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  1. chronique d'Evariste
    1. Le chaînon manquant, par Évariste
  2. élections présidentielles 2007
    1. Les limites des sondages, par Loïc Blondiaux
    2. Ralliement de Corinne Lepage à François Bayrou : communiqué U2R, par Emmanuel Dupuy
    3. Quelques réflexions sur le conformisme ambiant, par Frédéric CABY
    4. La balle au centre ? Non, pas pour moi !, par Jean-François Chalot
    5. Voter Ségolène au premier tour pour pouvoir le faire au deuxième !, par L. S.
  3. combat laïque
    1. Un enfant de huit ans tabassé pour avoir mangé du porc à la cantine de l'école, par Jocelyn Bézecourt
    2. Troisième Université Populaire Laïque, par L'Union Des FAmilles Laïques
    3. La laïcité en débat à Marmande, par Pierrette Bème, Jean Cantel
  4. combat féministe
    1. Dérapage scandaleux à RDC (Radio Droit De Cite), par Hayet MORILLON
    2. Féminisme, Indigènes de la République et présidentielles, par Leila Shoof
  5. débats républicains
    1. Halte à la criminalisation du personnel soignant !, par L'Union Des FAmilles Laïques
    2. L'urgence énergétique (partie II): Ressources énergétiques renouvelables, par Thierry DE LAROCHELAMBERT
  6. courrier des lecteurs
    1. Radars : tout ce que j'ai à dire : félicitations, par Pierre Marion
    2. Radars et vote Bayrou : pas d'accord !, par Robert Vanovermeir
    3. Je persiste et je signe, je vote Bayrou pour éviter le pire !, par Jackie Guigo
    4. Non à la politique du pire, par Pierre BOURGUET
    5. Bayrou ou le monde de OUI OUI, par Françoise Mesnard
    6. D'abord battre Sarkozy, par Cyril Téjédo
  7. à lire
    1. " On achète bien les cerveaux, la publicité et les médias ", de Marthe Bénilde, par Jean-François Chalot
  8. Agenda

1 - chronique d'Evariste

1.1 - Le chaînon manquant

Bernard Thibault, le secrétaire de la CGT, faisait cette confidence, un jour, à la sortie de l'Elysée, après une prise de parole du chef de l'Etat : "Si je n'avais pas su qui était Chirac, et ce qu'il fait en France, je l'aurai applaudi". Jacques Chirac a toujours été un adepte d'une phrase qu'il répète souvent : " Plus c'est gros, et plus cela passe ! ". Il a toujours été convaincu que le politique avait très peu de marge de manoeuvre, et que, pour gagner une élection, il fallait raconter la plus belle histoire, quitte à faire le contraire quelque temps après. La page Chirac se tourne donc, puisque le président de la République a annoncé, dimanche soir, qu'il ne se représenterait pas pour un troisième mandat. Il a terminé par une déclaration d'amour à la France " qu'il aime autant qu'il nous aime ".

Au-delà de tous les mensonges que Chirac, avec cynisme, a proféré tout au long de sa vie, il est révélateur de noter que l'amour de la France, et de son modèle, est aujourd'hui une donnée incontournable pour tout candidat qui entend gagner les suffrages des électeurs. Cela change du discours de certains gauchistes communautaristes qui ne voient dans notre pays que racisme et nostalgie du colonialisme, mais aussi de celui des déclinologues, qui considèrent que la France est en faillite, parce que pas suffisamment libérale à leurs yeux.

C'est justement cela le grand problème de Nicolas Sarkozy, mais aussi de tous ceux qui veulent en finir avec le modèle social français issu de la Résistance, pour le noyer dans une Europe libérale fédérale dont la France ne serait plus qu'une province dépourvue de toute spécificité.

Comme je le disais, dans la chronique de Respublica 516, intitulée "Sarkozy peut être battu", le ministre de l'Intérieur a compris qu'il ne pourrait pas être élu sur son vrai discours : communautarisme, discrimination positive, ultra-libéralisme, atlantisme et cléricalisme. Nicolas Sarkozy était sincère, n'en doutons pas, quand il affirmait, depuis les Etats-Unis, quand il prêtait allégeance au modèle anglo-saxon, qu'il se " sentait étranger dans son propre pays ".

Le seul problème du ministre de l'Intérieur est qu'on ne peut être élu président de la République quand on déteste son propre pays. Homme volontaire, le maire de Neuilly a donc décidé, reprenant le célèbre " Plus c'est gros, plus cela passe " de Chirac, de se mettre à dire le contraire, avec les discours d'Henri Guaino, de ce qu'il a raconté tout au long de sa vie.

Les électeurs sont loin d'être des imbéciles, et le talon d'Achille de Sarkozy va être ce grand écart, entre ses discours passés et ses discours présents, même si, comme le disait Bernard Thibault sur Chirac, on pourrait applaudir de nombreux passages du discours Sarko formaté Guaino... si on ne savait pas qui est vraiment le maire de Neuilly !

Les Français sont entrés en résistance, que cela soit sous la forme électorale (TCE) ou sous la forme sociale (CPE), contre le discours dominant tenu par les élites, qu'elles soient à l'UMP ou au PS. Ils restent sur deux victoires importantes.

Or, ce 15 mars sera marqué par la célébration du cinquantième anniversaire du traité de Rome. La contradiction est aveuglante. On va avoir droit à des fastes pour une construction européenne, hier à 15, puis à 25, puis à 27, et bientôt à plus de 30, rejetée aujourd'hui par la majorité des citoyens. On nous propose trois candidats, aujourd'hui, qui sont favorables à ce projet que les Français ont refusé le 29 mai, malgré le matraquage médiatique et les pressions et parfois insultes de l'UMP, du PS, des Verts et de l'UDF. Or, les choix de l'Europe libérale verrouillent toute autonomie politique d'un gouvernement français.

Autre événement de ce 15 mars, on va savoir qui peut se présenter, et qui ne le peut pas. On a appris, ce week-end, que le maire soutenu par le Parti des Travailleurs, Gérard Schivardi, avait déposé les cinq cents signatures. Quel dommage que le contenu - intéressant - de ses thèmes, notamment sur l'Europe et les services publics, se réduise à une simple candidature de témoignage, incapable de peser réellement sur le cours de la campagne.

Le suspens demeure pour Le Pen (je maintiens, malgré quelques courriers de lecteurs, que son absence discréditerait cette élection), Dupont-Aignan, Besancenot, Voynet et Bové.

Quant à Corinne Lepage, faute des cinq cents signatures, elle a choisi de se rallier à Bayrou. Sur l'Europe, c'est cohérent, ils ont la même vision, sur la laïcité, nous lui souhaitons bien du plaisir avec les démocrates chrétiens qui entourent le président de l'UDF.

Mais aujourd'hui, tout le monde ne parle que de Bayrou. Qu'il soit sans doute gonflé à l'hélium dans les sondages est incontestable. Qu'il puisse redescendre assez vite n'est pas impossible. Mais il n'en demeure pas moins, il suffit d'écouter la rue, ou bien de lire Respublica, que ce vote tente de nombreux citoyens qui ne veulent pas de Sarkozy, qui pensent (peut-être à tort) que Ségolène n'a aucune chance, qui refusent d'être enfermés dans la dualité UMP-PS, et qui, pour certains utilisent Bayrou pour résister au système. Ainsi Jean-François Kahn, qui, à titre individuel, soutient le président de l'UDF, présente son vote comme un " vote centriste révolutionnaire, malgré Bayrou ".

Et si le vote Bayrou n'était finalement que la suite du vote du 29 mai, et de la faillite des leaders du non de gauche, qu'ils s'appellent les républicains Chevènement ou Mélenchon, ou bien les trois B ?

Comment ne pas rager quand on constate, dans l'opinion, et je reviens à l'amour de la France évoqué par Chirac, le décalage, notamment sur l'Europe, entre les discours de tous les grands prétendants, et le sentiment de la rue ? Comment s'étonner que 60 % des électeurs disent ne pas avoir encore tranché ?

Comment ne pas imaginer la portée qu'auraient aujourd'hui, les discours de Jean-Pierre Chevènement, ou de Jean-Luc Mélenchon, capables de parler, avec le talent qui leur est propre, de la grandeur de la France, mais aussi de la République sociale et des services publics, contre la logique de Bruxelles.

Les trois B, en dehors de la radicalité de leur appel au combat social, sont incapables de tenir un discours sur la France, sur la République, et encore moins sur la laïcité.

Mais Mélenchon et Chevènement avaient ce talent, et ils sont réduits à la plus extrême discrétion. Le chaînon manquant, c'est la gauche républicaine.

Quel gâchis !

La politique ayant horreur du vide, que risque-t-il de se passer ? Eh bien, les électeurs vont se tourner vers celui qui va constituer le grain de sable capable de gripper la machine. Bayrou, un fédéraliste européen convaincu, partisan acharné du bilinguisme et de la multiplication, sous le service public, d'école par immersion type Diwan, défenseur d'un modèle économique droitier, est en train de capter le rejet par le peuple des duettistes UMP-PS.

Mais n'oublions pas, si Le Pen a ses cinq cents signatures, qu'il peut tenir, sur ces thèmes, un discours redoutable, et que le refus du système et " le vote révolutionnaire " peut se tourner ailleurs que sur Bayrou, mais pas forcément à gauche.

Que ceux qui en doutent arrêtent de ne fréquenter que des militants coupés du monde, et discutent librement, sans tabou, dans les cafés et autres endroits où on rencontre ce que les bobos appellent avec mépris la " France profonde ", celle qui souffre, et a l'impression de ne pas être entendue.

