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ReSPUBLICA, le journal de la gauche républicaine

n°574 - vendredi 11 janvier 2008

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1 - chronique d'Evariste

1 - Cher lecteur !

Je prends le temps de vous écrire pour vous souhaiter une bonne et heureuse année. Je souhaite à cette occasion vous apporter de nouveau l'affirmation que Respublica est, et reste, un journal engagé, partial, orienté. Toute politique repose sur un choix : un choix entre ce qui est estimé juste et injuste. La rédaction de Respublica a fait un choix, depuis le début de ce journal il y a neuf ans, de considérer comme injuste ce qui relève de la culture de la misère, du malheur social à vivre, de l'absence de soins et d'éducation, de la culture de l'aliénation, de la violence faite aux individus, à leur existence et à leur corps. Sur cette ligne, l'engagement de Respublica a traversé neuf années de vie politique, culturelle et éthique. Neuf années de rebondissements et de combats en faveur de ce que cette rédaction considère comme juste : l'accès aux soins pour tous en fonction des besoins, la défense de la laïcité, la défense de l'éducation, l'égalité de tous les citoyens, la défense des groupes sociaux les plus faibles et les plus vulnérables, la culture du savoir et de la distinction, l'édification d'une paix sociale reposant sur la paix individuelle, la promotion de l'audace et de la culture ; enfin, l'édification d'un Pacte Républicain unissant des individus et faisant d'eux des citoyens. Ces 9 années ont parfois été difficiles. Respublica a parfois dévié, mais au regard de ces neuf années, force est de constater que Respublica est aujourd'hui fidèle à la ligne qui fût la sienne.

En tant que rédacteur en chef, en ce début d'année, j'aurais pu écrire une fois de plus sur la politique désastreuse de notre pays. Mais pour ce premier numéro de l'année 2008, j'ai eu envie de vous écrire que nous allons vivre une époque extraordinaire, car elle sera celle du changement. Le monde de notre enfance s'en va. Il est éteint. Bientôt il ne sera plus que des lignes dans les livres d'histoire des écoles primaires, des noms de rues pour lesquels les enfants interrogeront leurs aînés, de vieux souvenirs partagés au coin d'un feu. Notre monde s'en va, et c'est un autre qui s'ouvre à notre regard. Ce monde est vierge. Il est neuf ; à peine foulé par ceux qui ont été les plus prompts à se l'approprier. De toute évidence, plus nous resterons crispé sur l'ancien, plus notre sagacité à l'endroit du futur s'étiolera, plus notre conscience se fixera sur l'inéluctable marche des ans et plus l'amertume nous submergera. Nous pouvons pleurer l'ancien monde. Nous le devons même ! Car il le mérite. Cependant, nous ne devons – à aucun prix ! – rester les corps et les coeurs rivés vers les années du passé. Le prix que nous aurions à payer serait le futur lui-même. Le notre certes ! Mais surtout celui de cette génération nouvelle qui arrive et pour laquelle, sous aucun prétexte, nous ne devons renier ce qui est le grand idéal de la République, cet idéal d'un Pacte passé entre des individus. Ce Pacte qui les fait citoyens entre eux. Nos parents et nous mêmes avons combattu pour lui. Nous avons transmis ses valeurs, nous avons oeuvré pour sa pérennité dans les coeurs. Aujourd'hui l'infâme serait de lui tourner le dos simplement parce que ce futur ne serait pas ce qu'a été notre passé. Nous devons préserver la gauche de l'esprit réactionnaire. Car – et loin s'en faut ! – le réactionnaire n'est pas nécessairement de droite. Le réactionnaire est celui qui ne s'imagine pas vivre autrement que dans l'ordre du monde qu'il a toujours connu. Il oublie l'histoire avant son monde. Il oublie les naissances. Il oublie l'inéluctable fin de toute chose. Il oublie la construction et l'édification sur les cendres. Lorsqu'il est de gauche, il oublie que le Pacte Républicain est un constant devenir, une adaptation permanente, un renouveau frappé d'audaces politiques et idéologiques. Pour le réactionnaire, l'avenir est « Le » danger. « Mieux vaut saborder les chances d'avenir que renoncer à mon monde ! » voilà une pensée digne d'un coeur réactionnaire. Làs, ce faisant, il endigue les forces de progrès, il bloque et paralyse toutes mécaniques de renaissance, de profusions, d'initiatives. Contre toute forme émancipation, il devient lui-même la cage.

Plus que jamais nous devons être de gauche ! Non dans l'esprit des partis, non dans le soucis d'être des militants zélés ou dans le vote. Nous devons être de gauche dans ce qu'il y a de plus profond : la création, la nouveauté, le chantier sans cesse propulser vers l'avenir, l'adaptation sans fin aux changement inéluctable du monde. S'il y a une mystique de gauche, alors elle est dans ce désir de s'épancher dans la construction de l'avenir pour poursuivre notre idéal de justice et de paix. Elle est dans cette extraordinaire capacité à concevoir tout terrain offert comme une opportunité de bâtir davantage de justice et de sérénité de vie. Là se trouve l'honneur du militant de gauche. Et aujourd'hui, mais le marasme indécent du sarkozysme, nous avons devant nous un chantier des plus extraordinairement ouvert. Depuis la seconde guerre mondiale, aucun militant de gauche n'a eu, face à lui, l'opportunité de création qui s'offre à nous. Aucun n'a connu un bouleversement d'époque semblable à celui qui se profile à nos pieds. Le projet social de la gauche est une ruine : édifions ! Le paysage des partis ne fonctionne plus : bouleversons le ! Le Pacte Républicain est déficient : réinventons-le. L'esprit de gauche est de concevoir tous ces outils comme étant au service de l'idéal de justice et de paix ; non l'inverse.

L'année qui arrive va être marquée par des élections – d'un faible intérêt pour la politique générale de notre pays – mais au delà, les européennes nous tendent les bras en 2009. Ces élections, de bien peu importances à l'ordinaire, auront cette fois une toute autre signification. D'abord elles sont proportionnelles (ce qui limitera les tactiques d'alliances lors des scrutins majoritaires, comme c'est le cas aux municipales), ensuite – et surtout ! – elles répondront à ce que, 4 ans plus tôt, la gauche de France a pu élever à la face des instances libérales, à la face de l'ordre d'un monde que certains entendent inscrire dans le marbre avec la douleur promises pour nos existences. Ces élections européennes résonneront du bruit de ce qui fût, à gauche, en Mai 2005, la négation stupéfiante des logiques claniques héritées d'un monde disparus, et la preuve – s'il en est encore besoin... – que la représentation politique offerte par nos partis n'est décidément plus en conformité avec les attentes des citoyens.

D'ici là nous aurons fort à faire ! Car la résistance face à l'oppression est une nécessité de tous les jours. L'invasion libérale anglo-saxonne poursuit son débarquement, et son serviteur zélé, Nicolas Sarkozy, frappe si fort, et partout, que la gauche semble KO debout. Les partis de l'ancienne gauche agonisent d'une mono-culture idéologique (leur incapacité à produire autre chose que de l'effondrement est symptomatique). Mais la gauche nouvelle s'enracine chaque jour davantage dans les coeurs de tous ces gens qui subissent de plein fouet ce qui est, sans conteste, la plus incroyable négation du Pacte Républicain que notre histoire ait connue. Éducation, santé, droit du travail et 35h, protection sociale, pouvoir d'achat, bio-éthique, culture, laïcité, unité de la population, droits de l'Homme et protection des individus, héritage culturel de ce qu'un De Gaulle nommait « la France éternelle » : Sarkozy a parfaitement compris que la gauche du XXe siècle n'a rien dans son arsenal idéologique pour contrer autre chose que des questions « économico-économiques ». Le président bâtit son projet sur une invasion éthique et culturelle dont les valeurs nous sont assénées à longueur de temps. Cette tactique est le coeur de ce qu'on peut désigner par le « sarkozysme ». Loin d'être un feu follet, Nicolas Sarkozy use des faiblesses de l'ancienne gauche pour détruire notre pays. Nous avons tant à faire ! Mais ce « tant à faire » ne doit pas être à regret. L'avenir ouvert est l'opportunité de créer autre chose. Nous sommes face à un bloc d'une belle pierre brute. De cette pierre, chargée d'un héritage sans pareil, à nous de faire émerger les formes de la sculpture prise en son sein. À nous de travailler notre matière, de reconstruire des formations politiques adéquates pour répondre aux attentes, et de fortifier nos fondamentaux idéologiques par de nouveaux apports. L'année qui s'annonce va être d'une dureté sans nom, pénible comme jamais, et elle sera de tous les combats. Mais j'ai envie de vous dire, à vous chers lecteurs, à vous militants de cette gauche nouvelle, que cette année va aussi nous offrir l'occasion de formuler des promesses d'avenir sans pareil. Elle va nous donner la possibilité de toutes les audaces. Elle va nous donner l'opportunité de nous montrer à chacun d'entre nous, ce que c'est qu'être de gauche.

De la part de la rédaction de Respublica : Bonne année à vous, individu-citoyens, membres du Pacte Républicain.

 

« Qu’est-ce que le bonheur ? — Le sentiment que la puissance grandit — qu’une résistance est surmontée. »
Nietzsche

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2 - laïcité

1 - La rupture ostentatoire du président Sarkozy avec la laïcité

Avec son discours prononcé à Saint-Jean-de-Latran le 20 décembre 2007, Nicolas Sarkozy n’en est pas à sa première charge décomplexée contre la laïcité. Dans un livre d’entretiens paru en 2004, il demandait déjà : « Si l’Église de France n’a pas le souci des plus pauvres, qui l’aura ? ».

L’espérance religieuse, âme d’un monde sans âme, occupait déjà dans son langage une fonction sociale conservatrice : « L’espérance dans un au-delà meilleur est un facteur d’apaisement et de consolation pour la vie d’aujourd’hui ». La laïcité, était jugée « positive » à condition de « valoriser » les religions. Sinon, elle apparaissait « intégriste ». Aussi, Nicolas Sarkozy marquait-il sa convergence avec le chef de l’UOIF : « Si Fouad Alaoui dénonce deux intégrismes, l’intégrisme laïque et l’intégrisme religieux, je ne peux ni ne veux lui donner tort ».

Ce qui frappe aujourd’hui dans le discours de Latran, c’est d’abord l’imposition sans retenue d’une version officielle et tronquée de l’histoire de France. L’insistance unilatérale sur les « racines chrétiennes de la France », supposées absolument bonnes, revient à méconnaître la pluralité de ses héritages spirituels et à occulter que l’Église catholique s’est opposée, dans un premier temps au moins, aux droits de l’homme, à la laïcisation de l’école ainsi qu’aux grandes lois émancipatrices du vingtième siècle, qui ont contribué à façonner le visage d’une France universaliste et progressiste.

Dans cette lecture tendancieuse de l’histoire, la laïcité occupe une place de choix. Prétendre que « longtemps la République laïque a sous-estimé l’importance de l’aspiration spirituelle », c’est nier que la « séparation du temporel  et du spirituel» n’impliquait nullement de la part des fondateurs de la laïcité républicaine une éviction du spirituel; c’est ignorer que Ferdinand Buisson insista sur le haut niveau d’exigence de la morale laïque. La présentation manichéenne du contexte du vote de la loi du 9 décembre 1905 où se seraient opposés les laïques qui ne pensaient ni à la liberté ni à la tolérance ni à la neutralité, aux catholiques à qui la loi causa de dures souffrances, a dû, quant à elle, laisser pantois plus d’un historien.

Cet usage abusif de l’histoire dans le discours présidentiel n’est pas, lui non plus, inédit. Il s’est révélé lors de l’affaire de la lecture obligatoire de la lettre (ou, plus exactement, de sa retranscription) de Guy Môquet dans tous les lycées du pays le 22 octobre. Il est d’emblée apparu que le Guy Môquet que l’Élysée voulait faire « enseigner » n’était pas le jeune homme réel, historique. Sa lettre à caractère privé, touchante et attentionnée, n’était guère significative des engagements de cet enfant remuant du Front populaire, fils de cheminot cégétiste, ardent militant de la cause de l’Espagne républicaine et antifasciste, ami affiché d’un élève juif de son lycée. En créant de toutes pièces une situation conflictuelle, la présidence de la République avait délibérément ignoré que l’histoire n’était pas la mémoire, moins encore la propagande, que l’enseignement visait l’entendement plutôt que l’émotion et que le temps politico-médiatique n’était pas le temps de la recherche scientifique ni celui de la transmission des connaissances à l’école.

