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Pour que les « jours d’après » soient des « Jours heureux »

Autant la gestion erratique du gouvernement rend le déconfinement très incertain, voire dangereux, à partir du 11 mai, autant nous ne pouvons pas nous satisfaire d’attendre un recul possible du virus pour réfléchir au présent et à l’avenir.

La priorité reste la santé. Encore faut-il avoir les outils pour pouvoir prendre des décisions. Peut-on faire confiance à ce « comité scientifique » qui semblait incapable d’émettre le moindre avis critique sur les incohérences gouvernementales1. Alors que 20 avril, ce comité scientifique prônait une réouverture des écoles en septembre, il s’est aligné le 24 avril sur les demandes de Macron de rouvrir les écoles le 11 mai.

Par ailleurs, les pseudos-experts qui pérorent sur la plupart des plateaux télé sont-ils indépendants des labos pharmaceutiques ?

Un travail d’investigation journalistique et militant quant à la fiabilité et l’indépendance de ces réseaux « d’experts » serait nécessaire.

Le mouvement social ne serait-il pas capable de réunir une instance alliant des experts scientifiques, des personnels de santé – de terrain – et représentants des citoyens pour pouvoir recenser ce que l’on sait sur ce virus, et les questions qui restent en suspens ? Un comité scientifique citoyen et alternatif au gouvernement, au patronat  et aux labos, au service du mouvement social et qui mette en avant les socialisations nécessaires.

Par ailleurs, une commission d’enquête citoyenne devrait commencer à travailler pour préparer l’évaluation de la gestion macroniste de cette crise. Et au-delà de l’impact en matière de santé de la politique libérale menée par les gouvernements précédents2.

D’autre part, le mouvement social doit aussi, dès maintenant, préparer sa sortie du confinement. Il y a deux conditions matérielles qui compliquent la donne :

  • La sécurité sanitaire avec des gestes barrières qui devront être maintenus sans doute plusieurs mois.
  • Un pouvoir et les différentes fractions de la bourgeoisie (financière et/ou nationale) qui craignent un mouvement social majeur. Donc avec des risques très clairs d’une violence d’État sous prétexte de sécurité sanitaire.

La question se pose de savoir comment nous allons organiser notre reprise de l’espace public, tout en ne mettant pas en danger les manifestants.

Manifestants respectant les distances sociales3 ?

Manifestations décentralisées dans tout le pays pour ne pas permettre à l’État de concentrer ses forces de répression. Comment rendre visible l’ampleur d’un tel mouvement ?

Il nous penser à organiser sérieusement nos S.O. (Sérénités Organisées) lors des initiatives, avec un renforcement très conséquent de l’encadrement militant4 de ces initiatives ? Groupes filmant les initiatives et les éventuelles violences policières pour les diffuser en live sur les réseaux ? Groupe gérant le suivi en direct avec des avocats en cas de GAV. Rien de très original, juste penser à le systématiser…

Des mesures de Salut Public

La réouverture des écoles le 11 mai est-elle compatible avec le principe de précaution ? Peut-on exposer des jeunes enfants à des risques de séquelles et aux conséquences de rechutes possibles, alors que l’on a si peu de recul ? (voir cet article dans ce numéro).

Tout déconfinement doit aller avec les minimums suivants :

A/ Ce sont aux salariés de décider les modalités pratiques du déconfinement, avec l’utilisation étendue du droit d’alerte et du droit de retrait.

B/ Tests sérologiques systématiques pour toutes et tous.

C/ Masques et gels accessibles et gratuits pour toutes et tous.

D/ Décontamination de tous les locaux et de tous les transports publics.

 

Revendications à court terme:

  • Aides alimentaire, sanitaire et financière de toutes les populations en détresse.
  • Transports en commun gratuits.
  • Le retour au droit syndical des Instances représentatives du personnel et pour les représentants / militants le droit de circuler partout où le travail a repris.
  • Réquisition immédiate des 24 300 000 masques de La Poste pour les personnels soignants.
  • Réouverture immédiate des lits fermés ces dernières années (ex : hôpitaux du Val-de-Grâce et de l’Hôtel-Dieu5).
  • Mise à disposition des moyens humains et matériels de tous les établissements médico et médico-sociaux.
  • Maintien à 100% de la rémunération des salariés en chômage total et partiel,
  • Moratoires pour les factures du quotidien (eau, gaz, électricité…). Avec annulations pour les plus précaires.
  • Interdiction des licenciements.
  • Réouverture immédiate et socialisations des usines Honeywell (Laintel ; 22), Chapelle d’Arblay et de Luxfer (Gerzat ; 63) permettant de produire des millions de masques par an et des centaines de bouteilles d’oxygène médicales par jour.

A moyen terme

  • Relocalisation et socialisation de toutes les entreprises indispensables aux besoins de la population.
  • Socialisation immédiate de toutes les entreprises en faillite sauvées par l’argent public.
  • (Re) Socialiser tous les biens communs en tant que services publics : eau, énergie, rail, Poste etc…
  • Contrôle salarié de la production : finalités et organisations.

 

 

1 Sauf depuis l’interview de DELFRAISSY dans la REPUBLICA https://www.les-crises.fr/interview-de-jean-francois-delfraissy-president-du-conseil-scientifique-dans-le-journal-italien-la-republica/

Mais interview donnée en dehors des plateaux télévisés en France…

2 Cette commission d’enquête pourrait coopérer en toute indépendance avec une commission d’enquête parlementaire.

3 Voir ce qui s’est passé en Israël.

4 Autrefois on parlait d’auto-défense ouvrière…

5 Il ne s’agit que de 2 exemples franciliens. Il y a bien des hôpitaux de proximité (ou des services) à rouvrir en régions…

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