Il reste six semaines, et on n'a pas tout vu !

Mais au prochain numéro, on verra un peu plus clair.

Évariste Pour réagir aux articles,
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2 - élections présidentielles 2007

2.1 - Les limites des sondages

Jamais les sondages d'opinion n'ont eu autant d'influence au cours d'une campagne présidentielle. Après avoir successivement consacré Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, les voilà qui semblent faire de François Bayrou leur favori. Il est facile de savoir à l'avance ce que seront les conséquences politiques d'une telle onction statistique : couverture médiatique toujours plus intense du candidat, mobilisation des soutiens et démoralisation des adversaires.

Si les effets de la publication des sondages sur les électeurs restent difficiles à démontrer, leur influence sur les acteurs politiques et la manière dont s'écrivent les récits de campagne est avérée. Comment, face à cette avalanche de données, garder la tête froide ? Les raisons le plus souvent avancées pour dénoncer le caractère délétère de cette information ne sont pas les bonnes. Manipulation des données par les instituts de sondage ? Aucun observateur sérieux ne peut l'affirmer. Si l'on peut s'interroger sur les raisons qui conduisent tel organisme à publier tel chiffre à tel moment, la probabilité de "bidonnage" est presque nulle, la réputation de l'institut éventuellement impliqué ayant trop à y perdre. Manipulation des sondeurs par les citoyens eux-mêmes ?

S'il est tentant de penser que certains sondés jouent avec les sondages pour tromper les oracles, aucune certitude scientifique ne permet d'étayer une telle affirmation. Il reste qu'une pédagogie élémentaire des sondages s'impose. Qu'il suffise de rappeler cinq données d'évidence, de celles que tout spécialiste de l'instrument a en tête, mais qui restent trop souvent oubliées au moment du commentaire.

1. Les sondages ne sont représentatifs que des gens qui acceptent d'y répondre. Aujourd'hui, une fraction non négligeable des personnes contactées par les instituts de sondage se dérobe au questionnement sous des prétextes divers : une sur deux aux Etats-Unis, un pourcentage quelque peu inférieur dans les rares chiffres fournis par les instituts français. Tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes politiques si l'on était sûr que ce public de volontaires possédait les mêmes caractéristiques politiques que ceux qui ne répondent pas. Comment en être sûr ? Dans quelle mesure les chiffres publiés reflètent-ils l'opinion de la population des "invisibles" qui choisissent de ne pas la donner ? Nul ne le sait.

2. Certains chiffres sont systématiquement "redressés" par les instituts. Les données brutes obtenues par les enquêteurs diffèrent sensiblement des données publiées dans les journaux. La raison en est simple : le fait que certains électeurs hésitent à déclarer leur opinion ou refusent de répondre aux sondeurs oblige les instituts à redresser les chiffres, jusqu'à les multiplier parfois par deux, comme dans le cas des intentions de vote pour Jean-Marie Le Pen. Si ces redressements sont nécessaires et reposent sur des techniques plus ou moins éprouvées, ils ouvrent une marge de manoeuvre aux instituts et laissent subsister de fortes approximations. Deux mesures s'imposent : que ces techniques de "pondération" fassent l'objet d'une large publicité et que les chiffres "bruts" soient systématiquement publiés aux côtés des chiffres "redressés".

3. Une intention déclarée n'a rien à voir avec un vote. Le travail des instituts se heurte à une autre difficulté : comment être sûr que les personnes qui leur répondent iront voter, et qui plus est pour le candidat déclaré ? La mesure du degré de motivation de l'électeur est extrêmement difficile. Certains scores apparaissent ainsi comme des trompe-l'oeil, dès lors qu'ils reposent sur des intentions non arrêtées. Il en va ainsi aujourd'hui des électeurs déclarés de François Bayrou, beaucoup moins certains de leur choix que ceux de Nicolas Sarkozy ou de Ségolène Royal. L'une des solutions pourrait être de ne publier les intentions de vote que de ceux dont le choix semble définitif. Cela obligerait sans doute les instituts à augmenter sensiblement la taille de leurs échantillons, pour que ceux-ci restent crédibles statistiquement.

4. La mesure des intentions de vote pour le second tour n'a pas de sens. Dans toutes les enquêtes à ce jour, Ségolène Royal est présentée comme devançant François Bayrou au premier tour et battue par Nicolas Sarkozy au second, ce dernier étant lui-même battu par François Bayrou, selon certaines hypothèses testées. Un tel schéma démontre par l'absurde que les enquêtes d'intentions de vote au second tour n'ont de signification politique qu'à partir du moment où le premier est passé. Au soir du premier tour, tout est remis à plat. 5. Une fraction importante des électeurs fait son choix à la dernière minute. Les enquêtes réalisées en 2002 ont semblé montrer qu'entre un quart et un cinquième de l'électorat s'est décidé lors de la semaine précédant le scrutin. Dans la plupart des élections récentes, en France et ailleurs, des mouvements d'opinion de dernière minute ont déjoué les anticipations des sondages.

Dans ces conditions, comment succomber encore à l'illusion d'un quelconque caractère prophétique des sondages ? Il serait dommage que nous ne tirions pas collectivement les leçons du 21 avril 2002 et qu'assourdis par le commentaire incessant de cette "course de chevaux", nous détournions notre attention des véritables enjeux politiques de cette campagne.

Loïc Blondiaux Professeur à l'Institut d'Etudes Politiques de Lille

2.2 - Ralliement de Corinne Lepage à François Bayrou : communiqué U2R

Corinne Lepage vient d'annoncer son soutien à François Bayrou. Cette démarche, effectuée en concertation avec l'U2R, s'explique par le tournant nouveau qu'a pris ces derniers jours la campagne présidentielle. Qui ne voit que Bayrou est en train de créer une dynamique nouvelle, la seule susceptible de défaire au second tour Nicolas Sarkozy ? Or, faire de la politique, ce n'est pas rester inflexible sur un catalogue exhaustif de propositions, c'est avant tout hiérarchiser ses priorités : et pour nous, radicaux, attachés aux libertés, à la laïcité, et au " vivre ensemble ", faire barrage au Ministre de l'Intérieur reste le combat qui prime tous les autres. C'est pourquoi nous rejoignons, comme Corinne Lepage, dès ce jour et sans états d'âme, l'équipe de campagne de Bayrou.

Ce soutien ne doit pas surprendre : il est cohérent avec les choix que nous avons exprimés depuis 2002. Il s'agit en effet de sortir du carcan UmPS, ce carcan que les élites et les medias veulent nous imposer, pour au contraire renouveler l'offre politique et permettre aux républicains de retrouver des moyens d'expression. Là où Chevènement a échoué en 2002, il semble que Bayrou soit sur le point de réussir : c'est sans doute le moment où un coup de pouce, comme notre soutien, peut s'avérer décisif. Bayrou a donné suffisamment de gage de sa sincérité ses dernières années, notamment par le vote de la motion de censure en 2006 et son combat courageux contre TF1, pour qu'on lui fasse crédit de vouloir réformer les institutions, en les démocratisant et en instaurant une meilleure représentation des courants minoritaires.

Dans une république ainsi rénovée, nul doute que le radicalisme ne retrouve la place qu'il mérite dans le débat, nul doute également que les idées républicaines, que le PS et l'UMP ont trop souvent fait reculer, ne regagnent du terrain. François Bayrou est également le seul à faire de la réduction de la dette publique une priorité de son quinquennat : or, la dérive des finances publiques a toujours été pour les radicaux un signe de désordre social et d'encouragement délétère pour les rentiers. Enfin, François Bayrou a le soutien d'une large partie des professeurs : pour des radicaux attachés à une Ecole qui institue le citoyen dans l'élève, qui émancipe et qui instruise, ce soutien des enseignants est un signal fort que l'on ne peut ignorer. Toutes ces raisons font de Bayrou un bon candidat pour les républicains, et à bien des égards, bien plus républicain que ceux qu'on lui oppose.

Nous ne sous-estimons pas cependant les désaccords que nous avons pu avoir avec Bayrou, notamment sur l'Europe et la laïcité. Mais sur l'Europe, Bayrou semble avoir tiré les leçons du référendum de 2005: il s'est en effet engagé à ce que le nouveau traité européen soit soumis au suffrage universel, ce qui, pour nous, est la meilleure des garanties. Quant à la laïcité, il reconnaît publiquement son erreur de 1994, quand il voulait amender la loi Falloux : il semble sur ce sujet avoir mûri, et surtout, il apparaît comme le seul capable de nous préserver des tentations communautaires qui séduisent dangereusement la droite Ump et la gauche PS.

Que l'on se rassure : ce soutien n'est pas un ralliement. Nous gardons notre autonomie de jugement et ferons valoir nos idées pendant cette campagne, campagne à laquelle nous serons associés à part entière. En faisant le choix de Bayrou, nous avons le sentiment de faire plus pour le radicalisme que nos cousins du PRG ou de la place de Valois, bien silencieux ces dernières semaines. Or, le radicalisme, c'est d'abord le refus de se taire. " Penser, c'est dire non ", enseignait Alain. En rejoignant celui qui a le courage de dire non aux oligarchies médiatiques et politiques, nous restons fidèles à notre idéal.