L’entreprise nerveusement pilotée par les conseillers du président, fut un fiasco. Exceptés quelques chefs d’établissement férus de surenchère médiatique, l’école publique a opposé ce jour-là une salutaire résistance laïque à l’autoritarisme politique. Nicolas Sarkozy renonça à se rendre au Lycée Carnot où Guy Môquet fut scolarisé. Des ministres furent conspués dans les établissements où ils se rendirent. Resta Françoise de Panafieu, candidate de la droite à la Mairie de la capitale, pour se montrer, crispée mais souriante, au métro Guy Môquet en présence d’une lourde protection policière, sous le regard médusé de quelques lycéens parisiens à qui fut délivrée dans la hâte une autorisation administrative d’absence pour les premières heures de cours du matin, parfois à l’insu de leurs professeurs.

Ratée à l’école publique, l’instrumentalisation de l’histoire est une des caractéristiques du discours de Latran. À cette occasion, le président ne s’est pas seulement plaint des instigateurs de la loi de 1905. Il a également cru pulvériser la morale laïque, emblème la laïcité de la Troisième République. « S’il existe incontestablement une morale humaine indépendante de la morale religieuse (…) la morale laïque risque toujours de s’épuiser ou de se changer en fanatisme quand elle n’est pas adossée à une espérance qui comble l’aspiration à l’infini. (…) Une morale dépourvue de liens avec la transcendance est davantage exposée aux contingences historiques». Assurer que la morale ne vaut que si elle s’appuie sur des croyances religieuses revient à nier, même en le déniant, la possibilité d’une morale laïque. Affirmer que la religion préserverait la morale laïque du fanatisme, c’est oublier que les morales religieuses qui prétendent transcender les contingences historiques sont elles aussi menacées de fanatisme. Les guerres de religion et les persécutions des hérétiques se mènent au nom d’un absolu indiscutable qui transcenderait les contingences historiques. La laïcité, précisément, plonge ses racines les plus anciennes dans une protestation élevée contre les guerres de religion et la haine théologique.

La laïcité, disait René Rémond, « dissocie la citoyenneté et la confessionnalité ». Elle s’oppose autant à l’immixtion du religieux dans la politique qu’à l’instrumentalisation du religieux par le politique. Dans l’hommage affectueux que le président Sarkozy rend à la religion catholique (qui semble, dans son esprit, résumer tout le christianisme), on ne décèle cependant pas la reconnaissance de limites au pouvoir politique. C’est que le chef de l’État salue les religions dans la mesure où elles permettent au politique de réaliser des buts qu’il n’atteindrait pas sans elle. Cette instrumentalisation du religieux est toutefois dangereuse pour le politique dans la mesure où les puissances religieuses seront irrésistiblement tentées de monnayer les services qu’elles auront rendus à un politique carrément demandeur. La récente comparaison par le président Sarkozy de l’antisémitisme à « l’islamophobie », plutôt qu’au racisme, peut s’entendre comme le signe alarmant d’une complaisance vis-à-vis de l’islamisme inventeur de ce terme pour appuyer la persécution des infidèles là où il le peut et, partout ailleurs, pour intimider quiconque ose le contester.

D’une façon générale, le président considère que « la République a intérêt » aux religions. Il marque par là sa volonté de revenir à un état social et politique antérieur à la loi de 1905, car cette dernière ne reconnaît pas la religion comme étant d’intérêt public. En déclarant que le développement des croyances religieuses constituerait un « atout » pour la France, le chef de l’État défie le principe laïque selon lequel, en matière de religion, « l’État ne ‘pense’ pas, n’est ni religieux ni athée », ainsi que l’expliquait Paul Ricoeur. Si Nicolas Sarkozy concède que « même celui qui affirme ne pas croire ne peut soutenir en même temps qu’il ne s’interroge pas sur l’essentiel », c’est aussitôt pour marquer publiquement son adhésion à la « réponse » que la religion apporterait au questionnement humain sur le sens ultime de l’existence et pour manifester sa préférence pour ceux de ses concitoyens qui « croient » et qui « espèrent ». Cette façon inégalitaire de considérer les Français menace directement la liberté des personnes qui n’adhèrent à aucune religion ou qui pourraient perdre leur foi. Elle met en péril la liberté des croyants également. Le jour, en effet, où le politique estimera n’avoir pas « intérêt » à telle ou telle expression de la croyance religieuse, la liberté religieuse deviendra politiquement suspecte. L’idée que la République laïque puisse être assez forte pour rassembler autour des seuls principes de liberté, d’égalité et de fraternité n’est pas envisagée. Le danger d’un enfermement communautaire par la diffusion dans les esprits d’une religiosité irrationnelle n’est pas davantage soupçonné.

Si l’on examine plus précisément le contenu des pensées que le président s’autorise à exhiber en matière de spiritualité, la valorisation inconditionnelle, sans réserves ni nuances, de la croyance et de l’espérance déconcerte par son simplisme et sa naïveté. Une croyance qui ne serait pas inquiétée par le doute critique et équilibrée par le projet d’argumenter rationnellement, ne court-elle pas le risque de l’enfermement ? Une espérance que ne soutiendrait pas le sens de la responsabilité ne prédispose-t-elle pas à l’aliénation - à l’attentisme ou à l’activisme irrationnel? Mieux qu’Héraclite, cité à contre-emploi et probablement à contresens dans le discours de Latran, des philosophes comme Weber, Levinas, Jonas ou Habermas, qui se sont directement confrontés aux épreuves du vingtième siècle, peuvent aider dans cette interrogation. Du point de vue de la laïcité, il n’appartient cependant pas aux autorités de l’État de trancher ces questions éthiques fondamentales, mais à chacun d’y réfléchir personnellement et, librement, de contribuer à une discussion publique. C’est la raison pour laquelle Ferdinand Buisson considérait la laïcité de l’État, c’est-à-dire en premier lieu sa rigoureuse neutralité d’un point de vue confessionnel, ne constituait pas une doctrine officielle et ne saurait, en conséquence, se présenter comme une laïcité d’État.

La laïcité fait en revanche appel à des présuppositions philosophiques : un humanisme historique, d’abord, confiant dans la capacité des hommes, prenant appui sur leur seule raison, à s’unir durablement et à devenir acteurs responsables de leur histoire collective ; un individualisme éthique, ensuite, soucieux de reconnaître en chacune et chacun une dignité incommensurable à toutes les autres valeurs. Ces philosophies débordent le pouvoir étatique et les dogmes religieux. Sur un plan directement politique, la laïcité implique l’autonomie du politique et un libéralisme politique, deux principes sur lesquels le chef de l’État renonce à s’appuyer. Elle est source de concorde et d’équilibres laborieusement élaborés dans l’histoire, que Nicolas Sarkozy semble dangereusement vouloir détruire.

Pierre Hayat

2 - Sarkozy menace-t-il la laïcité ? Réponse de Catherine Kintzler

in Marianne2.fr

Le discours prononcé par le Président à Saint-Jean-de-Latran a soulevé quelques polémiques. Catherine Kintzler, philosophe et auteur de Qu'est-ce que la laïcité ? (Vrin), explique ce qui la choque dans le concept de « laïcité positive » et dans un discours qui, selon elle, lie étroitement politique et croyance.

Comment comprenez-vous le concept de « laïcité positive » développé par Nicolas Sarkozy lors de son discours à Saint-Jean-de-Latran ?
Catherine Kintzler : Ce terme est d'une grande habileté rhétorique. La « laïcité positive », on a l'impression que c'est la même chose que la laïcité, mais en mieux. Alors qu'en réalité, cette expression vide le concept de laïcité de son sens, puisque la définition de la laïcité est forcément négative et minimaliste. La laïcité, c'est dire qu'il n'est pas nécessaire de croire en quoi que ce soit pour fonder le lien politique. Je suis atterrée par le discours de Nicolas Sarkozy à Saint-Jean-de-Latran. Je connaissais la réflexion du citoyen Sarkozy sur ces sujets, il l'a déjà fait connaître à travers un livre, et je ne lui conteste pas le droit de penser ce qu'il veut parce que, justement, je suis laïque, mais je suis très choquée que le président des Français Sarkozy s'exprime publiquement de cette façon.

Qu'est-ce qui vous choque ? L'allusion aux « racines chrétiennes » de la France ?
Cette allusion accompagne une pensée développée tout au long dans le discours : l'idée que, sans croyances, il n'y a pas d'association politique. L'idée que la religiosité est diffuse et présente dans le lien politique. En gros, cela signifie : « croyez en ce que vous voulez, mais croyez en quelque chose ». Alors que la société politique laïque repose, justement, sur la forme de la non-croyance ! On se constitue comme citoyen indépendamment de ce qu'on est préalablement, aux plans religieux ou culturel. La société politique ne peut garantir la liberté d'expression que si elle est aveugle sur les croyances des citoyens et si elle s'abstient de se prononcer sur ce sujet. C'est ce que garantit d'ailleurs la loi de 1905.

Quel est l'enjeu de ces questions ?
Le danger, c'est le communautarisme. L'expression « laïcité positive » n'est pas sans rappeler celle de « discrimination positive ». Aujourd'hui, en France, les croyants fondent des associations, reconnues juridiquement, au travers desquelles ils s'expriment dans le débat public. C'est absolument leur droit. Mais il ne faut pas que des représentants religieux soient reconnus par la puissance publique comme des interlocuteurs politiques. Ce serait légitimer des corps intermédiaires et leurs "chefs" censés se prononcer pour une "communauté".

Dans son discours, Nicolas Sarkozy mentionne également ceux qui ne croient pas...
Oui mais il a des phrases terribles. Il assure que « celui qui ne croit pas ne peut soutenir en même temps qu'il ne s'interroge pas sur l'essentiel. » Comme s'il fallait être croyant pour se poser des questions métaphysiques ! Pire, il explique que « le fait spirituel est la tendance naturelle de tous les hommes à rechercher une transcendance ». De quelle « tendance naturelle » parle-t-il ? Non seulement il nie la capacité des athées ou des agnostiques à se poser des questions existentielles, mais il dénie aussi ce droit aux milliards de gens, des confucianistes aux animistes, qui ne croient pas à une transcendance ! C'est une vision très étroite et insultante.

Propos recueillis par Anna Borrel

Voir cet article sur son site d'origine

A. Borrel Marianne2.fr

3 - Une virtuosité imprécatrice, confuse et contradictoire, réponse à Anne Zelensky

De l'essence des clercs

Une fatalité pèse sur les intellos - "cela devait arriver". Trois philosophes, qui naguère soutenaient des positions saines sur la laïcité et le port du voile islamique, ont fini par rejoindre leur essence : donneurs de leçons juchés sur l'Olympe de leurs certitudes, calés dans le confort omniscient des salons et des dîners en ville, incapables de fouler un autre terrain que celui des bacs à sable, leur principes momifiés ne leur servent qu'à fuir la réalité et à couvrir leur irresponsabilité.

On aura reconnu, à peine pastichés, les accents vigoureux par lesquels la plume d'Anne Zelensky brosse notre portrait dans le remarquable numéro 19 de Riposte laïque[1].

Avouons que, amateurs de belle écriture, nous avons dégusté son texte avec un certain plaisir. La topographie symbolique, digne d'une Cène, par laquelle elle caractérise notre trahison, n'est pas moins forte : nous voilà dès les premières lignes situés à sa gauche, dans le sinistre camp de ceux qui défendent la liberté d'opinion urbi et orbi  (sic).

Quittons la Rome chrétienne pour revenir un moment à la géographie fabuleuse et parlons un peu de nous, puisque cette attaque ad hominem nous y convie. Avant d'atteindre l'éther de l'Olympe où elle nous consacre prêtre et prêtresses de divinités écornées, nous avons longtemps végété dans les miasmes des basses altitudes, aux côtés des êtres souffrants, dans la vraie vie. Marie Perret, jusqu'à une date récente, enseignait à Sarcelles, en Zep, après avoir parcouru la banlieue parisienne comme TZR - autrement dit "professeur bouche-trou". Jean-Marie Kintzler, après avoir travaillé dans l'Aisne, a passé la majeure partie de sa carrière dans le 95, notamment aussi à Sarcelles. Mais peut-être que l'air raréfié des cimes se respire à l'Université de Lille 3 où Catherine Kintzler a enseigné après avoir exercé 22 ans en Lycée dans l'Aisne, le 93, le 95, et le 94 ?

Voilà les salons où nous avons forgé les certitudes absolues (on reconnaît bien là les philosophes, héritiers de Socrate, de Descartes, de Hume, de Kant...) que nous nous obstinons à susurrer dans les confortables dîners en villes et les irresponsables jardins d'enfants que sont les organisations militantes, les meetings, les débats houleux, les manifestations, les écrits politiques pris dans d'âpres interpellations. Sans doute A. Zelensky et ceux qui siègent à sa droite peuvent-ils se prévaloir de terrains autrement réels, autrement exposés.

