Si vous rencontrez des difficultés pour lire cette lettre, cliquez ici : http://www.gaucherepublicaine.org/lettres/525.htm

  1. chronique d'Evariste
    1. Contre le FN, la France du vivre ensemble et de l'intégration, par Évariste
  2. combat laïque
    1. "LA LAICITE EN DANGER ! ", par L'UFAL De Marseille
    2. L'éditeur Belin masque le visage de Mahomet dans un manuel d'Histoire-Géographie de 5ème, par Jocelyn Bézecourt
  3. Laïques de tous les pays unissez-vous!
    1. Interview d'Aayan Hirsi Ali aux Etats-Unis, par Evelyne Szafraz
    2. Religions: Il faut règlementer!, par Vina BALLGOBIN
  4. Elections présidentielles 2007
    1. La nation, un concept républicain, par Valentin Boudras-Chapon
    2. Sale temps sous le drapeau, par Jean-Luc Mélenchon
    3. A quoi sert le premier tour des présidentielles ?, par René DERVAUX
  5. débats républicains
    1. Rupture avec l'Union européenne, pourquoi?, par Dominique Besson
    2. APPEL REGULARISATION DE TOUS LES SANS PAPIERS ARRÊT DES RAFLES ET DES EXPULSIONS, par Le Réseau Education Sans Frontières
    3. Faut-il régulariser les parents sans-papiers de tous les enfants scolarisés ?, par Guylain Chevrier
  6. courrier des lecteurs
    1. Du drapeau, de la République et de ses oripeaux !, par Pascal Polisset
    2. La Nation indépassable., par Cyril Téjédo
    3. Citoyenne du monde qui aime son pays, par Esther
    4. J'aime le bleu blanc rouge, par Pierre Régnier
    5. Un témoignage de prof qui a pense "Liberté, égalité, fraternité", par Michèle Quelennec
    6. Je vis depuis six ans aux Etats-Unis, je n'ai jamais vu autant de drapeaux, par Rina
    7. Drapeau bleu blanc rouge à Londres, mais drapeau rouge gare du nord !, par Philippe Marlière
    8. Un vrai fascisme avance, par Chantal Crabère
    9. Bonjour de Hollande, par Murielle Lucie Clément
    10. Reprendre l'Internationale et La Marseillaise à ceux qui les ont trahis, par André Parienty
  7. Agenda

1 - chronique d'Evariste

1.1 - Contre le FN, la France du vivre ensemble et de l'intégration

La semaine dernière, tardivement, était diffusé un reportage télévisé, sur la cinquième chaîne, montrant la montée des mouvements racistes, autour du mot d'ordre " White Power ", aux Etats-Unis, mais aussi dans d'autres parties du monde, notamment la Russie. On y voyait des garçons organisés tenir des discours guerriers sur la nécessaire survie de la race blanche, menacée de disparition par la surnatalité des autres races. On y entendait des nostalgiques d'Hitler déclamer qu'il fallait débarrasser la planète de tous les Juifs et autres " sous-races ". Au nom de la liberté d'expression sans limite de la constitution américaine, ces gens faisaient circuler des cassettes dans tout le pays, et les envoyaient également clandestinement là où ce type de propos est interdit.

Dans ce reportage, on voyait l'influence de ces mouvements en Russie, et leur mode d'organisation. Des petites cellules autonomes et clandestines, qui ont carte blanche pour mener des actions violentes, passages à tabac ou meurtres, contre des populations d'origine étrangère.

Sans aller jusque là, on a vu, dernièrement, en Lituanie, à l'occasion d'un match de football contre l'équipe de France, une banderole raciste contre la négritude des joueurs français.

On voyait, dans le reportage de la cinq, un meeting tenu, en Russie, par ces défenseurs de la pureté de la race. Un fondateur du Front national, Dominique Chaboche, conseiller régional de Haute-Normandie, était venu saluer les organisateurs, dans un bref discours.

Cela confirme que le Front national a deux fers au feu. Au niveau européen et mondial, il entretient des liens avec les mouvements néo-nazis, défenseur d'un discours ouvertement raciste sur la supériorité de la race blanche. Mais en France, il mène une campagne d'un nouveau type, en mettant en avant les citoyens issus de l'immigration qui " aiment la France ". Certes, auparavant, le FN avait des alibis, comme Farid Smahi, conseiller régional Ile-de-France, ou Stéphane Durbec, de la région Paca. Mais aujourd'hui, avec l'apport idéologique d'un garçon comme Soral, issu de Parti communiste et qui se réclame du marxisme, et de Dieudonné, qui a fait ses premières armes contre le FN à Dreux, il y a, derrière Marine Le Pen, une stratégie redoutable visant à capter le vote des quartiers populaires, sur la base d'un discours aux accents républicains.

Sarkozy a compris qu'il ne pourrait pas gagner les élections avec un discours atlantiste, communautariste et ultra-libéral. Il a donc appelé Guaino à la rescousse, et opéré un virage idéologique à 180 degrés.

Le Pen a compris qu'il lui fallait, lui aussi, moderniser son discours, il a appelé Soral. Il faut certes continuer à préserver les anciens, nostalgiques de l'Algérie française et du combat contre l'avortement.

Mais il lui faut aussi tourner cette page, et mettre en avant Dieudonné et Marine Le Pen, qui se dit favorable au droit à l'IVG.

De même, sous l'influence de Soral, Le Pen a aujourd'hui tourné le dos au discours traditionnel du FN, hostile aux idéaux égalitaires de la Révolution française. Il a lancé symboliquement sa campagne à Valmy.

D'autre part, il se distingue par un discours très hostile à l'Etat d'Israël, et très complaisant avec l'Iran.

Faibles salaires, précarité du travail, délocalisations, chômage de masse, crise de l'école publique, délinquance juvénile, quartiers abandonnés aux trafics, constituent un réservoir de voix important pour l'extrême droite. Pour capter ces voix, un discours ouvertement raciste ne serait pas opérant, par contre, des propos aux accents sociaux, s'appuyant sur le " non au TCE ", peut être efficace.

Les violences de la gare du Nord ont provoqué immédiatement une remontée, dans les sondages, des intentions de vote pour le Front national.

Certains, à l'extrême gauche, parlent de " lepénisation des esprits ", et décrivent une France gagnée par les idées racistes et xénophobes, sous prétexte qu'un candidat du FN a été présent au deuxième tour, en 2002, et que cette hypothèse ne peut être totalement exclue en 2007.

La vérité est ailleurs. La majorité des électeurs de Le Pen, en 2002, ne souhaitait pas voir Le Pen arriver au pouvoir, ils ont voté pour lui d'abord pour dire " non " au choix obligé entre l'UMP et le PS, et souvent par exaspération devant l'impuissance des gouvernements, face à la montée de la délinquance dans les quartiers.

Rappelons-nous le film remarquable de Corinne Serreau, " La Crise ", en 1992. On y voit Patrick Timsit, chômeur qui vit dans une cité, tenir, tout au long du film, des propos racistes contre les Arabes, et dire qu'il vote Le Pen. Une grande scène de ce film, avec Vincent Lindon, se passe dans le domaine d'un notable de gauche, chez qui il est invité. Le chômeur tient ses propos lepénistes, et s'affirme ouvertement raciste. Naturellement, au nom des principes de la République et des Lumières, l'hôte lui fait la leçon, de manière condescendante, et lui dit que de tels propos sont insupportables en France. Mais dans le même temps, son épouse conseille aux invités de prendre du personnel de maison asiatique, jugés travailleur et peu revendicatif, plutôt qu'Africain ou arabe, considérés comme voleur et fainéant ! A la fin du film, on découvre que notre lepéniste n'a que des copains arabes, et que, pour lui, les Arabes de trop sont ceux de la cité d'à côté.

Coline Serreau, dans ce film iconoclaste, fait également très mal à toute la gauche bien-pensante en faisant dire à Timsit qu'il comprend la misère dans le monde, et qu'il est normal de faire un peu de place, en France, à ceux qui en ont besoin. Mais, ajoute-t-il, le problème, c'est que ceux qui nous disent cela vivent dans les beaux quartiers, et que la place, c'est à nous qu'on demande de la faire.

Ce film est ces anecdotes sont révélatrices. La France n'est pas un pays qui a basculé dans le racisme, malgré les scores inquiétants de l'extrême droite. N'en déplaise aux " Indigènes de la République ", les citoyens de ce pays ne sont pas nostalgiques de l'ordre colonial. La réalité des valeurs républicaines, l'ancrage du combat antiraciste dans la société ont évité le pire, depuis plus de vingt ans. Les mariages mixtes sont en progression. Un tiers des habitants ont un grand-parent issu de l'immigration, et ils sont des citoyens français comme les autres, à égalité de droits, et de devoirs. Les étrangers touchent les mêmes aides que les citoyens français, alors que le Front national réclame la séparation des régimes. On soigne les familles et les enfants qui ne sont pas en règle. On accueille dans les écoles les enfants des parents de sans-papiers. C'est cela, un pays raciste ?

La laïcité, pilier fondateur de la République, facteur d'intégration, subit l'offensive, depuis près de vingt ans, des islamistes, pour le plus grand bonheur des autres Eglises, qui souhaitent tirer les marrons du feu de tout recul laïque.

Une conception communautariste, de type anglo-saxon, tente de s'imposer, en France. On ne serait plus citoyen, mais membre d'une communauté.

Ces attaques, souvent relayées par des franges de la gauche hostiles aux idéaux républicains, ne dérangent pas le Front national. Au-delà des discours électoralistes, lui qui soutenait la politique d'apartheid en Afrique du Sud, n'a rien contre une communautarisation de la société française, sur une base ethnique et religieuse. Le FN, par exemple, a défendu le principe du voile à l'école, ce type de marquage ne le dérange pas. Le Pen préfère le discours de Tariq Ramadan et de l'UOIF à celui de Fadela Amara ou Malek Boutih.

En ce sens, certains militants de gauche, qui se disent antifascistes, feraient bien de réfléchir, quand ils combattent l'intégration, encouragent le droit à la différence et accompagnent les islamistes dans leur lutte contre la laïcité, si, au lieu de combattre Le Pen, ils ne contribuent pas à le renforcer.

Évariste Pour réagir aux articles,
écrire à evariste@gaucherepublicaine.org

2 - combat laïque

2.1 - "LA LAICITE EN DANGER ! "

THEATRE TOURSKY MARDI 10 AVRIL Marseille - 16 Promenade Léo FERRE - 3ème

IL EST TEMPS DE REAFFIRMER NOTRE ATTACHEMENT AUX PRINCIPES DE LA LAICITE CONSTRUITE PAR NOTRE HISTOIRE ET INSTITUTIONNALISEE PAR LES LOIS DE JULES FERRY SUR L'ECOLE ET PAR LA LOI DE SEPARATION DES EGLISES ET DE L'ETAT !

IL EST TEMPS D'IMPOSER A TOUS CEUX ET A TOUTES CELLES QUI ONT ACCEDE ou QUI PRETENDENT ACCEDER AUX FONCTIONS ELECTIVES LE RESPECT ET LE RENFORCEMENT DU SOCLE LAIQUE DE NOTRE REPUBLIQUE, INDIVISIBLE , DEMOCRATIQUE , SOCIALE !