Emmanuel Dupuy

Source : Le Monde du 9 mars 2007

2.3 - Quelques réflexions sur le conformisme ambiant

Bonjour, courageux Evariste,

Bonjour, chers lecteurs assidus,

Je ne prends pas souvent la plume, mais il faut se forcer de temps en temps si ce qui se lit, même dans Respublica, ne reflète pas tout ce qui se pense. Voilà donc quelques regards sur notre situation :

1 - Dès que Ségolène a fait savoir qu'elle allait se lancer au combat avec l'appui de ses éléphants, je me suis dit qu'elle était foutue. Si la majorité des électeurs ont voulu balayer les éléphants en 2002 pour leurs faux-culs, leurs entourloupes et leurs mensonges, avec la catastrophe que l'on sait, ce n'est sûrement pas pour recommencer cette année, pas même au nom d'un engagement féministe qu'ils n'ont pas pour la plupart. Il y a un mois, au plus haut de sa popularité, Ségolène aurait dû et pu leur distribuer des claques et des fessées publiques, et au lieu de ça, elle les enjôle, puis les enrôle ! Donc elle est foutue, sa crédibilité va baisser de plus en plus, c'est déjà visible dans les sondages, et les Sarko, les Baybay et les FN ne peuvent que s'en réjouir. Et cette analyse, pas question de la lire dans la grande presse !

2 - La racine de mon jugement ci-dessus est dans cette considération suivante, platement utilitaire : je trouve parfaitement exact le constat selon lequel l'offre politique, excepté les extrêmes, est formatée selon un " politiquement correct " qui réunit :

Tous ces points, et il y en a bien d'autres que j'ai omis, sont en convergence dans les actes de foi de nos candidats soi-disant crédibles. Alors...que leur mise en oeuvre soit réalisée par Sarko, par Ségo ou par Baybay... ça m'est vraiment équilatéral ! J'irai même jusqu'à souhaiter que Ségolène échoue, de façon que tant de mensonges programmés soit épargnés à une Femme, que je trouve estimable à bien des égards, ainsi qu'à ceux qui croient encore à la possibilité d'un Socialisme véritable.

3 - Mais... À mon avis, en France, dans les structures de notre République, ce n'est pas à au Président de la République qu'il appartiendra de mettre en oeuvre la réalisation du programme ci-dessus ; c'est au gouvernement qu'il désignera, et au parlement qui soutiendra - ou pas - son action. Donc, si ce désolant programme doit être combattu sur la place publique, ce n'est pas au nom de la préférence pour tel ou tel candidat futur président, mais au nom d'une action politique de longue haleine qui devra être menée, lors des élections législatives vers les candidats députés, en des actions décentralisées.

4 - Je trouve stupide de considérer comme une preuve de vitalité démocratique la multitude des " petits candidats " à la présidence ; leurs personnalité, même honorables, leurs arguments partisans et leurs programmes partiels ou démagogiques génèrent un bruit médiatique qui empêche les vrais problèmes d'être traités avec l'ampleur nécessaire. Mais je trouve parfaitement légitime le refus de chaque Élu individuellement responsable de refuser ès qualité de tendre l'échelle à Le Pen, dont maints discours l'on rendu indigne d'exercer la charge suprême qu'il brigue.

5 - En revanche, je trouve scandaleux que le Front National, animé par Le Pen et par tant d'autres, reste confiné au silence parlementaire et à l'absence, alors que ce parti représente à peu près autant d'électeurs potentiels que les autres partis.

6 - Enfin, je suis dégoûté devant le conformisme général des médias, auxquels je n'accorde plus aucun crédit, même quand ils se contentent de retransmettre des communiqués d'agences de presse, dont je suis persuadé que bien d'autres communiqués sont censurés par le silence.

Voilà mon constat. J'ai fait de mon mieux pour être bref et condensé, et sans l'existence de Respublica, que je salue pour son courage et sa ténacité, je me serais tu.

Frédéric CABY

2.4 - La balle au centre ? Non, pas pour moi !

Bayrou monte irrésistiblement, c'est du moins ce que veulent nous faire croire les journalistes et peut être certains dirigeants socialistes afin qu'une dynamique vote utile se développe...

Il y a là à la fois une opération visant à laminer le vote anti libéral de gauche et à la fois préparer une opération de recompostion politique.

Defferre doit se retourner dans sa tombe avec délectation, lui qui voulait créer une grande fédération regroupant les socialistes et les centristes.

Les ponts commencent à être jetés pour relier les deux rives.

La lettre électronique journalière (J-44) adressée par François Hollande aux adhérents du PS consacre son titre et son premier article à la déclaration de DSK : Dominique Strauss-Kahn invite Bayrou à se prononcer contre Sarkozy " Ségolène Royal, parce qu'elle n'est pas centriste mais occupe une position centrale, est la mieux placée pour rassembler. François Bayrou devra finir par se déterminer. S'il va jusqu'au bout de sa logique - et je l'y encourage ! -, il se prononcera contre l'alliance avec Nicolas Sarkozy au second tour. Cela fera une belle majorité pour battre Sarkozy et pour changer la France."

Les différents stratèges blairistes sont aux anges

Si c'est Ségolène Royal qui affronte Sarkozy au second tour, tant mieux, mais si c'est Bayrou, rien n'est perdu et de toutes façons avec une " extrême gauche " marginalisée aucune autre majorité que celle rassemblant les " républicains " ne sera crédible. Comme beaucoup de militants, je ne marche pas dans la combine, je n'oublie pas que Bayrou a été ministre et que ce " nouveau laïque " a du affronter quand il était ministre une manifestation nationale d'un million de personnes contre sa politique de soutien à l'école privée.

Comme beaucoup de militants je sais qu'il représente une aîle de la bourgeoisie et qu'il veut comme ses " anciens " amis liquider les services publics dans le cadre de l'intégration européenne.

Militant socialiste, j'ai annoncé la couleur au moment de la désignation de la candidate , je voterai au premier tour pour Arlette Laguiller car au moins elle est fidèle aux principes qu'elle affiche.

Quand au deuxième tour, je voterai pour la candidate PS et si malheureusement un duel Sarko-Bayrou survenait, il ne faudrait pas compter sur moi pour choisir entre " blanc bonnet " et " bonnet blanc ".

Un soutien à un Bayrou, devenu le républicain social conduirait inéluctablement à une dynamique de troisième voie avec comme double conséquence une crise grave du mouvement ouvrier et une politique libérale très peu teintée de social.

Jean-François Chalot

2.5 - Voter Ségolène au premier tour pour pouvoir le faire au deuxième !

Nicolas Sarközy de Nagy-Bocsa fait l'essuie-glace entre des prises de position néoconservatrices, atlantistes et ultralibérales et des numéros de séduction de toutes les couches de la population, y compris les plus populaires.

D'une part il va à Washington se faire photographier avec Georges W. Bush, et certains affirment qu'il est monté sur un tabouret pour être à la hauteur de son grand homme de modèle. Il s'y désolidarise de la position contre la guerre en Irak que la France avait prise à l'initiative de Jacques Chirac et que Dominique Galouzeau de Villepin avait brillamment mise en musique, alors que cette prise de position restera peut-être le seul point positif des 12 ans de la présidence chiraquienne. Il est fondamentalement atlantiste, il est un fondamentaliste de l'atlantisme. En politique économique et sociale, il veut un contrat de travail unique qui serait, avec quelques assouplissements (sans doute la réduction de 2 ans à 18 mois de la période d'essai ?), proche du CNE et du CPE ; il reprend les revendications du Medef, même les plus extrémistes. Il ne faut pas s'en étonner : son frère Guillaume, qui a proclamé "Je suis fier d'être un patron industriel qui délocalise!"[1] n'était-il pas encore récemment vice-président du Medef et président de son Union des industries textiles ? Bon chien chasse de race... Il est communautariste et anti-laïque.

D'autre part, il fait désormais rédiger ses discours par Henri Guaino, un gaulliste de gauche, qui lui fait citer sans vergogne Hugo, Jaurès, Blum, Mandel, Môquet. Depuis son discours de la Porte de Versailles, il cherche ainsi à se donner une apparence de candidat social ! Mais qui peut y croire ? Comme le lui écrit Pierre-Louis Basse[2] : " Je dois dire aussi, sans vouloir vous offusquer, m'être brutalement rappelé votre difficulté en direct, à commenter la mort du dictateur chilien, Augusto Pinochet. Votre silence m'est apparu assourdissant. Les crimes de droite, impulsés directement par l'administration américaine de l'époque, ne vaudraient-ils pas ceux de gauche ? "

Il ne faut pas s'y tromper : s'il était élu, il mettrait en oeuvre la politique la plus atlantiste, la plus libérale, la plus communautariste anti-laïque et la plus réactionnaire que la droite ait tentée depuis 60 ans. Et la France serait " thatcherisée " pour des lustres.

