populaires dans les choix de la puissance publique. "

Le projet de fusion entre EDF et Suez est l'occasion pour les Verts de développer leur orientation.

En effet dans un communiqué du 14 juin 2006 les Verts n'hésitent pas à se prononcer ouvertement pour le démantèlement du service public : " Nous souhaitons une gestion décentralisée voire une régionalisation des services publics de proximité, comme le prévoyait d'ailleurs la loi de 1946 de nationalisation de l'électricité et du gaz. Il est nécessaire en outre que GDF puisse négocier avec des partenaires publics et privés locaux pour développer les économies d'énergie et les énergies renouvelables. "

Les Verts se prononcent pour leur régionalisation et pour des partenariats avec le secteur privé.

Enfin, les Verts soutiennent l'éclatement de l'école au nom des " langues régionales ". En 2001, suite à l'introduction de l'enseignement en langue régionale par Lang, un communiqué annonce : " Les Verts se félicitent des nouvelles orientations de la politique en faveur des langues régionales à l'école telles qu'elles ont été annoncées par le Ministre Jack Lang le 25 avril dernier... on salue bien volontiers le progrès réalisé : " L'enseignement bilingue sera reconnu pour la première fois " " ; Le communiqué rajoutant : " Il est vrai que ces mesures ne constituent qu'un premier pas. Les Verts souhaitent ainsi qu'elles soient entérinées par la loi, en attendant que soit votée, de manière plus générale, une loi-cadre sur les langues et cultures régionales. Cela passera enfin par la ratification de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires signée par la France en mai 1999. " Tout cela, bien entendu, au nom de l'écologie...

Le Journal La Vérité

Source : Extrait du journal "La Vérité"

3.5 - Lettre aux Présidentiables de 2007

Madame, Monsieur,

Vous êtes candidat-e à l'élection à la fonction présidentielle et votre engagement personnel doit vous conduire à sauvegarder nos acquis, améliorer le bien-être des populations vivant sur notre territoire et faire rayonner la pensée française dans le monde.

Dans la Constitution de notre pays figurent le principe de laïcité et celui d'égalité entre les hommes et les femmes. La laïcité qui construit l'exception française, est régulée par deux textes : la Loi Jules Ferry sur l'école (1882) et la Loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat (1905). La laïcité permet à toutes les croyances de coexister, théoriquement de manière harmonieuse. L'égalité entre les sexes est la résultante de plus de deux siècles de lutte des femmes pour se libérer du Code Napoléon. Les Françaises d'origine immigrée bénéficient de nos acquis, grâce à notre Constitution républicaine et laïque qui fait d'elles des citoyennes à part entière. Au plan international, les Droits des Femmes ont été reconnus comme partie " intégrante, inaliénable et indivisible des Droits Humains " lors de la Conférence de Vienne en Autriche (1993).

Si le sens de l'Histoire est d'aller de l'avant, la montée en puissance des intégrismes de tous bords créé une exacerbation planétaire de toutes les formes de violence à l'encontre des femmes, laquelle freine gravement l'exercice de leurs Droits quand elle ne les fait pas reculer... En France, le phénomène est plus particulièrement sensible dans les banlieues de nos villes où les jeunes filles et les femmes musulmanes sont obligées de se voiler au nom " de la pudeur et de la dignité ".

En réalité le port du voile islamique (hidjab, tchador, niqab ou burka) symbolise la soumission des femmes aux hommes et nie leur existence sociale. Il favorise l'appropriation du corps des femmes et leur asservissement total. La " sexualisation " du voile confère aux femmes le statut d'objet sexuel pubère à consommer et à surveiller; elles deviennent les garantes de l'honneur des hommes de leur famille mais le port du voile ne contredit en rien leur marchandisation à travers le viol et la prostitution !

Le voile conforte la séparation des sexes et constitue une atteinte délibérée et inadmissible aux Droits des femmes dont l'identité n'est plus " républicaine " mais devient " musulmane "... Comment parler alors d'égalité et de mixité ? Et que penser de la discrimination qui s'instaure entre les femmes : la "bonne" musulmane voilée; la "mauvaise" musulmane non voilée; la "non" musulmane à combattre ou à convertir ?

Chaque menace envers la laïcité a pour corollaire le recul des droits de toutes les femmes !

La déferlante du voile en Europe traduit de fait, la poussée d'un Islam à visée politique internationale.

En Algérie, pays musulman secoué par la violence de l'intégrisme politique et social contre laquelle les forces vives du pays luttent jusqu'à présent, le Ministère de la Défense a exclu dès les années 1990, les femmes porteuses du hidjab à l'intérieur de sa structure et dans tous les établissements qui dépendent de lui. De même en Turquie, pays d'essence laïque mais exposé au danger intégriste, le hidjab est banni depuis longtemps des facultés. Autre exemple de mobilisation d'un pays musulman contre le voile, la Tunisie réagit en appliquant encore plus fermement sa législation qui interdit le hidjab, y compris sur la voie publique (les forces de police font respecter le code vestimentaire à travers interpellations, amendes et poursuites judiciaires).