IL EST TEMPS DE SE RASSEMBLER FACE A TOUS LES INTEGRISMES ,A TOUS LES COMMUNAUTARISMES , A TOUTES LES MAN╝UVRES POLITICIENNES , A TOUS LES RENIEMENTS , POUR DIRE " NON " AU RETOUR DES EGLISES DANS L'ESPACE PUBLIC , A LA REMISE EN CAUSE DES PRINCIPES UNIVERSELS DE LA LAICITE , AUX RESTRICTIONS DE LA LIBERTE DE CONSCIENCE ET D'EXPRESSION !

UNISSONS - NOUS ! DIALOGUONS ! AGISSONS !

RENCONTRE au THEATRE " TOURSKY " " UNIVERSITE POPULAIRE POUR LA LAICITE "

17 H 30 - Accueil : stands et animation organisés par les Associations engagées dans l'initiative

19 H - Interventions en Tribune :

20 H - En salle :

A partir de 22 H. : possibilité de dîner ( 15 euros) - s'inscrire : 06 19 58 40 84 ou 06 25 04

AVEC LA DIRECTION DU THEATRE "TOURSKY" ET : " Les Rencontres de la Cité ", " Laïques & Ufal ", " Laïques en Réseau " (et la participation de : " Collectif 13 Droits des Femmes ", " MRAP 13 ", " Observatoire de la Laïcité du Pays d'Aix ", " SOS Viol ", "Planning Familial 13 ", " Forum Femmes Méditerranée ", " ADLPF ", " Crémaristes Laïques ", "Fédération Départementale des Groupes des Libres Penseurs 13 ", " Mouvement Jeunes Femmes ", " GEMPPI ", " NPNS 13 ", " Pour la République Sociale 13 ", " Union Rationaliste 13 " )

L'UFAL De Marseille

2.2 - L'éditeur Belin masque le visage de Mahomet dans un manuel d'Histoire-Géographie de 5ème

La couardise face au fanatisme musulman rassemble chaque jour plus de pleutres. Bien avant la Mairie du VIe arrondissement de Paris qui, en 2006, avait supprimé le mot Allah du titre d'une pièce de théâtre, les Editions Belin s'étaient, avec la même complaisance, prosternées devant l'obscurantisme islamique.

Dans un livre d'Histoire Géographie de classe de 5e édité en 2005, Belin a masqué le visage de Mahomet sur une miniature du 13e siècle conservée à l'Université d'Edimbourg. L'image était intacte dans l'impression d'avril 2005 mais le visage de Mahomet a été masqué dans celle d'août 2005. Elle est visible en page 27 du manuel. La référence complète du livre est la suivante : Histoire Géographie, 5e, Editions Belin, sous la direction de Eric Chaudron et Rémy Knafou, 2005.

mahomet_avant_1.jpg

Quelle mouche, ou quelle fatwa (ou peur d'une fatwa), a piqué les Editions Belin entre avril et août 2005 pour dissimuler le visage du gourou fondateur de l'islam ? Au nom du respect (pourtant injustifié) des croyances, les fascistes au croissant marquent sans cesse de nouveaux points grâce à la servilité de certains : l'autocensure est la pire des défaites en matière de liberté d'expression.

mahomet_apres_1.jpg

Merci à Bruno Doizy pour cette information.

Jocelyn Bézecourt www.atheisme.org

3 - Laïques de tous les pays unissez-vous!

3.1 - Interview d'Aayan Hirsi Ali aux Etats-Unis

Gail Levin :De votre côté, pourquoi avez-vous décidé de combattre l'islam et d'amener ce sujet sur la place publique ?

Ayaan : C'est lié à Salman Rhusdie et à son livre. A l'époque tout le monde croyait qu'il s'agissait juste d'un problème avec Khomeiny. Une des leçons que nous avons tiré de ce qui s'est passé en 1989 avec Salman Rushdie est que, le dialogue avec les fondamentalistes islamiques, essayer de les apaiser, ne mène qu'à davantage de demandes et d'exigences. Cela m'a conduit et pas moi seulement mais aussi les personnes qui comprennent ce qui se passe à devoir s'exprimer et à prendre parti.

Gail Levin : Quelle différence faites-vous entre l'islam comme religion et islam politique ?

Ayaan : Avant de répondre à cette question, je voudrais faire une distinction entre les musulmans en tant que personnes, toutes différentes les unes des autres et que je n'aime pas mettre " dans le même sac " et l'islam en tant que croyance et doctrine. En tant que croyance et doctrine l'islam est politique, culturel, social et militaire. Tout cela est inclus dans le livre saint : le Coran, révélé par le prophète Mohamed dont la vie doit être un modèle pour tous les musulmans.

En cela l'islam veut nier toute distinction entre les personnes et toute différence de comportement. Nier le concept d'individu.

Je crois à l'individu et aux changements que l'individu peut réaliser pendant sa vie. Il y a 2 milliards de musulmans et ils sont tous capables d'évolution.

A 20 ans, à cause de mes croyances j'étais convaincue qu'il fallait tuer Salman Rushdie. Si j'ai pu évoluer jusqu'à être aujourd'hui avec vous, et parler devant des juifs, invitée par le Comité Juif Américain, tout autre individu peut évoluer lui aussi. Quant à la doctrine de l'islam, vous dire qu'elle est une doctrine de paix et de modération serait vous mentir et je ne vais pas participer à cela.

Gail Levin : justement je voulais y venir, comment êtes-vous passée de l'obéissance à la dissidence ?

Ayaan : En premier lieu je voudrais insister sur le fait que j'ai eu beaucoup de chance. Le fait que ma famille ait dû déménager de nombreuses fois a fait que mon enfance n'a pas été confortable mais cela m'a ouvert les yeux sur l'existence de différents mondes.

Venir par exemple de d'Arabie Saoudite et aller en Ethiopie, qui est un pays catholique équivaut à observer les contrastes. En Arabie Saoudite, les femmes sont séparées à l'extrême, jusque dans leurs maisons où elles se tiennent dans des pièces, séparées des hommes de leur familles : mari, fils, oncles et ce principe est appliqué absolument partout y compris dans les transports. En Ethiopie, par contre les femmes sont ouvertes et gaies et ne se cachent pas. Puis j'ai déménagé au Kenya, un autre pays catholique où différentes cultures et habitudes se côtoient.

Le fait que dans mon jeune âge, j'ai pu observer les différences de vie des gens, dans ces différents pays où je me suis trouvée a été une très grande chance.

D'avoir vu toutes ces cultures, d'avoir eu un père qui m'a envoyé à l'école, qu'il m'a fait finir, d'avoir rencontré des personnes qui reconnaissait ma curiosité comme une qualité et qui m'encourageait en ce sens, tout cela a été une grande chance et tout cela m'a aidé quand je suis arrivée aux Pays Bas en 1992 et que j'ai suivi les cours pour obtenir une maîtrise en sciences politiques entre 1995 et 2000.

Une des qualités demandées dans ce cours était le sens critique : critquer, critiquer... Par exemple, il ne s'agissait pas seulement de lire un livre mais aussi de pointer l'opinion défendue dans ce livre et dire ce que qui était faux et ce que je pourrais proposer pour faire mieux et éventuellement prendre parti.

C'est donc logiquement que, je ne suis pas restée neutre que, j'ai dû prendre position lors des événements du 9 septembre 2001 et que, je n'aurai jamais pu ne dire que je n'avais rien à dire là-dessus.

J'ai donc commencé à me poser des questions simples comme Suis-je d'accord ou pas avec ce qu'ils ont fait ? Suis-je une bonne musulmane ? Je suis arrivée à la conclusion Athéiste.

Il n'y a pas de dieu, d'Allah, de prophète Mohamed ou d'anges qui puissent être invoqués pour prendre la responsabilité de vos actions.

Je suis arrivée à la conclusion que l'islam est ce qu'il est aujourd'hui, politique, militaire, social et culturel par le fait de ses leaders. Si l'on veut parler d'islam de paix et de coexistence pacifique avec les autres Il faut reconnaître que ses dirigeants rendent cela impossible actuellement.

Gail Levin : Vous avez aussi dit que née femme dans une tribu conduite par les lois islamiques, vous n'auriez jamais accédé au statut d'adulte ?

Arrivant en occident vous avez aussi été étonnée d'entendre la phrase " les dames d'abord " car dans votre pays d'origine elles sont laissées en dernier. Pensez-vous que le traitement fait aux femmes en islam est d'une certaine façon au coeur de l'islam ? Ayaan : Ce n'est pas seulement au coeur de l'islam c'est structurel. L'islam s'est créé dans des tribus arabes du désert. Beaucoup de ses rites, croyances et coutumes proviennent de là. Même si ce n'est pas la culture d'autres pays musulmans, ces rites, croyances et coutumes ont été élevées au rang de religion avec valeur du divin. Ces rites, croyances et coutumes issues d'une histoire et de lieux géographiques particuliers sont donc devenus des dogmes intouchables et incritiquables.

Par ailleurs, je n'ai jamais vu d'égalité entre hommes et femmes en Islam. Arrivant en Hollande, j'ai pu observer que les filles allaient à l'école et qu'elles recevaient la même attention, le même temps pour jouer, la même quantité de jouets que les garçons. Elles pouvaient s'exprimer et leurs voix comptaient autant que celles des garçons. Après avoir terminé leurs études elles pouvaient faire leurs propres choix, avoir des biens, choisir leur profession. Quand j'arrivai aux Pays Bas dans les années 90 le débat, pour les femmes n'étaient certainement pas d'obtenir de leurs époux l'autorisation de sortir de chez elles.... Alors que, pour nous, il s'agit en priorité de sortir de l'invisibilité. Donc bien sûr j'ai été stupéfaite. Il s'agissait d'une tout autre planète...

Gail Levin : au parlement hollandais, vous avez parlé de la manière dont l'islam violait les droits les plus élémentaires des femmes de culture islamique vivant en Hollande et aussi de comment la culture islamique empêchaient les hommes venant du monde musulman d'assimiler les règles des Pays Bas (notamment vis-à-vis des femmes) et posaient des problèmes d'intégration, comment tout cela peut-il s'appliquer aux USA ?

Ayaan : Laissez-moi vous dire comment tout cela s'applique aux USA, la Hollande a été confrontée pour la première fois aux habitudes, coutumes et pratiques de l'islam quand les premiers immigrants arrivèrent venant de pays de culture islamique. Dès que vous aurez une immigration venant des mêmes pays vous devrez faire face aux mêmes problèmes. Aujourd'hui (vendredi 23 mars 07), dans le New York Time, vous avez une histoire de polygamie... Dès que vous aurez des immigrants qui ne partageront pas les mêmes valeurs que nous et qui auront des coutumes établies depuis une très longue période vous aurez les mêmes questions. Les questions que j'ai posées au Parlement hollandais quand j'ai été membre d'un parti étaient comment était-il possible que les musulmans de la deuxième et troisième génération ne soient pas encore intégrés ? (en Hollande on ne dit pas assimiler qui a une connotation péjorative à cause du traitement fait aux juifs avant et pendant la dernière guerre) Donc pourquoi ces musulmans n'étaient pas encore intégrés ? Il semble que dans les années 1960 la petite communauté musulmane, d'origine marocaine et turque était prête à s'intégrer. Par la suite, l'immigration s'est développée avec des conséquences : les filles ont été retirées jeunes de l'école et ont été mariées avec quelqu'un de leur communauté, des hommes musulmans ont importé des épouses du pays et ont ainsi empêché le processus d'intégration rapide de leurs enfants en renforçant la communauté. Après 1981 des immigrants sont arrivés en Hollande de toutes les régions de culture exclusivement islamique amenant leurs traditions et coutumes : Irak, Iran, Afghanistan, Somalie. Ils ont développé un processus de discrimination volontaire, réclamant sur base d'égalité de traitement avec les catholiques et protestants que leurs coutumes soient appliquées, réclamant des écoles coraniques, de vivre dans des quartiers séparés, (ils reçoivent par satellite des programmes d'endoctrinement de leurs pays). Et là se posent les questions de comment les femmes vivant dans cet environnement pourraient elles avoir des relations sociales et réussir dans la société hollandaise ?