François Bayrou se prétend adepte du " Ni, ni ". Mais ce n'est pas celui de François Mitterrand, sur lequel il y avait déjà beaucoup à dire : il affirme que c'est un refus du clivage droite-gauche et la recherche d'une " grande coalition " à l'allemande entre les modérés, depuis le centre droit jusqu'au centre gauche. Mais quand on creuse son discours, on se rend compte qu'un " bon " exemple du centre droit est pour lui... Sylvio Berlusconi, ce prototype de la droite musclée affairiste : dans une interview à France Inter, il a cité le gouvernement Berlusconi comme un contrexemple, parce qu'il s'agissait d'une alliance entre le centre droit (pour lui, c'est donc Berlusconi !) et l'extrême droite néo-fasciste. Quand on lui demande, dans la même interview, s'il se désisterait pour N. Sarkozy ou S. Royal au 2nd tour, il refuse de répondre et se limite à dire : " J'ai un objectif, celui d'être présent au 2nd tour pour de le gagner, c'est une perspective qui devient crédible. C'est mon seul objectif. "[3] Comme l'écrit l'éditorialiste de ResPUBLICA : " les députés UDF auront besoin de la complaisance de l'UMP pour être élus de nouveau, penser que Bayrou va aller à la rupture avec Sarkozy est vraiment bien naïf. Il ne s'agit, dans la campagne du président centriste, que d'un rééquilibrage des forces internes à la droite. "[4]

F. Bayrou s'affirme chrétien-démocrate, mais c'est aussi - cela va souvent ensemble - un anti-laïque forcené. C'est lui qui a réussi à faire " descendre dans la rue toute la France laïque le 16 janvier 1994 "[5], lorsqu'il cherchait à remettre en cause la loi Falloux. Regrette-t-il de l'avoir fait ? Et bien non : dans la même interview à France Inter, il dit " Il y a effectivement eu des manifestations importantes autour du projet de loi destiné à autoriser l'intervention des collectivités locales pour réparer (sic) les écoles. Je m'y étais mal pris, bêtement : j'étais jeune... J'ai voulu passer en force, par un texte, en oubliant la force des symboles. "[6] En clair, cela signifie : sur le fond, c'était un bon projet de loi ; aujourd'hui, j'arriverais à le faire passer, car je m'y prendrais plus habilement !

Quand à son programme, Le Monde le qualifie de social et libéral[7].

F. Bayrou est donc clairement un libéral et un chrétien-social anti-laïque, qui retournera à droite après avoir marchandé au mieux des ses intérêts électoraux.

Jean-Marie Le Pen paraît moins dangereux aujourd'hui qu'il ne l'a été en avril 2002. Mais il y a 5 ans à la même époque, fin février 2002, il ne paraissait pas plus dangereux qu'aujourd'hui... Il ne faut pas sous-estimer le risque qu'il représente : il faut tout faire pour qu'il ne soit pas au second tour. Que ceux qui, désespérés comme moi, ont voté Chirac au 2nd tour en 2002 imaginent qu'ils aient cette fois à choisir entre Le Pen et Sarkozy...

La gauche radicale n'a pas réussi à désigner un candidat unique. Nous sommes donc face à une multitude de petits candidats, petits en tout cas par le pourcentage que prévoient les sondages et qu'ils auront du mal à dépasser. Leur refus, à l'exception sans doute de Marie-George Buffet, mais avec des conditions très restrictives, de participer à un gouvernement de gauche réformiste leur permet d'avoir un discours revendicatif sans signification programmatique et largement irréaliste dans le cadre d'une élection présidentielle. A ces petits candidats de la gauche radicale, on peut ajouter les petites candidates écologistes.

Cet éparpillement de candidats de gauche et/ou écologistes aura deux conséquences : aucun d'eux n'aura, cela paraît évident, un score ayant une autre signification qu'un témoignage, et ils contribueront à diminuer le score au 1e tour de la seule candidate de gauche susceptible d'être au 2nd ; ils accroissent le danger d'un duel entre deux des trois candidats de droite qui couvrent l'éventail de l'extrême-droite au centre-droit.

Ségolène Royal est donc la seule candidate de gauche qui puisse empêcher que le duel du 2nd tour oppose deux de ces trois candidats.

Quoi qu'on puisse penser, il n'y a donc pas d'alternative : chaque socialiste réformiste, chaque électeur de gauche doit voter au 1e tour pour S. Royal, de façon à espérer pouvoir le faire au 2nd.

(...)

Notes

[1] Cf. LExpansion.com, article du 28.11.2002, http://www.lexpansion.com/art/6.0.64092.0.html.

[2] Sans vouloir vous offusquer, Nicolas Sarkozy, article paru dans Le Monde du 19.01.2007.

[3] Interview du 22 février 2007 par Nicolas Demorand, dans le 7 - 9:30 de France Inter, podcastable à l'adresse http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/septneuftrente/.

[4] ResPUBLICA n° 514, Chronique d'Evariste. Voir http://www.gaucherepublicaine.org/.

[5] Ibid.

[6] Les propos ne sont pas retranscrits au mot près, mais le contenu est parfaitement fidèle.

[7] Titre de Une du Monde du 24.02.2007.

L. S.

3 - combat laïque

3.1 - Un enfant de huit ans tabassé pour avoir mangé du porc à la cantine de l'école

Mohammed, huit ans, a la chance de n'avoir pas été élevé dans la phobie maladive du porc. A la maison on mange du cochon sans la peur idiote de quelque châtiment divin. Dans son école située à Paris, logiquement, il souhaitait faire de même. Mais c'était sans compter l'intolérance propre aux préceptes religieux : manger du porc n'était pas du goût des autres enfants de son âge d'origine maghrébine. Et, en conséquence, ces derniers l'ont tabassé ! La justice islamique s'invite dans les cours de récréation... Par peur des petits minables soumis à des interdits alimentaires qui ne sont que le reflet des névroses parentales, le petit Mohammed a alors cessé de consommer du porc à la cantine de l'école.

Jocelyn Bézecourt www.atheisme.org

3.2 - Troisième Université Populaire Laïque

week-end de Pentecôte 2007 à Annonay (Ardèche), du vendredi soir 25 mai après 20h, au lundi 28 mai à midi, au centre du groupement des oeuvres Laïques, chemin du grand murier.

Programme

une série de thèmes qui vont apparaître d'une actualité brulante après les résultats de l'élection présidentielle, à traiter en ateliers ou en débats pléniers, centrés autour de:

Nombreux intervenants de qualité (dont des membres d'Avenir d'ATTAC)

L'organisation matérielle:

FORMULE CLASSIQUE:

Hébergement en chambres de 2 ou 4 lits sur place dans le Centre avec 3 nuits du vendredi au Lundi, 3 petits déjeuners, 2 repas le samedi et 2 le dimanche forfait à 125 euros Les chèques vacances sont acceptés. Acompte de 40 euros par personne à verser avant le 31 mars 2007 à UFAL-Rhône-Alpes 40, rue des écureuils 38500-Coublevie

FORMULE A LA CARTE

petit déjeuner: 4 euros repas samedi midi et dimanche midi :12 euros le repas repas festif le samedi soir et repas de qualité le dimanche soir: 20 euros le repas nuit de camping: 4 euros nuit d'hôtel: aux alentours de 50 euros nuit de gîte rural dans un cadre romantique à 15km: 180 euros pour 2 personnes et 3 nuits avec petits déjeuners

L'hébergement des enfants sera gratuit et ils seront pris en charge lors des principaux débats

L'Union Des FAmilles Laïques www.ufal.org

3.3 - La laïcité en débat à Marmande

Le jeudi 8 mars 2007 ! Une date pour la journée de la femme ou, pour les catholiques, la Saint Jean de Dieu ? Non ! C'était tout simplement une soirée à Marmande pour parler de la laïcité, un combat politique, un enjeu pour les présidentielles et les législatives.

Toutefois, s'il n'a pas été question de la Saint Jean de Dieu, c'est que ce sujet concerne exclusivement la liberté de conscience de chacun conformément à l'article premier de la loi du 9 décembre 1905 qui stipule : " La République assure la liberté de conscience ". En revanche, parler de la femme dans un débat sur la laïcité est tout à fait approprié car ce sont bien les femmes qui principalement, ont subit, et subissent encore, une discrimination due aux pressions religieuses.

Cette soirée placée sous l'égide du collectif " Les Laïques en Réseau " a été organisée par l'UFAL (Union des familles laïques 47) et Le CRLP (Cercle de Réflexion des Libres Penseurs de Lot et Garonne. Robert Albarèdes, animateur de " Les laïques en Réseau " et Pierre Cassen, membre du bureau national de l'Ufal, ont tour à tour expliqué avec détails ce qu'est la laïcité et pourquoi c'est un principe universel qui permet le vivre ensemble en parfaite harmonie. La soixantaine de personnes qui a assisté à la réunion a été très attentive et beaucoup de questions ont été posées. A travers ces questions il apparaît qu'il y a encore un gros travail de pédagogie à faire car si tout le monde semble se réclamer de la laïcité beaucoup n'en connaissent ni son histoire ni son sens profond. Cette situation est certainement due à l'absence de débat dans les partis politiques qui ne semblent pas vouloir prendre une position claire sur ce sujet. En effet tous les candidats à l'élection présidentielle prononcent bien le mot laïcité dans leur discours mais ne remettent jamais en cause toutes les dérives auxquelles on assiste d'une façon de plus en plus répétitive et notamment dans le domaine du financement direct ou indirect des religions.

Une petite remarque concernant la presse : aucun des trois journaux invités n'a couvert l'événement. Ça vous étonne ?

Pierrette Bème présidente de l'Ufal 47

Jean Cantel président du CRLP Lot

4 - combat féministe

4.1 - Dérapage scandaleux à RDC (Radio Droit De Cite)

Les jeunes filles qui se font violer dans les quartiers ne sont pas consentantes !

C'est avec stupéfaction et indignation que nous apprenons, et que les auditeurs du Mantois ont entendu une émission, diffusée le 8 mars 2007, à 19 heures dans la rubrique " chez le président ",en cette journée internationale pour le droit de la femme, sur la radio RDC (Radio Droit De Cité ), où on peut entendre, par la bouche du président de cette radio, Lahbib Eddaouidi, relayé par des invitées complaisantes, que les viols dans les quartiers n'existent pas, voire que les victimes sont complaisantes et consentantes, le viol est un crime, et puni par la loi .

Lors de cette émission ont été proférés par les animateurs, tous les arguments proférés par les sexistes qui considèrent qu'une femme victime de violences sexuelles ou autres formes de violences, est d'abord coupable et complice de ce qui lui arrive...banaliser les violences faites aux femmes, c'est nier le droits des femmes .