Mais à quoi bon se lancer dans une pitoyable justification ? On sait que l'avant-garde a toujours sommé les intellectuels de montrer des mains qui ne sont jamais assez calleuses, jamais assez noires de cambouis. Le tort des intellectuels ici n'est pas tant d'avoir dit ce qu'ils ont dit, écrit ce qu'ils ont écrit ni fait ce qu'ils ont fait : il est d'être ce qu'ils sont. Sur ce terrain, nous sommes disqualifiés par définition et livrés à la vindicte : en décrétant arbitrairement que notre essence de clerc c'est la trahison, la couardise, l'indifférence et le goût du confort, un dieu chagrin et sévère ouvre les vannes de la haine. Cela devait arriver.

Un dossier vide

Or quel est le contenu de ce traître changement qui, selon Anne Zelensky, clive notre vie de militants laïques en deux périodes : naguère - celle pendant laquelle nous partagions sa critique du voile -, et maintenant - depuis que nous refusons le soutien inconditionnel à Fanny Truchelut ?

Naguère, "en d'autres temps", nous avons lutté pour que tous les signes religieux soient interdits à l'école publique - ce qui nous semblait aussi une avancée pour les femmes contraintes de porter le voile islamique sous la pression familiale. Nous n'avons jamais dit ni écrit qu'un tel interdit devait frapper tout ou partie de la société civile : nous avons même dit et écrit le contraire. Maintenant nous ne disons rien de différent. Mais il faut croire que ce qui était naguère un bon principe devient maintenant une tolérance de salon, indifférente à la souffrance.

Naguère nous avons soutenu Robert Redeker et Charlie Hebdo dans l'affaire des caricatures au nom de la liberté d'opinion dont nous avons souligné l'heureux formalisme et l'heureux aveuglement. Le principe de la liberté d'opinion avance en effet qu'il n'y a pas d'insulte ni de dommage lorsque personne n'est expressément visé, ce qui est le cas lorsque les propos ou les signes sont ambivalents, lorsqu'il ne sont pas avérés. Nous avons toujours été assez bêtes pour penser qu'une infraction, un délit ou un crime, pour être poursuivis, doivent être constitués et non simplement présumés. Mais ce n'est pas de bêtise que nous sommes accusés: nous apprenons que cette constance est coupable, qu'elle consiste à comparer l'incomparable, qu'elle est malhonnête.

Il est vrai qu'une modification s'est produite : naguère nous opposions cette thèse aux intégristes islamistes et aux néo-laïques, aujourd'hui nous l'opposons aux intégristes chrétiens et aux ultra-laïques.

Nous n'avons jamais, ni naguère, ni aujourd'hui, fait l'éloge d'une tolérance sans bornes qui ferme les yeux sur l'intolérable : tout notre effort a été au contraire de tenter de penser les relations entre le principe de laïcité et la tolérance elle-même limitée par la loi, ainsi que leurs champs respectifs d'application. Nous mettons au défi quiconque de trouver un seul passage de nos textes qui fasse état d'une illimitation de la liberté d'expression: dire qu'elle est indivisible et la même pour tous, ce n'est pas dire qu'elle est infinie ni que toutes les opinions sont licites.

Mais nous apprenons que, puisque nous ne réclamons pas l'interdiction du port du voile dans la société civile, nous serions tolérants envers un père qui assassine sa fille parce qu'elle ne veut pas porter le hijab... En vertu de ce superbe raisonnement, il faudrait aussi accuser ceux qui ne réclament pas l'interdiction de l'endogamie religieuse de tolérer les meurtres rituels commis au nom d'un devoir d'endogamie, comme celui qui a récemment coûté la vie à Sadia. Pourquoi, dans un grand élan de moralisation, ne pas réclamer aussi l'interdiction de tous les motifs de meurtre et d'assassinat ? A cette énormité s'ajoute un sophisme plus subtil selon lequel ne pas réclamer l'interdiction de quelque chose, c'est l'approuver. L'absurdité rivalise ici avec la mauvaise foi.

Alors où est le changement ? Nous sommes coupables tout simplement de ne pas être en accord avec la ligne que Anne Zelensky place à sa droite. Nous lui reconnaissons bien sûr le droit de tracer ainsi une ligne de partage, de scinder le microcosme des militants républicains et laïques en un bon et un mauvais côté. Nous venons simplement de montrer qu'en se faisant notre procureur elle agite avec talent un dossier vide qu'elle remplit de fausses accusations. Que n'a-t-elle joué les accusatrices bien plus tôt, naguère, puisque rien dans nos positions n'a changé ? oui, nous ressassons...

Une ligne contradictoire et confuse

Reste à examiner la cause dont elle se fait l'avocate, quelle ligne elle défend comme étant celle du bon camp. Cela peut se faire assez brièvement si l'on veut bien revenir à la question précise qui nous oppose : faut-il soutenir inconditionnellement Fanny Truchelut lorsqu'elle veut interdire le port du voile islamique dans l'établissement hôtelier qu'elle tient ?

A cette question, Anne Zelensky répond : "nous ne réclamons pas l'interdit du voile mais des limites à sa circulation dans l'espace public et à l'université, car il heurte profondément les convictions des citoyen/ne/s attaché/e/s à la laïcité et à l'égalité des sexes".

Réponse claire quant à son argument : pour réclamer l'interdiction d'une opinion ou d'une manifestation, il suffit que je dise qu'elle choque profondément mes convictions ! L'argument, on s'en souvient, fut utilisé par les opposants à la publication des caricatures de Mahomet : il est à proprement parler éblouissant dans sa globalité. S'il était valide, il faudrait réclamer l'interdiction du voile partout où il est visible publiquement, et non s'autoriser de cet argument absolu pour suggérer des atermoiements qui le contredisent.

En effet, étrangement du côté de la conséquence, la clarté s'évanouit et la globalité se décompose : "nous ne réclamons pas l'interdit du voile, mais des limites à sa circulation". Il y aurait donc des lieux publics dans la société civile où le voile heurterait moins que dans d'autres les convictions des véritables laïques à la dextre de A. Zelensky ? On est en droit d'attendre ici quelque précision, quelque critère au principe de cette géométrie soudainement variable. Faut-il interdire le voile dans les hôtels ? dans les petits commerces ? dans les supermarchés ? dans les transports publics ? faut-il introduire une distinction au sein de ceux-ci entre les lieux clos (autobus, rames de métro) et les lieux ouverts (quais, stations) ? dans les restaurants ? dans les bibliothèques ? dans les musées ? On reste dans le brouillard, perplexe devant une telle incohérence.

Au vide des imprécations se joignent la contradiction et l'imprécision de la thèse avancée[2]. Mais il faut avouer que ces rideaux de fumée sont maniés avec une virtuosité qui force l'admiration.

Rappelons enfin notre propre position sur le point précis qui est en débat[3]. Si un signe religieux est également, de façon avérée et constituée, une marque de discrimination, alors il faut réclamer son interdiction dans tous les lieux de la société civile accessibles au public, non pas au motif qu'il choque nos convictions, mais au motif qu'il est contraire à l'égalité républicaine. S'il ne l'est pas de façon avérée et constituée et s'il n'est contraire à aucune loi, alors, parce que la liberté d'opinion veut que rien ne soit poursuivi ni censuré sur simple présomption, il doit être soumis aux mêmes contraintes et jouir des mêmes libertés que les autres signes religieux.

Notes

[1] "Tolérance ou irresponsabilité ?" par Anne Zelensky, Riposte laïque n° 19 du 19 décembre 2007 [charger le lien]. Numéro remarquable dont il faut lire l'intégralité, y compris les commentaires et réactions "choisis" des lecteurs : voir la note suivante.

[2] A moins qu'une ligne plus nette ne se révèle, au-delà du texte de Anne Zelensky, en déployant l'intégralité du numéro 19 de Riposte laïque. On lira notamment une "réaction" choisie par la rédaction dont l'inspiration politique laisse rêveur : "Coup de gueule, le voile commence à me taper sur le système" [charger le lien], on appréciera aussi les mots doux à l'égard de Caroline Fourest dans le message qui précède cette "saine" réaction... Ce sont là des précisions que Anne Zelensky ne reprend certes pas, et nous ne lui ferons pas de mauvais procès en lui attribuant faussement ce qui relève de la responsabilité d'un autre auteur et du journal; pratiquer un tel amalgame, insultant pour elle, serait déshonorant pour nous.

[3] On en trouvera une synthèse sur Respublica [charger le lien]

Marie Perret professeur agrégée de philosophie

Catherine Kintzler www.mezetulle.net
Auteur de "Qu’est-ce que la laïcité ?", publié chez Vrin, 2007.

Jean-Marie Kintzler Philosophe

4 - Suppression de l'IVG ou quand la religion n'est plus jugulée par la stricte laïcité !

L'histoire se passe en Lituanie, que l'on appelle aussi « la petite Pologne ». Le parlement de cet état européen est en train de voter une loi interdisant purement et simplement l'IVG. S'en étonnera t-on, l'initiative émane des députés de la minorité polonaise dont on connaît la ferveur religieuse.

En 1945, le régime soviétique avait chassé l'influence religieuse des organes du pouvoir, mais comme en Pologne, et pour suivre l'exemple du pape Pie XII, l'église lituanienne avait lutté contre le pouvoir en place pour retrouver son influence. Après la chute du communisme et l'indépendance en 1991, la hiérarchie de l'église catholique a repris sa place dans les instances du pouvoir. Mieux, avec la fin de l'ère soviétique, puis le rattachement à l'Union Européenne, a eu lieu l'implantation forte de trois groupes religieux exemplaires dans « l'amour du prochain » : l'Opus Dei, Comunione e Liberazione et Focolarini. Rien que du bonheur et de la tolérance ! Bien entendu, les structures classiques de la doctrine ont été intégrées par certaines organisations politiques enclines à utiliser l’enseignement de l’Eglise comme source d’inspiration, d'autant que les trois organisations religieux rencontrent en Lituanie un gros succès.
La minorité polonaise de Lituanie est très impliquée dans la défense de l'influence religieuse. D'où son projet de loi pour interdire l'IVG, projet qui est en train d'être adopté. La religion aime les femmes, mais seulement celles qui sont soumises à sa loi misogyne. D'ailleurs en Pologne, l'avortement provoque toujours de vif débats : autorisée de 1959 à 1993, l'IVG a été resoumise, en 1993, à des conditions très restrictives par le gouvernement de l'époque ouvertement catholique. Leur départ des affaires en 1996 avait immédiatement amené à un assouplissement de la loi. Mais dès l'année suivante, le retour du religieux au pouvoir avait redurci la loi anti-IVG. Ainsi, depuis 1997, l'IVG est de nouveau interdite dans ce pays de l'UE, sauf dans 3 cas : viol, malformation du fœtus ou danger pour la vie de la mère. Merci Dieu !

Que l'on soit en Pologne ou en Lituanie, la liberté de disposer de son corps, la liberté des femmes et la liberté sexuelle sont directement liées à l'influence de la religion. Ces pays, membres de l'Union Européenne, sont l'exemple incontestable qu'une religion non jugulée par une laïcité stricte l'excluant du pouvoir politique, n'a d'autre visée que l'influence politique et l'application de dogmes visant à réguler de manière autoritaire l'existence de tous. Ces évènements sont une preuve de plus que la religion non bridée est porteuse de l'intolérance, du dénis des personnes et de la lutte contre la liberté de chacun de disposer de sa vie. L'erreur pour nous, françaises et français, est donc de considérer la religion au regard de ce qu'elle est en France en oubliant que depuis plus deux siècles – de 1789, en passant par 1905, jusqu'à notre lutte dans les années 70 – les citoyens ont enseigné aux religieux, et parfois par le sang, que leur place est en dessous d'eux. Cette garantie est la seule qui rende la religion monothéiste tolérante.

Enfin, au regard de tels évènements, on est en droit de se poser la question : comment peut-on aujourd'hui être une femme et emmener ses filles à l'église ?

Guillaume Desguerriers

3 - le non de gauche

1 - Référendum ou pas référendum : le PS, hypocrite et parjure, ne respecte pas ses engagements en permettant à Sarkozy de bafouer le peuple français

Les députés socialistes ont décidé de boycotter la réunion du Parlement en Congrès à Versailles, le 4 février, pour la révision de la Constitution préalable à la ratification du traité européen, a annoncé mardi le patron du groupe PS à l'Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault.

Ce dernier mérite le prix Nobel de l'hypocrisie. Ecoutons-le :
"Nous n'irons pas à Versailles. Un référendum a rejeté le traité précédent. Un nouveau texte a été préparé. Il me paraît impossible que nous participions à la révision préalable de la Constitution dès lors que nous défendons la voie référendaire plutôt que la voie parlementaire", a-t-il dit en présentant ses voeux à la presse.

