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  1. chronique d'Evariste
    1. Après les présidentielles, serons-nous flashés par des radars bleus, ou des radars roses ?, par Évariste
  2. élections présidentielles 2007
    1. Je n'ai pas envie que Le Pen soit candidat!, par Nicolas Guillou
    2. Je préfère Ségolène à Bayrou, par Dominique Jobard
    3. Socialistes de gauche, votons Bayrou !, par Yves Guyet
    4. Philippe de Villiers et la laïcité, par Caroline Brancher
  3. combat féministe
    1. Je me souviens, par Johanne Chayer
  4. combat social
    1. Que faire pour éviter le désenchantement ? Définir les priorités dans l'ordre des raisons, par Bernard Teper
    2. Etats généraux des services publics, par Bernard Defaix
  5. combat laïque
    1. Lettre ouverte d'un citoyen, par Fred PICARD
    2. Troisième Université Populaire Laïque, par L'Union Des FAmilles Laïques
  6. débats républicains
    1. 2.000 soignants lancent un appel en faveur de l'euthanasie, par Nouvel Obs
    2. La démagogie n'a jamais été bonne conseillère, par Jean-François Chalot
  7. courrier des lecteurs
    1. Surtout, continuez !, par Jean-Claude BOTTERO
    2. Débilement sectaire, ou sectairement débile ?, par Yann Hual
    3. Réaction chronique Respublica 517, par Bernard Beauguitte
    4. Punir la gauche en votant Bayrou ?, par Edouard JEAN-ELIE
    5. Chronique 517 : bravo !, par Papinux
  8. à lire
    1. Les ghettos de la République - André Gérin - préface de... Eric Raoult, par Mireille Popelin
  9. Agenda

1 - chronique d'Evariste

1.1 - Après les présidentielles, serons-nous flashés par des radars bleus, ou des radars roses ?

Depuis plusieurs années, dans certaines chroniques, j'en appelle à l'insurrection populaire contre le racket fiscal que subissent les automobilistes, avec les radars Sarkozy, et leurs conséquences dans leur vie quotidienne. Je me rends compte que le sujet est sensible. Je reçois souvent des encouragements, mais parfois aussi des insultes, me qualifiant de "populiste irresponsable". J'ai pourtant toujours accompagné mes textes d'appels à des sanctions exemplaires contre l'assassin qui traverse une agglomération à plus de cent à l'heure, avec deux grammes d'alcool dans le sang. J'ai toujours fait la part des choses entre les incivilités graves au volant, et le fait de flasher, de sanctionner et de racketter un pauvre bougre qui passe à soixante à l'heure devant un panneau marquant l'entrée de l'agglomération, limitée à cinquante, sur une quatre voies, à deux heures du matin. Mais rien à faire, le " politiquement correct " est de considérer que les automobilistes sont forcément des assassins en puissance, des délinquants de la route et des irresponsables, et que plus on leur tape dessus, plus on sauve des vies ! Allez donc vous opposer à cela devant une mère qui a perdu ses enfants à cause d'un chauffard !

Dernièrement, à l'invitation des comités " Désirs d'Avenir " (vous voyez que je ne suis pas sectaire), je débattais sur la vie chère. J'avais failli ajouter le racket routier à mon argumentaire, pour montrer que les classes populaires subissaient de plein fouet un ensemble de mesures qui les pénalisait gravement. Un ami m'a déconseillé de le faire. " Tu vas mettre le bordel dans la réunion, et cela va être improductif ", me dit-il. Je l'ai écouté sagement. Une fois mon exposé terminé, quand j'ai parlé des salaires bloqués, de la précarité, des retraites qui baissent, des privatisations qui augmentent les prestations des citoyens, du prix des matières premières, de la progression de l'immobilier, et tout et tout, le public a pris la parole.

A ma grande surprise, une femme m'a interpellé, et m'a dit : " Et le permis de conduire, monsieur, vous ne croyez pas qu'il y a de l'abus ? ". Je l'aurai embrassée, me disant : " Enfin, une alliée ". Et, bien sûr, j'embraie (humour) sur un de mes sujets favoris. Bien sûr que le permis de conduire est un scandale, bien sûr qu'il y a connivence entre certains moniteurs privés et les examinateurs publics, bien sûr que cela coûte en moyenne 1.500 euros par mois, que cela augmente de plus, qu'on rend l'examen de plus en plus difficile, et que cela pénalise les familles les plus modestes. Surtout, cela se traduit par une augmentation du nombre de personnes qui conduisent sans permis, donc cela aggrave notre insécurité.

Je reçois des salves d'applaudissements. Galvanisé, oubliant les conseils de mon ami, me disant que je suis devant un public de gauche, j'en profite pour savater Sarkozy et ses radars, me lançant dans une de mes diatribes préférées. Le bide total ! A part deux ou trois maigres applaudissements, je me fais engueuler et conspuer de partout, le public gronde, je suis obligé de battre en retraite, et de m'en sortir en disant : " OK, OK, on en parle à la fin, autour d'un pot, reprenons l'essentiel ".

Je ne peux m'empêcher, en rentrant chez moi, de me dire que, décidément, il y a un décalage important entre le monde bien-pensant des militants politiques, souvent de gauche, et les gens normaux, ceux qui, en dehors de toute précaution oratoire, disent clairement que le système des radars est un véritable scandale, et qu'ils en ont marre de se faire verbaliser de manière aussi mesquine et sournoise, alors qu'ils n'occasionnent aucun danger pour la vie d'autrui !

C'est pourquoi, quand j'ai appris que le rédacteur en chef du " Nouvel Observateur ", Airy Routier, venait de sortir un livre " La France sans permis ", aux éditions Albin Michel, je me suis précipité coudes au corps chez le libraire, de peur de ne pas en trouver, et j'ai dévoré le bouquin en trois heures. L'auteur a beaucoup de choses en commun avec moi, et quelques différences. Il a perdu son permis pour un ensemble de petites infractions, moi il me reste huit points, j'en ai perdu quatre pour quatre excès de vitesse de moins de 10 kilomètres-heure, qui m'ont coûté plusieurs centaines d'euros. Il jure ne jamais boire une goutte d'alcool avant de prendre sa voiture, je ne suis pas un tel ascète !

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Ce livre est une bouffée d'oxygène pour les libres-penseurs, enfin un vrai journaliste, un professionnel, qui se livre à une enquête sérieuse sur cette question, et qui met en pièce l'argumentation officielle des ayatollah de la sécurité routière, leurs associations de victimes de la route, subventionnées par les pouvoirs publics, et l'intégriste anti-automobilite, le professeur Got, le même fanatique qui veut interdire aux Français de fumer partout, même dans les bureaux de tabac où on vend les clopes ! J'ai beau ne pas aimer les fumeurs, je suis quand même favorable à leur réserver des espaces de convivialité, et le bureau de tabac en demeure un.

Enfin un livre qui récapitule l'histoire du permis à points (une brillante invention de la gauche), qui explique que la France est le pays le plus répressif au monde contre ses automobilistes, qui dénonce l'arbitraire de procédures où la police a tous les pouvoirs, et où la Justice est exclue, qui montre, années après années, la progression dans les caisses de l'Etat du montant des amendes, qui montre que, dans toute l'Europe, la mortalité sur les routes baisse, sans avoir besoin des radars Sarkozy, qui explique les arnaques de l'examen du permis, qui dit clairement que sur la majorité du territoire, le permis de conduire, c'est le permis de travailler, qui, par mille exemples, montre la machine infernale que les bureaucrates de la sécurité routière ont mis en place, le nombre de points perdus qui augmente de manière vertigineuse, les radars abusifs, etc.

Cerise sur le gâteau, Airy Routier nous donne quelques combines pour échapper à la répression sauvage qui s'abat sur les honnêtes citoyens, tout en nous démontrant que pour certains avocats, c'est une affaire juteuse.

Achetez ce livre, vous verrez, vous ne serez pas déçu !

Chose curieuse, la gauche et l'extrême gauche, qui pourtant voient la dictature policière partout quand elle s'exerce contre des jeunes délinquants, sont d'une discrétion remarquable quand l'arbitraire policier s'exerce contre le peuple, et contre les classes les plus modestes, les travailleurs qui n'habitent pas les centre-ville, n'ont pas de chauffeurs, ou ne prennent pas le taxi. On le comprend mieux quand on constate que c'est sous Gayssot qu'ont été prises des mesures encore plus répressives, que les prédicateurs verts mènent, comme à Paris, une véritable croisade contre les automobilistes, et qu'un Georges Sarre, autre intégriste anti-automobilistes, a laissé un triste souvenir quand il s'est occupé de la question dans un sous-secrétariat, dans les années 1990.

Encore une preuve du décalage de tous ces gens avec les aspirations populaires !

Alors que Sarkozy est très mal à l'aise sur ce dossier explosif pour lui, que les ayatollahs de la sécurité routière réclament encore davantage de radars, davantage d'amende, davantage de limitations de vitesse, et rêvent de conducteurs qui n'auraient même plus le droit de boire une bière ou un verre de vin avant de prendre leur voiture (cauchemar), les citoyens sentent bien que gauche ou droite, ce serait la même chose, quand ils ne soupçonnent pas la gauche d'être capable de faire pire que Sarkozy sur ce terrain.

Tout le monde est prisonnier du " politiquement correct ", et se sent obligé d'en rajouter contre les supposés délinquants routiers. Seul un Le Pen est capable de dire : " le gouvernement exige une tolérance zéro pour les citoyens respectueux de la loi, qui paient leurs impôts, et que l'on traque à propos du tabac ou de la conduite sur la route, alors qu'il a toutes les indulgences pour ceux qui sont systématiquement en marge de la loi, à qui on trouve toutes les excuses ".

