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17 OCTOBRE : LA CONVERGENCE DES LUTTES A EU LIEU DANS LA RUE

Lycéens, ouvriers, employés, travailleurs indépendants précarisés, anciens Gilets jaunes : ce 17 octobre, des colères longtemps dispersées se sont retrouvées dans la rue. La vie chère, les services publics sacrifiés, l’école malmenée, le mépris social et la crise démocratique ont un dénominateur commun : une politique qui fait payer aux classes populaires le prix des choix économiques au profit de la haute bourgeoisie. La question n’est plus seulement sociale. Elle est devenue profondément politique.

Le peuple n’en peut plus !

La colère populaire n’a rien d’un accident. Elle est le produit d’une dégradation prolongée des conditions d’existence et d’un sentiment grandissant de dépossession démocratique.

Il faut mesurer ce qui se passe dans le pays. Pour des millions de Français, travailler ne garantit plus de vivre dignement. Les salaires stagnent, les dépenses contraintes explosent, l’alimentation devient une variable d’ajustement du budget familial. Les prix sont à des niveaux insupportables pour les plus modestes. Remplir son réfrigérateur, payer son loyer, se chauffer, mettre du gasoil dans le réservoir de sa voiture ou enfin faire face à une dépense imprévue : voilà le quotidien de trop nombreux travailleurs et retraités. Et pendant ce temps, on leur parle de rigueur, de dette, d’efforts indispensables ! Toujours les mêmes efforts, demandés aux mêmes catégories sociales. Toujours cette logique qui consiste à présenter les dépenses sociales comme un problème, tandis que les inégalités de patrimoine et la concentration des richesses sont reléguées au second plan. La colère populaire n’a donc rien d’un accident. Elle est le produit d’une dégradation prolongée des conditions d’existence et d’un sentiment grandissant de dépossession démocratique.

Mais, ce 17 octobre, cette colère a pris une dimension nouvelle. Les lycéens rejoignent les salariés, les employés, les ouvriers et les indépendants précarisés. Les revendications se rencontrent : défendre les services publics, augmenter le pouvoir d’achat, garantir l’avenir de la jeunesse et retrouver une véritable souveraineté populaire. La convergence des luttes n’est plus seulement un mot d’ordre. Elle devient une réalité politique.

Depuis les Gilets jaunes, l’impasse répressive

Comment ne pas faire le rapprochement avec 2018 ? Le mouvement des Gilets jaunes avait révélé une France populaire que le pouvoir ne voulait pas voir : celle des territoires abandonnés, des salariés pauvres, des retraités modestes, des travailleurs obligés de compter chaque euro. Face à cette révolte, l’exécutif a privilégié une réponse sécuritaire dont les conséquences ont profondément marqué le pays. Les blessures graves, les controverses sur les armes utilisées par la police, les interpellations massives et les restrictions apportées à certaines manifestations ont nourri une défiance durable. Les autorités ont invoqué la nécessité de répondre aux violences et aux dégradations. Mais une politique de maintien de l’ordre ne peut tenir lieu de réponse à une crise sociale. Lorsque la contestation est d’abord traitée comme un problème policier, le risque d’envenimement devient considérable. Aujourd’hui, avec les lycéens, la même contradiction réapparaît. La jeunesse réclame des moyens pour l’école, des perspectives d’avenir et le droit de faire entendre ses revendications. Les interventions policières et les affrontements occupent pourtant une place centrale dans le débat public.

Réduire la mobilisation aux affrontements permet surtout d’éviter la question essentielle : pourquoi tant de citoyens en arrivent-ils à considérer que les institutions ne les entendent plus ?

Oui, il y a des violences. Mais réduire la mobilisation aux affrontements permet surtout d’éviter la question essentielle : pourquoi tant de citoyens en arrivent-ils à considérer que les institutions ne les entendent plus ? La responsabilité politique du pouvoir ne disparaît pas derrière les images de désordre. Elle doit être interrogée à partir des décisions prises, des revendications ignorées et des occasions de dialogue manquées.

L’école publique au cœur de la République sociale

Partout revient la même interrogation : quels moyens la nation entend-elle consacrer aux besoins collectifs ?

La mobilisation lycéenne rappelle une vérité fondamentale : l’école publique est l’un des piliers de notre République. Elle n’est pas une dépense accessoire qu’on ajuste au gré des arbitrages budgétaires. Elle est la condition même de l’émancipation et de l’égalité des droits. Or, les difficultés s’accumulent : manque d’enseignants, classes chargées, inégalités territoriales, inquiétudes autour de l’orientation et de Parcoursup. L’école reproduit trop souvent les inégalités qu’elle devrait combattre. Une République qui laisse se dégrader les conditions d’instruction de sa jeunesse renonce à une partie de sa promesse fondatrice. La défense de l’école rejoint celle de l’hôpital, des transports publics, de la Sécurité sociale et des collectivités territoriales. Partout revient la même interrogation : quels moyens la nation entend-elle consacrer aux besoins collectifs ? La République sociale ne peut rester une formule inscrite dans les discours officiels. Elle exige des services publics accessibles, des droits sociaux effectifs et une fiscalité juste permettant de financer la solidarité nationale.