Dans le contexte de la journée internationale du droit des Femmes, l'UFAL ne saurait réduire aux seules banlieues les violences faites aux femmes. Une femme sur dix est victime de violences, tous les trois jours, dans tous les milieux, une femme meurt, victime des coups de son compagnon, ou (ex-compagnon) en France, ce n'est pas un fait divers ou un crime passionnel qui regarde que la sphère privée, c'est une réalité que personne ne peut nier, ni accepter aujourd'hui. (23% de femmes portent plainte)

L'UFAL du Mantois ne saurait demeurer aveugle à la réalité des quartiers, et à l'aggravation de la situation des femmes, depuis les années 1990 avec l'arrivée de l'obscurantisme ...

Les viols collectifs, ce n'est pas un phantasme des médias, c'est une réalité ! La violence machiste des grands frères contre leurs soeurs, ce n'est pas un phantasme des médias, c'est une réalité ! La multiplication du voile islamiste dans les quartiers, et le retour à l'ordre moral qui l'accompagne, ce n'est pas un phantasme des médias, c'est une réalité !

Les violences verbales que subissent les jeunes femmes de culture arabo-musulmane, l'islamisation des quartiers, font partie d'un ensemble de reculs qu'il est grave de nier.

L'UFAL du Mantois proteste contre le type de message véhiculé par de telles émissions, écouté par de nombreux auditeurs, transformant les femmes victimes d'injures sexistes, physiques, ou sexuelles en victimes consentantes.

Seule la laïcité, qui garantit l'égalité de tous les citoyens et les citoyennes devant la loi, et préserve l'espace public de l'offensive du religieux, peut permettre aux femmes d'échapper aux pires messages sexistes et machistes véhiculés par les petits caïds et les chefs religieux, dans les quartiers.

L'UFAL du Mantois demande qu'une autre émission, diffusée sur la radio RDC (Radio Droit de Cité), à une heure d'écoute équivalente, permette de véhiculer un autre message, féministe, laïque, que le discours entendu le 8 mars 2007, à 19 heures, qui transforme les jeunes filles en complice consentante de la violence qui est exercée contre elles.

Hayet MORILLON Ufal du mantois

4.2 - Féminisme, Indigènes de la République et présidentielles

Cher Evariste.

J'ai lu comme vous me l'avez conseillé le livre de notre ami Scot. Rien à redire : chacun dans son espace. De plus, merci pour vos chroniques qui révèlent un esprit "avec colonne vertébrale" - ce qui n'est pas toujours le cas en nos temps troublés, où l'on trouve ou l'esprit, ou la colonne, rarement les deux à la fois.

J'ai été particulièrement intéressée par votre chronique du numéro 512, concernant les "Indigènes de la République". En effet, avant de partir en visite dans ma famille dans le moyen Atlas marocain, j'ai pu mesurer toute l'immense perversité de ce "groupement".

C'était dans l'émission de Frédéric Taddei sur F3, "Ce soir ou jamais", le 14 février 2007. Sujet : le procès de Charlie Hebdo. Au milieu d'un parterre de fleurs capiteuses - Sollers, Benour, Catherine Clément, Jardin, Raphaël Enthoven -, hurlait, se tordait Houria Bouteldja. Que disait-elle la harpie dont pas un cheveu ne dépassait du turban ? Elle déroulait l'acte d'accusation : le dessin humoristique paru dans "Libération" du 8 février et montrant trois "versions" du musulman français. Le musulman en cravate, celui qui ressemble "à un français" - à un "cadre" universel, en somme, à un type de citoyen de nos sociétés modernes, toutes confessions confondues, tourné vers la productivité et la réalisation du bien-être individuel et collectif -, - le musulman ethnique - en djellabah, eh oui, c'est très confortable ces trucs là, les couilles à l'air sans slip, c'est l'équivalent du kilt écossais, paraît-il, de la même manière qu'il est bien pratique, quand on a le cheveux gras, la mine brouillée après une nuit "chargée", de se cacher les cheveux sous un foulard... tant que ça n'est pas un système ! -, et le troisième musulman du dessin, était... un petit gars en costume mais avec barbe, bref, un intégriste qui veut faire croire qu'il a adopté les valeurs de la république, et celui-là, d'ailleurs, il était désigné nommément sur la vignette : "Tariq Ramadan". Donc, la harpie, elle déroule l'acte d'accusation, le journal Libé avec sa caricature, et elle dit, l'écrivain Abdelwahab Meddeb qui vient de témoigner en faveur de la liberté d'expression au procès de Charlie hebdo, oui, celui de "contre prêches" et de la "maladie de l'Islam", bref, celui qui a parfaitement à l'esprit qu'être musulman, c'est pas une fatalité, eh bien, elle "désigne" A. Meddeb comme "le bon musulman de la république". Tout est dit : le français, de confession musulmane, qui n'exige pas de faire autopsier sa femelle par une femelle, est un musulman "vendu".

Vous imaginez donc, cher Evariste, le trouble qui a été le mien, après avoir assisté à cette accusation publique. Et je ne vous cache pas que mon esprit sensible a été encombré durant tout mon séjour dans ma famille du moyen atlas, de l'image de ces chinois durant la révolution culturelle, qui expiaient leurs "forfaits", en marchant à genou au milieu de la foule, l'ardoise pendue au cou. Mes parents m'ont en effet toujours dit : le savoir, l'évolution par l'étude, l'intégration dans la société moderne, c'est ton visa pour la liberté... et ta prière, ta conviction religieuse, c'est ton affaire personnelle. On ne mélange pas les torchons et les serviettes, la vie mondaine, et la vie privée.

D'autre part, à propos de votre chronique du 517, je reviens de la manifestation "Grand rassemblement" de "l'Alliance des femmes pour la Démocratie" de la fondatrice du MLF, Antoinette Fourque, le 9 mars, à l'Institut Océanographique, rue Gay Lussac à Paris. Eh bien, au milieu des pointures, Wassyla Tamzali, Christiane Taubira (sympathique au possible), Kate Millet, Fouque elle-même, et une multitude de femmes engagées à tous les niveaux de la société, et devant la préoccupation d'Antoinette de mobiliser l'électorat autour d'un projet commun, j'ai proposé, pour colmater le doute des électeurs : une campagne publicitaire qui dit :" La France va bien, je vote Ségolène" - un couple hétéro avec poussette sans distinction religieuse, un couple du troisième âge, un couple homo avec enfant, une femme en boubou, un couple hétéro avec distinction religieuse, un curé et ses fidèles etc. Le message est là : la France, le pays de 1789, propose maintenant un nouveau 1789, pas le 1789 des femmes voilées, mais le 1789 d'une femme au pouvoir... ce qui est beaucoup plus excitant. Ceci, parce que le "Monde" entier observe les élections françaises, et que la Femme est une performance en soi, faire élire Ségolène, un culot franchement français. Sarko pue la chaussette, Ségo, le dessous parfumé... Que choisissez-vous, Evariste ? Puisque vous devez choisir ?

En attendant une très prochaine réponse, veuillez croire, très cher Evariste, en l'expression de mes sentiments respectueux.


Réponse d'Evariste : Houria Bouteldja, pour confirmer vos propos, avait traité, en septembre 2003, devant plusieurs centaines de personnes, à Paris, notre ami Pascal Hilout de " bougnoule de service ". Quant à mon choix électoral, ma chère Leila, il restera secret... mais vous avez lu la tendance générale de la rédaction dans Respublica 517, et vous avez constaté qu'elle ne sera pas déterminée par l'odeur supposée des chaussettes de l'un, ou des dessous de l'autre, comme vous l'évoquez avec humour.


Leila Shoof

5 - débats républicains

5.1 - Halte à la criminalisation du personnel soignant !

Trois jours après avoir condamné Claude Duviau à 30 ans de réclusion criminelle pour l'assassinat par arme à feu de deux inspecteurs du travail, la cour d'assises de Dordogne jugera à partir d'aujourd'hui l'infirmière Chantal Chanel et le docteur Laurence Tramois, respectivement pour empoisonnement et complicité d'empoisonnement, inculpation qui peut leur valoir... 30 ans de réclusion criminelle.

Pour avoir laissé la trace écrite d'un acte que plus de 2000 soignants viennent de reconnaître avoir pratiqué dans le secret*, elles se voient traitées comme des criminelles, alors qu'elles ont pratiqué un acte humaniste pour offrir une mort décente à une personne en fin de vie qui en avait exprimé à plusieurs reprises le souhait.

La loi relative à la fin de vie, dite loi " Léonetti ", s'est arrêtée au milieu du gué et laisse les soignants désemparés face à des situations de souffrance et de détresse, des appels au secours, auxquels ils ne peuvent répondre qu'en risquant les assises, ou bien en refusant une mort digne dans le respect du libre arbitre.

Minoritaires mais bien organisés, les défenseurs du statu quo hypocrite prennent prétexte du sous développement des soins palliatifs pour s'opposer à une dépénalisation de l'euthanasie, en faisant croire que le combat pour une mort digne ne serait qu'une revendication conjoncturelle qui n'aurait plus de raison d'être si les soins palliatifs étaient suffisamment développés. C'est malheureusement inexact, et d'ailleurs les partisans de la légalisation de l'euthanasie se battent aussi pour en finir avec les scandaleuses carences en offre de soins palliatifs. Parce qu'offrir une mort digne respectueuse du libre arbitre ne doit plus être un secret de famille honteux, l'UFAL :

Manifeste dans lequel plus de 2000 soignants (médecins généralistes, médecins spécialistes, infirmier(e)s, aides-soignant(e)s) affirment avoir " en conscience, aidé médicalement des patients à mourir avec décence ".