Là encore, laisser à la seule extrême droite un discours que ressentent des millions de citoyens est suicidaire pour les partis se réclamant de la démocratie.

Dans sa conclusion, Airy Routier se montre optimiste, expliquant que le vent tourne. Les communications mensongères et infantilisantes de la sécurité routière et des différentes bureaucraties qui ont constitué une véritable usine à gaz autour de cette question ne passent plus. Les députés se font insulter quand ils rentrent dans leurs circonscriptions, les lettres de protestations sont de plus en plus violentes, la révolte gronde dans les campagnes et dans les villes. Les citoyens ne supportent plus d'être infantilisés, rackettés, et traités de délinquants par des prédicateurs intégristes, qui leur reprochent en plus d'être responsables du réchauffement de la planète quand ils tournent leur clé de contact ou allument leur ordinateur.

Bayrou et Sarkozy continuent à s'opposer à toute amnistie, quant à Ségolène elle estime qu'il est urgent d'attendre avant de se prononcer.

Curieusement, je n'ai encore entendu aucune question, lors de la campagne, sur cette question. Il est vrai qu'affolé par la montée du mécontentement, Sarkozy a donné, depuis quelques semaines, des consignes de modérations aux préfets, espérant que les Français auraient la mémoire courte.

Pourtant, n'ayons aucun doute, après les présidentielles et les législatives, les affaires vont reprendre de plus belle, avec l'implantation exigée par les associations intégristes de la sécurité routière, et approuvées par toutes les familles politiques, de plusieurs milliers de radars nouveaux, déjà commandés, qui transformeront encore davantage les automobilistes les plus modestes en vaches à lait d'un gouvernement en manque de recettes fiscales.

La seul question sera la couleur du radar : bleu Sarko-Bayrou, rose Ségo-Buffet-Voynet, voire mauve Ségo-Bayrou ?

Évariste Pour réagir aux articles,
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2 - élections présidentielles 2007

2.1 - Je n'ai pas envie que Le Pen soit candidat!

Mon très cher Evariste,

Je me permets de t'envoyer juste une petite réaction sur une toute petite partie de ton dernier Edito.

Généralement j'adhère sans réserve à tes propos, mais en cette occurence, il me semblerait bon de nuancer un peu ton propos.

A propos de J.M Le Pen, tu écris : "(...) Devrions-nous même, par respect du politiquement correct, dire que s'il n'a pas les cinq cents signatures, c'est bien fait pour lui et c'est tant mieux ? Eh bien, non, ce ne serait pas une bonne chose. (...)".

Suis-je, et plus généralement nombre de gauchistes, un dangereux facho-anti-républicain de me réjouir de cet état de fait ? Il va sans dire, que personne ne pourrait, sous prétexte de morale républicaine, m'imposer de donner ma signature à un Le Pen ou un de Villiers.

Et d'abord, qu'est ce que cette situation prouve ?

1/ On peut légitimement douter de la réalité des difficultés rencontrées par Le Pen ; il a déja fait le coup de la victime des élus républicains par le passé...

ou

2/ Les élus républicains ont enfin compris que sous la couche de vernis républicain de Le Pen vit la bête immonde populiste, facho, antisémite etc. qui n'a pas grand chose à faire dans la vie de notre belle République. Peut on en vouloir à des élus de ne pas se reconnaître dans un candidat ni reconnaître qu'un candidat porte les valeurs de la République ?

Personnellement il me semblerait bon de dénoncer les basses manipulations politiciennes qui vont encore une fois faire que : Besancenot finira par avoir ses 500 signatures grâce a des élus (sans doute de droite) qui veulent bloquer Ségo, et Le Pen avec des élus (peut être bien de gauche) qui voudront emmerder Sarko. C'est hélas la triste réalité et il n'y a rien de Républicain la dedans...

Alors oui, je me réjouis que moins de 500 élus dans notre beau pays considèrent que Le Pen n'a rien à faire sur la scène politique. Ses électeurs, je ne les méprise pas, je les plains sincerement de manquer d'éducation citoyennne et je souhaite que plutôt qu'il aient l'occasion de faire une connerie, on leur donne, pour une fois l'occasion de se taire.

Bonne continuation à tout le monde,

Militez bien, et votez nombreux !

Nicolas Guillou

2.2 - Je préfère Ségolène à Bayrou

Bonsoir,

Je ne sais pas comment je me suis retrouvé un jour destinataire régulier de votre journal électronique ReSPUBLICA. Je ne lis pas tout mais souvent quelques articles me captivent.

Dans le N517, l'article de Jackie Guigo intitulé : "Il faut punir la gauche en votant Bayrou!" me laisse toutefois pantois. D'ailleurs l'article suivant de Robert Albarèdes intitulé : " François BAYROU, l'illusionniste..." apporte une réponse magistrale. J'ai à mon niveau fait un petit " deux pages " d'arguments qui conduisent aux mêmes conclusions.

Comment Bayrou, l'illusionniste peut-il convaincre quelqu'un qui se dit laïc, hostile à l'Europe libérale, hostile à l'apologie de l'identité régionale style tribu organisée autour de la défense de sa langue minorisée, croyant aux vertus de l'Etat? Comment cet adepte béat peut-il entraîner son entourage, épouse, enfants, frère et soeur, voisins, collègues de boulot?

Cela doit être le résultat de cette erreur qu'est l'élection du président de la république au suffrage universel. Cette élection n'est plus une élection politique. C'est un combat d'experts en communication. J'ai entendu ce soir à France-Info que l'équipe Sarkozy faisait tester ses discours devant un panel représentatif de la société française pour en apprécier les réactions et éventuellement modifier la teneur du discours. Où sont les idées? Et ceci est d'autant plus dommageable que l'élection législative qui serait plus politique puisque répartie dans 577 circonscriptions se tient un mois après. Le peuple donne au président qu'il vient d'élire l'assemblée qui va avec. Je prétends qu'il n'y a plus d'élection politique nationale en France:

Face à cela, je ne comprends pas ce dédain pour la campagne de Ségolène Royal. Moi je la trouve très sincère. On a vu dans le précédent gouvernement que lorsqu'elle s'attaque à un problème, elle ne lâche pas prise (Cf. bizutage). On voit le dans sa campagne : elle dit ce qu'elle pense même si cela risque de surprendre y compris dans son entourage (encadrement militaire, carte scolaire, devoirs pour les jeunes en échange des droits qu'elle leur reconnaît, bourde sur la Corse...) Ses "bourdes" sont l'inverse de la langue de bois. Ecoutez son piégeage par Gérald Dahan qu'elle prend pour le premier ministre canadien. Elle est sympa, veut apaiser la polémique ... mais elle ne lâche rien.

Je pense qu'on peut lui faire confiance. Que lui reproche t'on? "Sa démagogie de proximité, autre version de la démocratie de promiscuité" dit M. Guigo. Qu'est ce que cela veut dire? Est-ce si mal d'écouter les gens avant de trancher? On a trop été habitué à des politiques qui nous disent tout savoir, avoir toutes les solutions miracles et ne pas avoir besoin de nous écouter. Ils sont coupés des réalités entend-on souvent. Quant à son terme de "démocratie de promiscuité", il a des relents frontistes! Et si c'était un vieux réflexe machiste. Au début l'idée d'être gouvernés par une femme, ça a l'air sympa... mais chassez le naturel, il revient au galop. Sera t'elle capable? Comment réagira t'elle en cas de crise? Se poserait on les mêmes question si c'était un homme?

Vous pouvez publier si vous voulez ma prise de position.

Merci.

Bien cordialement.

Dominique Jobard

2.3 - Socialistes de gauche, votons Bayrou !

L'élection de Nicolas Sarkozy ou de Ségolène Royal à la Présidence de la République présente un égal danger pour le France d'en bas et pour les socialistes de gauche, qui - pour être une minorité - ne manifestent pas moins leur mauvaise humeur se tenant à l'écart de la campagne de la candidate socialiste.

Il n'est pas nécessaire de s'étendre longuement sur le danger que représente Nicolas Sarkozy. Les coups ne tarderaient pas contre ce qui reste de l'Etat-Providence, les protections et les assistances sociales de toutes sortes, la laïcité, les services publics, la fonction publique, ceux qui ne travaillent pas, parce qu'il ne trouvent pas de travail, les exclus de la République. Le communautarisme, la discrimination positive (sic !), l'atlantisme, les multinationales, les grands groupes financiers et les Français les plus fortunés auraient de beaux jours devant eux. Les références éhontées à Blum et à Jaurès ne dupent personne. Le projet de Nicolas Sarkozy, c'est tout simplement de " tatcheriser " la France. Et nous nous retrouverions sans coup férir en slip et en chaussettes.