Mais l'absence des députés PS à Versailles ne compromettra en rien la révision constitutionnelle, puisque seuls les votes exprimés sont pris en compte. L'absence des députés socialistes permet donc à Sarkozy d'avoir les 3/5 nécessaires pour éviter le référendum. Et pour que Sarkozy ne puisse pas éviter le référendum, il faut que les parlementaires PS respectent leur engagement noté dans leur motion de synthèse du dernier congrès (et dans la proposition 91 des propositions de la candidate à la présidentielle) de lutter pour un référendum quelque soient leurs inclinations sur ce traité modificatif. Pour cela, il faut et il suffit que les parlementaires votent non à la révision constitutionnelle le 4 fevrier. On voit là les "limites" pour pas dire plus de l'attachement du PS au parrallélisme des formes qui veut que ce que le peuple a rejeté par référendum ne peut qu'être invalidé que par le peuple lui-même. Ce parjure restera dans nos mémoires.

Jérôme Manouchian

2 - 3 Réactions de socialistes à la position du PS visant à boycotter le congrés à Versailles

Communiqué de Marc DOLEZ, Député P.S. du Nord

Je juge déplorable la position du groupe Socialiste de l’Assemblée Nationale, annoncée ce jour, de boycotter la réunion du congrès de Versailles, le 4 février, pour la révision de la Constitution préalable à la ratification du Traité Européen.

Alors qu’en votant non à la révision de la Constitution, où la majorité des 3/5 est requise, les parlementaires de gauche peuvent imposer au Président de la République le référendum dont il ne veut pas, le boycott revient à renier les engagements pris et à se rendre complice de cette forfaiture qui consiste à faire adopter par le parlement un projet de traité précédemment repoussé par le peuple.

Profondément attaché au respect de la souveraineté populaire, je refuse pour ma part de cautionner cette indigne complicité et me rendrai donc, le 4 février, au congrès de Versailles pour voter non.

 

« Je ne serai pas le seul à me déplacer à Versailles » HENRI EMMANUELLI, député socialiste des Landes

Respecterez-vous la consigne de boycott du Congres ?
- Henri Emmanuelli. Non. Nous nous sommes engagés à quatre reprises pour que l’adoption d’un traité impliquant des abandons de souveraineté se fasse exclusivement par référendum. Il n’y a qu’un seul moyen de forcer Nicolas Sarkozy à l’organiser, c’est d’aller au Congrès de Versailles et de voter contre la modification de la Constitution permettant la ratification par voie parlementaire. Toute autre solution est dilatoire. Dire : « le PS boycotte Versailles », c’est accepter qu’il n’y ait pas de référendum et laisser le champ libre au président pour sa manoeuvre.

Ne pas se déplacer à Versailles pour le Congres serait donc une erreur ?
HE : Je suis parlementaire. J’ai été élu par le peuple et je ne le priverai pas de sa souveraineté. C’est une question de crédibilité. J’ajoute que le groupe des députés socialistes n’a rien décidé du tout. Nous n’avons aucunement été consultés sur la question d’un éventuel boycott. Je laisse la responsabilité à Jean-Marc Ayrault de ses déclarations.

François Hollande confirme ce boycott…
HE : Je ne comprends pas. Je suis affligé. On ne peut pas dire dans le même temps qu’on veut un référendum et adopter une attitude qui, de facto, laissera les mains libres à Sarkozy. Où est la cohérence ? L’heure n’est plus aux renoncements, aux habiletés, à la confusion, voire à la duplicité.

Le PS prend-t-il le risque d’une nouvelle crise sur la question européenne ?
HE : Comme d’autres, j’ai fait l’effort dans le cadre de la synthèse du Mans de dépasser les divisions fratricides entre les partisans du oui et ceux du non moyennant l’engagement de rester ferme sur l’exigence d’un nouveau référendum. Or cet engagement n’est pas tenu. Les risques sont lourds. Je ne serai pas le seul à me déplacer à Versailles. Je pense même que des parlementaires qui avaient voté oui à la Constitution européenne le 29 mai 2005 seront très choqués et iront au Congrès voter contre la révision.

Propos recueillis par E.H. in Le Parisien

 

Boycotter Versailles : c’est s’incliner devant Sarkozy sans mener de bataille ! Par JJ Chavigné (D&S)

Jean-Marc Ayrault, Président du groupe PS à l'Assemblée nationale a annoncé que les députés socialistes boycotteraient la réunion du Parlement en Congrès à Versailles, le 4 février. Ce jour là, le congrès sera réuni par Sarkozy dans l’objectif de réviser la Constitution française. Cette révision est indispensable à une ratification ultérieure du Traité Modificatif Européen par le Parlement.
François Hollande a approuvé cette prise de position.
Ce n'est pas acceptable !

Refuser d'aller à Versailles c'est offrir sur un plateau Sarkozy la majorité des 3/5 (des votants !) qui lui permettrait de modifier la Constitution et, ensuite, de faire ratifier le nouveau traité européen par le Parlement réuni en congrès, sans passer par un nouveau référendum.

Ce serait une défaite sans combat : le refus de nous battre pour la seule revendication juste : "Seul le peuple peut défaire ce que le peuple a fait !" Alors qu'il est possible de gagner et d'empêcher Sarkozy d'obtenir les 3/5 des suffrages des parlementaires. Si Sarkozy obtient sa majorité des 3/5 la bataille contre la ratification du traité au Parlement n'aura plus aucun sens. Il lui suffira alors d'obtenir la majorité simple devant le Parlement et cela ne posera aucun problème à la Droite. Ce vote ne sera qu'un vote symbolique.

Il n'est possible de faire barrage à Sarkozy et à sa volonté de ratifier le TCE sans passer par un référendum que lors du vote sur la modification de la Constitution. Ne pas être là lorsque ce vote aura lieu, serait fuir le combat sur le seul terrain où Sarkozy peut être battu.

Il serait, de surcroît, difficile de comprendre le soutien que notre parti apporterait ainsi à Sarkozy au moment où les attaques de la Droite se multiplient contre les salariés, les retraités, les chômeurs : fin des 35 heures, remise en cause du CDI, du Code du travail, franchises médicales, baisse du pouvoir d'achat augmentation de 1,1 % des retraites en 2008, stigmatisation à jet continu des chômeurs et des salariés pauvres... Nous ne pouvons pas accepter que notre parti puisse faire preuve d'un tel mépris envers les électeurs. Nous ne pouvons pas non plus accepter que notre parti puisse refuser la confrontation avec Sarkozy à un moment où l'échec de sa politique du "pouvoir d'achat" le rend particulièrement vulnérable. On ne fait pas de la politique contre Sarkozy et la Droite la plus réactionnaire depuis Pétain avec un fleuret moucheté. L'adversaire, lui, utilise le sabre d'abordage. Nous devons nous battre sans concessions pour freiner, stopper sa volonté d'effacer tous les acquis sociaux depuis 1936.

Les parlementaires comme Marc Dolez ou Henri Emmanuelli ont déjà fait savoir qu’ils iraient à Versailles pour voter contre le projet de modification de la Constitution proposé par Nicolas Sarkozy. Ils ne seront pas les seuls.

C’est l’ensemble des parlementaires de la gauche (et donc du PS) qui doivent se rendre à Versailles, empêcher Sarkozy d’obtenir la majorité des 3/5 et l’obliger à organiser un référendum sur le Traité européen signé à Lisbonne par les chefs d’Etat ou de Gouvernement, le 13 décembre 2007. Un traité dont le contenu est le même que le TCE rejeté par 54,67 % des électeurs français le 29 mai 2005.

Jean-Jacques Chavigné

ReSPUBLICA

3 - Une double confirmation

Madame, Mademoiselle, Monsieur,

Ces quelques mots vous trouveront dans une période propice aux souhaits de toutes sortes. C'est volontiers que nous sacrifions à ce rite en vous adressant nos voeux les plus chaleureux pour l'année nouvelle. Et notamment celui que nous soyons suffisamment mobilisés et convaincants pour obtenir un référendum sur le nouveau traité européen. D'autant que les dernières informations montrent que cet espoir n'est pas condamné à rejoindre le cimetière des bonnes résolutions que nous formulons traditionnellement aux premiers jours de l'année.

Quelques jours avant Noel, les Françaises et les Français ont pu prendre connaissance de la décision rendue par le Conseil constitutionnel sur le futur traité de Lisbonne... ou du moins quelques initiés puisque les médias les plus influents n'en ont presque pas parlé.

La décision du Conseil constitutionnel est pourtant extrêmement importante. Elle confirme que le traité de Lisbonne ne peut être ratifié sans révision préalable de la Constitution française. Nos parlementaires devront donc voter dans les prochaines semaines un projet de révision constitutionnelle. Ensuite, conformément au texte de la Constitution française, cette révision ne pourra être adoptée que par le peuple lui-même ou à défaut par les parlementaires à la majorité des 3/5e des suffrages exprimés. L'analyse qui a conduit à la création du CNR se trouve donc confirmée : il suffit que les 2/5e des parlementaires votent non lors de la convocation du Congrès pour contraindre le président le la République à organiser le référendum auquel pour l'heure il se refuse.

La décision du Conseil constitutionnel aurait mérité plus d'attention pour une seconde raison. Le Conseil y affirme que le traité de Lisbonne correspond pour l'essentiel au projet de Constitution européenne rejeté par les Français en 2005. Quelle que soit l'opinion que l'on porte sur le nouveau traité, ceci justifie donc le recours au référendum au nom du principe démocratique selon lequel « ce que le peuple a décidé par référendum ne peut être défait ou confirmé que par référendum ».

Le référendum est nécessaire, le référendum est possible : nous avons quelques semaines pour porter ce message auprès de nos concitoyens. Un mois en tout et pour tout pour prendre partout des initiatives permettant d'expliquer cette procédure complexe et de porter auprès des parlementaires l'exigence du référendum. En point d'orgue de cette mobilisation, le CNR organisera une grande initiative à Paris le samedi 2 février afin d'exiger des parlementaires qui seront convoqués en Congrès dès le 4 février le respect de la souveraineté populaire.

En sachant pouvoir compter sur votre implication dans ce combat civique,

Le CNR Comité National pour le Référendum
www.nousvoulonsunreferendum.eu

4 - "Mini-Traité": l'heure des responsabilités

Ainsi, ce serait décidé, La ratification se ferait au niveau parlementaire et une majorité d’élus s’apprêterait à voter oui. Il conviendrait qu’ils mesurent la responsabilité qu’ils prendraient, et que celle-ci leur soit rappelée.

Nous avons déjà souligné que l’enjeu n’est pas seulement de savoir si le traité est trop libéral et pas assez social. La question des orientations politiques que prendra l’Union Européenne ainsi renforcée relève du combat permanent dont toute institution est toujours l’enjeu et le siège. Ce qui fait obstacle à ce que ce traité puisse valablement être adopté par les seuls parlementaires tient à ce qu’il contient de transfert des pouvoirs de décision du niveau national au niveau européen.

On peut toujours esquiver cet enjeu en le camouflant derrière l’anathème de souverainisme, mais concrètement cela veut dire qu’il est des domaines où nous ne pourrons plus obtenir de progrès ou empêcher des reculs que si nous réussissons à réaliser une pression d’opinion suffisante au niveau de toute l’Europe, quelle que soit notre opinion majoritaire ici en France. On a pu à juste titre évoquer le précédent de l’Irak, où nous ne pourrions plus nous opposer à l’aventure ni nous en tenir indemnes. Mais cela peut être vrai aussi dans le domaine économique et social. C’est le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, qui a nourri la décolonisation, qui nous serait retiré, à nous comme d’ailleurs aux autres peuples d’Europe.

C’est le motif fondamental d’une incompétence absolue des parlementaires pour en décider, car seul le peuple peut décider de renoncer à ce droit, et les parlementaires n’ont reçu et ne tiennent de rien le droit d’en disposer à sa place Il existe au demeurant un précédent historique, lorsque, en 1954, les parlementaires avaient été appelés à ratifier un premier traité de ce genre appelé « Communauté Européenne de Défense », et l’ont rejeté. Ce refus avait été le fruit d’une considérable campagne d’opposition qui les avait mis devant leurs responsabilités, Sans doute faudrait-il aujourd’hui s’en souvenir, et leur tenir le même discours.

A cela d’ailleurs s’ajouterait, indépendamment de toute considération de fond, un argument de procédure, qui tient à ce que les juristes appellent la règle de parallélisme des formes. Le traité a été rejeté par référendum, sa version amendée ne pourrait donc être adoptée que par référendum. L’argument n’est pas seulement de pure forme : il y a un véritable défi, et d’une rare insolence à dire que, dès lors que le peuple s’est prononcé de telle manière, on se passera de le consulter pour prendre le contre-pied de ce qu’il a décidé..

