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Le PIR et les fondamentaux d’Attac

Attac a été fondée le 3 juin 1998 en réaction au monopole de pensée instauré par le néolibéralisme à l’échelle mondiale. Monopole symbolisé par le slogan de Margareth Thatcher «  There is no alternative », pas d’alternative au capitalisme, le socialisme est mort.
La fondation d’Attac faisait suite aux divers soulèvements survenus en Amérique Latine contre l’ajustement structurel néolibéral , en Equateur au Venezuela au Mexique avec le soulèvement zapatiste en 1994 , le 1er janvier jour de la création de l’OMC. Attac , en adoptant sa charte internationale le 12 décembre 1998, se situait d’emblée au niveau internationaliste.
Attac, en demandant la taxation de la spéculation financière dénonçait le libre échange et les paradis fiscaux destinés à renforcer le pouvoir des transnationales et en même temps à abroger les conquêtes sociales obtenues dans certains pays et à contrer le rôle des organisations sociales engagées dans la défense des classes dominées, sous leurs diverses formes .

Attac France réunissait à St-Denis en juin 1999 durant 3 jours , les représentants de mouvements sociaux de 70 pays engagés dans un combat contre un même adversaire qui imposait la subsomption du travail au capital et la domination des classes dominantes à l’échelle mondiale sous la protection des IFI , banque mondiale, FMI, OMC  A cet effet, ATTAC a joué un rôle majeur dans le lancement du Forum social mondial. Les mouvements représentés à Porto Alegre au 1er FSM représentaient la diversité des formes mais l’unité dans l’analyse de l’ajustement structurel néoliberal à l’échelle du monde ; cet ajustement des institutions est parfaitement décrit dans le rapport de la Banque mondiale de juin 1997 sur la place de l’Etat : abandon de la fonction de l’Etat en matière de justice sociale et de redistribution , ce rôle étant affecté à des ONG. En somme, sous le déguisement démocratique l’ éparpillement et le fractionnement des luttes quel que soit leur niveau de représentation des couches sociales. Sous couvert de démocratisation , le système dominant a favorisé la multiplication d’organisations de défense d’intérêts particuliers tous mis à égalité (accidentés de la route, autistes ou handicapés au même titre que syndicalistes licenciés etc ).  Il est clair que l’objectif de cette « horizontalité » était la neutralisation de la lutte des classes par la disparition artificielles des classes , remplacées par la notion de victimes. L’instauration de la mode victimaire dispense de comprendre de quoi et de qui on est victime ; l’exercice du sens caritatif donne bonne conscience et entretient le flou sur la réalité politique des acteurs d’exploitation ou domination.
Dès lors les organisations de victimes se sont multipliées et ont occupé peu à peu tous les champs de la lutte initiale d’Attac et ont fait oublié l’unité première du combat contre un ennemi commun.

En donnant la même place aux organisations les plus sectorielles et souvent subjectives , les rencontres internationales du FSM ont perdu progressivement leur rôle dans l’éclairage et la formation politique des organisations les moins politisées .
C’est ainsi que peu à peu Attac a été investie par des organisations qui la dévient de ses principes fondamentaux, en particulier de l’universalisme née de la Révolution française. Le PIR est un exemple de dérivatif de la lutte des classes à laquelle il substitue la religion et la race. Le PIR crée ainsi une communauté imaginaire à laquelle il donne pour objectif la revanche sur les « Blancs ».

Le PIR a succédé en 2010 au mouvement des Indigènes de la République créé en janvier 2005 par Houria Bouteldja et Youssouf Boussoumah. Ce mouvement se fonde sur l’idée que les fils et petits-fils de travailleurs migrants sont maltraités en France comme leurs ancêtres dans les anciennes colonies françaises où ils étaient appelés « indigènes » (et étaient effectivement des autochtones de ces pays, c’est-à-dire des indigènes.) Les inventeurs du mouvement ont d’emblée introduit la notion de race et accouplé le qualificatif religieux.

Conclusion : le PIR, micro-organisation largement inconnue se trouve ainsi promue dans l’espace politique par ce débat critique ; cadeau involontaire.

 

19 mars 2015

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