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La Commune de 1871 – premier épisode

Les hommes de la Commune — Par Auteur inconnu. L'Illustration, journal universel, 15 juillet 1871, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=19906752

Il y a 155 ans se terminait de manière sanglante la Commune de 1871. C’est un épisode historique qui est demeuré dans la mémoire collective. Pourtant, la Commune fut d’abord dénigrée. Nous vous proposons une relation d’un fort mouvement ouvrier précurseur des conquis sociaux et démocratiques à venir, et remis en cause actuellement, en trois épisodes.

La Commune de 1871 : une insurrection républicaine

Sa réintégration dans l’histoire nationale française se fit en trois temps :

Ce dernier temps de réintégration fut le fruit du travail d’historiens appartenant pour la plupart au Parti communiste et à l’association « Les amis de la Commune de 1871 » (association créée en 1880 par d’anciens communards et qui existe toujours). Cependant, cet évènement fut longtemps minoré. Jusqu’à récemment, les manuels scolaires ne l’évoquaient presque pas ou pas du tout. Sous la Vème République naissante, nulle mention de la Commune. Lors de la célébration du 100e anniversaire, nul message présidentiel ou gouvernemental.

Alors, pourquoi une telle difficulté à faire reconnaître cet événement, d’autant qu’il eut un retentissement international exceptionnel ? Cette question est centrale. On peut estimer que cet épisode ne cadrait pas avec le récit que les classes dominantes voulaient imposer au reste de la société. Pour Karl Marx, la capitulation de la France face à la Prusse avait été voulue par la bourgeoisie française pour sauvegarder ses intérêts, non vis-à-vis de l’ennemi allemand, mais vis-à-vis du danger que représentait le peuple français. En d’autres termes, la bourgeoisie française fit primer en 1870 ses intérêts de classe sur ceux de la patrie en trahissant cette dernière.

La Commune s’explique à partir de la chute du régime impérial

Pour comprendre pourquoi on en est arrivé là, il est nécessaire de remonter à ce qui s’est passé à la suite de la capitulation de Napoléon III à Sedan, le 2 septembre 1870. Grâce au télégraphe, la nouvelle se répandit comme une traînée de poudre sur l’ensemble du territoire national en provoquant une situation quasi insurrectionnelle.

En effet, entre le 4 septembre et le 18 octobre 1870, outre Paris, la République fut autoproclamée dans de nombreuses villes, notamment Lille, Montereau, Chartres, Cosne-sur-Loire, Vierzon, Saint Amand, la Charité-sur-Loire, Dijon, Le Creusot, Saint-Étienne, Grenoble, Nîmes, Nice, Narbonne, Toulouse, Bordeaux, Lyon, Marseille.

Treize départements du Sud se fédérèrent dans une ligue, « La Ligue du midi », centrée sur Marseille. Une autre ligue en Occitanie centrée sur Toulouse faillit voir le jour. Des Comités de salut public firent leur apparition. Un embryon de Ligue de l’Est autour de Besançon faillit aussi voir le jour. Leurs objectifs : préserver la République, pallier les défaillances de l’État central et poursuivre la guerre. Mais le centre de gravité de cette insurrection face au pouvoir central resta Paris.

L’importance prise par Paris dans cette insurrection s’explique :

La Commune, c’est un enchaînement de fait

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