Les enquêtes qui ont été faites dans les communautés musulmanes et qui demandaient aux gens s'ils voulaient changer leurs façon d'être pour pouvoir réussir en Hollande, répondaient non. Nous sommes musulmans, nous avons nos propres habitudes et coutumes et nous voulons pouvoir vivre selon nos préceptes en Hollande.

Si les hollandais veulent agir sur la question de l'intégration c'est en premier lieu en agissant sur la position des femmes de ces communautés qu'il faut agir.

Il faut veiller à ce qu'elles puissent finir l'école afin de les rendre indépendantes financièrement et capables de choisir elles-mêmes leur partenaire et aussi qu'elles puissent choisir de commencer leur famille quand elles sont prêtes pour.

Gail Levin : Cette question d'école religieuse débouche sur la question des écoles coraniques ?

Ayaan : en 1917 l'article 23 de la constitution permit aux mouvements religieux d'avoir leurs écoles mais il s'agissait à l'époque de catholicisme et de protestantisme, non d'islam il n'y avait pas de musulmans en Hollande.

Après certains incidents, il y eu des enquêtes diligentées pour savoir ce qui était enseigné dans les écoles islamiques : il y est enseigné que les Etats-Unis doivent être vaincus, que tout ce qui arrive de mal dans le monde vient des juifs, que les filles et les garçons doivent être séparés et d'autres préceptes de la sharia, aussi moyenâgeux. Nous avons donc déduit qu'il faut stopper cet enseignement. Le problème c'est que pour arrêter l'enseignement islamique radical en Hollande il faudrait arrêter l'enseignement des autres écoles religieuses qui sont protestantes et catholiques (quoiqu'il y ait peu de catholiques).

Comme la hollande est traditionnellement un pays de liberté religieuse et qu'il existe des articles dans la constitution (notamment l'article 23) qui garantissent la liberté religieuse les islamistes radicaux arguent de ces articles pour réclamer que leurs enfants soient éduqués dans un environnement islamique ainsi que la garantie de liberté pour leur culte. Ils brandissent aussi le fait qu'ils sont victimes de discriminations.

Il est clair que l'enseignement idéologique de l'islam n'est pas compatible avec les valeurs démocratiques de la Hollande, pour faire face aux nouveaux problèmes posés par l'idéologie de l'islam il faudra changer la constitution pour faire interdire ces écoles. Et ceci va arriver aussi aux USA qui sont aussi un pays de liberté religieuse.

Gail Levin : Vous avez mal évalué la réalité de la liberté d'expression en Hollande malgré cette maitrise de sciences politiques. Vous avez dit avoir été naïve ...

Ayaan : En effet, en faisant sciences politique, je suis devenue familière de la liberté d'expression décrite dans les livres. En plus, et entre 1992 où quand je suis arrivée aux Pays-Bas où tout le monde me disait : " dis ce que tu penses et raconte la vérité " poursuis le bonheur comme tout être humain, et 2002 où j'ai rejoint le monde politique j'ai fait une découverte. En Hollande, être une citoyenne au milieu d'autres citoyens permet de s'exprimer librement mais faire partie du monde politique est totalement différent. La règle est un concept que je ne découvris qu'à ce moment-là et qui se nomme " consensus ". Dans ce cas, cela signifie de ne pas partir de ce que l'on pense, on ne peut pas dire que l'on est d'accord ou pas d'accord on doit si situer au milieu et après voir si tu peux convaincre quelqu'un à droite et quelqu'un à gauche et puis j'apprécie cela car cette valeur nous a fait tous bénéficier de bienveillance, ce qui est précieux.

Néanmoins, et puisque tout le monde ne joue plus le jeu, il faudra faire face à cela et prendre des positions.

Gail Levin : Vous avez aussi dit qu'après le 11/9/2001, lorsque vous parliez à la chambre du parti du travail hollandais les commentaires étaient qu'il s'agissait de déments vous avez alors déclaré qu'il fallait réveiller ces gens et qu'il ne s'agissait pas de démence mais de l'islam et de ses croyances pouvez-vous en parler ?

Ayaan : En Hollande dans les années 1990, le débat autour du crime existait mais on, était arrivé à la conclusion qu'il y avait des circonstances qui vous avaient amené là. Ainsi si l'accusé, devant la cour pouvait faire dire par des experts qu'il avait subi des violences pendant son enfance cela pouvait apporter beaucoup de compassion à son égard. Nous venons d'un monde où l'on pensait si l'on pouvait former l'esprit des gens à faire le bien. Tout le monde allait devenir bon. C'est alors qu'il y a eu le 11 septembre et que tout a basculé.

Les gens qui ont réalisé les attentats du 11 septembre n'ont jamais eu à se trouver dans la guerre, ils ont toujours eu la liberté et ils en ont profité pour faire ces choses. Mon parti fut incapable d'imaginer que quelqu'un puisse sortir de chez soi dans la rue juste pour faire du mal à quelqu'un qui l'avait accueilli. Vous me connaissez aujourd'hui et vous pensez que je suis une bonne personne mais j'ai été éduquée et élevée pour combattre et haïr les infidèles. Pouvez-vous le croire ?

Gail Levin : Comment ressentez-vous le fait d'avoir quitté les Pays-Bas plus ou moins obligée ?

Ayaan : A vrai dire, il y a un seul individu hollandais ministre qui m'a retiré ma nationalité hollandaise et cela a amené à une crise et à la démission de son cabinet. Depuis 2001 la position de mon parti a évolué et de plus en plus de personnes en Hollande ont pris conscience qu'il y avait un problème.

Gail Levin : Pour revenir aux USA, le 1er amendement prévoit la liberté de la presse et la liberté de parole, en 2005, le Danish Jyllands-Posten publie les dessins satiriques concernant Mahomet Ces dessins ont été largement critiqués par les communautés islamiques dans le monde et les pays où les dessins ont été imprimés ont eu des problèmes, notamment de violence de la part des musulmans. Cela a affecté la liberté de la presse. Pensez-vous que finalement le monde musulman comprendra et acceptera ce principe de liberté de la presse ? Ayaan : Il faut aussi se rappeler comment cette liberté de la presse a été obtenue en occident et que l'on ment aux musulmans sur les valeurs de l'Europe. Le Danemark a énormément souffert dans cette campagne mais aujourd'hui les musulmans danois savent que la situation est vraiment sérieuse.

Vient une longue partie qui parle du livre lui-même " infidel " en anglais et " rebelle " en français où très brièvement elle résume le plan de son livre. Elle nous rappelle qu'elle a écrit ce livre subjectivement qu'il s'agit de mémoires (et que la mémoire lui fait parfois faux bond) qu'elle témoigne essentiellement de ce qu'elle a vu et expérimenté elle-même.

Elle rappelle qu'il y a dans ces terres d'islam des niveaux différents de fidèles, des plus croyants, ceux qui prennent le coran comme un modèle absolu l'islam politique qui cherche à prendre le contrôle de nouveaux territoires en Afrique ceux qui suivent quelques pratiques et ceux qui ne pratiquent pas du tout.

Gail Levin : Comment les juifs sont-ils perçus dans le monde musulman que vous avez fréquenté ? Ayaan : A la fin 2005, j'étais alors membre du Parlement Hollandais, j'ai reçu un courrier du Comité Juif américain qui disait : " nous allons vous demander une étude sur l'antisémitisme ". J'ai pensé : " je ne suis pas la personne la plus qualifiée pour ce travail " En effet et j'en suis très honteuse mais il fut un temps où je pensais que tout ce qui arrivait de mal dans le monde était de la faute des juifs quand j'étais petite et que j'étais difficile ma mère disait est-ce qu'un juif est dans ta tête ? (en Arabie Saoudite) quand le robinet ne fonctionnait pas, ma mère aurait dit : " ce sont les juifs qui ont coupé l'eau, ils veulent nous faire mourir de soif ". Mon père avait quitté la maison, ma mère disait que c'était la faute des juifs. Et il y avait bien sur les journaux, des caricatures sur les juifs, télévision audio, conférences, et aux 5 prières du jour nous demandions " Allah s'il te plait détruit les juifs ".

Ensuite, quand je suis arrivée en Hollande en 1994 pour aller au lycée j'ai du choisir un cours de langue, d'éducation civique, et d'histoire. Et là, pour la première fois j'ai entendu parler de l'holocauste ce qu'on a fait aux juifs, femmes hommes et filles et garçons. J'ai juste été horrifiée, terrifiée, (ma demi-soeur pense qu'il n'y a pas eu d'holocauste et que s'il a eu lieu les juifs le méritent puisqu'ils sont le mal absolu). Le contexte en 1994, en Hollande il y avait les images du génocide au Rwanda, Bosnie, je viens de Somalie où un clan essaye d'exterminer un autre clan donc je comprends d'autant mieux.

Gail Levin : Beaucoup de journalistes à l'ouest pensent que si on arrivait à la paix avec les palestiniens le terrorisme islamique prendrait fin en occident? Ayaan : Malheureusement, je ne crois pas que cela aiderait tant que cela.car même si en Israël et en Europe, l'on pense qu'il existe un conflit territorial entre un groupe d'individu appelés palestiniens et un groupe d'individus appelés israéliens ce n'est pas sûr. En réalité les musulmans ne s'intéressent pas à Israël. Le fait de le monter comme un problème territorial est le marketing qui a été suivi depuis 50 ans. Il s'agit dune guerre existentielle contre les juifs, menée par les musulmans. Ce n'est ni territorial ni juste les Palestiniens, il s'agit d'une propagande qui dit " Tuons les juifs avant qu'ils ne nous tuent ". C'est donc cette propagande qu'il faut arrêter.

Gail Levin dit qu'elle apprécie ces commentaires et qu'elle va présenter la dernière question Que fait-elle dans une organisation qui n'est pas particulièrement féministe ? Ayaan : en 2005, j'ai rencontré une personne qui travaille à l'American Enterprise Institute et nous sommes devenues amies. Je lui ai dit que mon mandat se terminait en 2007 et que je rechercherai un emploi académique aux USA parce que je m'y sentirais plus en sécurité. Elle m'a dit qu'elle m'aiderait et en été 2005 ensemble nous avons été dans plusieurs Instituts et à la fin à l'AEI. La présidente de l'Institut m'a rencontré personnellement et m'a confirmé qu'elle m'embaucherait dès que je le souhaiterais ou serais libre. Donc en 2006 quand ma nationalité m'a été retirée, quand en Hollande on m'accusait d'être une menteuse, d'avoir triché sur les raisons de ma demande d'asile politique, et que je me sentais vraiment au fond, la présidente d'AEI m'a appelée et m'a dit vous pouvez commencer immédiatement.