Le danger que représenterait l'élection de Ségolène Royal est moins évident mais tout aussi réel, en tout cas pour les socialistes de gauche : En premier lieu parce qu'elle s'appuie sur une organisation politique en pleine décomposition et en total décalage avec les électeurs qu'elle prétend défendre. Rappelons tout d'abord qu'en 2002 les socialistes ont perdu les élections présidentielles, non pas à cause de la multiplicité des candidatures à gauche, mais parce que le programme non socialiste de Lionel Jospin n'a pas convaincu les électeurs de gauche. Si le programme de Lionel Jospin avait été de nature à fédérer les gauches, nous n'aurions pas connu le séisme du 21 avril 2002. Le plus navrant, c'est que la direction du P.S. a continué de faire porter aux autres candidats de gauche, à Jean-Pierre Chevènement en particulier, la responsabilité dudit séisme, au moins jusqu'à ce qu'elle récupère ce dernier en échange de quelques sièges supplémentaires aux prochaines élections législatives. Ce qui prouve que les dirigeants socialistes n'ont toujours rien compris ou rien voulu comprendre à la désormais fameuse " leçon de 2002 "

Le second coup de semonce ne s'est pas fait attendre très longtemps. Le matraquage (le mot est faible) de la direction du P.S. en faveur du " oui " à l'Europe libérale, a été sévèrement sanctionné par le " non " que les électeurs de gauche ont signifié le 29 mai 2005 à un texte illisible, perçu par eux comme le cheval de Troie du capitalisme mondialisé, par ce " non " à une Europe sans visage, construite pour les marchands, dans le dos des peuples, et sans perspective de politique sociale. Loin d'en tirer les conséquences, la direction du P.S. a choisi de tourner la page comme si de rien n'était, de simuler l'unité retrouvée, à l'instar du dernier Congrès, où la peur de la division et le souci de l'unité de façade l'ont emporté sur le besoin de clarification. Or à ce jour, les comptes ne sont toujours pas soldés.

C'est de cette soupe et dans cette soupe intellectuelle qu'advint Ségolène Royal.

A ce jour on distingue trois temps dans sa campagne:

Premier temps : une campagne en solo, en contournant le Parti qui venait de l'investir. Sans doute avait-elle davantage confiance en elle que dans le programme mou, et peu mobilisateur du P.S. Cette première période était celle du " n'importe quoi " : les jurys citoyens, l'encadrement militaire des primo-délinquants, le nucléaire civil iranien, la Turquie-à-vos-souhaits, la démagogie des débats participatifs etc... C'était en somme sa touche personnelle. Les éléphants sont mis à l'écart et ringardisés malgré leur expérience de l'Etat et, pour Laurent Fabius au moins, malgré ses toutes nouvelles idées de gauche ; ils font, pense-t-elle sans doute, un effet repoussoir. Sur le plan politique et économique, cette première phase est nettement " blairiste ". Las ! Le modèle est en phase terminale. Quand on connaît le bilan de Tony Blair en matière d'endettement, de chômage, de services publics et d'inégalités, on frémit ! Devant le peu d'enthousiasme des sondés frémissants, elle réoriente sa campagne.

Deuxième moment: le discours de Villepinte (11 février 2007), aux accents très mitterrandiens. Catalogue fourre-tout. Elle promet tant de choses que le sondé frémissant de gauche est pris de vertige et de doute, après quelques jours d'euphorie. Il se souvient peut-être de la campagne de 1981, on lui promettait " la rupture avec le capitalisme " et il a eu la monarchie constitutionnelle...Le déçu du socialisme version 1981 retourne à ses hésitations. Nouveau " trou d'air "

Troisième moment : Ségolène Royal entrouvre la porte du placard à éléphants, qui n'ont en commun que leur haine de Ségolène. Oui, mais c'est le sauve-qui-peut ! Alors ils sont venus, ils sont tous là. Le social-démocrate, celui qui tenait un discours de gauche tout nouveau - tout beau, il y a même le général battu qui ne boude plus, au moins sur la photo ! Celle qui ne pardonne pas à Ségolène d'avoir émis des doutes à propos de ses 35 heures et d'autres encore, dont nous tairons le nom, mais que nous sommes heureux de savoir encore en vie. C'est le temps de la farce !

Que nous réserve Ségolène dans les quelques semaines qui nous séparent du premier tour ? Quel lapin peut-elle encore sortir de son chapeau ? Aucun. Elle a abattu toutes ses cartes en se plaçant dans l'ordre du marketing plutôt que dans celui du contenu politique, dans la logique du marché plutôt que dans celle de la résistance au libéralisme, dans la stratégie plutôt que dans l'idéologie. Quoiqu'elle fasse désormais, son problème, ce n'est pas son compagnon mais sa crédibilité.

Que faire face au naufrage intellectuel du P.S. et à l'échec de la gauche anti-libérale ? Il nous reste la stratégie :

  1. S. Royal ne peut pas gagner contre N. Sarkozy au 2ème tour. Il lui manquera trop de voix de gauche. Voter S. Royal au 1er tour, c'est offrir la victoire sur un plateau à N. Sarkozy au second !
  2. Faisons donc échec à S. Royal en votant F. Bayrou dès le 1er tour, car lui seul peut battre N. Sarkozy au second.
  3. Seul l'échec de S. Royal fera imploser le P.S. et contraindra les socialistes à choisir entre la gauche anti-libérale et le social-libéralisme.
  4. Elire F. Bayrou, c'est faire pièce à la logique bipolaire de la Ve République qui pervertit le débat politique.

Il nous faut du temps pour reconstruire la gauche et clarifier le débat. Nous aurons cinq ans pour y parvenir. D'ici 2012, plutôt que de subir N. Sarkozy, donnons sa chance à F. Bayrou et à une grande coalition de salut public. Après tout, les Français, comme le rappelle François Darras (Marianne n 515, du 3 au 9 mars 2007), ont beaucoup gagné à " une convergence des forces, venant d'horizons différents, autour d'un vrai projet : celui de 1944, qui permit (...) le redressement du pays ; celui de 1954, autour de Pierre Mendès France, grâce à quoi on put mettre fin à la guerre d'Indochine ; celui de 1960-1962, autour de De Gaulle (...) qui favorisa la conclusion de la paix en Algérie... "

Et puis, contrairement aux propos des adversaires de F. Bayrou, ce ne serait pas un retour à la IVème République : sous la Vème, nous disposons d'un exécutif fort qui faisait défaut à la IVème.

Donc, pas d'état d'âme : votons F. Bayrou dès le premier tour !

Yves Guyet

2.4 - Philippe de Villiers et la laïcité

Dans un entretien au journal La Croix, Philippe de Villiers, candidat à la présidentielle, fait part de son interprétation toute personnelle de la laïcité à la française et évoque le problème du communautarisme. Cet entretien, à l'approche des présidentielles, mérite le détour.

Une laïcité ouverte au christianisme ?

Dans cet entretien, Philippe de Villiers déclare tout d'abord " La laïcité que je défends instaure une séparation du spirituel et du temporel " ce qui ne peut susciter que l'unanimité.

Philippe de Villiers, un des rares élus ouvertement pro-vie et proche de réseaux intégristes chrétiens, serait-il devenu, à la surprise générale, un fervent partisan de la laïcité qui sépare la religion et la politique ?

Si surprise il y avait, elle sera de courte de durée. Philippe de Villiers poursuit, dénaturant le principe même de laïcité qu'il revendiquait un instant plus tôt : " Ce qui ne signifie pas que les deux sphères doivent être étanches. Il serait absurde de réduire la religion à un espace privé sans influence sur la société. " se justifiant ainsi : " Ce serait nier le rôle de la doctrine sociale de l'Église qui, d'encycliques en encycliques, a porté un certain nombre de messages. Les parlementaires vont avoir à débattre bientôt de la bioéthique et du clonage. Il est important que sur ces questions, il y ait une parole publique de tous ceux qui ont une conception métapolitique de l'homme. " Donc, au nom des messages de l'Eglise, Philippe de Villiers pense que la société, à travers les récents débats qui l'animent, doit être influencée par des hommes portant une parole religieuse et morale. En un mot : l'intégrisme.

Mais rappelons un peu qui est le président du MPF : Philippe de Villiers est un militant pro-vie farouchement opposé à l'avortement même en cas de viol ou d'inceste. En octobre 2000, lors du projet de réforme de l'IVG, il a déclaré " notre législation ne reconnaît pas l'avortement comme un droit des femmes ".

Ses proches font partie d'associations provies particulièrement radicales (comme la trêve de Dieu) qui ont organisé des commandos anti-IVG dans les années 80-903. Philippe de Villiers n'a pas coupé les ponts avec des mouvements provies qu'il soutient moralement et financièrement sur le plan politique.

Si Philippe de Villiers est anti-féministe, il s'oppose également à toute autre modernisation de la société notamment en ce qui concerne la famille et le mariage. Lors de la réforme du divorce, son parti a dénoncé " un nouveau coup porté aux familles et à l'institution du mariage "

Philippe de Villiers est également farouchement opposé au PACS. Selon lui, le PACS détruirait les familles, ce serait un " retour à la barbarie "

En juin 2004, Philippe de Villiers proteste lorsque Jean Pierre Raffarin songe à présenter une loi contre l'injure homophobe : " une loi scélérate " selon lui qui visait à " intimider les gens qui , comme moi, veulent s'opposer à la destruction des institutions de notre pays. En les menaçant d'une peine de prison de 6 mois, il s'agit de faire taire les opposants au mariage homosexuel "

En confondant incitation à la haine des homosexuels (qui doit être sanctionnée par la loi au même titre que l'incitation à la haine raciste) et opposition au mariage homosexuel (qui doit faire l'objet d'un débat démocratique nécessaire), Philippe de Villiers rejoint les rangs du sinistre député UMP Christian Vanneste connu pour vanter, au nom des préceptes de l'ancien testament, " l'infériorité " des comportements homosexuels.

Lorsque Philippe de Villiers déclare " La place du christianisme doit être à la mesure de ce qu'il a fondé dans les principes de notre édifice juridique et éthique, qu'il s'agisse de notre conception de l'être humain ou de la famille. ", on ne peut que s'inquiéter. Car c'est bien au nom d'une vision intégriste du christianisme que Philippe de Villiers souhaite influencer la société.