Et l’on pourrait ajouter que le refus du référendum est d’autant plus insolent qu’il est manifestement motivé par la crainte que ce référendum soit négatif, faute de quoi il n’y aurait aucune raison de s’y dérober. Cela ne fait que mieux souligner que le choix d’une ratification seulement parlementaire est un choix de trancher contre la volonté de la Nation. Il peut être salutaire de rappeler que tôt ou tard celle-ci pourra demander des comptes à ceux qui auront commis cette forfaiture, et qui peuvent encore soit à défaut d’avoir le courage de refuser cette ratification, au moins se déclarer incompétents et renvoyer eux-mêmes au référendum.

Droit-Solidarité (Association adhérente à l’Association Internationale des Juristes Démocrates)
120 rue de Rivoli, 75001 PARIS - fax: 0142211787
droitsolidarite.free.fr

5 - La France sans pouvoirs publics ?

Le Président de la République et le Gouvernement tentent de faire ratifier par le Parlement le traité de Lisbonne, qui instituerait la suprématie de l’Union Européenne sur les États d’Europe, malgré le rejet par le Peuple Français du traité précédent en 2005. Les partisans de cette procédure la prétendent constitutionnelle, et allèguent l’intention avouée pendant la campagne électorale par le président en exercice.

Ces assertions sont-elles fondées ?

En démocratie, le Peuple, formé par l’ensemble des citoyens, est le seul souverain, et le pouvoir constituant appartient à lui seul. La Constitution affirme ainsi, en son article 2, que « le principe de la République est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple », et en son article 3 que « la souveraineté nationale appartient au peuple ».

A chaque élection législative, le Peuple souverain délègue partiellement le pouvoir constituant à ses représentants, qui sont habilités à modifier la Constitution, selon une procédure fixée par la Constitution elle-même. Mais cette délégation implicite n’habilite les représentants du Peuple ni à bouleverser la Constitution, ni à l'abroger.

Or le traité que le pouvoir exécutif tente de faire ratifier instituerait un pouvoir supérieur à celui de la République, et un ordre constitutionnel absolument supérieur à l'ordre constitutionnel républicain. Il ne s'agit donc pas seulement de modifier la Constitution mais de subordonner la République à un pouvoir extérieur. Un changement si radical ne peut être accompli par des représentants élus selon la procédure législative ordinaire. Deux voies, et deux seulement, sont possibles :

Or les parlementaires à présent en exercice n'ont pas été élus ainsi. Donc le pouvoir constituant ne leur a pas été confié, et par conséquent ils n'en sont pas dépositaires.

Le Président de la République « est le garant de l'indépendance nationale» et « veille au respect de la Constitution », selon l’article 5 de celle-ci. Moins que quiconque il ne peut donc proposer de l’altérer, encore moins de la subordonner à un autre texte normatif. Mandataire du Peuple, sa volonté ne saurait prévaloir sur celle du Souverain.

Les partisans du traité proclament eux-mêmes que ce texte a été rédigé dans les mêmes intentions que le traité de 2005, dont il reprend toutes les dispositions principales et, presque phrase pour phrase, les dispositions de détail, dont seul l’ordre a été modifié et la présentation embrouillée. Semblables par le but, la substance et la forme, ces deux textes sont essentiellement identiques.

Le traité de Lisbonne est ainsi d’emblée caduc, puisque le Peuple souverain a déjà décidé d’en refuser toutes les dispositions par sa libre décision de 2005. Nul pouvoir n’étant au-dessus du Peuple, ce que le Peuple a décidé ne peut être modifié que par lui.

Prétendre que des mandataires sans mandat puissent violer la volonté des mandants, prétexter du discours d’un seul homme, et d’un homme qui enfreint délibérément le devoir de sa charge, pour renverser la Constitution, c’est vouloir abolir la République et anéantir la souveraineté du Peuple. C’est inciter au crime de forfaiture. C’est déchirer le contrat social, détruire la foi publique, ébranler la concorde civile, ruiner les bases mêmes de la vie commune.

Selon l’article 4 de la Constitution « les partis et groupements politiques doivent respecter les principes de la souveraineté nationale et de la démocratie ». Toute personnalité politique qui accepterait de ratifier ce traité se placerait donc d'elle-même hors de l'ordre constitutionnel, comme les parlementaires qui, en 1940, prétendirent accorder illégitimement, et à un seul homme, un pouvoir qu'ils ne détenaient pas. Pis encore, cette usurpation résulterait, comme jadis, d’une pression de l'étranger, approuvée par des groupes sociaux dominants prêts à l’utiliser pour pérenniser leur domination.

Quiconque ratifierait, ou tenterait de faire ratifier, ce traité perdrait donc, par ce fait lui-même, tout pouvoir de représenter le Peuple ou d'agir en son nom.

Si ce traité était ratifié, les pouvoirs législatifs et exécutifs de la France seraient ainsi caducs, et le pays n'aurait plus qu'un parlement, un gouvernement et un président de fait, auxquels nul citoyen ne devrait plus allégeance, jusqu'au rétablissement de l'ordre constitutionnel républicain.

Vive la République !

Christian Darlot

6 - "Tous à Versailles le 4 février 2008", mais qu'est-ce donc que ce site?

Bonjour à toutes et à tous,

Le 4 février 2008, les parlementaires français réunis en Congrès à Versailles, vont devoir voter pour ou contre la modification de la Constitution permettant la ratification définitive du Traité européen de Lisbonne ("mini traité") impulsé par N. Sarkozy et A. Merkel.

C'est le choix qui a été fait par le Gouvernement français, appuyé par de nombreux parlementaires, pour revenir sur notre vote du 29 mai 2005 sans risque.

Comme l'a dit lui-même N. Sarkozy, on sait bien qu'un nouveau référendum pourrait apporter une nouvelle victoire du "NON" à l'Europe libérale et capitaliste.

Il faut une majorité des 3/5 au Congrès pour que cette ratification soit votée. L'UMP n'a pas, à elle seule, cette majorité qualifiée.

Le groupe du PS (le groupe le plus important dans l'opposition) peut donc, avec quelques autres, faire basculer le sens du vote. Or, à ce jour, le PS a choisi de plier devant N. Sarkozy et a pour l'instant décrété de voter pour cette ratification lors du Congrès.

Cela est inacceptable et il faut donc nous manifester pour rappeler aux élus notre vote du 29 mai 2005.

Ce site internet est donc une plateforme logistique, créée pour réunir et fédérer les sans-culotte de France et de Navarre qui souhaitent participer à une manifestation citoyenne le 4 février 2008.

Il s'agit, pour les initiateurs de ce site, de permettre le rassemblement du plus grand nombre le "Jour J" du Congrès (Assemblée Nationale et Sénat réunis à Versailles selon l'article 89 de la Constitution de 1958), pour faire entendre notre voix et demander que soit respecté notre choix du 29 mai 2005.

Il s'agit de s'opposer, en se manifestement physiquement, à ce que le Congrès ratifie le Traité de Lisbonne, pour contraindre le Gouvernement à nous soumettre ce texte par la voie référendaire.

Les mots d'ordre, drapeaux et couleurs, des participants à cette manifestation du 4 février 2008 seront ensuite "à la charge" des organisations, partis, individus, respectivement concernés, mais il va de soi qu'ils seront tous tournés vers un seul objectif: Non à la ratification en Congrès, oui au référendum populaire! Respectez notre "NON"

"TOUS A VERSAILLES LE 4 FEVRIER 2008" se propose donc simplement de tout mettre en œuvre pour permettre au plus grand nombre d'entre nous de se retrouver en fin de matinée le 4 février 2008 à Versailles face aux élus du peuple, quand ils devront engager leur voix sur un acte aussi grave.

C'est notre combat commun, c'est un combat de la gauche républicaine et démocrate, il transcende les clivages et les partis.

Aussi, nous vous engageons à vous inscrire ici, par région, et à nous envoyer un mail précisant notamment:

Les responsables des régions prendront contact avec vous le plus rapidement possible. Votre engagement sera ferme et définitif une fois ce contact pris.

Faites passer le message et retrouvons nous nombreux/ses.

Salut et fraternité

Voir cet article sur son site d'origine

Tous À Versailles Le 4 Février www.tousaversaillesle4fevrier2008.fr/

4 - Média

1 - Sarkoshow : le «rendez-vous des fayots» et des maladroits

Face à plus de 600 journalistes, le Président a fait du petit bois avec les médias, sans rencontrer de difficulté majeure.

La conférence de presse format grand-messe de ce mardi 8 janvier a réuni plus de 600 journalistes (Champagne !), selon l'Elysée. Parterre de caméras dans la cour du Palais, estrade bondée de photographes face à la tribune, confrères serrés sous les lambris, trop nombreux pour les chaises mises à leur disposition. Les stars de la profession ont fait le déplacement, de Serge Moati à Guy Carlier, de Paul Amar à Paul Nahon, en passant par Françoise Laborde. Les patrons de presse aussi : Robert Namias, directeur général adjoint en charge de l'information de TF1, Nicolas Beytout, nouveau directeur des Echos, Laurent Joffrin, directeur de Libération, Valérie Lecasble, directrice de I-télé, Bruno Frappat, président du directoire de La Croix, entre autres... Dès la fin de son discours d'introduction consacré à la déclinaison de son nouveau concept, la fameuse « politique de civilisation » qu'il a, paraît-il, peaufiné la veille en rencontrant Edgar Morin, Nicolas Sarkozy ironise : « Je me rends compte que je ne vous ai pas présenté de vœux, mais je vous vois si heureux ! » Une petite vanne en direction d'un secteur en crise pour commencer, le ton est donné. Face à un Sarkozy en grande forme, il eût fallu, au moins, une bonne dose de solidarité journalistique. On la cherche encore.

France 24, le JDD, BFM...

« On n'organise rien du tout », lance le Président pour donner le coup d'envoi. De fait, c'est inutile : le micro ne circulera que parmi les journalistes assis face à la tribune, sans jamais s'égarer entre les mains de ceux qui n'auraient pas suivi Nicolas Sarkozy ou ne seraient pas connus de lui. Les hostilités s'ouvrent sans attendre. A Roselyne Febvre de France 24, il rappelle qui est le patron : « votre vie politique a commencé il y a huit mois, avec moi », lâche-t-il, énigmatique. Comme elle l'interroge sur son possible remariage, il fait savoir qu'en tout cas « ce n'est pas le JDD qui en fixera la date ». La flagornerie ne paie plus, les journalistes ont beau décliner les vœux de bonne année au Président, aucun média n'est épargné. Si vous ne voulez pas que j'affiche ma vie privée, explique-t-il en substance à une journaliste de BFM qui critique son « style », « vous n'enverrez plus de reporters de BFM TV pour me suivre partout ».

...Les Echos, Libé, Joffrin et les éditorialistes...

Pendant plus d'une heure, tous les titres en prennent pour leur grade, sans que leurs représentants ne puissent répliquer : il n'y a pas de droit de suite dans les conférences de presse présidentielles, et sur ce point, Nicolas Sarkozy n'a pas changé le protocole. L'adjectif « ridicule » s'abat sur les gratte-papier une bonne dizaine de fois. Le Président tacle, par exemple, les « grandes déclarations un peu ridicules sur la propriété des journaux », visant incidemment la rédaction des Echos qui s'est opposée à son rachat par Bernard Arnault. Quant à Laurent Joffrin, après avoir essuyé un « vous n'avez trouvé que ça ? » pour qualifier sa question, il se voit rappeler les difficultés économiques de Libération : « Vous devez savoir ce que c'est que la difficulté de trouver un lectorat. » Un peu plus tard, interrogé sur la crise des subprimes, le Président ajoute : « si j'étais inquiet, je ne ferais pas Président de la République, ce n'est pas un métier pour inquiets. J'en connais de plus calmes, comme éditorialiste. »

...LCI, France 3, Europe 1, et encore Joffrin

Non content de renvoyer les journalistes dans les cordes, l'interrogé botte systématiquement en touche. « Ce n'était pas tout à fait votre question mais c'est tout à fait ma réponse », assène-t-il à Anita Hausser, de LCI. A une journaliste de France 3 qui se dit choquée par l'expression « discrimination positive », il répond que le vocabulaire n'a pas d'importance. Quelques minutes plus tard, à Laurent Joffrin qui l'accuse de transformer la République en une « monarchie élective », il fait remarquer, à l'inverse, que « les mots ont un sens » et que cette expression ne veut rien dire. Quand, enfin !, un journaliste d'Europe 1 demande précisément si les 35 heures seront supprimées en 2008, la réponse est laconique : « Oui », sans aucun développement. Curieux, surtout de la part de quelqu'un qui vient de mettre en avant le paiement des heures supplémentaires comme solution à la crise du pouvoir d'achat. Sur quelle base seront réalisées les heures dites « supplémentaires » si la durée légale du travail change ? Mystère. On n'en saura pas plus, puisqu'aucune des questions laissées sans réponse ne sera jamais reposée. C'est la règle du chacun pour soi. Les rires fusent même pour accompagner les boutades du Président, y compris lorsqu'elles se font aux dépens d'un collègue. Laurent Joffrin - encore lui - n'est pas le seul à en avoir fait les frais.