Donc pour moi l'AEI ne m'a pas seulement offert la liberté, la liberté de penser, une fonction et un salaire mais Elles ont été là pour moi.

Vendredi 23 mars 2007 au Art Museum de Sarasota, aux Etats-Unis

Evelyne Szafraz

3.2 - Religions: Il faut règlementer!

Au 21e siècle, dans la République de Maurice, l'on se demande comment et pourquoi ce pays en est arrivé là... Perte des valeurs fondamentales, absence de responsabilité intellectuelle d'une bonne partie de l'élite et de l'intelligentsia, refus de valoriser la compétence (ainsi, au moment même où les historiens sont en voie d'extinction à Maurice, l'on célèbre les talents des faux prophètes ...), incapacité du Local Government à fonctionner après que plusieurs millions ont été gaspillés pour élire des conseillers de village sans pouvoir, présence de nids de corruption connus de tous au sein des institutions, passage des jeunes en mode survie pour naviguer au-dessus de tout ce capharnaüm...

Une chose est sûre : les associations socio-religieuses omni-présentes sur la scène locale, souvent proches des politiciens, ont aussi contribué à conduire ce pays vers la déchéance. Après avoir acculé le pays au bord d'un gouffre économique, tout ce groupe de dirigeants s'amuse à voir la détresse de la population et certains poussent même - toujours et encore plus - vers la pratique aveugle du culte sans aucune profondeur spirituelle...

Osons le dire - si toutes les associations religieuses avaient accompli leur mission spirituelle correctement, alors l'on ne serait pas en train de parler de la légalisation de l'avortement aujourd'hui (décision qui n'est jamais volontaire et laisse toujours une séquelle chez celle qui est obligée d'y avoir recours).

Beaucoup d'associations religieuses ont failli à leur devoir envers les fidèles. La génération montante - peu importe ce que disent certains - regarde les associations socio-religieuses avec la même froideur qu'elle considère les politiciens, particulièrement ceux qui s'acharnent à détruire la paix sociale et la cohabitation pacifique. Il est temps aujourd'hui de réglementer et d'appliquer à la lettre les lois de la République. Il est temps de se respecter ouvertement et de dire ses frustrations au lieu d'arborer des sourires de façade et de s'alimenter de préjugés malsains contre l'autre.

1. Dans le cadre de l'aménagement du territoire, il faut décider du nombre maximum d'édifices religieux à implanter par kilomètre carré. La République de Maurice n'a pas assez de terres pour laisser émerger tant d'édifices religieux... Trouvons une formule avant de se retrouver dans un pays où il y aurait bien plus d'églises, de temples, de kovils, de mosquées que d'habitants !

2. Il faut interdire la construction de minuscules structures un peu partout dans l'île dans les villes ou les villages (au bord de la route, sur la plage, dans des ruelles,...) à partir de n'importe quel matériel de construction. Toute construction doit faire l'objet d'une requête et obtenir l'aval d'au moins 90% d'habitants de l'environnement immédiat.

3. Toutes les religions ont des pratiques cultuelles où la pollution sonore incommode les autres, qu'ils soient de la même confession religieuse, d'une confession différente, croyant mais non-pratiquant, athée, libre-penseur, ...

Ainsi, il existe de plus en plus de particuliers et d'institutions (louant leurs locaux) qui invitent à des petits moments de culte, souvent dans la soirée. Les chants (parfois avec de la musique) - peu importe la langue utilisée - gênent beaucoup les voisins aux alentours... Dans des zones résidentielles, il est important que la loi soit appliquée et qu'un hotline soit disponible pour informer de tout abus volontaire ou involontaire. Le service concerné pourrait alors alerter le responsable et lui demander d'arrêter la pollution sonore.

4. Des règlements doivent maintenant être définis pour régir les pèlerinages, peu importe l'appartenance religieuse du citoyen mauricien. Il n'est pas normal que des hauts parleurs dérangent les citoyens de la République à 2H00 du matin parce que des pèlerins ont envie de marcher en musique !

Il y a aussi l'épineux problème de la taille des objets transportés par un certain nombre de pèlerins. Est-il normal que la circulation soit bloquée, que les institutions de la République, dans un pays qui n'a pas d'argent, commencent à fonctionner à 10H30 au lieu de 9H00, et ce, pendant presque une semaine ? Pendant combien d'années encore, dans ce pays, l'on fera croire que la religion ne fait pas appel au sens de la responsabilité, de la discipline, de la ponctualité, de l'ordre et du travail bien fait ?

Autre problème que le citoyen ordinaire regarde avec beaucoup de peine. Il existe un désordre épouvantable dans certains lieux après le passage des pèlerins. Certains bords de route sont dans un état lamentable. De plus en plus, les pèlerinages ressemblent à des pique-niques organisés et pourtant aucune association socio-religieuse n'a tenté d'y mettre bon ordre malgré les appels répétés des prêtres. Au lieu de cela, l'on assiste à une surenchère maladive : qui fera le plus de bruit avec les moyens technologiques les plus sophistiqués, qui dépensera le plus d'argent en ornementations, bref qui poussera les jeunes vers le culte sans spiritualité et sans moralité?

5. L'éthique voudrait que les associations religieuses arrêtent d'inviter les hommes politiques aux cérémonies religieuses. Les citoyens ordinaires en ont vraiment assez de voir les politiciens à la télévision pendant le JT parce qu'ils ont assisté à des fonctions religieuses... Les ti-dimounes sont très conscients que ce genre de liens ne leur a jamais rien rapporté et ne leur rapportera jamais rien... Les ti-dimounes revendiquent le respect des lois de la République afin que chacun puisse aspirer enfin à vivre en toute quiétude sans avoir à se plaindre en silence ou à se morfondre dans une frustration malsaine.

Car la religion est restée un sujet tabou pendant trop longtemps à Maurice. Et comment Dieu pourrait-il se sentir fier des Mauriciens si la majorité du peuple ne peut pas s'exprimer librement et revendiquer haut et fort que la spiritualité est individuelle et privée, que le culte ne doit jamais déranger l'autre en aucune façon ?

Maurice est le pays qui abrite tant de religions et, pour les croyants, il est possible d'espérer même quand il n'y a plus aucune lueur d'espérance... Alors, le miracle va certainement se produire : les associations socio-religieuses et autres centres culturels vont repenser la religion pour faire valoir la non-violence, le respect de la vie humaine, et une très grande humilité devant le pouvoir de l'Eternel. Un jour ou l'autre, il faudra bien rendre des comptes ... Arrêtons donc de dériver... Règlementons et vite pour le bien-être de tous les citoyens de la République de Maurice!

Vina BALLGOBIN

Source : www.mauritiustimes.com/300307vina.htm

4 - Elections présidentielles 2007

4.1 - La nation, un concept républicain

C'est la plus grande confusion qui règnent en ce moment de la campagne électorale, de l'identité nationale à la marseillaise et au drapeau tricolore.

Il faut que ce soit Bayrou, catho de droite qui a consolidé en tant que ministre les privilèges de l'école catholique destructrice par essence même du sentiment d'union nationale qui affirme la valeur républicaine que c'est la république qui fait la nation et non l'inverse, qui parle de ne pas toucher au pacte laïque que Sarkozy promet de faire voler en éclat devant l'indifférence de Ségolène Royal, et il est toujours difficile de s'y reconnaître dans les ennemis de la république qui bannissent La Marseillaise comme José Bové, et ceux qui s'en servent d 'emblème pour magnifier leur sentiment ultranationaliste exacerbé comme Jean-Marie Le Pen, alors que la Marseillaise fut le chant révolutionnaire le plus chanté dans le monde entier (bien plus que l'internationale) en Europe, en Amérique latine et jusqu'au Vietnam durant tout le 19ème et tout le 20ème siècle.

Cette perte des valeurs par l'ensemble des citoyens de notre pays que l'on constate en cette campagne électorale fait dire n'importe quoi aux responsables de la gauche et surtout à ceux d'une certaine extrême gauche devenue communautariste, voire islamogauchiste, et donc profondément antirépublicaine.

C'est pourquoi je propose dans une série de plusieurs articles qui vont se succéder dans Respublica de faire le tour de la conception républicaine de la nation à partir de sa genèse historique, de son lien indispensable avec la laïcité et l'accueil d'immigrés dans un pays, et de son implication dans les positions politiques à prendre dans les crises internationales comme au Kosovo, à Chypre et en Israël-Palestine, par exemple.

Contre la confusion antirépublicaine et ennemie de la laïcité venant de tout azimut, il est nécessaire de se réarmer idéologiquement. Il est nécessaire qu'à la suite de ces articles, chaque lecteur qui se situe dans la mouvance de la Gauche Républicaine Laïque puisse réagir et donc intervenir pour enrichir ce débat fondamental.

Valentin Boudras-Chapon

4.2 - Sale temps sous le drapeau

On sent qu'on est entré dans la phase aigue de la campagne.

Le temps politique s'accélère. Sarkozy avait à peine fini de prophétiser la remontée de Le Pen et son retour sur le devant de la scène médiatique qu'aussitôt Les provocations dans l'usage des forces de police se sont accélérées.

Le matraquage d'image a commencé.

Celles de la gare du nord mettant en scène des "brutes basanées qui cassent tout" viennent fort opportunément compenser les images désastreuses du pouvoir qui emprisonne les directrices d'école et pourchasse les grands pères dans la rue à coup de lacrymos.

A sa manière subliminale, à peine énoncée mais vite absorbée par le téléspectateur, on devine aussi le lien avec le débat poisseux de la semaine passée sur le ministère de l'immigration et de l'identité nationale proposé par Sarkozy. C'est pourquoi je voudrais prendre le temps de revenir sur un épisode récent à propos de la réplique de Ségolène Royal à Marseille, si stupidement brocardée.

Il s'est dit beaucoup de choses de toutes sortes concernant le drapeau et la Marseillaise après ce discours. Je ne suis pas neutre sur le sujet. Je dois dire honnêtement que je n'ai de problèmes ni avec l'hymne ni avec le drapeau. Et pour me situer plus clairement encore, j'avoue que je ne compte plus le nombre de fois ou j'ai chanté dans les circonstances officielles où il est pourtant de bon ton de rester muet quand on joue l'hymne national. Par exemple, pendant l'hommage national pour Lucie Aubrac aux Invalides, représentant le Président du Sénat , je la chantais. Mais pas mon voisin sous la pluie, monsieur Sarkozy. N'est-ce pas étrange? On demande aux joueurs de foot de chanter la Marseillaise dans un stade avant un match mais cette exigence ne s'applique pas aux ministres au cours d'un hommage national devant le cercueil d'une résistante dans la cour des Invalides ?

IL FALLAIT REPONDRE!

Je veux dire plus. J'adhère totalement à ce qu'a dit Ségolène Royal à propos de la Marseillaise.

A gauche nous avons trop longtemps assimilé aux seuls Versaillais l'hymne tandis qu'il est pour le reste du monde un chant de liberté et de rébellion indissolublement lié à l'histoire des révolutions populaires. Il ne s'agit pas ici de commentaire musicologique. Il s'agit de dire et définir à cette occasion en quoi consiste notre vision de la France.