L'Union Des FAmilles Laïques www.ufal.org

5.2 - L'urgence énergétique (partie II): Ressources énergétiques renouvelables

Lire la première partie

Dans cet épisode, nous prenons le pouls des énergies renouvelables pour connaître leurs origines et leurs promesses, entre leur potentiel maximal théorique et leurs capacités de production réelles. Dans le prochain épisode, nous prendrons connaissance de l'état actuel de leur développement, de leurs coûts d'investissement et de production en France et dans le monde.

1. Des ressources immenses

Physiquement, la Terre reçoit chaque année en moyenne une énergie d'environ 134 000 milliards de Tonne Equivalent Pétrole (134 000 gigaTEP ou encore 134 000 GTEP) en provenance du Soleil, à comparer avec la consommation mondiale annuelle d'énergie en 2004 (11,7 GTEP)1.

La puissance solaire que l'atmosphère extérieure reçoit dans une direction perpendiculaire au Soleil est de 1367 W/m (énergie par seconde traversant chaque mètre carré), ce qui représente une puissance solaire totale de 180 millions de gigawatts irradiant la Terre. En moyenne annuelle, cette puissance est d'environ 340 W/m sur l'ensemble de la Terre. Environ 29% de cette puissance est réfléchie par la Terre ; 47 % est absorbée thermiquement par l'atmosphère, les continents et les océans; 23 % est transformée dans le processus d'évaporation/précipitation ; 0,2% est convertie en énergies convectives (vents, courants marins, vagues) et 0,06% en biomasse par photosynthèse.

On dispose donc par beau temps d'une puissance maximale d'environ 1000 W sur chaque mètre carré de surface perpendiculaire au soleil à midi.

Il faut encore ajouter l'énergie d'interaction gravitationnelle de marées (Lune + Soleil) qui représente 0,0017% de l'énergie solaire incidente sur la Terre, et l'énergie géothermique provenant directement du noyau, du manteau et de la croûte terrestre (50 GTEP au total, soit 0,06 W/m).

Notons encore que les gaz à effet de serre relâchés par les humains dans l'atmosphère depuis un bon siècle entraînent un déséquilibre excédentaire de 1 W/m dans le bilan énergétique Terre-Soleil, à l'origine du réchauffement climatique accéléré qui a commencé depuis quelques décennies.

2. Le potentiel énergétique renouvelable

Évaluer le potentiel solaire, éolien, hydraulique, biomassique, marémoteur, géothermique, thermohalin (vagues, courants marins, thermodynamique) est possible à l'échelle mondiale ou locale mais la méthode selon la nature de ces énergies.

Pour la France, le potentiel hydraulique terrestre est d'environ 266 TWh/an, dont 100 TWh/an au moins sont récupérables de manière rentable et 70 kWh/an sont déjà exploités. Il reste environ 23,4 TWh/an à équiper par des centrales hydroélectriques de puissances unitaires comprises entre 10 MW et 50 MW; 3 à 4 TWh/an par des installations de petites puissances (0,1 à 10 MW) et 1 TWh par des microcentrales (puissances unitaires de 10 à 100 kW).

Pour la France, le potentiel solaire est d'environ 60 GTEP/an (700 000 TWh/an), à comparer avec la consommation totale d'énergie française en 2005 (276,5 MTEP en énergie primaire et 160,6 MTEP en énergie finale après rendements).

L'utilisation de l'énergie solaire la plus efficace est obtenue par les installations de chauffage solaire basse température. Les rendements de conversion rayonnement/chaleur des panneaux solaires dépassent 95%, ce qui conduit à des rendements moyens d'installation solaire de l'ordre de 40 à 65% dans n'importe quelle région française avec des productivités moyennes de l'ordre de 300 à 800 kWh/an par m de panneau solaire selon les usages (chauffage de l'eau chaude, des bâtiments, des piscines, préchauffage de process industriels).

Une économie de 50 à 60% sur le chauffage et l'eau chaude sanitaire peut être réalisée dès aujourd'hui sur tous les bâtiments collectifs et individuels en généralisant les techniques solaires actuelles.

La production d'électricité par panneaux photovoltaïques se développe très rapidement à l'échelle mondiale. Si les rendements de conversion de l'énergie solaire en énergie électrique sont de l2 à 15% pour les systèmes commercialisés actuellement (silicium mono- et polycristallin), les prototypes élaborés dans les laboratoires dépassent déjà plus de 30% de rendement couramment et les dernières technologies multicouches atteignent plus de 40%, ce qui permet d'envisager une production massive dans les 20 prochaines années. La production d'électricité héliothermodynamique par centrales solaires haute et moyenne température est en plein essor dans les pays et régions à fort ensoleillement. Les centrales à tour, à capteurs cylindro-paraboliques ou les petites unités Dish-Stirling ont d'ores et déjà atteint leur maturité et des rendements élevés de 30 à 40%. Leur multiplication dans ces pays permettra d'électrifier des zones déshéritées et de produire abondamment de l'hydrogène solaire.

Il faut aussi faire état des techniques solaires utilisées dans les usines de dessalement de l'eau de mer très énergivore, et les recherches prometteuses dans la conversion directe du méthane en hydrogène et noir de carbone par fours solaires à 2000-3000C.

Une étude récente[2] a évalué à 480 000 TWh le potentiel éolien mondial continental exploitable à 10 m du sol pour les vents supérieurs à 5,1 m/s. Le potentiel réel est donc beaucoup plus élevé puisque la puissance du vent est plus que doublée de 10 m à 100 m au dessus d'un sol sans relief, et davantage encore au dessus d'un sol accidenté ou en montagne.

En France, l'énergie éolienne moyenne annuelle récupérable par mètre carré de surface verticale à 10 m d'altitude varie de 500 kWh dans les régions peu ventées à près de 7000 kWh sur certaines façades maritimes.

Diverses évaluations du gisement éolien français raisonnablement récupérable ont été menées récemment ; celle de l'IEER prévoit 70 TWh/an sur terre et 97 TWh/an sur mer[3]; celle de l'EED (Espace Éolien Développement) conduit à 50 TWh/an sur terre et 150 TWh/an en mer[4], à comparer avec la production électrique française totale (575,4 TWh en 2005).

Ces évaluations s'appuient sur les technologies actuelles (rendements nominaux de 85% par rapport à la limite de Betz ; 8000 éoliennes de 3 MW sur terre, à 30% de taux de conversion moyen énergie électrique/énergie éolienne; 8000 éoliennes de 5 MW en mer, 54% de taux de conversion) et devront être revues à la hausse pour prendre en compte les progrès futurs (amélioration des rendements, augmentation des puissances unitaires). De plus, elles restreignent l'installation des éoliennes aux sites isolés et côtiers communément admis. Nous discuterons de tous ces points dans l'article suivant.

Le potentiel biomassique français doit être calculé en fonction des usages écologiquement souhaitables et de la préservation de l'équilibre des sols, et non pas en soi-même. Il dépend fortement des technologies de conversion (bois énergie, types de carburants végétaux, méthanisation des déchets urbains).

Il a été évalué à 40 MTEP/an par le groupe de Bellevue[5] en fonction des utilisations à long terme. Les progrès actuels des rendements de méthanisation industrielle des déchets, des techniques de post-combustion des chaudières à granulés, de la gazéification des biomasses sèches et les recherches sur la conversion du CO2 en carburants par les microalgues permettent d'envisager un potentiel plus élevé. Il faut cependant éviter de développer des filières " biocarburants " dont le bilan énergétique est mauvais ou qui génèrent une pollution accrue des sols (engrais, pesticides, irrigation).

Les bilans énergétiques et écologiques actuels ne sont pas encore assez favorables aux filières " bioéthanol " ; la filière " biodiesel " est mieux lotie, et les filières " huiles végétales " encore mieux : le rendement énergie du carburant/énergie consommée pour le produire varie fortement d'un " biocarburant à l'autre, mais aussi d'une méthode de calcul à une autre (< 1 pour l'ETBE, à éliminer ; 2,04 ou 1,28 pour le " bioéthanol " de betterave ; 2,9 à 3,1 ou 2,5 pour le " biodiesel " ; 4,7 à 5,5 pour les " huiles végétales ", à soutenir)[6],[7]. Il faut repenser et orienter l'organisation de ces filières vers l'efficacité énergétique et la préservation des sols.

- la géothermie de haute énergie utilise l'eau des réservoirs très profonds sous forme de vapeur à haute température (150 à 350C) pour produire de l'électricité par détente dans des turbines couplées à des alternateurs. La puissance récupérable, compte tenu des rendements thermodynamiques des centrales géoélectriques, est évaluée à près de 5000 MW électriques.

En France, on utilise déjà cette ressource (14,7 MW en Guadeloupe) Mais le développement des nouvelles techniques par injection d'eau dans des roches sèches offre des potentiels énormes de production électrique: l'ADEME (Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Énergie) et le BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières) ont calculé que l'exploitation des roches entre 4,5 km et 5,5 km de profondeur sur 3 % de la surface de l'Alsace (région fortement géothermique) produirait en permanence l'équivalent d'une dizaine de réacteurs nucléaires de 1000 MW.