Comment accepter que la France, laïque, soit si lente à prendre position pour défendre les Droits des exclues que sont devenues les Musulmanes ? Notre pays intégrationniste sombrerait-il dans le communautarisme à l'anglo-saxonne? Quand la Sécurité nationale devient un enjeu tel que le système de " lutte contre le terrorisme " via le " plan Vigipirate " impose à chacun-e des contrôles identitaires répétés et parfois musclés, des restrictions de circulation ainsi que de nombreuses atteintes à la vie privée, au nom de quels critères tolérer -en dehors des lieux de culte- des êtres affublés de burka, de niqab ou de tchador qui peuvent dissimuler des terroristes porteurs de bombes ? Ignorerions-nous le cas de ce jeune anglais d'origine somalienne -recherché par les forces de l'ordre pour le meurtre d'une policière- qui s'est enfui de Grande-Bretagne sans encombre, muni des papiers d'identité de sa soeur et caché sous une burka, car personne n'ose contrôler -qui/ce qui- se trouve sous un voile ! Et que penser des dérives observées dans les hôpitaux français où les pressions et les menaces exercées de plus en plus fréquemment par des maris intégristes sur le personnel soignant, entravent la qualité des soins apportés à leurs femmes -parfois complètement voilées- et obligent certains services à faire appel à la police ?

SOS SEXISME considère que le voile islamique -porteur d'exclusion, d'inégalité entre les femmes et entre les sexes- est incompatible avec une intégration citoyenne réussie, et que le port du voile intégral dans les lieux publics constitue un facteur potentiel d'insécurité nationale. En conséquence,

SOS SEXISME demande la rédaction d'une Loi interdisant le port du voile islamique en dehors des lieux de culte.

SOS SEXISME demande que toute personne qui sollicite un titre de séjour ou la nationalité française signe un document officiel selon lequel elle reconnaît que les Lois de la République priment sur les lois religieuses et qu'elle s'engage à les respecter.

Nous attendons, Madame, Monsieur, votre réponse à nos questionnements sur ce sujet délicat mais crucial pour les Droits des françaises de toutes origines et de toutes confessions. Votre prise de position influencera notre orientation électorale future.

Nous vous prions d'agréer, Madame, Monsieur, l'expression de notre considération distinguée.

SOS Sexisme www.sos-sexisme.org

3.6 - Le mirage Bayrou et la troisième voie

De plus en plus de militants et de militantes socialistes, même celles et ceux qui ont soutenu Ségolène Royal au moment des primaires, sont inquiets... On le serait pour moins. Il existe un sport national chez les journalistes, c'est celui qui consiste à interroger la candidate " socialiste " sur une question internationale pour la faire chuter...

Pendant que ce populisme débridé conduit à une érosion dans les sondages et à un découragement dans le camp socialiste, François Bayrou fait des ravages y compris dans le camp qui n'est pas le sien... Sa laïcité réaffirmée pourrair masquer son libéralisme revendiqué. Il progresse dans les intentions de votes, se voyant déjà le troisième homme...

Le sera t-il?

En 2002 Chevènement s'est aussi envolé avant de redescendre très vite. Bayrou explique à qui veut l'entendre qu'il faut faire de la politique autrement et ses collaborateurs les plus directs n'hésitent pas à traduire ses orientations. Hervé Morin au 12-15 sur Radio BFM a annoncé clairement la couleur: "La France a besoin d'un gouvernement d'union nationale"

Le danger, ce n'est pas de voir Bayrou arriver au deuxième tour des présidentielles, le danger c'est que son appel soit entendu par les caciques du PS, sensibles aux sirènes de la recomposition...

Voici le Defferisme qui revient au galop. En 1965, cela s'appelait la troisième voie, aujourd'hui on parle de l'exemple allemand...

Alors qu'il y a plus de 40 ans, le PCF était un parti de masse, dominant électoralement à gauche, aujourd'hui il n'est même plus l'ombre de ce qu'il était. Cette situation et l'éparpillement des candidatures anti libérales laissent un boulevard aux libéraux du PS qui rêvent tout haut.

La gauche du PS doit en priorité combattre toute vélléité d'une alliance conduisant à un gouvernement de centre gauche...Si elle ne le fait pas elle sera laminée et son échec au moment des primaires se transformera en déroute.

Le camp "anti-libéral" n'est pas dans sa meilleure forme!

Rien n'est encore perdu...Au-delà de la diversité des candidatures anti capitalistes, il est nécessaire de maintenir des contacts, de préparer et de mener ensemble les combats contre les mesures gouvernementales et construire un rapport de force...

Pour qui voter au premier tour? L'important c'est de renforcer le camp anti-capitaliste et de ne pas voter au premier tour pour Ségolène Royal.

Jean-François Chalot

4 - courrier des lecteurs

4.1 - Quand il est minuit dans le... cercle !

Dans le numéro 508 de notre journal, il semblerait que la messe ait été dite...