Cependant je comprends très bien la nature du trouble qui a été créé. Moi aussi, j'aurais été très mal à l'aise si ce qu'elle en avait dit avait été la course poursuite derrière Sarkozy que les esprits superficiels ont voulu voir. Mais elle a dit le contraire de lui ! Dès lors, j'affirme qu'il n'y a rien de plus normal, légitime et nécessaire venant de quelqu'un qui est candidate pour être présidente de la République que de répliquer à la définition de la Nation et de l'identité nationale donnée par Sarkozy à l'occasion de sa proposition d'un ministère de l'immigration et de l'identité nationale. Je juge positif et utile qu'elle y ait répondu. Son silence aurait posé problème.

Elle a eu raison de s'exprimer !

Les citoyens vont aussi trancher ce débat : ou bien la vision ouverte et universaliste de l'identité républicaine des français que décrit Ségolène Royal après tous les socialistes français ou bien l'identité nationale ethniciste que postule Sarkozy dans la tradition maurassienne de la droite classique.

Elle a bien fait de reprendre la balle au bond et d'assumer le débat. Par contre en réduisant la question posée et les réponses données à la misérable " question du drapeau ", nombre de commentateurs se sont montrés particulièrement malveillants et nuisibles à l'exigence que suppose ce débat compte tenu de sa portée. Surtout ils sont parvenus à faire un amalgame entre deux positions pourtant antinomiques.

Un beau rideau de fumé! Son seul résultat est de dédouaner l'affreuse proposition de monsieur Sarkozy.

J'invite donc chacun à prendre le temps de la réflexion et de la lecture du discours de Ségolène Royal avant de se livrer à d'outrageantes simplifications. Et pour commencer, comme d'habitude, il faut d'abord définir clairement quel est le sujet réel de la discussion: le discours de Ségolène où sa simplification médiatique.

Je note que l'industrie du spectacle et de l'information prenant comme d'habitude les gens pour des animaux a mis en scène la discussion sur le drapeau car tout le reste de ce que disait le discours de Ségolène Royal sur l'identité nationale était sans doute " beaucoup trop compliqué coco c'est pas de l'actu c'est de la philo, faut faire simple et concret " !

Suivant la règle bien connue du frelon médiatique, ce qui était un extrait devient l'essentiel qui bourdonne autour de vos oreilles et contre quoi vous ne pouvez rien sinon gesticuler sans qu'on comprenne pourquoi vu de loin.

Selon cette façon de faire, Ségolène Royal aurait proposé le drapeau pour tout programme. Une fois cette idiotie lâchée, tout le monde embraye car il de l'intérêt de beaucoup de faire semblant que tel soit bien le sujet...

Et là-dessus la machine à commenter se met à tourner toute seule.

Hypocritement, chacun commente non ce qu'elle a dit mais ce qui s'en dit. Arrive les grands esprits qui prennent des pauses raisonnables.

Ainsi de monsieur Bayrou, champion du monde des leçons de morale.

Lui accuse monsieur Sarkozy et madame Royal de " courir derrière Le Pen " et même de " faire son jeu ". Tel quel.

Peut lui importe que le contenu de la définition de l'identité nationale que donne Ségolène Royal soit l'exact inverse de celle qu'en donne Le Pen. Cette rouerie est à l'image de ce qu'est en général le tour d'illusionniste de monsieur Bayrou sur pratiquement tous les sujets.

Mais dans cette circonstance, je veux vous en donner un exemple particulièrement odieux. Pourquoi n'a t il pas été relevé ? La capacité d'indignation médiatique s'arrêterait elle au pied de monsieur Bayrou iconisé tout vif.

Voici ce que monsieur Bayrou a pu dire sans que rien ne lui soit répliqué, juste après avoir fielleusement dénoncé ceux qui seraient des "obsédés de l'identité nationale" et qui feraient "le jeu de Le Pen".

LES ACCOUCHEES SONT DES FRAUDEUSES

Monsieur Bayrou a déclaré: "Je suis favorable à ce que la nationalité française ne soit plus automatique, dès l'instant qu'en Guyane ou à Mayotte, on est venu seulement pour accoucher sur le territoire national" (23 mars 2007 à la Réunion) Prenez un instant pour réfléchir au sens de cette phrase, à l'image qu'elle porte en elle.

Inhumaine, injurieuse, vulgaire et machiste cette vision de la femme étrangère qui vient sournoisement pondre son oeuf par effraction dans le nid des autres.

Je pourrais m'en tenir là. Je pourrais me contenter de coller juste aussitôt après les dizaines de citations de Le Pen faites avec les mêmes mots pour dire la même chose infâme. Mais cela ne suffira pas à situer le degré du scandale qu'est cette phrase là, dans la bouche de cet homme là.

Car elle porte une information fausse, que le parlementaire Bayrou ne peut ignorer compte tenu des débats qui ont eu lieu dans les deux chambres à ce sujet.

Et à 7 reprises depuis 1986 et les premières lois Pasqua sur le code de la nationalité! Au minimum, par respect pour ses propres votes personnels, toujours favorables aux propositions de monsieur Pasqua et de ses successeurs de droite , monsieur Bayrou devrait au moins faire semblant de penser que ce qu'il a voté contre le droit du sol avait un sens. Monsieur Bayrou ment car il sait que la nationalité française n'est pas du tout automatique du moment où on est né en France. Et cela depuis les lois qu'il a lui-même voté!

Notre pays connaît le double droit du sol (est Français à la naissance l'enfant d'un étranger lui-même né en France).

Cela suppose donc deux générations nées sur place. Le cas précis de celui qui naît parce que sa mère s'est sournoisement faufilée dans l'océan indien ou à travers la forêt guyanaise pour le mettre au monde chez les français est simple : il n'a aucun droit automatique à la nationalité française ! Celle -ci ne lui pas accessible avant l'age de treize ans (avec l'accord des parents) ou de 16 ans (sans cette autorisation).

Il ne suffit donc pas d'accoucher pour que tout soit dit. Il faut attendre treize ans au minimum! Et à ces conditions d'âge s'en ajoutent d'autres liées notamment à la durée du séjour sur le territoire français.. C'est dans ce contexte que se situe la phrase de monsieur Bayrou répété sur toutes les ondes et médias sans commentaires ni mise au point. C'est ignoble quand on connaît les conditions dans lesquelles s'opère l'immigration des Comores vers Mayotte.

Des dizaines de barques incertaines y pourvoient contre fortune dans l'océan indien dont les passeurs sont connus pour jeter à la mer et aux requins leur passagers à la première difficulté, sans faire de différence entre les femmes enceintes ou pas !

Ce qu'a dit monsieur Bayrou n'a donc aucune réalité.

Il s'agit seulement de relancer une grossière polémique déjà allumée et entretenue il y a quelques mois quand des illuminés avaient proposé de faire des tests génétiques pour vérifier l'origine des mahorais présents sur l'île de la Réunion !

C'est dans ce contexte qu'il a pensé trouver de l'efficacité électorale avec un racolage xénophobe!

Et le tout, bien sur,avec des mines de bedaud pour débiter ses reproches à Ségolène Royal et en l'invitant à se montrer "raisonnable".

Avec cette phrase dont vous mesurez dorénavant le stupéfiant culot de manipulateur : "Il y a des forces politiques ou des personnalités politiques qui font de ces sujets une exploitation. Quand ils sont en panne de voix, ils vont agiter ces sujets, ils vont se servir de ça comme d'un tisonnier pour faire repartir des flammes mal éteintes".

Jean-Luc Mélenchon

Source : www.jean-luc-melenchon.fr

4.3 - A quoi sert le premier tour des présidentielles ?

Propositions pour de véritables primaires en France.

Le premier tour des présidentielles sert à désigner les deux candidats qui s'affronteront au deuxième tour. Cela suppose donc que cette désignation n'est pas évidente, et que le mode de scrutin proposé au premier tour (proposé par DeGaulle, dans un contexte tout différent) permet de la faire de façon satisfaisante : c'est à dire qu'il sélectionne les deux candidats qui représentent le mieux les deux plus grandes tendances de la société française, (et que le deuxième tour est la concrétisation de cette bipolarisation). Or les élections de 2002 ont montré l'inadaptation de ce mode de scrutin à la situation française d'aujourd'hui.

D'abord, on a eu au deuxième tour un candidat, Le Pen, qui n'avait aucune chance d'être élu : pas de besoin de sondages entre les deux tours pour prédire la victoire de Chirac, les seules incertitudes étant le taux de participation et le niveau final (supérieur ou non à 20%) de Le Pen. Le premier tour n'avait donc pas permis de sélectionner les deux " bons candidats " permettant un vrai débat et un vrai choix.

Alors, pourquoi en était-on arrivé là : c'est que le premier tour se présentait, aux dires des sondeurs, et pour la première fois, sans surprise : les deux camps principaux étaient en ordre de bataille, les querelles internes étaient au vestiaire, et les deux grands leaders occupaient les deux postes les plus élevés de notre démocratie : Président de la République, et Premier ministre. Cela n'avait pas été le cas lors des élections précédentes (en 74, gauche divisée et duel Giscard-Chaban, en 81 gauche plus unie mais duel Giscard-Chirac, en 88 prétentions de Rocard à gauche, droite assez divisée, en 95 duel Chirac-Balladur, et candidature tardive de Jospin). Il y avait toujours du suspense avant le premier tour. Et voilà qu'en 2002, le premier tour apparaissait comme joué, et seule l'issue du deuxième tour apparaissait comme très incertaine entre Chirac et Jospin(à noter que c'est le cas dans la plupart des démocraties occidentales, où nul ne s'étonne de voir les grands partis dominer la vie politique et les leaders de ces partis occuper les postes de pouvoir quand ils ont la majorité).

Alors à quoi allait donc servir le premier tour ? Certainement pas à favoriser les médias, qui ont du trouver un moyen de relancer le suspense pour maintenir leur audience en ces périodes souvent fastes pour eux. On a donc assisté à un pilonnage médiatique (bien relayé par les " petits candidats ") pour expliquer aux électeurs qu'ils étaient des veaux s'ils votaient " normalement " au premier tour, qui ne servirait à rien. Et c'est ainsi qu'on a vu des électeurs socialistes, qui souhaitaient sincèrement la victoire de Jospin, voter qui pour Chevènement, qui pour Mamère, qui pour Taubira, qui pour Besancenot, pour donner une petite " inflexion " à leur seul vote intéressant, celui du deuxième tour pour Jospin. Et ce fut la catastrophe que l'on connaît !

Mais comme le peuple ne peut pas se tromper, on a bien vite rationalisé ce vote : les électeurs auraient voulu sanctionner Jospin pour sa conduite des affaires (alors qu'aucun Premier ministre n'a jamais été aussi populaire), et de toute façon ils en avaient marre de la cohabitation et préféraient élire une bonne fois Chirac avec une majorité lui permettant de travailler : on a vu le résultat.

Alors ce qui est effarant est que ces arguments se retrouvent aujourd'hui dans la bouche de tous les " petits candidats " de gauche qui n'ont pas réalisé qu'en 5 ans de pouvoir de droite (et malgré les réactions extraordinaires des luttes anti-TCE et anti-CPE) leur poids s'est érodé et non pas affirmé face au " grand-frère " socialiste, comme le montrent les sondages actuels. Et que bien des électeurs de gauche estiment que voter autre chose que Ségolène Royal au premier tour (même voter Bayrou) est une preuve d'indépendance d'esprit, voire de lucidité !