Le drapeau tricolore n’appartient à aucun parti

Ce 17 octobre, autre fait mérite attention : la place des symboles républicains dans la mobilisation. Le drapeau français, parfois aux côtés du drapeau rouge, la Marseillaise reprise par des jeunes, l’affirmation d’un attachement à la nation et à ses principes. Cette rencontre de traditions populaires différentes rappelle que la question sociale appartient pleinement à l’histoire républicaine française. Le drapeau tricolore n’est la propriété d’aucun gouvernement ni d’aucun parti. Depuis la Révolution française, il appartient à tous les citoyens. Il porte l’héritage des combats pour la souveraineté populaire, les libertés et l’égalité. La Marseillaise n’est pas seulement un chant de cérémonie officielle. Elle est née d’une Révolution qui proclamait la souveraineté de la nation contre les privilèges. Les lycéens l’ont bien compris !

Le RN face à l’épreuve des revendications sociales

La journée du 17 octobre met également en lumière les choix politiques du Rassemblement national. Le parti de Marine Le Pen et Jordan Bardella revendique depuis des années la défense des catégories populaires. Pourtant, son attitude face aux mobilisations sociales appelle un examen précis. La priorité accordée aux questions d’ordre public ne répond pas, en elle-même, aux revendications sur les salaires, les retraites, l’école ou les services publics. C’est sur ces sujets que le RN doit être confronté à ses propositions et à ses votes, et non sur ses seules déclarations racoleuses et populistes. Les travailleurs modestes et les retraités ont besoin de réponses vérifiables : quelle évolution des pensions ? Quel financement de la Sécurité sociale ? Quelle politique salariale ? Quels moyens pour les services publics ? Quelle répartition de l’effort fiscal ? Sur tout ces points, le RN est toujours, toujours, du côté du patronat !

Parlement devant ses responsabilités

Le Parlement ne peut se contenter d’arrangements tactiques ou de calculs de survie gouvernementale. Sa responsabilité est d’examiner les conséquences sociales des mesures proposées et de débattre publiquement des alternatives à l’austérité.

La mobilisation intervient au moment où les choix budgétaires engagent directement l’avenir des services publics et de la protection sociale. Le gouvernement invoque les déficits et la dette. Ces questions sont réelles. Mais elles ne déterminent pas à elles seules la manière de répartir les efforts. Derrière chaque ligne budgétaire se trouve un choix politique : financer ou réduire, protéger ou transférer la charge, renforcer un service public ou accepter sa dégradation. Un budget n’est jamais neutre. Il désigne ceux qui contribuent et ceux qui bénéficient de la dépense publique, c’est à dire la haute bourgeoisie. Le Parlement ne peut donc se contenter d’arrangements tactiques ou de calculs de survie gouvernementale. Sa responsabilité est d’examiner les conséquences sociales des mesures proposées et de débattre publiquement des alternatives à l’austérité. La question du financement de l’école, de l’hôpital, des retraites et des collectivités territoriales doit être posée sans détour. Celle des recettes fiscales, des exonérations, des aides publiques aux entreprises et de leur efficacité doit l’être tout autant. Le débat budgétaire doit sortir des seuls cercles gouvernementaux. Il concerne directement la vie des citoyens. Et en l’état le budget du gouvernement Lecornu est inacceptable, il doit être censuré !

Le 17 octobre ouvre une question décisive

L’ensemble des forces du mouvement social doit se poser maintenant la question du programme revendicatif national !

De Lille à Bordeaux, de Marseille à Paris, les mobilisations expriment une contestation qui ne peut être réduite à la colère d’une catégorie particulière. La rencontre des lycéens, des salariés, des ouvriers, des employés et des indépendants précarisés ne signifie pas encore qu’un « programme commun » existe, loin de là. Mais elle fait apparaître la profondeur des difficultés économiques et démocratiques du pays. L’enjeu dépasse le sort d’un gouvernement. Il concerne le modèle social français, le rôle de l’État, l’avenir des services publics et la capacité des citoyens à peser réellement sur les décisions collectives. Ce 17 octobre, la convergence des luttes a trouvé une expression dans la rue. L’ensemble des forces du mouvement social doit se poser maintenant la question du programme revendicatif national !

La convergence des luttes a eu lieu enfin, il faut maintenant la convergence politique autour d’un « Programme minimum de justice sociale ». Mais soyons clair, le mouvement populaire en marche ne doit compter que sur ses propres forces !

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