Dans son édito, Evariste nous invite a un exercice de vigilance politique digne d'un grand angle photographique qu'aucune nécessité politique immédiate nous impose. A savoir : serions nous, à ce point coincé, qu'il ne serait question que d'un dilemme Bové ou Bayrou?.

Certes j'ai bien compris, et j'y souscris, le souci d'Evariste de recourir en permanence à la question laïque pour que soit éclairé le choix politique que nous avons à opérer à l'occasion des prochaines élections présidentielles, certes...

Mais en arriver à mettre sur le même tapis l'ultra libéral pro Europe du capitalisme, Bayrou et l'anti-libéral combattant du NON, Bové relève d'une gymnastique tortueuse.

Je pense qu'il est raisonnable et suffisamment compliqué de débattre au sein du camp du NON sans que soit convoqué, pour argumentation, un porte parole du OUI, n'est-il pas ? Ou alors, si nécessaire, j'irai m'abonner à " Marianne ".

Dans la même malheureuse veine, l'article " José ! Et après ? " m'inspire quelques remarques. O combien a été insupportable la mainmise du PCF sur le sigle " collectif anti-libéral ", qui a mené à la pseudo désignation démocratique de la secrétaire nationale comme candidate anti-libéral de gauche... Et que la LCR soit remerciée de son retrait de ces collectifs autorisant ainsi cette manoeuvre... totalement prévisible comme l'a reconnu Krivine dans la presse...

Mais quant à réduire l'immense mouvement des collectifs pour le NON à ces seuls appareils rend compte en fait d'une vision restrictive de ce qu'ils furent. Celle-ci réduit les dizaines de milliers de militants et de militantes qui ont fait le succès de cette déclaration de guerre à l'Europe libérale, capitaliste, à des sujets dépourvus d'un projet politique commun, nous serions une sorte de pieuvre sans tête ?

Le PCF a aligné ses "collectifs", la LCR a les siens, les amis de José Bové en ont d'autres, pour ma part, le mien fort d'une vingtaine de personnes collait les affiches du Parti des Travailleurs., pourtant inexistant dans le Tarn !... Allez comprendre ce qui s'est passé... justement allons comprendre ce qui s'est passé !

Ni Dieu, ni Maître, juste la nécessité d'aller au combat quand il est nécessaire et utile ! Et cette idée, ces actes échappent à la logique des appareils politiques pris dans leur propre piège groupusculaire.

Et pourtant il semblerait que ce soit à l'aune de ces petits appareils qu'ont été prises toutes ces décisions souveraines, par des collectifs labellisés ? Foutaise ! Convenons-en sereinement.

Il me semblait que ces faits étaient connus de tous.

Pourtant nous apprenons que des amis Carassus, Coquerel et Naudy font fi de ce qui va se passer dans les mois à venir. Pour eux, présidents, secrétaires généraux (de quelles troupes ?), la messe est dite (bis repetita...). Ils nous convoquent, nous invitent ... à l'automne. Pfuiiit, exit de la possibilité de voir Sarkozy, voire Royal au pouvoir... ?

A force de regarder l'avenir dans les yeux des autres idolâtrés ou méprisés, est oubliée l'absolue obligation de construire l'avenir dans le combat quotidien, si difficile, si répétitif. Quand la condition sociale est insupportable on ne se nourrit pas de perspectives oiseuses !

La question des élections présidentielles, même si elle ne modifiera pas fondamentalement la donne, est essentielle pour tous ceux qui veulent vivre autre chose que ce que nous subissons depuis toutes ces années de défaites sociales. C'est ce que nous entendons au boulot, dans la permanence syndicale... à omettre une perspective est fait le jeu de la résignation !

Il serait sain et extrêmement nécessaire que Respublica demeure une référence militante pour tous ceux qui veulent... ne pas attendre l'automne prochain, l'arme au pied et le regard sur la ligne bleue des vagues et des baffes dans la gueule !

Pascal Polisset Gaillac 81

4.2 - La République doit faire barrage à la finance mondialisée

Salut Evariste,

Tu trouveras, ci-joint et en partie ci-après, l'article que j'ai mis en ligne le 31 janvier sur mon blog.

A mon avis, les courants se reconnaissant dans la gauche républicaine devraient rechercher un terrain d'entente afin de former l'axe de la gauche de demain, car celle-ci sera à la fois républicaine et antilibérale.

La République doit faire barrage à la finance mondialisée. C'est pourquoi je conseille à Ségolène Royal de jouer à fond la carte de la démocratie (voir l'article, ce jour, 2 février sur le blog).

Amitiés,

Michel Sorin

4.3 - Je soutiens Philippe Val et Charlie

J'ai effectivement écouté Philippe Val sur France Inter hier soir, et il nous a bien expliqué l'enjeu de son procés "bidon", qui permet de bien montrer la collusion entre l'actuel gouvernement et l'islamisme bien-pensant, qui se permet de parler au nom des français musulmans.

Je soutiens donc Philippe Val et comme toi, cher Evariste, je souhaite que ce procès démontre avec talent que tout ceci est une vaste imbécilité. Vive l'humour, la dérision, la liberté d'expression.

A bientôt

Christiane Deneuche

Agenda