Si l'euthanasie, le clonage, le mariage homosexuel sont des débats qui doivent bien sûrs rester ouverts à des points de vue contradictoires (sinon il n'y aurait plus de débat), que peuvent réellement y apporter des intégristes qui ne sont pas mus par le bon sens, le rationnel ou l'intérêt commun mais qui défendent en réalité des principes aussi moyenâgeux qu'intolérants pour tirer la société en arrière ?

Philippe de Villiers ardent défenseur de la République ?

Dans l'entretien, Philippe de Villiers s'inquiète (et cela à juste raison) de la montée du communautarisme en France : " La République recule partout où le communautarisme avance : dans les quartiers, dans les hôpitaux où des médecins se font agresser, et même à l'école. "

S'inquiéter du recul de la République est légitime. Mais venant de Philippe de Villiers n'est-ce pas un peu fort de café ?

Philippe de Villiers soutient la thèse d'un génocide vendéen par la République. Il organise des cérémonies au Puy-du-Fou pour commémorer la " résistance " vendéenne face aux troupes de la Révolution française.

Les militants de la reconnaissance du génocide parlent de " fours crématoires, de tanneries de peaux humaines, d'exécutions massives de femmes et d'enfants pour purger le sol de la Vendée de la race maudite ", et mettent le génocide Vendéen au même plan que la Shoah. En résumé, Philippe de Villiers a plutôt tendance à voir la République comme l'ennemie à abattre. Comme quoi, dès qu'il s'agit de politique et de pouvoir, un virage à 180 est toujours possible.

Philippe de Villiers l'homme qui peut contrer le communautarisme ?

Cédant aux amalgames, Philippe de Villiers confond islam et islamisme puisqu'il déclare " Vouloir organiser un islam de France, c'est encourager l'islamisme à travers l'UOIF " Il ajoute : " Le CFCM est devenu un État dans l'État qui cherche à peser sur la vie publique à partir de la foi des pays d'origine. Nous sommes là dans une dérive. " Si le CFCM cherche effectivement à peser sur la vie publique, Philippe de Villiers a-t-il oublié qu'il essaye de faire exactement la même chose, pas au nom de l'islam mais au nom de sa foi chrétienne ? Un Philippe de Villiers qui dénonce les dérives du CFCM mais qui voudrait que le christianisme influence la société ne sonne-t-il pas faux ? Pourquoi ce deux poids deux mesures ?

Concernant l'islam, Philippe de Villiers déclare également : " C'est à l'islam de s'adapter à la France, pas le contraire " Donc, si la laïcité doit s'adapter au christianisme, l'islam quant à lui doit s'adapter ! Il poursuit : " Cela suppose un effort personnel de chaque musulman pour amputer une partie - la partie politique - de sa religion. Le grand problème de l'islam, qu'on assimile à tort aux autres religions, c'est qu'il ne reconnaît pas la séparation du temporel et du spirituel. " Revendiquer l'aspect politique de l'islam est la définition même de l'islamisme. Par sa déclaration, non seulement Philippe de Villiers confond musulmans avec islamistes puisqu'il les incite à faire un " effort " les jugeant ainsi peu enclins à séparer d'eux mêmes le politique de l'islam mais, en plus, il demande aux musulmans de faire ce que lui n'est pas capable de faire en tant que chrétien. Faites ce que je dis pas ce que je fais ?

En réalité, Philippe de Villiers cède, par facilité, aux amalgames.

Selon un sondage CSA-La Vie, 73% des musulmans de France sont " favorables à la séparation de l'Etat et des religions " (pour comparer avec le modèle anglo-saxon, 40% des musulmans souhaitent l'application de la charia en Angleterre)

Force est donc de constater que les musulmans français font la séparation du politique et de la religion. Et davantage qu'un Philippe de Villiers qui se pose en donneur de leçons. Ce sondage du CSA, qui a tout de même son importance, a-t-il échappé à Philippe de Villiers qui aspire pourtant à la présidence ? S'il ne faut bien sûr pas négliger la reconfessionnalisation d'une partie des musulmans suite au contexte de l'après 11 septembre, le nombre de fidèles d'une organisation intégriste comme l'UOIF (Frères musulmans) compte 20 000 à 40 000 fidèles sur 3 à 5 millions de français potentiellement musulmans. Les intégristes sont certes très activistes, dangereux, prosélytes mais restent néanmoins minoritaires.

Il ne faut donc pas se tromper de cible sinon c'est aller droit dans le mur. Confondre le danger islamiste avec l'ensemble des musulmans est une erreur stratégique dans la mesure où cela favorisera la montée de la haine anti- musulmane et radicalisera les musulmans qui ne sont pas intégristes à l'origine mais qui ne s'en sentiront pas moins agressés par de tels amalgames.

En réalité, Philippe de Villiers compte recueillir les voix de ceux qui ont peur. Et pour se faire, il confond musulmans, islamistes et Arabes. C'est ce qui ressort clairement de la lecture de son livre " Les mosquées de Roissy " : Voici ce qu'en écrit Nicole Leibowitz : " Si le livre du patron du MPF dénonce des choses justes - la montée des communautarismes en France, la frilosité des institutions face aux dérives fondamentalistes, l'infiltration en particulier au sein des entreprises et de l'école d'une islamisation galopante... - il le fait avec tant de rejet des Arabes en général qu'il met tous dans le même panier islamique "

Philippe de Villiers propose aujourd'hui d'interdire le port du voile dans tout l'espace publique puisqu'il déclare dans l'entretien : " Le voile devrait être interdit dans tous les espaces publics. Ce n'est pas simplement un colifichet, cela n'a rien à voir avec la croix ou la kippa. C'est un instrument de soumission de la femme et d'insoumission aux lois de la République. Et une arme pour certains groupes politico-religieux dans la pénétration de notre territoire. "

Aujourd'hui prompt à interdire le voile dans tout l'espace publique, il faut rappeler qu'hier Philippe de Villiers votait contre la loi interdisant le port des signes religieux à l'école, loi qui a pourtant permis de préserver la neutralité de l'école face à l'offensive islamiste qui voulait y introduire le voile pour tester la résistance de la République.

Philippe de Villiers n'est-il pas un peu jeune pour les trous de mémoire ? Il faut croire qu'en 2004 la présidentielle n'avait pas encore commencé ... C'est sans nul doute l'explication la plus rationnelle.

On pourrait ironiser davantage mais essayons plutôt de réfléchir à une interdiction du voile dans tout l'espace publique. Tout d'abord, quelles sont les raisons qui font qu'aujourd'hui de jeunes musulmanes portent le foulard islamique alors que, très souvent, elles sont issues d'une génération dont les mères ne le portent quasiment plus ?

Certaines femmes portent le voile pour afficher clairement leur appartenance à l'islam politique liberticide et sexiste. C'est un fait indéniable. Ces " soldates du fascisme vert " comme les appelle Fadela Amara, doivent être combattues sans relâche. Les concernant, le voile est effectivement " une insoumission aux lois de la République " et " une arme dans la pénétration de notre territoire "

D'autres femmes portent le voile à cause du poids des traditions patriarcales ou encore " pour avoir la paix " comme elles le disent notamment à cause des pressions qu'elles subissent de la part de certains garçons des quartiers. Dans ce cas là, oui, le voile est " un instrument de soumission de la femme "

Dans ces deux cas de figure, il pourrait apparaître comme pleinement justifié le fait d'interdire le port du voile pour faire barrage à la fois à l'islam politique et au sexisme.

Cependant, des jeunes femmes musulmanes portent le voile pour réaffirmer une identité qu'elles jugent bafouée par les discriminations ethniques. Ces femmes, qui portent le voile librement et sans revendications liées à l'islam politique, doivent être respectées dans leur choix.

Si la loi du 15 mars 2004 était évidemment indispensable pour préserver l'école de toute pression religieuse extérieure, qu'aurait pour conséquence le fait d'étendre cette loi à tout l'espace publique si ce n'est de crisper davantage les identités ? Philippe de Villiers est-il vraiment l'homme de la situation ?

La meilleure façon de lutter efficacement contre le communautarisme et les islamistes qui se servent des discriminations pour diffuser leur poison dans la société française n'est-elle pas de redonner tout son sens aux principes républicains " Liberté, Egalité, Fraternité " et cela à l'ensemble de nos concitoyens quelque soit leur origine ?

Trop d'inexactitudes et de caricatures devraient disqualifier Philippe de Villiers en tant que candidat à la présidence de la France.

Caroline Brancher

3 - combat féministe

3.1 - Je me souviens

J'aurais voulu aller rencontrer ces femmes musulmanes à Hérouxville pour partager leur culture et leurs recettes, mais surtout pour profiter de l'occasion de leur expliquer notre devise je me souviens.

Je me souviens que, dans mon jeune âge, nous ne pouvions pas entrer à l'église sans avoir un voile ou un chapeau sur la tête. À cette époque, je me souviens aussi que c'était aussi un péché mortel de manger de la viande le vendredi.

Dans la même décennie, je me souviens que ma mère a été chassée de l'Église parce qu'après avoir mis au monde quatre enfants, elle ne voulait plus en avoir d'autres. Je me souviens que pour cette raison, le pardon de ses fautes lui était refusé par l'Église à moins qu'elle ne laisse son corps à son mari, avec ou sans plaisir, au risque d'atteindre la douzaine.