Car de nouveau, comme en 2002, début 2007 les deux grands partis étaient en ordre de marche, après une sélection faite bien à l'avance de leur candidat par une procédure de primaires internes (et les médias ou journalistes qui protestent aujourd'hui contre le binôme Ségo-Sarko sont les mêmes qui, il y a 6 mois, reprochaient aux partis de pas désigner plus tôt leurs candidats). Et de nouveau le premier tour apparaît donc comme ne servant à rien, et il faut donc lui donner du sens en utilisant son bulletin de vote pour faire passer un message supplémentaire...au risque que le résultat du vote n'ait rien à voir avec les intentions des votants (l' " effet papillon " existe certainement en météorologie électorale !).

Pourtant on pourrait faire du premier tour un exercice démocratique naturel et passionnant, en en faisant un véritable système de primaires. Car au fond, les électeurs enragent de ne pas pouvoir choisir vraiment leur candidat pour le deuxième tour, ils sont déjà confrontés à un choix biaisé dès le premier tour, et sont sommés de " voter utile ". Il suffirait pourtant de peu de chose pour faire des primaires généralisées : que les candidats du premier tour puissent se regrouper dans des Unions. Chaque électeur voterait alors non seulement pour un candidat, mais aussi pour une Union. Et le deuxième tour verrait s'affronter les deux Unions qui auraient totalisé le maximum de voix, chaque Union étant représentée par le candidat qui, en son sein, a recueilli le plus de suffrages. Par exemple, on aurait pu avoir une " Union socialiste et républicaine " avec pour candidats Ségolène, Fabius, Strauss-Kahn, Chevènement, Voynet, Taubira, Marie-Georges peut-être. Et une " Union Libérale et Républicaine ", avec Sarkozy, Bayrou, MAM, Dupont-Aignan, De Villiers peut-être (Bayrou n'ayant plus besoin de faire cavalier seul pour exister). Et là chaque électeur aurait pu voter selon ses vrais penchants, sans risque de voir son camp éliminé puisque toutes les voix auraient été additionnées, et toutes les sensibilités mesurées. Et cela obligerait tous les gens qui vont devoir travailler ensemble si leur camp gagne, à s'entendre dès le premier tour et non pas à s'entre déchirer. (les candidats qui ne voudraient s'allier à personne d'autres pourraient bien sûr se présenter comme Union indépendante).

Au niveau de l'organisation du scrutin il n'y aurait aucun changement (si ce n'est de faire apparaître clairement et sans ambiguïté sur les bulletins l'Union à laquelle chaque candidat appartient) : après le dépouillement " normal " il suffirait de faire le total des voix de chaque Union pour désigner les deux participants au deuxième tour.

Ainsi chaque camp (chaque Union) aurait la possibilité de réaliser des primaires en vraie grandeur, et de façon simultanée (la primaire à gauche n'influençant donc pas la primaire à droite, par exemple). Et on aurait la garantie d'un deuxième tour représentatif du vrai débat de fond de la société.

(En outre, tout candidat arrogant, voulant écraser les autres, risquerait de se retrouvé confronté à des Unions dissidentes dans son propre camp, ce qui pourrait être dangereux pour lui et amènerait donc nos politiciens à plus de démocratie interne !). Pour terminer, et puisqu'en 2007 on n'en est malheureusement pas là, je voudrais formuler une réflexion qui me semble " de bon sens " : quand on se dit " de gauche ", la seule preuve qu'on puisse en donner (si on est un citoyen lambda) c'est de " voter à gauche " (de même que l'on dit : il n'y a pas d'amour, il n'y a que des preuves d'amour). Et nos stratèges de Café du Commerce de gauche, qui expliquent avec délice comment, en votant Bayrou, ils vont sauver la France de Sarkozy et permettre à la gauche de se reconstruire sur de magnifiques ruines (il est vrai qu'elle aura certainement de longues années devant elle pour le faire) ont vraiment la mémoire courte : il est vrai que, bien souvent, sur le plan personnel, ils n'ont rien à redouter d'une droite victorieuse, et peuvent donc assumer sans crainte les risques que leur vote fait courir à la population qui en souffrira. Aussi, s'ils trouvent le PS trop à gauche, qu'ils quittent la gauche. Et s'ils le trouvent trop à droite, qu'ils aillent militer dans l'un des mouvements de l'alter-gauche ! Mais il est vrai que ces brillants esprits ont une pensée si unique qu'ils ne peuvent se sentir compris nulle part ! Mais être de gauche, quelque part, n'est-ce pas miser beaucoup plus sur l'action collective que sur le poids cumulé des individualités, fussent-elles brillantes (cette dernière option étant d'ailleurs le crédo du libéralisme). Alors oui, voter Bayrou c'est être libéral ![1]

Notes

[1] PS : je n'ai pas retenu comme fonction du premier tour la vitrine offerte à toutes les organisations politiques (et autres parfois pas très sérieuses) parce que d'autres élections à la proportionnelle (européennes, régionales) donnent certainement une meilleure image de la répartition de l'électorat, et que le laminage provoqué par le vote utile au premier tour tend plutôt à discréditer les petites formations qui n'ont rien à gagner dans cette confrontation mais s'y sentent obligées. Avec le système de primaires que je propose, cet inconvénient disparaît.

René DERVAUX militant associatif

5 - débats républicains

5.1 - Rupture avec l'Union européenne, pourquoi?

Avant toute chose, précisons que par "rupture avec l'Union Européenne" j'entends rupture avec l'Europe de Maastricht et non pas rejet d'une Europe des peuples libres et fraternels. Il est temps de prendre conscience des conséquences désastreuses de l'UE sur les peuples européens !!

L'Union européenne : un bilan catastrophique pour les peuples européens !

Etudiant, je suis directement touché par les récentes mesures (rapport Hetzel, reforme Goulard) visant à réduire le coût de l'éducation, casser les diplômes nationaux reconnus, et nous livrer en pâture aux entreprises ("2 jours en cours, 3 jours en entreprises" rapport Hetzel), tout cela pour respecter le fameux pacte de stabilité et "rechercher une meilleur compétitivité de système européen d'enseignement supérieur" (Déclaration de Bologne). "L'Education est le premier budget en France", et alors?!! L'éducation est une richesse en soi, elle ne doit pas faire les frais de restrictions budgétaire dictées par l'Europe de Maastricht! Comment proposer (imposer) la bivalence (enseignement de 2 matières), de nouvelles suppressions de postes alors que certains enseignants sont déjà débordés! ... sans parler des frais d'inscriptions en constante hausse pour nous étudiants (dois-je mentionner les milliers d'étudiantes contraintes à la prostitution pour financer leur études?!!).

Les conséquences de la politique menée par l'Union européenne actuellement sont visibles dans bien d'autres domaines comme la santé: ouverture des hôpitaux à la concurrence (patients = clients?!!), manque de personnel notamment dans les services d'urgences, les services publics: fermeture des postes, des écoles communales, l'emploi : suppressions, délocalisations, augmentation des emplois précaires, des travailleurs pauvres (7 millions actuellement), le logement: destruction de 250.000 HLM en 10 ans (plan Borloo), vente d'1% du parc HLM français à la propriété, ...

L'UE : véritable dictocratie !

Mais, me direz vous, ce bilan n'est que le fruit d'une volonté gouvernementale nationale. C'est faux! Les gouvernements nationaux ne sont que de vulgaires cabots réduits au silence par l'Europe de Maastricht ! Dans notre formidable régime "démocratique", c'est la Commission européenne, qui n'est même pas élue par le peuple qui fixe les règles (et elles sont claires, cf. ci-dessus). Citons l'exemple espagnol du 29 novembre dernier : le 25 avril de l'année dernière, l'UE approuvait l'acquisition de contrôle d'Endesa (société espagnole) par E.ON (entreprise allemande); intervention de Zapatero pour fixer des conditions; et à la Commission européenne de répliquer le 29 novembre: "la Commission estime que ces nouvelles conditions enfreignent les règles du traité CE relatif à la libre circulation des capitaux (...) la Commission a compétence exclusive pour apprécier l'incidence concurrentielle des concentrations de dimension communautaire. Les Etats membres ne peuvent appliquer leur législation nationale en matière de concurrence à ces opérations".

Les gouvernements n'ont plus autorité sur leurs territoires! Pire la Commission européenne, le pouvoir exécutif de l'UE, est aux mains de pantins dirigés par les grandes entreprises (liens étroits entre Barroso, président de la Commission européenne et le groupe Latsis, avantages financiers accordés a celui-ci sur divers contrats).

On le voit, l'Europe de Maastricht est une véritable dictocratie à l'américaine qui empêche toute initiative nationale. Croire à une "Europe plus sociale", comme on l'entende souvent, avec Bruxelles c'est fermer les yeux sur ces faits. Comment se fait-il que quelques puissants nous imposent leurs lois?! Comment se fait-il que le non à la Constitution européenne, qui l'a emporté à 55%, soit considéré comme un non nationaliste et égoïste, un non sanctionnant le gouvernement alors en place, un frein, alors qu'il est au contraire la manifestation d'une volonté de construction d'une Europe fondamentalement différente, une Europe des peuples libres et fraternels ! Je rêve d'une Europe dans laquelle il ne serait pas imaginable que plusieurs milliers d'hommes et de femmes soient sans domiciles alors que quelques privilégiés, gros actionnaires du Cac 40 par exemple (100 milliards de bénéfices pour 2006 soit presque la moitié du budget annuel français) enregistrent des profits record.

C'est sans honte que j'affirme ma volonté de rompre avec l'Europe de Maastricht ! Puisse cet article ouvrir la discussion et permettre une prise de conscience.

Dominique Besson

5.2 - APPEL REGULARISATION DE TOUS LES SANS PAPIERS ARRÊT DES RAFLES ET DES EXPULSIONS

Nous, citoyens, indignés par la situation faite aux résidents étrangers, en appelons au gouvernement français pour qu'il applique enfin une vraie politique de l'immigration, respectueuse des droits de tous.

Depuis des mois, les dossiers des demandes de régularisation ne sont plus traités à la Préfecture de Police de Paris selon des procédures rigoureuses et équitables : les Collectifs de sans-papiers ne sont plus reçus que tous les quatre mois et la quasi-totalité des dossiers reste en suspens. Le traitement des dossiers déposés dans le cadre de la circulaire du 13 juin 2006 n'a fait que confirmer l'arbitraire qui préside aux régularisations : 7 000 demandes satisfaites sur plus de 30 000, l'application des critères de la circulaire n'étant que des plus aléatoires.

La clandestinité organisée par le refus de régularisation et l'arbitraire administratif perpétue exploitation et insécurité pour les sans-papiers, tenus à l'écart des droits fondamentaux, mais se révèle très profitable pour de nombreux secteurs économiques (bâtiment, restauration, confection...), bien souvent avec la semi complicité de l'Etat. Oui, il faut reprendre l'examen de tous les dossiers de demande de régularisation. Les gouvernements n'ont pas les moyens matériels et politiques de jeter tous les sans-papiers dehors, sauf à mettre en cause les droits fondamentaux de tous au nom d'une propagande du chiffre, plus destinée à servir d'épouvantail électoral qu'à élaborer une vraie politique d'accueil et d'intégration.