Un cocktail attend la foule des « journalistes de base » après deux heures de laminage. Le bilan n'est pas brillant. Beaucoup se disent déçus, insatisfaits. Les questions, trop générales et dispersées, sur la crise de la presse, la crise économique mondiale, l'enthousiasme des Français ou la « faillite de l'Etat», ont permis à l'interviewé de rester très flou. Les rares critiques étaient si éditorialisantes qu'elles n'ont pas contraint le Président à s'expliquer sur les problèmes précis que soulève sa politique. Vindicatif, un journaliste du Canard enchaîné s'exclame carrément que c'est « le rendez-vous des fayots ! » (en un langage plus imagé, que la décence nous interdit de reproduire ici). A la fin du show, dans la cour de l'Elysée, la télé interviewe les journalistes pour recueillir leurs impressions. On se tend mutuellement le micro, dans une mise en abîme qui laisse perplexe. Après une telle dérouillée, le miroir n'est pourtant pas des plus flatteurs.

En vidéo:

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A. Borrel Marianne2.fr

5 - International

1 - Bénazir Buttho, un symbole, pas une icône.

Le peuple pakistanais est nu, les élections du 18 février seront une impasse de plus.

Le 18 octobre dernier, jour de son retour d’exil, Bénazir Buttho échappait à un attentat qui faisait plus d’une centaine de morts.
En novembre, le général Pervez Musharraf, chef du gouvernement en place, l’amnistiait des crimes de corruption.
Il instaurait dans le même temps l’état d’urgence, qu’il devait lever le 15 décembre.
Le 27 décembre, la leader du Parti du Peuple Pakistanais tombait sous les balles de ses opposants.

Le général Musharraf, au pouvoir depuis le coup d’état d’octobre 1999, voit ainsi se briser le processus électoral où le P.P.P., par la figure emblématique de Bénazir Buttho, serait redevenu un acteur majeur du pouvoir.
Attaque contre les balbutiements démocratiques ?
Volonté d’éliminer une opposante qui faisait campagne pour les prochaines élections législatives afin de devenir pour la troisième fois premier ministre ?
Après avoir diffusé un bulletin fantaisiste sur les raisons de la mort de Bénazir Buttho, le régime militaire a cru bon de renouveler les membres de la Cour suprême de Justice, pour ne pas avoir à diligenter une enquête.
Le régime militaire, ses services secrets et ses soutiens à l’étranger ont probablement autant de responsabilités que les fanatiques de l’islam politique dans cet assassinat organisé.
Exilée, emprisonnée, assignée à résidence, menacée dans sa personne, Bénazir Buttho refusait de se laisser intimider, y compris par les pressions des attentats ; son courage doit être salué. Les ennemis de la démocratie ont préféré la supprimer. La dynastie Buttho a toujours été une cible de choix. Le Pakistan a la triste habitude de régler les questions politiques par la force, par la violence, par le meurtre.
L’histoire personnelle de Bénazir Buttho a affermi sa détermination à lutter contre la dictature et pendant ses années d’exil, les plus pauvres ont longtemps constitué son principal soutien. A sa fondation par Ali Buttho, le P.P.P. était alors un véritable mouvement populaire, un parti de masse. Après l’assassinat du fondateur, les activistes du Parti ont été pourchassés. Lors des deux mandatures de Bénazir Buttho, la situation du peuple pakistanais ne devait toutefois pas s’améliorer.
En brisant l’élan de la campagne législative, en déstabilisant plus encore le pays, ceux qui ont armé le bras des terroristes ont brisé le mince espoir du peuple.
Mince espoir car sur quelles bases auraient pu se construire la paix et l’unité nationale ?
Bénazir Buttho a été deux fois aux commandes du pays, et la politique qu’elle a menée n’a pas soulagé son peuple :

Une fois premier ministre, elle a choisi de poursuivre avec l’appui de Washington, ce qui l’a conduite à négocier avec le despote Musharraf, prix à payer pour son retour sur sa terre natale après une dizaine d’années d’exil.
Ce fut une erreur, sa mort malheureusement, le prouve.
Aujourd’hui, le peuple pakistanais est las d’enrichir son armée et ses élites.
Le régime du général Musharraf n’a eu de cesse d’étouffer les oppositions et il doit aujourd’hui faire face au désordre. C’est cette menace de chaos qui permet à l’administration Bush de proposer ses services en renforçant l’influence de la CIA dans le pays, voire en intervenant militairement.
On peut douter que le peuple pakistanais se contente d’un ordre rétabli par l’alliance des forces armées du pays et le renfort militaire américain.

L’autre danger reste le mauvais contrôle politique sur les forces nucléaires.
En mai 1998, l'Inde et le Pakistan en effectuant des essais nucléaires, ont défié le traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) de 1968, se soustrayant par la même occasion aux règles internationales de contrôle des armements.
Avec la confrontation de deux puissances nucléaires frontalières et le conflit du Cachemire, avec la présence de l’islam politique et de ses fanatiques, avec les pays qui revendiquent un régime islamique, avec la talibanisation du Pakistan, à la vulnérabilité extérieure du Pakistan, vient s’ajouter sa déstabilisation interne.
Le terrorisme n’aura fait qu’amenuiser le mince espoir du peuple pakistanais, ajoutant colère et peur.
Le P.P.P. saura t-il rassembler les différentes ethnies, défendre les droits sociaux et les droits de l’homme, l’égalité des femmes et se passer des fondamentalistes religieux ? Saura t-il s’affranchir de la tutelle des Etats-Unis ? Saura t-il ouvrir la voie de la démocratie ?
Quel poids et quelle crédibilité auront les élections du 18 février prochain ?

Jocelyne Clarke

2 - L’assassinat de Benazir Bhutto est un crime contre l'émancipation humaine

Commis en pleine campagne électorale, après des années de dictature militaire et de soutien des politiques néolibérales à l'extrême droite islamiste,sanctuarisé dans plusieurs provinces du pays ,c'est la réponse du système d'alliance du turbocapitalisme (néolibéraux et communautaristes et intégristes de toutes nature) qui gouverne la planète depuis plus d'un quart de siècle, pour empêcher le peuple paskitanais de vivre un changement de politique suite à la victoire probable qui se profilait le 8 janvier pour le PPP de Benazir Bhutto.

Qui que soit l’agent direct de cet acte criminel, les commanditaires sont liés à cette gouvernance mondiale et à son système d'alliance noté plus haut. Il est notamment clair que l'extrême droite islamiste est directement soutenu par une partie des Services Secrets Pakistanais (ISI), par des barons de la drogue directement liés aux Talibans et par le régime saoudien, toujours soucieux d’appuyer et de financer toute activité réactionnaire à travers le monde. Le fait que ces services secrets pakistanais joue ce rôle montre bien le rôle ambigu que joue le président pakistanais qui joue plusieurs fers au feu entre son soutien aux Etats-Unis et son jeu trouble avec l'extrême droite islamiste.

L’armée pakistanaise et l’ISI y sont directement impliqués dans la guerre d'Aghanistan tout comme l'extrême droite islamiste. Ils sont toujours liés aux Talibans et aux barons de la drogue (qui sont liés entre eux).

L’assassinat de Benazir Bhutto est une nouvelle illustration de la dégénérescence et de la corruption extrêmes qui rongent le Pakistan. La misère, la pauvreté et les injustices sont de plus en plus criantes. Mais le Pakistan n'est pas un pays isolé, il est directement lié au système de domination du monde par la gouvernance mondiale (Associations multilatérales, associations régionales et administration étatsunienne).

C'est une déjà une longue histoire. Le dictateur Zia avait déjà assassiné le père de Benazir. Cela n’a pas empêché la renaissance du PPP dans les années 80. Les forces du terrorisme d’Etat ou de l'extrême droite islamiste ou une conjonction deux deux forces ont assassiné le frère de Benazir, Murtazar. Ils ont ensuite exilé Benazir et instauré une nouvelle dictature. Cela n’a pas empêché le PPP de connaître une nouvelle résurrection lorsque 2 à 3 millions de personnes sont descendues dans la rue pour accueillir le retour de Benazir, en octobre dernier.

Rien n’est plus simple que de tuer un homme ou une femme. Nous autres humains sommes des créatures fragiles. Mais on ne peut pas assassiner la marche de l'émancipation humaine.

Ceux qui ont commandité ce nouvel assassinat sont les ennemis de l'émancipation humaine. C'est pour cela que les laïques et les républicains de gauche, de part le monde, sauront, sans nulle doute, relever le gant pour élaborer des stratégies à fronts larges pour cette émancipation et contre le turbocapitalisme et ses laquais.

Jérôme Manouchian

3 - Réponse de Sari Nusseibeh à la campagne de désinformation menée par MEMRI

« Si Israël en a tant, il n’a pas besoin de se créer des ennemis imaginaires, à moins, bien sûr, qu’un Palestinien sincèrement engagé pour une solution de compromis ne soit, en vertu de ce positionnement, un ennemi de l’Etat d’Israël ? »

Engage, 2 janvier 2008

Traduction et notes : Gérard Eizenberg pour La Paix Maintenant

Note sur les sources :
Ce qui suit est en réalité extrait d’une lettre envoyée par Sari Nusseibeh à Ami Isseroff, responsable du blog http://www.zionism-israel.com/ et ami de Nusseibeh. M. Isseroff, pour une raison connue de lui seul, nous ayant refusé la reproduction de cette lettre, nous reproduisons cet extrait à partir du site d’Engage, mais nous vous renvoyons malgré tout à la source.
Par ailleurs, précisons que MEMRI n’a pas souhaité réagir. Il faudra un jour revenir sur le positionnement de MEMRI et sur ses techniques de désinformation. Malheureusement, MEMRI n’est pas seul à pratiquer la désinformation au Proche-Orient, dans un camp comme dans l’autre.
Signalons pour finir que nous avons eu recours, à deux ou trois reprises, à des traductions de MEMRI. Bien que ses traductions, de l’arabe ou de l’iranien, ne soient pas réellement en cause (malheureusement), et compte tenu de la personne de Sari Nusseibeh, connu pour son intégrité, nous nous abstiendrons dorénavant d’utiliser cette source. Sur le fond de cette histoire, voir notre article précédent :

La lettre de Sari Nusseibeh

1. Ce n’est pas la première fois que MEMRI mène contre moi une campagne de désinformation. La technique qui consiste à citer des propos hors de leur contexte, ou à ne pas présenter à ses lecteurs/spectateurs le contexte dans sa totalité, a également caractérisé leur couverture de ma position contre les attentats suicides telle qu’elle avait été rapportée par Al Jazira, il y a trois ans. Pour faire court : dans son sujet, MEMRI m’a présenté comme quelqu’un frayant dans la même pièce avec Mesh’al (dirigeant du Hamas, basé à Damas) et exprimant sa sympathie à l’égard de la mère d’un kamikaze de Gaza. Ce que MEMRI n’a pas jugé bon de préciser à l’époque, c’était que : a) je venais de réunir plus de 50 signatures de personnalités palestiniennes qui avaient signé une pétition sans précédent contre les attentats suicides, pétition publiée dans la presse arabe ; b) il s’agissait de la première prise de position publique contre les attentats suicides dans le monde arabo-musulman ; c) cela intervenait à une époque où les attentats suicides faisaient rage, et était donc totalement à contre-courant des opinions en vogue ; d) c’était donc la raison pour laquelle Al Jazira m’avait invité pour une interview (pour la première fois de ma vie) ; e) et que, au lieu d’être seul participant au débat, je me suis retrouvé, sans qu’on m’en ait informé préalablement (quoique seul dans un studio de Jérusalem-Ouest), entraîné dans un débat pro-suicide très émotif mené par Mesh’al, devant défendre des positions qualifiées de « relevant de la trahison. » Néanmoins, j’ai fait de mon mieux, dans cette émission, pour présenter au public notre pétition contre les attentats suicides, aussi clairement et fortement que possible.
MEMRI a choisi de ne pas tenir compte de tout cela. En revanche, ils ont insisté lourdement sur une déclaration que j’ai effectivement faite, où j‘exprimais mon respect pour les mères de combattants qui meurent dans les guerres (déclaration faite en partie pour contrer les scènes d’une mère en pleurs filmée juste après la mort de son fils, tué par des soldats israéliens, que le producteur de l’émission a voulu utiliser juste avant mon apparition à l’écran, après Mesh’al).

