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L’extrême centre macroniste fait entrer la France dans l’illibéralisme. À nous de la sortir de là à la suite du 5 novembre

Ombre stylisée d'un manifestation sur un mur de brique

Orban n’est pas mort, il ressuscite en un Macron finissant. Le « Mozart de la finance » voit toutes ses promesses politiques partir en quenouille. Comme tous les extrêmes centres, il finit par faire subir au peuple la douleur, la brutalité et son incompétence. Il a néanmoins réussi une chose, avoir été le principal artisan d’un enrichissement exponentiel des ultra-riches et d’un record du taux de pauvreté (15,4 %, soit 9,8 millions de nos concitoyens). Quant à la place de la France dans le concert des nations, on n’a jamais vu une baisse aussi forte grâce à ses deux mandats tant dans l’Union européenne que dans son économie.

Du Macron rapporteur de la commission Attali au macronisme orbanisé

Décrétée en août 2007, la commission Attali a pour but de « libérer » la France de la lourdeur des règles qui empêchent le capital de lutter contre les baisses du taux de profit inhérentes au capitalisme lui-même. François Hollande passe à l’application concrète le 31 décembre 2013 en voulant « rétablir nos comptes publics, améliorer la compétitivité des entreprises, moderniser le marché du travail, consolider nos retraites » et acter « moins de charges sur le travail, moins de contraintes » sur les entreprises. Puis vint la décennie Macron de baisse des impôts pour la grande bourgeoisie et de baisse des droits sociaux pour la classe populaire.

La répression brutale comme dernier acte de l’extrême centre macroniste

Emmanuel Macron continue sa transformation du service de sécurité publique en une milice au service d’une petite minorité.

Alors que la jeunesse du mouvement lycéen montre la seule voie vers un avenir souhaitable, avec des revendications qui sont soutenues par une large majorité du peuple (comme d’ailleurs lors du mouvement social des retraites), Emmanuel Macron continue sa transformation du service de sécurité publique en une milice au service d’une petite minorité. Le 17 octobre, toutes les polices étaient rassemblées autour de la manifestation et personne n’était présent contre les casseurs et les pilleurs des 17 et 18 octobre. Chercher l’erreur ! Erreur de la direction des polices dans la répartition des services, insuffisance du renseignement, personnel politique incapable de répondre aux revendications, ce qui était la moindre des choses à faire.

Quant aux libertés publiques, là, c’est le pompon. Alors que le droit de manifester est un droit constitutionnel dans une vraie république sociale, l’extrême centre macroniste tombe dans l’illibéralisme. Dans une République sociale, on ne demande pas à pouvoir exercer le droit de manifester, on doit déclarer une manifestation. Les manifestations deviennent interdites uniquement quand elles sont expressément interdites. Pour l’extrême centre macroniste, par exemple dans Paris, seules les « manifestations tramways » sont autorisées, c’est-à-dire uniquement là où circulent les tramways sur les boulevards des maréchaux ! Le mouvement de la jeunesse a donc compris que, petit à petit, l’extrême centre souhaitait parquer les manifestations, ce qui est contraire à l’esprit du droit positif ! Donc, dès le mardi 3 novembre, ils ont fait l’apprentissage des manifestations illégales ; mais non interdites, c’est-à-dire sans déclaration de manifestation, donc sans interdiction expresse ! Et les deux manifestations de plusieurs milliers de participants de l’Interfac étudiante et d’une coordination étudiante se sont bien passées !

La manifestation du 5 novembre et ses suites

600 000 manifestants dans toute la France, d’après le ministre de l’Intérieur, 1,6 million d’après la CGT. Tous les retours d’infos de notre Réseau sur Paris et plusieurs dizaines de grandes villes de province s’accordent pour dire qu’il y avait beaucoup plus de monde que le 17 octobre en province et, à Paris, bien plus que le 17 et le 24 octobre. À Paris, le départ de la place de la République a débuté à 14 h 10 et les derniers manifestants sont partis après 17 h 30. Donc, on peut dire que nous avons été beaucoup plus d’un million de personnes. Mais, conformément aux instructions données aux forces de l’ordre, c’est la police qui formait le carré de tête de la manifestation dans le boulevard Voltaire à Paris, ce qui a entraîné des heurts entre manifestants et forces de sécurité et même un arrêt de la manifestation sur le boulevard Voltaire.

Le gouvernement a, dans l’après-midi, invité le patronat et les organisations syndicales à une conférence sociale lundi prochain.

Alors que plus de 200 milliards d’aides (sur un budget de l’État de 510 milliards) sont accordées aux entreprises sans contrôles et sans contreparties (selon une commission d’enquête du Sénat), et alors que la grande bourgeoisie paie de moins en moins d’impôts malgré l’accroissement de ses revenus et de son patrimoine, il n’est plus possible de dire que l’État n’a plus d’argent pour les revendications populaires.

Comme au Brésil, comme en Serbie, un mouvement de jeunesse a redonné du tonus aux mouvements sociaux.

Comme au Brésil, comme en Serbie, un mouvement de jeunesse a redonné du tonus aux mouvements sociaux. Oui, contre la vie chère, il faut augmenter le SMIC d’au moins 100 euros par simple décret. Oui, il faut rétablir l’échelle mobile des salaires et des retraites. Oui, il faut retirer les budgets présentés au Parlement pour répondre à l’urgence des politiques scolaires et de l’ensemble des services publics financés par les cinq branches de la Sécurité sociale. Oui, il faut rétablir la justice fiscale et faire en sorte que les prélèvements soient réalisés selon une fiscalité progressive sur les revenus et les patrimoines (pour les patrimoines d’habitation principale, pas de fiscalité en dessous d’un seuil à déterminer, bien sûr).

Ce mouvement social s’inscrit dans la même séquence que l’élection présidentielle : le problème du pouvoir est donc posé. Nous aurions dû pouvoir faire campagne pour un gouvernement NFP, comme en 2024. Malheureusement, le NFP a explosé et l’actuelle campagne s’effectue sur la base de gauches irréconciliables, ce qui est la pire des alternatives. D’autant que la politique du MEDEF, d’une part, les votes souvent communs de l’extrême droite et de l’extrême centre à l’Assemblée nationale d’autre part, augmentent le risque de collusion. Par ailleurs, comme la question sociale devient prépondérante, tout le personnel politique ministériel ayant participé aux politiques antisociales de l’extrême centre macroniste depuis plus de dix ans connait une descente aux enfers dans les sondages.

Fort heureusement, pour l’instant, l’intersyndicale tient bon, malgré les divergences. Bravo à elle. Que le champ politique en prenne de la graine. Il faut appeler à un front unique populaire des forces de gauche.

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