De plus, les réservoirs de moyenne température (100 à 150C) peuvent aussi produire de l'électricité par des centrales à cycles combinés utilisant un fluide caloporteur. L'Allemagne développe déjà ce type d'installations et le potentiel français semble assez important;

- la géothermie basse énergie (de 30 à 100C) permet de transférer directement la chaleur des réservoirs peu ou moyennement profonds (100 m à 3000 m) dans des réseaux de chauffage urbains. En France, elle représente un potentiel de 50 MTEP/an renouvelables. Mais l'énergie géothermique n'est généralement pas utilisée de manière renouvelable. Dans une installation de chauffage géothermique de moyenne puissance (1 à 10 MW), la technique du double forage extraction-injection permet d'exploiter la ressource pendant 30 ans sans baisse de température et de la poursuivre après, moyennant une diminution de 1 à 4C tous les 10 ans.

C'est donc une technique très efficace et potentiellement renouvelable si l'on prévoit de l'utiliser en été comme stockage de chaleur solaire ou industrielle (héliogéothermie). De telles installations fonctionnent déjà en Suisse et en France.

Le potentiel géothermique basse température français exploitable a été évalué à environ 6 MTEP/an (810 réseaux de chauffage urbain pour 1,7 millions d'équivalent-logements)[8].

- la géothermie très basse énergie (moins de 30C): il s'agit des pompes à chaleur dites " géothermales " qui extraient de la chaleur du sol (entre 1 et 10 m de profondeur) en consommant entre 2 et 3 fois moins d'énergie électrique. Elles utilisent malheureusement des fréons à très fort effet de serre qui grèvent leur intérêt écologique; d'autre part, leurs contraintes d'implantation, leur prix d'investissement et de fonctionnement les rendent insuffisamment intéressantes pour promouvoir leur généralisation.

En France, le potentiel très élevé sur toute la façade nord-ouest devrait pouvoir rapidement produire 25 TWh/an, et s'ajouterait au 0,5 TWh/an de la seule usine marémotrice au monde, celle de la Rance (240 MW). Le potentiel français total serait de l'ordre de 6 000 MW.

Le potentiel houlomoteur (énergie des vagues) est encore plus important et reste à exploiter. Quelques machines de plusieurs MW chacune sont actuellement testées au Danemark, au Royaume-Uni et au Portugal. On estime ce potentiel à 45 MW par km de côte, de sorte qu'une puissance installée de plusieurs GW est envisageable assez rapidement, sous forme de fermes marines ou de centrales[9].

''Après cette indigestion nécessaire de chiffres, nous pourrons aborder le prochain article: L'urgence énergétique (III): bilan actuel des énergies renouvelables''

Notes

[1] Intermittent renewable energy: the only future source of hydrogen?, Patrick MORIARTY, Damon HONNERY, Int. J. of Hydrogen Energy (sous presse, 2007)

[2] Climate change 2001, Intergovernmental Panel on Climate Change, Cambridge Press (2001)

[3] Low-Carbon Diet without Nukes in France - An Energy Technology and Policy Case Study on Simultaneaous Reduction of Climate Change and Proliferation Risks, Institute for Energy and Environmental Research, USA (2006)

[4] 200 TWh/an avec l'énergie éolienne en France en 2040, EED, 2006 - http://www.espace-eolien.fr/Eolien/200twh.htm

[5] Esquisse d'un régime à long terme tout solaire, PROJET ALTER, Ed. Syros , 66 p., (1978)

[6] Bilan énergétique et émissions de GES des carburants et biocarburants conventionnels. Convergences et divergences entre les principales études reconnues, ECOBILAN pour l'ADEME (juillet 2006)

[7] L'ambivalence des filières biocarburants, INRA Sciences Sociales n°2 (décembre 2006)

[8] Géothermie basse énergie, Jacques VARET, Masson (1982)

[9] Systèmes solaires, n°173 (2006)

Thierry DE LAROCHELAMBERT Chaire supérieure de Physique-Chimie en CPGE,
Professeur de mécanique des fluides en École d'Ingénieurs,
Chercheur à l'Université.

6 - courrier des lecteurs

6.1 - Radars : tout ce que j'ai à dire : félicitations

Je suis de gauche depuis toujours mais aujourd'hui je suis de plus en mal à l'aise, je suis fumeur et j'aime l'automobile, et en dernier je suis amateur de bons vins.

Comme vous, j'ai perdu quelques points pour des excès de vitesse de l'ordre de 10 km/h à chaque fois sur une autoroute vide.

POur des raisons professionnelles, j'ai beaucoup roulé en Allemagne (vite, très vite lorque les conditions de circulation le permettaient), comme les autres automobilistes qui ont des voitures puissantes, sans avoir l'impression de mettre quiconque en danger.

Si on élargit le point de vue, mon impresion est que la société aujourd'hui a l'air de vouloir notre bien à notre place. Et en France, ce mouvement devient de plus autoritaire aussi bien de la part de la gauche que de la droite.

Bien, je me vais me jeter sur le livre d'Airy Routier.

Continuez ce combat

Bien cordialement,

Pierre Marion

6.2 - Radars et vote Bayrou : pas d'accord !

Evariste publie une "libre-opinion" que je trouve assez extraordinaire sur un site qui porte le beau titre de "RESPUBLICA". Il y fait l'apologie d'un livre d'un journaliste du Nouvel Obs que je trouve pour ma part un assez bel exemple de la décrépitude des principes républicains. Puisque l'auteur explique en long et en large comment ... ne pas respecter la loi, celle sur les limitations de vitesses, quand "on" l'estime néfaste ou inutile. Ou quand on est, comme le dit Evariste : un pauvre bougre qui passe soixante l'heure devant un panneau marquant l'entre de l'agglomération, limite cinquante, sur une quatre voies, deux heures du matin. La République s'arrêterait-elle à 1h30 du matin ? Un élus, fort Républicain au demeurant, de ma connaissance, avait la même opinion, considérant qu'il était scandaleux de sanctionner des stationnements abusifs (sur le trottoir etc.) "entre deux heures et quatre heures du matin" Le riverain ou la PMR qui voudrait utiliser le trottoir... n'ont qu'à rentrer avant une heure du matin !!! J'avoue avoir assez aimé la formule de Régis Debray dans "La République expliquée à ma fille" : "Un républicain c'est celui qui s'arrête à un feu rouge, dans une rue déserte à trois heures du matin" (citation approximative et de mémoire).

Sur un tout autre sujet, comment ne pas être abasourdi par les démonstrations prônant le "vote révolutionnaire pour François Bayrou". On croirait un sketch de Bedos ! Ainsi "LA" solution serait de voter pour ce "centriste" qui a en effet déjà rendu de grands services aux républicains laïques : il leur a permis de se compter dans la rue en 1996 quand il voulait ouvrir largement les vannes du financement public pour l'école privée ! "LA" solution serait donc d'abord de faire "exploser" le Parti Socialiste pour que "sur ses décombres" puisse enfin s'élever le grand mouvement anti-libéral ... Ah bon. Parce que c'est le Parti Socialiste qui a empêché ce grand mouvement de se doter d'une candidature crédible ? Après tout il y a eu, chez les Staliniens, le vote révolutionnaire pour Giscard, et, au sein de ce qu'il convient d'appeler "l'ultra-gauche" certains ont été jusqu'à rejoindre les discours de l'autre extrême (voir l'évolution de la librairie "La vieille Taupe, refuge de l'extrême gauche dans années 70 qui a finit par publier les thèses révisionnistes) ... alors à l'aune de ces révolutionnaires là...en effet ...Bayrou est un moindre mal...

En tout état de cause, ces constructions continueront à faire le bonheur des amateurs. Celles et ceux qui espèrent un changement de leur vie attendront ?

Robert Vanovermeir

6.3 - Je persiste et je signe, je vote Bayrou pour éviter le pire !

Merci de transmettre à M. Jobart (numéro 518) : pour comprendre ma position il suffit de relire ma dernière phrase : "honte à cette gauche là...."

Je n'entraîne personne, je constate une hémorragie !

M. Jobart n'a t-il pas saisi que Sarkozy va "écrabouiller" Ségolène Royal ? A-t-il une meilleure stratégie que le vote Bayrou au 1er tour et massivement pour empêcher l'avènement de celui qui réclame un ministère de l'identité nationale ? Ce PS momifié ne mérite t-il pas une implosion d'abord et une renaissance ensuite ?

M. Jobart a sans doute comme moi, contre ses idées, voté Chirac en 2002 pour éviter le pire. L'a t-il oublié ?

Voter Bayrou, c'est éviter le pire. Je maintiens.

Jackie Guigo

6.4 - Non à la politique du pire

Je réagis aux voix venant de personnes se réclamant de la gauche, voix de plus en plus nombreuses en ce moment, qui appellent à voter Bayrou au premier tour des présidentielles.