Je me souviens qu'elle a refusé et qu'elle a quitté l'Église comme beaucoup d'autres femmes de sa génération. Je me souviens que ma mère s'est ensuite séparée de mon père et que nous sommes devenus la cible des regards et des commentaires désobligeants de notre paroisse. Cependant je me souviens qu'à la suite de sa séparation, nous avons vu le collet romain sur la table de nuit. Le prêtre voulait-il tester les moyens de contraception de l'heure ?

Dans la même décennie, je me souviens que la cousine de ma mère a obtenu le divorce et qu'elle a reçu du même coup son excommunication de Rome. Je me souviens que quelques années à peine avant ma naissance, les femmes ont obtenu le droit de vote et en même temps le droit d'être considérées comme des citoyennes à part entière dans la société.

Je me souviens que lorsque j'étais jeune, nous devions nous aussi, comme pour les religions musulmane et autres, prier sept à huit fois par jour. La messe à tous les matins, une prière avant le déjeuner, une prière en entrant en classe, une au diner sous le coup de l'Angélus, une autre avant la classe de l'après-midi, les grâces au souper, le chapelet en famille avec le Cardinal Léger et une dernière prière avant d'aller au lit. Il y avait le mois de Marie, les Vêpres, etc.. Nous avions aussi de longues périodes de jeûne avant Noël (l'Avant), avant Pâques (le Carême). Je n'ai pas dit non plus que nous devions porter le deuil durant un an et moins selon le degré de parenté de la personne décédée.

Je me souviens que, tour à tour, ma mère et ma belle-mère ont vu une opération urgente retardée en attendant que leur mari respectif, de qui elles étaient séparées de fait et non légalement, apposent leur signature pour autoriser leur intervention chirurgicale.

Devenue adulte, je me souviens que grâce aux pressions de la génération précédente, j'ai eu accès aux premiers moyens de contraception qui m'ont permis de restreindre le nombre de mes propres rejetons. Je me souviens aussi qu'il n'était plus un péché de manger de la viande le vendredi. Je ne sais pas ce qui est arrivé à ceux qui sont allés en enfer. J'espère qu'on les a rapatriés.

Devenue adulte, je me souviens avoir travaillé dans des environnements traditionnellement réservés aux hommes. je me souviens des frustrations de ne pas avoir été traitées au même titre que les hommes dans les entreprises et surtout dans la vie en général. Je me souviens qu'après avoir eu un fils, je ne voulais plus d'autres enfants de peur que ce ne soit des filles, par solidarité et parce que le travail qui restait encore à faire pour atteindre l'égalité était énorme.

Je me souviens des efforts que beaucoup de femmes ont dû déployer pour se faire reconnaître et pour obtenir des postes administratifs de haut niveau. je me souviens du militantisme de beaucoup de femmes qui ont travaillé d'arrache-pied pour obtenir l'équité dans notre pays comme politicienne, au sein des chambres de commerce, des syndicats, du Conseil du statut de la femme, etc.

Je me souviens qu'il a fallu plus de cinquante ans d'efforts collectifs pour nous libérer de l'emprise de l'Église et de la religion sur nos vies. je me souviens qu'il a fallu plus de soixante ans (1940 à 2006) pour obtenir l'équité salariale et que ce n'est pas encore fini. Mes soixante ans font que je sais que rien n'est acquis dans la vie et qu'il faut maintenir voire redoubler nos efforts pour ne pas perdre le résultat de tous ces labeurs. Je ne suis pas raciste, cependant, lorsque je vois d'autres ethnies, imprégnées par leur religion contrôlante, vouloir s'imposer dans notre société, j'ai peur. J'ai peur parce que ces hommes et ces femmes ne savent pas quel chemin nous avons parcouru. De plus, les jeunes québécoises qui embrassent cette religion qui voile les femmes ne se souviennent pas. C'est donc par ignorance qu'on explique leur choix. Aucun animal dans la nature à part l'homme, n'abrille sa femelle par dessus la tête.

Je suis maintenant une grand-mère de quatre merveilleuses petites filles et j'ai peur. J'ai peur lorsque je vois une femme voilée travailler dans un CPE ou dans nos écoles ou encore lorsqu'on y laisse un enfant porter le Kirpan. Nous nous sommes débarrassés de tous ces symboles religieux et voilà qu'ils reviennent à l'endroit même où l'éducation de notre nouvelle génération est cruciale et à la période à laquelle on doit inculquer les principes fondamentaux de vie en société à nos enfants. La tolérance envers ces symboles religieux que sont le voile, le Kirpan, le turban dans les CPE, dans nos écoles et dans nos institutions en général est un manque de respect pour les générations précédentes qui ont travaillé si fort pour se retirer de l'emprise de la religion sur nos vies. Vous ne vous souvenez pas ! Moi, je me souviens et à cet égard, je n'ai aucune tolérance et je ne veux aucun accommodement par respect pour ma mère, ma tante et pour mes petites filles. Je me souviens que la charte des droits et libertés permet à chacun de pratiquer la religion de son choix, mais de grâce que cette religion demeure dans la famille.

Le port du voile dans la religion musulmane est pour nous la démonstration la plus importante de la soumission de la femme et c'est cela qui nous fait peur et qui nous choque parce qu'on se souvient. On se souvient que ce symbole existait il y a cinquante ans et on ne veut pas revenir en arrière. Je me souviens surtout que lors de la Révolution tranquille, les communautés religieuses ont suivi tout naturellement l'évolution de notre société en se laïcisant. Elles ont troqué, sans qu'on le leur impose, leurs grandes robes noires et leurs voiles dans le cas des femmes pour des habits civils sans pour autant renier leur foi et sans cesser de prier. Plusieurs de ces personnes sont encore vivantes aujourd'hui. Doit-on leur dire qu'elles ont évolué à tort et qu'elles ont fait tous ces efforts pour tomber dans l'oubli ?

Que l'on prie Jésus, Mahomet ou Bouddha m'importe peu, mais nous nous sommes battus, québécois et québécoises, pour que notre société soit laïque. Nous nous sommes battues, québécoises, pour obtenir l'égalité du droit de parole entre les hommes et les femmes autant que pour l'égalité des chances au travail.

Souvenez-vous que si vous avez immigré au Canada et surtout au Québec, c'est pour faire partie d'une société ouverte qui vous donne sur un plateau d'argent tous les acquis que les générations précédentes ont obtenus particulièrement au chapitre des droits des femmes. Je veux croire aussi que c'est par ignorance de nos traditions et de nos coutumes et non par manque de respect que les femmes musulmanes veulent montrer au grand jour voire imposer ce symbole de leur croyance qu'est le voile.

Peut-être que notre société va trop loin avec ses libertés. Mais, le balancier doit s'arrêter au milieu et non régresser jusqu'au point de départ. Il faut se souvenir. L'intégration à une société commence par le respect de ses traditions et de ses coutumes ainsi que par le respect envers ses citoyens et citoyennes qui ont participé à l'exercice.

Peut-être que nos livres d'histoire ne se souviennent pas ou bien qu'ils n'ont simplement pas été mis à jour. C'est donc la responsabilité du gouvernement d'appliquer notre devise " je me souviens " à notre Histoire et d'intégrer à cette Histoire les efforts de nos générations précédentes pour atteindre la société d'aujourd'hui et surtout de s'assurer que la génération montante s'en souvienne. C'est aussi la responsabilité des organismes d'accueil aux immigrants de leur faire connaître cette devise du Québec "" afin que ces nouveaux arrivants ne pensent pas que nous sommes racistes simplement parce que l'on s'en souvient et qu'on ne veut pas imposer à notre progéniture d'avoir à reprendre les mêmes débats qu'il y a cinquante ans.

En terminant, pour commenter le sondage du journal La Presse d'hier sur les musulmans heureux de vivre chez nous, je dis que même et surtout si les femmes voilées que l'on retrouve dans les CPE ainsi qu'ailleurs dans nos institutions font partie de cette majorité heureuse de vivre en notre terre, alors cette majorité m'incommode pour tous les arguments que j'ai soulevés précédemment.

Transmis par Suzy Candido

Johanne Chayer Montréal (Québec)

4 - combat social

4.1 - Que faire pour éviter le désenchantement ? Définir les priorités dans l'ordre des raisons

Nous voilà en campagne électorale franco-française. C'est le désenchantement des antilibéraux. Après les 31,3% du non de gauche le 29 mai 2005 qui nous ont enchantés, voilà la crise de l'altermondialisme qui réduit fortement l'influence d'ATTAC et des forums sociaux européens et mondiaux. Plus la crise explosive de la gauche antilibérale qui n'est plus qu'une ombre déchiquetée d'elle-même. Cerise sur le gâteau, il y a un point commun entre les candidats de l'extrême droite, de la droite néolibérale, de la droite démocrate-chrétienne, de la gauche social-libérale ou de la gauche anti-libérale, ils sont tous antilaïques primaires ou secondaires !

Quand on sait que les couches populaires sont les plus attachés à la liaison du combat laïque et du combat social, on voit l'étendue du désastre qui s'annonce le 22 avril 2007. Devant le triste spectacle de la division de la gauche antilibérale et de la gauche et de l'extrême gauche républicaine, on voit fleurir toutes les variantes tactiques " subtiles " des " phraseurs " des couches moyennes supérieures(CMS) plus ou moins radicalisés, intoxiquées par la télévision et les médias, qui nous proposent leur stratégie du billard à 38 bandes comme solution : chacun vous explique pourquoi le vote pour X est meilleur qu'Y, car à la 38 ème bande, le charlatan aux bonnes idées sait ce qui va arriver comme si la réalité était mécaniquement déterministe.