Nous ne pouvons plus tolérer les rafles quotidiennes opérées dans nos quartiers. Nous ne pouvons plus tolérer que les droits humains soient bafoués par l'Etat, au mépris des conventions internationales que la France a signées.

Par sagesse, par justice, le gouvernement français doit procéder à la régularisation rapide de tous les sans papiers et de leurs familles.

Appel à la manifestation du 31 mars

Le Réseau Education Sans Frontières

5.3 - Faut-il régulariser les parents sans-papiers de tous les enfants scolarisés ?

Concernant l'affaire de la directrice d'école qui a été en garde à vue à Paris, il faut différencier les choses, me semble-t-il, vis-à-vis de la lecture à sens unique qu'en font quelques organisations, en laissant de côté une question au coeur de cet événement.

- D'une part, il est normal que des enseignants qui connaissent les enfants en cause réagisse en s'opposant aux agents venus arrêter leurs parents sans-papiers à la porte de leur école, un lieu qui devrait être tenu à l'écart de ce genre d'action qui ne peut qu'être violente ne serait-ce que psychologiquement, et inspirer un sentiment de révolte. Il y a même à pratiquer ainsi dans de telles conditions, comme une sorte de provocation de la part de la police.

Il est tout aussi normal de s'indigner de la mise en garde à vue d'une directrice d'école qui en s'opposant ainsi à de telles pratiques, ne fait que faire respecter l'esprit d'accueil de l'école.

- Mais l'émotion créée par cette situation ne doit pas nous amener à éluder un problème qui est au coeur de ce débat. Certains disent, et c'était le cas à la manif d'hier, que, puisque la loi française permet à tous les enfants d'être scolarisés sans que l'on demande des papiers à leurs parents, il suffirait de régulariser ces derniers afin que soit stabilisée la situation des enfants. Il y a eu, je crois, une petite dizaine de familles de l'école en question qui ont été récemment régularisées selon les critères du ministère de l'intérieur.

Mais regardons les choses telles qu'elles sont, en suivant cette logique de régularisation, ce serait ni plus ni moins décréter que tous les sans-papiers qui ont des enfants seraient libre de s'installer en France. Ceci constituerait l'initiation d'une nouvelle dynamique de l'immigration dans notre pays, une sorte d'appel aux familles candidates au départ, de venir s'installer en France. Ce climat pourrait inciter certains sans-papiers résidant en France à avoir des enfants pour profiter de ce mouvement. Serait-ce une bonne chose pour ces enfants ? Doit-on encourager la libre installation en France de toute famille immigrée sous cette logique? Est-ce que cette logique ne risque pas à terme de porter des coups terribles aux politiques sociales par un apport croissant de personnes socialement démunies avec des réponses en termes de moyens qui ont nécessairement des limites, que ce soit dans le domaine de l'action sociale, de l'accès au logement ou à l'emploi, qui alors seraient mise en cause pour tous, y compris les familles immigrées elles-mêmes.

Autrement dit, la difficulté à intégrer un nombre croissant de personnes immigrées sous cette logique de l'encouragement à l'installation en France, par manque de réponses, ne risque-t-elle pas, à plus ou moins court terme, de créer les conditions de la promotion d'un communautarisme qui détruise toute idée de pacte républicain, de laïcité et même rende caduque tout combat pour l'égalité? Ne serait-ce pas aller à l'envers de nos buts?

On doit pouvoir accueillir des populations nouvelles en France mais pas sans règles et sans limites, à moins de vouloir livrer la république aux communautaristes et aux chantres du libéralisme qui trouveront leur compte dans la division communautariste de la société au lieu de s'affronter à la lutte des classes. Il y a des équilibres à maintenir.

On ne peut se contenter, encore une fois ici, du seul sentiment d'humanité pour justifier de la libre installation des immigrés en France que prônent certain derrière cet événement, qui serait une pure fuite en avant. On doit pouvoir se rende compte que ce n'est pas en ouvrant le robinet de l'immigration que l'on résoudra le problème des causes terribles qui la génèrent, mais en organisant des réponses là où l'essentiel de ceux qui voudraient partir restent et ont besoin d'un autre espoir que d'immigrer et d'une autre cause commune qui leur rende la dignité de leur vie, de leur terre.

Guylain Chevrier Docteur en Histoire

6 - courrier des lecteurs

6.1 - Du drapeau, de la République et de ses oripeaux !

" L'étendard sanglant est levé " Voilà ce qu'il faut chanter quand nous entonnons la Marseillaise... phrase à laquelle répond en écho, " rouge du sang de l'ouvrier " que " Le Drapeau Rouge " complète.

Surprenante approche du débat politique des présidentielles, que celle qui veut décréter une si nouvelle ligne Maginot entre ceux qui se revendiqueraient de la gauche républicaine, s'opposant sur la question de symboles, aussi post-historiques que le drapeau tricolore, l'hymne national, voire l'identité nationale... une querelle hors d'intérêts.

J'ai écrit - post historique - parce que, dans la tradition républicaine, le drapeau tricolore n'est resté qu'un signe, autant que le drapeau rouge, en tout cas dans le mouvement ouvrier., ce qui peut nous différencier de la droite républicaine.. qui aime les couleurs bleu, blanche et rouge.. qui aime les couleurs pour mieux en dénigrer certaines...

La réalité de la Lutte des classes, postérieure à la Grande Révolution, a vu le drapeau tricolore devenir celui des gouvernements, celui des armées, des colonialistes, alors que le drapeau rouge prenait la place symbolique du combat émancipateur.

La Commune de Paris a été l'étape de ce changement symbolique.

A l'époque du congrès de Tours, en 1920, le camp socialiste s'est divisé entre ceux qui pensaient réformable cette société de guerre et de misère et ceux qui l'ont définitivement condamnée.

Pour les premiers comme pour les seconds, le drapeau n'était alors que rouge...

C'est en fait après la deuxième guerre mondiale que le drapeau tricolore a trouvé une seconde jeunesse au sein du mouvement ouvrier et républicain.

Ce fut le fait du PCF qui, suite à sa lâcheté stalinienne, qui l'avait vu soutenir le pacte germano-soviétique, cherchait à se ré-installer dans le cadre de la République sociale. Il s'est alors drapé de patriotisme, d'une résistance complètement écornée par les faits de l'histoire. Ce fut l'époque d'une vraie publicité éhontée, celle qui inventa le Parti des fusillés.

Pour faire oublier ses errements, le PCF a eu besoin de " contribuer " à l'effort national qu'un accord de gouvernement avec le général De Gaulle exigeait.

A l'époque et nombres de films peuvent encore en témoigner, seul le PCF arborait quelques drapeaux dit " des Versaillais ". Même la SFIO continuait à manifester avec le seul drapeau rouge...

C'est l'objet des dizaines de livres qui ont rappelé ce cheminement du parti des ouvriers au Parti communiste français. Il ont été écrit. Cela s'appelle l'Histoire du mouvement ouvrier.

Alors quand je constate cet appel aux trois couleurs, quand je lis qu'il faudrait que chacun et chacune ait, en sa demeure, un drapeau bleu-blanc-rouge, je crois qu'il y a erreur !

Tricolore renvoie à la trilogie républicaine, Liberté, Egalité, Fraternité... Bleu, Blanc Rouge renvoie aux couleurs... aux couleurs qui étaient celles utilisées par les affiches colonialistes, aux couleur de peaux !

Et quand je lis ces insupportables déclarations d'amour aux " symboles " de " notre République ", je suis sceptique, terriblement sceptique.

Quand l'attelage s'emballe, peut être doit-il être mesuré l'incompétence du conducteur et non celle des chevaux ?

Je trouve misérables les plates déclarations amoureuses au drapeau, à une France qui, force est de le constater, est devenue celle de Mitterrand, de Chirac, voire demain de Royal ou de Sarkozi. Quelques articles m'ont indigné : entre autres certains, au ras du sanglon, éperons cousus à la botte de l'ordre, qui mettent des flics énervés par un ministre-présidentiable, dans une balance improbable avec quelques branleurs imbéciles, violents et répréhensibles.

Tout service public se doit d'être meilleur que ceux qui en ont besoin et le sollicite ! La misère obère tout repère citoyen, à nous de les maintenir, y compris contre une police aventurière et survoltée.

Vive la Commune, et que vive notre drapeau rouge ! tâché de bleu, de blanc, de gris ou de jaune, de vert ou de noir...

Vive la Commune !

Pascal Polisset

6.2 - La Nation indépassable.

Cher Evariste, votre sincérité et votre expérience vaut tous les discours sur ce délicat sujet.

Pour illustrer votre propos, je citerai une phrase de Jean Jaurès qui disait: "Un peu d'internationalisme éloigne de la patrie, beaucoup y ramène!"

Dans la situation actuelle, le seul territoire, la seule collectivité sur laquelle nous pouvons encore exercer pleinement notre citoyenneté demeure la France.

Bien sûr, que chaque être humain devienne un véritable citoyen du monde reste un idéal à atteindre pour l'ensemble de notre espèce.

Mais dans l'état actuel de notre évolution, être un citoyen effectif du monde, c'est d'abord et avant tout agir politiquement à l'intérieur de notre nation.

Ne nous leurrons pas car tout le reste fait une part trop belle aux fantasmes et nous éloigne des vrais enjeux.

Il faut encore et toujours rappeler à ces consciences éprises de changement, que notre République Française est, au demeurant ce merveilleux outil, bâti par le combat et la mort de millions d'hommes et de femmes, pour rendre ce monde plus libre, plus juste et plus fraternel.

Alors, "allons enfants de la patrie, le jour de gloire est arrivé!"

Cyril Téjédo économiste

6.3 - Citoyenne du monde qui aime son pays

Comme je me reconnais bien dans la plupart des articles sur ce sujet dans votre magazine reçu ce matin, moi aussi en 68 j'ai rejeté tout ça comme "gaulliste", plus tard c'était parce que Le Pen avait annexé ces attributs de la France. Longtemps je me suis sentie fière de me penser comme "citoyenne du monde" parce que, fille d'immigrés par mes deux familles paternelles et maternelles et juive par surcroît, j'avais des cousins dans nombre de pays du monde...

Mais je me souviens aussi de l'émotion ressentie au soir du 14 juillet 1989, on fêtait le bicentenaire de la Révolution et cette superbe cantatrice - j'ai oublié son nom, désolée - chantait la Marseillaise, ceinte d'un drapeau bleu blanc rouge qui battait dans le vent, j'avais les yeux plein de larmes. Et moi qui ne suis absolument pas intéréssée par le foot... j'étais drôlement fière quand nous avons gagné la coupe du monde et qu'il y a eu ce déferlement sur les Champs Elysées. Bien sûr que c'est important et nécessaire de reconquérir ces symboles, pourquoi les laisser à l'extrême droite ???

Je ne crois pas en revanche qu'il soit absolument nécessaire que tout le monde ait son petit drapeau à domicile, ça me semble ressortir du gadget, non?

Allez bon courage, continuez !

Esther

6.4 - J'aime le bleu blanc rouge

Aïe ! Je n'ai pas sitôt établi des liens intéressants avec Respublica que me voici à nouveau dans l'angoisse en lisant le numéro 524 ! Vais-je une fois de plus être classé "ambigu", "confusionniste", "ne sachant pas choisir ses amis" comme ça m'est arrivé si souvent durant ma vie militante (j'ai presque 69 ans) ?