Les arguments invoqués pour " démolir " Ségolène Royal peuvent être en partie justes, en particulier le fait qu'elle situe sa candidature dans l'ordre du marketing plutôt que dans celui du contenu politique, dans la logique du marché plutôt que dans celle de la résistance au libéralisme, dans la stratégie plutôt que dans l'idéologie. Mais est ce une raison suffisante pour jeter le bébé (une dynamique de changement) avec l'eau du bain (un positionnement " social libéral ") ? Est ce une raison suffisante pour appeler à voter Bayrou au premier tour de scrutin, et donc de prendre clairement le risque de faire échec à la gauche dès le premier tour ? D'abord il y a le choix, à gauche, pour d'autres candidats (il y en a même beaucoup trop, mais c'est une autre histoire). Ensuite, je trouve un tel ralliement à F. Bayrou suspect et insensé. Suspect car ce ralliement arrive tard dans cette campagne, qui a démarré il y a de nombreux mois déjà... : Bayrou monte dans les sondages, profitons en, engouffrons nous dans la brêche pour empêcher à tout prix l'élection d'une socialiste à l'eau de rose...voilà le raisonnement sous jacent; bel exemple d'opportunisme, voire de cynisme politique. Ralliement insensé, car enfin, François Bayrou, aussi honnête et sympathique soit il, reste un homme dont les choix essentiels restent marqués à droite, dans la lignée d'un " libéralisme social " qui n'a rigoureusement rien de révolutionnaire et qui ne saurait en aucune façon contribuer à une dynamique de changement antilibérale. Sans compter que Bayrou n'a, et n'aura pas, sauf ralliement d'une partie de l'UMP voire du PS, une majorité pour gouverner. Et même si tel était le cas, cette majorité volerait en éclats très vite (nous renvoyant aux délices de la IVème République). Mais, nous dit-on, seul l'échec de S. Royal fera imploser le P.S. et contraindra les socialistes à choisir entre la gauche anti-libérale et le social-libéralisme. C'est un pari très hasardeux ; d'autant que, qu'on le regrette ou pas, la désignation de Ségolène Royal montre assez clairement que les militants socialistes ont déjà choisi, et qu'ils n'ont pas choisi la gauche antilibérale ! Echec ou pas de sa candidate à la présidentielle, vu d'aujourd'hui, une implosion du PS ne semble pas se profiler à l'horizon.

Dans ces conditions, comment ne pas en conclure qu'appeler à voter Bayrou au premier tour relève de la politique du pire, ou du sectarisme, voire du cynisme en politique ; mais pas d'un choix rationnel et constructif dans une perspective de transformation sociale ?

Pierre BOURGUET

6.5 - Bayrou ou le monde de OUI OUI

Je lis l'article "Socialistes de gauche (sic), votez Bayrou" et je tombe de ma chaise. Tant d'imagination déployée dans le raisonnement pour justifier le choix de Bayrou est stupéfiant.

Beaucoup d'enfants de la République de la génération précédente, comme probablement Yves Guyet, ont bénéficié de l'école laique, de l'état solidarité et ne s'en sont pas pas trop mal sortis dans notre société actuelle . Qu'ils aient la crainte de voir leur position remise en cause par la parole de ouvriers et des employés dans ce débat participatif qu'a voulu Ségolène au début de sa campagne, je peux le comprendre. Même si je pense que cette crainte est infondée car Ségolène veut redonner une place à chacun dans un projet pour tous .

Mais qu'ils s'imaginent que Bayrou permettra le maintien de cet ordre social pour les années à venir m'étonne grandement. Sauf à refuser de voir la réalité en face, la machine économique libérale est en marche et rien si ce n'est une volonté politique forte ne pourra l'arrêter. Le monde de "OUI OUI " n'existe que dans le monde des rêves et la réalité est un peu différente. J'ai peur que le réveil soit brutal. Les forces en mouvement sont d'une grande violence. Bayrou ne pourra pas résister aux forces de droites qui le portent.

Quand Ségolène explique que chacun est expert et que chacun a quelque chose à dire parce qu'une France plus juste sera plus forte, elle dit simplement qu'une société en déséquilibre comme la notre ne peut survivre... que l'exclusion d'un tiers des citoyens nous mène à la catastrophe et qu'il faut faire autrement ?... cela n'exclue personne ... moi cela me rappelle le Conseil de la Résistance.

Alors, poursuivre un leurre ou affronter la réalité... chacun aura à choisir...

Cordialement,

Françoise Mesnard

6.6 - D'abord battre Sarkozy

Cher Evariste,

Je me réjouis de cet éditorial (Respublica 517) qui manifeste clairement le désarroi des républicains de gauche.

Il exprime parfaitement notre cruel dilemme pour le premier tour.

Toutefois, la nature de mes arguments est différente.

Je considère que, dans ces élections, la République Française, telle que nous l'entendons, est menacée directement par le candidat de l'ultra-libéralisme, monsieur Sarkozy. Il est important de mettre en perspective le danger économique, social et spirituel de cette idéologie sur notre conception républicaine de la vie en société.

En France, depuis la seconde guerre mondiale, nous sommes habitués à une droite interventioniste et humaniste. Peut-être est-ce d'ailleurs ce qui nous masque en partie le danger Nicolas Sarkozy. Malgré ses discours écrits à l'encre de monsieur Guaino, il n'est pas un candidat de droite comme les autres. A l'humanisme traditionnel des De Gaulle, Pompidou ou Chirac, monsieur Sarkozy oppose une vision mécaniste de la société où les individus sont disciplinés par la concurrence et les mécanismes de marché: Le prix et la richesse comme seul objectif dans la conscience des hommes. Cette vision est totalement incompatible avec les fondements même de notre république. Dans le préambule de notre constitution, le travail est un droit, et, non pas, nous avons le droit de travailler! Il est vrai que, depuis 25 ans, les différents gouvernements français de droite comme de gauche n'ont pas arrêté la vague libérale. Loin s'en faut. Prisonnier d'une certaine conception de l'europe, ils ont cédé du terrain peu à peu. Mais, ne nous y trompons pas, avec monsieur Sarkozy, le dogme ultra-libéral est la seule et unique matrice de sa politique. Ce n'est pas par défaut que l'ultra-libéralisme s'installera dans notre société. S'il est élu, ce n'est pas encore 5 ans de droite au pouvoir mais surtout l'entrée dans une nouvelle ère économique sociale et politique. C'est d'ailleurs ce qui le rend si séduisant aux yeux de certains avides de ruptures.

A terme, je crois que la vague ultra-libérale finira finalement par refluer d'elle-même. De plus en plus de pays qui l'ont adoptée, en reviennent avec, toutefois, de profondes blessures dans leur société. Et, il ne faut pas se leurrer, isolée la France ne pourra malheureusement pas inverser cette tendance. Mais, en revanche, elle peut limiter voire même éviter les dégats à l'intérieur voire, à terme, se positionner à l'avant-garde, en attendant une évolution alternative qui ne manquera pas d'arriver.

Comme vous l'aurez compris, pour moi, l'enjeu majeur de cette élection consiste à faire barrage à tout prix à monsieur Sarkozy. Le choix entre monsieur Bayrou et madame se fera à l'aune de cet unique objectif.

Cordialement,

Cyril Téjédo économiste

7 - à lire

7.1 - " On achète bien les cerveaux, la publicité et les médias ", de Marthe Bénilde

Editions Raisons d'Agir

1er trimestre 2007

143 pages

Ils sont partout, ils polluent nos villes et notre environnement, ils encombrent nos boîtes à lettres et s'en prennent à nos consciences.

Pour la première fois, la publicité compte plus d'opposants que de participants.

C'est une enquête de novembre 2005 organisée par l'institut Taylor Nelson Sofrès qui donne cette information...

Qu'importe!

Les publicitaires et les grandes entreprises sauront s'adapter et faire évoluer leurs supports...

Ils s'appuient d'ailleurs sur une indication capitale pour eux, apportée par cette étude d'opinion pré-citée : " 91% des sondés reconnaissent qu'elle (la publicité) influence leur vie quotidienne. "

Combien se surendettés sont tombés dans les filets de ces organismes de crédits sans scrupule que sont les Cofidis et autres Cetelem?

Combien de personnes en difficulté ont cru au miracle de la carte Auchan?

L'auteure de ce livre établit un diagnostic sévère mais réaliste de la situation d'enfermement publicitaire, d'intoxication lourde que tous les citoyens subissent.

Elle décortique la stratégie et même les tactiques des mastodontes de la publicité, n'hésitant d'ailleurs pas à démasquer certains beaux parleurs:

" Si la publicité est interdite dans les écoles françaises depuis le Front populaire, une circulaire de Jack Lang datée du 28 mars 2001 autorise des " actions de partenariat " avec des entreprises, à condition qu'elles s'inscrivent dans les programmes scolaires, qu'elles soient liées à l'éducation ou qu'elles favorisent un apport technique, notamment pour des réalisations multimédias " !

Les marques ont reçu le message cinq sur cinq et beaucoup vont s'engouffrer dans cette voie règlementaire qui leur est offerte.

Combien se surendettés sont tombés dans les filets de ces organismes de crédits sans scrupule que sont les Cofidis et autres Cetelem?

Combien de personnes en difficulté ont cru au miracle de la carte Auchan?

L'auteure de ce livre établit un diagnostic sévère mais réaliste de la situation d'enfermement publicitaire, d'intoxication lourde que tous les citoyens subissent.

Elle décortique la stratégie et même les tactiques des mastodontes de la publicité, n'hésitant d'ailleurs pas à démasquer certains beaux parleurs:

" Si la publicité est interdite dans les écoles françaises depuis le Front populaire, une circulaire de Jack Lang datée du 28 mars 2001 autorise des " actions de partenariat " avec des entreprises, à condition qu'elles s'inscrivent dans les programmes scolaires, qu'elles soient liées à l'éducation ou qu'elles favorisent un apport technique, notamment pour des réalisations multimédias " !

Les marques ont reçu le message cinq sur cinq et beaucoup vont s'engouffrer dans cette voie règlementaire qui leur est offerte.

Ce livre va fortement déplaire aux conseillers en communication, aux agences milliardaires et à leurs amis;

Ce livre qui montre et qui prouve que la liberté de la presse n'est plus aujourd'hui qu'un leurre va faire grincer plus d'un plumitif qui depuis longtemps a oublié les valeurs qu'il défendait hier...

La pieuvre publicitaire doit être combattue et ce livre s'il déplaît aux libéraux de toutes obédiences donne des outils d'analyse pertinents et utiles à toutes celles et à tous ceux qui refusent la logique du Big Brother laveur de cerveaux!

Jean-François Chalot

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