Pas un militant du non de gauche au TCE le 29 mai 2005 n'est satisfait mais la plupart des " phraseurs CMS " avancent en rangs serrés dans l'impasse de leurs désillusions. Après l'espoir du non de gauche le 29 mai 2005, voilà le nom que nous devons donner à la génération soixante-huitarde (dont je fais partie) : la génération " désillusion " ! En dehors d'accélérer vers le mur qui est au fond de l'impasse, notre " phraseur CMS " s'égosille sur les débats pour trouver le 1% qui le distingue du voisin sans tenir compte des 99% d'accords. Comme cela, c'est la " guerre civile partout " ! Sauf au centre de décisions du turbocapitalisme où les commandants Sylvestre rigolent bien ! Comme notre " phraseur CMS " a du temps, il passe son temps sur les listes internet de son organisation dans des échanges dignes du café du commerce. Que de temps perdu sur le net ! Et voilà le net remplace l'action sur le terrain et la lutte des classes. On croit rêver ! Ici, notre " phraseur CMS " s'époumone de contentement devant un candidat anti-libéral qui croit rassembler le peuple avec le projet suivant : proposer aux législatives un projet communautariste porté par des sans-papiers. Un autre " phraseur CMS " applaudit à tout rompre quand sa candidate anti-libérale nomme pour porte-parole le président d'une organisation naguère laïque et antiraciste mais qui aujourd'hui prône le communautarisme anglo-saxon avec une grande complaisance envers les communautaristes, intégristes et antiféministes.

Un autre " phraseur CMS " gère l'implosion du mouvement altermondialiste en se recroquevillant sur les soi-disant fondamentaux sans s'apercevoir que tous ses textes font l'impasse sur la protection sociale (30% du PIB) et sur toutes les autres préoccupations du peuple(chômage et précarité, logement, école, future organisation des services publics, laïcité et vivre ensemble, combat contre la finance, quelle Europe voulons-nous, etc.). Soyons fous ! Sortons des raisonnements induits par les médias turbocapitalistes : réfléchissons pour définir la priorité dans l'ordre des raisons.

Les antilibéraux laïques disent souvent qu'il faut lier les combats laïques, sociaux et féministes. Et, bien disons qu'il faut aussi lier la stratégie à la ligne politique. Définir la stratégie, c'est donner des perspectives aux militants, aux citoyens, aux travailleurs. Et de ce point de vue, tout n'est pas possible à tout moment ! Qu'à court terme, il n'y a pas de sortie par le haut à nos espérances sauf à s'égosiller comme rappelé plus haut dans ce texte.

Comme disait le vieux barbu du 19 ème siècle, les conditions objectives et subjectives ne sont pas réunies. Alors, travaillons à les créer ces conditions.

Prenons acte de l'accélération des politiques néolibérales depuis l'émergence de la phase turbocapitaliste (période ouverte par l'implosion du communisme soviétique).

Prenons acte de l'alliance scellé entre les néolibéraux, les communautaristes et les intégristes ethniques et religieux, et alors développons la stratégie des trois fronts larges (front social, front laïque et front féministe) même si nous n'intervenons pas avec les mêmes partenaires dans ces fronts larges. Cette stratégie donne de meilleurs résultats (Convergence des collectifs services publics, EGSAM, bureau laïque international, etc.) que le sectarisme qui ne fait agir que ceux qui sont d'accord avec la secte ou que le consensus à priori (d'essence totalitaire) qui est censé se construire autour des antilibéraux communautaristes.

En dehors de la stratégie des fronts larges, il convient, pour marcher sur ses deux jambes, de penser une nouvelle éducation populaire laïque et sociale tournée vers l'action qui définisse de nouvelles pratiques sociales. C'est aujourd'hui, la tâche centrale de la période. C'est ces nouvelles pratiques sociales qui seules, peuvent permettre de refonder la nouvelle alliance entre les couches populaires et les couches moyennes et de rompre avec les anciennes pratiques qui n'intéressaient que les couches moyennes supérieures radicalisées(CMS).

Pour cela, il convient de traiter chaque domaine en trois temps :

Les domaines de préoccupations des couches populaires sont de mon point de vue, les suivantes:

Ces domaines doivent donc être, de mon point de vue, les sujets des réunions publiques et des mouvements sociaux dans lesquels nous nous investissons.

A partir de ces domaines, il faut proposer de nouvelles pratiques sociales (une nouvelle pratique d'éducation populaire laïque tourné vers l'action) et rompre avec les anciennes pratiques sociales. Pour caractériser les anciennes pratiques sociales, ce sont les pratiques sociales de la réunion publique sans suite, les réunions publiques s'enchaînant d'un sujet à l'autre sans suite après l'exposé et les questions réponses.

Les nouvelles pratiques sociales seraient en fait de lier les réunions publiques traditionnelles avec des mouvements sociaux liés aux domaines notés de a) à j).

Exemples:

Vous remarquerez qu'il n'y a pas de mouvements sociaux pour tous les sujets notés a) à j).

C'est à nous de les créer comme nous avons su créer les trois mouvements sociaux (Convergence nationale services publics, EGSAM, Bureau laïque international). Il reste à créer les mouvements sociaux liés aux préoccupations populaires notés de a) à j).

Nous ne devons pas laisser aux sociaux-libéraux ni aux communautaristes le monopole des actions sur les autres sujets.

Nous devons aussi reprendre le chemin des activités populaires : l'aide familiale aux leçons, l'alphabétisation, la consommation, le périscolaire, etc. Répondre aux besoins des couches populaires est le meilleur moyen pour se lier à elles.

Voilà qui semble moins un objectif à court terme mais un objectif qui peut transformer la réalité par des victoires partielles et donc contribuer à renouer les fils de l'alliance populaire qui fait défaut à la gauche antilibérale et altermondialiste.

Bernard Teper

Source : www.ufal.org - Ufal Flash numéro 8

4.2 - Etats généraux des services publics

Les Etats Généraux du service public qui se tiendront le 10 mars à Paris (salle Olympe de Gouges 11è Arr. Square de la Roquette de 10h à 17h30) vont permettre de faire entrer la problématique des services publics au coeur de la campagne présidentielle.

Cette journée sera un moment important pour les luttes que nous menons tous localement et nationalement (usagers, syndicats, élu(e)s ) car elle détermine les points de convergences que nous avons mené ensemble depuis quelques années. La création du manifeste pour les services publics - dont la version officielle sera distribuée le 10 mars - en est l'émanation et nous remercions encore l'ensemble de ceux qui y ont participé.

A l'heure ou l'ensemble des départements sont concernés par des fermetures d'écoles, par des hôpitaux au bord de l'asphyxie budgétaire, par des bureaux de Poste fermés ou en manque d'effectif, par des lignes SNCF détériorées ou abandonnées...

A l'heure ou l'ensemble des services publics sont accusés d'aggraver le déficit publique alors que l'ensemble des citoyens et principalement ceux qui souffrent le plus manquent des besoins vitaux les plus élémentaires comme se loger, se déplacer, se soigner, s'éduquer, se chauffer...

De nombreux collectifs ont déjà fait part des délégations qu'ils décident d'envoyer aux Etats généraux, les organisations qui soutiennent et participent à Convergence s'amplifient (cf. liste des signataires ci dessus), des candidat(e)s à l'élection présidentielle ont également fait savoir leur volonté de venir débattre avec nous, donc il est temps de montrer que nos luttes locales se prolongent dans une résistance globale.

Notre manifeste se termine par cette phrase "Nous sommes le nombre, soyons aussi l'espoir" ! Il ne tient qu'à nous d'écrire l'Histoire.

Liste des organisations signataires : Action Consommation, ACME (Asso.pour le Contrat Mondial de l'Eau), AITEC, Alternative citoyenne Ile de France, ANECR, ATTAC, CGT Banque de France, CGT- Cheminot, CGT- FME, les collectifs unitaires parisiens de la gauche anti-libérale, La Coordination Nationale des Comités de Défense des Hôpitaux et Maternités de Proximité, Collectif National Droits des Femmes (CNDF), Convergence citoyenne, CNLogement, E.A.U., EGSAM, Forces Militantes, FSU, Fondation Copernic, La convention des collectivités hors AGCS, Les Alternatifs, Les amis de la Confédération Paysanne, La gauche républicaine, LCR, Les Verts, MARS, MNCP, MRC, PCF, PCOF, PRS, Réseau féministe Ruptures, Résistances Electriques et Gazières, Résistance sociale, Solidaires, SUD énergie, SUD Rail, Sygma-FSU, UD CGT Paris,

Outre les trois modérateurs cités pour les tables rondes ci-dessous, Jean-Michel DREVON ( F.S.U.)a été désigné comme modérateur général de la journée.

Participants aux tables rondes :

Table ronde 1:Biens communs et droits fondamentaux

Table ronde 2: Droits fondamentaux biens publics communs

Table ronde 3: Services Publics et Europe

Bernard Defaix Pour Convergence des Collectifs [www.v-s-p.org]

Source : www.v-s-p.org/

5 - combat laïque

5.1 - Lettre ouverte d'un citoyen

La CCI (Chambre de Commerce et d'Industrie) de Limoges, le 16/02/2007 a recruté comme " conseiller technique " ou " expert " un représentant des quatre principales communautés religieuses du département. Cette initiative originale, une première en France, a été accueillie favorablement par l'évêque catholique, par le président du consistoire israélite, par le pasteur de l'église réformée et le président du comité régional du culte musulman. Ils auraient pour mission " d'apporter leur expertise dans certains domaines et de créer les conditions du dialogue en cas de problème " le président de la CCI motivant son initiative en faisant référence aux émeutes de novembre 2005 à Paris... (Le Populaire du Centre du Lundi 19/02/2007)

Ainsi je suis heureux d'apprendre les nouvelles missions de la CCI :

  1. Introduire l'expertise théologique dans ses débats car, si je ne me trompe, la compétence fondamentale des religieux, leur " expertise ", est quand même le discours sur leurs dieux et leur foi ... la CCI veut-elle introduire dans sa réflexion et ses décisions les questions posées par les différentes morales révélées de ces religions tant pour les comportements alimentaires, sexuels ou vestimentaires ?
  2. Substituer au pouvoir régalien de la République dans le maintient de l'ordre, substituer au pouvoir de police des élus de la République à la tête des Cités (des Villes) un pouvoir de maintient de l'ordre qu'elle confirait aux religieux (quel pouvoir et avec quelle légitimité ?) En outre l'analyse des émeutes de novembre 2005 à Paris, émeutes qui motivent cette initiative, selon une grille ethnique, religieuse et communautariste me paraît bien peu pertinente.