2. Dans le second cas qui nous occupe aujourd’hui, celui d’une interview donnée à Al Jazira, MEMRI, une fois de plus, a choisi de mener une campagne de désinformation. Je m’explique :
a) Cette fois, le journaliste avait choisi Tibi (Ahmed Tibi, Arabe israélien, député à la Knesset, du parti Ra’am Ta’al, ndt) et moi-même pour débattre de la question de savoir si le fait de demander aux Palestiniens de reconnaître Israël comme Etat juif avait un sens ou non. Pour Tibi, les termes « juif et démocratique » sont contradictoires, et par conséquent, il faut refuser cette exigence. Pour moi, en accord avec le document Ayalon-Nusseibeh[1] ce que j’ai expliqué dans l’interview, (1) nous avons déjà reconnu Israël en tant qu’Etat juif en reconnaissant la résolution 181 des Nations unies, et (2) qu’Israël soit juif (ou martien) n’est ou ne devrait pas être pour nous une question pertinente. En revanche, ce qui compte ou devrait compter (pour nous) est que les droits (culturels et individuels) de la minorité arabe soient garantis dans l’Etat qu’on nous demande de reconnaître officiellement.
b) Tibi se plaignant de la discrimination à l’égard des Arabes israéliens (situation qui, selon lui, s’aggraverait encore si Israël était reconnu en tant qu’Etat juif), le journaliste lui demanda s’il ne serait pas préférable pour lui (et pour Taybeh, sa ville de résidence) de faire partie d’un futur Etat palestinien (dans le cadre d’un accord de paix durable). Là, bien entendu, Tibi s’opposa véhémentement à cette idée, insistant sur le fait qu’il était et demeurerait citoyen israélien. Encore une fois, mon intervention fut anticonformiste (du point de vue du discours palestinien) : j’émis l’idée que la question méritait d’être débattue. Quel serait le mal d’un point de vue nationaliste, dis-je, , à rattacher certaines parties de ce qui constitue aujourd’hui Israël (comme Taybeh) à un futur Etat palestinien ? En plaisantant, le journaliste me demanda : « Et pourquoi pas Akko ? » Et je répondis, sur le même ton de la plaisanterie, que pourquoi pas, en effet. Je voulais dire par là qu’il ne devrait pas être tabou, pour les deux parties, de discuter de tout arrangement mutuellement acceptable pour parvenir à une solution à deux Etats, y compris celui d’un rattachement de zones à majorité arabe au futur Etat palestinien. (J’aurais pu d’ailleurs ajouter que le problème du « retour », en particulier pour les réfugiés palestiniens vivant aujourd’hui au Liban, pourrait être partiellement résolu pareillement par une révision des cartes, étant donné la situation géographique des foyers d’origine de ces réfugiés).
c) Tout ce débat, bien entendu, tournait en réalité autour du problème sous-jacent du droit au retour. Ma position (encore une fois, le journaliste le rappela aux téléspectateurs) a déjà été exprimée dans le document Ayalon-Nusseibeh. Il me demanda de m’étendre un peu sur cette question. J’expliquai que, dans le cadre d’un accord global, mon opinion était que le retour devait s’effectuer uniquement dans l’Etat palestinien (en sus d’indemnités, etc.). J’ajoutai toutefois qu’il y avait une contrepartie : les Juifs n’auraient aucun droit de revendiquer un « retour » dans les frontières de l’Etat palestinien, et que leur « droit au retour » devrait s’exercer à l’intérieur de l’Etat d’Israël (ce qui signifiait que leur revendication au droit de s’installer partout « en Judée, Samarie, etc. » ne s’appliquerait pas). Il est clair que je n’ai pas voulu par là exclure l’idée que des Juifs puissent vivre dans un Etat arabe, ou vice-versa.
A ce moment du débat, la question de savoir si les Palestiniens peuvent accepter de restreindre leur retour dans les frontières de la Palestine arriva sur le tapis, et je déclarai que cela devait être accepté si les Palestiniens souhaitent réellement une solution à deux Etats. Mais dans tous les cas, ajoutai-je, les dirigeants palestiniens doivent s’exprimer honnêtement sur cette question : exiger une solution à deux Etats entraîne, d’un point de vue pratique, de restreindre l’exercice du droit au retour. Le fait d’insister sur une application totale du droit au retour signifie que l’on recherche une solution à un seul Etat. Personnellement, je suis indifférent à la position que nous (Palestiniens) devrions défendre. Mais il est vrai, dis-je, que j’ai été le premier à réclamer une solution à deux Etats. Mais, ajoutai-je, si la stratégie de l’OLP ne va pas dans ce sens, il nous faut alors en reconnaître les implications.

Pour finir, j’ajouterai qu’il n’est pas difficile, pour quiconque s’intéresse à mes idées, de lire tout ce que j’ai écrit et déclaré depuis tant d’années. Bien sûr, je ne discuterai pas le fait qu’Israël a beaucoup d’ennemis dans le monde arabe. Mais si Israël en a tant, il n’a pas besoin de se créer des ennemis imaginaires, à moins, bien sûr, qu’un Palestinien sincèrement engagé pour une solution de compromis ne soit, en vertu de ce positionnement, un ennemi de l’Etat d’Israël ?

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La Paix Maintenant www.lapaixmaintenant.org

4 - Obama casse la baraque

La campagne pour la présidentielle américaine entre enfin dans le vif du sujet avec les caucus de l’Iowa, qui ont vu la victoire du beau Barack Obama dans le camp démocrate. Décryptage d’un drôle de candidat.

En cette 7è année de guerre en Irak, les électeurs de l’Iowa ont donné une baffe historique à la candidate de l’establishment du parti démocrate : Hillary Clinton. Hier soir, celle qui a voté pour cette guerre a subi une cuisante défaite, n’arrivant que troisième. Il y a quelques mois encore, les pontifes médiatiques déclaraient pourtant que la victoire de Hillary La Froide était « inévitable ». Et, jeudi soir, la Reine de Glace a été détrônée par le sénateur de l’Illinois, Barack Obama, un métis dont le père vient du Kenya et la mère du Kansas, au coeur de l’Amérique profonde, et opposé à la guerre en Irak depuis le début. Dans les 1 800 réunions locales du caucus de l’Iowa, quelque 236 000 personnes ont bravé les vents glaciaux de la plaine pour se rendre aux urnes. Le taux de participation a battu tous les records, multiplié par deux comparé à celui de 2004. Il y avait de la passion dans ce vote.

Les femmes ont voté Obama

Le résultat final est le suivant pour les démocrates : 38 % pour Barack Obama, 30 % pour John Edwards et 29 % pour Hillary Clinton. Sept électeurs sur dix ont rejeté la candidature de Hillary. C’est énorme ! Selon des sondages effectués auprès des votants se rendant au caucus, Obama l’a même confortablement battue chez les femmes avec 35 % de votes en sa faveur, contre 23 % pour Clinton. Quant aux autres candidats qui n’ont ramassé que des miettes, à savoir les sénateurs Joe Biden du Delaware (président de la Commission des Affaires Etrangères du Sénat) et Christopher Dodd du Connecticut (ancien président du Parti Démocrate), ils ont renoncé à leurs candidatures après l’annonce des résultats. Le Gouverneur du Nouveau-Mexique, Bill Richardson, un autre métis né d’un père banquier blanc et d’une mère mexicaine, espère toujours être nommé comme candidat à la vice-présidence dans le ticket du Parti Démocrate. Et se maintient donc dans la course en dépit de son score décourageant de 2 %. Mais pour combien de temps encore ?

Les caisses d’Edwards presque à sec

Le fringant John Edwards, ancien sénateur de l’Etat sudiste de Caroline du Nord, ex-candidat à la vice-présidence du Parti Démocrate en 2004 et avocat millionnaire, a fait campagne sur le thème de « la corruption de Washington causée par l’avidité des grandes entreprises ». Il bénéficiait du soutien des syndicats de l’Iowa ainsi que d’une bonne organisation politique sur le terrain. En dépit de son message à tendance "populisme-économique?, il a été devancé de 6 points par Obama au sein des votants syndiqués.

Edwards est particulièrement fier d’avoir battu Hillary qui avait dépensé 20 millions de dollars dans l’Iowa (selon le Los Angeles Times) contre à peine 4 millions pour Edwards. S’il avait beau clamer à l’annonce des résultats que « ce soir le statu quo a perdu et le changement a gagné », force est de constater que, lui aussi, tout comme Hillary, a été jugé trop vieux jeu par les votants du caucus. Immédiatement après le vote, il a néanmoins annoncé qu’il maintenait sa candidature. Hélas pour lui, sa trésorerie de campagne est presque à sec. Dans ce contexte, difficile d’imaginer qu’il pourrait l’emporter ailleurs quand on sait que l’Iowa est l’un des Etats où la base démocrate compte parmi les plus progressistes et où Edwards fait campagne depuis quatre ans, jouissant ainsi d’une forte notoriété. Déjà, pour la primaire, essentielle, qui se déroulera dans le New Hampshire la semaine prochaine, il est a la traîne dans les sondages et ce, depuis des mois. Un sondage réalisé ce matin pour une télévision locale de cet Etat donne Obama à 39 %, Clinton à 34 % et Edwards à 30 %.

Les discours diaphanes d’Obama

Désormais, le concours pour l’investiture du parti démocrate se réduit donc à deux personnes : Hillary et Obama. Dans ses discours élégants, quoique souvent diaphanes, Obama proclame ad nauseam qu’il incarne « le changement ». Lors de l’un de ses meetings la semaine dernière, le Washington Post a relevé qu’il a répété le mot « changement » 35 fois en une demi-heure ! Face au désir des électeurs avides de sang neuf, la peau brune du beau et jeune Obama (45 ans) s’est transformée en un avantage, même si l’Iowa est un Etat blanc à 95 %. Tout comme son âge (il l’a emporté auprès de 57 % des moins de 29 ans), sa race symbolise le changement qu’il veut incarner.

Mais, au fond, Barack Obama est-il si différent ? Tout comme Hillary, il « bénéficie du soutien d’importants lobbyistes branchés » comme l’a souligné The Hill, l’hebdomadaire du Congrès américain dans son édition du 28 mars 2007. Dans cet article, Mike Williams, le directeur des relations gouvernementales à Washington du Crédit Suisse Securities, qualifie la liste des lobbyistes faisant campagne pour Obama d’ « aussi large que celle de Clinton ».

Dans un autre article en date du 20 décembre, le même hebdo révèle les noms de deux autres lobbyistes de taille oeuvrant pour Obama. Ces derniers sont à la fois rémunérés par le sénateur et par leurs employeurs respectifs. Il s’agit en l’occurrence de Patton Boggs, un cabinet d’avocats dont le site web s’enorgueillit d’être « systématiquement classé n°1 des lobbyistes par le National Journal » et du Podesta Group, classé n°3 des lobbyistes par le Washington Magazine. Ce qui n’est pas rien, quand on sait que tous les clients de ces lobbys, où Obama compte de nombreux soutiens, sont les multinationales les plus importantes du monde.

Faut-il y voir là la raison pour laquelle dans ses appels à « une nouvelle ère sans divisions », Obama semble ignorer l’enjeu que représente la cupidité galopante des grandes entreprises ? Dans sa chronique du 24 décembre 2007, le très progressiste chroniqueur du New York Times, Paul Krugman, critiquait d’ailleurs vivement Obama pour avoir attaqué les comités d’action politique des syndicats comme des centres « d’intérêts spéciaux » qui ont « trop d’influence à Washington ». Tout comme les comités d’action politique des grandes entreprises réputés pour être extrêmement bien financés. Krugman notait qu’Obama n’était pas soutenu par les syndicats, car son message en faveur d’une « nouvelle politique » dépassant « les amertumes de la politique partisane n’avait pas de sens pour les leaders syndicaux. De par leur expérience en matière de confrontation avec les grandes entreprises et leurs alliés politiques, ceux-ci savent pertinemment que l’esprit partisan ne disparaîtra pas dans un proche avenir. »

Jesse Jackson critique Obama

Les sermons centristes et un peu fades d’Obama, toujours plein de bondieuseries, qui appellent à « la fin de la division en sections de notre politique » sont même âprement critiqués par l’un de ses propres supporters : Jesse Jackson, le doyen des leaders noirs américains et candidat à la présidence à deux reprises dans les années 80. Interviewé par The State, un quotidien de Caroline du Sud le 18 septembre dernier, Jackson accusait Obama « de la jouer trop blanc », car il n’avait pas fait d’allusion aux problèmes de justice raciale lors de l’arrestation de six lycéens noirs à Jena, dans l’Etat sudiste de Louisiane pour tentative de meurtre. Une rixe avait eu lieu lorsque des noirs avaient "osé" s’asseoir sous un arbre "réservé" aux blancs. L’injustice flagrante de ces arrestations avait provoqué des manifestations importantes de la part de toutes les associations de noirs auxquelles s’étaient joints des religieux et des leaders progressistes blancs.