Je n'ai jamais su poser solidement mes deux pieds dans un "camp". Il y en a toujours un qui reste en l'air, prêt à aller se poser ailleurs où j'ai cru voir aussi quelque chose d'intéressant. Pour faire bref voici quelques-unes de mes "contradictions 524" dont je ne me sens nullement coupable :

j'aime le bleu blanc rouge et suis heureux de le voir en haut de page de Respublica mais, depuis que, enfant, j'ai dû réclamer à tue-tête "qu'un sang impur abreuve nos sillons" ce n'est pas le symbole républicain mais le symbole sanguinaire que j'entends (même si j'admets que la République ait dû être guerrière pour s'établir jadis je veux maintenant qu'on la pacifie); je suis heureux de la victoire de la laïcité à Lyon, où les contribuables n'avaient pas à payer la rencontre de Sant' Egidio, et pourtant j'ai de l'estime pour cette association confessionnelle (voir mon texte adressé à Pertutti "Les prisonniers de Sant' Egidio") ; j'aime qu'on soutienne Sifaoui et qu'on combatte Ramadan et l'islamogauchisme ; j'aime qu'on dénonce la démagogie de José Bové quand il en fait (et j'ai définitivement décidé de ne pas mettre son nom dans l'urne en apprenant sa stupide provocation consistant à dire qu'il fallait présenter des sans papiers aux Législatives)... et pourtant c'est à Bové que je viens d'envoyer ma contribution à la pacification de La Marseillaise puisque c'est lui qui la propose. Jugez plutôt

Pierre Régnier

6.5 - Un témoignage de prof qui a pense "Liberté, égalité, fraternité"

L'islamisation des jeunes est un vrai problème mais dont les enseignants ne connaissent parfois que la partie émergée, telle que les médias nous la renvoient,sans l'analyser ou sans vouloir comprendre ce qui se passe dans la tête des adolescents qui en sont victimes.

Pourtant, l'islamisation rampante de nos jeunes est préoccupante. Exemple ce garçon de 3ème qui depuis un mois nous intrigue par ses remarques agressives concernant notre façon "discriminatoire" de l'évaluer. Si nous lui disons qu'il n'a pas assez travaillé pour passer en seconde c'est "parce qu'il est arabe", et tout est comme ça. Même s'il se sent "Français" et craint "Sarko" (comme bcp d'élèves de son âge qui ont réagi spontanément aux propos racistes du candidat : "les moutons dans les baignoires" et ont recommandé de voter Ségolène). Aujourd'hui j'ai entendu ce que je pressentais : il apprend l'arabe "coranique" (pas l'arabe littéraire) avec "un imam très sévère, vêtu de sa robe, et enveloppé de son foulard palestinien". Il écrit sur des tablettes en bois. Ses yeux brillent quand il explique qu'il peut "gagner plus de 400 euros s'il apprend par coeur 7 chapitres du Coran" car "un enfant de moins de 12 ans qui en connaît 7 gagne 370 euros". Il n'a pas envie d'y aller et il me dit qu'il a "envie de se battre avec lui" mais ses parents l'y obligent. Plus tard il veut réussir ou alors aller au lycée Averroés de Lille. Pauvre de lui, il était sûrement mal parti, lui qui disait un jour qu'il ne serait peut-être pas toujours musulman,lui qui fait ramadan sans en connaître la signification comme les enfants fêtent Noël ici. Quand les parents et l'imam promettent beaucoup d'argent pour acheter un jeune qui lui veut vivre là où il est et comme il l'entend, c'est qu'ils ont perdu la bataille. Mais si nous ne tendons pas la main à ces jeunes et à leurs parents, nous les perdons et nous avec.

Michèle Quelennec

6.6 - Je vis depuis six ans aux Etats-Unis, je n'ai jamais vu autant de drapeaux

Evariste bonjour,

J'ai beaucoup aimé l'article sur la Marseillaise. Je vis depuis 6 ans aux USA et un ami m'a (sans que je le sache) inscrit sur la liste de Respublica dont je reçois maintenant le couriel lol.

Je n'ai jamais vu autant de drapeau de ma vie depuis que je suis là-bas. Tu peux a peine imaginer après le 11 sept. 2001 le sentiment d'unité qui a rassemble les Américains. Bien sur certains l'ont malheureusement interprète comme le début d'une croisade etc mais je dirais qu'en majorité les gens se sentait unis dans l'adversité.

Quand je chante la Marseillaise je ressens ce sentiment de rébellion contre l'oppresseur, qui n'est ni de droite ni de gauche mais représente l'UNITE dans la défense de la LIBERTE. Et lorsque l'on reproche aux immigres de ne pas s'intégrer dans la sociéte Francaise je dis que si l'on était plus fiers de notre pays pour ce qu'il représente, un oasis de liberté pour les citoyens du monde, ce problème se résoudrait de lui-même. Le fait que je désapprouve la politique de George W Bush ne m'a pas empêche de partager un profond sentiment de tristesse et d'unite lors des attentats et pendant la période qui a suivie.

Le drapeau tricolore ne représente pas ceux qui se le sont appropries a des fins politiques, il représente le travail et les sacrifices de millions de gens qui on fait et font encore aujourd'hui evoluer la France vers ses principes magnifiques de liberté, égalité, fraternité.

Il ne faut pas l'abandonner a des mécreants ce drapeau, il faut le défendre et le faire briller sur tout les fronts, social, culturel, économique...

Il faut interpréter le nationalisme dans le bon sens, c'est un enthousiasme, c'est la volonté de faire partager cet enthousiasme avec tous, pour un avenir meilleur ici et ailleurs.

Voilà c'est tout.

Bonne chance avec le journal.

Rina

6.7 - Drapeau bleu blanc rouge à Londres, mais drapeau rouge gare du nord !

Salut Evariste,

Pas mal ton article sur le drapeau et La Marseillaise: de l'émotion, des convictions, c'était convaincant. Au risque de te surprendre, je n'ai rien contre le tricolore et La Marseillaise. Je m'y reconnais totalement moi Français de l'exil. Ce sont les symboles de mon pays, que j'aime profondément. Ma femme, qui est Portugaise, veut prendre la nationalité britannique et veut que notre fille la prenne également pour pouvoir "mieux participer" a la vie de notre pays d'adoption (droit de vote). il ne me viendrait jamais a l'idée de prendre une toute nationaliste que celle que m'a donnée mes parents (en tout cas mon père, car ma mère n'est pas Française). Mais tu commets une erreur: la gauche radicale, anti-capitaliste (pas "l'anti-libérale" show-biz), la vraie, n'est pas anti-drapeau et anti-Marseillaise. Laissons ces gamineries aux gauchistes puérils.

Ces symboles sont pour nous importants et nous les respectons. Ils renvoient a notre intégration dans la communauté nationale, rien de plus, rien de moins. La Marseillaise est un chant de liberté national. Il appartient autant aux républicains de droite que de gauche. Et c'est la ou le bats blesse: dans la lutte politique, le drapeau tricolore et l'Internationale rouge doivent rester nos symboles distinctifs a gauche, sur un plan affectif et pratique, car ils sont des symboles de libération et d'action anti-capitaliste, propres a la gauche et qui, créent donc une ligne de fracture avec nos ennemis de classe, ce que ni La Marseillaise, ni le tricolore, ne parviennent a réaliser.

Donc, le tricolore quand je pense a la belle France de Londres, mais le drapeau rouge, des que je mets les pieds a la gare du Nord!

à Londres

Philippe Marlière

6.8 - Un vrai fascisme avance

Je lis avec beaucoup d'intérêt vos articles de réflexion sur la laïcité. La situation en France et plus généralement en Europe me paraît gravissime face à l'entrisme des islamistes dans nos pays démocratiques. Il y a là un vrai fascisme qui s'avance. Nos dirigeants politiques n'ont pas l'air de sentir cette menace. Si la moindre observation est faite on lâche les grands mots racisme et islamophobie. Après cela " circulez y'a rien à voir ! ".

Merci donc de défendre nos valeurs républicaines et laïques, je pense qu'hélas la gauche traditionnelle est molle. Se rappeler de la non intervention de Jospin alors ministre de l'Education nationale lors des premiers problèmes de voile en 89. Il aurait fallu être clair tout de suite sur cette question. Le voile est, me semble-t-il le signal le plus fort de la montée de l'islamisme dans une société, et nous sommes mal barrés !! Les gens de l'extrême gauche qui cherchent des voix à tout prix sont prêt à toutes les démagogies !! C'est un scandale d'avoir laissé la défense de nos valeurs républicaines aux fachos d'extrême droite !

Les réacs des autres religions sont prêts à s'engouffrer dans cette brèche pour reprendre aux femmes les acquis de liberté notamment la contraception et le droit à l'IVG. Le combat féministe est me semble-t-il à reprendre ou à poursuivre.

Le discours sur la laïcité et les valeurs de la république n'est pas facile à tenir. Merci à vous d'être très clair dans ce combat. Continuez.

Chantal Crabère

6.9 - Bonjour de Hollande

Salut Evariste,

Ça au moins, c'est un article bien placé. Pas que les autres le soient moins, au contraire. Mais vous voyez, je retrouve La Marseillaise dans pas mal d'oeuvres littéraires et je pense qu'il est utile de témoigner comme vous le faites. Vous me donnez une idée de recueil: La Marseillaise dans la littérature (ses représentations, bien entendu).

Merci à vous et à toute l'équipe de Respublica et les 35.000, 50.000 abonnés à la fin de l'année !!

Allez, on se fait la bise (amicale et laïque).

Murielle Lucie Clément Université d'Amsterdam (UVA)

6.10 - Reprendre l'Internationale et La Marseillaise à ceux qui les ont trahis

Comme beaucoup, l'Internationale est pour moi le chant de la lutte des opprimés et je vibre d'émotion ou de colère selon les circonstances quand je l'entends. La Marseillaise a été accaparée par les droites, de Le Pen au "marais" en passant par les sarkozistes. Cette confiscation de l'un des principaux symboles de la Révolution française et de la Résistance (y compris gaulliste), a mis nombre d'entre nous en restait à l'égard de notre hymne national; et bien nous avions tord! L'International nous est chère, malgré Staline,les goulags,les liquidation de populations, des Socialistes Révolutionnaires Russes, des menchévicks, des bolchévicks de la première heure, des trotskistes... malgré les purges tchécoslovaques, les répressions Hongroises, du "Printemps de Prague"et Polonaise... malgrès le génocide cambodgien, le néo-capitalo-communisme chinois ou le paradis Nord-Coréen... Staline nous a volé l'Internationale et bien il faut la reprendre!

Pour la Marseillaise, c'est la même chose. Ca n'est pas parce que M.Sarkozy se réfère à Jean Jaurès, Léon Blum, Jean Moulin, Roger Salengro, Geoges Mendel, Guy Mocquet ou Pierre Mendès-France que nous allons les lui abandonner! Il est sain de revendiquer notre droit à héritage, même et surtout si d'autres en pervertissent le soufle révolutionnaire en confondant patriotisme et nationalisme plus ou moins xénophobe.

André Parienty Social-démocrate

Agenda