Par ailleurs cette initiative, la première en France (sic), me paraît contrevenir au statut de la CCI, établissement public administratif de l'Etat, à la Loi et à la Constitution de la République Française.

La Loi, c'est celle de Séparation des églises et de l'Etat de décembre 1905 qui dans son article 2 affirme que " La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte ".

Or reconnaître de fait quatre cultes en les introduisant dans cette assemblée est un acte exorbitant du droit ! Reconnaître quatre cultes, c'est les distinguer parmi d'autres cultes qui existent dans notre département. Quels seraient alors, bien que cet aspect soit dérisoire par rapport à votre manquement à la Loi, les critères de discriminations ? Aspects qualitatifs, aspects quantitatifs, validité de la croyance ? Quelles compétences a la CCI pour juger des cultes alors que la République constitutionnellement s'interdit toute reconnaissance des religions car incompétente dans le domaine du spirituel ?

Cette initiative a deux conséquences graves :

La première est le non respect de la Constitution de la Ve République qui affirme que la République est laïque et donc que l'Etat et toutes ses institutions dont la C.C.I., doivent respecter la neutralité à l'égard de toutes les religions et de tous les cultes.

La deuxième conséquence est de reconnaître de fait cette dérive de la démocratie qu'est le communautarisme. Puis-je rappeler que la République ne reconnaît que des citoyens libres et égaux en droits. Je suppose que dans l'assemblée de la CCI, élus et cooptés, représentants de catégories socio - professionnelles légalement bien définies, ont, chacun dans leur intimité, des philosophies, des religions ou absence de religions et des choix politiques, sociaux et culturels qui couvrent l'étendue de la diversité de pensée de tous nos concitoyens. Réserver à des communautés religieuses une fonction, altère gravement la représentativité citoyenne de la CCI dans la Cité, validité consacrée par les deux ministères de tutelle et met cette assemblée en défaut par rapport à son statut.

La C.C.I., respectueuse de la Constitution et de la Loi de la République, doit avoir la sagesse de rester dans le domaine de compétence qui est le sien et ne doit pas se perdre dans une dérive communautariste en contradiction avec la Constitution ce qui ne pourrait que dégénérer en des affrontements toujours plus violents.

Citoyens, il est de notre devoir, chacun selon sa fonction dans la cité et son attachement à la République, de s'élever contre cette atteinte à la laïcité de l'Etat.

Pour le collectif " ALERTE LAICITE"

Fred PICARD

5.2 - Troisième Université Populaire Laïque

week-end de Pentecôte 2007 à Annonay (Ardèche), du vendredi soir 25 mai après 20h, au lundi 28 mai à midi, au centre du groupement des oeuvres Laïques, chemin du grand murier.

Programme

une série de thèmes qui vont apparaître d'une actualité brulante après les résultats de l'élection présidentielle, à traiter en ateliers ou en débats pléniers, centrés autour de:

Nombreux intervenants de qualité (dont des membres d'Avenir d'ATTAC)

L'organisation matérielle:

FORMULE CLASSIQUE:

Hébergement en chambres de 2 ou 4 lits sur place dans le Centre avec 3 nuits du vendredi au Lundi, 3 petits déjeuners, 2 repas le samedi et 2 le dimanche forfait à 125 euros Les chèques vacances sont acceptés. Acompte de 40 euros par personne à verser avant le 31 mars 2007 à UFAL-Rhône-Alpes 40, rue des écureuils 38500-Coublevie

FORMULE A LA CARTE

petit déjeuner: 4 euros repas samedi midi et dimanche midi :12 euros le repas repas festif le samedi soir et repas de qualité le dimanche soir: 20 euros le repas nuit de camping: 4 euros nuit d'hôtel: aux alentours de 50 euros nuit de gîte rural dans un cadre romantique à 15km: 180 euros pour 2 personnes et 3 nuits avec petits déjeuners

L'hébergement des enfants sera gratuit et ils seront pris en charge lors des principaux débats

L'Union Des FAmilles Laïques www.ufal.org

6 - débats républicains

6.1 - 2.000 soignants lancent un appel en faveur de l'euthanasie

"Nous, soignants, avons, en conscience, aidé médicalement des patients à mourir..."

"Parce que, de façon certaine, la maladie l'emportait sur nos thérapeutiques, parce que, malgré des traitements adaptés, les souffrances physiques et psychologiques rendaient la vie du patient intolérable, parce que le malade souhaitait en finir, nous, soignants, avons, en conscience, aidé médicalement des patients à mourir avec décence.

Tous les soignants ne sont pas confrontés à ce drame, mais la majorité de ceux qui assistent régulièrement leurs patients jusqu'à la mort, utilisent, dans les circonstances décrites, des substances chimiques qui précipitent une fin devenue trop cruelle, tout en sachant que cette attitude est en désaccord avec la loi actuelle.

Des améliorations ont été apportées par les textes législatifs d'avril 2005 (loi Leonetti) mais elles sont insuffisantes. Les récentes mises en examen de médecins et d'infirmières ayant aidé leurs patients à mourir prouvent que la loi est toujours aussi répressive et injuste car en décalage avec la réalité médicale.

Aussi nous demandons :

Il s'agit là, d'accorder à chaque personne, une singularité, une valeur absolue, qui se nomme, selon le préambule et l'article premier de la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948 : la dignité."

Les signataires :

M. A.Petit MS (23) - G. Abrous IDE (33) - A. Achille IDE (971) - M. Adele IDE (88) - P. Adele MG (75) - B. Adessi MS (25) - P. Aerts MG (83) - B. Agnelli AS (74) - J.C. Agniel MG (69) - B. Agut MG (60) - J. Agut IDE (34) - R. Agut MG (60) - M. Aioutz MG (94) - P. Airaudi M (06) - P. Ait-Faradji IDE (39) - B. Akodohou MG (46) - N. Alban-Marty IDE (91) - P. Alberti MG (36) - L.M. Alcesilas IDE (02) - J.C. Aldhuy IDE (93) - P. Allary IDE (16) - P. Allary MG (16) - I. Allee IDE (77) - D. Allizard IDE (51) - M. Allot IDE (91) - X. Almueis MS (41) - C. Alphonsair IDE (75) - F. Alric MG (38) - C. Althabegoity IDE (64) - M.H. Alzina-Hospital M (34) - D. Amado IDE (64) - C. Amand AS (14) - N. Amaru AS (36) - A. Amevet CS (94) - G. Amigues MG (46) - B. Amiot IDE (37) - L. Ammeux MG (28) - L. Andjelkovic MG (75) - C. André IDE (83) - J. André MS (83) - A.M. Andres MG (31) - C. Andrieu MG (78) - A. Andris IDE (13) - ...

Paru dans le Nouvel Observateur du 8 mars

Nouvel Obs

Source : tempsreel.nouvelobs.com/

6.2 - La démagogie n'a jamais été bonne conseillère

Ces actes de violences perpétrés par les huit adolescents de Seine Saint Denis sont condamnables et doivent donner lieu à des poursuites judiciaires.

Au-delà du fait divers qui a été relaté dans votre journal de la semaine dernière, il faut expliquer les raisons qui provoquent de tels actes de violence et n'oublier aucun responsable direct ou indirect de ces violences.

Ces incidents graves sont souvent la conséquence d'une politique démagogique conduite par des Municipalités.

Celles-ci offrent des séjours clés en mains à des jeunes destructurés sans aucune préparation, transformant les jeunes en consommateurs d'activités. Cette politique de courte vue doit être combattue.

Des Municipalités ont, heureusement rompu avec les politiques électoralistes qui consistaient à garantir une paix sociale, d'ailleurs bien précaire, en répondant à toutes les demandes venant de jeunes quelque peu déstructurés.

Ces Municipalités responsables placent la citoyenneté pleine et entière au centre de leurs projets éducatifs, les enfants et jeunes devenant des acteurs et des auteurs de leurs projets d'activités

Les séjours sont préparés par les jeunes eux-mêmes

Ils financent une partie de leur voyage et de leurs frais dans le cadre de projets (chantiers de jeunes par exemple).

L'action éducative des animateurs professionnels qui les accompagnent contribue à les motiver et à les responsabiliser.

Les effets d'une telle politique cohérente de rupture avec la démagogie sont positifs: il n'y a plus de telles violences comme celle décrite par Mireille Popelin et les séjours sont sans problème...

Je ne sors pas tout ceci de mon chapeau mais d'une expérience professionnelle et militante dans le Val de Marne, qu'il s'agisse de l'accompagnement de politiques municipales ou qu'il s'agisse d'expériences sur le terrain notamment de la tenue de stages BAFA avec des jeunes des quartiers.