Obama prêt à bombarder le Pakistan

Mais ce sont sur les relations internationales qu’Obama s’est montré, sur le fond, proche de Hillary, partisane d’une politique impérialiste. Par exemple, le 1er août dernier, comme l’a rapporté l’agence Reuters, Obama a menacé de bombarder unilatéralement le Pakistan, si les services de renseignements américains y localisaient des cadres d’Al Qaida et que le président Musharraf refusait d’agir.

Le discours d’Obama devant le très élitiste Chicago Council on Global Affairs le 23 avril 2007 était tout aussi clair. Il y affirmait croire en une Pax Americana globale. Il disait qu’un « président américain ne devrait jamais hésiter à utiliser la force, même de manière unilatérale, pour protéger nos intérêts vitaux quand nous sommes attaqués ou sous le coup d’une menace imminente. »

En ayant recours à la notion de « menace imminente », Obama adopte la politique d’une guerre de prévention si chère à Bush. Et Obama de continuer : « je crois toujours que l’Amérique est le dernier et le meilleur espoir de la planète. Il faut simplement montrer au monde pourquoi. Le président actuel (Bush) occupe la Maison-Blanche, mais pendant ces six dernières années le poste de "leader du monde libre" est resté vacant. Il est temps de l’occuper ».

Rien d’étonnant donc que ce discours musclé d’Obama ait été vivement salué par le gourou néo-conservateur Robert Kagan dans une chronique publiée le 29 avril 2007 dans le Washington Post et intitulée « Obama, l’interventionniste ». Ce même Kagan est le co-auteur (avec un autre néo-conservateur de taille, William Kristol) du célèbre article « Toward a Neo-Reaganite Foreign Policy » (Vers une politique étrangère néo-réganienne, du nom de l’ancien président américain) paru en 1996 dans la prestigieuse revue Foreign Affairs. On y lisait que l’objectif de Washington devait être de préserver « l’hégémonie américaine afin de remplir notre responsabilité dans le monde ».

Dans la revue Foreign Affairs de juillet-août 2007, Obama lui-même écrivait un article "interventioniste? acclamé par l’hebdo anglais conservateur The Economist qui spécifiait : « il est difficile de ne pas qualifier la politique étrangère de Barack Obama de "clintonienne". Le calcul de Monsieur Obama semble être que sa rhétorique visionnaire sera assez puissante pour forcer les électeurs à considérer les récompenses psychiques d’une politique étrangère omnivore qui fonctionnerait, au lieu de penser aux risques et aux coûts d’intervenir à tort. »

Idem pour l’Iran

Comme le notait le quotidien conservateur New York Sun du 26 décembre 2006 dans un longue article sur la politique étrangère du sénateur, « Obama se donne de la peine pour se démarquer de la gauche qui minimise les dangers menaçant l’Amérique ». Le quotidien rapporte également qu’« il a tendance à soutenir l’idée d’un bombardement de l’Iran, si d’autres méthodes n’arrivent pas à convaincre Téhéran d’abandonner son programme d’armes nucléaires ». Et Obama s’est délibérément absenté lorsque le Sénat a voté la résolution qualifiant la Garde républicaine iranienne d’ « organisation terroriste ». Cette résolution avait à l’époque été interprétée par tout le monde ou presque comme un chèque en blanc pour bombarder l’Iran si Bush voulait le faire.

Quid de l’Irak ?

Quant a l’Irak, il est vrai qu’Obama s’est opposé a son invasion en 2002. Il était en effet à la tête d’une circonscription à moitié noire (une population très opposée à la guerre) et à moitié universitaire (la célèbre université de Chicago, réputée être un centre d’agitation anti-invasion s’y trouve). Plus tard, la position d’Obama s’est révélée plus ambigüe. En juillet 2004, au sujet du vote du Sénat de 2002 sur la guerre, Obama déclarait au New York Times : « qu’aurais-je fait ? Je ne sais pas ». La même année, il annonçait aussi à la National Public Radio : « je ne considère pas ce vote comme une décision facile et je n’étais certainement pas en position de voter pour ou contre. Je crois qu’il y a plusieurs points de vue valides sur cette question ». Voilà qui ne constitue pas une déclaration tonitruante d’un anti-guerre !

En tant que politicien opportuniste, Obama n’a commencé à clairement exprimer son refus de la guerre en Irak que lorsqu’il a lancé sa campagne pour la présidence. Et encore, c’était un moyen de se distinguer de Clinton, d’Edwards et de Biden qui ont tous voté pour. Obama a même couru après les conseils de Colin Powell, l’apologiste préféré de Bush lorsqu’il s’était agi d’envahir l’Irak et le dénonciateur des fantomatiques « armes de destruction massives ». Powell a, en personne, admis lors de l’émission télévision "Meet the Press" du 10 juin 2007, qu’il avait conseillé Obama à plusieurs reprises.

On peut applaudir la défaite de Hillary et se féliciter qu’une partie de l’Amérique soit assez mûre pour enfin accepter un noir comme candidat à la présidence. Mais de là à attendre beaucoup de « changements » de la part d’Obama s’il devenait éventuellement le locataire de la Maison Blanche, alors là mes enfants, il ne faut pas exagérer ! Le slogan de sa campagne est « A change we can believe in » (Un changement auquel on peut croire). Moi, je n’y crois pas.

 

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lundi 14 janvier 2008, 20:00

EXIGEONS un REFERENDUM sur le nouveau TRAITE EUROPEEN

maison des associations, place des orphelins - Strastbourg

réunion publique/débat par PCF 67 et GA 67 du Comité Départemental pour un reférendum avec le soutien de PRS 67 , FSU 67, CCA, UFAL 67 et Strg , SUD-Solidaires Alsace et la présence de Marie-Nöelle LIENEMANN et Francis WURTZ, eurodéputés

mardi 15 janvier 2008, 18:00

Quelle Europe après le non ?

à l'Institut d'Etudes Politiques
25 rue Gaston de Saporta
13100 Aix en Provence

Conférences-Débat

Comité national pour un Référendum Aix en Provence, Les Amis du Monde Diplomatique, Le Repaire d'Aix

mercredi 16 janvier 2008, 18:45

Soirée-débat autour du film "Palestines"

à Sciences Po, dans l'Amphi Jean Moulin,
13 rue de l'Université, Paris 7e

Les étudiants pour La Paix Maintenant organisent, conjointement avec Sciences Po Monde arabe et le Cinéclub de Sciences Po une soirée-débat autour du film

"Palestines"
Un film d'Etienne Beurier, Thomas Ellis et Constantin Simon
52 min. - HDV
contact@palestines-lefilm.com Le film : trois Palestiniens, trois portraits croisés Dans ce premier documentaire, trois jeunes réalisateurs, fraîchement diplômés de Sciences Po, nous proposent trois portraits croisés de Palestiniens qui tentent de s'accomplir dans leur travail et de faire face aux défis de la vie. S'ils ne se rencontrent pas, ils partagent tous la même envie d'exister librement. Mais dans un pays occupé, rien n'est simple et le quotidien se teinte d'une couleur particulière. Loin des propos partisans et des images toutes faites, c'est un peu de ce quotidien que les réalisateurs nous font partager dans ce film.

Le débat : la guerre des images dans le conflit israélo-palestinien La projection sera suivie d'un débat avec les réalisateurs et :

(« Face to Face ») ainsi qu'à Paris.

Entrée libre et gratuite, dans la limite des places disponibles

samedi 19 janvier 2008, 08:00

1ère CONFERENCE DU SUD DE LA FRANCE SUR L'HOMOPARENTALITE

CENTRE RABELAIS
Boulevard Sarrail (Esplanade)
MONTPELLIER

APGL organisée par l'Antenne Languedoc-Roussillon de l'Association des Parents Gays et Lesbiens (APGL)

Le programme de cette conférence se veut d'aborder toutes les situations rencontrées par les homosexuels pour fonder une famille et vivre leur parentalité. Des thèmes encore peu accessibles comme le désir d'enfant chez les transexuels et la gestion pour autrui (GPA, mères porteuses) seront aussi abordés.

Toutes les infos (inscriptions, programmes, etc) à cette adresse: http://conf.homoparentalite.free.fr/

jeudi 24 janvier 2008, 20:00

Pour un référendum sur le nouveau traité européen

Nancy
l'horaire, le lieu et les noms des intervenants seront communiqués ultérieurement.

Grand meeting à Nancy le 24 janvier 2008 Le Comité Nancéen pour un Référendum a pris l'initiative d'organiser le 24 janvier 2008 un grand meeting pour un référendum.

Dès maintenant, réservez la date dans vos agendas !

jeudi 24 janvier 2008, 20:30

Conférence UFAL de Bagnols sur le communautarisme

centre culturel Léo Lagrange à Bagnols sur Cèze (Gard).

L'UFAL de Bagnols sur Cèze ( Gard) organise une conférence débat sur le thème :

Laïcité et communautarisme,

Julien Landried, auteur de l'essai "Contre le communautarisme" animera les débats.

Pierrette Pasquini Houille, Présidente UFAL Bagnols

samedi 26 janvier 2008, 09:30

ALTERMONDIALISME ET POST-ALTERMONDIALISME

Salle des fêtes de la mairie du XIè arrondissement
Place Léon Blum, 75011 Paris (métro Voltaire, ligne 9)

Colloque international avec la participation de membres du Conseil international du Forum social mondial

Dans le cadre de la journée internationale de mobilisation décidée par le Conseil international (CI) du Forum social mondial (FSM), l’association Mémoire des luttes et la revue Utopie critique organisent une rencontre sur les acquis et les limites du mouvement altermondialiste, 10 ans après son apparition dans l'espace public. Les travaux porteront ensuite sur la construction d’un post-altermondialisme articulant, au niveau mondial, les luttes sociales, les forces politiques, ainsi que les actions des gouvernements engagés dans des processus de transformation de leurs sociétés visant à les libérer du carcan néolibéral.

Une vingtaine de spécialistes - militants altermondialistes, universitaires, chercheurs, journalistes – interviendront dans les conférences et les tables rondes.
Ont d’ores et déjà confirmé leur participation :
Samir Amin, membre du CI, président du Forum mondial des alternatives (Egypte ) ; Mireille Azzoug, directrice de l’Institut d’études européennes de l’université Paris 8 ; Walden Bello, membre du CI, directeur de Focus on the Global South (Philippines) ; Nestor Bionadanure, journaliste et chercheur, membre de la commission internationale d’Attac France ; Bernard Cassen, membre du CI, président d’honneur d’Attac France ; Jean-Pierre Garnier, sociologue ; Sven Giegold, membre d’Attac Allemagne François Houtart, membre du CI, président du Centre tricontinental (Belgique) ; Georges Labica, philosophe, membre du comité de redaction d’Utopie critique ; Frédéric Lebaron, sociologue à l’université de Picardie Jules Verne, président de l’association Raisons d’agir ; Gilbert Marquis, directeur d’Utopie critique ; Gus Massiah, president du CRID ; Jacques Nikonoff, ancien président d’Attac France, professeur associé à l’université Paris VIII ; Denis Paillard, membre de la commission internationale d’Attac France, professeur à l’université Paris VII ; Riccardo Petrella, professeur à l’Université catholique de Louvain, Ignacio Ramonet, directeur du Monde diplomatique ; Emir Sader, membre du CI, secrétaire général du Conseil latino-américain des sciences sociales - Clacso (Brésil) ; Isabelle Sommier, directrice du Centre de recherches politiques de la Sorbonne, co-auteure de Radiographie du mouvement altermondialiste ; Christophe Ventura, membre de la commission internationale d’Attac France et de l’association Mémoire des lutes ; Louis Weber, membre de la commission internationale d’Attac France, secrétaire de la rédaction de la revue Savoir/Agir, ancien president de l’Institut de recherches de la FSU.

Trois grands thèmes seront abordés

  1. Dix ans après la création d’Attac France, huit ans après le premier Forum social mondial de Porto Alegre, quel bilan pour le mouvement altermondialiste ?
  2. Qu’est-ce qui bouge aux quatre coins de la planète ? Sur quelles forces sociales et politiques et sur quelles luttes prendre appui pour un « autre monde possible » ?
  3. A partir des acquis du mouvement altermondialiste et des Forums sociaux, qui conservent leur raison d’être, est-il possible de construire un post-altermondialisme articulant, au niveau mondial, les luttes sociales, les forces politiques, ainsi que les actions des gouvernements engagés dans des processus de transformation de leurs sociétés visant à les libérer du carcan néolibéral ? Quels espaces d’information, d’animation et de coordination ?

Entrée libre dans la limite des places disponibles.

Contacts : 01-53-94-96-70 / 01-43-70-49-67 / 06-80-98-76-59.

RETENEZ VOTRE JOURNÉE DU 26 JANVIER 2008 !

Mémoire des luttes/Utopie critique

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"Les Amis de ReSPUBLICA"
27 rue de la Réunion
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