Il ne faut faire ni d'angélisme, ni de catastrophisme mais essayer de comprendre et d'agir en s'appuyant sur des bras de leviers solides : une orientation sans ambiguïté conjuguée à une action éducative liant responsabilisation et rappel à la loi.

Jean-François Chalot

7 - courrier des lecteurs

7.1 - Surtout, continuez !

Merci de dire la vérité, je suis membre du PS depuis plus de 25 ans, je me suis toujours battu contre les "non dit" et nous devons vous soutenir et vous encourager dans le choix de vos papiers, ils sont de véritables aiguillons qui recentrent le débat vers l'essentiel "la république laïque". Continuez vous avez mon soutien et celui de bien d'autre la¨que qui se battent pour la vérité et au-delà de tout pour la liberté.

Merci encore et courage, la vérité triomphe toujours l'histoire est là pour nous le rappeler!!!

A bientôt de vous lire.

Jean-Claude BOTTERO

7.2 - Débilement sectaire, ou sectairement débile ?

Joseph SEMET militant laïque, républicain, altermondialiste et anticapitaliste (sic) nous invite donc à un vote révolutionnaire à la mode Marchais !

Plus débilement sectaire ou plus sectairement débile, ça va être dur à trouver !

Bravo les prétendus républicains laïcards bornés !

Yann Hual

7.3 - Réaction chronique Respublica 517

Merci, Evariste, pour cette salutaire mise au point, pour ce rappel des valeurs fondamentales qui nous rassemblent, pour l'affirmation, dans ce cadre, du droit à la divergence des points de vue, et, au final, pour la liberté de choix individuel, dans le respect de la responsabilité laïque et républicaine...

Bernard Beauguitte

7.4 - Punir la gauche en votant Bayrou ?

Je réagis à l'article "Il faut punir la gauche en votant Bayrou" Article "caractériel".

Aucun argument. La notion de punition, de châtiment est suspecte (pour qq'1 qui se dit agnostique. Caractère instable. Finalement, l'auteur "peut encore changer pour se ranger aux cotés de Royal. Attendons. Si l'ennemi c'est l'ultralibéralisme, Il y a fort à parier qu'il faudra aussi "punir" Bayrou et l'envoyer en enfer. Peut-être après tout, cet article n'est-il que provocateur!

Edouard JEAN-ELIE (Martinique)

7.5 - Chronique 517 : bravo !

Bravo, c'est pour ça qu'on vous aime.

Quand je vois l'état de la gauche antilibérale que je soutiens (plutôt Bové avec toutes les pincettes et les guillemets qu'il mérite), vos articles m'oxygènent et ça fait du bien !

Encouragements cordiaux, laïques, anti culs-bénits même, et républicains.

Papinux

8 - à lire

8.1 - Les ghettos de la République - André Gérin - préface de... Eric Raoult

" Ce n'est pas parce qu'on est dans la merde qu'on doit faire n'importe quoi "

Non, Monsieur le Maire, faire préfacer votre livre par Eric Raoult est une très mauvaise idée! L'homme de confiance de Sarkozy dans le 93 est tout le contraire de vous, André Gérin. Il pratique une politique communautariste opportuniste vis-à-vis des islamistes, et a été jusqu'à relayer à l'Assemblée nationale la demande de l'Union des Associations Musulmanes du 93 de réintroduire le délit de blasphème en France.

Avant de devenir ce maire "sécuritaire" j'avais pensé à démissionner"

Ce livre, en mots très simples, retrace l'histoire d'André Gérin, maire de Vénissieux et député du Rhône.

Ce parcours ressemble à celui de beaucoup d'autres de cette époque : fils d'un paysan ouvrier, six enfants, une enfance rude, apprentissage, CAP de fraiseur, cours du soir pour devenir dessinateur industriel. Puis l'embauche chez Berliet, un des plus gros employeurs de la région. Berliet a collaboré pendant la guerre,[1] l'usine est dirigée par un Conseil d'administration de la résistance pendant trois ans. Elle a failli être nationalisée, il manquait une voix (socialiste). André Gérin adhère au PCF puis à la CGT. Il prend des responsabilités et devient maire de Vénissieux (à la suite du décès du maire, Marcel Houêl). Le premier embrasement des Minguettes a lieu en 1981 : incendies de voitures, affrontements violents, les habitants sont hébétés, les élus consternés. Ils essaient de comprendre: Au début, Vénissieux, c'était quelques fermes. Les ouvriers, paysans venant de plusieurs régions de France, Espagnols, Italiens et Français d'Algérie ( L'Algérie était française) veulent se rapprocher de leur travail . Vaste chantier de constructions avec les " les tours".

Avec un PCF fort, des structures sociales, associatives, publiques très présentes, la cohabitation ne posait pas de problèmes.

C'est les 30 glorieuses, le plein emploi. Il faut loger tout le monde : la construction des tours répond à ce besoin.

André Gérin analyse fort bien les causes de l'échec de l'intégration et des émeutes : le choc pétrolier (1973) : les prévisions optimistes vont être revues à la baisse: le chômage pointe son nez, et tout ce qui s'ensuit.

le regroupement familial (décidé par Giscard d'Estaing, qui n'en avait prévu toutes les conséquences, dans une période de montée du chômage de masse) va autoriser les familles, surtout maghrébines à l'époque, à se regrouper: femmes et enfants viennent s'installer dans les quartiers neufs de la Duchère. C'est là que la cassure commence: la difficile cohabitation entre les familles .

La loi Veil est votée, qui permit de maîtriser les naissances. Mais les familles immigrées continuent à avoir beaucoup d'enfants, malgré les demandes de beaucoup de femmes qui se battent contre le machisme culturel pour maîtriser leur fécondité, alors que d'autres familles limitent les naissances.

Le départ de catégories sociales entières, qui vont s'installer dans des maisons individuelles: techniciens, cadres, employés. La cassure s'opère, ce sont les familles immigrées qui restent dans les tours, il y a jusqu'à 51 ethnies !

Avec le regroupement, tout change donc et les générations se succèdent, l'absence de travail va accentuer la cassure, touchant surtout ces familles d'origine maghrébine. Apparaît alors la délinquance, les familles monoparentales, Rmistes, enfants livrés à eux-mêmes.

Vénissieux est au hit-parade des voitures brûlées, il y en a TOUS les jours. A cela s'ajoutent le trafic de drogue (on n'en parle pas assez dit le Maire ), le trafic de pièces détachées (voitures brûlées pour détruire les preuves) , reventes sur le marché, blanchiment de l'argent de la drogue et autres par l'achat de "commerces" qui sont la façade"clean " de trafics illégaux. Le maire a vu tout cela , il s'oppose son propre parti, qui expliquait la délinquance uniquement par la crise, il s'insurge contre cet angélisme de toute la gauche ( mais cet angélisme continue, Monsieur le Maire!) : " Le mouvement est maintenant d'une tout autre nature, quand les émeutiers détruisent les écoles, les gymnases, les usines etc. C'est la REPUBLIQUE qui est visée"

Intégrisme, mafias, même combat

Avec le conflit au Liban, on a vu un changement dans l'attitude des intégristes. Ils n'hésitent pas à haranguer les passants dans la rue. Car Vénissieux , on le sait, a été le nid de l'intégrisme islamique ( l'imam Bouziane, etc ). Le maire veut instaurer le parler vrai. Il a été secoué par le vote "Front national ". Un sondage effectué par ses soins lui a appris que les ouvriers avaient voté pour le FN, c'était indéniable! Et que c'était l'INSECURITE, la DELINQUANCE qui avaient provoqué ce vote.Il a décidé de se battre contre cette insécurité, tout d'abord en la dénonçant haut et fort, et il a été traité de "maire sécuritaire et populiste"

Bien sûr, il ya la crise, le chômage mais le maire a vu , avec quelques uns , peu nombreux !qu'il ne fallait pas mettre tout sur le dos de la crise.

" En la matière, tout le monde a été complice, dit le maire. DROITE et GAUCHE ont agi de la même façon en noyant le poisson. On continue à NIER ou à MINIMISER" le phénomène de la délinquance.

C'est bien vrai, Monsieur le Maire ! Et c'est une partie de la gauche et surtout de l'extrêmes gauche qui continuent à nier et minimiser !

" Le pire est devant nous. Quand des gamins mettent le feu aux poubelles, brûlent des voitures, sabotent des transformateurs EDF, nous ne voyons pas que nous laissons se fabriquer des monstres près de nous. Le volcan va nous "péter" à la gueule" dit le maire; L'heure est au courage civique. Soyons fiers de notre culture, de cette REPUBLIQUE une et indivisible"

Monsieur le maire ne dit pas qu'il a été un des rares députés communiste à voter la loi sur les signes religieux à l'école. Chrétien, il défend la laïcité avec courage, alors que son parti est pour une laïcité ouverte... aux communautarismes, pour avoir des voix!

Pour terminer, André Gérin donne des pistes pour essayer d'en finir avec les ghettos de la misère et de la délinquance, dont le retour d'une police de PROXIMITE. Il place au-dessus de toutes les valeurs de la REPUBLIQUE où ni les ghettos ni la délinquance ne devraient exister.

Ce livre est à lire pour son témoignage, celui d'un homme intègre, sincère qui dit sans langue de bois, ce qu'il a vécu et vit encore.

Notes

[1] Un historien, Maurice Moissonnier, m'avait montré les listes de Berliet ;y étaient pointés les noms des "meneurs rouges ou résistants"qui furent ainsi arrêtés et déportés ou.. On connaît la suite.

Mireille Popelin

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